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	<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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	<description>Le GRDS (Groupe de recherche sur la d&#233;mocratisation scolaire) est une association loi 1901 regroupant des chercheuses et chercheurs professionnels, des enseignantes et des enseignants. Ind&#233;pendant de toute institution et de toute organisation politique et syndicale, le GRDS vise &#224; contribuer par ses travaux, textes, publications et interventions &#224; l'objectif de la d&#233;mocratisation scolaire. Consid&#233;rant l'&#233;cole comme un grand enjeu politique, il entend s'emparer des questions touchant &#224; sa transformation d&#233;mocratique avec toute l'audace intellectuelle et la libert&#233; d'esprit requises.
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		<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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		<title>L'enseignement de l'histoire : programmes et enjeux</title>
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		<dc:date>2013-12-16T10:59:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence De Cock</dc:creator>


		<dc:subject>Contenus d'enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>Ecole commune</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le premier constat concernant l'histoire scolaire est sa &#171; vivacit&#233; &#187; au sens politique du terme, c'est &#224; dire sa propension &#224; susciter r&#233;guli&#232;rement des d&#233;bats publics, voire des controverses. Il n'est pas rare en effet que la question de l'enseignement de l'histoire se transforme, par voix m&#233;diatique, en &#171; affaire &#187;prouvant &#224; la fois l'int&#233;r&#234;t du public et surtout la fonction sociale que cette mati&#232;re occupe. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces controverses sont porteuses de conflictualit&#233;s politiques. Elles soul&#232;vent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Contenus d'enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Histoire scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Ecole commune&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L98xH150/arton177-4a711.png?1790692769' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier constat concernant l'histoire scolaire est sa &#171; vivacit&#233; &#187; au sens politique du terme, c'est &#224; dire sa propension &#224; susciter r&#233;guli&#232;rement des d&#233;bats publics, voire des controverses. Il n'est pas rare en effet que la question de l'enseignement de l'histoire se transforme, par voix m&#233;diatique, en &#171; affaire &#187;prouvant &#224; la fois l'int&#233;r&#234;t du public et surtout la fonction sociale que cette mati&#232;re occupe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces controverses sont porteuses de conflictualit&#233;s politiques. Elles soul&#232;vent des questions qui traversent les tensions du moment, aujourd'hui largement focalis&#233;es sur la question de l'int&#233;gration, des valeurs de la r&#233;publique et des pr&#233;tendus &#171; malaises identitaires &#187; dont souffre la soci&#233;t&#233;. Par ailleurs, elles s'accompagnent de nombreuses lamentations partisanes ou institutionnelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut citer les nombreux articles de journaux consacr&#233;s &#224; l' &#171; histoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur la soi-disant ignorance des &#233;l&#232;ves ; L'histoire est sans doute la discipline laur&#233;ate en mati&#232;re de micro-trottoirs m&#233;diatis&#233;s sur le niveau qui baisse. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement de l'histoire est donc satur&#233; de finalit&#233;s. Dans sa face sombre, il est vu comme le vecteur de propagande et d'endoctrinement des &#233;l&#232;ves, otages d'id&#233;ologies dominantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Odile Dauphine et alii, L'enseignement de l'histoire-g&#233;ographie de l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Dans sa version plus positive, on lui assigne souvent le pouvoir quasi magique de r&#233;gler les maux de la soci&#233;t&#233;, notamment par l'apprentissage de valeurs qui se l&#233;gitiment en s'inscrivant dans la dur&#233;e. Dans les deux cas, les finalit&#233;s intellectuelles et critiques de la mati&#232;re disparaissent et il devient tr&#232;s rare de s'interroger sur l'&#233;pist&#233;mologie propre de cette discipline scolaire, &#224; savoir les conditions de sa naissance ; les &#233;volutions de ses formes (contenus, formes narratives) et les mutations de ses finalit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel que soit le sc&#233;nario choisi, il y a, dans l'&#233;criture scolaire de l'histoire, un processus de montage &#233;v&#232;nementiel reposant sur des choix de contenus consid&#233;r&#233;s comme susceptibles de r&#233;pondre aux pr&#233;occupations politiques du moment. Il s'agit d'une histoire ordonn&#233;e par sa fin ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, par les fins qu'on lui assigne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; l'histoire scientifique &#8211; qui n'en est pas, pour autant, totalement exempte &#8211; l'histoire scolaire est &#171; satur&#233;e d'intentions &#187;, elle refl&#232;te une conjoncture et est porteuse d'un certain projet politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, parce qu'ils sont li&#233;s aux missions imput&#233;es &#224; l'Institution scolaire, les &lt;i&gt;curricula&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un curriculum est l'&#171; ensemble de ce qui est cens&#233; &#234;tre enseign&#233; et de ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne r&#233;pondent pas aux m&#234;mes probl&#233;matiques que les disciplines acad&#233;miques et ne soul&#232;vent pas les m&#234;mes enjeux. Il y a bel et bien une &#171; fabrique scolaire &#187; des savoirs qui leur conf&#232;re un sens et des finalit&#233;s inh&#233;rentes aux fonctions assign&#233;es &#224; l'Ecole elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence De Cock, Emmanuelle Picard, La fabrique scolaire de l'histoire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous proposons ici un rapide panorama de l'enseignement de l'histoire en soulignant ses inflexions dans le temps ; avant d'esquisser quelques pistes de r&#233;flexions sur l'actualit&#233; de la discipline et sa place &#224; tenir dans le cadre d'une &#233;cole commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Br&#232;ve approche historique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette question, l'ouvrage de r&#233;f&#233;rence reste Patrick Garcia, Jean Leduc, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des programmes et de leurs inflexions de la troisi&#232;me r&#233;publique &#224; nos jours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roman national :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le Second Empire et plus encore sous la Troisi&#232;me R&#233;publique, on consid&#232;re que l'histoire scolaire doit servir le politique. Le &#171; roman national &#187; irrigue le projet patriote et r&#233;publicain de la nouvelle &#233;cole gratuite, la&#239;que et obligatoire. Le projet de la troisi&#232;me r&#233;publique est relativement limpide : un histoire &#171; qui s'apprend par le c&#339;ur &#187; disait Ernest Lavisse ; une histoire au service de l'attachement &#224; un pass&#233; glorieux commun. Le roman national repose alors sur la mise en avant de grands personnages h&#233;ro&#239;s&#233;s, cristallisant toutes les valeurs de l'&#233;poque, fonctionnant donc comme des mod&#232;les identificatoires. Ces h&#233;ros romantiques (masculins si l'on excepte Jeanne d'Arc), suivent une &#233;pop&#233;e rythm&#233;e par des &#233;v&#233;nements significatifs de la gloire et de l'identit&#233; nationales. Ce &#171; mythe national &#187; d&#233;crypt&#233; par Suzanne Citron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suzanne Citron, Le mythe national, &#233;ditions de l'atelier, 1984, 2008 (r&#233;&#233;d)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; forme le cadre interpr&#233;tatif de toute forme de vulgarisation historique, &#224; commencer par l'Ecole. La France y est pr&#233;sent&#233;e comme &#233;ternelle, &#171; toujours d&#233;j&#224; l&#224; &#187; (Suzanne Citron) depuis la Gaule pour ses fronti&#232;res et son unit&#233; nationale ; depuis le bapt&#234;me de Clovis pour son identit&#233; chr&#233;tienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s cette p&#233;riode, l'Ecole circonscrit sa propre &#233;criture scolaire de l'histoire. Ainsi, la m&#233;fiance des historiens de l'&#233;poque pour le tr&#232;s contemporain ne se retrouve pas dans l'enseignement de l'histoire qui incorpore tr&#232;s rapidement l'histoire imm&#233;diate. La premi&#232;re guerre mondiale par exemple entre dans les manuels d&#232;s 1919 et dans les programmes en 1923. Cette particularit&#233; de l'histoire scolaire souligne le tr&#232;s fort amarrage pass&#233;/pr&#233;sent de la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La timide ouverture aux civilisations &#233;trang&#232;res :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me guerre mondiale est &#224; l'origine de la premi&#232;re v&#233;ritable rupture paradigmatique de la discipline. L'horreur de la Shoah provoque une prise de conscience, &#224; l'&#233;chelle internationale, de l'urgence de lutter contre le racisme. L'histoire-g&#233;ographie-&#233;ducation civique devient la mati&#232;re-cible pour &#233;duquer au droit de l'homme. Sous le parrainage de l'UNESCO s'organisent des rencontres internationales sur les programmes et les manuels scolaires. Des brochures sont &#233;dit&#233;es et relay&#233;es dans le Bulletin officiel de l'&#233;ducation nationale. L'UNESCO fait donc pression sur l'&#233;criture des curricula et les nouveaux programmes qui s'ensuivent s'impr&#232;gnent de cette finalit&#233; humaniste qui ne dispara&#238;tra plus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence De Cock, &#171; Un si&#232;cle d'enseignement du &#034;fait colonial&#034; dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] .&lt;br class='autobr' /&gt;
La ligne du progr&#232;s n'est plus un postulat tenable apr&#232;s la guerre. L'histoire ne peut plus &#234;tre enseign&#233;e comme un long continuum positif. L'id&#233;e &#233;merge lentement que les contenus pourraient se charger d'une moralit&#233; quasi &#339;cum&#233;nique : le pass&#233; n'est pas uniquement ce qui fabrique de l'attache nationale, il est aussi la projection de la diff&#233;rence dans le temps et dans l'espace ; il permet donc l'apprentissage de la tol&#233;rance. L'UNESCO organise par exemple une conf&#233;rence sur l'enseignement de l'histoire en 1951. Dans le bilan, il est conseill&#233; &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; D'enseigner une histoire aussi universelle que possible dans laquelle le pass&#233; des peuples non-europ&#233;ens serait consid&#233;r&#233; en lui-m&#234;me et non plus seulement dans la mesure o&#249; des int&#233;r&#234;ts europ&#233;ens s'y seraient trouv&#233;s engag&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Recommandations pour l'enseignement de l'histoire : publication du CNDP, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; . &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va de soi que la p&#233;n&#233;tration de ces orientations dans les &#171; circuits d'&#233;criture &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patricia Legris, L'&#233;criture des programmes d'histoire en France (1944-2010). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est lente et diffuse. Les programmes, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1950 restent sensiblement identiques aux pr&#233;c&#233;dents. C'est en 1957 que de nouveaux programmes introduisent l'histoire des civilisations extra-europ&#233;ennes. Apr&#232;s de nombreux d&#233;bats, il est d'ailleurs d&#233;cid&#233; que ces changements ne s'effectueront que dans les classes terminales. L'historien Fernand Braudel en assume la paternit&#233;. Les contestations des enseignants seront si fortes que le programme est abandonn&#233; en 1966.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, c'est surtout dans les m&#233;thodes que change l'enseignement de l'histoire &#224; cette p&#233;riode. L'exp&#233;rience des classes nouvelles lanc&#233;es &#224; la suite du plan Langevin Wallon permet d'exp&#233;rimenter des m&#233;thodes plus actives bas&#233;es sur la critique documentaire. Les manuels multiplient les documents qui deviennent lentement les supports de m&#233;thodes plus inductives. En 1950, on compte 250 classes nouvelles en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Savoye, &#171; L'Education nouvelle en France. De son irr&#233;sistible (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les exp&#233;riences d'ouverture des ann&#233;es 1970 : Eveil et initiation &#233;conomique, sociale et politique :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1960 et 1970 sont marqu&#233;es par de dynamiques d&#233;bats sur l'Ecole. L'&#233;poque est au d&#233;veloppement de la psychologie cognitive et &#224; la red&#233;couverte des p&#233;dagogues. Les travaux des sociologues de l'&#233;ducation d&#233;noncent d&#233;j&#224; une &#233;cole &#233;litiste qui s&#233;lectionne et reproduit les &#233;lites. Les disciplines sont touch&#233;es par ces nouveaux questionnements. Le groupe &#171; Enseignement 70 &#187; fond&#233; par Jacques Bourraux en 1961 a fonctionn&#233; par exemple jusque 1973 sous la forme d'ateliers et des sessions. Groupe pluridisciplinaire, m&#234;lant des enseignants du primaire, secondaire et du sup&#233;rieur ; il s'effor&#231;ait de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'articulation entre la p&#233;dagogie, et des finalit&#233;s disciplinaires adoss&#233;es au contexte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Chr&#233;tien, &#171; Enseignement 70, une exp&#233;rience &#224; revisiter &#187;, , (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Sur un plan plus institutionnel, l'INRP (institut national de la recherche p&#233;dagogique) poursuit &#233;galement des exp&#233;riences didactiques en &#233;troite collaboration avec l'Institution ouverte au renouvellement des programmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les programmes d'&#233;veil du primaire (1969) puis les programmes Haby (1975) du coll&#232;ge sont les fruits de ce contexte favorable aux p&#233;dagogies actives. Les premiers souhaitent attiser la curiosit&#233; des enfants et le d&#233;sir d'apprendre en d&#233;cloisonnant les disciplines. Les seconds adoptent une approche traditionnelle une partie de l'ann&#233;e, puis plus th&#233;matique en encourageant &#224; faire des &#171; coupes &#187; comme &#171; La naissance et le d&#233;veloppement des villes &#187; ou l' &#171; &#233;volution des navires et des transports maritimes &#187;. Ils introduisent ainsi de l'histoire &#233;conomique et sociale et revendiquent une &#171; p&#233;dagogie par objectifs &#187;. Certains enseignants fondent leurs espoirs dans ce qui se rapproche d'un enseignement en sciences sociales mais la pression disciplinaire finit par l'emporter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/jacques-bourraux-1936-2003-49a37.jpg?1790692769' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es 1980 : le redressement r&#233;publicain, national et europ&#233;en :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; grand d&#233;bat &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Garcia, Jean Leduc, op.cit.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; commence en 1979, pr&#233;par&#233;e en amont par l'APHG (Association des professeurs d'histoire-g&#233;ographie) d&#232;s 1976 pour protester contre cette dissolution disciplinaire. Alain Decaux, en &#171; Une &#187; du Figaro magazine lance un cri d'alarme : &#171; Fran&#231;ais, on n'enseigne plus l'histoire &#224; vos enfants &#187;. Fortement relay&#233;e, l' &#171; affaire &#187; p&#233;n&#232;tre jusqu'au sommet de l'Etat et fait l'objet d'une question au conseil des ministres. Le minist&#232;re se lance dans la r&#233;&#233;criture de programmes. Les pr&#233;occupations p&#233;dagogiques s'effacent devant une nouvelle priorit&#233; index&#233;e aux d&#233;bats politiques du moment : la place des &#233;l&#232;ves immigr&#233;s dans les classes et la propension de l'histoire scolaire &#224; faciliter l'int&#233;gration en fabriquant du commun. La probl&#233;matique nationalo-r&#233;publicaine reprend ses droits, aid&#233;e en cela par l'arriv&#233;e du ministre Chev&#232;nement qui souhaite infl&#233;chir les programmes vers la conscience r&#233;publicaine, nationale et europ&#233;enne. Les nouveaux programmes en reviennent &#224; une &#233;criture traditionnelle : continue, politique, &#233;v&#233;nementielle ; mais ils conf&#232;rent &#224; l'ensemble une v&#233;ritable inflexion civique, accentu&#233;e par le retour de l'&#233;ducation civique qui permet de faire des ponts entre les deux mati&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ne se lit pas tant dans les th&#232;mes abord&#233;s qui d&#233;roulent le menu traditionnel que dans les pr&#233;ambules de programmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L196xH300/decaux-8ce75.jpg?1790689103' width='196' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pour le primaire, les programmes viseront &#224; :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Faire comprendre progressivement aux &#233;l&#232;ves qu'ils seront appel&#233;s &#224; exercer des responsabilit&#233;s dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique o&#249; ils auront des droits et des devoirs, o&#249; ils devront respecter les diff&#233;rences l&#233;gitimes, travailler &#224; am&#233;liorer la participation de chacun &#224; la vie nationale et se pr&#233;parer &#224; d&#233;fendre les valeurs d&#233;mocratiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 18 juin 1984&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au coll&#232;ge : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Il [le programme]donne &#224; l'histoire nationale la place qui lui revient dans le dialogue des grandes civilisations. Il montre comment s'est constitu&#233;e l'identit&#233; nationale et fait appara&#238;tre, &#224; travers les si&#232;cles et les r&#233;gimes, la continuit&#233; de l'histoire de la France, creuset de peuples et de cultures, ainsi que la nature des d&#233;fis successifs auxquels notre pays a &#233;t&#233; confront&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 14 novembre 1985 &#769;&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette charge civique articul&#233;e &#224; la probl&#233;matique identitaire s'installe pour un temps long dans l'histoire de la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es 1990-2000 : M&#233;moire, patrimoine, identit&#233; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mesure que se reconfigure une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise travaill&#233;e de plus en plus par des revendications identitaires elle-m&#234;me attis&#233;es par la crise &#233;conomique et sociale, la question de la place des minorit&#233;s dans le r&#233;cit national se pose avec plus d'acuit&#233;. Comment prendre en compte les histoires singuli&#232;res ? C'est l'une des questions pr&#233;gnantes de nouveaux programmes. Parall&#232;lement, le courant historiographique impuls&#233; par les Lieux de m&#233;moire de Pierre Nora occupe le champ acad&#233;mique. Pour l'historien, il faut dissocier la nation de l'Etat, promouvoir la m&#233;moire &#224; laquelle &#171; La nation doit son acception unitaire &#187; . Les h&#233;ros glorieux du pass&#233; ont fait long feu, ceux sur lesquels l'adh&#233;sion de tous &#233;tait recherch&#233;e. Le devoir de m&#233;moire s'inscrit en lieu et place d'une histoire de la d&#233;f&#233;rence aux h&#233;ros . &lt;br class='autobr' /&gt;
L'affectif refait surface mais change de nature. Puisque les grands &#233;v&#233;nements et/ou h&#233;ros historiques n'inspirent plus l'admiration pr&#233;alable au sentiment d'appartenance collective, la m&#233;moire se chargera de mobiliser des registres aussi vari&#233;s que la reconnaissance, l'empathie, la c&#233;l&#233;bration, ou le remords ; autant de sentiments qui fabriquent racines, attachement, tout en ouvrant la possibilit&#233; d'une prise de parole des plus domin&#233;s. Le terreau est alors favorable au d&#233;veloppement d'une politique de la m&#233;moire. La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise s'&#233;tait plong&#233;e dans les pratiques m&#233;morielles d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, voire un peu avant : vogue de la g&#233;n&#233;alogie, ann&#233;e du patrimoine (1980), multiplication des mus&#233;es, comm&#233;moration du bicentenaire, ou d&#233;veloppement de l'histoire orale&#8230; en &#233;taient autant de signes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Joutard, Histoire et m&#233;moire, conflits et alliance, La d&#233;couverte, 2013&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en avant d'une lecture patrimoniale de l'histoire implique une autre forme de regard sur soi. Symboliquement, le patrimoine renvoie davantage &#224; l'id&#233;e d'un h&#233;ritage &#224; sauvegarder. Il s'agit de l'id&#233;e d'une conservation d'acquis plut&#244;t que celle d'un projet collectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette valorisation du patrimoine devrait fournir une matrice identitaire au sein de laquelle chacun pourrait trouver place. Ce qui pr&#233;vaut est donc bien d'assumer la convergence des m&#233;moires multiples vers une m&#233;moire nationale porteuse d'une identit&#233; commune. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les programmes de 1995 r&#233;pondent donc &#224; ces objectifs m&#233;moriels, patrimoniaux et identitaires. Diverses citations issues des Instructions officielles et documents d'accompagnement permettent d'en rendre compte :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sixi&#232;me : &#171; L'histoire et la g&#233;ographie permettent d'&#233;clairer et de mettre en perspective les notions d'identit&#233;, de citoyennet&#233; et de patrimoine &#187; (&#8230;)&#171; L'objectif est de construire une culture &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cinqui&#232;me et quatri&#232;me : &#171; Les &#233;l&#232;ves en difficult&#233; scolaire ont, plus encore que les autres, besoin de s'extraire de leur environnement quotidien, pour acc&#233;der &#224; un autre univers culturel, celui dans lequel s'inscrivent les programmes. Il s'agit bien d'enraciner une culture commune &#224; tous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 29 mai 1996&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette empreinte m&#233;morielle s'est renforc&#233;e tout au long de la d&#233;cennie ; notamment par le biais des lois dites m&#233;morielles qui ont p&#233;n&#233;tr&#233; les curricula non pas par une r&#233;&#233;criture des programmes, mais souvent par les manuels (renouvel&#233;s plus souvent) ou par des directives du Bulletin officiel de l'&#233;ducation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et aujourd'hui :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quinquennat qui vient de s'achever a connu &#224; une r&#233;&#233;criture des programmes d'histoire du Primaire au Lyc&#233;e. Il est donc un laboratoire d'observation tout &#224; fait pertinent pour comprendre les nouveaux enjeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les programmes de Primaire, parus en 2008 sont sans doute les plus nettement r&#233;actionnaires si l'on entend par ce terme une volont&#233; assum&#233;e de retour &#224; une &#233;criture scolaire traditionnelle de l'histoire amarr&#233;e au projet nationalo-r&#233;publicain. Alors que les pr&#233;c&#233;dents programmes de 2002 coordonn&#233;s par l'historien Philippe Joutard se voulaient profond&#233;ment novateurs et proches de probl&#233;matiques historiographiques r&#233;centes (histoire des immigrations, &#233;tude de groupes sociaux etc)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence De Cock (Dir), Faire de l'histoire-g&#233;ographie-&#233;ducation civique &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , ceux de 2008, &#233;crits dans la plus grande pr&#233;cipitation, se pr&#233;sentent comme une succession de rep&#232;res classiques (Al&#233;sia, bapt&#234;me de Clovis etc.) et de jalons biographiques (Vercing&#233;torix, Clovis, Charlemagne, saint Louis, Jeanne d'Arc etc.). Ils reposent uniquement sur la m&#233;morisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les programmes de coll&#232;ge tentent de concilier la sp&#233;cificit&#233; disciplinaire (notamment dans ses articulations avec les avanc&#233;es historiographiques) et la politique du Socle commun des connaissances et des comp&#233;tences. Des questions assez in&#233;dites ont fait leur apparition comme l'&#233;tude des royaumes africains m&#233;di&#233;vaux. Des reformulations t&#233;moignent de la volont&#233; d'int&#233;grer les dynamiques scientifiques r&#233;centes (ex : &#171; la colonie &#187; appr&#233;hend&#233;e comme l'espace g&#233;ographique de la rencontre coloniale jusque l&#224; absente des programmes en 4e ou encore l'histoire des immigrations en 3e) ou de rendre intelligibles des d&#233;bats m&#233;moriels (introduction de l'&#233;tude de la traite transatlantique en 4e). Les programmes sont r&#233;dig&#233;s sous la forme connaissances/capacit&#233;s/ d&#233;marches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nouveaux programmes de Lyc&#233;e (voies g&#233;n&#233;rales) sont davantage en rupture avec les cycles pr&#233;c&#233;dents. Ils proc&#232;dent par &#171; effet zoom &#187; sur des moments historiques sp&#233;cifiques, au risque de brouiller la trame chronologique, surtout en premi&#232;re o&#249; les deux guerres mondiales sont abord&#233;es avant l'&#233;tude des totalitarismes, ou par l'appr&#233;hension d'une question sur le temps long (Terminale/ex : &#171; M&#233;dias et opinion publique depuis l'affaire Dreyfus).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les modalit&#233;s d'apprentissage de l'histoire r&#233;pondent donc &#224; des mod&#232;les tr&#232;s diff&#233;rents du Primaire au Lyc&#233;e. L'absence de coh&#233;rence inter-cycles rend tr&#232;s difficile une r&#233;flexion globale sur le sens de son enseignement. Ces diff&#233;rents montages n'offrent pas une m&#234;me lecture du pass&#233; aux &#233;l&#232;ves. La succession des appr&#233;hensions diachroniques et synchroniques des moments historiques n'est pas inint&#233;ressante en soi mais elle requiert un minimum d'explication et de recul tant du c&#244;t&#233; des &#233;l&#232;ves que des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle histoire &#224; l'Ecole, pour quelles finalit&#233;s ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les savoirs historiques scolaires ne sont pas des savoirs acad&#233;miques :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire scolaire en France repose sur plusieurs logiques. Sur le plan formel, on note une continuit&#233; chronologique sous la forme traditionnelle &#171; de l'&#233;poque lointaine &#224; nos jours &#187; puis une approche spiralaire puisqu'il s'agit de revisiter cette chronologie &#224; chaque cycle : &#233;l&#233;mentaire (cycle 3), Coll&#232;ge puis Lyc&#233;e. C'est une histoire &#171; scientifiquement &#187; exigeante au regard d'autres pays et qui s'efforce de balayer les moments historiques consid&#233;r&#233;s comme fondateurs d'une m&#233;moire collective. Il serait erron&#233; de la consid&#233;rer aujourd'hui comme totalement &#171; nationalo-centr&#233;e &#187;. Sauf dans le cas des programmes de l'&#233;cole primaire qui se focalisent sur la France, les autres moments de la scolarit&#233; s'efforcent de s'ouvrir &#224; de nouvelles aires g&#233;ographiques (En 6e, l'Inde des Gupta et la Chine des Han) et &#224; croiser les regards (Seconde : D&#233;couverte du monde ?). Les dimensions europ&#233;ennes ou mondiales sont tr&#232;s pr&#233;sentes, notamment en lyc&#233;e (histoire g&#233;opolitique des conflits).&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, contrairement &#224; certaines id&#233;es re&#231;ues, il n'y pas de non-dits ou tabous dans l'histoire scolaire. Chaque &#233;v&#233;nement peut y &#234;tre abord&#233;. La question la plus int&#233;ressante est de voir comment un &#233;v&#233;nement trouve sa place dans le montage pr&#233;vu : un programme scolaire ne r&#233;pond jamais &#224; un souci d'exhaustivit&#233; mais le cadre initial dicte des mani&#232;res de dire les &#233;v&#233;nements qui peuvent &#234;tre particuli&#232;rement contraintes. A titre d'exemple, cela ne rev&#234;t pas le m&#234;me sens d'&#233;voquer la Commune de Paris dans le cadre d'une histoire des r&#233;voltes/r&#233;volutions populaires et dans celui de la naissance de la Troisi&#232;me R&#233;publique. Dans le premier cas, la Commune est abord&#233;e comme un moment historique en soi porteur d'un projet politique, dans le second il n'est qu'un contretemps &#224; une in&#233;luctable institutionnalisation de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fabrique des programmes accentue la sp&#233;cificit&#233; de la forme scolaire des savoirs. Cette cha&#238;ne de construction est sous contrainte : celle des horaires, des cycles, des fili&#232;res etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re rel&#232;ve de la forme scolaire r&#233;guli&#232;rement r&#233;am&#233;nag&#233;e par les diff&#233;rents minist&#232;res sous contraintes de moins en moins p&#233;dagogiques et de plus en plus en plus budg&#233;taires : horaires allou&#233;es aux disciplines, rythme des r&#233;formes de cycles et de fili&#232;res etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel un casse-t&#234;te chinois, la commission charg&#233;e des programmes est contrainte de mettre en conformit&#233; contenant et contenus par un cadrage horaire tr&#232;s strict, contraignant, et de plus en plus &#233;loign&#233; des situations d'apprentissage possibles autres que la cadence magistrale ou apparent&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus en plus pr&#233;cipit&#233;s, les moments d'&#233;criture de programmes rel&#232;vent d&#233;sormais d'un simulacre de circularit&#233; d&#233;mocratique o&#249; auditions, consultations &#171; du terrain &#187; ne servent qu'&#224; modifier tr&#232;s &#224; la marge et finalement valider la d&#233;cision descendante de la pyramide administrative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels programmes tout cela donne-t-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'&#233;crivait d&#233;j&#224; en 1994 Henri Moniot, l'un des rares historiens &#224; s'int&#233;resser &#224; la didactique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les programmes nous baladent dans un grand tout narratif (&#8230;) ils recyclent le long des ann&#233;es scolaires des morceaux narratifs recompos&#233;s dont les personnages et d&#233;cors sont bien l&#224;, mais les intrigues ont chang&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2013, le constat est encore plus s&#233;v&#232;re. Du primaire au lyc&#233;e, on d&#233;plore encore des pesanteurs quasi s&#233;culaires : en primaire, les programmes 2008 sont totalement assujettis &#224; une trame nationalo-centr&#233;e structur&#233;e par des rep&#232;res chronologiques et des personnages historiques p&#233;trifi&#233;s dans leur mythologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; leur apparente nouveaut&#233;, les programmes du Secondaire r&#233;pondent &#233;galement &#224; une logique encyclop&#233;dique. Le d&#233;coupage p&#233;riodique n'est jamais retravaill&#233;. Sous pr&#233;texte d'introduire des approches nouvelles, les programmes renforcent leur caract&#232;re directif et s&#232;ment la confusion dans les modalit&#233;s d'apprentissage. A ce propos, les &#171; entr&#233;es &#187; ou &#171; &#233;tudes &#187; th&#233;matiques &#8211; si stimulantes que puissent &#234;tre ces approches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#171; &#233;tudes &#187; en histoire s'inspirent des &#171; &#233;tudes de cas &#187; en g&#233;ographie. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; n'apparaissent actuellement que comme des strat&#233;gies de gain de temps difficilement assimilables par les &#233;l&#232;ves autrement que comme simples exemples alors qu'elles gagneraient &#224; &#234;tre travaill&#233;es &#224; la fois dans leur singularit&#233; (synchronie) et dans leur articulation avec une g&#233;n&#233;ralisation ; ce qui serait tr&#232;s chronophage, mais &#244; combien pertinent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les programmes de lyc&#233;e se veulent th&#233;matiques. C'est le cas en Seconde (moiti&#233; du programme) et dans les futurs programmes de Terminales g&#233;n&#233;rales. Les fameux &#171; th&#232;mes &#187; du programme de 1&#232;re en revanche ne sont qu'une mani&#232;re de proc&#233;der &#224; des carottages dans des segments chronologiques tout &#224; fait conventionnels ; d'o&#249; leur aberration, leur manque des sens, et la virulence des critiques &#224; leur encontre qui se sont malheureusement souvent cantonn&#233;es &#224; la r&#233;clamation d'un retour &#224; la chronologie classique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, il n'existe pas de r&#233;elle politique de l'enseignement de l'histoire en France qui soit fond&#233;e non sur les sempiternels poncifs civiques et identitaires, mais sur une appr&#233;hension v&#233;ritable des finalit&#233;s critiques inh&#233;rentes &#224; cette mati&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence De Cock, &#171; Qui suis-je pour critiquer ? &#187;, r&#233;flexions sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'histoire ? Mais pour quoi faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;ambules de programmes sont l'un des lieux o&#249; apparaissent ces finalit&#233;s, m&#234;me si on y lit quelques topoi redondants : former &#224; l'esprit critique et comprendre le monde contemporain. Ils se focalisent d&#233;sormais sur les &#171; capacit&#233;s &#187; &#224; acqu&#233;rir plut&#244;t qu'&#224; une v&#233;ritable r&#233;flexion &#233;pist&#233;mologique sur la discipline, &#224; savoir : Quels sont les outils conceptuels qui font acc&#233;der au raisonnement historique ? Quel regard la conscience historique permet-elle de porter sur le monde ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La question des finalit&#233;s de l'enseignement de l'histoire est tr&#232;s largement d&#233;battue depuis l'acte de cr&#233;ation de l'histoire scolaire s&#233;cularis&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1907, Charles Seignobos, consid&#233;r&#233; comme l'un des piliers de l'&#233;cole dite m&#233;thodique, prononce une conf&#233;rence au mus&#233;e p&#233;dagogique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#233;&#233; au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, le mus&#233;e p&#233;dagogique &#233;tait une biblioth&#232;que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; intitul&#233;e : &#171; L'histoire comme instrument d'&#233;ducation politique &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si de l'histoire on a fait une mati&#232;re commune &#224; tous les &#233;l&#232;ves de l'enseignement secondaire, c'est qu'on l'a crue capable d'am&#233;liorer un genre d'intelligence et d'activit&#233; utile non &#224; une partie seulement des &#233;l&#232;ves, mais &#224; toute la nation. Ce qui est utile &#224; tous les &#233;l&#232;ves, c'est de comprendre le monde o&#249; ils vont vivre, de s'y int&#233;resser et d'&#234;tre pr&#234;ts &#224; y agir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette formule d' &#171; &#233;ducation politique &#187; m&#233;rite peut-&#234;tre d'&#234;tre actualis&#233;e en s'attardant un peu sur le &#171; genre d'intelligence &#187; et surtout sur la nature de l'&#171; utilit&#233; &#187; vis&#233;e, au pr&#233;sent, par un enseignement de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Appelons, &#224; la suite de beaucoup d'autres, ce &#171; genre d'intelligence &#187; la conscience historique. En quoi la conscience historique est-elle une condition de la conscience politique, c'est &#224; dire de la possibilit&#233; de se situer comme sujet politique autonome dont la passivit&#233; ou l'activit&#233; rel&#232;verait de choix conscients ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le philosophe Hans Georg Gadamer, la conscience historique consiste &#224; : &#171; comprendre historiquement sa possibilit&#233; d'avoir un comportement historique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hans Georg Gadamer, Le probl&#232;me de la conscience historique, Pierre Fruchon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re condition r&#233;side dans le caract&#232;re &#233;tranger de ce qui est &#224; comprendre, c'est &#224; dire du pass&#233;. Il y aurait n&#233;cessit&#233; d'un travail de d&#233;saffiliation par rapport au pass&#233; pour en mesurer &#171; l'ext&#233;riorit&#233; par rapport &#224; soi &#187; et pouvoir commencer un v&#233;ritable travail d'interpr&#233;tation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re ext&#233;rieur du pass&#233; passe alors par son &#233;tranget&#233;, et l'apprentissage d'une conscience historique appelle un maintien dans cette &#233;tranget&#233;, c'est &#224; dire que l'interrogation &#171; que s'est-il pass&#233; ? qui agit ? pourquoi ? quels sont les effets ? &#187; doit &#171; mettre &#224; nu les possibilit&#233;s et les maintenir en &#233;veil &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La conscience historique comme &#233;l&#233;ment de la conscience politique suppose enfin une logique de projection dans le pr&#233;sent et dans l'avenir : l'outillage conceptuel et m&#233;thodologique transmis par un enseignement historique doit pouvoir &#234;tre r&#233;investi sur des objets contemporains : enjeux sociaux, prises de positions, controverses etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question de la &#171; projection &#187; que d'autres appellent &#171; identification &#187; est fondamentale car elle implique une r&#233;flexion sur le statut des acteurs du r&#233;cit scolaire. Il n'est plus possible de dire aujourd'hui que l'histoire enseign&#233;e dans le secondaire soit encore celle des grands hommes. Certes, de grandes figures persistent, mais le peuple n'est pas absent du r&#233;cit scolaire. Il est &#233;tudi&#233; sous l'angle d'une histoire culturelle ou histoire des repr&#233;sentations purg&#233;e de sa dimension &#233;conomique et sociale. Le peuple de l'histoire scolaire est un &#171; on &#187; informel &#171; agi &#187; par la culture du moment. Ainsi, la &#171; culture de guerre &#187;, la &#171; culture coloniale &#187; ou la &#171; culture r&#233;publicaine &#187; sont-elles des mod&#232;les explicatifs des actes des hommes et des femmes du pass&#233;. Pr&#233;sent&#233;es comme un &#171; allant de soi &#187; alors que ces formules sont tr&#232;s discut&#233;es dans le monde acad&#233;mique, les &#171; cultures &#187; fournissent l'opportunit&#233; de donner l'illusion d'une participation populaire &#224; la marche de l'histoire. Ce faisant, elles masquent tout ce qui est de l'ordre des choix singuliers, des rapports de domination ou des conflictualit&#233;s inh&#233;rentes &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s. L'histoire culturelle, telle qu'elle est pr&#233;sent&#233;e dans les programmes scolaires fabrique un consensus apparent de soumission des peuples &#224; l'air du temps. Les mobilisations ne sont presque qu'&#233;piph&#233;nom&#232;nes ; m&#234;me dans la lutte r&#233;volutionnaire, les diff&#233;rents rapports de force s'effacent derri&#232;re l'annonce du premier mod&#232;le r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, la grande absente dans l'&#233;criture scolaire de l'histoire reste la dimension sociale, ou la place de l' &#171; ordinaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence De Cock, &#171; A propos de la difficile intrusion des vies anonymes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les diff&#233;rents d&#233;bats actuels : &#171; O&#249; est l'histoire des femmes ? O&#249; sont les minorit&#233;s ? &#187; ne formulent pas correctement la question car ce sont globalement les hommes et les femmes ordinaires du pass&#233; qui sont ni&#233;s en tant qu'acteurs et groupes sociaux. Parce qu'elle n&#233;cessiterait une autre grammaire qui insisterait sur le poids de la contingence, sur la succession des &#171; hasards &#187;, sur l'histoire &#233;conomique, sur la multiplicit&#233; des perceptions, une telle histoire r&#233;pondrait difficilement aux finalit&#233;s m&#233;morielles, patrimoniales et identitaires pr&#233;alablement d&#233;crites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a bel et bien l&#224; une contradiction majeure avec les finalit&#233;s proclam&#233;es de l'enseignement de l'histoire. Car si l'on admet qu'il s'agit de travailler &#224; l'apprentissage d'une conscience historique comme mode d'intelligibilit&#233; du monde contemporain, si cette conscience historique consiste &#224; pr&#233;lever dans les possibles du pass&#233; des outils d'interpr&#233;tation du pr&#233;sent, alors on voit mal comment les enfants, adolescents, puis jeunes adultes peuvent envisager leur r&#244;le dans la marche du pr&#233;sent en tant qu'acteurs responsables. Il faudra bien un jour oser se demander pourquoi tant d'enfants et d'adultes r&#233;p&#232;tent encore que tout cela ne les int&#233;resse pas. &#171; Parce que c'est du pass&#233; ? &#187; &#171; Parce que ce ne sont que des dates &#224; apprendre par c&#339;ur ? &#187;, &#171; Parce que les &#233;l&#232;ves pr&#233;f&#232;rent regarder la t&#233;l&#233;vision et internet ? &#187; Ou bien plus modestement parce que tout cela ne leur parle gu&#232;re et qu'ils ne voient pas &#224; quoi cela peut servir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dire que nous contribuons &#224; l'intelligibilit&#233; du monde en transitant par le pass&#233; est totalement r&#233;ducteur : la connaissance du pass&#233;, en soi, sur le mod&#232;le cumulatif des connaissances, ne constitue qu'un &#171; voyage dans le temps &#187; parfois certes plaisant mais susceptible d'&#234;tre propos&#233; par d'autres agences de voyage que l'&#233;cole. Dire que l'histoire fabrique de l'adh&#233;sion &#224; un projet national nous semble relever d'un acte de foi &#171; d&#233;shistoricis&#233; &#187; qui oublie la multiplicit&#233; des r&#233;f&#233;rents identitaires et le brouillage actuel des &#233;chelles d'appartenance. Enfin, est-il besoin de dire que le &#171; plus jamais &#231;a &#187; sous-tendu par le &#171; devoir de m&#233;moire &#187; se d&#233;cr&#233;dibilise de lui-m&#234;me au fur et &#224; mesure de la marche de l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Refonder &#187; l'enseignement de l'histoire ? Quelques pistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par soumettre au d&#233;bat ce que nous consid&#233;rons comme le sous bassement possible d'une politique de l'enseignement de l'histoire sous la forme de quelques propositions pouvant servir de cadre g&#233;n&#233;ral &#224; de futurs curricula d'histoire :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rompre avec le r&#233;cit t&#233;l&#233;ologique : accepter que, dans le pass&#233;, rien n'est jamais jou&#233; d'avance. Il s'agit donc d'insister sur l'&#233;ventail des possibles.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;fl&#233;chir aux effets de miroir entre pass&#233; et pr&#233;sent : tout &#233;v&#233;nement pass&#233; a un &#171; degr&#233; d'actualit&#233; &#187; (Walter Benjamin). Il donc existe une proximit&#233; de l'apparente &#233;tranget&#233;.A l'inverse, ce qui appara&#238;t comme familier peut se r&#233;v&#233;ler d'une importante &#233;tranget&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La chronologie proc&#232;de d'un &#171; besoin de datation &#187; (Henri Moniot), c'est &#224; dire d'une datation naturellement appel&#233;e par l'analyse de l'objet sans laquelle l'objet devient incompr&#233;hensible, et non une date f&#233;tichis&#233;e. Elle peut prendre la forme d'une formule, d'une p&#233;riode, d'un avant/apr&#232;s, ou d'une date fixe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'histoire a un caract&#232;re saccad&#233; ; elle est &#171; intempestive, ironique, saccad&#233;e, disruptive &#187; (Arlette Farge)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arlette Farge in Emmanuel Laurentin (dir), A quoi sert l'histoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'y a pas de causalit&#233; lin&#233;aire.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'identification ne rel&#232;ve pas de l'h&#233;ro&#239;sation mais du groupe social ou groupe d'anonymes car l'enseignement de l'histoire porte un projet de justice, d'&#233;galit&#233; et d'&#233;mancipation
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'histoire scolaire n'est pas mise au service du pouvoir et n'a pas de vocation thaumaturgique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bien plus qu'un grand r&#233;cit identitaire, l'enseignement de l'histoire construit des outils d'analyse.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De ce fait, rien ne justifie que l'enseignement de l'histoire &#224; l'&#233;cole primaire reste camp&#233; sur le national
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'histoire scolaire valorise les questions sensibles comme des objets embl&#233;matiques des d&#233;bats et des conflits qui sont au c&#339;ur de la d&#233;mocratie. Du m&#234;me coup, l'instruction/&#233;ducation civique ne s'impose donc plus &#224; l'&#233;cole.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin, la mise en coh&#233;rence interdisciplinaire s'appuie sur un projet global de l'&#233;cole ind&#233;pendant des attentes de l' &#171; &#233;conomie de la connaissance &#187; Dans cette logique, l'&#233;cole ne doit pas s'apparenter &#224; la gestion de l'h&#233;ritage fantasm&#233; de la Troisi&#232;me r&#233;publique mais reste &#224; inventer sur les fondements d'une d&#233;mocratie participative, d&#233;sint&#233;ress&#233;e et avide de savoirs gratuits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence De Cock est professeure agr&#233;g&#233;e d'histoire-g&#233;ographie en lyc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Doctorante en Sciences de l'&#233;ducation &#224; l'Universit&#233; Lyon2, elle travaille sur la construction et la scolarisation de la m&#233;moire coloniale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a notamment codirig&#233; La fabrique scolaire de l'histoire, Agone, 2009 et publi&#233; de nombreux articles sur la m&#233;moire coloniale et l'enseignement de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut citer les nombreux articles de journaux consacr&#233;s &#224; l' &#171; histoire massacr&#233;e &#187; (Valeurs actuelles, d&#233;cembre 2013), &#171; Qui veut casser l'histoire de France &#187;, Le Figaro magazine, septembre 2012) ou encore les conclusions de la DEEP parues en juin 2013, imm&#233;diatement brandies par les m&#233;dias comme le sympt&#244;me d'un niveau qui baisse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Odile Dauphine et alii, L'enseignement de l'histoire-g&#233;ographie de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire au lyc&#233;e : vecteur de propagande ou fondement de l'esprit critique ?, L'harmattan, 2009 ou encore Barbara Lefebvre, Eve Bonnivard, El&#232;ves sous influence, Louis Audibert, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un curriculum est l'&#171; ensemble de ce qui est cens&#233; &#234;tre enseign&#233; et de ce qui est cens&#233; &#234;tre appris, selon un ordre de progression d&#233;termin&#233;, dans le cadre d'un cycle d&#233;termin&#233;. Il suppose l'id&#233;e d'une pluralit&#233; organis&#233;e d'objets enseignables et d'un processus &#233;tal&#233; et ordonn&#233; dans le temps &#187;, Dictionnaire encyclop&#233;dique de l'&#233;ducation et de la formation, de Retz, 2005 (3&#232;mer&#233;&#233;d)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence De Cock, Emmanuelle Picard, La fabrique scolaire de l'histoire, Agone, 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette question, l'ouvrage de r&#233;f&#233;rence reste Patrick Garcia, Jean Leduc, Histoire de l'enseignement de l'histoire, Armand Colin, 2003. On trouvera par ailleurs un r&#233;capitulatif fort utile de tous les programmes d'histoire depuis le XVII&#232;me si&#232;cle &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://crheh.hypotheses.org/165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://crheh.hypotheses.org/165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suzanne Citron, Le mythe national, &#233;ditions de l'atelier, 1984, 2008 (r&#233;&#233;d)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence De Cock, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=18&amp;rub=pistes&amp;item=24&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un si&#232;cle d'enseignement du &#034;fait colonial&#034; dans le secondaire entre 1902 et aujourd'hui&lt;/a&gt; &#187;, Histoire@Politique. Politique, culture, soci&#233;t&#233;, n&#176; 18, septembre-d&#233;cembre 2012 [en ligne, &lt;a href=&#034;http://www.histoire-politique.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.histoire-politique.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Recommandations pour l'enseignement de l'histoire : publication du CNDP, 1952&lt;br class='autobr' /&gt;
Commission nationale fran&#231;aise pour l'&#233;ducation, la science et la culture (UNESCO)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patricia Legris, L'&#233;criture des programmes d'histoire en France (1944-2010). Sociologie historique de la production d'un instrument de politique &#233;ducative, Th&#232;se de doctorat, Paris 1, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Savoye, &#171; L'Education nouvelle en France. De son irr&#233;sistible ascension &#224; son impossible p&#233;rennisation (1944-1970) &#187;. In Ohayon Annick, Ottavi Dominique, Savoye Antoine (2004). L'&#233;ducation nouvelle, histoire, pr&#233;sence et devenir, Berne, Peter Lang, p. 236-269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Chr&#233;tien, &#171; &lt;a href=&#034;http://aggiornamento.hypotheses.org/678&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enseignement 70, une exp&#233;rience &#224; revisiter&lt;/a&gt; &#187;, &lt;a href=&#034;http://aggiornamento.hypotheses.org/678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://aggiornamento.hypotheses.org/678&lt;/a&gt;, consult&#233; le 10 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Garcia, Jean Leduc, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 18 juin 1984&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 14 novembre 1985 &#769;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Joutard, Histoire et m&#233;moire, conflits et alliance, La d&#233;couverte, 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 29 mai 1996&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence De Cock (Dir), &lt;a href=&#034;http://aggiornamento.hypotheses.org/362&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faire de l'histoire-g&#233;ographie-&#233;ducation civique &#224; l'&#233;cole primaire&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://aggiornamento.hypotheses.org/362&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://aggiornamento.hypotheses.org/362&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#171; &#233;tudes &#187; en histoire s'inspirent des &#171; &#233;tudes de cas &#187; en g&#233;ographie. Il s'agit d'entrer dans un th&#232;me par un exemple local avant de proc&#233;der &#224; un &#233;largissement. Ainsi, on pourra entrer dans la Renaissance par l'&#233;tude d'un artiste ou d'un savant. Historiographiquement, on pourrait rapprocher cette approche de la &#171; microhistoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence De Cock, &#171; Qui suis-je pour critiquer ? &#187;, r&#233;flexions sur les finalit&#233;s critiques de l'enseignement de l'histoire, Communication au colloque de l'AREF, Montpellier, ao&#251;t 2013, &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cr&#233;&#233; au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, le mus&#233;e p&#233;dagogique &#233;tait une biblioth&#232;que consacr&#233;e &#224; l'&#233;ducation et un lieu de conservation de mat&#233;riel scolaire fran&#231;ais et &#233;tranger&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hans Georg Gadamer, Le probl&#232;me de la conscience historique, Pierre Fruchon, 1996 (traduction des conf&#233;rences prononc&#233;es en 1958 &#224; l'universit&#233; de Louvain)), p.88. Voir &#233;galement Nicole Tutiaux-Guillon et Didier Nourrisson (dir), Identit&#233;s, m&#233;moires et conscience historique, publication de l'universit&#233; de Saint-Etienne, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence De Cock, &#171; A propos de la difficile intrusion des vies anonymes dans la &#171; vulgate scolaire &#187; en France. R&#233;flexions sur un d&#233;ficit d'ordinaire dans l'histoire enseign&#233;e &#187; Le cartable de Clio, 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arlette Farge in Emmanuel Laurentin (dir), A quoi sert l'histoire aujourd'hui ? Bayard, la fabrique de l'histoire, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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