<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
	<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/</link>
	<description>Le GRDS (Groupe de recherche sur la d&#233;mocratisation scolaire) est une association loi 1901 regroupant des chercheuses et chercheurs professionnels, des enseignantes et des enseignants. Ind&#233;pendant de toute institution et de toute organisation politique et syndicale, le GRDS vise &#224; contribuer par ses travaux, textes, publications et interventions &#224; l'objectif de la d&#233;mocratisation scolaire. Consid&#233;rant l'&#233;cole comme un grand enjeu politique, il entend s'emparer des questions touchant &#224; sa transformation d&#233;mocratique avec toute l'audace intellectuelle et la libert&#233; d'esprit requises.
Contact : gr-ds@orange.fr.
Suivez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/democratisation.scolaire
Et sur Instagram : www.instagram.com/democratisation_scolaire/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?id_auteur=2&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
		<url>https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L144xH16/siteon0-ac0ed.png?1790689034</url>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/</link>
		<height>16</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Formation et d&#233;buts professionnels des professeurs des &#233;coles</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article314</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article314</guid>
		<dc:date>2020-02-20T09:49:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le parcours du d&#233;butant. Enqu&#234;tes sur les premi&#232;res ann&#233;es d'enseignement &#224; l'&#233;cole primaire est un ouvrage collectif dirig&#233; par Sylvain Broccolichi, Christophe Joigneaux et St&#233;phan Mierzejewski et publi&#233; en 2018. &lt;br class='autobr' /&gt;
Issu d'une investigation pluridisciplinaire poursuivie depuis dix ans, ce livre est le premier ouvrage de recherche qui documente en France les parcours professionnels des enseignants d&#233;butants entr&#233;s dans l'enseignement du premier degr&#233; apr&#232;s la r&#233;forme du concours qui exige (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;M&#233;tier enseignant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH69/arton314-9c884.png?1790689096' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le parcours du d&#233;butant. Enqu&#234;tes sur les premi&#232;res ann&#233;es d'enseignement &#224; l'&#233;cole primaire &lt;/i&gt; est un ouvrage collectif dirig&#233; par Sylvain Broccolichi, Christophe Joigneaux et St&#233;phan Mierzejewski et publi&#233; en 2018&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BROCCOLICHI Sylvain, JOIGNEAUX Christophe &amp; MIERZEJEWSKI St&#233;phan (dir.). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issu d'une investigation pluridisciplinaire poursuivie depuis dix ans, ce livre est le premier ouvrage de recherche qui documente en France les parcours professionnels des enseignants d&#233;butants entr&#233;s dans l'enseignement du premier degr&#233; apr&#232;s la r&#233;forme du concours qui exige d'eux la possession d'un master depuis la session de 2010, puis l'installation des &#201;coles sup&#233;rieures du professorat et de l'&#233;ducation (ESPE) &#224; la place des Instituts universitaires de formation des ma&#238;tres (IUFM) &#224; partir de la rentr&#233;e universitaire de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En grand questionnement sur les cons&#233;quences &#187; de cette r&#233;forme dite de &#171; mast&#233;risation &#187;, en particulier de la suppression de l'ann&#233;e de formation professionnelle en alternance, ses sept auteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'exception de l'une d'entre eux, ils sont tous membres en 2010 de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, impliqu&#233;s dans la formation des enseignants, ont voulu &#171; &#233;tudier [leurs] &#233;volutions contrast&#233;es [...] selon leurs parcours et motivations initiaux, et selon les conditions institutionnelles et locales de leur socialisation professionnelle &#187; (p. 30). Pour ce faire, ils ont suivi, par entretiens et observations r&#233;p&#233;t&#233;s, une soixantaine de professeurs des &#233;coles stagiaires ou titulaires : d'abord, entre 2010 et 2013, des &lt;i&gt;candidats admissibles&lt;/i&gt; au Concours de recrutement des professeurs des &#233;coles (CRPE) ; puis, &#224; partir de 2014, des &lt;i&gt;laur&#233;ats&lt;/i&gt; du CRPE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le volet quantitatif de la recherche &#233;tant malheureusement quasi absent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'interrogation des auteurs remonte plus loin dans le temps et s'inscrit dans une probl&#233;matique plus large. Comment se fait-il que les politiques scolaires men&#233;es au nom de la r&#233;ussite de tous les &#233;l&#232;ves depuis les ann&#233;es 1960 se heurtent au constat d'une aggravation des difficult&#233;s d'apprentissage et des in&#233;galit&#233;s scolaires ? L'introduction des trois directeurs d'ouvrage part de ce &#171; hiatus entre id&#233;aux et r&#233;alit&#233;s &#187;. Faisant le point sur les r&#233;formes de l'enseignement, en particulier sur les lois d'orientation de 1989 et de 2005, ils soulignent l'&#233;l&#233;vation des ambitions pour les &#233;l&#232;ves, mais aussi la multiplicit&#233; et la complexit&#233; des nouvelles prescriptions faites aux enseignants (travail en &#233;quipe, projet d'&#233;cole, diff&#233;renciation p&#233;dagogique, collaboration avec d'autres partenaires...). Ils d&#233;taillent &#233;galement de fa&#231;on tr&#232;s utile les constats d'&#233;checs et d'in&#233;galit&#233;s au sein de l'&#233;cole fran&#231;aise, en particulier &#224; travers les rapports d'inspection g&#233;n&#233;rale, avant d'exposer les r&#233;formes de la formation des enseignants en 2009 et 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier chapitre, Catherine Couturier et St&#233;phan Mierzejewski pr&#233;sentent trois cas de professeurs des &#233;coles d&#233;butants dont les profils sont assez vari&#233;s. Ils se demandent comment ils font face aux multiples objectifs de la seconde ann&#233;e de master (concours, stage, m&#233;moire...) et ce qu'ils parviennent &#224; r&#233;investir de leur formation en classe. Leurs conclusions soulignent le travail continu de priorisation entre les objectifs de formation qu'ils mettent en concurrence. Ils pointent &#233;galement la superposition latente des fonctions de conseil et d'&#233;valuation pr&#234;t&#233;es aux conseillers p&#233;dagogiques, qui se r&#233;v&#232;le tr&#232;s d&#233;stabilisatrice. Enfin, ils analysent le sentiment d'inadaptation de la formation re&#231;ue &#224; l'IUFM : pour pr&#233;parer les stages ou analyser les difficult&#233;s rencontr&#233;es, &#171; les stagiaires consult&#233;s citent alors plus spontan&#233;ment internet, les manuels, certains coll&#232;gues de terrain, voire leur r&#233;seau personnel pour alimenter leur r&#233;flexion et leur imagination p&#233;dagogique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre 2, Sabine Thorel-Hallez adopte le cadre de la clinique de l'activit&#233; pour suivre deux stagiaires ayant subi des remarques d&#233;valorisantes de conseillers p&#233;dagogiques et d'enseignants titulaires de classe. Mais les probl&#232;mes point&#233;s ne sont pas pris au s&#233;rieux par l'analyse de l'auteure : quand le conseiller p&#233;dagogique affirme que le stagiaire a &#171; &#224; peine le niveau de [ses] CM1 &#187;, dans quelle mesure dit-il vrai ? Et quand la titulaire &#171; consid&#233;rait que j'&#233;tais parfaitement incomp&#233;tent pour leur apprendre &#224; lire ou &#224; &#233;crire &#187;, son diagnostic est-il fond&#233; ? La conclusion se focalise sur les raisons du plaisir retrouv&#233; d'enseigner en SEGPA (Sections d'enseignement g&#233;n&#233;ral et professionnel adapt&#233;) l'ann&#233;e apr&#232;s la titularisation, conditions d'un d&#233;veloppement professionnel : le respect du travail par les conseillers p&#233;dagogiques, la bonne ambiance entre coll&#232;gues, et enfin la &#171; libert&#233; avec les programmes qui autorise de se donner du temps pour s'occuper des &#233;l&#232;ves &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 3 permet &#224; Johanne Masclet de pr&#233;senter &#171; un mod&#232;le du stress comme outil de compr&#233;hension &#187;. Entendu comme une &#171; contrainte qui produit une tension &#187;, le stress est &#233;tudi&#233; comme une adaptation des d&#233;butants face &#224; la surcharge de travail : certains adoptent la strat&#233;gie du recul et de la rationalisation de la situation l&#224; o&#249; d'autres ont des comportements d'&#233;vitement des difficult&#233;s ; certains cherchent l'aide de leurs coll&#232;gues l&#224; o&#249; d'autres recourent &#224; des strat&#233;gies autoritaires pour maintenir la discipline dans la classe. Observations et entretiens r&#233;v&#232;lent en effet un d&#233;faut de pr&#233;paration aux r&#233;alit&#233;s du terrain et un manque d'encadrement dans l'adaptation aux situations. C'est pourquoi la strat&#233;gie dominante est de se centrer sur les probl&#232;mes en surinvestissant les pr&#233;parations de classe, y compris &#171; pendant les cours &#224; l'ESPE &#187;, alors que la formation en master est per&#231;ue comme trop th&#233;orique. Mais l'usure et la d&#233;ception peuvent d&#233;boucher sur le burn out ou la r&#233;vision &#224; la baisse des ambitions initiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#239;ra Mamede se demande dans le chapitre 4 &#171; quelle est l'efficacit&#233; &#187; de l'universitarisation progressive de la formation et du m&#233;moire demand&#233; aux futurs professeurs des &#233;coles : ces dispositifs contribuent-ils &#224; la construction ou &#224; l'inhibition d'une posture r&#233;flexive chez les d&#233;butants ? Pour y r&#233;pondre, ce chapitre d&#233;crit comment ils sont confront&#233;s au choc des &#233;l&#232;ves r&#233;els et au choc institutionnel des relations avec les coll&#232;gues, les formateurs, les inspecteurs, etc. D'une part, les d&#233;butants tendent &#224; reporter sur les &#233;l&#232;ves la difficult&#233; de leurs apprentissages. D'autre part, les difficult&#233;s des &#233;changes avec les encadrants ou les discordances d'appr&#233;ciation peuvent &#233;galement les d&#233;sorienter. Deux types de r&#233;flexivit&#233; sont rep&#233;r&#233;s face &#224; ce double choc : dans la premi&#232;re, le rapport binaire &#224; la r&#233;alit&#233; rend la remise en cause difficile ; dans la seconde, le rapport multifactoriel &#224; la r&#233;alit&#233; facilite l'identification des dysfonctionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact de la cr&#233;ation des ESPE et du retour de la formation r&#233;mun&#233;r&#233;e en alternance fait enfin l'objet du chapitre 5, r&#233;dig&#233; par Christophe Joigneaux et Sylvain Broccolichi. L'expos&#233; des parcours de plusieurs d&#233;butants rappelle d'abord la fr&#233;quence des premi&#232;res affectations &#171; sur des postes d&#233;sert&#233;s &#187;, o&#249; les moins exp&#233;riment&#233;s doivent faire face aux situations les plus compliqu&#233;es. Il montre ensuite comment les m&#234;mes prescriptions officielles peuvent trouver des traductions p&#233;dagogiques diff&#233;rentes par les formateurs, selon qu'ils privil&#233;gient un point de vue p&#233;dagogique ou didactique. La formation donn&#233;e &#224; l'ESPE ne s'av&#232;re enfin pas mieux &#171; orient&#233;e vers la pratique du m&#233;tier d'enseignant &#187; : d'une part parce que les stagiaires se disent tout aussi d&#233;bord&#233;s en 2e ann&#233;e d'ESPE que les admissibles en 2e ann&#233;e d'IUFM, d'autre part en raison de la pr&#233;cocit&#233;, de l'intensit&#233; et de la dur&#233;e du stage en responsabilit&#233;. Les auteurs concluent en soulignant quatre processus parmi les d&#233;butants : une &#171; d&#233;l&#233;gitimation des acteurs de la formation initiale &#187; et un &#171; alignement progressif des pratiques d'enseignement &#187; sur celles des coll&#232;gues titulaires, encore plus rapides depuis 2013 ; l'apprentissage de &#171; strat&#233;gies de contournement des prescriptions officielles et la rationalisation des choix ou des renoncements qu'elles impliquent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute peut-on regretter que ce livre ne r&#233;ponde pas compl&#232;tement aux nombreuses questions qu'il soul&#232;ve. Le respect affich&#233; des identit&#233;s disciplinaires des diff&#233;rents chercheurs dans le travail collectif ne rend pas non plus toujours sa coh&#233;rence &#233;vidente. Mais ses r&#233;sultats solides et leur mise en perspective &#233;clairante sont cependant tr&#232;s pr&#233;cieux pour comprendre en quoi les insuffisances de la formation initiale des professeurs des &#233;coles contribuent encore &#224; la fabrication des in&#233;galit&#233;s d'apprentissage entre les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MIERZEJEWSKI S., BROCCOLICHI S., JOIGNEAUX C. &amp; SINTHON R. (2018). &#171; Apprendre &#224; enseigner &#224; l'&#233;cole primaire. Une socialisation professionnelle paradoxale ? &#187;. &lt;i&gt;Cahiers de la recherche sur l'&#233;ducation et les savoirs&lt;/i&gt;, no 17, p. 191-215.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BROCCOLICHI Sylvain, JOIGNEAUX Christophe &amp; MIERZEJEWSKI St&#233;phan (dir.). Le parcours du d&#233;butant. Enqu&#234;tes sur les premi&#232;res ann&#233;es d'enseignement &#224; l'&#233;cole primaire. Arras : Artois Presses Universit&#233;, 2018, 232 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'exception de l'une d'entre eux, ils sont tous membres en 2010 de l'&#233;quipe RECIFES (Recherche en &#201;ducation Comp&#233;tences Interactions Formations &#201;thique Savoirs, universit&#233; d'Artois).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le volet quantitatif de la recherche &#233;tant malheureusement quasi absent de cet ouvrage, on compl&#233;tera sa lecture par un article r&#233;cent (Mierzejewski, Broccolichi, Joigneaux et al., 2018) issu du d&#233;pouillement de 2 000 questionnaires aupr&#232;s du public des IUFM puis des ESPE se destinant au m&#233;tier de professeur des &#233;coles dans l'acad&#233;mie de Lille puis celle de Cr&#233;teil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un bac de culture commune pour l'Universit&#233;</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article262</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article262</guid>
		<dc:date>2017-10-06T15:04:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Hugr&#233;e, Jos&#233; Tovar, Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Universit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quels que soient les milieux sociaux, une large majorit&#233; des parents souhaite que leurs enfants poursuivent des &#233;tudes sup&#233;rieures. Plus de la moiti&#233; des bacheliers vise un bac +5. Et voici qu'arrivent dans l'enseignement sup&#233;rieur les g&#233;n&#233;rations nombreuses du d&#233;but des ann&#233;es 2000 : si rien ne change, ce sont 350 000 &#233;tudiants suppl&#233;mentaires qui se profilent &#224; l'horizon 2025. &#192; l'&#233;vidence, les capacit&#233;s d'accueil actuelles ne permettraient pas d'y faire face, m&#234;me en retoilettant le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Gestion des parcours scolaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;&#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot33" rel="tag"&gt;Universit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton262-58464.jpg?1790689096' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff262.jpg?1790685250&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quels que soient les milieux sociaux, une large majorit&#233; des parents souhaite que leurs enfants poursuivent des &#233;tudes sup&#233;rieures. Plus de la moiti&#233; des bacheliers vise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Juliette Ponceau, Eric Chan-Pang-Fong, &#034;Apr&#232;s le bac ? Choix d'orientation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; un bac +5. Et voici qu'arrivent dans l'enseignement sup&#233;rieur les g&#233;n&#233;rations nombreuses du d&#233;but des ann&#233;es 2000 : si rien ne change, ce sont 350 000 &#233;tudiants suppl&#233;mentaires qui se profilent &#224; l'horizon 2025. &#192; l'&#233;vidence, les capacit&#233;s d'accueil actuelles ne permettraient pas d'y faire face, m&#234;me en retoilettant le syst&#232;me d'Admission Post Bac ou en supprimant le tirage au sort dans les fili&#232;res o&#249; la demande exc&#232;de l'offre de places.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il alors &#171; arr&#234;ter de faire croire &#224; tout le monde que l'universit&#233; est la solution pour tout le monde &#187; ? La formule d'Emmanuel Macron n'a rien de courageux, ni de nouveau : il n'est ni le premier, ni le dernier &#224; vouloir d&#233;tourner la jeunesse populaire des &#233;tudes longues. Pour les lib&#233;raux, l'occasion est trop belle d'instaurer enfin la s&#233;lection &#224; l'universit&#233;, sous une forme ou une autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;vu pour y accueillir convenablement ces nouveaux &#233;tudiants. Tout au contraire, 10 ans de loi P&#233;cresse n'ont conduit qu'&#224; r&#233;duire l'offre de formation, diminuer le nombre d'enseignants-chercheurs et &#233;tendre la pr&#233;carit&#233; parmi les personnels, sans am&#233;liorer la r&#233;ussite en licence. Et le gouvernement d'annuler cet &#233;t&#233; 331 millions d'euros de cr&#233;dits pour l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les universit&#233;s n'ont pas trop d'&#233;tudiants : elles manquent cruellement de moyens. Veut-on vraiment am&#233;liorer l'accueil et la r&#233;ussite des &#233;tudiants en premier cycle ? Aujourd'hui, moins d'un tiers des enfants des classes populaires obtient un dipl&#244;me d'enseignement sup&#233;rieur, contre les deux tiers des enfants de cadres et de professions interm&#233;diaires. Qu'on le veuille ou non, c'est &#224; l'universit&#233; que se retrouve la grande majorit&#233; des bacheliers d'origine populaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tristan Poullaouec, C&#233;dric Hugr&#233;e, &#171; Qui sont les &#233;tudiants d'origine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les in&#233;galit&#233;s ne peuvent pas &#234;tre gliss&#233;es sous le tapis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore faut-il en prendre la mesure, dans les parcours et les niveaux d'acquisition des &#233;tudiants, de fait tr&#232;s contrast&#233;s. Trop de bacheliers, en effet, ne disposent pas des connaissances et des techniques de travail suffisantes pour r&#233;ussir sans encombres leurs &#233;tudes universitaires. Certains enseignants-chercheurs estiment pouvoir restaurer leurs conditions de travail en les &#233;cartant des premiers cycles universitaires, parfois m&#234;me au nom de leur attachement au service public. Nous pensons au contraire qu'il est urgent et possible de pr&#233;venir ces difficult&#233;s d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/10/illustration-EESR10_ES_21-2-diplomes_de_l_enseignement_superieur_des_jeunes_ages_de_25_a_29_ans_en_fonction_du_milieu_social_en_2003_2005_et_2013_2015.php&#034; width=&#034;500px&#034; height=&#034;700px&#034; frameborder=&#034;0&#034; id=&#034;EESR10_ES_21-2&#034; scrolling=&#034;auto&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, se focaliser, comme Olivier Beaud et Fran&#231;ois Vatin (&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/09/11/arretons-de-penser-que-l-universite-est-la-solution-pour-tout-le-monde_5183825_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde, 11.09.2017&lt;/a&gt;), sur les difficult&#233;s r&#233;elles des bacheliers professionnels est trompeur, car ils s'inscrivent rarement &#224; l'universit&#233;. Deuxi&#232;mement, dans un enseignement sup&#233;rieur de plus en plus hi&#233;rarchis&#233;, les orientations &#171; par d&#233;faut &#187; ne sont pas plus fr&#233;quentes en Licence qu'en IUT ou en BTS. Troisi&#232;mement, les &#233;tudiants d'origine populaire qui d&#233;crochent une licence sont le plus souvent des bacheliers g&#233;n&#233;raux. Issus des classes populaires ou pas, ce dont ont besoin les &#233;tudiants pour s'approprier les savoirs universitaires sont des connaissances et des m&#233;thodes in&#233;galement transmises dans l'enseignement primaire et secondaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
En conditionnant l'acc&#232;s &#224; certaines fili&#232;res au suivi de certains enseignements au lyc&#233;e et aux notes obtenues au bac ou en terminale, l'instauration de &#171; pr&#233;requis &#187; n'a que l'apparence du bon sens. Laisserait-on chaque universit&#233; d&#233;finir ses pr&#233;requis en fonction des cursus propos&#233;s ? Rien de tel pour renforcer la concurrence entre &#233;tablissements, entre fili&#232;res. De plus, ce n'est pas vraiment en vertu de la sp&#233;cialit&#233; de leur bac que les bacheliers g&#233;n&#233;raux r&#233;ussissent le mieux, quelle que soit la fili&#232;re : c'est d'abord parce qu'ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; des meilleurs apprentissages de l'&#233;cole primaire jusqu'au lyc&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc concevoir ensemble la transformation des premiers cycles universitaires, la lutte contre la s&#233;gr&#233;gation dans l'enseignement sup&#233;rieur et la refonte du baccalaur&#233;at. Le gouvernement veut prolonger la s&#233;gr&#233;gation actuelle entre les fili&#232;res du bac par une s&#233;gr&#233;gation renforc&#233;e entre les fili&#232;res du sup&#233;rieur : davantage de bacheliers professionnels en BTS, davantage de bacheliers technologiques en IUT, en esp&#233;rant davantage de bacheliers g&#233;n&#233;raux &#224; l'universit&#233;&#8230; mais sans toucher aux moyens accord&#233;s aux classes pr&#233;paratoires, qui permettent aux plus favoris&#233;s d'esquiver les premiers cycles universitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sortira pas de l'impasse actuelle sans un vaste plan d'investissement public pour les universit&#233;s. En ramenant le montant du tr&#232;s d&#233;cri&#233; Cr&#233;dit d'Imp&#244;t Recherche offert aux entreprises &#224; son niveau de 2007, avant sa refonte par Val&#233;rie P&#233;cresse et Nicolas Sarkozy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, septembre 2013 ; L'Humanit&#233;, avril 2015 ; Le Monde, septembre 2016&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on disposerait d'une premi&#232;re enveloppe de 4 milliards d'euros, qui permettrait &#224; la fois de relancer les financements p&#233;rennes de la recherche publique et de rouvrir le chantier d'une formation intellectuelle exigeante pour tous les &#233;tudiants. Mais on ne combattra pas non plus efficacement l'&#233;chec en premier cycle sans conduire tous les lyc&#233;ens vers un haut niveau de culture commune, &#224; la fois litt&#233;raire, scientifique et technologique. C'est pourquoi il faut mettre en d&#233;bat la proposition d'un bac de culture commune comme issue normale d'un &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article94' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lyc&#233;e unifi&#233;&lt;/a&gt;, permettant aux futurs bacheliers de faire de vrais choix d'orientation dans l'enseignement sup&#233;rieur sans remettre en cause leur droit &#224; la poursuite d'&#233;tude. Cet objectif fait partie du &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article131' class=&#034;spip_in&#034;&gt;projet d'&#233;cole commune&lt;/a&gt; &#233;labor&#233; par le GRDS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://twitter.com/share&#034; class=&#034;twitter-share-button&#034; data-url=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article262&#034; data-via=&#034;G_R_D_S&#034; data-size=&#034;large&#034;&gt;Tweet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;script&gt;!function(d,s,id){var js,fjs=d.getElementsByTagName(s)[0],p=/^http:/.test(d.location)?'http':'https';if(!d.getElementById(id)){js=d.createElement(s);js.id=id;js.src=p+'://platform.twitter.com/widgets.js';fjs.parentNode.insertBefore(js,fjs);}}(document, 'script', 'twitter-wjs');&lt;/script&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=http%3A%2F%2Fhttp://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article262%2F&amp;width=450&amp;layout=standard&amp;action=like&amp;size=small&amp;show_faces=true&amp;share=true&amp;height=80&amp;appId&#034; width=&#034;450&#034; height=&#034;80&#034; style=&#034;border:none;overflow:hidden&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2017/03/4/NI_17.01_-_Apres_le_bac_(panel_bacheliers_2014)_697034.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Juliette Ponceau, Eric Chan-Pang-Fong, &#034;Apr&#232;s le bac ? Choix d'orientation et entr&#233;e dans l'enseignement sup&#233;rieur des bacheliers 2014&#034;, Note d'information, n&#176;17.01, MENSR, 2017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tristan Poullaouec, C&#233;dric Hugr&#233;e, &#171; Qui sont les &#233;tudiants d'origine populaire ? &#187;, in Coulangeon P., Galland O. et Vourch R., &lt;i&gt;Mondes &#233;tudiants&lt;/i&gt;, La Documentation fran&#231;aise, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://sciences.blogs.liberation.fr/2013/09/18/credit-dimpot-recherche-la-gabegie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lib&#233;ration, septembre 2013&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/les-milliards-envoles-du-credit-impot-recherche-571624&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Humanit&#233;, avril 2015&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/06/qui-profite-du-credit-d-impot-recherche_4993109_4355770.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde, septembre 2016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Choix du destin et destin du choix</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article172</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article172</guid>
		<dc:date>2013-10-05T13:24:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>Parents</dc:subject>
		<dc:subject>Orientation scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>Classes populaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paru en 2011 dans un dossier consacr&#233; aux choix scolaires des parents pour leurs enfants (publi&#233; par la Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie et coordonn&#233; par Marianne Blanchard et Joanie Cayouette-Rembli&#232;re), ce texte revient sur les aspirations scolaires et professionnelles des familles populaires en discutant l'id&#233;e d'une auto-exclusion des &#233;tudes longues souvent d&#233;fendue par les sociologues de l'&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce contrepoint me permet de revenir sur l'auto-exclusion des classes populaires de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;Rep&#232;res &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Orientation scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot69" rel="tag"&gt;Classes populaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L103xH150/arton172-33fa8.jpg?1790693082' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paru en 2011 dans un dossier consacr&#233; aux choix scolaires des parents pour leurs enfants (publi&#233; par la &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie&lt;/i&gt; et coordonn&#233; par Marianne Blanchard et Joanie Cayouette-Rembli&#232;re), ce texte revient sur les aspirations scolaires et professionnelles des familles populaires en discutant l'id&#233;e d'une auto-exclusion des &#233;tudes longues souvent d&#233;fendue par les sociologues de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce contrepoint me permet de revenir sur l'auto-exclusion des classes populaires de la voie g&#233;n&#233;rale de l'enseignement secondaire, question qui est trait&#233;e, sous des angles diff&#233;rents, tant par l'article de Sylvain Broccolichi et R&#233;mi Sinthon que par celui d'Ugo Palheta, et qui constitue l'objet du contrepoint de S&#233;verine Chauvel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les textes cit&#233;s sans r&#233;f&#233;rences bibliographiques font tous partie du n&#176;175 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s une d&#233;cennie marqu&#233;e par des interrogations sur les ressorts de la prolongation des scolarit&#233;s dans les classes populaires, ce dossier rappelle en effet que l'auto-&#233;limination scolaire n'a pas disparu et reste une r&#233;alit&#233; essentiellement populaire. Comme y invitent les coordinatrices, ces contributions fournissent ainsi l'occasion de revisiter des d&#233;bats initi&#233;s dans les ann&#233;es soixante. Que reconnaissons-nous vraiment de l'auto-exclusion populaire de l'&#233;poque dans celle d'aujourd'hui ? A-t-elle gard&#233; r&#233;ellement la m&#234;me signification culturelle et les m&#234;mes cons&#233;quences sur les in&#233;galit&#233;s scolaires ? En compl&#233;ment des travaux utilement discut&#233;s ici au moyen d'enqu&#234;tes r&#233;centes, je voudrais d'abord rappeler quelques recherches anciennes issues de l'ethnologie de la France, en retenant ce qu'elles nous apprennent des orientations scolaires et professionnelles vis&#233;es autrefois dans les familles des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en effet prendre la mesure de l'ampleur des transformations des strat&#233;gies scolaires dans les classes populaires au cours des ann&#233;es soixante et soixante-dix. &#192; cet &#233;gard, certaines indications statistiques sont frappantes : d'apr&#232;s des sondages d'opinion de l'&#233;poque, alors que 15 % des ouvriers souhaitaient en 1962 que leur enfant obtienne le baccalaur&#233;at, c'est le cas, d&#232;s 1973, de 64 % d'entre eux (Baudelot &amp; Establet, 2000, p. 116). Paradoxalement peut-&#234;tre, c'est plut&#244;t sur la correspondance des chances et des aspirations de r&#233;ussite scolaire qu'insistent alors les sociologues de l'&#233;ducation. Les conclusions tir&#233;es du panel de l'INED suivant les sortants de CM2 en 1962 appuient fortement cette id&#233;e : &#224; r&#233;sultats comparables, les &#233;l&#232;ves d'origine populaire sont nettement moins souvent orient&#233;s vers les &#233;tudes longues que les &#233;l&#232;ves des classes dominantes. Plusieurs monographies des ann&#233;es cinquante ou soixante vont tout &#224; fait dans le m&#234;me sens. Enqu&#234;tant dans le Vaucluse en 1951 (Wylie, 1968) et dans le Maine-et-Loire de 1957 &#224; 1965 (Wylie, 1970), Lawrence Wylie a bien soulign&#233; &#171; ce manque d'int&#233;r&#234;t pour les possibilit&#233;s d'&#233;ducation sup&#233;rieure [&#8230;] typique des classes rurales et ouvri&#232;res en France &#187;. Il prend pour exemple des cas de bons &#233;l&#232;ves d'origine populaire qui sont encourag&#233;s par leurs parents &#224; travailler &#224; l'usine ou aux champs d&#232;s la fin de l'&#233;cole primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Roussillon dans le Vaucluse, &#171; m&#234;me un gar&#231;on intelligent comme Jacques Leporatti qui avait son certificat d'&#233;tudes pensait aller travailler dans les mines d'ocre comme son p&#232;re, l'un des hommes les plus pauvres de la commune. Voici la r&#233;daction de Jacques : &#8220;Le m&#233;tier de mon p&#232;re, c'est ocrier. Il l'a choisi parce qu'&#224; Peyrane&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Peyrane est le pseudonyme de Roussillon choisi par l'auteur en vue de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'y a gu&#232;re de travail et que lorsqu'il est arriv&#233; en France, il ne connaissait personne. Il a appris le m&#233;tier en faisant la connaissance de quelques hommes de Peyrane qui travaillaient dans les mines d'ocre. Mes parents veulent que je devienne ocrier ou que j'aille travailler dans une ferme.&#8221; &#187; (Wylie, 1968, p. 127). Les constats du chercheur am&#233;ricain sont les m&#234;mes quelques ann&#233;es plus tard dans le Maine-et-Loire : &#171; &#192; Chanzeaux, M. Delay m'expliqua pourquoi un de ses fils &#233;tudiait les math&#233;matiques &#224; la facult&#233; de Poitiers : &#8220;Henri n'est pas assez fort pour travailler &#224; la ferme. Il fait poup&#233;e, compar&#233; &#224; ses fr&#232;res ; alors, il vaut mieux qu'il continue ses &#233;tudes.&#8221; M. Delay &#233;tait fier des succ&#232;s de son fils, mais il se sentait oblig&#233; d'expliquer pourquoi le gar&#231;on n'&#233;tait pas rest&#233; &#224; la ferme. &#187; (Wylie, 1963, p. 203)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais invit&#233; &#224; exposer sa r&#233;flexion sur les transformations de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise au seuil des ann&#233;es soixante, Wylie remarque aussi que &#171; l'attitude des classes paysannes et ouvri&#232;res est en train de changer rapidement &#187; (Wylie, 1963). Tout d'abord, les cours compl&#233;mentaires de l'enseignement primaire et l'enseignement technique trouvent un int&#233;r&#234;t croissant &#224; leurs yeux. L'explosion scolaire qui d&#233;marre remplit ensuite rapidement les coll&#232;ges nouvellement cr&#233;&#233;s (CES, CEG). Au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, la quasi-totalit&#233; d'une classe d'&#226;ge entre en 6e &#224; l'issue de l'&#233;cole primaire. Soulignons toutefois avec Antoine Prost l'importance des in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales de scolarisation dans la France ouvri&#232;re des ann&#233;es soixante : &#171; En 1962, dans l'Ari&#232;ge ou le Finist&#232;re, 70 % des enfants d'ouvriers de 15-19 ans sont scolaris&#233;s, contre moiti&#233; moins dans la Seine-Maritime, l'Oise ou la Somme. &#187; (Prost, 2004, p. 640-641) Si la scolarisation secondaire se g&#233;n&#233;ralise, c'est &#224; un rythme assez variable d'un endroit &#224; l'autre. Les choix scolaires des familles ouvri&#232;res ne proc&#232;dent pas d'une culture homog&#232;ne, loin de l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre monographie r&#233;alis&#233;e en 1949 et 1950 dans une petite commune normande habit&#233;e par une majorit&#233; d'ouvriers de la verrerie offre ainsi un profil tr&#232;s diff&#233;rent. Selon Lucien Bernot et Ren&#233; Blancard, &#171; le verrier ne veut pas que son fils fasse ce m&#233;tier &#187; (Bernot &amp; Blancard, 1953, p. 90) et souhaite &#171; que ses enfants soient instruits pour &#8220;acqu&#233;rir&#8221; une situation, pour qu'ils puissent avoir une vie meilleure que la sienne &#187; (Bernot &amp; Blancard, 1953, p. 119). &#171; On attend beaucoup de l'&#233;cole, surtout chez les ouvriers. L'&#233;cole a pour but d'apprendre &#224; lire et &#224; &#233;crire &#224; l'enfant. Certains des parents ne savent parfois ni lire ni &#233;crire, ou n'ont pas leur certificat d'&#233;tudes, parce qu'ils ont d&#251; travailler t&#244;t, fr&#233;quenter l'&#233;cole irr&#233;guli&#232;rement. Aussi les parents consid&#232;rent que le r&#244;le de l'&#233;cole est avant tout un r&#244;le d'instruction, beaucoup plus que d'&#233;ducation. On cite en exemple, &#224; ne pas suivre, aux enfants, de vieux ouvriers pay&#233;s &#224; la pi&#232;ce, et qui ne sachant ni lire ni &#233;crire sont ainsi &#224; la merci du patron. L'instruction sera une arme dans la vie, un moyen de d&#233;fense, certains diront franchement &#8220;une arme contre le patron&#8221;. &#187; (Bernot &amp; Blancard, 1953, p. 129)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terminons ce tour de France des ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre dans un village bourguignon, o&#249; Fran&#231;oise Zonabend souligne, &#224; l'occasion d'une recherche collective (Jolas, Pingaud, Verdier et al., 1990), le tournant pris dans les ann&#233;es soixante. Jusqu'aux ann&#233;es cinquante, &#171; [les avis du ma&#238;tre] sur l'avenir professionnel des enfants [&#8230;] &#233;taient rarement suivis, surtout parmi les agriculteurs o&#249; l'exploitation requiert des bras. Nombre de personnes, aujourd'hui &#226;g&#233;es, voire m&#234;me des adultes, se plaignent de n'avoir pu poursuivre leurs &#233;tudes : &#8220;J'aurais pu &#234;tre posti&#232;re ! L'institutrice voulait que je continue. Mon p&#232;re a dit : J'ai besoin de ma fille pour travailler. J'ai d&#251; arr&#234;ter.&#8221; [&#8230;] &#192; cette &#233;poque et pour ce groupe social, les espoirs de promotion ou d'insertion sociales nouvelles ne passaient pas par l'&#233;cole. [&#8230;] Aujourd'hui, les parents attendent de l'&#233;cole une promotion sociale, un moyen pour leurs enfants d'acqu&#233;rir un m&#233;tier, une situation hors de l'univers villageois. C'est &#224; l'&#233;cole qu'ils demandent de faciliter l'insertion sociale de leur rejeton &#187; (Jolas, Pingaud, Verdier et al., 1990, p. 292). Il manque bien s&#251;r des &#233;tapes urbaines au voyage, mais quelques traits saillants se d&#233;gagent par comparaison avec la situation contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les ann&#233;es soixante, la norme des scolarit&#233;s courtes limit&#233;es &#224; l'&#233;cole primaire s'impose largement dans les classes populaires. Lorsqu'il y a prolongation des &#233;tudes, ce sont plut&#244;t l'enseignement primaire sup&#233;rieur et l'enseignement professionnel qui sont pr&#233;f&#233;r&#233;s. M&#234;me de tr&#232;s bons r&#233;sultats scolaires ne suffisent pas toujours &#224; convaincre de la possibilit&#233; ni de l'int&#233;r&#234;t d'&#233;tudes longues. La signification accord&#233;e par les classes populaires aux apprentissages scolaires est cependant contrast&#233;e et sans doute ambivalente, certaines recherches insistant sur la demande d'instruction, d'autres plut&#244;t sur l'exigence d'&#233;ducation. Signe des temps, l'usage professionnel des dipl&#244;mes est partout pris en consid&#233;ration, dans un contexte de profonde modernisation et r&#233;organisation de l'&#233;conomie fran&#231;aise. Ce qui frappe enfin, c'est le sentiment que les aspirations scolaires et professionnelles se d&#233;terminent en dehors de l'&#233;cole, ind&#233;pendamment de l'exp&#233;rience scolaire des &#233;l&#232;ves. Les familles semblent &#233;tablir leurs pr&#233;f&#233;rences et faire leurs choix selon les possibilit&#233;s locales, qu'il s'agisse de l'offre scolaire ou du bassin d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les d&#233;mographes de l'INED peuvent alors l&#233;gitimement neutraliser l'effet des notes obtenues en fin de primaire sur les souhaits d'entr&#233;e en 6e. L'appr&#233;ciation port&#233;e par les ma&#238;tres n'est pour eux qu'une variable de contr&#244;le, de test, servant &#224; mieux montrer l'impact des d&#233;cisions familiales d'orientation. C'est selon ce principe que sont construits les tableaux croisant les d&#233;sirs des familles selon leur milieu social, &#224; notes &#233;gales (INED, 1970, p. 122-123). Comme le montrent Broccolichi et Sinthon, &#171; ce pr&#233;suppos&#233; [&#8230;] de constance de la valeur scolaire &#187; &#224; l'int&#233;rieur d'un m&#234;me milieu social tend &#224; une &#171; surestimation du poids des in&#233;galit&#233;s d'orientation, par rapport &#224; ce qui se joue au niveau des acquisitions &#187; : si l'on admet qu'il y a un fort effet de l'origine sociale sur les in&#233;galit&#233;s d'ambition scolaire, ind&#233;pendamment des r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves, on peut imputer une part tr&#232;s importante des in&#233;galit&#233;s scolaires &#224; une auto-exclusion des classes populaires. Ce raisonnement n'int&#232;gre cependant pas bien les transformations intervenues dans la gestion des flux d'&#233;l&#232;ves et dans les aspirations populaires au cours des ann&#233;es soixante. D&#232;s 1963, les m&#234;mes donn&#233;es de l'INED font appara&#238;tre qu'en cas de bonne ou excellente r&#233;ussite scolaire des &#233;l&#232;ves, la plupart des parents ouvriers souhaitent pour leurs enfants une classe de 6e. M&#234;me parmi les ouvriers, l'attitude des parents face &#224; l'avenir scolaire de leurs enfants n'&#233;tait donc pas compl&#232;tement ind&#233;pendante de leurs r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te par questionnaire men&#233;e en 1973 par Jean-Claude Chamboredon et Fran&#231;ois Bonvin aupr&#232;s de coll&#233;giens de la banlieue parisienne permet de comprendre en quoi les r&#233;formes scolaires de la Ve R&#233;publique ont contribu&#233; &#224; &#233;lever et &#224; restructurer les ambitions scolaires des familles. Les auteurs montrent comment &#171; les fili&#232;res structurent les aspirations &#187; (Chamboredon &amp; Bonvin, 1973, p. 50). &#171; Au fil de la carri&#232;re scolaire, se produit un ajustement progressif des aspirations &#224; la trajectoire. &#187; (Chamboredon &amp; Bonvin, 1973, p. 51) &#171; &#192; mesure que sont franchies des &#233;tapes scolaires, des aspirations nouvelles sont encourag&#233;es. Ces effets compl&#233;mentaires, de renforcement des aspirations par r&#233;gression des aspirations trop basses et progr&#232;s des aspirations hautes, varient selon les caract&#233;ristiques sociales des &#233;l&#232;ves. Le renforcement des aspirations et leur r&#233;ajustement en fonction des &#233;tapes scolaires franchies est plus fort dans les classes populaires. En effet, chez les ouvriers, la part de ceux qui esp&#232;rent voir leur enfant poursuivre jusqu'&#224; l'enseignement sup&#233;rieur, de 26 % et 24 % en 6e et 5e normale passe &#224; 33,3 % en 4e classique et &#224; 55,6 % en 3e classique. [&#8230;] De m&#234;me, 52 % des ouvriers qualifi&#233;s et contrema&#238;tres [&#8230;] souhaitent que leurs enfants obtiennent au moins le baccalaur&#233;at. &#187; (Chamboredon &amp; Bonvin, 1973, p. 52)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-exclusion populaire gagne donc &#224; &#234;tre &#233;tudi&#233;e au fil des biographies scolaires pour saisir son nouveau visage. Elle appara&#238;t d&#232;s lors de moins en moins spontan&#233;e et semble au contraire de plus en plus cons&#233;cutive &#224; des difficult&#233;s scolaires non surmont&#233;es dans les premiers apprentissages (Poullaouec, 2010). Les contributions de ce dossier insistent aussi sur l'anticipation des risques d'&#233;chec et sur le r&#244;le du groupe des pairs. Mais elles montrent simultan&#233;ment &#224; quel point les parents fondent leurs esp&#233;rances ou leurs d&#233;ceptions sur les r&#233;sultats obtenus, et comment le point de vue des enfants peut s'imposer &#224; celui des parents. Tout se passe comme s'ils ajustaient maintenant leurs ambitions aux &#233;valuations scolaires du moment, au fur et &#224; mesure de l'avancement de leur parcours. Si les choix d'orientation des familles contribuent &#224; creuser les in&#233;galit&#233;s scolaires, c'est surtout parce que les classes dominantes r&#233;sistent mieux aux jugements de l'institution, comme l'&#233;crivaient d&#233;j&#224; Chamboredon et Bonvin : &#171; Les parents de niveau culturel peu &#233;lev&#233; sont totalement d&#233;pendants des agents du syst&#232;me scolaire, dont les avis ont chance d'avoir valeur d'injonctions et de jugements absolus ; au contraire, les parents de niveau culturel &#233;lev&#233; dont les sources d'information sont multiples, peuvent relativiser les avis de l'&#233;cole et les nuancer ou les neutraliser. &#187; (Chamboredon &amp; Bonvin, 1973, p. 156) Plus de trente ans de coll&#232;ge unique semblent confirmer cette intuition : &#171; La relation entre l'ambition scolaire et la position sociale s'est donc sensiblement desserr&#233;e. Elle demeure forte sans doute pour ce qui est des parcours d'excellence (classes pr&#233;paratoires et grandes &#233;coles) ; pour le reste, il vaut mieux parler aujourd'hui d'une vuln&#233;rabilit&#233; sp&#233;cifiquement populaire aux verdicts de l'&#233;cole. &#187; (Terrail, 2004, p. 58)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BAUDELOT C. &amp; ESTABLET R. (2000). Avoir trente ans en 1968 et en 1998. Paris : &#201;d. du Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BERNOT L. &amp; BLANCARD R. (1953). Nouville : un village fran&#231;ais. Paris : Institut d'ethnologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAMBOREDON J.-C. &amp; BONVIN F. (1973). Transmission culturelle et utilisation des instances de diffusion culturelle. Paris : Centre de sociologie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INSTITUT NATIONAL D'&#201;TUDES D&#201;MOGRAPHIQUES (1970). &#171; Population &#187; et l'enseignement. Paris : PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JOLAS T., PINGAUD M.-C., VERDIER T. &amp; ZONABEND F. (1990). Une campagne voisine. Minot, un village bourguignon. Paris : &#201;d. de la MSH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POULLAOUEC T. (2010). &#171; Les habits neufs de l'auto-exclusion. Les souhaits d'orientation scolaire des familles ouvri&#232;res en fin de 3e &#187;. Diversit&#233; ville &#233;cole int&#233;gration, n&#176; 163, p. 1-8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PROST A. (2004). Histoire g&#233;n&#233;rale de l'enseignement et de l'&#233;ducation en France. Tome iv : L'&#233;cole et la famille dans une soci&#233;t&#233; en mutation (depuis 1930). Paris : Perrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TERRAIL J.-P. (2004). &#201;cole, l'enjeu d&#233;mocratique. Paris : La Dispute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WYLIE L. (1963). &#171; Transformation et permanence de la structure sociale fran&#231;aise &#187;. In S. Hoffmann, C.-P. Kindleberger, L. Wylie et al., &#192; la recherche de la France. Paris : &#201;d. du Seuil, p. 187-264.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WYLIE L. (1968). Un village dans le Vaucluse. Paris : Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WYLIE L. (1970). Chanzeaux, village d'Anjou. Paris : Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.cairn.info/revue-francaise-de-pedagogie-2011-2.htm" class="spip_out"&gt;Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les textes cit&#233;s sans r&#233;f&#233;rences bibliographiques font tous partie du n&#176;175 de la &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie&lt;/i&gt;. Ne portant ni sur la politique de la carte scolaire, ni sur le choix de l'&#233;tablissement par les parents d'&#233;l&#232;ves, ce texte ne renvoie pas &#224; l'article de Choukri Ben Ayed, m&#234;me si certaines remarques peuvent y faire &#233;cho, d'une mani&#232;re ou d'une autre. J'ai par ailleurs d&#233;velopp&#233; le point de vue d&#233;fendu ici dans un article sur &#171; &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/www2.cndp.fr/revueVEI/163/163_Poullaouec.pdf&#8206;'&gt;les habits neufs de l'auto-exclusion&lt;/a&gt; &#187; dans les familles ouvri&#232;res (Poullaouec, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Peyrane est le pseudonyme de Roussillon choisi par l'auteur en vue de l'&#233;dition fran&#231;aise de son livre, d'abord publi&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le baccalaur&#233;at est-il &#224; bout de souffle ?</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article137</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article137</guid>
		<dc:date>2012-04-04T11:16:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>certification</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;cole unique</dc:subject>
		<dc:subject>Contenus d'enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Lyc&#233;ens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rappel des faits &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est des rem&#232;des pires que le mal. Le 12 mars dernier, Luc Chatel, ministre de l'&#201;ducation nationale, avis&#233; par le candidat UMP &#224; la pr&#233;sidentielle que le baccalaur&#233;at &#233;tait &#224; bout de souffle, proposait de mettre en place des notes &#233;liminatoires, de r&#233;duire le nombre d'options et d'&#233;preuves facultatives, et d'augmenter la part du contr&#244;le continu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, apr&#232;s cette d&#233;claration, on jurait ses grands dieux que le but de la man&#339;uvre n'&#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;certification&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;&#233;cole unique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Contenus d'enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Lyc&#233;ens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L111xH150/arton137-b79c8.jpg?1790693070' class='spip_logo spip_logo_right' width='111' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rappel des faits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des rem&#232;des pires que le mal. Le 12 mars dernier, Luc Chatel, ministre de l'&#201;ducation nationale, avis&#233; par le candidat UMP &#224; la pr&#233;sidentielle que le baccalaur&#233;at &#233;tait &#224; bout de souffle, proposait de mettre en place des notes &#233;liminatoires, de r&#233;duire le nombre d'options et d'&#233;preuves facultatives, et d'augmenter la part du contr&#244;le continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, apr&#232;s cette d&#233;claration, on jurait ses grands dieux que le but de la man&#339;uvre n'&#233;tait pas, contrairement aux apparences, d'&#233;liminer un plus grand nombre de candidats mais de &#171; redonner ses lettres de noblesse au baccalaur&#233;at &#187;. R&#233;ponse des lyc&#233;ens : le gouvernement prouve encore que la r&#233;ussite de tous n'est pas sa priorit&#233;. R&#233;ponse des syndicats enseignants : le ministre court, une fois de plus, apr&#232;s d'importantes &#233;conomies budg&#233;taires. Tous d&#233;noncent la volont&#233; de remettre en cause, via le contr&#244;le continu, le seul examen &#233;quitable et de valeur nationale encore existant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Victor Colombani, pr&#233;sident de l'Union nationale lyc&#233;enne. Roland Hubert, cosecr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Syndicat national des enseignements du second degr&#233; (Snes-FSU). Tristan Poullaouec, ma&#238;tre de conf&#233;rences en sociologie (universit&#233; de Nantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le baccalaur&#233;at a-t-il encore un sens dans notre soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Roland Hubert.&lt;/i&gt; Le baccalaur&#233;at garde une forte valeur sociale et reste, pour les &#233;l&#232;ves et leurs enseignants, un &#233;l&#233;ment structurant le second degr&#233;. Le caract&#232;re national et terminal de ses &#233;preuves garantit l'&#233;galit&#233; de traitement des lyc&#233;ens, fort mise &#224; mal par la r&#233;forme du lyc&#233;e. Premier grade universitaire et examen national attestant la fin de la scolarit&#233; secondaire, il est aussi un niveau de qualification reconnu dans les conventions collectives. Ce n'est pas un hasard s'il est remis en cause par ceux-l&#224; m&#234;mes qui consid&#232;rent le r&#233;pertoire national des certifications professionnelles comme une contrainte et r&#234;vent de lui substituer des livrets de comp&#233;tences au nom d'un suppos&#233; archa&#239;sme des dipl&#244;mes. Le premier enjeu de l'&#233;ducation nationale est celui de l'&#233;l&#233;vation des qualifications et de l'acc&#232;s &#224; une vaste culture commune ; et, dans ce cadre, la seule question qui vaille est de savoir si le baccalaur&#233;at, dans ce qu'il &#233;value et certifie, est un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse &#224; ce d&#233;fi. Pour le Snes-FSU, il est inenvisageable de supprimer le baccalaur&#233;at ou de le transformer en un simple examen maison. D'autant que le projet de l'actuelle majorit&#233; s'inscrit dans la logique d'une scolarit&#233; obligatoire maintenue &#224; 16 ans sanctionn&#233;e par la validation du socle commun, tandis que la moiti&#233; d'une g&#233;n&#233;ration (dont seront largement exclues les classes populaires) pourra poursuivre sa formation jusqu'au niveau L3 (bac +&#8239;3). Dans un tel sch&#233;ma pla&#231;ant le lyc&#233;e comme prop&#233;deutique de l'enseignement sup&#233;rieur, le baccalaur&#233;at n'aurait aucune utilit&#233; sociale ou de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Victor Colombani.&lt;/i&gt; Le gouvernement estime fr&#233;quemment que &#171; le baccalaur&#233;at a perdu son sens, puisque le taux de r&#233;ussite d&#233;passe les 80&#8239;% &#187;. Les lyc&#233;ens refusent ce discours. Plus ambitieux encore, nous estimons que 100&#8239;% d'une classe d'&#226;ge devraient atteindre le niveau du baccalaur&#233;at, son acc&#232;s devant &#234;tre &#233;largi par des am&#233;liorations de notre syst&#232;me &#233;ducatif. En effet, le bac est le passeport indispensable pour poursuivre ses &#233;tudes dans l'enseignement sup&#233;rieur. En p&#233;riode de crise, et face &#224; un ch&#244;mage des jeunes en constante progression, l'obtention de ce dipl&#244;me devient un bouclier n&#233;cessaire pour s'en sortir dans la vie active. La hausse du niveau de qualification de la jeunesse va dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tristan Poullaouec.&lt;/i&gt; En France, seuls 40&#8239;% des habitants sont bacheliers. Dans les jeunes g&#233;n&#233;rations, le taux d'acc&#232;s au bac a beaucoup progress&#233; entre 1985 et 1995. Mais depuis il stagne autour de 63&#8239;%, ce qui reste tr&#232;s en de&#231;&#224; des attentes, notamment dans les familles ouvri&#232;res dont seulement la moiti&#233; des enfants d&#233;crochent un bac. On entend cependant dire que le bac ne vaut plus rien parce qu'il ne d&#233;bouche plus sur les m&#234;mes m&#233;tiers qu'autrefois. C'est une erreur de perspective. D'abord parce que la plupart des bacheliers poursuivent aujourd'hui des &#233;tudes sup&#233;rieures, ce qui n'&#233;tait pas le cas dans les ann&#233;es 1970. Ceux qui quittent l'&#233;cole avec le bac sont majoritairement des bacheliers professionnels, dont le cursus n'est pas con&#231;u pour les pr&#233;parer &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, ni aux emplois les plus qualifi&#233;s. Enfin, si les bacheliers ne se voient pas toujours reconna&#238;tre leurs qualifications lors de leurs premiers emplois, beaucoup finissent par obtenir un poste de cadre moyen, voire sup&#233;rieur en cours de carri&#232;re professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour rendre sa valeur au baccalaur&#233;at, faut-il instituer des notes &#233;liminatoires, utiliser le contr&#244;le continu, all&#233;ger le nombre des options ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Victor Colombani.&lt;/i&gt; Par ces mesures, le gouvernement souhaite d&#233;lib&#233;r&#233;ment r&#233;duire le nombre de bacheliers et cr&#233;er un dipl&#244;me qui s&#233;lectionne au lieu de tirer tous les &#233;l&#232;ves vers le haut. Les notes &#233;liminatoires supprimeraient le droit &#224; l'erreur des &#233;l&#232;ves et abaisseraient m&#233;caniquement le nombre de bacheliers. De plus, une certaine hi&#233;rarchisation des disciplines verrait le jour, entre les mati&#232;res fondamentales, entra&#238;nant une note &#233;liminatoire, et les autres. Le lyc&#233;e doit &#234;tre un tout, non un empilement de disciplines. &#192; l'inverse, les enseignements doivent &#234;tre d&#233;cloisonn&#233;s. La suppression des notes bonus pour les options, qui ne peuvent jusqu'alors que favoriser les &#233;l&#232;ves, est elle aussi alarmante. En plus de rendre le baccalaur&#233;at moins accessible, cette id&#233;e a comme finalit&#233; une disparition pure et simple des enseignements optionnels. En effet, si les options constituent un risque pour les &#233;l&#232;ves d'abaisser leur moyenne au bac, peu d'entre eux choisiront de les pratiquer. Ainsi, le gouvernement souhaiterait-il une fois de plus faire des &#233;conomies sur le dos de l'&#233;ducation ? Le contr&#244;le continu, quant &#224; lui, pr&#233;sente certains inconv&#233;nients. S'il est irr&#233;futable qu'il permettrait une meilleure r&#233;partition de l'examen tout au long de la scolarit&#233;, il met pourtant &#224; mal la valeur nationale et anonyme du dipl&#244;me. Ainsi, tous les bacs n'auraient plus la m&#234;me valeur en fonction de l'&#233;tablissement des &#233;l&#232;ves, mettant &#224; mal l'&#233;cole de l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tristan Poullaouec.&lt;/i&gt; L'autre inqui&#233;tude concerne le niveau des &#233;l&#232;ves et la certification des connaissances par le baccalaur&#233;at. La question est complexe, car les programmes et les exigences ont chang&#233;. Mais, &#224; l'&#233;vidence, la d&#233;gradation des performances des &#233;coliers &#224; l'entr&#233;e en 6e en mati&#232;re de ma&#238;trise de la langue &#233;crite depuis quinze ans (r&#233;v&#233;l&#233;e par les enqu&#234;tes de la DEPP) se r&#233;percute aujourd'hui parmi les candidats au baccalaur&#233;at. Pourtant, ce n'est pas en durcissant les exigences de cet examen qu'on pourra r&#233;soudre ce probl&#232;me, qui prend sa source bien en amont du bac. Pour le minist&#232;re, ces trois pistes pr&#233;sentent surtout l'int&#233;r&#234;t de r&#233;aliser des &#233;conomies dans l'organisation de cet examen. S'agit-il vraiment de revaloriser le bac ? Il me semble que c'est plut&#244;t l'envie de hi&#233;rarchiser encore davantage les bacheliers qui anime ces propositions, comme si le bac pouvait devenir un concours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Roland Hubert.&lt;/i&gt; Encore faudrait-il mesurer r&#233;ellement cette d&#233;valorisation et savoir sur quelles valeurs et quels crit&#232;res se fonde sa th&#233;orisation. Est-ce parce qu'il n'est plus r&#233;serv&#233; &#224; une &#233;lite qu'il perdrait sa valeur ? Rappelons simplement que, malgr&#233; les r&#244;les diff&#233;rents et compl&#233;mentaires des trois voies, g&#233;n&#233;rale, technologique et professionnelle, un tiers d'une g&#233;n&#233;ration ne l'obtient pas ! L'actuel d&#233;bat sur son organisation n'&#233;chappe ni &#224; la conception &#233;litiste du syst&#232;me scolaire, ni &#224; la recherche forcen&#233;e de r&#233;duction des d&#233;penses publiques. Il est difficile de ne pas lire les propositions du r&#233;cent rapport de l'inspection g&#233;n&#233;rale &#224; la lumi&#232;re de la politique budg&#233;taire : les mesures pr&#233;conis&#233;es (contr&#244;le continu, suppression des options et de l'oral de rattrapage) sont toutes sources d'&#233;conomies et rien (ou si peu) n'est dit sur les contenus &#233;valu&#233;s et la pertinence des &#233;preuves. Elles d&#233;clinent une remise en cause des &#233;quilibres disciplinaires et de leur traduction par les coefficients. Le baccalaur&#233;at doit rester g&#233;n&#233;raliste, avec le principe de compensation entre les diff&#233;rentes disciplines, qu'elles soient centrales dans la s&#233;rie ou facultatives. Outre qu'il serait difficile de les fixer, les notes &#233;liminatoires poseraient de nombreux probl&#232;mes aux correcteurs et risqueraient de provoquer une augmentation des recours et contestations. Quant au contr&#244;le continu, tout a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, en particulier la perte de rep&#232;res nationaux et, au bout du compte, une valeur attach&#233;e au dipl&#244;me qui d&#233;pendrait de l'&#233;tablissement fr&#233;quent&#233; par le candidat. Il serait sans doute plus pertinent de r&#233;fl&#233;chir aux bar&#232;mes utilis&#233;s et aux pressions qui peuvent exister sur les jurys, cons&#233;quences de la mise en concurrence des &#233;tablissements et des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il envisager de supprimer le baccalaur&#233;at ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tristan Poullaouec.&lt;/i&gt; Comme l'a montr&#233; Edmond Goblot en 1925, le bac a longtemps fait office de barri&#232;re pour acc&#233;der &#224; la bourgeoisie. Mais il soulignait aussi son r&#244;le nivelant, l'examen aplanissant officiellement les in&#233;galit&#233;s individuelles entre les bacheliers. L'&#233;cole unique a mis fin &#224; ce monopole des &#233;lites sur le baccalaur&#233;at. Au moment o&#249; la quasi-totalit&#233; des parents visent le baccalaur&#233;at pour leurs enfants, il serait politiquement hasardeux de vouloir supprimer ce dipl&#244;me, qui continue de certifier publiquement des savoirs et des capacit&#233;s acquis dans l'enseignement secondaire. Mais l'&#233;cole unique fonctionne aussi sur le principe de la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e entre les &#233;l&#232;ves, d'o&#249; la tentation du contr&#244;le continu, qui &#233;claterait de fait la valeur nationale du dipl&#244;me, selon qu'on le pr&#233;pare dans un lyc&#233;e prestigieux de centre-ville ou dans un lyc&#233;e des quartiers populaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Victor Colombani.&lt;/i&gt; Non. Les lyc&#233;ens y restent attach&#233;s. Il s'agit du premier dipl&#244;me d'ampleur. Il met un point final &#224; quinze ans de scolarit&#233; et valide l'acquisition des connaissances et des comp&#233;tences des candidats. Il donne un cap &#224; nos &#233;tudes et les valorise in fine. De plus, le baccalaur&#233;at est la premi&#232;re arme des jeunes contre le ch&#244;mage. Supprimer le bac, ce serait augmenter encore les in&#233;galit&#233;s, puisque la s&#233;lection dans l'enseignement sup&#233;rieur se ferait alors sur des crit&#232;res encore plus flous et certainement plus injustes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sinon, quelles sont les am&#233;liorations &#224; apporter au baccalaur&#233;at, selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tristan Poullaouec.&lt;/i&gt; La refonte du baccalaur&#233;at est inconcevable sans une refondation du syst&#232;me &#233;ducatif. Pour sa part, le GRDS propose un projet d'&#233;cole commune de 2 &#224; 17 ans, conduisant 100&#8239;% des &#233;l&#232;ves &#224; un baccalaur&#233;at de culture g&#233;n&#233;rale et technologique. En prenant acte de l'&#233;galit&#233; des intelligences et en supprimant les obstacles aux apprentissages que constitue la s&#233;lection permanente des &#233;l&#232;ves, il s'agit de transmettre &#224; tous les moyens intellectuels d'atteindre un haut niveau de culture commune, jusqu'&#224; un lyc&#233;e unique, sans fili&#232;res, ni redoublement, ni notation. Le baccalaur&#233;at pourrait ainsi s'organiser en deux temps : en fin de premi&#232;re, la validation du tronc commun, et en fin de terminale, la validation du baccalaur&#233;at de sp&#233;cialit&#233;, pr&#233;parant l'insertion ou la poursuite d'&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Roland Hubert.&lt;/i&gt; &#192; l'image du syst&#232;me &#233;ducatif, le baccalaur&#233;at &#233;volue et il est &#233;vident que les &#233;preuves sont construites en fonction des objectifs d&#233;finis par les programmes. Faisant globalement appel &#224; moins de m&#233;morisation, elles suscitent plus de r&#233;flexion, de capacit&#233; d'analyse et de synth&#232;se. Il est cependant urgent de repenser leurs compl&#233;mentarit&#233;s en jouant peut-&#234;tre sur les coefficients et en v&#233;rifiant que, globalement, elles &#233;valuent un spectre plus large qu'aujourd'hui des diff&#233;rents modes d'expression et de restitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Victor Colombani.&lt;/i&gt; Si le bac est un dipl&#244;me capital en lui-m&#234;me, il est n&#233;cessaire que l'examen change et se modernise. Tout d'abord, pour lutter contre le bachotage, une meilleure r&#233;partition des &#233;preuves sur les ann&#233;es de premi&#232;re et de terminale est n&#233;cessaire, sans pour autant se satisfaire du contr&#244;le continu. D'o&#249; la proposition de cr&#233;er des &#233;preuves partielles nationales, en milieu et fin de premi&#232;re et de terminale. Celles-ci permettraient de passer plusieurs &#233;preuves de diff&#233;rentes disciplines, donnant ainsi un droit &#224; l'erreur aux lyc&#233;ens. De plus, elles seraient l'occasion de diversifier les crit&#232;res d'&#233;valuation et le format des &#233;preuves, aujourd'hui tr&#232;s &#233;litistes. Enfin, il est n&#233;cessaire que le baccalaur&#233;at, qu'il soit g&#233;n&#233;ral, professionnel ou technologique, soit coh&#233;rent avec le reste du cursus lyc&#233;en. Il n'est pas tol&#233;rable d'avoir conserv&#233;, en lyc&#233;e professionnel, des programmes et une &#233;preuve presque similaires, alors que le minist&#232;re a r&#233;duit l'enseignement professionnel &#224; trois au lieu de quatre ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretiens crois&#233;s r&#233;alis&#233;s par Dany Stive&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.humanite.fr/societe/le-baccalaureat-est-il-bout-de-souffle-table-ronde-493516" class="spip_out"&gt;L'Humanit&#233; du 30 mars 2012&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;classement, par Camille Peugny</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article92</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article92</guid>
		<dc:date>2011-09-16T09:53:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;classement</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Issu d'une th&#232;se de doctorat r&#233;alis&#233;e au Centre de recherche en &#233;conomie et statistique (Insee) et &#224; l'Observatoire sociologique du changement (IEP de Paris) sous la direction d'Alain Chenu, ce livre est le premier ouvrage de sociologie consacr&#233; au d&#233;classement &#224; destination d'un large public. De retour sur le devant de la sc&#232;ne depuis les ann&#233;es 2000, ce th&#232;me du d&#233;classement m&#233;ritait bien cette petite synth&#232;se particuli&#232;rement claire et bien document&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;finition ordinaire du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Notes de lecture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;d&#233;classement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;&#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L100xH100/arton92-afa2b.jpg?1790689100' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Issu d'une th&#232;se de doctorat r&#233;alis&#233;e au Centre de recherche en &#233;conomie et statistique (Insee) et &#224; l'Observatoire sociologique du changement (IEP de Paris) sous la direction d'Alain Chenu, ce livre est le premier ouvrage de sociologie consacr&#233; au d&#233;classement &#224; destination d'un large public. De retour sur le devant de la sc&#232;ne depuis les ann&#233;es 2000, ce th&#232;me du d&#233;classement m&#233;ritait bien cette petite synth&#232;se particuli&#232;rement claire et bien document&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;finition ordinaire du d&#233;classement est en effet tr&#232;s fluctuante et son importance r&#233;elle souvent bien fantasm&#233;e. Arm&#233; des pr&#233;cieuses enqu&#234;tes de l'Insee sur l'Emploi et sur la Formation et la Qualification Professionnelle, l'auteur en apporte ici une mesure rigoureuse, appuy&#233;e sur une approche interg&#233;n&#233;rationnelle du ph&#233;nom&#232;ne. &lt;i&gt;&#171; Est d&#233;class&#233; tout individu qui ne parvient pas &#224; maintenir la position sociale de ses parents &#187;&lt;/i&gt; (p. 13) : il s'agit donc ici d'une &#233;tude centr&#233;e sur le &lt;i&gt;&#171; d&#233;classement social par le bas &#187;&lt;/i&gt;, trop souvent n&#233;glig&#233; par des travaux focalis&#233;s sur la mobilit&#233; sociale ascendante (Merlli&#233;, Pr&#233;vot, 1997). Du point de vue de la sociologie de l'&#233;ducation, Camille Peugny attire ainsi utilement l'attention sur les trajectoires assez souvent malheureuses de certains enfants de cadres, dont la r&#233;ussite scolaire et sociale n'apparait plus si &#233;vidente et si m&#233;canique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce titre, il rejoint parfois l'interrogation de Ga&#235;le Henri-Panabi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &lt;i&gt;&#171; dans la France des ann&#233;es 2000 et &#224; l'&#226;ge de 40 ans, un fils de cadre sup&#233;rieur sur quatre et une fille sur trois sont employ&#233;(e)s ou exercent des emplois ouvriers &#187;&lt;/i&gt; (p. 44). C'est peu et beaucoup &#224; la fois : parmi les 1,7 millions d'individus &#226;g&#233;s de 40 ans en 2003, 9% ont un p&#232;re cadre, ce qui permet d'estimer &#224; 40 000 personnes tout au plus les membres de cette cohorte ayant connu la destin&#233;e &#233;voqu&#233;e par Peugny. Mais d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, la fr&#233;quence de telles trajectoires a cependant nettement augment&#233;, surtout si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; la g&#233;n&#233;ration arriv&#233;e sur le march&#233; du travail durant la &#171; d&#233;cade dor&#233;e &#187; (1965-1975) d&#233;crite par Chauvel (1998). Ce n'est pas la seule &#233;valuation &#224; laquelle proc&#232;de l'auteur dans son premier chapitre consacr&#233; &#224; &lt;i&gt;&#171; l'augmentation paradoxale du nombre des d&#233;class&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. S'int&#233;ressant &#233;galement aux trajectoires des enfants d'employ&#233;s et d'ouvriers, il conclue &#224; une &lt;i&gt;&#171; diminution des perspectives de promotion sociale vers le salariat d'encadrement &#187;&lt;/i&gt; (p. 42). Ce point m&#233;rite cependant d'&#234;tre d&#233;battu. Soulignons tout d'abord qu'au vu des donn&#233;es, cette diminution est d'ampleur bien inf&#233;rieure &#224; l'augmentation du d&#233;classement des enfants de cadres. Il est ensuite discutable de rassembler d'un c&#244;t&#233; les ouvriers et les employ&#233;s qualifi&#233;s et de l'autre les ouvriers et les employ&#233;s non qualifi&#233;s pour une comparaison en moyenne dur&#233;e. Enfin, s'agissant des seuls ouvriers, l'&#233;volution r&#233;cente me semble contredire la tendance d&#233;gag&#233;e par Peugny : &lt;i&gt;&#171; En 1970, seuls 19% des enfants d'ouvriers &#233;taient devenus cadres (moyens ou sup&#233;rieurs) ou exer&#231;aient une profession lib&#233;rale &#224; l'&#226;ge de 30 ans [&#8230;]. En 2003, c'est d&#233;sormais plus du quart des enfants d'ouvriers qui occupent des positions de d&#233;cision ou d'expertise d&#232;s 30 ans &#187;&lt;/i&gt; (Poullaouec, 2010, p. 115).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder au chapitre 2 &lt;i&gt;&#171; l'exp&#233;rience du d&#233;classement, entre r&#233;bellion et retrait &#187;&lt;/i&gt;, (p. 71), l'auteur esquisse quelques pistes d'explication de l'essor des d&#233;classements rep&#233;r&#233;s &#224; l'aide des donn&#233;es statistiques. &lt;i&gt;&#171; Le dipl&#244;me, premier rempart contre le d&#233;classement &#187;&lt;/i&gt; (p. 51), n'est ici pas mis en cause, contrairement &#224; ce que sugg&#232;re la th&#232;se de l'inflation scolaire (Duru-Bellat, 2006). En premier lieu, Peugny souligne que les parents cadres des d&#233;class&#233;s sont moins dipl&#244;m&#233;s que les autres cadres, retrouvant ainsi des r&#233;sultats &#233;tablis par Claude Th&#233;lot (1982, 2004). Autrement dit, &lt;i&gt;&#171; c'est bien par la transmission du capital culturel [&#8230;] qu'est assur&#233;e la transmission du statut de cadre entre les g&#233;n&#233;rations. [&#8230;] il ne suffit plus d'&#234;tre issu d'une lign&#233;e prestigieuse pour &#234;tre prot&#233;g&#233; du d&#233;classement &#187;&lt;/i&gt; (p. 55). En second lieu, l'auteur &#233;voque rapidement le r&#244;le du &lt;i&gt;&#171; d&#233;classement scolaire, au sens du concept anglo-saxon d'&lt;i&gt;overeducation&lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt; (p. 58). Discutant du caract&#232;re m&#233;ritocratique de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, il conclue enfin que si le niveau de dipl&#244;me est aujourd'hui moins conditionn&#233; par l'origine sociale, les positions sociales seraient quant &#224; elles moins conditionn&#233;es par le niveau de dipl&#244;me. La formulation de ce dernier r&#233;sultat laisse cependant le lecteur sur sa faim : l'auteur ne vient-il pas de rappeler l'importance de plus en plus d&#233;cisive des dipl&#244;mes de l'enseignement sup&#233;rieur dans l'acc&#232;s aux positions de cadres ? On regrettera &#233;galement que le r&#244;le du dipl&#244;me dans le d&#233;roulement des carri&#232;res professionnelles ne soit pas pris en consid&#233;ration, alors que les donn&#233;es le permettaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux types d'exp&#233;riences du d&#233;classement sont ensuite d&#233;gag&#233;s des entretiens recueillis aupr&#232;s d'enfants de cadres devenus ouvriers ou employ&#233;s : &#224; &lt;i&gt;&#171; la tentation de la r&#233;bellion &#187;&lt;/i&gt; (p. 83), caract&#233;ristique de ceux qui vivent le d&#233;classement comme un &lt;i&gt;&#171; destin g&#233;n&#233;rationnel &#187;&lt;/i&gt;, s'oppose &lt;i&gt;&#171; la tentation du retrait &#187;&lt;/i&gt; (p. 97), typique de ceux qui le vivent comme un &lt;i&gt;&#171; &#233;chec personnel &#187;&lt;/i&gt;. Les parents des premiers sont souvent des cadres &lt;i&gt;&#171; populaires ascendants &#187;&lt;/i&gt;, faiblement dipl&#244;m&#233;s, ayant &#233;t&#233; promus en cours de carri&#232;re, majoritairement dans le priv&#233;. Pour ces d&#233;class&#233;s du premier type, les responsables du &lt;i&gt;&#171; sacrifice &#187;&lt;/i&gt; de leur g&#233;n&#233;ration sont &#224; la fois les patrons, qui profitent bien de la &lt;i&gt;&#171; course aux dipl&#244;mes &#187;&lt;/i&gt;, et l'&#233;cole, accus&#233;e d'inadaptation aux besoins r&#233;els. Quant aux d&#233;class&#233;s du second type, dont les parents sont au contraire des cadres &lt;i&gt;&#171; h&#233;ritiers &#187;&lt;/i&gt; hautement dipl&#244;m&#233;s, ils vivent leur parcours scolaire en demi-teinte et mouvement&#233; comme une exp&#233;rience douloureuse, tr&#232;s en de&#231;&#224; des espoirs familiaux. Reprenant les concepts de Merton, Peugny les d&#233;crit aussi comme en retrait, sans combativit&#233; par rapport aux enjeux du monde du travail. Dans les deux cas de figure, les d&#233;class&#233;s sont donc des frustr&#233;s. &#192; suivre l'auteur, il y aurait l&#224; une cl&#233; de lecture &#233;clairante pour mieux comprendre leurs comportements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le propos du troisi&#232;me et dernier chapitre, centr&#233; sur &#171; les cons&#233;quences politiques du d&#233;classement &#187;, qui s'appuie principalement sur l'exploitation du panel &#233;lectoral fran&#231;ais de suivi des scrutins de 2002. C'est sans doute sur ce terrain que la d&#233;monstration est la moins convaincante. L'auteur h&#233;site lui-m&#234;me souvent &#224; franchir le pas de th&#232;ses anciennes voyant dans la mont&#233;e des extr&#233;mismes en politique l'expression privil&#233;gi&#233;e de la frustration croissante des d&#233;class&#233;s. Ces derniers s'av&#232;reraient ainsi &lt;i&gt;&#171; relativement autoritaires et ethnocentr&#233;s, certes, mais pas plus que les autres employ&#233;s et ouvriers &#187;&lt;/i&gt; (p. 123). En outre, les d&#233;class&#233;s &lt;i&gt;&#171; se montrent significativement plus hostiles au lib&#233;ralisme &#233;conomique que les autres enfants de cadres, et aussi hostiles que les autres employ&#233;s et ouvriers &#187;&lt;/i&gt; (p. 131). Enfin, le positionnement partisan des d&#233;class&#233;s est nettement moins &#224; gauche et l&#233;g&#232;rement plus &#224; l'extr&#234;me droite que celui des autres ouvriers et employ&#233;s. Mais comme le rappelle Peugny, 90% des d&#233;class&#233;s ne se d&#233;clarent pas &lt;i&gt;&#171; frontistes &#187;&lt;/i&gt;. Et le caract&#232;re minoritaire du d&#233;classement au sein d'une couche minoritaire de l'&#233;lectorat ne peut &#233;videmment pas r&#233;sumer une conjoncture &#233;lectorale aussi singuli&#232;re que celle de 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAUVEL L. (1998), &lt;i&gt;Le destin des g&#233;n&#233;rations. Structure sociale et cohortes en France au XXe si&#232;cle.&lt;/i&gt; Paris : PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article22' class=&#034;spip_in&#034;&gt;DURU-BELLAT M. (2006), &lt;i&gt;L'inflation scolaire. Les d&#233;sillusions de la m&#233;ritocratie.&lt;/i&gt; Paris : Seuil.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HENRI-PANABI&#200;RE G. (2010), &lt;i&gt;Des &#8220;h&#233;ritiers&#8221; en &#233;chec scolaire.&lt;/i&gt; Paris : La Dispute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERLLI&#201; D., PR&#201;VOT J. (1997), &lt;i&gt;La mobilit&#233; sociale&lt;/i&gt;. Paris : La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article72' class=&#034;spip_in&#034;&gt;POULLAOUEC T. (2010). &lt;i&gt;Le dipl&#244;me, arme des faibles. Les familles ouvri&#232;res et l'&#233;cole.&lt;/i&gt; Paris : La Dispute.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TH&#201;LOT C. (1982 ; r&#233;&#233;dition en 2004). &lt;i&gt;Tel p&#232;re, tel fils ? Position sociale et origine familiale.&lt;/i&gt; Paris : Hachette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce titre, il rejoint parfois l'interrogation de Ga&#235;le Henri-Panabi&#232;re (2010) sur les &#171; m&#233;sh&#233;ritiers &#187; en &#233;chec scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cole : la r&#233;volution du droit &#224; la r&#233;ussite</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article107</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article107</guid>
		<dc:date>2011-03-22T16:55:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;forme scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; B&#226;tir une &#233;cole commune &#187;, qui garantisse r&#233;ellement le droit &#224; la r&#233;ussite scolaire de tous les &#233;l&#232;ves, en les conduisant, sans redoublements, ni groupes de niveaux, ni fili&#232;res de 3 &#224; 18 ans, jusqu'&#224; un &#171; baccalaur&#233;at de culture g&#233;n&#233;rale &#187; comprenant des enseignements technologiques : c'est bel et bien &#224; une r&#233;volution scolaire qu'invitent Bernard Calabuig et Jos&#233; Tovar dans leur nouveau livre (Faites chauffer l'&#233;cole. Principes pour une r&#233;volution scolaire, aux &#233;ditions Syllepse, apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Notes de lecture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;d&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;r&#233;forme scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L91xH91/arton107-23bfb.jpg?1790689101' class='spip_logo spip_logo_right' width='91' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; B&#226;tir une &#233;cole commune &#187;&lt;/i&gt;, qui garantisse r&#233;ellement le droit &#224; la r&#233;ussite scolaire de tous les &#233;l&#232;ves, en les conduisant, sans redoublements, ni groupes de niveaux, ni fili&#232;res de 3 &#224; 18 ans, jusqu'&#224; un &lt;i&gt;&#171; baccalaur&#233;at de culture g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/i&gt; comprenant des enseignements technologiques : c'est bel et bien &#224; une r&#233;volution scolaire qu'invitent Bernard Calabuig et &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?auteur4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Jos&#233; Tovar&lt;/a&gt; dans leur nouveau livre (&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article100' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Faites chauffer l'&#233;cole. Principes pour une r&#233;volution scolaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, aux &#233;ditions Syllepse, apr&#232;s &#034;L'&#233;cole en qu&#234;te d'avenir&#034;, chez le m&#234;me &#233;diteur en 2007).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit en effet de rompre avec &lt;i&gt;&#171; le mod&#232;le de l'&#233;cole dite &#8216;&#8216;unique'' &#187;&lt;/i&gt; et avec son &lt;i&gt;&#171; leurre &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire le principe concurrentiel de &lt;i&gt;&#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;&lt;/i&gt;, o&#249; les &#233;l&#232;ves sont &lt;i&gt;&#171; &#8216;&#8216;&#224; &#233;galit&#233; de droits'' sur la ligne de d&#233;part &#187;&lt;/i&gt;, mais o&#249; &lt;i&gt;&#171; ce sont toujours les m&#234;mes qui sont les premiers sur la ligne d'arriv&#233;e, les m&#234;mes qui acc&#232;dent aux fili&#232;res gratifiantes et socialement prometteuses, et les m&#234;mes qui sont &#233;limin&#233;s en cours de route &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s quarante ans de fonctionnement, ce &lt;i&gt;&#171; syst&#232;me &#233;ducatif est aujourd'hui &#224; bout de souffle &#187;&lt;/i&gt;. La premi&#232;re partie du livre en dresse un &#233;tat des lieux pr&#233;cis en faisant retour sur &lt;i&gt;&#171; les fondements de l'&#233;cole s&#233;gr&#233;gative &#187;&lt;/i&gt;, aux d&#233;buts de la cinqui&#232;me R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ses limites ne r&#233;sultent pas seulement de l'insuffisance des moyens ou de l'offensive n&#233;olib&#233;rale actuelle : &lt;i&gt;&#171; l'incapacit&#233; de l'&#233;cole &#224; cr&#233;er les conditions pour que les &#233;l&#232;ves issus des milieux populaires r&#233;ussissent massivement des &#233;tudes secondaires et sup&#233;rieures de qualit&#233; est la cause fondamentale de la crise globale dont souffre aujourd'hui le syst&#232;me &#233;ducatif &#187;&lt;/i&gt;. Pour les auteurs, ce constat n'implique aucun fatalisme et l'ambition d'une &#233;cole commune dans une soci&#233;t&#233; in&#233;gale n'a rien d'illusoire. La seconde partie s'attache au contraire &#224; en &#233;tablir les conditions de possibilit&#233; et &#224; en d&#233;gager une perspective cr&#233;dible autour de trois id&#233;es fortes : &lt;i&gt;&#171; refonder un projet culturel pour l'&#233;cole &#187;&lt;/i&gt; (chapitre 3), &lt;i&gt;&#171; refonder la formation des enseignants &#187;&lt;/i&gt; (chapitre 4), et &lt;i&gt;&#171; assurer une formation professionnelle initiale de qualit&#233; pour tous &#187;&lt;/i&gt; (chapitre 5). Les lecteurs convaincus de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;mocratiser l'&#233;cole y trouveront largement mati&#232;re &#224; r&#233;fl&#233;chir. Mieux : &#224; &#233;laborer ensemble les &lt;i&gt;&#171; contours d'une &#233;cole de l'intelligence, de la culture et de la professionnalisation pour tous et toutes &#187;&lt;/i&gt;, ainsi qu'y appelle l'&#233;pilogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insistons ici sur les points de d&#233;part de toutes ces pistes, &lt;i&gt;&#171; dont tout le reste d&#233;pend &#187;&lt;/i&gt; (chapitres 1 et 2). Il convient d'abord de se d&#233;barrasser du pr&#233;jug&#233; tenace du handicap socioculturel et de prendre acte de l'&#233;ducabilit&#233; universelle. Si tous les &#233;l&#232;ves ont les ressources intellectuelles pour apprendre, &lt;i&gt;&#171; les raisons de l'&#233;chec scolaire de masse sont donc &#224; rechercher en priorit&#233; dans l'&#233;cole &#187;&lt;/i&gt;. Il faut ensuite admettre que &lt;i&gt;&#171; les strat&#233;gies institutionnelles de diversification des voies de la r&#233;ussite [&#8230;] n'ont fait que s'attaquer &#8211; sans succ&#232;s notable &#8211; aux effets de l'&#233;chec scolaire : il est temps aujourd'hui de s'attaquer clairement &#224; ses causes &#187;&lt;/i&gt;. Il importe enfin de reconna&#238;tre que la concurrence scolaire n'est pas indispensable aux apprentissages : &lt;i&gt;&#171; d&#233;charg&#233;e de toute obligation de notation, de classement et d'orientation, l'&#233;cole commune assurera &#224; tous les &#233;l&#232;ves un parcours scolaire continu essentiellement fond&#233; sur le suivi personnalis&#233; de chaque &#233;l&#232;ve et la capacit&#233; &#224; r&#233;parer les d&#233;faillances [&#8230;] constat&#233;es dans les apprentissages &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_25_iprod_487_idc_890-Faites-chauffer-l-ecole.html" class="spip_out"&gt;Les &#233;ditions Syllepse&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce compte rendu est paru dans L'Humanit&#233; du 21/03/2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dix id&#233;es re&#231;ues sur les &#233;l&#232;ves des classes populaires</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article95</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article95</guid>
		<dc:date>2011-01-11T10:23:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Hugr&#233;e, Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Ressources intellectuelles</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Parents</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la Loi Fillon de 2005, la politique gouvernementale en mati&#232;re d'&#233;cole (avec entre autres la note de vie scolaire, l'apprentissage junior, les bourses au m&#233;rite, la multiplication des dispositifs &#171; relais &#187;, l'accompagnement personnalis&#233;, l'accompagnement &#233;ducatif pour les &#171; orphelins de 16 heures &#187;, le d&#233;veloppement des options &#224; la carte, les groupes de niveau d&#233;guis&#233;s en groupes de comp&#233;tences...) n'a fait que renforcer les in&#233;galit&#233;s. Dans ce contexte, il s'agit d'alimenter notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;Controverses p&#233;dagogiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;d&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Ressources intellectuelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L100xH96/arton95-206de.jpg?1790689100' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la Loi Fillon de 2005, la politique gouvernementale en mati&#232;re d'&#233;cole (avec entre autres la note de vie scolaire, l'apprentissage junior, les bourses au m&#233;rite, la multiplication des dispositifs &#171; relais &#187;, l'accompagnement personnalis&#233;, l'accompagnement &#233;ducatif pour les &#171; orphelins de 16 heures &#187;, le d&#233;veloppement des options &#224; la carte, les groupes de niveau d&#233;guis&#233;s en groupes de comp&#233;tences...) n'a fait que renforcer les in&#233;galit&#233;s. Dans ce contexte, il s'agit d'alimenter notre r&#233;flexion et de nous aider &#224; r&#233;sister.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dossier &#034;D&#233;mocratisation scolaire&#034;, extrait du bulletin de l'&#201;cole &#201;mancip&#233;e de Loire Atlantique (n&#176;24, d&#233;cembre 2010) r&#233;alis&#233; par Mary David et Marie Haye. L'int&#233;gralit&#233; du num&#233;ro (contenant notamment la transcription d'une conf&#233;rence de Jean-Pierre Terrail &#224; Nantes) est disponible &lt;a href=&#034;http://www.ecoleemancipee.org/IMG/pdf/24-bulletin_decembre_2010.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de la crise &#233;conomique et sociale, les dipl&#244;mes sont de plus en plus n&#233;cessaires pour faire face aux exigences du march&#233; du travail. Mais les dipl&#244;mes c&#232;dent la place aux certifications par comp&#233;tences, et les parcours scolaires sont rest&#233;s toujours aussi in&#233;gaux selon l'origine sociale des &#233;l&#232;ves : 20% des enfants d'ouvriers d&#233;crochent aujourd'hui un bac g&#233;n&#233;ral, contre plus de 70% des enfants de cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole prend en charge individuellement le tri social des &#233;l&#232;ves, sur la base de leurs r&#233;sultats scolaires : &#224; l'&#233;l&#232;ve qui r&#233;ussit scolairement, la voie g&#233;n&#233;rale, et, &#224; celui qui ne parvient pas &#224; surmonter les difficult&#233;s inh&#233;rentes &#224; tout apprentissage, les fili&#232;res de rel&#233;gation. Loin de renforcer les rep&#232;res de classe, cette situation n'a fait que les brouiller plus encore : chaque &#233;l&#232;ve et sa famille se voient individuellement imput&#233;s le m&#233;rite et donc la responsabilit&#233; de son propre parcours scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;re partie : Dix id&#233;es re&#231;ues sur les &#233;l&#232;ves des classes populaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;1. &lt;i&gt;&#171; Lui, ce qui le motive, c'est les choses pratiques, concr&#232;tes. &#187;&lt;/i&gt; Tous les enfants (en particulier les enfants issus des classes populaires) ne sont pas capables d'abstraction, de raisonnement logique et de r&#233;flexivit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tristan Poullaouec : &lt;/strong&gt;Apr&#232;s l'id&#233;ologie des dons (certains auraient la &#171; bosse des maths &#187;, d'autres &#171; l'intelligence de la main &#187; faite pour le travail manuel), c'est l'id&#233;ologie du handicap socioculturel qui domine aujourd'hui les explications ordinaires des difficult&#233;s scolaires, &#224; travers &#171; l'&#233;quation simpliste selon laquelle les enfants de pauvres ne sauraient &#234;tre que de pauvres enfants &#187; (Jean-Yves Rochex). En r&#233;alit&#233;, &lt;strong&gt;tous les &#233;l&#232;ves arrivent &#224; l'&#233;cole avec les m&#234;mes capacit&#233;s intellectuelles, d&#232;s lors qu'ils sont tous entr&#233;s dans le langage&lt;/strong&gt;. Parler, c'est en effet d&#233;crire et interpr&#233;ter le monde gr&#226;ce &#224; des abstractions, faire des raisonnements logiques (ne serait-ce qu'en encha&#238;nant l'adverbe &#171; pourquoi &#187; et la locution &#171; parce que &#187;) et r&#233;fl&#233;chir sur le langage : quand un enfant se questionne autour du sens d'un mot par exemple, cela implique de sa part une r&#233;flexion sur les diverses significations de ce mot, sur ses emplois, sur ses origines, &lt;i&gt;etc&lt;/i&gt;. D'un milieu &#224; l'autre, les usages effectifs du langage sont certes variables. Mais les fa&#231;ons de parler des enfants issus des classes populaires ne les emp&#234;chent pas par principe de b&#233;n&#233;ficier normalement des apports de l'&#233;cole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#171; Langage et &#233;galit&#233; des intelligences &#187;, L'&#233;cole &#233;mancip&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment parce que les &#233;carts constat&#233;s entre les jeunes enfants des milieux populaires et les autres sont encore tr&#232;s peu significatifs. Les capacit&#233;s des &#233;l&#232;ves ne peuvent donc &#234;tre index&#233;es sur leurs origines sociales. Quant &#224; leur volont&#233; d'apprendre, elle est trop souvent consid&#233;r&#233;e comme une donn&#233;e, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; fig&#233;e dans la t&#234;te des &#233;l&#232;ves. Il suffit pourtant d'interroger sa propre histoire pour voir que cette motivation n'a rien de naturelle. S'il est clair que la motivation est encourag&#233;e par l'appropriation des savoirs, elle peut r&#233;ciproquement &#234;tre d&#233;courag&#233;e par les difficult&#233;s scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;2. &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; On ne peut pas faire le programme avec ces &#233;l&#232;ves-l&#224;. &#187;, &#171; Elle ne comprend rien : si je lui faisais faire les m&#234;mes choses qu'aux autres, elle se d&#233;couragerait. &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Il faut diff&#233;rencier, adapter les dispositifs p&#233;dagogiques voire les contenus aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233;, quitte &#224; en rabattre sur ses exigences.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. : &lt;/strong&gt;C'est malheureusement une r&#233;alit&#233; : face aux difficult&#233;s scolaires, bien des enseignants revoient leurs exigences &#224; la baisse. Convaincus que les ressources intellectuelles des &#233;l&#232;ves d&#233;pendent d'abord de la position sociale de leurs parents, ils adaptent leur enseignement en attendant moins des &#233;l&#232;ves des classes populaires et davantage des &#233;l&#232;ves des classes moyennes ou dominantes : en illustrant plut&#244;t qu'en d&#233;montrant, en privil&#233;giant le concret sur l'abstrait, en pr&#233;f&#233;rant se limiter aux points les plus simples au d&#233;triment des points compliqu&#233;s, &lt;i&gt;etc&lt;/i&gt;. Cela est particuli&#232;rement vrai dans les &#233;tablissements o&#249; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale est tr&#232;s faible, ou dans ceux o&#249; se pratiquent les classes de niveau. Mais &lt;strong&gt;anticiper sur les difficult&#233;s d'abstraction, de raisonnement ou de r&#233;flexion, contribue en fait &#224; de nouvelles in&#233;galit&#233;s d'appropriation des savoirs en donnant encore moins &#224; &#171; ceux qui n'ont que l'&#233;cole pour comprendre l'&#233;cole &#187; (St&#233;phane Bonn&#233;ry)&lt;/strong&gt;. Plusieurs recherches sociologiques l'ont observ&#233;, dans le premier degr&#233; comme dans le second degr&#233;. Certains dispositifs p&#233;dagogiques y contribuent &#233;galement par eux-m&#234;mes, comme le montre St&#233;phane Bonn&#233;ry&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comprendre l'&#233;chec scolaire La Dispute, 2007&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple &#224; propos des exercices &#224; trous &#224; l'&#233;cole primaire, qui focalisent les &#233;l&#232;ves sur les consignes et les d&#233;tournent des objets de savoir ou J&#233;r&#244;me Deauvieau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enseigner dans le secondaire. Les nouveaux professeurs face aux difficult&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple &#224; propos du cours dialogu&#233; en lyc&#233;e, qui brouille la diff&#233;rence entre savoirs scolaires et savoirs d'exp&#233;rience : les &#233;l&#232;ves puisent dans leurs exp&#233;riences pour r&#233;pondre aux questions, sans comprendre que ce sont d'autres savoirs, objectiv&#233;s, qui permettent une v&#233;ritable r&#233;ussite scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;3. &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; Les &#233;tudes, c'est pas pour lui ! Ce serait le leurrer quant &#224; ses possibilit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; Il est pr&#233;f&#233;rable d'orienter un &#233;l&#232;ve en difficult&#233; le plus t&#244;t possible vers la voie professionnelle, pour le pr&#233;munir d'une r&#233;-orientation douloureuse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Hugr&#233;e : &lt;/strong&gt;Cette affirmation fait en partie &#233;cho &#224; l'id&#233;e que les enfants issus des cat&#233;gories populaires auraient tendance, et m&#234;me int&#233;r&#234;t, &#224; ne pas trop prolonger leurs parcours scolaires dans l'enseignement sup&#233;rieur. Sur ce point, il faut &#234;tre tr&#232;s clair : les enqu&#234;tes dont nous disposons montrent sans ambig&#252;it&#233; que, pour ces enfants, plus leurs dipl&#244;mes sont &#233;lev&#233;s, plus la &#171; force de rappel &#187; de l'origine sociale est faible. Ce que les sociologues de la mobilit&#233; sociale nomment la &#171; force de rappel de l'origine sociale &#187;, c'est le fait qu'&#224; dipl&#244;me &#233;gal, les enfants de cadres sup&#233;rieurs connaissent de meilleures positions sociales que les enfants d'ouvriers. C'est un fait incontestable, et une partie de ma recherche sur les cheminements professionnels des enfants d'origine populaire ayant au moins une licence le confirme pour les g&#233;n&#233;rations les plus r&#233;centes. Mais, il faut tenir ensemble ces deux faces de la r&#233;alit&#233; pour comprendre l'enjeu des &#233;tudes sup&#233;rieures pour ces familles : &lt;strong&gt;pour &#233;chapper aux emplois les moins r&#233;mun&#233;r&#233;s, les moins prot&#233;g&#233;s socialement et les plus difficiles du point de vue des conditions de travail, les jeunes d'origine populaire ont besoin, plus que ceux issus des classes moyennes ou sup&#233;rieures, d'un dipl&#244;me du sup&#233;rieur&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;4. &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; Cet &#233;l&#232;ve souffre &#224; l'&#233;cole, mais il est malheureusement trop jeune pour la quitter. &#187; &#171; Il faudrait lui faire faire des stages. &#187; &#171; On pourrait l'envoyer en classe-relais, il pourrait souffler. &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Le coll&#232;ge unique ne fonctionne pas : beaucoup d'&#233;l&#232;ves n'y trouvent pas leur place.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; Pendant longtemps, le coll&#232;ge unique a en effet concentr&#233; toutes les critiques. Il est d'ailleurs encore consid&#233;r&#233; par certains comme le maillon faible de notre syst&#232;me &#233;ducatif. Mais depuis quelques ann&#233;es, le d&#233;bat scolaire se d&#233;place largement vers l'&#233;cole primaire. Il n'y a pas que de mauvaises raisons &#224; cela. Qu'on en juge : quand on les r&#233;partit en quatre quarts d'effectifs &#233;gaux dans l'ordre croissant de leurs performances aux &#233;valuations &#224; l'entr&#233;e en 6e, la part des enfants d'ouvriers qui ont atteint la seconde g&#233;n&#233;rale ou technologique sans redoubler au coll&#232;ge passe, d'un quartile &#224; l'autre, de 6 % &#224; 25 %, puis 55 % et enfin 85 %.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idc951_c0' colspan='4'&gt;L'entr&#233;e en seconde sans redoublement selon la qualit&#233; des apprentissages en primaire (en %)&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td colspan='4' headers='idc951_c0'&gt;Taux d'acc&#232;s &#224; une seconde g&#233;n&#233;rale et technologique en cinq ans selon les notes obtenues &#224; l'entr&#233;e en 6e aux &#233;preuves nationales d'&#233;valuation en math&#233;matiques et en fran&#231;ais&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idc951_c0'&gt;&lt;i&gt;Position des notes de l'&#233;l&#232;ve en 6e par rapport &#224; celles de tous les &#233;l&#232;ves de France&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Ensemble des &#233;l&#232;ves&#8230;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&#8230; dont : Enfants d'ouvriers&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&#8230; dont : Enfants de cadres&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idc951_c0'&gt;Quart sup&#233;rieur&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;89&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;85&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;93&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idc951_c0'&gt;Troisi&#232;me quart&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;55&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;75&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idc951_c0'&gt;Second quart&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;45&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idc951_c0'&gt;Quart inf&#233;rieur&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idc951_c0'&gt;Ensemble&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;46&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;32&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;76&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td colspan='4' headers='idc951_c0'&gt;&lt;i&gt;Lecture : Lorsque leurs performances les ont plac&#233;s dans le quart sup&#233;rieur des meilleurs &#233;l&#232;ves &#224; l'entr&#233;e en 6e, 85% des enfants d'ouvriers ont atteint la seconde g&#233;n&#233;rale et technologique sans conna&#238;tre de redoublement au coll&#232;ge. Champ : Ensemble des &#233;l&#232;ves entr&#233;s en 6e ou en SES en 1995.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Mieux : l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieures, les proportions correspondantes d'enfants de cadres qui entrent au lyc&#233;e sans redoubler sont tout &#224; fait du m&#234;me ordre. Autrement dit, si tous les &#233;l&#232;ves r&#233;ussissaient aussi bien leur primaire, l'avantage des enfants de cadres sur les enfants d'ouvriers serait tr&#232;s faible. &lt;strong&gt;Arriv&#233;s au coll&#232;ge, puis au lyc&#233;e, les parcours scolaires des &#233;l&#232;ves d&#233;pendent alors davantage de la r&#233;ussite en primaire que de l'origine sociale.&lt;/strong&gt; Qu'ils soient enfants de cadres ou enfants d'ouvriers, les bons &#233;l&#232;ves du primaire ont ainsi toutes chances d'arriver sans encombre en seconde. Les effets du primaire se mesurent jusque dans l'enseignement sup&#233;rieur : 61 % des &#233;l&#232;ves du dernier quartile obtiennent au moins la licence, contre seulement 28 % des &#233;l&#232;ves du troisi&#232;me quartile, 12 % du second et &#224; peine 6 % du premier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le principal obstacle &#224; la d&#233;mocratisation scolaire vient donc du fait que les enfants des classes populaires se situent bien plus souvent dans les premiers quartiles, nettement sur-repr&#233;sent&#233;s parmi ceux qui ne savent pas lire et &#233;crire correctement en entrant en 6e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;5. &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; De nos jours, les dipl&#244;mes n'ont plus aucune valeur sur le march&#233; du travail. &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Il est inutile, voire n&#233;faste, de pousser tous les &#233;l&#232;ves le plus loin possible dans leurs &#233;tudes : cette &#171; inflation scolaire &#187; ne fait qu'encombrer le march&#233; du travail par un trop grand nombre de dipl&#244;m&#233;s, qui sont, qui plus est, d&#233;class&#233;s &#224; l'embauche. En outre, les dipl&#244;mes ne prot&#232;gent pas contre le ch&#244;mage. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. : &lt;/strong&gt;On &#233;voque beaucoup la d&#233;valorisation des dipl&#244;mes et le d&#233;classement &#224; l'embauche. En r&#233;alit&#233;, &lt;strong&gt;le paradoxe des dipl&#244;mes est qu'ils sont &#224; la fois de moins en moins suffisants dans le contexte du ch&#244;mage de masse et de la pr&#233;carisation des d&#233;buts de vie professionnelle, mais aussi de plus en plus n&#233;cessaires pour faire face aux exigences des postes de travail, des crit&#232;res de recrutements et des &#233;volutions de carri&#232;res&lt;/strong&gt;. La crise &#233;conomique avive encore cette tension, en renfor&#231;ant les in&#233;galit&#233;s entre les dipl&#244;m&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, les dipl&#244;mes de l'enseignement professionnel conduisent le plus fr&#233;quemment aux positions d'ouvriers ou d'employ&#233;s et permettent rarement d'acc&#233;der en cours de carri&#232;re aux emplois les plus qualifi&#233;s. De l'autre, les dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur sont souvent reclass&#233;s en cours de carri&#232;re apr&#232;s un d&#233;classement &#224; l'embauche. La &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article22' class=&#034;spip_in&#034;&gt;m&#233;taphore de l'inflation scolaire&lt;/a&gt; ne convient pas. &#192; la diff&#233;rence de la monnaie, les dipl&#244;mes ont une valeur sp&#233;cifique, qui tient aux contenus enseign&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, la valeur d'usage apport&#233;e &#224; leur qualification personnelle par la formation scolaire des jeunes est de plus en plus recherch&#233;e par les employeurs, qui leur assignent des t&#226;ches plus complexes et leur demandent d'intensifier leur travail productif, d'atteindre des objectifs toujours plus &#233;lev&#233;s, de prendre certaines initiatives, de s'adapter aux changements, etc. De l'autre, la valeur d'&#233;change des dipl&#244;mes est revue &#224; la baisse, du fait de la d&#233;gradation du rapport de force des salari&#233;s face aux employeurs : le ch&#244;mage de masse, la pr&#233;carisation des d&#233;buts de vie professionnelle ou encore l'individualisation de la gestion des carri&#232;res multiplient en effet les obstacles &#224; la reconnaissance des qualifications acquises. La th&#232;se de l'inflation scolaire confond au contraire ces deux processus, en postulant que tous les d&#233;class&#233;s sont sur-qualifi&#233;s. Au total, les enfants d'ouvriers ont aujourd'hui l&#233;g&#232;rement plus de chances d'occuper une position de cadre ou d'exercer une profession interm&#233;diaire : c'&#233;tait le cas de 19% d'entre eux &#224; l'&#226;ge de 30 ans en 1970, c'est d&#233;sormais le cas de 26% de la g&#233;n&#233;ration qui a eu le m&#234;me &#226;ge en 2003. Pousser les &#233;l&#232;ves le plus loin possible dans leurs &#233;tudes est donc possible et souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;6. &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; Tu pr&#233;f&#232;res qu'il sorte du syst&#232;me &#233;ducatif sans rien ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Quitter l'&#233;cole avec un livret de comp&#233;tences valid&#233; en poche, c'est mieux que d'en sortir sans aucun dipl&#244;me. Le socle commun et la certification par comp&#233;tences sont un progr&#232;s, qui permet au passage de se d&#233;barrasser de la note, qui n'est pas un mode d'&#233;valuation satisfaisant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.H. : &lt;/strong&gt;Sur la question tr&#232;s pr&#233;cise du socle commun, mon &#171; incomp&#233;tence &#187; ( !) est totale et je me permettrais juste de souligner les actuelles recherches en sociologie de Pierre Cl&#233;ment qui montrent qu'un des enjeux des outils qui l'accompagnent est une rationalisation gestionnaire du syst&#232;me &#233;ducatif. Cette nouvelle orientation des politiques &#233;ducatives r&#233;pond de fait mal aux trois questions tr&#232;s simples qui se posent &#224; tous les syst&#232;mes scolaires, dans toutes les soci&#233;t&#233;s : &lt;i&gt;qu'est-ce qu'on transmet&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#224; qui on le transmet&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;comment on le transmet&lt;/i&gt;. Et ce n'est pas la seule suppression des notes en primaire qui permettra de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s d'apprentissage entre les &#233;l&#232;ves. C'est pour cette raison que le GRDS n'a pas sign&#233; l'appel &#224; l'initiative de l'AFEV. En revanche, mes recherches personnelles sur les nouvelles politiques d'insertion qui se mettent en place pour les dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur me permettent de dire quelques mots sur cette notion que tout le monde a le plus grand mal &#224; d&#233;finir, mais qui est tr&#232;s en vogue en ce moment &#224; l'universit&#233; : &#171; comp&#233;tence &#187;. Il s'agit d'une cat&#233;gorie de pens&#233;e qui est explicitement issue du monde productif et qui s'est impos&#233;e depuis pr&#232;s de 30 ans au syst&#232;me &#233;ducatif. Les enseignants du sup&#233;rieur qui voient arriver depuis quelques ann&#233;es cette notion auraient d'ailleurs de pr&#233;cieux conseils &#224; recevoir des professeurs des &#233;coles qui ont d&#251; &#234;tre les premiers &#224; se voir imposer cette nouvelle rh&#233;torique dans les programmes scolaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me avec la notion de comp&#233;tence est qu'elle op&#232;re une double mystification : &lt;br class='autobr' /&gt;
1.	Cette notion entend substituer la repr&#233;sentation verticale de la hi&#233;rarchie entre savoirs et pratiques &#224; une repr&#233;sentation horizontale de cette hi&#233;rarchie, comme le disait la sociologue Lucie Tanguy. La repr&#233;sentation verticale du rapport savoir/pratique organise largement aujourd'hui le syst&#232;me scolaire, par exemple dans l'opposition g&#233;n&#233;ral/professionnel. Et, au pr&#233;texte mensonger d'une lutte contre les in&#233;galit&#233;s, une partie des r&#233;formateurs scolaires cherchent &#224; inverser ce rapport. D'un point de vue philosophique, il y a l&#224; quelque chose d'int&#233;ressant apr&#232;s tout. Le souci, c'est que cette nouvelle vision des choses est de nature &#224; flouer (au double sens du terme) les savoirs scolaires : ils deviennent moins visibles, on les dit moins recherch&#233;s dans les processus d'apprentissage puisque d&#233;sormais on cherche &#224; faire &#171; &#233;merger des comp&#233;tences &#187;&#8230; Et finalement, &lt;strong&gt;l'&#233;cole se voit disputer par le monde des entreprises son monopole de la transmission des savoirs et de v&#233;rification des acquisitions&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	Cette notion recouvre un ensemble de propri&#233;t&#233;s instables qui, de fait, doivent &#234;tre continuellement &#233;valu&#233;es. Et, de ce point de vue, la &#171; comp&#233;tence &#187; permet de se distancier d'une vision des choses o&#249; la qualification &#233;tait acquise une fois pour toute. Ce point n'est pas sans effet sur le march&#233; du travail puisque la qualification &#233;tait jusqu'ici une chose d&#233;finie juridiquement qui ouvrait des droits, inscrits dans les conventions collectives (secteur priv&#233;) ou dans les statuts (secteur public).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;7.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Cet &#233;l&#232;ve a des difficult&#233;s, mais c'est un peu de sa faute ! &#187; &#171; Il faut dire que ses parents ne l'aident pas beaucoup... &#187; &#171; Qu'ils sont m&#233;ritants, ces gosses des cit&#233;s qui r&#233;ussissent ! &#187; &#171; Tu sais, ces parents-l&#224; ne suivent pas leur enfant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; La r&#233;ussite scolaire, &#231;a se m&#233;rite. Les enfants issus de familles populaires qui r&#233;ussissent sont d'autant plus m&#233;ritants qu'ils partent avec un &#171; handicap &#187;, mais s'ils sont en &#233;chec, c'est aussi de la faute de leurs parents qui sont d&#233;missionnaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; L'id&#233;e des parents d&#233;missionnaires dans les classes populaires est d&#233;mentie par l'essor des ambitions scolaires dans les familles ouvri&#232;res. Jusqu'aux ann&#233;es 1960, seule une petite fraction des ouvriers esp&#233;raient que leurs enfants aillent jusqu'au bac (15% en 1962). Aujourd'hui, le bac est un minimum, vis&#233; par 88% des familles ouvri&#232;res. La plupart d'entre elles r&#234;vent ensuite d'&#233;tudes sup&#233;rieures pour leurs enfants. Elle ne tient pas non plus lorsqu'on demande aux parents combien de temps ils consacrent aux devoirs &#224; la maison. D'apr&#232;s les enqu&#234;tes de l'Insee, cette aide au travail scolaire de leurs enfants les occupe &#224; peu pr&#232;s une heure par jour, quel que soit le milieu social. D'autres enqu&#234;tes aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves montrent par ailleurs que la plupart d'entre eux sont aid&#233;s par leurs parents. Les diff&#233;rences qualitatives dans l'aide apport&#233;e sont bien s&#251;r beaucoup plus fortes : les parents les plus dipl&#244;m&#233;s sont bien &#224; m&#234;me de comprendre les exigences de l'&#233;cole, tandis que ceux qui gardent un mauvais souvenir de l'&#233;cole peinent &#224; expliquer &#224; leurs enfants ce qu'ils n'ont pas compris en classe. &lt;strong&gt;L'institution scolaire contribue ainsi aux in&#233;galit&#233;s en d&#233;l&#233;guant des t&#226;ches d'apprentissage aux familles.&lt;/strong&gt; 90% des &#233;l&#232;ves demandent en effet &#224; leurs parents de leur expliquer les points difficiles &#224; comprendre. Une &#233;tudiante engag&#233;e dans le soutien scolaire l'expliquait tr&#232;s bien &#224; un journaliste de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/node/453953&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Humanit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; il y a quelques semaines : &#171; Je suis toujours &#233;tonn&#233;e de voir que certains profs ne s'assurent pas que les &#233;l&#232;ves ont tous bien compris. Au final, plus l'ann&#233;e avance et plus il se creuse un foss&#233; entre ce que l'enseignant pense que l'&#233;l&#232;ve a compris et ce qu'il a r&#233;ellement compris. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;8.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Il y a bien des enfants des quartiers qui r&#233;ussissent ! &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Penser la r&#233;ussite scolaire en terme de rapport de classe est d&#233;pass&#233;. D'ailleurs, la lutte des classes est un concept d'un autre &#226;ge.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.H. :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Encore heureux que tous les enfants d'ouvriers et d'employ&#233;s ne sont pas condamn&#233;s &#224; l'&#233;chec scolaire ! Mais l'enjeu d'une soci&#233;t&#233; r&#233;ellement d&#233;mocratique n'est pas d'en faire r&#233;ussir 500 par an en les envoyant &#224; HEC (hautes &#233;tudes commerciales), &#224; l'IEP (Institut d'&#233;tudes politiques) ou &#224; l'ENS (&#233;cole normale sup&#233;rieure).&lt;/strong&gt; C'est exactement le sens du dernier num&#233;ro de la revue de sociologie &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/ecrire/?exec=breves_voir&amp;id_breve=15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; auquel j'ai particip&#233;. Ce num&#233;ro rend compte des travaux r&#233;cents sur les classes populaires et l'enseignement sup&#233;rieur. Le premier point de la d&#233;monstration est de rappeler ce que le mot d'ordre du gouvernement de 30 % de boursiers en grande &#233;cole est illusoire puisque seuls 1 &#224; 2 % des enfants d'ouvriers acc&#232;dent &#224; ce secteur tr&#232;s ferm&#233; de l'enseignement sup&#233;rieur, qui scolarise &#224; peine 5 % des jeunes d'une g&#233;n&#233;ration, autant dire, un fait tout &#224; fait marginal. Un des r&#233;sultats int&#233;ressants de ma recherche sur les &#233;tudiants d'origine populaire rappelle que les STS et les dipl&#244;mes de Licence et de Master 1 sont les destin&#233;es scolaires majoritaires des enfants des cat&#233;gories populaires qui ont un baccalaur&#233;at. De toute &#233;vidence, attaquer l'universit&#233; comme on le fait actuellement, c'est d'abord et avant tout affaiblir un des lieux de formation intellectuelle de ces jeunes, et principalement, de ces &#171; anciennes bonnes &#233;l&#232;ves du secondaire &#187; qui ont connu des scolarit&#233;s non pas excellentes mais honorables au coll&#232;ge et au lyc&#233;e. Alors bien s&#251;r, il faut saluer le fait que les &#233;tudiants de Sciences Po ou de l'ENS apparaissent r&#233;guli&#232;rement dans les luttes de la jeunesse scolaris&#233;e. Mais si l'on pense &#224; la lutte contre le CPE, les cort&#232;ges et le mouvement &#233;taient avant tout port&#233;s par la jeunesse des premiers cycles universitaires, toutes disciplines confondues d'ailleurs. Et cette jeunesse risque de ne pas faire la m&#234;me exp&#233;rience du march&#233; du travail et que celle sortant des &#171; grandes &#233;coles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;9.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; L'&#233;cole ne peut pas porter toute la mis&#232;re du monde ! &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Ce n'est pas &#224; l'&#233;cole de r&#233;soudre les in&#233;galit&#233;s sociales. De toute fa&#231;on, si elle le voulait, elle ne le pourrait pas. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.H : &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;De mon point de vue, l'&#233;cole est un des outils privil&#233;gi&#233;s de la transformation sociale, ce qui fait d'ailleurs que l'enseignement n'est pas une activit&#233; professionnelle comme les autres.&lt;/strong&gt; Certes, on ne peut pas tout demander &#224; l'&#233;cole. Il y a notamment toute une s&#233;rie de questions que l'on pose actuellement &#224; l'&#233;cole et qui sont en fait des questions dont les issues reposent sur le march&#233; du travail, et plus particuli&#232;rement sur les salaires d'embauche. Mais, rien ne peut justifier que les conditions de vie des individus d&#233;terminent leur acc&#232;s aux savoirs et ce faisant leurs futures places dans la soci&#233;t&#233;. Commencer par l'&#233;cole pour r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s r&#233;sonne &#224; mon sens comme un principe politique intangible&#8230; &#224; condition de s'en donner les moyens financiers mais aussi intellectuels. C'est en ce sens qu'au GRDS nous d&#233;fendons l'id&#233;e d'une v&#233;ritable &#233;cole commune pour tous en croisant les discussions &#171; acad&#233;miques &#187; &#224; celles des militants et enseignants qui font quotidiennement l'exp&#233;rience des in&#233;galit&#233;s sociales &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;e re&#231;ue n&#176;10.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Elle r&#233;ussit mieux que son fr&#232;re : c'est normal, c'est une fille. &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Les filles r&#233;ussissent mieux &#224; l'&#233;cole que les gar&#231;ons, toutes classes sociales confondues. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.H. :&lt;/strong&gt; C'est vrai ! Depuis 1971, il y a plus de bacheli&#232;res en France que de bacheliers. &#192; l'&#233;poque, ce constat n'avait que peu retenu l'attention des sociologues&#8230; Heureusement depuis lors, la question des in&#233;galit&#233;s sexu&#233;es de r&#233;ussite scolaire a &#233;t&#233; relativement bien travaill&#233;e par la sociologie. On peut retenir plusieurs enseignements de nombreux travaux sur la question. Tout d'abord, ce r&#233;sultat doit &#234;tre reli&#233; &#224; deux autres r&#233;sultats importants. L'origine sociale, et le capital culturel des parents expliquent plus que le genre les in&#233;galit&#233;s de r&#233;ussite et d'orientation &#224; l'&#233;cole. En d'autres termes, le genre est une variable &#171; secondaire &#187; d'explication des in&#233;galit&#233;s scolaires. L'autre r&#233;sultat qui me para&#238;t essentiel &#224; mobiliser est le suivant : les seules variables scolaires (par exemple l'&#226;ge d'entr&#233;e en sixi&#232;me ou en seconde, le type de baccalaur&#233;at, les mentions au baccalaur&#233;at) restent, pour les sociologues, des variables tr&#232;s puissantes pour expliquer les parcours des &#233;l&#232;ves. Ces &#233;l&#233;ments permettent de souligner que le monde social et &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; le monde scolaire sont des mondes pluridimensionnels que l'on ne peut comprendre qu'avec une seule variable. Le point qui est ensuite l'objet de nombreuses discussions est l'orientation des filles en fonction de leurs r&#233;sultats scolaires. &#192; r&#233;ussite scolaire comparable, on a en effet observ&#233; que les filles tendent &#224; s'orienter vers des secteurs, souvent moins rentables par la suite dans leur carri&#232;re que les secteurs privil&#233;gi&#233;s par les gar&#231;ons. Il faut donc expliquer ce constat. Les interpr&#233;tations peuvent diverger entre les chercheurs qui mettent l'accent sur l'homologie entre la socialisation des petites filles et les normes scolaires, ceux qui soulignent leur adaptation et leur anticipation des fonctionnements sexistes de l'&#233;cole ou du march&#233; du travail ou enfin ceux qui pr&#233;f&#232;rent souligner le tr&#232;s net revirement des usages f&#233;minins de l'&#233;cole et des dipl&#244;mes. Certes, &lt;strong&gt;il faut globalement plus de dipl&#244;mes aux filles pour en avoir un peu moins (voire nettement moins dans certains secteurs !) que les gar&#231;ons&lt;/strong&gt;. Mais, ce qui retient l'attention quand on observe l'essor des scolarit&#233;s f&#233;minines &#224; l'&#233;chelle historique, c'est le passage d'un r&#233;gime o&#249; le dipl&#244;me servait aux filles &#224; se placer sur le march&#233; matrimonial &#224; un r&#233;gime o&#249; les filles ne s&#233;parent d&#233;sormais plus leurs scolarit&#233;s de l'acc&#232;s &#224; l'emploi, et notamment &#224; l'emploi qualifi&#233; d&#232;s qu'elles sont dipl&#244;m&#233;es. En &#233;tudiant les femmes qui deviennent ing&#233;nieurs, Catherine Marry utilise la tr&#232;s belle expression &#171; d'insoumission discr&#232;te &#187; des femmes acc&#233;dant &#224; ces professions. Elle signifie par l&#224; les formes de distanciation de ces femmes aux canons de r&#233;ussite auxquels on les a souvent incit&#233;es &#224; se conformer, puisqu'elles &#233;taient des filles. Elle montre ainsi dans quelles conditions ces filles &#233;chappent &#224; un d&#233;terminisme social et scolaire. Dans ma recherche sur les &#233;tudiantEs des milieux populaires qui acc&#232;dent au moins &#224; une licence, je me suis risqu&#233; &#224; parler &#171; d'&#233;chapp&#233;e belle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La th&#232;se de C&#233;dric Hugr&#233;e est intitul&#233;e &#171; L'&#201;chapp&#233;e belle ? Sociologie des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un peu en &#233;cho &#224; cette approche. Bien s&#251;r, ces &#233;tudiantes n'ont pas les insertions des filles de cadres sup&#233;rieurs, mais leurs parcours peuvent &#234;tre vus comme des parcours scolaires &lt;i&gt;honorables&lt;/i&gt; qui se sont transform&#233;s en mobilit&#233;s sociales &lt;i&gt;raisonnables&lt;/i&gt;. Finalement, c'est au terme de cette transition que l'expression d'&#233;chapp&#233;e belle rev&#234;t son double sens : celui d'une belle &#233;chapp&#233;e &#224; laquelle est aussi associ&#233; le sentiment de &#171; l'avoir &#233;chapp&#233; belle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me partie : Quelques pistes pour r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s scolaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;cole &#201;mancip&#233;e&lt;/strong&gt; : Avez-vous rep&#233;r&#233; des pratiques que les enseignants mettent en &#339;uvre et qui mettent &#224; coup s&#251;r en &#233;chec les &#233;l&#232;ves qui n'ont que l'&#233;cole pour s'approprier la culture &#233;crite ? Et celles qui, &#224; l'inverse, leur permettent de r&#233;ussir v&#233;ritablement, c'est-&#224;-dire de ma&#238;triser pleinement la &#171; culture l&#233;gitime &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tristan Poullaouec :&lt;/strong&gt; En tant qu'enseignant-chercheur, je n'ai pas de recettes toutes faites &#224; proposer aux coll&#232;gues du primaire ou du secondaire. &#192; l'&#233;cole, au coll&#232;ge, au lyc&#233;e ou &#224; l'universit&#233;, il faudrait surtout instaurer les conditions d'une v&#233;ritable r&#233;flexion collective sur nos pratiques d'enseignement, nous permettant de reprendre la main sur le c&#339;ur de notre m&#233;tier. Pour ma part, je suis convaincu qu'il nous faut d&#233;j&#224; reconsid&#233;rer le r&#244;le de la difficult&#233; intellectuelle et de l'erreur dans les apprentissages. On ne peut pas contourner ces probl&#232;mes, comme le laissent croire certaines vulgates p&#233;dagogiques misant sur l'autoconstruction des savoirs par les &#233;l&#232;ves. Ainsi que le rappelle une lyc&#233;enne enqu&#234;t&#233;e par Fanny Renard, &#171; si on savait tout, on serait m&#234;me pas l&#224;, elle [l'enseignante] serait pas l&#224;, elle aussi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui les fait &#8211; in&#233;galement &#8211; lire, PUR, &#224; para&#238;tre.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Reconna&#238;tre que l'&#233;cole a pour mission principale la transmission des savoirs, c'est faire en sorte que les &#233;l&#232;ves soient effectivement confront&#233;s aux difficult&#233;s intellectuelles inh&#233;rentes &#224; ces savoirs, c'est &#233;galement accepter le r&#244;le formateur de leurs erreurs en cherchant avec eux leurs raisons et c'est enfin leur fournir &#224; tous les moyens de surmonter ces erreurs et ces difficult&#233;s. Il nous faut donc trouver le moyen de mettre en &#339;uvre efficacement la p&#233;dagogie explicite et rationnelle qu'appelaient de leurs v&#339;ux Bourdieu et Passeron dans les ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201;&lt;/strong&gt; : Est-ce la notation qui d&#233;courage les &#233;l&#232;ves et qui cr&#233;e les in&#233;galit&#233;s scolaires ? Faut-il abandonner les notes chiffr&#233;es et les remplacer par l'&#233;valuation par comp&#233;tences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; L'AFEV a lanc&#233; une p&#233;tition pour la suppression des notes &#224; l'&#233;cole primaire qui a contribu&#233; &#224; ranimer le d&#233;bat sur la d&#233;mocratisation scolaire. En effet, de multiples recherches ont soulev&#233; les probl&#232;mes que pose la notation, qui contribue davantage &#224; classer et &#224; trier les &#233;l&#232;ves qu'&#224; leur indiquer leurs acquis et leurs difficult&#233;s, leurs progr&#232;s ou le chemin qu'il leur reste &#224; faire. Les mauvaises notes sont en effet tr&#232;s d&#233;courageantes, dans un syst&#232;me scolaire qui laisse croire aux &#233;l&#232;ves qu'ils sont les seuls responsables de leurs r&#233;sultats. Le &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article91' class=&#034;spip_in&#034;&gt;GRDS a cependant refus&#233; de signer cette p&#233;tition&lt;/a&gt; : cette mesure est trompeuse, partielle et m&#234;me contreproductive, en l'&#233;tat actuel de l'&#233;cole. En effet, &#224; quoi sert de supprimer les notes si l'on maintient l'&#233;valuation des comp&#233;tences, d'une mani&#232;re ou d'une autre ? Ou bien s'agit-il seulement de ne pas stigmatiser les &#233;l&#232;ves qui n'apprennent pas en masquant leurs difficult&#233;s ? Et pourquoi ne pas &#233;tendre la mesure au secondaire : est-ce parce que la comp&#233;tition scolaire y serait plus l&#233;gitime ? &lt;strong&gt;Ce n'est pas en cassant le thermom&#232;tre qu'on changera la temp&#233;rature.&lt;/strong&gt; La question du redoublement l'a montr&#233; : les chercheurs ont prouv&#233; qu'&#224; niveau &#233;gal, ceux qui passent dans la classe sup&#233;rieure progressent plus que les redoublants. Mais quand on &#233;vite le redoublement, on n'a pas r&#233;solu pour autant les probl&#232;mes d'apprentissage. Depuis le milieu des ann&#233;es 1980, les redoublements ont ainsi beaucoup diminu&#233;, mais les &#233;carts de niveau entre les &#233;l&#232;ves en fin de coll&#232;ge se sont creus&#233;s&#8230; Les comp&#233;tences du socle commun et le livret qui en atteste la ma&#238;trise ne sont pas des solutions miracle. Au contraire, tout cela risque d'accentuer les in&#233;galit&#233;s entre les &#233;l&#232;ves, entre ceux qui s'approprieront de r&#233;elles connaissances et ceux dont on n'exigera que la ma&#238;trise pratique de quelques savoir-faire ou bonnes mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201;&lt;/strong&gt; : Dans la France de l'apr&#232;s-guerre, la formation des futurs ouvriers et employ&#233;s est le produit de l'opposition de deux conceptions : celle &#171; scolariste &#187; de l'Etat et celle &#171; professionnaliste &#187; du patronat. Qu'en est-il aujourd'hui ? Les conceptions de l'Etat n'ont-elles pas rejoint celles du patronat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cric Hugr&#233;e : &lt;/strong&gt;C'est &#224; mon avis le fait central du cycle de r&#233;formes scolaires ouvertes depuis le d&#233;but des ann&#233;es deux mille : l'option &#171; professionnaliste &#187;, tr&#232;s ancienne, a plus que jamais le vent en poupe&#8230; au point d'ailleurs de ne plus &#234;tre cantonn&#233;e aux sections professionnelles/technologiques ou &#224; l'apprentissage puisqu'elle guide d&#233;sormais les r&#233;flexions sur les cursus g&#233;n&#233;raux. Le risque est bien s&#251;r que la nouvelle hi&#233;rarchie des savoirs scolaires et universitaires soit dict&#233;e par un ensemble d'injonctions que les responsables locaux des politiques scolaires vont peu &#224; peu faire leurs, au motif que l'on forme pour &#171; employer &#187;. Que l'on me comprenne, il faut ouvrir la discussion sur les savoirs scolaires, sur les programmes et les mani&#232;res d'enseigner. Il me semble par exemple qu'on ne peut se satisfaire que l'&#233;cart entre les moins bons lecteurs et les meilleurs lecteurs au primaire connaisse l'accroissement de ces derni&#232;res ann&#233;es. Il me semble &#233;galement que les dispositions critiques des &#233;l&#232;ves face aux informations &#171; en ligne &#187; par le biais des r&#233;seaux sociaux ou des recherches sur internet doivent faire l'objet d'une formalisation qui permette &#224; ces savoirs d&#233;sormais d&#233;cisifs d'&#234;tre enseign&#233;s par des professionnels&#8230; de ces savoirs ! C'est-&#224;-dire des personnes form&#233;es et r&#233;flexives et pas seulement focalis&#233;es par l'acquisition de quelques comp&#233;tences &#171; cliquer &#187;, &#171; copier/coller &#187;, &lt;i&gt;etc&lt;/i&gt;. Il me semble enfin impensable que la quasi-totalit&#233; des &#233;l&#232;ves du lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral (notamment les L et ES et certains S) soit dispens&#233;s d'enseignement dits &#171; techniques &#187; qui n'en sont pourtant pas moins th&#233;oriques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note de Marie Haye et Mary David : L'&#201;&#201; milite d'ailleurs pour que tous les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bref, &lt;strong&gt;il faut &#224; tout prix r&#233;sister &#224; la tentation de soumettre les savoirs scolaires ou leur orientation &#224; des imp&#233;ratifs &#233;conomiques cibl&#233;s et ouvrir urgemment un d&#233;bat politique sur ce que l'&#233;cole du 21&#232; si&#232;cle doit transmettre et comment elle doit le faire.&lt;/strong&gt; Je vais prendre un exemple que je connais bien : les enseignements li&#233;s &#224; ma discipline, la sociologie. J'insiste pour que les &#233;tudiants que j'ai en cours prennent au s&#233;rieux les savoirs li&#233;s &#224; la probl&#233;matisation (poser une &#171; bonne &#187; question), les savoirs li&#233;s aux m&#233;thodologies (utiliser la bonne technique d'enqu&#234;te : statistique, ethnographique, archive) car ces enseignements sont constitutifs de notre discipline. Ces enseignements sont aussi les meilleurs garants pour leur vie professionnelle future. J'apprends donc &#224; des &#233;tudiants &#224; bien mener une enqu&#234;te par questionnaire, &#224; faire de bonnes analyses de leurs donn&#233;es. Mais, je n'apprends pas &#224; faire des &#171; &#233;tudes de march&#233; &#187;, &#171; des &#233;valuations statistiques de programmes publics &#187; ou tout un tas de choses qu'ils feront dans leur vie professionnelle. Ce sera aux employeurs de les former &#224; leur domaine particulier et &#224; leurs &#171; commandes &#187; pr&#233;cises. Il ne faut pas oublier la responsabilit&#233; des employeurs en mati&#232;re de formation !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me partie. &#171; Je lutte des classes &#187; : Des bancs de l'&#233;cole aux mobilisations collectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201;&lt;/strong&gt; : Vous &#233;voquez un affaiblissement de la conscience de classe chez les familles populaires. En est-il de m&#234;me chez les familles issues des classes sup&#233;rieures ? En quoi cela freine-t-il la d&#233;mocratisation scolaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Hugr&#233;e :&lt;/strong&gt; Il est toujours malais&#233; pour les sociologues d'objectiver voire de quantifier la &#171; conscience de classe &#187;. Le sentiment d'appartenir au groupe ouvrier varie selon les &#233;poques et les calendriers socio-politiques. Il baisse ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est certain. Tout semble indiquer que la bourgeoisie se pr&#233;sente bien comme la derni&#232;re des classes sociales, &#171; capable d'exister comme r&#233;alit&#233; sociale, &#233;conomique mais aussi symbolique &#187;, ainsi que l'&#233;crivaient les sociologues Michel et Monique Pin&#231;on-Charlot. Pour autant, la conflictualit&#233; au travail en France est encore importante. Ainsi, lors de la r&#233;cente lutte contre la r&#233;forme des retraites, on a reparl&#233; des in&#233;galit&#233;s d'esp&#233;rance de vie, de celles li&#233;es aux de condition de travail, des maladies socio-professionnelles qui affectent prioritairement les classes populaires. On a m&#234;me recommenc&#233; &#224; parler de nos salaires. C'est pour toutes ces raisons que la notion de classes populaires reste une notion int&#233;ressante &#224; mobiliser au del&#224; des nouvelles cat&#233;gories de d&#233;signation des victimes de la domination &#233;conomique et symbolique que sont les mots &#171; assist&#233;s &#187;, &#171; nouveaux pauvres &#187;, &lt;i&gt;etc&lt;/i&gt;. Cette notion renvoie n&#233;cessairement &#224; un syst&#232;me des in&#233;galit&#233;s, que l'on peut d&#233;signer comme lutte de classe si l'on souhaite se r&#233;f&#233;rencer &#224; une approche marxiste, ou comme lutte des classements s'il l'on pr&#233;f&#232;re faire &#233;cho aux travaux de Pierre Bourdieu. &lt;strong&gt;L'&#233;cole, elle-m&#234;me, est un objet de tr&#232;s nettes concurrences entre les classes sociales.&lt;/strong&gt; C'est particuli&#232;rement visible dans la g&#233;ographie scolaire des p&#244;les urbains o&#249; la d&#233;r&#233;glementation de la carte scolaire parach&#232;ve la main mise de certaines cat&#233;gories sociales tr&#232;s pr&#233;cises sur les &#233;tablissements pr&#233;sent&#233;s comme des &#233;tablissements de r&#233;ussite&#8230; Le probl&#232;me n'est pas que de tels &#233;tablissements existent. L'enjeu d'une v&#233;ritable politique &#233;ducative est de faire en sorte que les &#233;tablissements des quartiers populaires puissent proposer les m&#234;mes choses &#224; leurs &#233;l&#232;ves en mati&#232;re de savoirs, de contenus, d'ouverture culturelle. Et franchement, il y a des choses tr&#232;s concr&#232;tes &#224; faire en mati&#232;re d'offre de formation, de structures de s&#233;ries qui permettraient de r&#233;&#233;quilibrer le gouffre inadmissible qui s&#233;pare aujourd'hui les &#233;tablissements du centre et ceux de la p&#233;riph&#233;rie. Quelle est la diff&#233;rence d'heures de cours de fran&#231;ais et de maths ou d'histoire re&#231;ues effectivement par un-e &#233;l&#232;ve d'un coll&#232;ge &#171; ambition r&#233;ussite &#187; et par un-e &#233;l&#232;ve scolaris&#233;-e au coll&#232;ge du Lyc&#233;e Janson de Sailly dans le 16&#232; arrondissement ? Sur quatre ann&#233;es, je fais l'hypoth&#232;se que c'est important et je ne prends pas beaucoup de risques, je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201;&lt;/strong&gt; : La frustration produite par l'&#233;cart entre les attentes des familles populaires et la r&#233;alit&#233; des parcours scolaires de leurs enfants ne se manifeste-t-elle pas aussi &#224; travers des mobilisations de jeunes lyc&#233;ens ou &#233;tudiants, qui sont r&#233;currentes &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1980 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tristan Poullaouec :&lt;/strong&gt; Face aux difficult&#233;s d'apprentissage, beaucoup d'&#233;l&#232;ves se d&#233;motivent peu &#224; peu. L'&#233;cart est de taille entre leurs attentes et la r&#233;alit&#233; des parcours scolaires. Seule la moiti&#233; des enfants d'ouvriers deviennent bacheliers, contre 88% des enfants de cadres. Et quand on d&#233;taille selon le type de bac, moins de 20% obtiennent un bac g&#233;n&#233;ral (contre 70% parmi les enfants de cadres). Les frustrations sont profondes. Elles se traduisent g&#233;n&#233;ralement par l'absent&#233;isme, le d&#233;crochage, voire les violences et la d&#233;scolarisation. Mais la crise scolaire se manifeste aussi de fa&#231;on plus positive, &#224; travers des mobilisations de jeunes lyc&#233;ens ou &#233;tudiants. La jeunesse scolaris&#233;e montre ainsi son profond attachement au droit &#224; &#233;tudier et sa demande d'&#233;galit&#233; scolaire, contre les r&#233;formes lib&#233;rales. Bien s&#251;r, cette jeunesse conteste aussi la pr&#233;carit&#233; qu'on leur impose en d&#233;but de vie professionnelle. Mais face aux difficult&#233;s rencontr&#233;es sur le march&#233; du travail, la plupart sont convaincus que le dipl&#244;me reste leur meilleure arme, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; lorsqu'ils n'ont pas d'autres ressources &#224; opposer &#224; la domination patronale (patrimoine familial ou r&#233;seau de relations des parents pour acc&#233;der &#224; l'emploi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201;&lt;/strong&gt; : La mobilisation contre la r&#233;forme des retraites semble avoir pris une tournure plus forte et radicale chez les ouvriers (les raffineries ont &#233;t&#233; &#224; ce titre un secteur embl&#233;matique) et dans la frange populaire de la jeunesse (qui a eu de grandes difficult&#233;s &#224; mobiliser dans les fili&#232;res d'&#233;lite). Cela ne contredit-il pas l'id&#233;e selon laquelle il y aurait un affaiblissement de la conscience de classe dans les couches populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.H. :&lt;/strong&gt; Les enqu&#234;tes sur la conflictualit&#233; sociale, et notamment la conflictualit&#233; au travail, rappellent que les mobilisations sont loin d'&#234;tre rares en France dans les derni&#232;res ann&#233;es. Si l'on regarde maintenant le mouvement contre la r&#233;forme des retraites, il a effectivement &#233;t&#233; tir&#233; par des secteurs &#171; ouvriers &#187;, tel que la p&#233;tro-chimie. Il s'agit d'un secteur o&#249; la pr&#233;sence syndicale est relativement importante (au regard des moyennes dans le secteur priv&#233;), avec une configuration assez peu commune en ce moment : ce sont de tr&#232;s grandes entreprises qui, ind&#233;pendamment de la crise &#233;conomique, affichent des r&#233;sultats records et qui lancent de grands programmes de restructuration. Il y a l&#224; un ensemble de conditions qui rendaient plus probable qu'ailleurs, en ce moment, la mobilisation contre une r&#233;forme qui accentue les in&#233;galit&#233;s. Maintenant, il ne faudrait pas oublier que les enseignants, un peu en retrait de la mobilisation, &#233;taient au c&#339;ur de la mobilisation en 2003 avec les cheminots. Et au-del&#224; de ma prudence &#224; employer l'expression de &#171; conscience de classe &#187;, il reste difficile de conclure &#224; une hausse ou une baisse de la conscience de classe &#224; partir d'une configuration sociale et d'un mouvement. Il faut en fait trouver les bons &#171; indicateurs &#187;, ce qui n'est jamais ais&#233;. De mon point de vue, la double d&#233;faite des salari&#233;s du priv&#233; et du public sur les retraites en 7 ans, est loin d'avoir enterr&#233; l'id&#233;e d'une retraite &#224; 60 ans, &#224; taux plein. Mais, l'indice le plus net d'un regain de la conscience des int&#233;r&#234;ts propres aux salari&#233;s serait le retour de mobilisations nationales sur leurs salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Mary DAVID et Marie HAYE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &#171; &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article51' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Langage et &#233;galit&#233; des intelligences&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;L'&#233;cole &#233;mancip&#233;e&lt;/i&gt;, n&#176;19, entretien avec Jean-Pierre Terrail &#224; propos de son dernier livre : &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article49' class=&#034;spip_in&#034;&gt;De l'oralit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, La Dispute, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article15' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comprendre l'&#233;chec scolaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; La Dispute, 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article45' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Enseigner dans le secondaire. Les nouveaux professeurs face aux difficult&#233;s du m&#233;tier&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, La Dispute, 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La th&#232;se de C&#233;dric Hugr&#233;e est intitul&#233;e &#171; L'&#201;chapp&#233;e belle ? Sociologie des mobilit&#233;s scolaires et sociales des nouvelles g&#233;n&#233;rations populaires dipl&#244;m&#233;es de l'Universit&#233; (1970-2005) &#187; (Universit&#233; de Nantes, d&#233;cembre 2010)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ce qui les fait &#8211; in&#233;galement &#8211; lire&lt;/i&gt;, PUR, &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Note de Marie Haye et Mary David : L'&#201;&#201; milite d'ailleurs pour que tous les &#233;l&#232;ves soient scolaris&#233;s jusqu'&#224; l'&#226;ge de 18 ans, dans des lyc&#233;es o&#249; ils re&#231;oivent tous les enseignements : g&#233;n&#233;raux, technologiques et professionnels&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/24-bulletin_decembre_2010.pdf" length="6887573" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole en manque de d&#233;mocratisation</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article83</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article83</guid>
		<dc:date>2010-08-27T05:53:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;classement</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Le dipl&#244;me, arme des faibles, Tristan Poullaouec s'int&#233;resse &#224; l'ambition scolaire des familles ouvri&#232;res. Il d&#233;crit les fortes attentes de ces familles, qui ne sont ni d&#233;missionnaires, ni indiff&#233;rentes face &#224; la scolarit&#233; de leurs enfants. Il dit aussi leur inqui&#233;tude face au d&#233;classement des dipl&#244;mes au moment o&#249;, justement, elles adoptent pour leurs enfants le mod&#232;le des &#233;tudes longues&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Il fait le point sur la d&#233;mocratisation scolaire depuis 50 ans : les in&#233;galit&#233;s d'apprentissage (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Gestion des parcours scolaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;d&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;d&#233;classement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L82xH48/arton83-59d22.jpg?1790689100' class='spip_logo spip_logo_right' width='82' height='48' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article74' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le dipl&#244;me, arme des faibles&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?auteur2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tristan Poullaouec&lt;/a&gt; s'int&#233;resse &#224; l'ambition scolaire des familles ouvri&#232;res. Il d&#233;crit les fortes attentes de ces familles, qui ne sont ni d&#233;missionnaires, ni indiff&#233;rentes face &#224; la scolarit&#233; de leurs enfants. Il dit aussi leur inqui&#233;tude face au d&#233;classement des dipl&#244;mes au moment o&#249;, justement, elles adoptent pour leurs enfants le mod&#232;le des &#233;tudes longues&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fait le point sur la d&#233;mocratisation scolaire depuis 50 ans : les in&#233;galit&#233;s d'apprentissage en primaire sont tr&#232;s fortes et tr&#232;s lourdes de cons&#233;quences sur la suite de la scolarit&#233;... Dans un contexte d'attaques graves contre tout ce qu'il y a de &#171; national &#187; dans l'&#233;ducation, &#224; commencer par le dipl&#244;me, qui peu &#224; peu c&#232;de la place aux comp&#233;tences et aux certifications, la lecture de cet ouvrage est n&#233;cessaire pour alimenter notre r&#233;flexion et nous aider &#224; r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par V&#233;ronique Ponvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;cole &#201;mancip&#233;e :&lt;/strong&gt; Dans les ann&#233;es 1950, les ouvriers enqu&#234;t&#233;s par les sociologues d&#233;clarent pr&#233;f&#233;rer une mont&#233;e collective par les luttes sociales &#224; une ascension sociale en tant qu'individus ; aujourd'hui,&lt;br class='autobr' /&gt;
les familles populaires aspirent &#224; des &#233;tudes longues pour leurs enfants : ne faut-il pas y voir un effet de l'individualisme croissant de notre soci&#233;t&#233;, et la perte de rep&#232;res de &#171; classe &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tristan Poullaouec :&lt;/strong&gt; J'y vois plut&#244;t le signe d'une profonde transformation de la culture ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, seule une petite minorit&#233; des ouvriers souhaitent que leurs enfants atteignent le bac. Aujourd'hui, la plupart aimeraient qu'ils poursuivent des &#233;tudes sup&#233;rieures apr&#232;s avoir d&#233;croch&#233; le bac. Il y a donc eu, au fil des g&#233;n&#233;rations, une reconversion des familles ouvri&#232;res au mod&#232;le des &#233;tudes longues. Cette r&#233;volution culturelle n'a pas attendu la crise du monde ouvrier et le ch&#244;mage de masse : d&#232;s 1973, pr&#232;s des deux tiers des ouvriers visent le bac pour leurs enfants. Les luttes sociales n'en &#233;taient pas moins intenses dans la France des ann&#233;es 1968. C'est pr&#233;cis&#233;ment le moment o&#249; le sentiment d'appartenir &#224; une classe sociale est le plus r&#233;pandu dans la population, et notamment parmi les ouvriers. Les nouvelles ambitions scolaires des familles populaires ne sont donc pas la cons&#233;quence de la &#171; perte des rep&#232;res de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il y a de bonnes raisons de penser que l'av&#232;nement de l'&#233;cole unique a brouill&#233; chez les &#233;l&#232;ves la perception des rapports de classe. En imputant &#224; chacun le m&#233;rite et donc la responsabilit&#233; de son propre parcours scolaire, elle affaiblit le sentiment que celui-ci doit en r&#233;alit&#233; beaucoup aux in&#233;galit&#233;s entre les classes. Ainsi, moins ils sont dipl&#244;m&#233;s, moins les jeunes se disent aujourd'hui appartenir &#224; une classe sociale. Et plus ils sont dipl&#244;m&#233;s, moins ils se positionnent subjectivement en bas de la hi&#233;rarchie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201; :&lt;/strong&gt; L'&#233;cole unique a profond&#233;ment modifi&#233; les destins scolaires : la notion de &#171; d&#233;terminisme social &#187; a-t-elle pour autant disparu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; L'&#233;cole unique n'est pas une &#233;cole d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a bien permis une am&#233;lioration spectaculaire des scolarit&#233;s, mais les parcours scolaires restent toujours aussi in&#233;gaux selon l'origine sociale des &#233;l&#232;ves : la moiti&#233; seulement des enfants d'ouvriers d&#233;crochent aujourd'hui le bac, contre pr&#232;s de 90 % des enfants de cadres. Ces &#233;carts sont encore plus grands si l'on distingue les seuls bacs g&#233;n&#233;raux, obtenus dans une m&#234;me g&#233;n&#233;ration par moins de 20 % des enfants d'ouvriers et plus de 70 % des enfants de cadres ! Quand on sait l'ampleur des espoirs plac&#233;s dans l'&#233;cole, on comprend sans peine la force des frustrations scolaires&#8230; Cela dit, on ne saurait r&#233;duire l'impact de l'&#233;cole unique &#224; une simple translation des in&#233;galit&#233;s scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_84 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L482xH315/BacGeneralPanel89-2-c7575.jpg?1790689100' width='482' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est v&#233;ritablement un nouveau r&#233;gime de scolarisation qui est instaur&#233; par les r&#233;formes scolaires de la Ve R&#233;publique, entre les d&#233;crets Berthoin de 1959 et la cr&#233;ation des bacs pro en 1985. Auparavant, l'origine sociale&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cidait collectivement du parcours scolaire. Pour l'essentiel : aux enfants du peuple, l'&#233;cole communale, au mieux jusqu'au certificat d'&#233;tudes, et aux enfants de la bourgeoisie, le lyc&#233;e, de la 11e &#224; la terminale ! Aujourd'hui, c'est l'&#233;cole unique qui prend en charge individuellement le tri social des &#233;l&#232;ves, sur la base de leurs r&#233;sultats scolaires : &#224; l'&#233;l&#232;ve qui r&#233;ussit scolairement, la voie g&#233;n&#233;rale, et &#224; celui qui ne parvient pas &#224; surmonter les difficult&#233;s intellectuelles normales de tout apprentissage, les fili&#232;res de rel&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces in&#233;galit&#233;s d'apprentissage se d&#233;terminent &#224; la fois &#224; l'&#233;cole et hors de l'&#233;cole. En particulier, les parents qui ont fait des &#233;tudes longues sont mieux arm&#233;s pour conduire efficacement &#224; la maison les apprentissages attendus par l'&#233;cole. Mais l'&#233;cole ne se contente pas d'enregistrer passivement ces in&#233;galit&#233;s culturelles : de fait, elle favorise la r&#233;ussite des classes dominantes sans parvenir &#224; faire r&#233;ussir tous &#171; ceux qui n'ont que l'&#233;cole pour comprendre l'&#233;cole &#187;, selon la formule de &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?auteur10' class=&#034;spip_in&#034;&gt;St&#233;phane Bonn&#233;ry&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201; :&lt;/strong&gt; Vous soulignez le &#171; r&#244;le d&#233;terminant des conditions initiales d'entr&#233;e dans la culture &#233;crite, o&#249; se joue l'essentiel des difficult&#233;s d'apprentissage &#187; : les enfants de cadres ou d'ouvriers sont-il sur un pied d'&#233;galit&#233; &#224; ce stade de leur scolarit&#233; ? L'&#233;cole joue-t-elle un r&#244;le de r&#233;duction ou au contraire d'amplification des &#233;carts constat&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; En effet, les in&#233;galit&#233;s sociales devant l'&#233;cole se concentrent avant tout en primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on en juge : quand on les r&#233;partit en quatre quarts dans l'ordre croissant de leurs performances aux &#233;valuations &#224; l'entr&#233;e en 6e, la part des enfants d'ouvriers qui ont atteint la seconde g&#233;n&#233;rale ou technologique sans redoubler au coll&#232;ge passe, d'un quartile &#224; l'autre, de 6 % &#224; 25 %, puis 55 % et enfin 85 %. Mieux : l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieures, les proportions correspondantes d'enfants de cadres qui entrent au lyc&#233;e sans redoubler sont tout &#224; fait du m&#234;me ordre. Si tous les &#233;l&#232;ves r&#233;ussissaient aussi bien leur primaire, l'avantage des enfants de cadres sur les enfants d'ouvriers serait donc tr&#232;s faible. Arriv&#233;s au coll&#232;ge, puis au lyc&#233;e, les parcours scolaires des &#233;l&#232;ves d&#233;pendent alors davantage de la r&#233;ussite en primaire que de l'origine sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils soient enfants de cadres ou enfants d'ouvriers, les bons &#233;l&#232;ves du primaire ont ainsi toutes chances d'arriver sans encombres en seconde. Les effets du primaire se mesurent jusque dans l'enseignement sup&#233;rieur : 61 % des &#233;l&#232;ves du dernier quartile obtiennent au moins la licence, contre seulement 28 % des &#233;l&#232;ves du troisi&#232;me quartile, 12 % du second et &#224; peine 6 % du premier. Le principal obstacle &#224; la d&#233;mocratisation scolaire vient donc du fait que les enfants des classes populaires se situent bien plus souvent dans les premiers quartiles, nettement sur-repr&#233;sent&#233;s parmi ceux qui ne savent pas lire et &#233;crire correctement en entrant en 6e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, en arrivant &#224; l'&#233;cole primaire, les habilet&#233;s intellectuelles des &#233;l&#232;ves sont d&#233;j&#224; in&#233;gales, en raison des ressources culturelles et linguistiques in&#233;gales transmises dans leurs familles. Mais &#224; niveau initial comparable, les &#233;l&#232;ves dont les parents sont les plus dipl&#244;m&#233;s progressent davantage, si bien que les &#233;carts sont doubl&#233;s &#224; la fin du CM2&#8230; Sauf &#224; admettre l'id&#233;ologie du handicap socioculturel, tous les enfants sont pourtant capables d'abstraction, de raisonnement logique et de r&#233;flexivit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#034;Langage et &#233;galit&#233; des intelligences&#034;, Entretien avec Jean-Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut donc repenser les dispositifs p&#233;dagogiques en primaire, sans laisser ce terrain &#224; la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201; :&lt;/strong&gt; L'enseignement professionnel, les dipl&#244;mes CAP et BEP sont disqualifi&#233;s dans votre livre : orientation par d&#233;faut, insertion difficile dans l'emploi, t&#226;ches d'ex&#233;cution, carri&#232;res moins ascendantes qu'autrefois&#8230; Que&lt;br class='autobr' /&gt;
conclure sur l'avenir de cet enseignement ? Quelle voie proposer aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233; scolaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; Je ne disqualifie pas l'enseignement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le patronat qui paye g&#233;n&#233;ralement mieux un dipl&#244;m&#233; du sup&#233;rieur qu'un titulaire d'un CAP. C'est l'&#233;cole qui r&#233;serve la culture technique &#224; ceux qui ont &#233;chou&#233; dans les mati&#232;res dites g&#233;n&#233;rales. Je constate simplement que dans la majorit&#233; des familles ouvri&#232;res, l'auto-exclusion des voies longues de l'enseignement g&#233;n&#233;ral a peu &#224; peu c&#233;d&#233; la place au rejet des voies courtes de l'enseignement professionnel. La question qui se pose n'est pas celle de la revalorisation des CAP et des BEP ind&#233;pendamment du reste du&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#232;me &#233;ducatif. A mon sens, il s'agit plut&#244;t d'imaginer une &#233;cole qui distribuerait &#224; tous les &#233;l&#232;ves les m&#234;mes ressources, notamment intellectuelles : pourquoi ceux qui &#233;chou&#233; en fran&#231;ais et en math&#233;matiques dans la voie g&#233;n&#233;rale ont-ils encore moins de fran&#231;ais et de math&#233;matiques dans la voie professionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;&#201; :&lt;/strong&gt; Vous tordez le cou &#224; la th&#233;orie de &#171; l'inflation scolaire &#187; : selon vous, il y aurait donc assez de &#171; places &#187; pour tous les dipl&#244;m&#233;s, dans le contexte de crise &#233;conomique que nous traversons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.P. :&lt;/strong&gt; On &#233;voque beaucoup la d&#233;valorisation des dipl&#244;mes et le d&#233;classement &#224; l'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le paradoxe des dipl&#244;mes est qu'ils sont &#224; la fois de moins en moins suffisants dans le contexte du ch&#244;mage de masse et de la pr&#233;carisation des d&#233;buts de vie professionnelle, mais aussi de plus en plus n&#233;cessaires pour faire face aux exigences des postes de travail, des crit&#232;res de recrutements et des &#233;volutions de carri&#232;res. La crise &#233;conomique avive encore cette tension, en renfor&#231;ant les in&#233;galit&#233;s entre les dipl&#244;m&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, les dipl&#244;mes de l'enseignement professionnel conduisent le plus fr&#233;quemment aux positions d'ouvriers ou d'employ&#233;s et permettent rarement d'acc&#233;der en cours de carri&#232;re aux emplois les plus qualifi&#233;s. De l'autre, les dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur sont souvent reclass&#233;s en cours de carri&#232;re apr&#232;s un d&#233;classement &#224; l'embauche. Au total, les enfants d'ouvriers ont aujourd'hui l&#233;g&#232;rement plus de chances d'occuper une position de cadre ou d'exercer une profession interm&#233;diaire : c'&#233;tait le cas de 19 % d'entre eux &#224; l'&#226;ge de 30 ans en 1970, c'est d&#233;sormais le cas de 26 % de la g&#233;n&#233;ration qui a eu le m&#234;me &#226;ge en 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.ecoleemancipee.org/" class="spip_out"&gt;L'&#233;cole &#233;mancip&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article51' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;Langage et &#233;galit&#233; des intelligences&#034;&lt;/a&gt;, Entretien avec Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;&#201;cole &#233;mancip&#233;e&lt;/i&gt;, n&#176;9, sept.-oct. 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le dipl&#244;me, arme des faibles</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article72</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article72</guid>
		<dc:date>2010-05-01T12:46:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>inflation</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;cole unique</dc:subject>
		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;classement</dc:subject>
		<dc:subject>Difficult&#233; scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Tristan Poullaouec, &#224; propos de son livre r&#233;cemment paru aux &#233;ditions La Dispute (en avril 2010, dans la collection &#034;L'enjeu scolaire&#034;), men&#233; par Yves Baunay, Fran&#231;ois Bouillon et R&#233;gine Tassi, paru dans le num&#233;ro 48 de Nouveaux Regards. Sur cette m&#234;me question, on peut consulter en ligne la vid&#233;o d'un expos&#233; &#224; la Fondation Gabriel P&#233;ri. &lt;br class='autobr' /&gt; Nouveaux Regards : Dans vos articles, vous insistez sur l'inqui&#233;tude des familles ouvri&#232;res quant &#224; l'avenir de leurs enfants, sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Notes de lecture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;inflation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;&#233;cole unique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;d&#233;classement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;Difficult&#233; scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L68xH80/arton72-7ff32.jpg?1790689099' class='spip_logo spip_logo_right' width='68' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Tristan Poullaouec, &#224; propos de son livre r&#233;cemment paru aux &#233;ditions La Dispute (en avril 2010, dans la collection &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article42' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;L'enjeu scolaire&#034;&lt;/a&gt;), men&#233; par Yves Baunay, Fran&#231;ois Bouillon et R&#233;gine Tassi, paru dans le num&#233;ro 48 de &lt;a href=&#034;http://www.institut.fsu.fr/nvxregards/NR-presentation.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nouveaux Regards&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette m&#234;me question, on peut consulter en ligne la &lt;a href=&#034;http://www.gabrielperi.fr/spip.php?page=video&amp;lang=fr&amp;id_document=600&amp;id_article=1069&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt; d'un expos&#233; &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.gabrielperi.fr/-Education-et-formation-nouveaux-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fondation Gabriel P&#233;ri&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveaux Regards&lt;/strong&gt; : Dans vos articles, vous insistez sur l'inqui&#233;tude des familles ouvri&#232;res quant &#224; l'avenir de leurs enfants, sur le spectre du d&#233;classement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tristan Poullaouec&lt;/strong&gt; : C'est tr&#232;s dur d'arriver sur le march&#233; du travail sans dipl&#244;me. Entre un et quatre ans apr&#232;s leur sortie du syst&#232;me &#233;ducatif, le taux de ch&#244;mage des non-dipl&#244;m&#233;s a atteint 42% en 2008, contre 7% pour les dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur. Et quand ils acc&#232;dent &#224; l'emploi, les grands &#233;chou&#233;s de l'&#233;cole n'obtiennent le plus souvent que des contrats pr&#233;caires. M&#234;me les emplois consid&#233;r&#233;s comme les moins qualifi&#233;s se ferment aujourd'hui &#224; eux. Prenons l'industrie automobile. Pour avoir une chance d'&#234;tre embauch&#233; comme op&#233;rateur, il faut maintenant au minimum un CAP ou un BEP.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH1018/NATnon03314-732a7.gif?1790689099' width='500' height='1018' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le taux de ch&#244;mage selon le sexe et le dipl&#244;me depuis 1978
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : Vous parlez aussi des ambitions des familles ouvri&#232;res de voir leurs enfants poursuivre des &#233;tudes le plus loin possible.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : Jusqu'aux ann&#233;es 1960, seule une petite fraction des ouvriers esp&#233;raient que leurs enfants aillent jusqu'au bac (15% en 1962). Aujourd'hui, le bac est un minimum, vis&#233; par 88% des familles ouvri&#232;res. La plupart d'entre elles r&#234;vent ensuite d'&#233;tudes sup&#233;rieures pour leurs enfants. C'est une r&#233;volution culturelle qui d&#233;marre bien avant la crise de l'emploi ouvrier et le d&#233;veloppement du ch&#244;mage de masse. Beaud et Pialoux ont soulign&#233; le nouvel essor des ambitions scolaires dans les ann&#233;es 80. Mais d&#232;s 1973, 64% des ouvriers souhaitent que leur enfant obtienne le bac. Les familles ouvri&#232;res ont cru &#224; la possibilit&#233; d'&#233;tudes longues ouverte par les r&#233;formes scolaires des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : Finalement, le slogan lanc&#233; par Chev&#232;nement dans les ann&#233;es 1980 du 80% d'une classe d'&#226;ge au bac, avec la cr&#233;ation du bac professionnel, ne faisait que rencontrer une demande sociale pr&#233;existante.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : D&#233;j&#224; avant 1985, apr&#232;s avoir d&#233;croch&#233; un BEP, un tiers des enfants d'ouvriers qualifi&#233;s poursuivaient leurs &#233;tudes vers les baccalaur&#233;ats technologiques, via une premi&#232;re d'adaptation. Quant &#224; ceux qui parvenaient en fin de coll&#232;ge sans avoir redoubl&#233;, leurs parents demandaient le plus souvent leur orientation en seconde g&#233;n&#233;rale. L'allongement des scolarit&#233;s s'est poursuivi dans les trois voies des lyc&#233;es apr&#232;s la troisi&#232;me. Si les ambitions des familles ouvri&#232;res restent plus modestes que celles des familles des classes moyennes ou dominantes, c'est d'abord en raison des difficult&#233;s scolaires de leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : Cela constitue un &#233;branlement pour le syst&#232;me &#233;ducatif ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : Face aux difficult&#233;s d'apprentissage, beaucoup d'&#233;l&#232;ves se d&#233;motivent peu &#224; peu. L'&#233;cart est de taille entre ces attentes et la r&#233;alit&#233; des parcours scolaires. Seule la moiti&#233; des enfants d'ouvriers deviennent bacheliers, contre 88% des enfants de cadres. Et quand on d&#233;taille selon le type de bac, moins de 20% obtiennent un bac g&#233;n&#233;ral (contre 70% parmi les enfants de cadres). Les frustrations sont profondes. Mais la crise scolaire se manifeste aussi &#224; travers des mobilisations de jeunes lyc&#233;ens ou &#233;tudiants, qui sont r&#233;currentes &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : Et qu'en est-il au moment de l'insertion ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : Les familles ouvri&#232;res accompagnent encore leurs enfants dans la recherche d'un emploi, par exemple en facilitant leur embauche dans l'entreprise o&#249; travaillent les parents ou en mobilisant leur r&#233;seau de relations professionnelles, familiales ou amicales. Mais c'est surtout le cas quand les enfants ont arr&#234;t&#233; leurs &#233;tudes apr&#232;s un BEP ou un CAP, pour leur &#233;viter la pr&#233;carit&#233;. Cela leur est beaucoup plus difficile quand les enfants ont fait des &#233;tudes sup&#233;rieures, avec lesquelles ils sont peu familiers. L&#224;, l'acc&#232;s &#224; l'emploi repose davantage sur les jeunes eux-m&#234;mes. D'o&#249; une grande disparit&#233; dans la valorisation professionnelle des dipl&#244;mes obtenus, assez in&#233;gale selon le capital social des parents. Cela dit, cet effet de rappel de l'origine sociale est d'autant plus faible que les dipl&#244;mes sont &#233;lev&#233;s. Avec un dipl&#244;me au moins &#233;gal &#224; la licence, la plupart des jeunes obtiennent des emplois de cadres ou de professions interm&#233;diaires, qu'ils soient enfants de cadres ou enfants d'ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : L'aspiration des familles ouvri&#232;res &#224; un statut social plus &#233;lev&#233; pour leurs enfants, en correspondance avec le dipl&#244;me obtenu se traduit par une polarisation sur certains types de m&#233;tiers vis&#233;s ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : En effet, ce qui est vis&#233; par les parents, c'est d'abord l'acc&#232;s aux couches moyennes et l'&#233;vitement des emplois subalternes. Mais ce qui me frappe aussi, c'est leur tendance &#224; privil&#233;gier de plus en plus les choix des enfants, y compris dans les familles ouvri&#232;res. Ce qui se traduit par l'aspiration &#224; des m&#233;tiers id&#233;alis&#233;s par beaucoup d'enfants dans tous les milieux sociaux, comme le journalisme, les professions enseignantes, le m&#233;tier de v&#233;t&#233;rinaire, etc. &#171; Ils feront ce qu'ils pourront &#187; a longtemps &#233;t&#233; un discours typique des classes populaires. &#171; Ils feront ce qu'ils voudront &#187; n'est plus aujourd'hui une ambition r&#233;serv&#233;e aux classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : Vous publiez un livre &#171; Le dipl&#244;me, arme des faibles &#187; (aux &#233;ditions La Dispute, en avril prochain). Qu'est-ce qu'il am&#232;ne de neuf ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/Le_diplome_arme_des_faibles-dff30.jpg?1790689099' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : J'ai voulu comprendre la conversion des familles ouvri&#232;res au mod&#232;le des &#233;tudes longues. Le recul historique et les donn&#233;es quantitatives &#224; l'&#233;chelle nationale m'ont permis de discuter la th&#232;se d'un foss&#233; entre les g&#233;n&#233;rations creus&#233; par la massification scolaire. D'une part, il me semble que cette grande transformation ne rel&#232;ve pas d'une &#171; fuite en avant &#187; dans laquelle les enfants d'ouvriers se seraient engag&#233;s &#171; malgr&#233; eux &#187;. D'autre part, l'&#233;tude des trajectoires professionnelles des jeunes d'origine ouvri&#232;re en fonction de leurs dipl&#244;mes conduit &#224; une remise en cause des th&#233;ories de &#171; l'inflation scolaire &#187;. La d&#233;mocratisation scolaire bute en revanche fondamentalement sur les in&#233;galit&#233;s d'apprentissage &#224; l'&#233;cole primaire : l'enqu&#234;te souligne leur r&#244;le d&#233;cisif dans la suite des parcours scolaires, tout particuli&#232;rement pour les &#233;l&#232;ves qui n'ont que l'&#233;cole pour s'approprier la culture &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;NR&lt;/strong&gt; : Qu'en est-il de l'&#233;volution de la reproduction sociale &#224; travers l'acc&#232;s aux dipl&#244;mes et &#224; l'emploi ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TP&lt;/strong&gt; : On &#233;voque beaucoup la d&#233;valorisation des dipl&#244;mes et le d&#233;classement &#224; l'embauche. En r&#233;alit&#233;, le paradoxe des dipl&#244;mes est qu'ils sont &#224; la fois de moins en moins suffisants dans le contexte du ch&#244;mage de masse et de la pr&#233;carisation des d&#233;buts de vie professionnelle mais aussi de plus en plus n&#233;cessaires pour faire face aux exigences des postes de travail, des crit&#232;res de recrutements et des &#233;volutions de carri&#232;res. La crise &#233;conomique avive encore cette tension, en renfor&#231;ant les in&#233;galit&#233;s entre les dipl&#244;m&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, les dipl&#244;mes de l'enseignement professionnel conduisent le plus fr&#233;quemment aux positions d'ouvriers ou d'employ&#233;s et permettent rarement d'acc&#233;der en cours de carri&#232;re aux emplois les plus qualifi&#233;s. De l'autre, les dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur sont souvent reclass&#233;s en cours de carri&#232;re apr&#232;s un d&#233;classement &#224; l'embauche. Au total, les enfants d'ouvriers ont aujourd'hui l&#233;g&#232;rement plus de chances d'occuper une position de cadre ou d'exercer une profession interm&#233;diaire : c'&#233;tait le cas de 19% d'entre eux &#224; l'&#226;ge de 30 ans en 1970, c'est d&#233;sormais le cas de 26% de la g&#233;n&#233;ration qui a eu le m&#234;me &#226;ge en 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.ires-fr.org/IMG/File/10NouveauxRegards0348DossierFL.pdf" class="spip_out"&gt;Nouveaux Regards, Revue trimestrielle de l'Institut de recherche de la FSU&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le livre est disponible aux &#233;ditions &lt;i&gt;La Dispute&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://atheles.org/ladispute/ecolepedagogie/lediplomearmedesfaibles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/mp3/RUE_DES_ECOLES_02.06.2010-MB.mp3" length="9715042" type="audio/mpeg" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le ch&#244;mage des jeunes en d&#233;bat</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article55</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article55</guid>
		<dc:date>2009-11-02T14:53:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tristan Poullaouec</dc:creator>


		<dc:subject>certification</dc:subject>
		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Anim&#233; par Yannick Lain&#233;, un d&#233;bat sur le ch&#244;mage des jeunes et l'utilit&#233; des dipl&#244;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la participation de &lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?auteur2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tristan Poullaouec&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;Rep&#232;res &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;certification&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L108xH101/arton55-c71c7.gif?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;embed &lt;br class='autobr' /&gt; src=&#034;http://www.telenantes.com/player_export/player.swf&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; width=&#034;480&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; height=&#034;446&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; allowfullscreen=&#034;true&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; flashvars=&#034;image=http://www.telenantes.com/IMG/arton39444.jpg&amp;file=http://media.telenantes.com/g/TRA00045.flv&amp;streamer=lighttpd&amp;allowfullscreen=true&amp;backcolor=000000&amp;frontcolor=ffffff&amp;lightcolor=B5DC11&amp;screencolor=ffffff&amp;title=TRANSBORDEUR+-+Passe+ton+ch%C3%B4mage+d%27abord+%21&amp;url_clic=http://www.telenantes.com/Chomage-des-jeunes-une-fatalite,39444.html&amp;skin=http://www.telenantes.com/player_export/dangdang.swf&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telenantes.com/Chomage-des-jeunes-une-fatalite,39444.html" class="spip_out"&gt;Transbordeur&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mission est consultable gratuitement jusqu'au 15 novembre sur le site internet de T&#233;l&#233;nantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
