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	<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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	<description>Le GRDS (Groupe de recherche sur la d&#233;mocratisation scolaire) est une association loi 1901 regroupant des chercheuses et chercheurs professionnels, des enseignantes et des enseignants. Ind&#233;pendant de toute institution et de toute organisation politique et syndicale, le GRDS vise &#224; contribuer par ses travaux, textes, publications et interventions &#224; l'objectif de la d&#233;mocratisation scolaire. Consid&#233;rant l'&#233;cole comme un grand enjeu politique, il entend s'emparer des questions touchant &#224; sa transformation d&#233;mocratique avec toute l'audace intellectuelle et la libert&#233; d'esprit requises.
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		<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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		<title>Japon : l'&#233;galitarisme scolaire, de l'esprit &#224; la lettre&#8230; et &#224; sa remise en cause</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;l Glaser</dc:creator>



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&lt;p&gt;La chose semble aujourd'hui acquise dans les pays d&#233;velopp&#233;s : depuis quelques d&#233;cennies, c'est toute une classe d'&#226;ge qui acc&#232;de aux premiers niveaux d'une scolarit&#233; dont le terme peut mener chacun &#224; des &#233;tudes longues. Pour autant, comment convient-il de traiter l'ensemble de ces &#233;l&#232;ves une fois franchies les portes de l'institution scolaire ? Et quels raisonnements philosophiques, politiques, scientifiques&#8230; peuvent-ils &#234;tre invoqu&#233;s &#224; l'appui de ce choix ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Se pose d'une part la question (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;Histoire de l'&#233;cole&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/arton380-b437a.png?1790688752' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chose semble aujourd'hui acquise dans les pays d&#233;velopp&#233;s : depuis quelques d&#233;cennies, c'est toute une classe d'&#226;ge qui acc&#232;de aux premiers niveaux d'une scolarit&#233; dont le terme peut mener chacun &#224; des &#233;tudes longues. Pour autant, comment convient-il de traiter l'ensemble de ces &#233;l&#232;ves une fois franchies les portes de l'institution scolaire ? Et quels raisonnements philosophiques, politiques, scientifiques&#8230; peuvent-ils &#234;tre invoqu&#233;s &#224; l'appui de ce choix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose d'une part la question des ant&#233;c&#233;dents et de l'environnement familial des &#233;l&#232;ves : sont-ils tous aptes et dispos&#233;s &#224; recevoir un enseignement intellectuellement exigeant ? L'&#233;cole japonaise semble r&#233;pondre par l'affirmative. Ce faisant, elle parvient effectivement &#224; amener toute une classe d'&#226;ge &#224; une excellente ma&#238;trise des savoirs fondamentaux, comme l'attestent inlassablement les &#233;valuations internationales. Mais cette forte conviction en &#171; l'&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents &#187; a &#233;t&#233; conquise historiquement au prix du d&#233;sint&#233;r&#234;t pour les enfants &#171; non aptes &#187; : hier, enfants handicap&#233;s victimes de l'eug&#233;nisme et de la rel&#233;gation dans l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e ; aujourd'hui, enfants d'immigr&#233;s, ou m&#234;me simplement de retour de l'&#233;tranger, &#224; qui tout dispositif de scolarisation sp&#233;cifique est refus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me question : celle de la p&#233;dagogie qu'on destinera &#224; l'ensemble d'une classe d'&#226;ge. Mais cette question ne doit-elle pas &#234;tre rapproch&#233;e de la premi&#232;re ? Face au constat que l'&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents est relative, limit&#233;e, le camp progressiste peut cependant d&#233;fendre une &#171; &#233;galit&#233; de traitement &#187; qui expose toute une classe d'&#226;ge &#224; une p&#233;dagogie uniforme, voire fortement uniformis&#233;e (manuels prescrits, le&#231;ons script&#233;es). Christian Galan plaide quant &#224; lui pour l'option inverse : convaincu qu'&#171; une p&#233;dagogie &#233;galitaire dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peut qu'avoir des effets in&#233;galitaires &#187;, il d&#233;fend la prise en compte de la diversit&#233; individuelle, en &#233;cho aux recommandations de diff&#233;renciation p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une chose est d'ouvrir &#224; tous la possibilit&#233; de conduire des &#233;tudes longues ; mais cette possibilit&#233; doit-elle devenir pour tous une r&#233;alit&#233; ? Que doit-il advenir, autrement dit, de la comp&#233;tition scolaire et sur le march&#233; du travail ? La soci&#233;t&#233; japonaise a fait le choix de la laisser intacte, et consid&#232;re de sa responsabilit&#233; d'y pr&#233;parer vigoureusement ses &#233;l&#232;ves par une id&#233;ologie &#171; moyenniste &#187;. Il s'agit de rappeler &#224; chacun qu'il doit se conformer, mais aussi se confronter &#224; ses voisins : le bachotage et la notation relative des performances sont la r&#232;gle ; des r&#232;glements scolaires tatillons vont jusqu'&#224; fixer la longueur des v&#234;tements et la coupe des cheveux. &#171; Capabiliste &#187;, son &#233;cole ne conduit ses &#233;l&#232;ves qu'&#224; un &#8211; certes tr&#232;s bon &#8211; niveau &#171; moyen &#187;, &#171; normal &#187;. La comp&#233;tition scolaire est externalis&#233;e dans les&lt;i&gt; juku&lt;/i&gt;, ces entreprises priv&#233;es disposant de toute latitude dans leurs programmes et le recrutement de leurs enseignants. Quant &#224; l'&#233;ducation obligatoire elle-m&#234;me, elle reste &#224; ce jour limit&#233;e &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire et au coll&#232;ge ; en dehors de ces deux niveaux, le secteur &#233;ducatif priv&#233; est largement d&#233;velopp&#233; &#8211; et co&#251;teux. La d&#233;fense de l'efficacit&#233; p&#233;dagogique pr&#233;sente-t-elle alors encore un int&#233;r&#234;t, puisque les plus faibles seront de toute fa&#231;on expos&#233;s &#224; la concurrence, &#224; des &#233;tudes on&#233;reuses, et au rendement d&#233;croissant de leurs dipl&#244;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nourri par l'apport des enqu&#234;tes les plus r&#233;centes, l'ouvrage de Christian Galan donne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur l'ensemble de ces points. S'il se fait le d&#233;fenseur d'options p&#233;dagogiques &#171; diff&#233;renciatrices &#187; avec lesquelles nous aurons l'occasion d'exprimer nos divergences, il livre aussi la d&#233;monstration du co&#251;t gigantesque du secteur priv&#233;, ce qui ne peut qu'inciter &#224; l'unification des parcours scolaires autour d'un enseignement public long. Trouver des mots d'ordres communs aux partisans de la d&#233;mocratisation s'av&#232;re d'autant plus pressant qu'au Japon comme ailleurs, le camp conservateur appara&#238;t tiraill&#233; entre un p&#244;le &#171; moyenniste &#187; et un p&#244;le n&#233;olib&#233;ral. Si ces deux p&#244;les se plient au principe de la mise en concurrence scolaire, les n&#233;olib&#233;raux peuvent parfaitement s'accommoder des mots d'ordre de prise en compte de l'individu et de diff&#233;renciation p&#233;dagogique chers aux progressistes. De son c&#244;t&#233;, le p&#244;le moyenniste, en normant les comportements, mais aussi la p&#233;dagogie, se pr&#233;sente volontiers comme le garant du rendement du syst&#232;me &#233;ducatif, en m&#234;me temps que&#8230; l'alli&#233; des &#233;l&#232;ves des milieux populaires : ne d&#233;fend-il pas une p&#233;dagogie efficace, seule &#224; m&#234;me de leur donner une chance dans la lutte des places ? Une r&#233;ponse progressiste n'abandonnant rien de son ambition de d&#233;mocratisation scolaire est donc &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les ouvrages des ann&#233;es 1980 s'en tenaient au constat &#8211; par ailleurs discutable &#8211; de l'&#233;galit&#233; sociale permise par le syst&#232;me &#233;ducatif japonais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est particuli&#232;rement William K. Cummings, Educational equality in Japan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Christian Galan a pour ambition de mettre au jour les raisons de la croyance des familles japonaises en l'&#233;galit&#233; du syst&#232;me, en refusant pour cela toute explication culturaliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur est professeur des universit&#233;s en langue et civilisation japonaises (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il revendique ce faisant un point de vue ext&#233;rieur, rarement, voire jamais adopt&#233; dans les publications des chercheurs japonais. La premi&#232;re partie de l'ouvrage (chapitres 1 &#224; 4) analyse donc la mise en place de l'&#171; &#233;galitarisme &#187; scolaire &#8211; notion que nous allons bient&#244;t pr&#233;ciser &#8211; au mitan des ann&#233;es 1950, dans les esprits comme dans les pratiques p&#233;dagogiques. Mais la croyance des familles japonaises en l'&#233;galit&#233; s'est brusquement effondr&#233;e au tournant des ann&#233;es 1990-2000, au point que les jeunes Japonais d&#233;noncent aujourd'hui fr&#233;quemment la &#171; loterie parentale &#187; responsable de leur devenir scolaire. La deuxi&#232;me partie de l'ouvrage (chapitres 5 &#224; 7) se centre donc sur les &#233;volutions des derni&#232;res d&#233;cennies, et sur la visibilisation accrue des processus in&#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener cette d&#233;monstration ambitieuse, l'ouvrage s'appuie une riche documentation. L'auteur exploite notamment les statistiques du minist&#232;re de l'&#201;ducation japonais, caract&#233;ris&#233;es tant par la vari&#233;t&#233; de leurs objets que par leur niveau de d&#233;tail. Des tableaux statistiques sont reproduits, ainsi que quelques cartes. C. Galan s'appuie aussi sur divers rapports de recherche ou d'expertise. Enfin, il n'h&#233;site pas &#224; citer longuement des textes de loi, et parfois aussi d'autres chercheurs en &#233;ducation, essentiellement japonais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'ouvrage, les titres japonais sont transcrits en r&#244;maji (en alphabet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur pr&#233;vient que l'ouvrage &#171; n'a sans doute ni commencement ni fin &#187;, parce qu'il repose sur &#171; diff&#233;rents travaux &#233;bauch&#233;s ou termin&#233;s (croyions-nous) et publi&#233;s durant ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, [&#8230;] parfois modifi&#233;s apr&#232;s avoir &#233;t&#233; achev&#233;s ou repris [&#8230;], tant&#244;t verbatim tant&#244;t r&#233;&#233;crits en tout ou partie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les textes suivants constituent une premi&#232;re version de certains chapitres : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; (p. 45). Pour autant, soulignons d'embl&#233;e que les renvois entre chapitres sont nombreux, &#233;vitant les redites et facilitant le travail du lecteur qui souhaiterait se rem&#233;morer un &#233;l&#233;ment d&#233;j&#224; mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les piliers de l'&#233;galitarisme scolaire &#224; la japonaise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier chapitre aborde le r&#244;le des politiques et pens&#233;e eug&#233;nistes dans l'&#233;ducation de l'apr&#232;s-guerre. Avant m&#234;me l'adoption de la &#034;Loi de protection eug&#233;nique&#034; (&lt;i&gt;Y&#251;sei hogo h&#244;&lt;/i&gt;) de 1948, l'eug&#233;nisme est au programme des lyc&#233;es et des universit&#233;s, et le restera jusqu'aux directives de 1968-1970, appliqu&#233;es jusqu'en 1978. Les manuels de la mati&#232;re &#171; Sant&#233; et &#233;ducation physique &#187; comportent tous des contenus pro-eug&#233;niques. C'est avant tout le bien-&#234;tre social &#8211; plut&#244;t que, comme avant-guerre, la puret&#233; ethnique &#8211; qui est invoqu&#233; pour justifier les st&#233;rilisations forc&#233;es de personnes handicap&#233;es, y compris lorsqu'elles sont atteintes de maladies non g&#233;n&#233;tiques. Sous l'influence du courant &#233;tasunien des &lt;i&gt;reform eugenics&lt;/i&gt;, l'environnement devient &#224; cette &#233;poque une raison suffisante de pratiquer l'eug&#233;nisme. On veut permettre &#224; l'individu de se d&#233;velopper ; mais on assimile ce dernier &#224; ses &#171; capacit&#233;s &#187; (&lt;i&gt;n&#244;ryoku&lt;/i&gt;). &#171; L'enfant handicap&#233; n'ayant rien &#224; apporter aux autres, il ne peut donc se r&#233;aliser pleinement et, de fait, acc&#233;der lui-m&#234;me au bonheur &#187; (p. 61) : il est donc souhaitable qu'il ne naisse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Capabilisme, &#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents, &#233;galit&#233; de traitement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le &#171; &lt;strong&gt;capabilisme&lt;/strong&gt; &#187; &#8211; premier pilier de &#171; l'&#233;galitarisme &#187; &#224; la japonaise &#8211; qui s'&#233;tend tant au monde du travail qu'&#224; celui de l'&#233;ducation. Par ce n&#233;ologisme, l'auteur cherche &#224; traduire l'expression &#171; &lt;i&gt;n&#244;ryoku shugi&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; principe des capacit&#233;s / comp&#233;tences &#187;. La traduction courante par &#171; m&#233;ritocratie &#187; rel&#232;ve en effet du contre-sens : comme l'&#233;crit Honda Yuki, professeure &#224; l'universit&#233; de T&#244;ky&#244;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Postface &#224; la traduction japonaise de Michael J. Sandel, The tyranny of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;n&#244;ryoku&lt;/i&gt; (&#171; capacit&#233; &#187;, &#171; aptitude &#187;) renvoie aux qualit&#233;s inh&#233;rentes &#224; la personne consid&#233;r&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la notion d'aptitudes, voir sur ce site : Fabienne Andr&#233;, &#171; Apprendre. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (l&#224; o&#249; m&#233;rite dans le sens de &#171; contribution, service rendu, accomplissement important &#187; correspond &#224; &lt;i&gt;k&#244;seki&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; M&#233;ritocratie &#187; correspond plut&#244;t &#224; jitsuryoku shugi (&#171; syst&#232;me fond&#233; sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le monde du travail, &lt;i&gt;n&#244;ryoku shugi&lt;/i&gt; devient un mot d'ordre central dans le discours manag&#233;rial &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1950 et du d&#233;but des ann&#233;es 1960, qui permet de remettre en cause le salaire &#224; l'anciennet&#233; ou bas&#233; sur le dipl&#244;me. Du c&#244;t&#233; de l'&#233;cole, un affrontement p&#233;dagogique a lieu. Pour les tenants du capabilisme, &#171; la priorit&#233; &#233;tait l'acquisition rapide et syst&#233;matique des capacit&#233;s li&#233;es &#224; la ma&#238;trise des diff&#233;rents savoirs ou savoir-faire &#233;num&#233;r&#233;s dans les programmes scolaires et/ou consid&#233;r&#233;s comme indispensables &#224; la vie en soci&#233;t&#233; &#187; (p. 64). &#192; l'image de l'influent linguiste Tokieda Motoki, ils d&#233;fendent une s&#233;paration nette entre &#233;cole et soci&#233;t&#233; : l'&#233;cole ne doit pas enseigner des connaissances extraites de la vie dans son ensemble, mais des connaissances fondamentales qui permettront ult&#233;rieurement de faire son chemin dans la vie. Leurs adversaires d&#233;fendent les p&#233;dagogies reposant sur le &#171; principe de l'exp&#233;rience &#187; (keiken shugi) et sur la &#171; nouvelle &#233;ducation &#187; (shinky&#244;iku), largement venues des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1955-1958, le minist&#232;re privil&#233;gie le capabilisme : il s'agira de se centrer sur la quantit&#233; et la rapidit&#233; de l'acquisition des comp&#233;tences et des connaissances au programme. La mesure par des outils num&#233;riques objectifs et normatifs devient alors cruciale : c'est l'essor du &lt;i&gt;hensachi&lt;/i&gt;, indice caract&#233;ristique de la philosophie du capabilisme, puisqu'il &#233;value le niveau de l'&#233;l&#232;ve non pour lui-m&#234;me, mais par rapport &#224; la moyenne de l'ensemble de sa cohorte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hensachi = [(r&#233;sultat de l'&#233;l&#232;ve - moyenne de la cohorte) / &#233;cart-type de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Per&#231;u comme objectif, le hensachi des admis est affich&#233; publiquement par les lyc&#233;es et universit&#233;s pour permettre d'&#233;valuer la difficult&#233; de leur concours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eug&#233;nisme fonctionne donc comme garant, en amont, de la &#171; normalit&#233; &#187; de tous les &#233;l&#232;ves, puisqu'il garantit que le handicap n'entre pas dans l'&#233;cole : c'est ce que C. Galan nomme &#171; &lt;strong&gt;&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents&lt;/strong&gt; &#187;, second pilier de l'&#233;galitarisme scolaire japonais. Or, comme l'affirme la Constitution de 1947 : &#171; Chacun a le droit de recevoir une &#233;ducation &#233;gale correspondant &#224; ses capacit&#233;s &#187;. L'&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents rend donc possible la conviction largement partag&#233;e &#8211; y compris par les enseignants &#8211; que tous les enfants ont la capacit&#233; d'&#233;tudier efficacement et d'assimiler parfaitement les programmes. Cette conviction d&#233;bouche sur le troisi&#232;me pilier de l'&#233;galitarisme japonais, que l'auteur appelle &#171; &lt;strong&gt;&#233;galit&#233; de traitement &lt;/strong&gt; &#187;, soit une uniformisation particuli&#232;rement stricte des pratiques p&#233;dagogiques des enseignants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La caract&#233;risation de ces pratiques p&#233;dagogiques n'est pas au c&#339;ur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : les directives officielles ont force de loi ; tous les manuels doivent s'y conformer, et sont valid&#233;s par le minist&#232;re ; le redoublement comme le saut de classe, attentatoires &#224; l'&#233;galit&#233;, sont interdits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;galit&#233; de traitement entra&#238;ne aussi des cons&#233;quences sur les modes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Inversement, les enseignants se refusent &#224; signaler les enfants &#171; diff&#233;rents &#187; ou &#171; &#224; probl&#232;me &#187; : il n'existait pas de psychologues scolaires jusqu'au milieu des ann&#233;es 2000. Cons&#233;quence : les diff&#233;rences qui apparaissent entre &#233;l&#232;ves ne peuvent &#234;tre que le fruit des effets de l'environnement sur les enfants &#8211; et donc principalement des efforts individuels fournis, et de l'action, directe ou indirecte, des parents. La d&#233;monstration de l'auteur est s&#233;duisante ; notons tout de m&#234;me que la seconde partie du chapitre constitue la partie la plus sp&#233;culative de l'ouvrage, et qu'un &#233;tayage empirique un peu plus solide aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; n&#233;cessaire, pour d&#233;montrer l'influence de l'eug&#233;nisme sur l'enseignement &#171; normal &#187;, au-del&#224; de la seule &#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur pr&#233;cise lui-m&#234;me (p. 45) qu'il n'avait jamais envisag&#233; le lien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me chapitre pr&#233;cise la bascule qui s'est faite entre l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et la fin des ann&#233;es 1950, qui a vu la mise en place de l'&#233;galitarisme. Imm&#233;diatement apr&#232;s la d&#233;faite, le minist&#232;re de l'&#201;ducation promeut l'instruction des &#233;l&#232;ves en tant qu'individus, dans le but de soutenir la paix et la d&#233;mocratie. Dans son allocution du Nouvel An 1946, l'empereur ravive les r&#234;ves p&#233;dagogiques humanistes du d&#233;but de l'&#232;re Meiji, qui avaient &#233;t&#233; neutralis&#233;s avec le Rescrit imp&#233;rial sur l'&#233;ducation de 1886. Cette direction p&#233;dagogique p&#232;se sur la Loi fondamentale sur l'&#233;ducation du 31 mars 1947, li&#233;e &#224; la Constitution vot&#233;e le 3 novembre 1946. La Loi sur l'&#233;ducation scolaire, vot&#233;e le m&#234;me jour, cr&#233;e un nouveau syst&#232;me &#171; 6-3-3-4 &#187;, correspondant respectivement &#224; la dur&#233;e de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, du coll&#232;ge, du lyc&#233;e et de l'universit&#233;. L'&#233;ducation obligatoire (&lt;i&gt;gimu ky&#244;iku&lt;/i&gt;), avec ses manuels scolaires gratuits, concernera d&#233;sormais aussi le coll&#232;ge, passant donc de six &#224; neuf ans. D&#232;s la r&#233;ouverture de ce nouveau coll&#232;ge unique, il est fr&#233;quent&#233; par 99 % d'une classe d'&#226;ge, permettant ce que l'auteur appelle &#171; &lt;strong&gt;l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &lt;/strong&gt; &#187; &#224; l'institution scolaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;galit&#233; d'acc&#232;s dont demeurent donc exclus les &#233;l&#232;ves en situation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En &#233;cho aux p&#233;dagogues de l'&#232;re Taish&#244; (1912-1926), la loi accorde par ailleurs une totale autonomie aux enseignants sur le plan p&#233;dagogique. Elle permet une forte d&#233;centralisation de l'autorit&#233; &#233;ducative, via les comit&#233;s d'&#233;ducation (&lt;i&gt;ky&#244;iku iinkai&lt;/i&gt;) impos&#233;s par l'occupant &#233;tasunien, et &#233;lus par la population (loi de juillet 1948). M&#234;me les emplois du temps quotidien et hebdomadaire pourront &#234;tre adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s locales. Le progressisme p&#233;dagogique culmine avec les programmes du 10 juillet 1951, &#171; directives [&#8230;] sans doute les plus r&#233;volutionnaires et les plus progressistes que le Japon [ait] jamais connues &#187; (p. 97)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'occupant &#233;tasunien craint que le pays ne suive la Chine et ne bascule dans le communisme. Des &#171; purges rouges &#187; ont lieu d&#232;s 1949 ; avec le recouvrement de la souverainet&#233; en avril 1952, les autorit&#233;s nationales souhaitent retrouver le contr&#244;le sur le monde &#233;ducatif. En 1958, les programmes sont r&#233;form&#233;s et reviennent &#224; l'organisation p&#233;dagogique d'avant-guerre : les programmes horaires sont fix&#233;s &#224; l'unit&#233; pr&#232;s, l'autonomie p&#233;dagogique est abandonn&#233;e, les contenus et m&#233;thodes sont centralis&#233;s. Les comit&#233;s d'&#233;ducation ne sont plus &#233;lus, mais nomm&#233;s par les autorit&#233;s locales. La r&#233;forme est soutenue par le patronat, qui y voit un levier du d&#233;veloppement &#233;conomique. Mais le minist&#232;re se revendique aussi explicitement de l'&#233;galit&#233; : seul un syst&#232;me centralis&#233; sera &#224; m&#234;me de permettre &#224; tous de b&#233;n&#233;ficier de conditions d'enseignement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'auteur sur cette &#233;volution est clairement n&#233;gatif : on s'est centr&#233; sur les &#233;galit&#233;s d'acc&#232;s et de traitement (&#171; tous les enfants acc&#232;dent &#224; l'&#233;ducation obligatoire et re&#231;oivent exactement la m&#234;me chose &#187; (p. 105)), ce qui constituerait une &#171; compr&#233;hension biais&#233;e du principe d'&#233;galit&#233; inscrit dans la Constitution et dans la Loi fondamentale sur l'&#233;ducation &#187; (p. 65). C'est l'objectif d'&#171; &#233;galit&#233; des chances de r&#233;ussite &#187; qui a &#233;t&#233; abandonn&#233;, c'est-&#224;-dire de &#171; donner diff&#233;remment &#224; chacun en fonction de ce qu'il est et de ses besoins r&#233;els pour lui permettre de r&#233;ussir aussi bien que tous les autres &#187; (p. 105), ou encore, dans les mots de Horio Teruhisa &#8211; sp&#233;cialiste du syst&#232;me &#233;ducatif japonais et d&#233;fenseur des droits de l'enfant, cit&#233; &#224; plusieurs reprises &#8211;, de &#171; faire &#233;merger l'individualit&#233; de chaque enfant de mani&#232;re &#233;galitaire et sans discrimination &#187; (cit&#233; p. 36). L'auteur estime que la gauche p&#233;dagogique japonaise a &#233;t&#233; mise en porte-&#224;-faux par le minist&#232;re, ne parvenant pas &#224; trancher entre l'&#233;galit&#233; et la prise en compte des particularit&#233;s de chacun (pp. 110-&#8288;111).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Parti lib&#233;ral-d&#233;mocrate (PLD) est rest&#233; au pouvoir de mani&#232;re quasi ininterrompue depuis l'apr&#232;s-guerre, il op&#232;re une nette rupture avec l'&#233;galitarisme en 2006, avec la r&#233;forme de la &lt;i&gt;Loi fondamentale sur l'&#233;ducation&lt;/i&gt;. &#171; La nouvelle loi n'impose rien en elle-m&#234;me, elle rend juste possible ce qui, avant, ne l'&#233;tait pas &#187; (p. 114) : la part des collectivit&#233;s locales dans le financement de l'&#233;ducation s'accro&#238;t, tandis qu'on soutient le secteur &#233;ducatif priv&#233;. En ce qui concerne les contenus, les collectivit&#233;s ont d&#233;sormais des pr&#233;rogatives &#233;quivalentes &#224; l'&#201;tat &#8211; une premi&#232;re depuis le d&#233;but de l'&#232;re Meiji. On va jusqu'&#224; supprimer la mention de la dur&#233;e de l'&#233;ducation obligatoire (&#171; de neuf ans &#187;), et celle&#8230; de la mixit&#233; filles-gar&#231;ons ; officiellement, car celle-ci serait d&#233;j&#224; atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le &#034;moyennisme&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents, &#233;galit&#233; d'acc&#232;s, capabilisme et &#233;galit&#233; de traitement : quatre piliers de l'&#233;galitarisme scolaire &#224; la japonaise ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s. Le &#171; &lt;strong&gt;moyennisme&lt;/strong&gt; &#187; &#8211; terme repris &#224; Karl Polanyi (&lt;i&gt;averagism&lt;/i&gt;) &#8211; est le dernier, d&#233;crit dans le quatri&#232;me chapitre. Pour Polanyi, le moyennisme d&#233;signait la survalorisation de la moyenne comme norme sociale de r&#233;f&#233;rence dans la soci&#233;t&#233; &#233;tasunienne ; mais au Japon, c'est l'&#233;cole elle-m&#234;me qui impose &#224; l'individu de devenir &#171; moyen &#187;, &#171; normal &#187;. Le moyennisme pr&#233;sente un aspect proprement p&#233;dagogique (avec l'exemple du hensachi que nous avons vu), mais aussi un versant comportemental. C'est ainsi qu'il faut comprendre l'existence des &#171; r&#232;glements scolaires abusifs &#187; : leur durcissement se met en place dans les ann&#233;es 1960, en r&#233;ponse &#224; la contestation sociale. L'uniforme devient alors la norme dans la quasi-totalit&#233; des coll&#232;ges et lyc&#233;es. Les &#233;l&#232;ves rusant avec la contrainte, les institutions scolaires produisent de nouveaux r&#232;glements qui font fr&#233;mir : on mesure la longueur des v&#234;tements des &#233;l&#232;ves &#224; l'entr&#233;e, m&#232;tre ruban &#224; l'appui, quand on ne v&#233;rifie pas la couleur des sous-v&#234;tements des coll&#233;giennes ; les &#233;l&#232;ves aux cheveux naturellement fris&#233;s doivent pr&#233;senter un certificat&#8230; &#192; la surench&#232;re des ann&#233;es 1980 r&#233;pondront les d&#233;nonciations des ann&#233;es 2010, aux r&#233;sultats mitig&#233;s. Les politiques nationalistes &#233;pousent volontiers ce moyennisme comportemental, exigeant de l'&#233;cole qu'elle produise de &#171; vrais Japonais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre mal de l'&#233;cole japonaise, le refus d'aller &#224; l'&#233;cole (fut&#244;k&#244;). Le minist&#232;re mesure les absences sup&#233;rieures &#224; 50 jours d&#232;s 1966 ; elles d&#233;croissent jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1970, puis r&#233;augmentent, atteignant 11,8 &#233;l&#232;ves pour mille en 2022 et 31,7 &#8240; (17 &#8240; en &#233;l&#233;mentaire et 59,8 &#8240; au coll&#232;ge) en 2022 &#8211; leur plus haut niveau jamais atteint. Si dans les ann&#233;es 1950-1960, l'appr&#233;hension de ce probl&#232;me public est d'abord &#233;conomique (travail des enfants), sociale (orphelins&#8230;) et m&#233;dicale (mauvaise sant&#233;), elle se fait ensuite clinique et psychologique. Mais dans les ann&#233;es 1970, le refus scolaire entre en contradiction avec l'obligation japonaise de fr&#233;quentation scolaire (&lt;i&gt;gimu sh&#251;gaku&lt;/i&gt;) &#8211; caract&#233;ristique du moyennisme &#8211;, alors que le taux de scolarisation au lyc&#233;e d&#233;passe d&#233;sormais les 90 % d'une classe d'&#226;ge. P&#233;dagogues et sociologues s'emparent alors du probl&#232;me : d&#232;s 1990, un rapport affirme que &#171; le refus d'aller &#224; l'&#233;cole peut concerner n'importe quel enfant &#187;. On accepte finalement de remettre en cause l'obligation de fr&#233;quentation d'un &#233;tablissement scolaire : reconnaissant que les causes du refus scolaire sont internes &#224; l'&#233;cole, on tord l'&#233;galit&#233; de traitement en multipliant les adaptations pour les &#233;l&#232;ves concern&#233;s (adaptation de la fr&#233;quentation scolaire, des programmes&#8230;, et m&#234;me classes adapt&#233;es). Bref : &#171; l'&#233;cole japonaise, mise en place pour former sur un m&#234;me mod&#232;le des Japonais &#171; moyens &#187; et de futurs adultes id&#233;aux, n'a jamais &#233;t&#233; pens&#233;e ni organis&#233;e pour fonctionner diff&#233;remment, rejetant ou externalisant tout ce qui d&#233;roge aux attentes pour lesquelles elle a &#233;t&#233; con&#231;ue &#187; (p. 264)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De m&#234;me, les dispositifs sp&#233;cifiques qui permettraient de scolariser les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le moyennisme discr&#233;dite la comp&#233;tition, mais aussi la diff&#233;rence au sein de l'institution. Le chapitre se cl&#244;t sur le cas extr&#234;me de &#171; l'affaire Sakakibara &#187;, nom qu'avait choisi pour lui-m&#234;me un coll&#233;gien de K&#244;be apr&#232;s avoir agress&#233; et tu&#233; plusieurs enfants plus jeunes en 1997. Dans sa lettre adress&#233;e &#224; un journal, il disait se venger de &#171; l'&#233;ducation obligatoire &#187; et de &#171; la soci&#233;t&#233; &#187; qui l'avait mise en place, puisqu'elle avait fait de lui un &#171; &#234;tre transparent &#187; qui &#171; n'existe pas &#187;. Le chapitre est saisissant, et justifie parfaitement le choix de prendre pour objet l'&#233;galitarisme nippon lui-m&#234;me : il est clair que celui-ci ne se limite pas &#224; &#171; l'&#233;galit&#233; de traitement &#187; p&#233;dagogique stricto sensu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#034;juku&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#171; r&#233;ponse pragmatique et &#233;conomique du &#171; r&#233;el &#187; &#224; l'&#233;galitarisme &#233;ducatif &#187; (p. 172) : les &lt;i&gt;juku&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;s &#224; la fin du troisi&#232;me chapitre. Il s'agit d'entreprises &#224; but lucratif relevant, non du minist&#232;re de l'&#201;ducation (&lt;i&gt;Monbukagakush&#244;&lt;/i&gt;), mais de celui de l'&#201;conomie, du Commerce et de l'Industrie (&lt;i&gt;Keizaisangy&#244;sh&#244;&lt;/i&gt;). Certains proposent des activit&#233;s extrascolaires, mais ce sont les juku scolaires (&lt;i&gt;gakush&#251; juku&lt;/i&gt;) qui int&#233;ressent l'auteur. Ils jouissent d'une totale libert&#233; sur leurs programmes et leurs pratiques p&#233;dagogiques, ainsi que sur le recrutement et le paiement de leurs enseignants. Ils se d&#233;clinent en deux sortes : les &#171; juku pr&#233;paratoires aux concours &#187; ou &#171; pour aller de l'avant &#187; (&lt;i&gt;shingaku juku&lt;/i&gt;) &#8211; avec &#224; l'extr&#234;me les yobik&#244; pr&#233;parant aux concours d'entr&#233;e &#224; l'universit&#233; &#8211;, et les &#171; juku de soutien et de rattrapage &#187; (&lt;i&gt;hosh&#251; juku&lt;/i&gt;), dont la version limite sont les &#171; juku d'aide aux d&#233;crocheurs &#187; (&lt;i&gt;ochikobore ky&#251;sai juku&lt;/i&gt;). L'&#233;volution de leur fr&#233;quentation est difficile &#224; saisir statistiquement. Les enqu&#234;tes du minist&#232;re de l'&#201;ducation indiquent qu'entre 1976 et 2007, on serait pass&#233; de 12 % &#224; 25,9 % d'&#233;coliers en fr&#233;quentant, tandis que les coll&#233;giens seraient pass&#233;s de 38 % &#224; 53,5 % &#8211; ces proportions croissant du d&#233;but de l'&#233;l&#233;mentaire &#224; la fin du coll&#232;ge. Cette hausse s'explique certes par la chute de la natalit&#233; &#8211; qui permet de d&#233;penser plus d'argent par enfant &#8211;, mais aussi par l'abaissement de l'&#226;ge d'entr&#233;e dans la comp&#233;tition scolaire : ceux qui en ont les moyens ne visent d&#233;sormais plus l'entr&#233;e dans un bon lyc&#233;e, mais dans un bon coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Galan pr&#233;sente ensuite une enqu&#234;te de 1995 sur 1 813 &#233;l&#232;ves de cinqui&#232;me et sixi&#232;me ann&#233;es d'&#233;l&#233;mentaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fukaya Masashi, Dobashi Minoru et Saegusa Keiko, &#171; Gakush&#251; juku &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : un tiers fr&#233;quente un juku &#171; pour aller de l'avant &#187;, un cinqui&#232;me un juku de soutien, 27 % un juku mixte, et moins d'un sur cinq un autre type de juku scolaire. Le taux de fr&#233;quentation augmente en fonction des r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves, et ceux qui en tirent le plus grand b&#233;n&#233;fice semblent &#234;tre les &#233;l&#232;ves d&#233;j&#224; performants. Ayant r&#233;parti les &#233;l&#232;ves en cinq groupes de niveau, les auteurs montrent que le recrutement des juku &#171; pour aller de l'avant &#187; se fait essentiellement parmi les &#233;l&#232;ves tr&#232;s bons ou bons (62,4 % du public), l&#224; o&#249; celui des juku &#171; de soutien &#187; concerne en priorit&#233; les &#233;l&#232;ves bons et moyens (68,4 % du public). M&#234;me dans ces derniers, les &#233;l&#232;ves faibles ou en difficult&#233; ne repr&#233;sentaient pas plus du quart du public. La derni&#232;re enqu&#234;te minist&#233;rielle sur les juku, men&#233;e en 2007 aupr&#232;s de plusieurs dizaines de milliers d'&#233;coliers et coll&#233;giens et de leurs parents, confirme que seuls 10 % des &#233;coliers et 20 % des coll&#233;giens concern&#233;s indiquent fr&#233;quenter un juku pour combler un retard dans les apprentissages ; la grande majorit&#233; y pr&#233;pare ses devoirs, prend de l'avance, ou pr&#233;pare l'entr&#233;e au lyc&#233;e. Les familles faisant le choix du priv&#233; d&#232;s l'&#233;l&#233;mentaire investissent alors fortement dans les juku pour viser l'entr&#233;e dans un coll&#232;ge priv&#233; r&#233;put&#233;, l&#224; o&#249; les parents restant dans le public diff&#232;rent ces d&#233;penses au coll&#232;ge, visant le meilleur lyc&#233;e possible (fig. 14, p. 199).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur insiste sur la double utilisation des juku &#8211; bachotage, mais aussi soutien scolaire (p. 179). Son interpr&#233;tation est que les juku constituent &#171; la r&#233;ponse du r&#233;el &#224; un &#233;galitarisme si peu en prise avec la r&#233;alit&#233; et les int&#233;r&#234;ts des familles et des individus &#187; (p. 172), qui r&#233;duit tous les enfants &#171; &#224; un &#233;l&#232;ve-apprenant unique [&#8230;] sans singularit&#233;&#183;s &#187; (p. 207). Il me semble pourtant que les statistiques fournies invalident la sym&#233;trie sugg&#233;r&#233;e par C. Galan : les juku profitent avant tout aux meilleurs &#233;l&#232;ves et aux familles les plus ambitieuses et les plus fortun&#233;es. Je rejoindrai donc bien davantage l'auteur quand il &#233;crit que l'objectif de l'&#233;galitarisme est &#171; d'une part, de socialiser tous les individus sur un m&#234;me mod&#232;le et, &lt;i&gt;d'autre part, de doublement externaliser la comp&#233;tition scolaire &lt;/i&gt; en dehors des murs de l'&#233;cole et en dehors du budget de l'&#201;tat &#187;, &#224; travers les juku (p. 208, je souligne). On y reviendra dans la conclusion de ce compte-rendu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'effondrement de la croyance en l'&#233;galitarisme, effet de la crise &#233;conomique et du d&#233;mant&#232;lement n&#233;olib&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris : &#171; la coh&#233;rence du syst&#232;me &#233;tait tr&#232;s forte &#187; (p. 516). Comment alors expliquer le brusque effondrement de la croyance des familles dans l'&#233;galitarisme ? C. Galan pointe vers deux faisceaux de causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Croissance et crise &#233;conomique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier tient &#224; la situation &#233;conomique du pays (d&#233;crite notamment &#224; la fin du chapitre 5) : si l'&#233;cole japonaise n'&#233;tait pas &#171; &#233;galitaire &#187; dans la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle &#8211; au sens o&#249;, comme dans les autres pays capitalistes, il existait en v&#233;rit&#233; une forte corr&#233;lation entre la position sociale occup&#233;e par l'individu et son milieu social d'origine &#8211;, du moins une solide croissance &#233;conomique garantissait-elle aux parents qu'ils verraient les revenus et le confort de leurs enfants s'am&#233;liorer, m&#234;me lorsque ceux-ci n'entraient pas &#224; l'universit&#233;. &#171; Se trouvait ainsi valid&#233;e l'id&#233;e selon laquelle le syst&#232;me &#233;tait vraiment &#233;galitaire et m&#233;ritocratique du fait que tous pouvaient s'&#233;lever socialement en fonction des effort fournis par chacun et par sa famille. &#187; (p. 394) La crise &#233;conomique du d&#233;but des ann&#233;es 1990 a mis un terme &#224; cet espoir : la perception est vive d&#233;sormais que seul l'acc&#232;s aux universit&#233;s les plus prestigieuses garantit la r&#233;ussite. Or celui-ci est, comme on va le voir, tr&#232;s directement li&#233; au capital &#233;conomique des familles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La conclusion du cinqui&#232;me chapitre (pp. 392-&#8288;395) r&#233;sume particuli&#232;rement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mise en cause de l'&#233;galitarisme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour la fin de la croyance en l'&#233;galitarisme, et sans doute particuli&#232;rement, pr&#233;ciserais-je, de la croyance dans le &#171; principe des aptitudes &#187; (&lt;i&gt;n&#244;ryoku shugi&lt;/i&gt;) qui rend les efforts individuels de l'&#233;l&#232;ve et de ses parents comptables de son destin. Mais d'autre part &#8211; et c'est le deuxi&#232;me faisceau de causes &#8211;, c'est aussi cet &#233;galitarisme lui-m&#234;me dont les piliers constitutifs sont effectivement, r&#233;ellement d&#233;mantel&#233;s par les gouvernements successifs du PLD. S'il fallait pr&#233;ciser, je sugg&#233;rerais que ce sont avant tout les attaques contre l'&#171; &#233;galit&#233; de traitement &#187;, et avant tout dans le versant le moins directement p&#233;dagogique de celle-ci &#8211; concernant donc l'orientation des flux d'&#233;l&#232;ves et les institutions scolaires qui les prennent en charge &#8211; que documente C. Galan. On y reviendra &#233;galement &#224; la fin de ce compte-rendu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Afin de ne pas trop allonger ce compte-rendu, on s'est concentr&#233; sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand dater la fin du soutien du PLD &#224; l'&#233;galitarisme, et sa conversion au n&#233;olib&#233;ralisme ? Si le mandat comme premier ministre de Nakasone Yasuhiro (1982-1987) est marqu&#233; par des espoirs r&#233;formateurs, l'auteur documente son &#233;chec, principalement d&#251; &#224; l'attachement du minist&#232;re de l'&#201;ducation au centralisme. Le bref mandat d'Obuchi Keiz&#244;, de juillet 1998 &#224; son soudain d&#233;c&#232;s en avril 2000, imprime en revanche le mouvement pour les d&#233;cennies qui suivent : en plus de lancer l'objectif de r&#233;duire le nombre de fonctionnaires d'un quart en dix ans, il voit la publication du rapport de la Commission &#171; Vision pour le Japon au XXIe si&#232;cle &#187;. Il s'agit d'ouvrir au march&#233; une part toujours plus grande du syst&#232;me &#233;ducatif japonais ; il faut cesser de consid&#233;rer que chaque individu a un &#171; droit &#224; l'&#233;ducation &#187;. Il a au contraire envers l'&#201;tat un &#171; devoir d'&#233;ducation &#187;, du m&#234;me ordre que&#8230; le paiement de ses imp&#244;ts, et le respect de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les co&#251;ts de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me chapitre est centr&#233; sur le co&#251;t de l'&#233;ducation pour les familles, dans un contexte o&#249; l'investissement public dans l'&#233;ducation tourne autour des 3,5 % du PIB depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 &#8211; tr&#232;s en de&#231;&#224; de tous les autres pays du G7, mais aussi de la Cor&#233;e du Sud et de l'Inde (fig. nos 70-&#8288;71, pp. 376-&#8288;377). La p&#233;riode voit une forte chute du revenu des m&#233;nages : le revenu moyen est tomb&#233; de 51 150 &#8364; en 1993 &#224; 40 730 &#8364; en 2013, le revenu m&#233;dian chutant de 42 350 &#8364; en 1995 &#224; 33 110 &#8364; en 2021. La part des m&#233;nages disposant de tr&#232;s hauts revenus est &#233;galement en baisse : on passe de 5,1 % de m&#233;nages gagnant plus de 15 millions de yens (115 500 &#8364;) en 1995 &#224; &#224; 3,6 % en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, sur la m&#234;me p&#233;riode, les co&#251;ts de l'&#233;ducation n'ont cess&#233; d'augmenter. Certes, au niveau de l'&#233;ducation obligatoire (&#233;l&#233;mentaire et coll&#232;ge), la Loi fondamentale sur l'&#233;ducation de 1947 interdit les &#171; frais de cours &#187; (&lt;i&gt;jugy&#244;-ry&#244;&lt;/i&gt;) dans les &#233;tablissements publics (g&#233;r&#233;s par les collectivit&#233;s locales) ainsi que dans les rares &#233;tablissements nationaux (directement g&#233;r&#233;s par l'&#201;tat). Une kyrielle d'autres frais est n&#233;anmoins exigible : frais &#171; de cotisations scolaires &#187; pour les d&#233;penses courantes de la classe, de &#171; livres, fournitures scolaires et consommables &#187;, de d&#233;placement&#8230; Et cet encadrement, d&#233;j&#224; incomplet, est inexistant dans le secteur priv&#233; : si ce dernier reste faiblement d&#233;velopp&#233; au niveau de l'&#233;ducation obligatoire &#8211; scolarisant 1,3 % des &#233;coliers et 7,7 % des coll&#233;giens en 2021 &#8211;, il prend en charge la quasi-totalit&#233; des enfants du pr&#233;-&#233;l&#233;mentaire (87,2%), un gros tiers des lyc&#233;ens (34,4%) et les trois quarts des &#233;tudiants (76%). Les familles japonaises ont le privil&#232;ge douteux de payer de leur poche 48 % des d&#233;penses &#233;ducatives en pr&#233;-&#233;l&#233;mentaire &#8211; presque le triple de la moyenne de l'OCDE &#8211;, et 64,5 % dans l'enseignement sup&#233;rieur. Seules l'Angleterre et la Colombie font pire &#224; ce dernier niveau (rapport OCDE 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;-&#233;l&#233;mentaire existent deux grands types d'institutions. Accueillant historiquement les enfants des basses classes, les &#171; cr&#232;ches &#233;ducatives &#187; (&lt;i&gt;hoikujo&lt;/i&gt;) d&#233;pendent du minist&#232;re de la Sant&#233; et du Travail, et emploient des &#233;ducateurs ou pu&#233;riculteurs qui prennent en charge les enfants d&#232;s leur naissance. Les &#171; jardins d'enfants &#187; (&lt;i&gt;y&#244;chien&lt;/i&gt;) pr&#233;sentent, eux, une dimension scolaire plus marqu&#233;e : ils rel&#232;vent du minist&#232;re de l'&#201;ducation, ont des programmes nationaux coh&#233;rents avec ceux des &#233;coles &#233;l&#233;mentaires, et ne scolarisent les enfants qu'entre trois et six ans, en premi&#232;re partie de journ&#233;e. Malgr&#233; d'importantes mesures de gratuit&#233; prises en 2019, les d&#233;penses &#233;ducatives s'&#233;levaient encore &#224; 1 269 &#8364; par enfant et par an dans le priv&#233; en 2021, auxquels s'ajoutaient 1 110 &#8364; de d&#233;penses &#233;ducatives extrascolaires (juku notamment). Pour une ann&#233;e &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire publique &#171; gratuite &#187;, il fallait encore compter en 2021 pas moins de 2 700 &#8364;, que les parents compl&#233;taient par 1 907 &#8364; de d&#233;penses extrascolaires. Au coll&#232;ge (1 310 &#8364; par an dans le public), les d&#233;penses extrascolaires s'&#233;galisent entre parents du public et du priv&#233; (&#224; un peu plus de&#8230; 2 800 &#8364; annuels) : les seconds ont en effet d&#233;j&#224; assur&#233; &#224; leur prog&#233;niture un parcours de r&#233;ussite, quand les premiers augmentent leurs efforts en esp&#233;rant l'entr&#233;e dans un bon lyc&#233;e. Au lyc&#233;e en revanche, les jeux sont largement faits, et la culture populaire (le manga &lt;i&gt;Great teacher Onizuka&lt;/i&gt; (1997-2002), par exemple) se fait l'&#233;cho de deux r&#233;alit&#233;s scolaires distinctes : l&#224; o&#249; les &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es les plus prestigieux poursuivent leur bachotage intensif, le temps d'&#233;tude des autres chute fortement. La diff&#233;rence de recrutement entre public et priv&#233; se joue au milieu de la distribution : les lyc&#233;es priv&#233;s sont moins nombreux que le public (16 % contre 24 %) &#224; recruter des lyc&#233;ens dont le hensachi moyen est compris entre 45 et 49, mais un peu plus nombreux (15 % contre 13 %) avec un hensachi moyen compris entre 50 et 54 (fig. 50, p. 319). Les rares lyc&#233;es nationaux sont prestigieux, et recrutent (tr&#232;s) haut dans la distribution. La situation des universit&#233;s, enfin, est paradoxale : alors que depuis 2018, le nombre de places est sup&#233;rieur au nombre de jeunes de 18 ans dans l'archipel, en 2022 seuls 60,4 % des jeunes s'y inscrivent (p. 328). Le co&#251;t est un obstacle dirimant, pouvant atteindre trente &#224; quarante mille euros pour une scolarit&#233; en quatre ans dans une universit&#233; priv&#233;e. La lecture de ce chapitre &#8211; le plus long de l'ouvrage &#8211; est globalement assez fastidieuse ; les premi&#232;res sections encha&#238;nent les listes de frais et de calculs. Il aurait mieux valu commencer par les derni&#232;res sections, pr&#233;sentant globalement la situation (comme on l'a fait dans ce compte-rendu), puis pr&#233;senter le co&#251;t &#224; chaque niveau des scolarit&#233;s de mani&#232;re plus synth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;tablissements du centre, &#233;tablissements des p&#233;riph&#233;ries&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me chapitre propose une analyse du syst&#232;me &#233;ducatif japonais &#224; l'aide d'un mod&#232;le &#171; centre-p&#233;riph&#233;ries &#187;, analyse rarement entreprise si on en croit l'auteur. On n'est pas certain de bien saisir la perspective en question, puisque les caract&#233;ristiques d'un mod&#232;le centre-p&#233;riph&#233;ries ne sont jamais d&#233;taill&#233;es ; &#224; la lecture, on comprend qu'il s'agit d'in&#233;galit&#233;s territoriales, essentiellement entre d&#233;partements&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Japon compte 47 unit&#233;s administratives, dont 43 ont le statut de ken (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi &#224; l'&#233;chelle de quelques grandes m&#233;tropoles. L'auteur propose une comparaison des r&#233;sultats scolaires entre d&#233;partements, sur la base des &#233;valuations nationales que le minist&#232;re a mises en place en 2007 pour soutenir le syst&#232;me du &#171; choix de l'&#233;cole &#187;. Les &#233;l&#232;ves du secteur public sont &#233;valu&#233;s en japonais et math&#233;matiques en fin d'&#233;l&#233;mentaire et de coll&#232;ge, ainsi que, pour les seuls coll&#233;giens, en anglais. En 2019, les d&#233;partements les plus performants en fin d'&#233;l&#233;mentaire &#8211; Akita, Ishikawa, Fukui&#8230; et m&#234;me Okinawa, en sixi&#232;me position &#8211; n'&#233;taient pas sp&#233;cialement &#8216;attendus' : on n'observe aucune corr&#233;lation particuli&#232;re entre la performance des &#233;coles et la composition sociale du d&#233;partement. &#171; [L]'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire &#8211; sur le plan des performances scolaires des &#233;l&#232;ves tout au moins &#8211; joue mieux son r&#244;le de garant de l'&#233;galit&#233; de tous en mati&#232;re d'&#233;ducation que ne le fait le coll&#232;ge public &#187; (p. 414) : &#224; ce niveau, en effet, les corr&#233;lations n&#233;gatives sont nettes entre le taux de r&#233;ussite aux &#233;preuves et divers indices de pr&#233;carit&#233; (taux de pauvret&#233; relative des m&#233;nages &#233;levant des enfants, de divorces, ou de familles monoparentales). Okinawa est d&#233;sormais bonne derni&#232;re. C'est notamment la fuite des meilleurs &#233;l&#232;ves vers le secteur priv&#233; &#8211; qui, rappelons-le, ne participent pas aux &#233;valuations &#8211; qui est en cause ici : dans une grande m&#233;tropole comme T&#244;ky&#244;, il semble exister une corr&#233;lation positive entre le pourcentage de r&#233;ussite aux &#233;valuations de fin d'&#233;l&#233;mentaire et le taux d'inscription dans un coll&#232;ge priv&#233; de chaque arrondissement (qui varie de 10,3 % &#224; 40,4 %). Pour l'acc&#232;s aux universit&#233;s, les in&#233;galit&#233;s interd&#233;partementales sont encore plus nettes : en 2020, les sept d&#233;partements du Kant&#244; (r&#233;gion de T&#244;ky&#244;) accueillaient un tiers des 798 universit&#233;s du pays, et les sept du Kansai (r&#233;gion d'&#212;saka et Ky&#244;to) un cinqui&#232;me ; le Hokkaid&#244; et les cinq d&#233;partements d'Aichi, Fukuoka, Niigata, Okayama et Hiroshima en accueillent ensemble 22,6 % ; les 27 d&#233;partements restants s'en partagent moins du quart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre se cl&#244;t par une &#233;tude de cas statistique sur le d&#233;partement de K&#244;chi, fine et originale. Le K&#244;chi est en effet une p&#233;riph&#233;rie plus &#8216;inattendue' qu'Okinawa, ou que le sud-ouest et l'extr&#234;me nord du pays : il se caract&#233;rise certes par son manque de dynamisme &#233;conomique, sa population &#226;g&#233;e et en grande difficult&#233; &#233;conomique, et une faible implantation d'universit&#233;s. Mais les &#233;coles &#233;l&#233;mentaires maintiennent un niveau sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale ; il y en a 32,46 pour 100 000 habitants, le taux le plus &#233;lev&#233; du pays. Les coll&#232;ges publics, en revanche, paient ch&#232;rement la fuite vers les coll&#232;ges nationaux et priv&#233;s, qui concerne 20,44 % des &#233;l&#232;ves &#8211; soit le deuxi&#232;me taux le plus &#233;lev&#233; du pays apr&#232;s T&#244;ky&#244; ! Les &#233;l&#232;ves qu'ils accueillent encore, d&#233;sormais en-de&#231;&#224; des moyennes nationales, pr&#233;sentent un &#171; renoncement &#224; toute strat&#233;gie d'ascension sociale &#187; (p. 424) : fort absent&#233;isme et faible fr&#233;quentation des juku. L'auteur conclut qu'on peut parler d'&#171; &#233;coles de la p&#233;riph&#233;rie &#187; au sens d'Agn&#232;s Van Zanten&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agn&#232;s Van Zanten, L'&#233;cole de la p&#233;riph&#233;rie. Scolarit&#233; et s&#233;gr&#233;gation en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , dans le cas du K&#244;chi tout aussi bien que des arrondissements d&#233;favoris&#233;s des grandes m&#233;tropoles &#8211; ce qui aurait peut-&#234;tre m&#233;rit&#233; discussion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une p&#233;dagogie &#233;galitaire&#8230; aux effets in&#233;galitaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris &#224; la lecture de ce compte-rendu, l'ouvrage fournit au lecteur fran&#231;ais une grande richesse d'informations sur le syst&#232;me scolaire japonais. Il m&#233;rite d'&#234;tre lu. Deux critiques toutefois. D'abord, des informations essentielles sur le syst&#232;me &#233;ducatif nippon, telles que la dur&#233;e de l'&#233;ducation obligatoire, ou l'&#233;volution du taux de scolarisation aux diff&#233;rents niveaux de la scolarit&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies (fig. no 32, p. 244), ne sont pas pr&#233;sent&#233;es d'embl&#233;e, mais diss&#233;min&#233;es au fil des pages. L'ouvrage visant &#224; introduire le Japon dans les d&#233;bats francophones aupr&#232;s de chercheurs en &#233;ducation non sp&#233;cialistes (p. 43), cela aurait m&#233;rit&#233; une annexe d&#233;di&#233;e, ainsi qu'un index des noms propres. Deuxi&#232;me point n&#233;gatif : &#224; partir du troisi&#232;me chapitre, le d&#233;s&#233;quilibre est trop important entre, d'une part, la pr&#233;sentation des donn&#233;es empiriques &#8211; tr&#232;s riche, on l'a dit &#8211; et de longues citations de textes de loi ou de chercheurs, parfois tr&#232;s peu comment&#233;es ; et d'autre part, les passages proposant une interpr&#233;tation d'ensemble permettant de prendre du recul sur les faits. Ces derniers &#8211; en particulier la fin du chapitre 5 (pp. 392-&#8288;395) et le d&#233;but de la conclusion de l'ouvrage (pp. 515-&#8288;518) &#8211; sont passionnants, mais trop brefs et tardifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;l&#233;ments d'interpr&#233;tation et de discussion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure ce compte-rendu, c'est cette interpr&#233;tation d'ensemble que j'aimerais discuter. C. Galan se montre globalement critique de l'&#233;galit&#233; de traitement. Citant un propos de Jacques Fijalkow sur l'enseignement de la lecture, il fait sienne l'id&#233;e qu'&#171; une p&#233;dagogie &#233;galitaire dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peut qu'avoir des effets in&#233;galitaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Fijalkow, Entrer dans l'&#233;crit, Paris, Mignard, 1993, p. 8 (cit&#233; pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il peut faire montre d'un relativisme d&#233;complex&#233; quant &#224; la r&#233;ussite la plus notable &#224; porter au cr&#233;dit de l'&#233;galit&#233; de traitement, &#224; savoir de faire acqu&#233;rir &#224; tous les &#233;l&#232;ves les savoirs de base. Dans un passage portant sur le co&#251;t financier des &#233;tudes japonaises, notamment universitaires, il &#233;crit ainsi que &#034;PISA &#233;value les syst&#232;mes &#233;ducatifs sur ce qui fait la force du syst&#232;me &#233;ducatif japonais, sur ce pour quoi ce syst&#232;me a &#233;t&#233; con&#231;u [&#8230;] Pour les parents japonais, les d&#233;fis et les enjeux relatifs &#224; l'&#233;ducation de leurs enfants commencent toutefois, si l'on peut dire, l&#224; o&#249; PISA s'arr&#234;te [&#224; l'issue du coll&#232;ge, donc]. Le fait que PISA valorise les performances de leur pays durant la p&#233;riode de l'&#233;ducation obligatoire &lt;i&gt;ne leur apporte pas grand-chose sur le plan individuel&lt;/i&gt;. Cela ne r&#233;sout en effet en rien &lt;i&gt;les probl&#232;mes auxquels ils doivent faire face au quotidien, [&#8230;] qui sont essentiellement &#233;conomiques et financiers&lt;/i&gt;, des probl&#232;mes qui impactent les r&#233;sultats et l'avenir post-coll&#232;ge de [leurs enfants]&#034; (p. 383, je souligne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur appelle au contraire de ses v&#339;ux une &#171; &#233;galit&#233; de r&#233;ussite &#187;. Les contours en restent flous, mais on comprend qu'il s'agirait d'appliquer un traitement diff&#233;rent &#224; chaque &#233;l&#232;ve, respectueux de son individualit&#233; ; de droits &#171; &#224; la diff&#233;rence, &#224; la diversit&#233;, &#224; l'autonomie, &#224; l'enfance, notamment &#187; (p. 79). S'en &#233;tonnera-t-on alors ? C. Galan est oblig&#233; de noter &#224; plusieurs reprises que les propositions des progressistes p&#233;dagogiques japonais &#8211; modulation des horaires, du contenu des programmes, suppression de l'obligation de fr&#233;quentation scolaire &#8211; rejoignent celles&#8230; des n&#233;olib&#233;raux. Il assure que les deux points de vue sont &#171; peu conciliables &#187; (p. 517), &#171; fondamentalement irr&#233;conciliables &#187; (p. 80), et visent &#171; des objectifs radicalement diff&#233;rents &#187; (p. 502). Mais quelle peut &#234;tre la nature de ces objectifs si diff&#233;rents, quand les politiques publiques propos&#233;es sont les m&#234;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous sommes convaincu(s) que faire acqu&#233;rir &#224; toute une classe d'&#226;ge la ma&#238;trise des savoirs fondamentaux de la culture &#233;crite a une valeur en soi, intrins&#232;que. &#171; Une p&#233;dagogie &#233;galitaire dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peut qu'avoir des effets in&#233;galitaires &#187; ? Mais c'est exactement l'inverse qu'a montr&#233; le sixi&#232;me chapitre &#224; propos des r&#233;sultats aux &#233;valuations nationales en fin d'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Le passage m&#233;rite d'&#234;tre cit&#233; un peu longuement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Dans le cas des r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves aux tests nationaux sur les comp&#233;tences scolaires, en revanche, ces deux Japon [opposant d'un c&#244;t&#233; les grandes m&#233;tropoles, Kansai et Kant&#244;, et de l'autre, des p&#233;riph&#233;ries de plus en plus marginalis&#233;es &#224; mesure qu'on s'&#233;loigne du centre] se dissolvent, &lt;i&gt;notamment au niveau de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, dans une autre r&#233;alit&#233; spatiale&lt;/i&gt; &#224; la fois plus &#233;clat&#233;e g&#233;ographiquement et &lt;i&gt;plus resserr&#233;e sur le plan des &#233;carts, fond&#233;e sur la r&#233;elle &#171; efficacit&#233; &#187; de ladite &#233;cole &#233;l&#233;mentaire et sur les conditions locales de sa mise en place&lt;/i&gt; qui parviennent la plupart du temps &#224; &lt;i&gt;contrebalancer les diff&#233;rences d'environnement socio-familial&lt;/i&gt;.&#034; (p. 428, je souligne)&lt;br class='autobr' /&gt;
Et imm&#233;diatement apr&#232;s le passage qu'on vient de citer, l'auteur ajoute :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Un &#233;l&#233;ment important entre &#233;galement en jeu ici : le fait que les familles aux strat&#233;gies &#233;litistes les plus pouss&#233;es scolarisent encore &#224; ce niveau, dans leur immense majorit&#233;, leurs enfants dans le public.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit : &lt;i&gt;seule une application particuli&#232;rement stricte de l'&#233;galit&#233; de traitement&lt;/i&gt; &#8211; les &#233;l&#232;ves b&#233;n&#233;ficiant exactement du m&#234;me enseignement, dans la m&#234;me institution publique &#8211; &lt;i&gt;est &#224; m&#234;me de permettre une appropriation &#233;gale des savoirs fondamentaux&lt;/i&gt;, neutralisant l'effet du milieu social d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche p&#233;dagogique japonaise pourrait-elle en tirer quelque enseignement ? Tentons cette exp&#233;rience de pens&#233;e. S'il a brill&#233; dans la transmission de savoirs fondamentaux &#224; toute une classe d'&#226;ge, l'&#233;galitarisme japonais s'est parfaitement accommod&#233; du maintien de la concurrence scolaire, que traduisent tant, en son sein, le moyennisme scolaire du hensachi que, en dehors de lui, la &#171; double externalisation &#187; &#8211; hors les murs de l'&#233;cole, et hors le budget de l'&#201;tat &#8211; de la comp&#233;tition scolaire dans les juku. Il s'est accompagn&#233; d'un moyennisme comportemental devenu insupportable &#224; de larges franges des jeunes g&#233;n&#233;rations, contrecarrant s&#233;rieusement les ambitions nationalistes des politiciens du PLD. On rejoindra C. Galan quand il appelle de ses v&#339;ux la n&#233;cessaire prise en compte des &#233;l&#232;ves &#171; diff&#233;rents &#187;, s'agissant des enfants d'immigr&#233;s, ayant s&#233;journ&#233; &#224; l'&#233;tranger, ou en situation de handicap. Il est clair aussi que l'&#233;galit&#233; de traitement ne devra pas conduire &#224; interdire l'enseignement du raisonnement &#233;crit sous sa forme longue, du &#171; comment penser &#187; si constitutif de la litt&#233;rature et des sciences humaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 10. Lire, sur ce site : J&#233;r&#244;me Deauvieau, &#171; Quel enseignement pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ces consid&#233;rations mises &#224; part, une v&#233;ritable d&#233;mocratisation scolaire &lt;i&gt;appelle visiblement une syst&#233;matisation de l'&#233;galit&#233; de traitement&lt;/i&gt;. Au point de vue de l'organisation du syst&#232;me scolaire, cela ne peut impliquer que la suppression de la concurrence : soit la nationalisation du secteur &#233;ducatif priv&#233;, et la fermeture des juku, en commen&#231;ant par les juku &#171; pour aller de l'avant &#187; (&lt;i&gt;shingaku juku&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je me centre ici sur la situation interne &#224; l'institution scolaire. Du c&#244;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gageons qu'une fois cette concurrence abolie, les d&#233;rives de type &#171; bachotage &#187;, dans les pratiques p&#233;dagogiques des enseignants japonais eux-m&#234;mes, auront t&#244;t fait d'appara&#238;tre superflues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est particuli&#232;rement William K. Cummings, &lt;i&gt;Educational equality in Japan &lt;/i&gt; (Princeton University Press, 1980), qui est vis&#233; dans l'introduction de l'ouvrage. Suite &#224; la publication du rapport de Christopher Jencks et de ses coll&#232;gues sur les in&#233;galit&#233;s &#233;ducatives aux &#201;tats-Unis, la quatri&#232;me de couverture du livre de Cummings proclamait que &#171; les Japonais ont r&#233;ussi l&#224; o&#249; les Am&#233;ricains ont &#233;chou&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'auteur est professeur des universit&#233;s en langue et civilisation japonaises &#224; l'universit&#233; Toulouse-Jean Jaur&#232;s, chercheur &#224; l'Institut fran&#231;ais de recherches sur l'Asie de l'Est (IFRAE, Inalco / Universit&#233; Paris Cit&#233; / CNRS) et co-directeur de la revue &lt;i&gt;&#201;tudes japonaises&lt;/i&gt;, qu'il a co-fond&#233;e en 2024. Signalons que ses premiers travaux ont port&#233; sur l'enseignement de la lecture, sujet amplement trait&#233; sur le site du GRDS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'ouvrage, les titres japonais sont transcrits en r&#244;maji (en alphabet latin, selon le syst&#232;me dit &#171; Hepburn modifi&#233; &#187;), suivis d'une traduction en fran&#231;ais. La transcription des noms de personne respecte l'usage japonais qui est de citer d'abord le nom de famille, puis le nom personnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les textes suivants constituent une premi&#232;re version de certains chapitres : &#171; Eug&#233;nisme et &#233;ducation dans le Japon d'apr&#232;s-guerre &#187;,&lt;i&gt;Cipango. Cahiers d'&#233;tudes japonaises&lt;/i&gt;, vol. 24, 2021, Isabelle Konuma (coord.), &#171; Eug&#233;nisme dans le Japon moderne et contemporain &#187;, pp. 163-&#8288;207 (pour le chapitre 1) ; &#171; L'&#233;volution du concept d'&#8220;&#233;ducation d'apr&#232;s-guerre&#8221; &#187;, in Michael Lucken, Anne Bayard-Sakai et Emmanuel Lozerand (dir.), &lt;i&gt;Le Japon apr&#232;s la guerre&lt;/i&gt;, Arles, Philippe Picquier, 2006, pp. 47-&#8288;81 (ouvrage r&#233;&#233;dit&#233; sous le titre &lt;i&gt;Sengo, le Japon apr&#232;s la guerre&lt;/i&gt;, Paris, Presses de l'Inalco, 2017, pp. 47-&#8288;82) (ch. 2) ; &#171; Une strat&#233;gie du d&#233;sordre : l'assouplissement de la sectorisation scolaire au Japon &#187;, &lt;i&gt;Dossiers des sciences de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, 2012, no 27, Christian Galan et Claude L&#233;vi Alvar&#232;s (coord.), &#171; S&#233;isme &#233;ducatif au Japon &#187;, pp. 87-&#8288;101 (d&#233;but du ch. 3) ; &#171; Le syst&#232;me &#233;ducatif japonais au prisme du mod&#232;le &#8220;centre-p&#233;riph&#233;rie(s)&#8221; &#187; [2021], in Aline Henninger et Mayumi Shimosakai (dir.), &lt;i&gt;Japon pluriel 14. P&#233;riph&#233;ries et centres&lt;/i&gt;. Actes du quatorzi&#232;me colloque de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise d'&#233;tudes japonaises, Arles, Philippe Picquier, 2023, pp. 43-&#8288;85 (ch. 6) ; communication &#171; La Covid-&#8288;19 et le syst&#232;me &#233;ducatif japonais : tensions, d&#233;fis et opportunit&#233;s (manqu&#233;es ?) &#187;, journ&#233;es d'&#233;tude &#171; La soci&#233;t&#233; japonaise face &#224; la Covid-&#8288;19 &#187; du groupe de recherche &lt;i&gt;Populations japonaises &#8211; IFRAE / CRCAO&lt;/i&gt;, universit&#233; Paris Cit&#233;, 18-&#8288;19 novembre 2021 (ch. 7).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Postface &#224; la traduction japonaise de Michael J. Sandel, &lt;i&gt;The tyranny of merit : what's become of the common good ? &lt;/i&gt; (Londres, Allen Lane, 2020 ; trad. jap. &lt;i&gt;Hayakawa shob&#244;&lt;/i&gt;, 2023, cit&#233;e p. 63, note 1.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la notion d'aptitudes, voir sur ce site : Fabienne Andr&#233;, &#171; &lt;i&gt;Apprendre. Les &#171; aptitudes &#187;, vie et mort, et Dehaene &#187;&lt;/i&gt;, 2025 : https:&lt;a href=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article361&lt;/a&gt; ; et Jean-Pierre Terrail, &#171; &lt;i&gt;Visages du progressisme scolaire en France (1880-2021) : m&#233;ritocratie ou d&#233;mocratie ?&lt;/i&gt; &#187;, 2021 : &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article338&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article338&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; M&#233;ritocratie &#187; correspond plut&#244;t &#224; &lt;i&gt;jitsuryoku shugi&lt;/i&gt; (&#171; syst&#232;me fond&#233; sur les comp&#233;tences &#187;), utilis&#233; surtout &#224; partir de 1990. Cette expression remplace &lt;i&gt;gakureki shakai&lt;/i&gt; (&#171; soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur les dipl&#244;mes &#187;), tr&#232;s utilis&#233;e des ann&#233;es 1970 jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990, mais beaucoup moins aujourd'hui. &lt;i&gt;Meri(t)tokurash&#238;&lt;/i&gt; reste marginal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Hensachi&lt;/i&gt; = [(r&#233;sultat de l'&#233;l&#232;ve - moyenne de la cohorte) / &#233;cart-type de la cohorte] x 10 + 50. Le hensachi est donc compris entre 25 et 75 pour la quasi-totalit&#233; (98,76 %) d'une cohorte. Un hensachi de 50 situe un &#233;l&#232;ve exactement &#224; la moyenne de sa cohorte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La caract&#233;risation de ces pratiques p&#233;dagogiques n'est pas au c&#339;ur de l'ouvrage. On trouvera plus de d&#233;tails dans les textes suivants : Christian Galan, &#171; Japon : l'uniformit&#233; comme principe p&#233;dagogique &#187;, in Collectif, Actes du colloque &#171; D&#233;fendre et transformer l'&#233;cole pour tous &#187;, universit&#233; de Provence, Marseille, 3-&#8288;4-&#8288;5 octobre 1997, &#233;dit&#233;s sur CD-Rom par l'IUFM d'Aix-Marseille, 1998 (https://hal.science/hal-02399202/) ; et Christian Galan, Yves Cadot et Aline Henninger, &#171; Neutraliser (toujours plus) la &#171; variable enseignant &#187; &#187;, in &lt;i&gt;Loyaut&#233; et patriotisme (le retour). &#201;ducation et n&#233;o-conservatisme dans le Japon du XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, PUR, &#171; Histoire &#187;, 2023, pp. 79-&#8288;108 (&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/books.pur.189255&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/books.pur.189255&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;galit&#233; de traitement entra&#238;ne aussi des cons&#233;quences sur les modes d'&#233;valuation, comme il est sugg&#233;r&#233; dans la conclusion de l'ouvrage. Puisqu'on ne peut &#233;valuer les &#233;l&#232;ves que sur ce que l'on est certain qu'ils ont tous acquis dans les m&#234;mes conditions, les questionnaires &#224; choix multiples et autres r&#233;ponses br&#232;ves sont la r&#232;gle. Le commentaire de texte et la dissertation sont totalement absents ; la lecture d'&#339;uvres int&#233;grales, trop variable selon l'individu, est rare.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'auteur pr&#233;cise lui-m&#234;me (p. 45) qu'il n'avait jamais envisag&#233; le lien entre eug&#233;nisme et &#233;ducation avant l'&#233;criture de l'article qui a servi de base &#224; ce chapitre (voir note 4).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;galit&#233; d'acc&#232;s dont demeurent donc exclus les &#233;l&#232;ves en situation de handicap, rel&#233;gu&#233;s dans l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e. L'auteur ne traite pas leur cas dans l'ouvrage, et renvoie notamment aux travaux d'Anne-Lise Mithout. Sur les &#233;l&#232;ves immigr&#233;s ou ayant s&#233;journ&#233; &#224; l'&#233;tranger, voir la note suivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De m&#234;me, les dispositifs sp&#233;cifiques qui permettraient de scolariser les enfants d'immigr&#233;s, ou m&#234;me simplement ceux ayant s&#233;journ&#233; &#224; l'&#233;tranger, demeurent quasi inexistants &#224; ce jour. L'auteur a ici laiss&#233; de c&#244;t&#233; cette question, mais y a consacr&#233; de pr&#233;c&#233;dents travaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fukaya Masashi, Dobashi Minoru et Saegusa Keiko, &#171; Gakush&#251; juku &#187;, &lt;i&gt;Monogurafu &#8211; sh&#244;gakusei nau&lt;/i&gt; (Monographies &#8211; les &#233;coliers aujourd'hui), vol. 15-&#8288;6, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La conclusion du cinqui&#232;me chapitre (pp. 392-&#8288;395) r&#233;sume particuli&#232;rement bien ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Afin de ne pas trop allonger ce compte-rendu, on s'est concentr&#233; sur les caract&#233;ristiques les plus saillantes du syst&#232;me &#233;ducatif nippon. On a laiss&#233; de c&#244;t&#233; le d&#233;but du troisi&#232;me chapitre, consacr&#233; &#224; la mise en place partielle d'une politique de &#171; choix de l'&#233;cole &#187;, ainsi que le septi&#232;me chapitre, qui analyse les premiers mois de la pand&#233;mie de Covid-&#8288;19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Japon compte 47 unit&#233;s administratives, dont 43 ont le statut de ken (d&#233;partements). Par commodit&#233;, l'auteur les appelle toutes &#171; d&#233;partements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agn&#232;s Van Zanten, &lt;i&gt;L'&#233;cole de la p&#233;riph&#233;rie. Scolarit&#233; et s&#233;gr&#233;gation en banlieue&lt;/i&gt;, Paris, PUF, &#171; Le lien social &#187;, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Fijalkow, &lt;i&gt;Entrer dans l'&#233;crit&lt;/i&gt;, Paris, Mignard, 1993, p. 8 (cit&#233; pp. 172-&#8288;173). Voir aussi page 395 : &#171; une &#233;ducation &#233;galitariste dans une soci&#233;t&#233; fondamentalement in&#233;galitaire amplifi[e] en r&#233;alit&#233; les in&#233;galit&#233;s existant au sein de celle-ci en restreignant toujours plus la part de la population pouvant objectivement participer &#224; la comp&#233;tition scolaire, c'est-&#224;-dire avec une chance r&#233;elle de &#171; gagner quelque chose &#187;, f&#251;t-ce peu. &#187;. Et page 522 : &#171; une &#233;ducation et une p&#233;dagogie &#233;galitaristes dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peuvent que renforcer les in&#233;galit&#233;s en question. Donner &#224; tous la m&#234;me chose quand tous sont diff&#233;rents revient &#224; favoriser les mieux dot&#233;s en capital &#233;conomique, social et culturel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir note 10. Lire, sur ce site : J&#233;r&#244;me Deauvieau, &#171; Quel enseignement pour penser le monde social ? Quelques r&#233;flexions et propositions &#187;, GRDS, 2017 : &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article259&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article259&lt;/a&gt; ; et aussi Nicole Grataloup, &#171; &#201;crire pour penser et pour philosopher &#187;, in Jean-Pierre Terrail (coord.), &lt;i&gt;P&#233;dagogies de l'exigence. R&#233;cits de pratiques enseignantes en milieux populaires&lt;/i&gt;, La Dispute, &#171; L'enjeu scolaire &#187;, pp. 169-&#8288;187. (&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/disp.terra.2020.01.0169&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/disp.terra.2020.01.0169&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je me centre ici sur la situation interne &#224; l'institution scolaire. Du c&#244;t&#233; des familles, la situation actuelle, particuli&#232;rement d&#233;l&#233;t&#232;re, se caract&#233;rise &#224; la fois par l'effondrement de la croyance en une &#171; &#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents &#187; &#8211; remplac&#233;e par le constat d&#233;sabus&#233; de l'existence d'une &#171; loterie parentale &#187; (oya-gacha) &#8211; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; par le maintien de l'attachement au moyennisme acad&#233;mique incarn&#233; par le hensachi, per&#231;u comme objectif, donc juste. &#171; Si [&#8230;] beaucoup de Japonais &#8211; et notamment les jeunes &#8211; ont pris conscience de l'existence d'in&#233;galit&#233;s sociales et scolaires pouvant agir sur l'obtention d'un hensachi plus ou moins &#233;lev&#233;, ce sont bien les conditions in&#233;galitaires de cette obtention que ceux-ci d&#233;noncent et non l'outil qui les mesure. &#187; (p. 519) On reste attach&#233; &#224; la &#171; juste &#187; mesure de sa valeur relative, quand bien m&#234;me on ressent vivement que tous ne sont pas partis de la m&#234;me ligne de d&#233;part : on voit bien qu'il n'y a que le maintien de la comp&#233;tition scolaire pour expliquer cette position d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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