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	<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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	<description>Le GRDS (Groupe de recherche sur la d&#233;mocratisation scolaire) est une association loi 1901 regroupant des chercheuses et chercheurs professionnels, des enseignantes et des enseignants. Ind&#233;pendant de toute institution et de toute organisation politique et syndicale, le GRDS vise &#224; contribuer par ses travaux, textes, publications et interventions &#224; l'objectif de la d&#233;mocratisation scolaire. Consid&#233;rant l'&#233;cole comme un grand enjeu politique, il entend s'emparer des questions touchant &#224; sa transformation d&#233;mocratique avec toute l'audace intellectuelle et la libert&#233; d'esprit requises.
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		<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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		<title>Aper&#231;u synth&#233;tique de l'enseignement du fran&#231;ais 1880-2010</title>
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		<dc:date>2017-01-17T11:52:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Joste</dc:creator>



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&lt;p&gt;[Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233; avaient r&#233;alis&#233;, &#224; la demande du GRDS, un historique approfondi des contenus de l'enseignement du fran&#231;ais de 1880 &#224; 2010. Celui-ci a &#233;t&#233; mis en ligne sur notre site, entre 2013 et 2014, en trois parties, concernant respectivement : la p&#233;riode 1880-1970 ; le tournant des ann&#233;es 1970 ; et enfin la p&#233;riode 1970-2010. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette publication a connu un grand succ&#232;s aupr&#232;s des visiteurs de notre site. Aussi nous a-t-il paru utile, afin de favoriser encore (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH97/arton242-3f303.png?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[&lt;i&gt;Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233; avaient r&#233;alis&#233;, &#224; la demande du GRDS, un historique approfondi des contenus de l'enseignement du fran&#231;ais de 1880 &#224; 2010. Celui-ci a &#233;t&#233; mis en ligne sur notre site, entre 2013 et 2014, en trois parties, concernant respectivement : la p&#233;riode &lt;a href=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article167&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1880-1970&lt;/a&gt; ; le tournant des &lt;a href=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article178&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ann&#233;es 1970&lt;/a&gt; ; et enfin la p&#233;riode &lt;a href=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article185&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1970-2010&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette publication a connu un grand succ&#232;s aupr&#232;s des visiteurs de notre site. Aussi nous a-t-il paru utile, afin de favoriser encore l'&#233;largissement de son public, de pouvoir en pr&#233;senter une synth&#232;se, qu'Agn&#232;s Joste a r&#233;alis&#233;e, et qu'on pourra lire ci-dessous, accompagn&#233;e en conclusion d'un retour r&#233;flexif, par l'auteure, sur les enseignements de l'histoire de sa discipline. Pour all&#233;ger le texte les r&#233;f&#233;rences des citations n'ont pas &#233;t&#233; reprises : le lecteur int&#233;ress&#233; voudra bien se reporter &#224; l'historique complet&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;tonnante stabilit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Merci &#224; Philippe Le Qu&#233;r&#233;, co-auteur des trois parties de l'historique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part de notre travail le GRDS envisageait le principe d'une &#233;tude d&#233;marrant avec les ann&#233;es 1950. Or, on s'aper&#231;oit qu'en fran&#231;ais rien ne se passe en 1950 : dans tous les degr&#233;s, les programmes, du primaire au lyc&#233;e, remontent peu ou prou, en d&#233;pit des remaniements successifs, soit pour le primaire &#224; l'instauration de l'instruction publique (1882), soit pour le lyc&#233;e &#224; l'instauration du fran&#231;ais comme &#233;preuve du baccalaur&#233;at, en remplacement du latin (1880). Les changements d'importance interviendront dans les ann&#233;es 1960-70. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels sont les principes rest&#233;s actifs dans cet espace de quatre-vingts ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1880-1960. &#192; l'&#233;cole primaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En primaire, les programmes de 1923, 1938, 1945, 1950 et 1960 constituent des ajustements successifs et une pr&#233;cision croissante des instructions primitives de 1882 et 1887, au fil d'un pragmatisme qui assimile les le&#231;ons de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les finalit&#233;s restent les m&#234;mes&lt;/i&gt; : &#171; l'id&#233;al de l'&#233;cole primaire n'est pas d'enseigner beaucoup, mais de bien enseigner &#187; (1882), &#171; d'&#233;tablir les fondations solides et durables de tout l'&#233;difice scolaire. Cette n&#233;cessit&#233; s'impose notamment dans les disciplines fondamentales : lecture, orthographe, r&#233;daction et calcul. &#187; (1960)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acquisition de la lecture, de la &#171; lecture courante &#187; &#224; la &#171; lecture expressive &#187; reste l'enjeu primordial. On affirme en 1923 que le m&#233;canisme de d&#233;chiffrage doit &#234;tre rapidement acquis (en trois mois), mais la suite de l'apprentissage est consid&#233;r&#233;e comme un travail de longue haleine au cours de l'&#233;cole primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les horaires&lt;/i&gt; du fran&#231;ais, tous exercices additionn&#233;s, sont &#171; d'environ deux heures &#187;&#171; tous les jours &#187; en 1882. En 1887, ils se font plus stricts avec un horaire affect&#233; &#224; chaque composante de l'enseignement de la langue. En 1923, du fait de d&#233;rives, ces horaires pr&#233;cis sont rappel&#233;s. Le fran&#231;ais occupe l'essentiel du temps scolaire (la moiti&#233; au CP, plus du tiers ensuite, d'une semaine de trente heures jusqu'en 1969).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes&lt;/i&gt; sont tr&#232;s succincts et seulement descriptifs, &#233;num&#233;rant les notions de langue &#224; acqu&#233;rir et fixant des rep&#232;res de r&#233;dactions simples. Avant 1945, les niveaux sont peu d&#233;limit&#233;s : le cours pr&#233;paratoire est isol&#233;, mais le cours &#233;l&#233;mentaire et le cours moyen sont trait&#233;s en cycles sans distinction des ann&#233;es. Le programme ne devient d&#233;taill&#233; ann&#233;e par ann&#233;e qu'en 1945 et 1950 (par exemple en grammaire : liste de verbes &#224; conna&#238;tre, ma&#238;trise de quatre types de proposition en fin de CM2 ; l'analyse logique est r&#233;serv&#233;e au cours &#171; sup&#233;rieur &#187; pr&#233;parant le &#171; certificat d'&#233;tudes &#187;). En lecture, aucun auteur n'est cit&#233; ; on ne parle que de &#171; morceaux choisis &#187;, il n'y a pas de titres pour les po&#232;mes des r&#233;citations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les pratiques&lt;/i&gt; sont indiqu&#233;es par le biais des attendus des textes officiels, qui souvent condamnent des tendances n&#233;fastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce peut &#234;tre le laxisme : les textes de 1923 soulignent l'absence de respect des horaires par mati&#232;res, et rappellent &#224; l'ordre les instituteurs sur ce point. En 1960, resurgissent ces m&#234;mes reproches de sacrifice du fran&#231;ais et des math&#233;matiques au profit d'autres activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce peut &#234;tre aussi le dogmatisme : Victor Duruy en 1866 condamne la &#171; scholastique grammaticale qui se compla&#238;t dans les th&#233;ories subtiles &#187; ; les instructions de 1910, 1923, 1938 rappellent constamment que la dict&#233;e non pr&#233;par&#233;e n'est pas un mode d'enseignement, mais de contr&#244;le et d'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les m&#233;thodes pratiqu&#233;es&lt;/i&gt; sont actives. Jules Ferry d&#232;s 1882 pr&#244;ne le principe du cours dialogu&#233;, &#171; un continuel &#233;change d'id&#233;es sous des formes vari&#233;es, souples et ing&#233;nieusement gradu&#233;es &#187;. L'esprit de l'enseignement est la clart&#233; et la r&#233;flexion ; en 1945, il s'agit d'instaurer des &#171; m&#233;canismes corrects &#187; pour passer plus tard &#224; &#171; la r&#233;flexion scientifique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1880-1960. En premier cycle, de la 6&#232;me &#224; la 3&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois types de premier cycle ont exist&#233; jusqu'en 1965 environ : le premier cycle de lyc&#233;e, faisant parfois suite &#224; un &#171; petit lyc&#233;e &#187; comprenant les classes de primaire ; le &#171; coll&#232;ge moderne &#187; ou le &#171; cours compl&#233;mentaire &#187;, sans latin et avec une seule langue vivante, proches du premier cycle de l'&#171; &#233;cole primaire sup&#233;rieure &#187; supprim&#233;e en 1941 ; le &#171; coll&#232;ge technique &#187; comprenant seulement 4&#232;me et 3&#232;me, cr&#233;&#233; en 1959 et faisant suite aux centres de formation professionnelle de chambres de commerce, int&#233;gr&#233;s &#224; l'Instruction publique en 1920, et devenus en 1945 centres d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes et les horaires sont longtemps marqu&#233;s par le probl&#232;me du latin. Jules Ferry le marginalise en 1880 (date &#224; laquelle il occupait presque la moiti&#233; de la semaine de cours), et en 1902 est institu&#233;e une section B de premier cycle, sans latin. &#192; partir de cette date le fran&#231;ais en tant que discipline autonome du secondaire peut prendre son essor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;tude de la langue&lt;/i&gt; est absente des programmes de 1880-1890, seule la litt&#233;rature y est cit&#233;e. On peut penser que l'explication des textes d'une part, l'enseignement du latin d'autre part, entretiennent et d&#233;veloppent les acquis grammaticaux du primaire. En 1902 quelques lignes rapides fixent les notions &#224; acqu&#233;rir. Les programmes de 1925 et surtout ceux de Jean Zay en 1938, tr&#232;s argument&#233;s sur le fond, prescrivent une progression grammaticale stricte et riche, et insistent sur le lexique et la syntaxe. Ils resteront presque inchang&#233;s jusqu'en 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes &lt;/i&gt; de litt&#233;rature sont rest&#233;s stables de 1880 &#224; 1970, tout en s'&#233;largissant graduellement aux si&#232;cles pr&#233;c&#233;dant et suivant l'&#226;ge classique. Le th&#233;&#226;tre et les fables du XVIIe si&#232;cle y sont pr&#233;pond&#233;rants, le XIXe n'appara&#238;t qu'en 3e en 1902 ; le XXe si&#232;cle sous forme d'extraits appara&#238;t en 1938 ; le XVIIIe si&#232;cle, pr&#233;sent en 1925, est totalement absent de 1938 &#224; 1961 sauf en centres d'apprentissage. En dehors du th&#233;&#226;tre, l'ensemble de l'enseignement est fond&#233; sur des morceaux choisis, il n'y a pas d'&#233;tude d'&#339;uvres compl&#232;tes sauf la lecture suivie de com&#233;dies et trag&#233;dies du XVIIe, et en &#171; coll&#232;ge technique &#187; des lectures suivies au sein d'une &#339;uvre romanesque. Le souci d'une culture litt&#233;raire solide et &#233;clectique (textes traduits de l'Antiquit&#233; ou des litt&#233;ratures &#233;trang&#232;res) pour les &#233;l&#232;ves des coll&#232;ges techniques irrigue les instructions de 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les horaires&lt;/i&gt; distingueront toujours soigneusement les &#233;l&#232;ves latinistes et les non-latinistes. En 6e, l'horaire des latinistes est de 4 heures, celui des non-latinistes de 7 heures de 1902 &#224; 1938, puis de 6 heures de 1938 &#224; 1953 ; jusqu'en 1959, de la 6e &#224; la 3e, les &#171; modernes &#187; auront toujours 2 heures de plus que leurs camarades &#171; en compensation du latin &#187; - lectures dirig&#233;es et exercices de r&#233;daction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1880-1960. En second cycle de lyc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second cycle en trois ans date de 1874 ; auparavant en deux ans, il se terminait par la classe de rh&#233;torique (la Premi&#232;re actuelle) et le baccalaur&#233;at, la Terminale &#233;tant facultative. Le second cycle du lyc&#233;e technique se met progressivement en place &#224; partir de 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fran&#231;ais s'impose en second cycle par un coup de force. En 1880, apr&#232;s de nombreuses controverses, Jules Ferry, imputant le d&#233;sastre de 1870 &#224; un enseignement r&#233;trograde, supprime le discours latin d'imitation du baccalaur&#233;at au profit d'une &#233;preuve de fran&#231;ais argument&#233;e. Il fixe un programme de litt&#233;rature fran&#231;aise jusque-l&#224; absent, et de nouveaux exercices pour la nouvelle &#233;preuve du baccalaur&#233;at. La glose, &#171; les amplifications st&#233;riles &#187; et l'imitation, jusque-l&#224; reines, sont remplac&#233;es par l'explication litt&#233;raire, la primaut&#233; des textes, et la dissertation devient l'exercice du baccalaur&#233;at, comme &#171; entra&#238;nement intense &#224; l'art de penser, et de penser juste, c'est-&#224;-dire sur des faits bien &#233;lucid&#233;s &#187;. C'est la naissance d'un v&#233;ritable enseignement du fran&#231;ais et de la litt&#233;rature, th&#233;oris&#233; par le positivisme de Gustave Lanson recherchant des m&#233;thodes objectives favorisant la r&#233;flexion plut&#244;t que la rh&#233;torique de fiction. Les programmes de 1925 et 1938 pour le coll&#232;ge s'en inspireront en proposant en 3&#232;me une initiation &#224; l'argumentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fran&#231;ais s'&#233;mancipe d&#233;finitivement du giron latin par la cr&#233;ation en 1946 de la licence de &#171; lettres modernes &#187; et en 1952 du CAPES correspondant, alors que jusque-l&#224; l'enseignement du fran&#231;ais &#233;tait exclusivement dispens&#233; par les professeurs de &#171; lettres &#187; (c'est-&#224;-dire de fran&#231;ais, latin et grec), devenus en 1946 de &#171; lettres classiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en premier cycle,&lt;i&gt; les programmes&lt;/i&gt; de litt&#233;rature resteront quasiment inchang&#233;s pendant un si&#232;cle. Le XVIIe est pr&#233;pond&#233;rant comme au coll&#232;ge, les autres si&#232;cles du XVIe au XIXe sont &#233;tudi&#233;s en &#171; morceaux choisis &#187;. Pascal, Rousseau, Diderot et Voltaire apparaissent en 1902, les romanciers du XIXe en 1925. En 1947 et 1967 on insiste sur le roman et la po&#233;sie du XIXe mais en &#339;uvre compl&#232;te seulement en Premi&#232;re, &lt;i&gt;alors que le lyc&#233;e technique introduit un &lt;br class='autobr' /&gt;
roman de Stendhal d&#232;s la Seconde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les horaires &lt;/i&gt; seront tr&#232;s longtemps stables : 4 heures hebdomadaires la plupart du temps, 5 heures en Seconde &#224; partir de 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les m&#233;thodes&lt;/i&gt; sont dans tous les cas actives. D&#232;s 1880 les textes pr&#244;nent le travail collectif, la r&#233;flexion autonome (&#171; on habituera l'&#233;l&#232;ve &#224; trouver les principales id&#233;es de ses compositions &#187;), en 1938 sous l'influence des mouvements d'&#233;ducation nouvelle, &#171; le libre et complet d&#233;veloppement des facult&#233;s des &#233;l&#232;ves &#187;, mais, comme le montrent les programmes tr&#232;s d&#233;taill&#233;s et exigeants de Jean Zay, sans r&#233;duire les savoirs ni les ambitions : &#171; ils devront &#234;tre capables d'exprimer, par la parole et la plume tout ce qu'ils auront &#224; dire, sans rester en de&#231;&#224; ni aller au-del&#224; de leur pens&#233;e. &#187; Sous l'influence des premi&#232;res recherches linguistiques de Bally, l'enseignement de la grammaire et du type de langue &#224; enseigner sont d&#233;j&#224; interrog&#233;s par les programmes de 1938.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;Il n'y a plus, parmi les enfants dont nous avons la charge, de client&#232;le pr&#233;destin&#233;e.&#034; &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es soixante vont ent&#233;riner et l&#233;galiser l'essor de la scolarisation, manifeste &#224; l'apr&#232;s-guerre. La r&#233;forme Berthoin de 1959 prolonge la scolarit&#233; obligatoire jusqu'&#224; 16 ans et, faisant passer en actes les paroles de Gustave Monod (un des artisans du plan Langevin-Wallon de 1947) : &#171; Il n'y a plus, parmi les enfants dont nous avons la charge, de client&#232;le pr&#233;destin&#233;e. &#187;, travaille &#224; une d&#233;mocratisation qui va amener tous les &#233;l&#232;ves au coll&#232;ge, et fusionner les divers coll&#232;ges en un syst&#232;me unique de premier cycle.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1960 -1975. &#192; l'&#233;cole primaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;organisation, qui prendra quinze ans, change la finalit&#233; de l'&#233;cole primaire, qui devient une prop&#233;deutique du coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses manques (&#171; la lecture courante n'est pas encore compl&#232;tement acquise &#224; dix ans par la moyenne des &#233;l&#232;ves &#187;, instructions de 1938 et 1950) sont un temps combattus par un renforcement des horaires du fran&#231;ais, puis par un changement de m&#233;thodes fond&#233; sur &#171; l'activit&#233; intelligente des &#233;l&#232;ves &#187;, qui doit donner du sens &#224; leurs acquisitions, jug&#233;es trop automatiques en lecture et grammaire pour permettre &#171; un enseignement de culture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En lecture&lt;/i&gt;, la m&#233;thode alphab&#233;tique est contest&#233;e pour son m&#233;canisme, au profit d'une m&#233;thode id&#233;ovisuelle cens&#233;e d&#233;velopper la recherche empirique de l'&#233;l&#232;ve. Le d&#233;chiffrage, recommand&#233; sur trois mois en 1923, est port&#233; &#224; deux ans (en fin de CE1) en 1972. En 1985 toujours, les instructions affirment : &#171; Lire, c'est comprendre. Le ma&#238;tre n'engage donc pas l'enfant dans un apprentissage m&#233;canique et passif. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le &#171; plan Rouchette &#187; de 1969, l'apprentissage de la langue normative, celle des &#171; h&#233;ritiers &#187; selon Bourdieu, est remplac&#233; par celui de la langue en situation de communication, jug&#233;e plus accessible &#224; ceux qui ne le sont pas, et plus conforme aux avanc&#233;es de la linguistique universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence,&lt;i&gt; les horaires&lt;/i&gt; du fran&#231;ais baissent, puisque l'&#233;l&#232;ve est consid&#233;r&#233; comme plus actif du fait des nouvelles m&#233;thodes : les horaires du CP passent en 1969 de 15 &#224; 10 heures par semaine, et en 1995 &#224; 9 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes de grammaire&lt;/i&gt; s'all&#232;gent graduellement, l'allongement de la scolarit&#233; permettant de reporter vers l'aval l'acquisition des connaissances &#8211; ce qui entre en contradiction avec les affirmations de 1960 demandant le renforcement des acquis de l'&#233;cole primaire, en amont donc, pour une scolarit&#233; ult&#233;rieure efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1960-1975. En premier et second cycles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps les &lt;i&gt;programmes&lt;/i&gt; ne changent pas et reproduisent les instructions ant&#233;rieures, mais &#233;tendues &#224; tous. Sur le papier, la d&#233;mocratisation est compl&#232;te : en 1964, toutes les classes du premier cycle ont les m&#234;mes programmes ; les &#233;l&#232;ves non-latinistes ont 2 heures hebdomadaires de plus que leurs camarades latinistes, comme dans le lyc&#233;e de 1902 et 1925. Des horaires g&#233;n&#233;reux sont donc consid&#233;r&#233;s comme partie prenante de la d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;m&#233;thodes &lt;/i&gt; en revanche marquent le pas. Si les classes de 6&#232;me et de 5&#232;me connaissent des &#171; travaux dirig&#233;s &#187; en demi-classes qui poussent &#224; des exercices plus actifs, la force de la tradition perdure en litt&#233;rature dans les deux cycles : l'histoire litt&#233;raire et le recours &#224; la biographie tiennent trop souvent lieu d'explication, l'&#233;criture litt&#233;raire est peu analys&#233;e et les textes sont souvent donn&#233;s comme transparents, enfin la litt&#233;rature est vue sans autre forme de proc&#232;s comme une formation morale : une &#171; atmosph&#232;re de beaut&#233; morale li&#233;e &#224; la beaut&#233; litt&#233;raire &#187;(Memento de 1953), qui emp&#234;che l'&#233;largissement du programme &#224; des &#339;uvres et &#224; des p&#233;riodes plus contestataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La novation et une v&#233;ritable r&#233;flexion sur la culture litt&#233;raire pour tous se d&#233;veloppent au contraire dans l'enseignement technique accueillant depuis son origine des &#233;l&#232;ves d'origine populaire. L'enseignement grammatical est pens&#233; hors du latin et cherche &#224; renouveler &#171; l'int&#233;r&#234;t de la grammaire &#187;, &#171; &#233;tude d'intelligence &#187;. L'explication litt&#233;raire y rejette les scl&#233;roses de l'enseignement g&#233;n&#233;ral, privil&#233;gie le travail sur le texte et non la glose, et rejette la morale au profit d'une vision formatrice : &#171; la litt&#233;rature est une force sociale &#187;. Les horaires (6 heures en 6&#232;me et 5&#232;me, 5 heures en 4&#232;me et 3&#232;me) soutiennent cette formation. Les programmes (1961) sont plus ouverts, incluant le XIXe, le XXe, les litt&#233;ratures &#233;trang&#232;res traduites, l'&#233;tude d'&#339;uvres compl&#232;tes, et font, jusqu'au lyc&#233;e inclus, une place importante &#224; la p&#233;dagogie de l'&#233;crit et &#224; celle des exercices de &#171; composition fran&#231;aise &#187;, avec des m&#233;thodes actives de recherche collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#232;re du soup&#231;on&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La cohabitation de ces deux conceptions antinomiques de l'enseignement du fran&#231;ais, entre un humanisme classique &#224; vis&#233;e morale et esth&#233;tique, et les partisans d'un enseignement explicite et codifi&#233;, est le sympt&#244;me d'une crise latente. Crise didactique avec le &#171; nouveau roman &#187; qui fait &#233;clater les codes de l'explication litt&#233;raire par des d&#233;tours ext&#233;rieurs au texte, et avec le d&#233;veloppement de la linguistique qui promeut la grammaire fonctionnelle plus exacte ; crise sociologique qui met en cause, avec &#171; Les H&#233;ritiers &#187; de Pierre Bourdieu (1964), le caract&#232;re socialement et scolairement s&#233;lectif de la langue fran&#231;aise &#233;labor&#233;e ; crise p&#233;dagogique, les enseignants de l'AFEF voulant substituer &#224; l'histoire litt&#233;raire &#171; une capacit&#233; d'acc&#232;s m&#233;thodologique aux grandes &#339;uvres &#187;, et &#233;liminer la dissertation (1969). Ces derni&#232;res conceptions vont rencontrer les th&#233;ories issues de l'&#233;ducation nouvelle, donnant davantage de place &#224; l'activit&#233; de l'&#233;l&#232;ve comme cr&#233;ateur de son savoir, et s'imposent dans les ann&#233;es 65-70.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le ministre Alain Peyrefitte, soucieux des changements suscit&#233;s par la r&#233;forme Berthoin et des besoins p&#233;dagogiques de renouveau, leur donne corps ; il demande en mars 68 des &#171; ma&#238;tres qui soient moins les serviteurs d'une discipline que les serviteurs des enfants &#187;, et des professeurs qui soient &#171; des animateurs &#187;. Pendant ce temps, certains professeurs de fran&#231;ais estiment qu'il faut renoncer aux exigences suppos&#233;es discriminantes de la discipline pour reconna&#238;tre &#224; travers leur langue les &#233;l&#232;ves de milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce renoncement disciplinaire g&#233;n&#233;ralis&#233; est institutionnalis&#233; dans les textes officiels de 1963-66 r&#233;glant les &#171; classes de transition &#187; destin&#233;es aux &#233;l&#232;ves faibles des anciennes classes de fin d'&#233;tudes du primaire : individualisation des t&#226;ches, appui sur la &#171; motivation &#187; et &#171; l'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat &#187; ; absence d'horaires d&#233;di&#233;s et de programmes, disciplines effac&#233;es au profit de travaux par &#171; th&#232;mes &#187; ; apparition de la formule &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre de l'action &#233;ducative &#187; (1966). Critiqu&#233;es par l'extr&#234;me gauche qui y voit une mise &#224; l'&#233;cart d&#233;finitive des &#233;l&#232;ves d'origine populaire, ces conceptions seront &#233;tendues, par souci de coh&#233;rence sociale et politique, &#224; l'ensemble des scolarit&#233;s primaire et de premier cycle, par la loi de 1989 : &#171; l'&#233;l&#232;ve est au centre du syst&#232;me &#233;ducatif &#187; et &#171; construit un savoir... par sa propre activit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exp&#233;rimentations inverses, exigeantes et scientifiquement men&#233;es, ne seront ni diffus&#233;es ni exploit&#233;es. Dans ces m&#234;mes ann&#233;es 60-70, le sociologue Guy Vincent se consacre au capital linguistique de coll&#233;giens en difficult&#233; et met en &#233;vidence leurs capacit&#233;s d'abstraction ; l'instituteur Jean Repusseau parvient aux m&#234;mes convictions &#224; partir de l'immersion d'&#233;l&#232;ves r&#233;put&#233;s faibles dans une &#171; p&#233;dagogie de la culture &#187; : des textes exclusivement litt&#233;raires de grands auteurs servent de base &#224; l'ensemble de son enseignement du fran&#231;ais. Leurs conclusions auraient pu remettre en cause le choix officiel, pour rem&#233;dier &#224; la difficult&#233; scolaire, d'affaiblir les exigences ; et mettre en lumi&#232;re l'erreur d'une politique minimaliste. Il n'en a rien &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1975- 1995 &#192; l'&#233;cole primaire et en premier cycle, de la 6e &#224; la 3e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes du primaire de 1972 sont prorog&#233;s par le minist&#232;re Chev&#232;nement en 1985, avec une insistance sur l'organisation et la r&#233;gularit&#233; de l'apprentissage de la langue. Le CP gagne 1 heure, passant de 9 &#224; 10 heures hebdomadaires de fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coll&#232;ge unique de 1975, englobant d&#233;finitivement les fili&#232;res ant&#233;rieures, se dota de programmes plus ouverts que les pr&#233;c&#233;dents qui dataient de presque un si&#232;cle, limitant la place du XVIIe si&#232;cle au profit d'&#339;uvres compl&#232;tes du XXe, insistant sur la qualit&#233; de l'expression par des exercices d&#233;taill&#233;s de r&#233;daction et d' &#171; entra&#238;nement m&#233;thodique &#187;, et r&#233;novant l'explication de textes, avec un esprit d'exigence proche de celui des programmes de Jean Zay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratisation effective s'exer&#231;a pendant quelques ann&#233;es, de 1968 &#224; 1977, utilisant, comme levier de la scolarisation des classes sociales populaires et palliatif de l'absence du latin, des horaires g&#233;n&#233;reux (6 heures hebdomadaires, soit 216 heures annuelles, dont la moiti&#233; d&#233;doubl&#233;es) calqu&#233;s sur ceux des &#233;l&#232;ves non-latinistes des cours compl&#233;mentaires. Mais ce bienfait cessa rapidement : les horaires du CP furent r&#233;duits de 30% en 1969 et la r&#233;forme Haby instituant le coll&#232;ge unique fit en un &#233;t&#233; (1977) passer la scolarisation en coll&#232;ge de la d&#233;mocratisation &#224; la massification : les &#233;l&#232;ves les plus d&#233;munis allaient recevoir moins d'heures que leurs pr&#233;d&#233;cesseurs les plus favoris&#233;s du premier cycle des lyc&#233;es, avec la disparition d'une heure hebdomadaire et des d&#233;doublements. Une heure de &#171; soutien &#187; facultative destin&#233;e aux &#233;l&#232;ves faibles, rompant le dynamisme d'une progression, ne pouvait remplacer l'horaire perdu ni les heures de demi-groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme Chev&#232;nement de 1985 ent&#233;rina les programmes ant&#233;rieurs, mais en baissant encore les horaires d'une demi-heure et en supprimant le &#171; soutien &#187;. Les professeurs sont somm&#233;s d'enseigner mieux en enseignant moins, car, ainsi, ils &#171; identifient mieux l'essentiel &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1975-2000. En second cycle de lyc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second cycle va se r&#233;former sous la triple pression -en amont de la r&#233;forme Berthoin, en aval de l'universit&#233; et du pouvoir politique r&#233;clamant davantage de scientifiques. Les fili&#232;res classiques sont revues, laissant place en 1965 &#224; trois s&#233;ries : litt&#233;raire, scientifique et &#233;conomique, la quatri&#232;me s&#233;rie technique &#233;tant maintenue et allong&#233;e sur un cursus en trois ans. Les &#233;preuves du baccalaur&#233;at sont en 1969 anticip&#233;es &#224; la fin de la Premi&#232;re et g&#233;n&#233;ralis&#233;es &#224; l'ensemble des s&#233;ries, causant paradoxalement l'affaiblissement graduel de la s&#233;rie litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &lt;i&gt;&#233;preuves&lt;/i&gt; sont revues. La composition fran&#231;aise sur programme d'auteurs bloquait toute &#233;volution. Elle est remplac&#233;e par le choix entre trois exercices : un r&#233;sum&#233;-discussion de texte d'id&#233;es, plus fonctionnel, un commentaire compos&#233; sur libell&#233;, un essai litt&#233;raire de type dissertatif. Ce passage de l'histoire litt&#233;raire rigidifi&#233;e &#224; la formation de &#171; capacit&#233;s de r&#233;flexion et d'expression &#187; est le sym&#233;trique de celui de 1880, rejetant l'imitation st&#233;rile au profit de la dissertation critique. Un oral d'explication de texte est parall&#232;lement cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;formation&lt;/i&gt; des professeurs et les pr&#233;parations aux concours se modernisent, incluant des &#233;tudes de linguistique et de nouvelle critique, et vont peser sur la r&#233;novation de l'explication de textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux &lt;i&gt;programmes&lt;/i&gt; paraissent en 1981, &#224; la suite et dans l'esprit de ceux du coll&#232;ge de la r&#233;forme Haby. Ils prennent en compte les avanc&#233;es linguistiques et les m&#233;thodes actives, mais marquent des h&#233;sitations de doctrine (&#171; la litt&#233;rarit&#233; est difficile &#224; d&#233;finir avec rigueur &#187;, &#171; il n'y a pas un mod&#232;le unique de culture. &#187;) et de prescriptions : la liste d'&#339;uvres est remplac&#233;e par une liste d'auteurs, l'argumentation viserait moins &#224; penser qu'&#224; persuader. Cependant la d&#233;finition des &#233;preuves d'examen, insistant sur la formation d'un jugement critique, limite les incertitudes et guide les pratiques. En 1988 d'autres programmes paraissent, &#224; la fois plus classiques (retour d'une liste d'&#339;uvres et de l'histoire litt&#233;raire mais en contexte) et plus novateurs : l'explication de texte devient &#171; lecture m&#233;thodique &#187; organis&#233;e autour d'outils linguistiques et rh&#233;toriques qui dissuadent de la vieille explication impressionniste ou biographique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'&#233;l&#232;ve au centre du syst&#232;me &#187;&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories issues de l'&#233;ducation nouvelle sont depuis les ann&#233;es 60 introduites au minist&#232;re, avec Louis Legrand promoteur du plan Rouchette et des &#171; groupes de niveau &#187;, puis Philippe Meirieu, conseiller et un temps membre du Conseil national des programmes. Elles prennent force de loi &#224; partir de 1989 (loi Jospin). Pour donner plus d'autonomie &#224; l'&#233;l&#232;ve, limiter le r&#244;le de la transmission, r&#233;put&#233;e trop autoritaire et invasive, l'&#233;l&#232;ve est plac&#233; &#171; au centre du syst&#232;me &#233;ducatif &#187; et somm&#233; d'y &#171; acqu&#233;rir un savoir et de construire sa personnalit&#233; par sa propre activit&#233; &#187;, dans le cadre d'une &#171; socialisation &#187; qui &#171; est un objectif prioritaire de l'&#233;cole obligatoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; socialisation &#187; prend le relais de la vieille formation morale par les textes des ann&#233;es 50, bannie depuis trente ans. Les sociolinguistes universitaires entr&#233;s au Conseil national des programmes s'en chargent, en introduisant des notions techniques (genres, registres, &#233;nonciation) destin&#233;es &#224; lutter contre la &#171; connivence culturelle &#187; humaniste des &#233;lites, et des concepts de communication (&#171; actes de parole &#187;) propres &#224; &#171; d&#233;sarmer une violence verbale &#187; . L'objectif est double : pacifier les relations sociales en les rendant &#171; respectueuse(s) du pacte d&#233;mocratique de l'interdit de la violence &#187;, et instaurer une &#233;galit&#233; &#171; horizontale &#187;entre les &#233;l&#232;ves, en &#233;liminant la transmission &#171; verticale &#187; et historique de la culture, remplac&#233;e par un bagage technique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1995-2008. &#192; l'&#233;cole primaire et en premier cycle, de la 6&#232;me &#224; la 3&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes&lt;/i&gt; de 1995 (ainsi que ceux de 2002 en primaire) illustrent les principes de ce &#171; constructivisme &#187; li&#233; &#224; l'activit&#233; individuelle de l'&#233;l&#232;ve. Celui-ci doit &#234;tre plac&#233; constamment &#171; en position de recherche &#187;, &#171; s'initier &#187;, &#171; d&#233;couvrir &#187; en &#171; &#233;l&#232;ve enqu&#234;teur &#187; au centre de la globalit&#233; des savoirs, et s'y orienter par lui-m&#234;me. En grammaire, l'&#233;l&#232;ve va &#171; observer les variations qui affectent les verbes &#187;, les &#171; exercices r&#233;p&#233;titifs &#187; sont bannis. Pendant ce temps les horaires diminuent (la moyenne de l'horaire hebdomadaire du primaire passe de 10 heures &#224; 7,7 heures entre 1969 et 2002) &#8211; l'utilisation du fran&#231;ais dans toutes les mati&#232;res (&#171; pratique transversale de la langue &#187;) &#233;tant cens&#233;e remplacer son &#233;tude -, les contenus baissent (&#171; l'explication de la subordination est report&#233;e au coll&#232;ge &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des &lt;i&gt;m&#233;thodes d'apprentissage de la lecture&lt;/i&gt; se clarifie peu &#224; peu. Un premier revirement en 2002 pr&#233;conise le &#171; phonocentrisme &#187; et prend ses distances avec la m&#233;thode globale ou &#171; &#224; hypoth&#232;ses &#187;, la conf&#233;rence de consensus de 2003 et un arr&#234;t&#233; de 2006 ent&#233;rinent l'importance de l'automatisation des proc&#233;d&#233;s de d&#233;codage et d'identification des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au coll&#232;ge&lt;/i&gt;, r&#232;gne l'impr&#233;cision du constructivisme. &lt;i&gt;En grammaire&lt;/i&gt;, l'&#233;l&#232;ve doit &#234;tre &#171; capable de r&#233;fl&#233;chir plut&#244;t que de reconna&#238;tre &#187;. La m&#233;thode globale d'explication des textes somme l'&#233;l&#232;ve de distinguer des &#171; discours &#187; (&#171; actes de communication &#187;), puis de passer &#224; la &#171; grammaire de texte &#187; (organisation interne des &#233;nonc&#233;s) et enfin &#171; de phrase &#187; o&#249; seront peut-&#234;tre distingu&#233;es les fonctions. En pratique, grammaire et explication de texte doivent se mener en m&#234;me temps, globalis&#233;es en &#171; s&#233;quences &#187; d'&#233;tude conjointe des textes et de de la langue &#8211; brouillage qui exclut les apprentissages progressifs et structur&#233;s et nie la grammaire comme syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La litt&#233;rature&lt;/i&gt;, elle aussi, passe sous la coupe des &#171; discours &#187;, &#171; actes de parole &#187; dont &#171; l'analyse oblige &#224; prendre en compte une dimension sociale &#187;. Tous les textes sont donc r&#233;pertori&#233;s en fonction de leur type (&#171; discours narratif &#187;, &#171; discours argumentatif &#187;...) et non de leur auteur, de leur qualit&#233; ou de leur &#233;poque : tous les &#171; discours &#187; de m&#234;me type s'&#233;quivalent, qu'ils soient litt&#233;raires ou non ; la &#171; litt&#233;rature de jeunesse &#187; &#233;clipse bien des &#339;uvres classiques jusque-l&#224; r&#233;put&#233;es indispensables &#224; la culture commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &lt;i&gt;horaires&lt;/i&gt; fix&#233;s par le minist&#232;re Bayrou en 1995, ils deviennent variables au sein d'une &#171; fourchette &#187; allant de 4 &#224; 5 h 30 de cours par semaine. D'un &#233;tablissement &#224; l'autre, un &#233;l&#232;ve peut donc avoir re&#231;u jusqu'&#224; 32 semaines de cours de moins (presque une ann&#233;e scolaire &#8211; 36 semaines) qu'un camarade d'un autre coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; socle commun &#187; &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, le &#171; socle commun &#187; th&#233;oris&#233; dans le rapport Th&#233;lot de 2004, est instaur&#233; par la loi Fillon de 2005, satisfaisant aux v&#339;ux du sociologue Fran&#231;ois Dubet : que les savoirs du coll&#232;ge soient r&#233;gl&#233;s sur &#171; ce que doit savoir le plus faible des &#233;l&#232;ves quand il en sort. &#187;, seule garantie selon lui contre les in&#233;galit&#233;s. Principe inverse de celui du plan Langevin-Wallon de 1947, o&#249; &#171; tous les enfants, quelles que soient leurs origines familiales, sociales, ethniques, ont un droit &#233;gal au d&#233;veloppement maximum que leur personnalit&#233; comporte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1999-2011 En second cycle de lyc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Viala, universitaire &#224; Oxford et &lt;i&gt;auteur des programmes&lt;/i&gt; de lyc&#233;e de 1999, pr&#234;che lui aussi pour une approche globale de la litt&#233;rature : &#171; L'&#233;cole se doit de donner une vue d'ensemble qui les rende [les &#233;l&#232;ves] capables de faire des choix en connaissance de cause &#187;, au nom de la d&#233;mocratie : &#171; dans un programme scolaire, imposer une conception ne respecterait pas la v&#233;rit&#233; scientifique ni les principes d&#233;mocratiques. &#187; Il n'y a plus d'&#233;chelle de valeurs, et l'explication de textes est cens&#233;e nuire aux &#233;l&#232;ves : &#171; en montrant la richesse d'un texte, on renforce l'image de l'&#233;crivain de g&#233;nie, en paralysant la facult&#233; d'&#233;criture d'&#233;l&#232;ves qui manient mal les id&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retour, le programme va pourvoir l'&#233;l&#232;ve de quelques cl&#233;s suppos&#233;es universelles et d&#233;mocratiques : pour acc&#233;der aux &#339;uvres et les comprendre, il faut les classer en genres, en registres (tonalit&#233;s &#233;pique, tragique etc., et m&#234;me &#233;pidictique), conna&#238;tre leur histoire litt&#233;raire et culturelle, et leur &#171; effet sur le destinataire &#187;. Le but de l'&#233;tude d'un roman sera &#171; de faire appara&#238;tre le fonctionnement et la sp&#233;cificit&#233; du genre narratif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes&lt;/i&gt; sont r&#233;duits &#224; des genres, sans noms d'auteurs &#8211; le professeur choisira les &#339;uvres. Les exercices de baccalaur&#233;at (auxquels on ajoute sans suppl&#233;ment de temps un &#171; corpus &#187; de textes &#224; analyser pour contraindre &#224; &#171; une vue d'ensemble &#187;) calqu&#233;s sur ces programmes deviennent infaisables, et absorbent une grande partie du temps scolaire. Un troisi&#232;me type d'&#233;preuve est introduit en remplacement du r&#233;sum&#233;-discussion ; le &#171; sujet d'invention &#187;, qui revient aux sujets d'avant 1880 et &#224; des jeux de r&#244;les improbables o&#249; l'anachronisme peut librement s'&#233;panouir (imaginer un discours de Flaubert s'adressant &#224; Zola, une discussion entre Diderot et Van Loo sur les m&#233;rites descriptifs compar&#233;s de la peinture et de la litt&#233;rature, une lettre de la fille de Madame de S&#233;vign&#233; &#224; sa m&#232;re, une lettre &#224; un directeur de revue litt&#233;raire pour lui proposer un po&#232;me...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves ayant beaucoup de mal &#224; assimiler ces outils nouveaux et ne comprenant pas en quoi ils pouvaient &#233;clairer des textes dont ils ne saisissaient m&#234;me pas le sens litt&#233;ral, les inspecteurs g&#233;n&#233;raux sonnent le tocsin d&#232;s 2003. En 2007, le roman est r&#233;introduit en classe de Premi&#232;re d'o&#249; il &#233;tait absent. En 2011, un programme par th&#232;mes litt&#233;raires larges et par genres remplace les pr&#233;c&#233;dents, sans toutefois supprimer le &#171; sujet d'invention &#187; au baccalaur&#233;at, dont la r&#233;alisation donne souvent des r&#233;sultats indigents, et dont le type n'a rien &#224; voir avec des &#233;tudes sup&#233;rieures &#224; venir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les &lt;i&gt;horaires&lt;/i&gt; sont drastiquement r&#233;duits par la r&#233;forme Chatel de 2010 : suppression de 1 h 30 de cours en Seconde (54 heures sur l'ann&#233;e), perte de 126 heures de fran&#231;ais sur l'ensemble du cursus de la fili&#232;re litt&#233;raire L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2008-2016 &#192; l'&#233;cole primaire et en premier cycle, de la 6&#232;me &#224; la 3&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le minist&#232;re Darcos revient en &lt;i&gt;primaire&lt;/i&gt; &#224; des&lt;i&gt; programmes&lt;/i&gt; plus explicites, proches de l'esprit de ceux de 1985 quoique moins complets. Le lexique du t&#226;tonnement dispara&#238;t. Le CP compte 1 heure de plus (de 10 h &#224; 11 h). Mais les cours du samedi matin (qui avaient lieu deux semaines sur trois) sont supprim&#233;s, r&#233;duisant ainsi de deux heures le total hebdomadaire. Cette perte ne sera jamais compens&#233;e, la loi de &#171; refondation &#187; de 2013 l'ent&#233;rinant sans autre forme de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au &lt;i&gt;coll&#232;ge&lt;/i&gt;, les &#171; discours &#187; disparaissent des programmes, la grammaire peut &#234;tre enseign&#233;e de fa&#231;on autonome et construite, et non au hasard des textes. La litt&#233;rature reprend sa place en tant que porteuse de sens et non de &#171; discours &#187;. Mais les horaires ne sont pas renforc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re calcule que le niveau d'orthographe grammaticale des &#233;l&#232;ves a r&#233;gress&#233; d'au moins deux ann&#233;es scolaires entre 1987 et 2007 (les &#233;l&#232;ves de 5e de 2007 ont le niveau du CM2 de 1987), et &#224; nouveau entre 2007 et 2015 (enqu&#234;te Cedre, Note d'information DEPP n&#176;28, novembre 2016).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016 : nouveaux programmes, grand bond en arri&#232;re&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tous les programmes de l'&#233;cole primaire et du coll&#232;ge, pour toutes les classes en m&#234;me temps &#224; la rentr&#233;e 2016, sont refondus en 2015 par le Conseil sup&#233;rieur des programmes (CSP) et structur&#233;s selon le &#171; socle commun &#187; (la ma&#238;trise des connaissances, des comp&#233;tences et des comportements n&#233;cessaires pour s'int&#233;grer dans le monde professionnel, selon les crit&#232;res europ&#233;ens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un quart de si&#232;cle apr&#232;s, ils reprennent les principes de la loi de 1989 et des programmes de 1995&lt;/i&gt; : globalisme au nom du constructivisme dans tous les domaines, ma&#238;trise de la lecture report&#233;e en fin de CE2, r&#233;duction de l'&#233;tude de la langue (abord&#233;e en dernier point des divers programmes, et appauvrie : l'apprentissage du pass&#233; simple est r&#233;duit &#224; la 3e personne). La grammaire repose &#224; nouveau sur des t&#226;tonnements et des manipulations ; au coll&#232;ge, la &#171; s&#233;quence &#187; m&#234;lant litt&#233;rature et grammaire revient comme mod&#232;le p&#233;dagogique impos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; &lt;i&gt;l'&#233;tude des textes et de la litt&#233;rature&lt;/i&gt; de la 5e &#224; la 3e, elle est subordonn&#233;e, comme dans les programmes Viala du lyc&#233;e abandonn&#233;s en 2011, &#224; des cat&#233;gories, mais qui n'ont ici rien de litt&#233;raire ; ce sont des &#171; entr&#233;es &#187; de type &#233;ducatif ou socialisant de d&#233;veloppement de la personne : &#171; se chercher, se construire &#187;, &#171; vivre en soci&#233;t&#233;, participer &#224; la soci&#233;t&#233; &#187;, &#171; regarder le monde, inventer des mondes &#187;, &#171; agir sur le monde &#187;. Toutes les &#339;uvres doivent donc entrer dans ces sens pr&#233;&#233;tablis, au lieu que la &#171; lecture m&#233;thodique &#187; du lyc&#233;e des ann&#233;es 90 refusait &#171; les sens pr&#233;existants &#187;... Toute production &#233;crite ou film&#233;e peut &#234;tre objet d'&#233;tude : tous les supports (&#339;uvres classiques, litt&#233;rature de jeunesse, bandes dessin&#233;es, s&#233;ries, films) sont possibles. L'&#233;tude chronologique dispara&#238;t, de m&#234;me que les listes d'auteurs et d'&#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;programmes&lt;/i&gt; se d&#233;clinent en cycles, avec seulement des &#171; rep&#232;res de progressivit&#233; &#187; succincts. C'est ainsi que la classe de 6e, incluse dans le cycle 3 du primaire (CM1, CM2, 6&#232;me) comme le r&#233;clamaient depuis longtemps les sociologues, n'a plus de programme de litt&#233;rature et se fait compl&#233;ment du CM2. En cycle 4, les diff&#233;rences de niveau sont effac&#233;es dans une formule &#171; de la 5&#232;me &#224; la 3&#232;me &#187;, nuisant &#224; l'&#233;galit&#233; entre &#233;tablissements, et compliquant les changements d'&#233;cole ou de coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&#168;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles le&#231;ons peut-on tirer de cette exploration historique ? Quelles occasions l'enseignement du fran&#231;ais a-t-il manqu&#233;es au cours de son histoire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La d&#233;finition de l'enseignement du fran&#231;ais, fix&#233;e &#224; son apparition comme discipline autonome, est-elle toujours fond&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'instauration de l'instruction publique, il s'agit dans les petites classes d'acqu&#233;rir la lecture, la ma&#238;trise de la langue, les premi&#232;res approches d'une langue litt&#233;raire, par les r&#233;cits, les po&#232;mes, les fables. Les premi&#232;res instructions (1923, 1938, 1945 et 1950) d&#233;taill&#233;es et bienveillantes, incluant la pratique de l'oral, fixent ces fondements. Les principaux &#233;cueils rencontr&#233;s au cours de cette p&#233;riode semblent le formalisme et le laxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes d'une &#233;tude &#171; chimiquement pure &#187; de la &lt;i&gt;litt&#233;rature&lt;/i&gt; semblent &#233;tablis d&#232;s le coup de force instituant le fran&#231;ais au baccalaur&#233;at en 1880 : &#171; L'&#233;tude des litt&#233;ratures se fera par les textes &#187;, &#171; par une m&#233;thode positive &#187; &#171; formant &#224; un imp&#233;rieux devoir d'exactitude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;exercices&lt;/i&gt; conduiront &lt;i&gt;&#224; l'exercice de la r&#233;flexion et &#224; la formation de la pens&#233;e&lt;/i&gt; : &#171; un bon rapport, un bon expos&#233; dans un style exact, clair et suivi, sans autres qualit&#233;s litt&#233;raires que l'ordre et la justesse. &#187; (G. Lanson, 1909)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. Rudler pr&#233;conisera la dissertation, pr&#233;sent&#233;e comme &#171; un th&#233;or&#232;me &#187;. Les &#233;l&#232;ves &#171; comprirent vite ce langage (&#8230;). Je conclus de l&#224; que nous aurions tort de nous montrer sceptiques sur l'intelligence de nos &#233;l&#232;ves. Nous pouvons attendre et obtenir beaucoup d'eux, pourvu que nous leur apportions une m&#233;thode. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception assez &#171; scolaire &#187; (au sens de &#171; accessible aux &#233;l&#232;ves &#187;) d&#233;tach&#233;e des influences, faisant des textes les seuls guides de leur interpr&#233;tation, et cultivant l'esprit critique par des m&#233;thodes explicites, perdure assez longtemps avant et apr&#232;s guerre, et pr&#233;side sans beaucoup de remises en cause internes &#224; la scolarisation massive dans les programmes du coll&#232;ge de 1961, 1975 et 1985, ainsi que ceux du lyc&#233;e de 1981 et 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8594; &lt;i&gt;Cette d&#233;finition de la formation linguistique et litt&#233;raire est-elle p&#233;renne ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Quelles conceptions ont pu d&#233;naturer et instrumentaliser l'enseignement de la langue et de la litt&#233;rature ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La question morale et la formation civique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al corn&#233;lien du h&#233;ros et de la vertu s'impose &#224; travers l'importance longtemps pr&#233;gnante du XVIIe si&#232;cle dans les ann&#233;es 1920-50, et paralyse l'extension des programmes, tout comme la formation &#224; &#171; la beaut&#233; morale &#187; par les beaux textes des ann&#233;es 1950. La socialisation, vue comme l'apaisement des rapports relationnels (persuasion de Perelman), prend le relais de la morale dans les ann&#233;es 1990 (Meirieu). Les programmes de 1995 et 2000 en portent la marque. Ceux de 2016 y reviennent (programmes de litt&#233;rature par &#171; entr&#233;es &#187; socialisantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature est alors employ&#233;e pour d'autres fins qu'elle-m&#234;me, et cette utilisation st&#233;rilise la vertu des textes comme porteurs de sens, et surtout porteurs d'un sens pluriel induit par le langage litt&#233;raire. P&#233;dagogiquement, elle rend l'apprentissage incompr&#233;hensible par de jeunes &#233;l&#232;ves. Politiquement, elle r&#233;duit l'instruction &#224; une cat&#233;chisation, et pose le probl&#232;me de la formation du jugement critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8594; &lt;i&gt;Comment sortir de l'instrumentalisation du fran&#231;ais ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La question politique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'est manifest&#233;e par la contestation de la culture &#171; bourgeoise &#187;, qui a perdur&#233; dans la contestation de l'apprentissage de la langue &#233;labor&#233;e, versus la langue du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte historique a jou&#233; contre le fran&#231;ais : l'instruction port&#233;e par la III&#232;me R&#233;publique a &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; une colonisation des esprits ; inversement, le constructivisme r&#233;instaurant l'activit&#233; de l'&#233;l&#232;ve serait une tentative de d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politisation des questions p&#233;dagogique et didactique a brouill&#233; tous les efforts de r&#233;flexion disciplinaire (depuis les ann&#233;es 60 et la d&#233;nonciation du plan Rouchette par l'Acad&#233;mie fran&#231;aise et &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, toutes les questions d'instruction sont devenues politiques) : la m&#233;thode syllabique a &#233;t&#233; accus&#233;e de conservatisme, de m&#233;thode &#171; de droite &#187;, contre le globalisme r&#233;put&#233; &#171; de gauche &#187;, paralysant les r&#233;flexions sur l'efficacit&#233; des m&#233;thodes et emp&#234;chant de penser les rapports dialectiques entre analyse et synth&#232;se dans l'apprentissage de la lecture par des enfants en devenir. La &#171; lecture m&#233;thodique &#187;, dont l'objectivit&#233; a &#233;t&#233; salu&#233;e et reconnue salutaire, a &#233;t&#233; proclam&#233;e &#171; seule lecture de gauche &#187;, alors m&#234;me que c'&#233;taient des progr&#232;s didactiques et non directement politiques, la linguistique et la nouvelle critique, qui l'avaient permise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8594; &lt;i&gt;Comment sortir de la lecture politique des m&#233;thodes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Quelles r&#233;alit&#233;s ou modalit&#233;s de l'enseignement du fran&#231;ais ont-elles &#233;t&#233; n&#233;glig&#233;es, ou non interrog&#233;es ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pr&#233;jug&#233; misogyne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement f&#233;minin sans latin ni grec en lyc&#233;e (jusqu'en 1924) n'a pas &#233;t&#233; interrog&#233;, alors qu'il pouvait &#233;clairer la question de la grammaire (qu'est-ce qu'un enseignement de la grammaire d&#233;tach&#233; du mod&#232;le latin ?) et celle de la culture commune (quel programme de litt&#233;rature dans les lyc&#233;es de jeunes filles ?). Seul l'enseignement masculin a pr&#233;valu, comme mod&#233;lisateur de la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pr&#233;jug&#233; de classe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res d&#233;mocratisations se sont effectu&#233;es dans les &#171; &#233;coles du peuple &#187; sans latin (&#233;coles primaires sup&#233;rieures municipales, cours compl&#233;mentaires, coll&#232;ges techniques) bien avant la r&#233;forme Berthoin et le coll&#232;ge unique : entre 1937 et 1947, la proportion des enfants d'ouvriers et artisans en 6e passe de 9 &#224; 31%. Mais les instructions et les m&#233;thodes qui les concernent, tr&#232;s d&#233;taill&#233;es en contenus et horaires, ne sont pas reprises au moment de la d&#233;mocratisation, qui s'effectue sur le &#171; mod&#232;le lyc&#233;e &#187;. Tr&#232;s explicites et gradu&#233;es, elles auraient pu mod&#233;liser celles du coll&#232;ge unique (comment forme-t-on les enfants &#171; du peuple &#187; ? pourquoi les instructions qui les concernent ont-elles &#233;t&#233; si prescriptives, et dans quel but ? Pourquoi n'a-t-on pas repris leurs le&#231;ons ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le latin comme alibi, le fran&#231;ais sans latin grand absent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le latin a longtemps &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; d&#233;charge : horaires renforc&#233;s des &#233;l&#232;ves non-latinistes en lyc&#233;e et en cours compl&#233;mentaires de 1902 &#224; 1959, et en coll&#232;ge en 1968-69 pour pallier la disparition du latin en 6&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de la d&#233;mocratisation par massification, le latin est utilis&#233; &#224; charge : baisse des horaires de 30% en CP (1969) parce que le latin en 6&#232;me va &#234;tre supprim&#233; (le fran&#231;ais ne servirait qu'&#224; faire du latin) ; comme tous n'auraient pas fait de latin, les non-latinistes potentiels perdent leur avantage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;liminant le latin comme alibi administratif ou politique, on aurait pu d&#233;finir les exigences d'un enseignement du fran&#231;ais compensant la r&#233;flexion linguistique apport&#233;e par l'&#233;tude du latin (quel renforcement des horaires ?, quel type d'exercices compensateurs de cette r&#233;flexion ?), en s'appuyant sur les textes de 1902 et 1925 pour le lyc&#233;e, de 1947 et 1961 pour l'enseignement technique, o&#249; la r&#233;f&#233;rence au latin est trait&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) Quelles occasions ont-elles &#233;t&#233; manqu&#233;es ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'examen des horaires n'a jamais eu lieu&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les horaires d&#233;volus au fran&#231;ais n'ont cess&#233; de baisser depuis 1975, date de la d&#233;mocratisation fix&#233;e par la loi. Cette d&#233;mocratisation ne s'est donc jamais faite, puisqu'on a donn&#233; l&#233;galement moins &#224; ceux qui auraient n&#233;cessit&#233; le plus, l&#233;galement moins qu'&#224; leurs pr&#233;d&#233;cesseurs favoris&#233;s par leur milieu social et culturel, l&#233;galement moins qu'&#224; leurs pr&#233;d&#233;cesseurs enfants &#171; du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 70, &lt;i&gt;l'examen des m&#233;thodes&lt;/i&gt; (automatismes) &lt;i&gt;n'a jamais eu lieu&lt;/i&gt;, sauf tout &#224; fait r&#233;cemment (en lecture). Les m&#233;thodes prescriptives ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme un formatage, les m&#233;thodes constructivistes n'ont jamais &#233;t&#233; &#233;valu&#233;es, sauf par leur &#233;chec (enqu&#234;tes sur la baisse de qualit&#233; de l'orthographe grammaticale, entre 1987 et 2015). Pire, l'&#201;ducation nationale confond constamment nouveaut&#233; et qualit&#233;, et se pr&#233;cipite sur les derni&#232;res m&#233;thodes des derniers gourous, &#233;ventuellement les subventionne (&#171; enseignants innovants &#187;, &#171; constante macabre &#187;, &#171; classe invers&#233;e &#187;, num&#233;rique sans recul). Les m&#233;thodes scolaires, qui demanderaient prudence, distance et temps long, sont trait&#233;es dans l'urgence et comme des modes &#233;ph&#233;m&#232;res, sans qu'on s'appuie sur la recherche. Des querelles doctrinales condamnent ou minent des pratiques adapt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des exp&#233;riences et recherches document&#233;es et chiffr&#233;es des ann&#233;es 60 ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es&lt;/i&gt; (G. Vincent, J. Repusseau), alors que ces recherches sur les capacit&#233;s des enfants &#171; du peuple &#187;, men&#233;es scientifiquement et toujours consultables, auraient pu beaucoup plus t&#244;t &#233;clairer les esprits et les d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La le&#231;on de l'&#233;chec des classes de transition&lt;/i&gt; (enseignement &#171; d&#233;ficitariste &#187;), pourtant tir&#233;e politiquement (Baudelot, Establet) et par l'institution (abandon en 1973) n'a jamais &#233;t&#233; entendue : ce dispositif ruin&#233; a continu&#233; de servir de mod&#232;le p&#233;dagogique, jusqu'&#224; maintenant, et de &#171; bo&#238;te &#224; id&#233;es &#187; ; en 1966 d&#233;j&#224;, en effet, les programmes des classes &#171; pratiques &#187; d&#233;finissaient les quatorze &#171; attitudes et qualit&#233;s valables pour toute activit&#233; de travail &#187;, anc&#234;tres des &#171; comp&#233;tences &#187; de l'OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les grands absents des r&#233;formes sont les &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'impact r&#233;el sur eux de l'enseignement dispens&#233; ? Les interroge-t-on suffisamment sur leur r&#233;ception des cours et des exercices ? La didactique du fran&#231;ais ne peut-elle servir de p&#233;dagogie ? P&#233;dagogie explicite et soulagement des &#233;l&#232;ves : des pistes &#224; explorer sur la r&#233;action des &#233;l&#232;ves &#224; l'explicitation des attentes et aux raisons des choix de m&#233;thodes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Merci &#224; Philippe Le Qu&#233;r&#233;, co-auteur des trois parties de l'historique complet, d'avoir bien voulu relire cette synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;l&#233;ments pour une histoire des enseignements artistiques</title>
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		<dc:date>2015-01-24T09:27:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Sauve</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;ambule &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant toute chose, il faut n&#233;cessairement informer le lecteur d'o&#249; l'on parle. &lt;br class='autobr' /&gt; Je suis un enseignant &#224; la retraite, qui apr&#232;s avoir enseign&#233; diverses disciplines s'est arr&#234;t&#233; sur les Arts Plastiques et a &#233;t&#233; professeur d'IUFM pendant 12 ans. J'ai &#233;t&#233; par ailleurs militant syndical et suis rest&#233; militant politique &#171; marxien &#187;. C'est d&#233;termin&#233; par ces engagements politiques et professionnels que je vais m'autoriser &#224; pr&#233;senter une approche de cette histoire. Je m'autoriserai du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L133xH150/arton200-ae273.png?1790692798' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;ambule&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il faut n&#233;cessairement informer le lecteur d'o&#249; l'on parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je suis un enseignant &#224; la retraite, qui apr&#232;s avoir enseign&#233; diverses disciplines s'est arr&#234;t&#233; sur les Arts Plastiques et a &#233;t&#233; professeur d'IUFM pendant 12 ans. J'ai &#233;t&#233; par ailleurs militant syndical et suis rest&#233; militant politique &#171; marxien &#187;. C'est d&#233;termin&#233; par ces engagements politiques et professionnels que je vais m'autoriser &#224; pr&#233;senter une approche de cette histoire. Je m'autoriserai du coup &#224; prendre un parti. Parti qui s'est forg&#233; dans mes engagements &#224; la fois politiques et p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'approche est d&#233;termin&#233;e par les pr&#233;occupations qui portent sur les questions d'une part de l'art et du patrimoine comme construits sociaux, et d'autre part de l'&#233;ducation, de l'enseignement, enfin de la p&#233;dagogie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une partie importante de cette pr&#233;sentation sera emprunt&#233;e aux travaux de Marie-Jeanne Brondeau-Four et de Martine Colboc-Terville dans un document de 98 pages, publi&#233; sur le site de l'acad&#233;mie de Nantes, intitul&#233; &#171; Du dessin aux arts plastiques. Rep&#232;res historiques et &#233;volution jusqu'en 1996 &#187;. Pour traiter de l'histoire de l'enseignement de la musique, je me suis appuy&#233; sur la contribution de Philippe Bazin, IPR-IA d'Education Musicale et chant choral au stage de formation continue du 13 novembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Raconter l'histoire des enseignements artistiques (en particulier des arts plastiques que je connais un peu mais aussi de la musique que je connais beaucoup moins) oblige &#224; suivre le fil de l'Histoire dans ses dimensions &#233;conomique et politique, suivre &#233;galement le fil de l'histoire de la pens&#233;e, de la philosophie de l'enseignement et de croiser tout cela avec l'&#233;volution de la production artistique (peinture, dessin, sculpture, photographie pour les arts plastiques et la musique), commun&#233;ment appel&#233;e histoire de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'histoire du XIX&#232;me si&#232;cle en France, c'est du point de vue politique, la naissance de la nation, la d&#233;finition de son patrimoine, l'invention du peuple fran&#231;ais (long processus qui se poursuivra jusqu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle), l'affirmation de la bourgeoisie comme classe dominante ; c'est aussi la naissance de la pens&#233;e socialiste qui construira une pens&#233;e subversive et marquera profond&#233;ment l'art en g&#233;n&#233;ral. C'est du point de vue &#233;conomique, le d&#233;ploiement de la r&#233;volution industrielle, la construction de voies de communication gigantesques, le d&#233;veloppement de l'industrie et la transformation des villes, un formidable exode rural transformant des centaines de milliers de paysans en un prol&#233;tariat d'&#233;migr&#233;s de l'int&#233;rieur. C'est du point de vue artistique l'affermissement de la figure de l'artiste comme construit social, la cr&#233;ation de salons, le surgissement de batailles d'&#233;cole, de courants picturaux et musicaux tout au long du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le XX&#232;me si&#232;cle connaitra des crises majeures (les deux guerres les plus meurtri&#232;res que le monde ait connues), des r&#233;volutions qui boulevers&#232;rent les sph&#232;res &#233;conomique, politique et artistique (il est &#224; noter que le terme d'avant-garde a &#233;t&#233; utilis&#233; aussi bien dans la sph&#232;re politique que dans la sph&#232;re artistique), enfin le capitalisme triomphant sous sa forme la plus pernicieuse, et peut-&#234;tre la plus barbare, des trente derni&#232;res ann&#233;es qui &#224; son tour modifie la donne dans tous les domaines et singuli&#232;rement dans le domaine qui nous int&#233;resse : l'&#233;ducation et les enseignements artistiques qui nous r&#233;unissent ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En guise de fil conducteur&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'art a toujours entretenu des rapports de servitude au pouvoir. Des p&#233;riodes de ruptures ont tent&#233; de secouer le joug. Elles ont souvent &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;es. L'enseignement des disciplines artistiques est une ar&#232;ne dans laquelle des forces sociales s'affrontent. Le mouvement g&#233;n&#233;ral des conceptions p&#233;dagogiques dominantes traduit des moments de triomphe de l'&#233;conomique mais aussi des remises en cause. Le d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle en est une avec l'&#233;mergence des avant-gardes artistiques et de la pens&#233;e sociale. A la fin du si&#232;cle et au d&#233;but du suivant, l'art est plus que jamais cet instrument du pouvoir et la &#171; culture &#187; un enjeu marchand. Mieux, les &#233;glises ne faisant plus recette, une nouvelle religion se c&#233;l&#232;bre dans les mus&#233;es et les expositions. Le pouvoir au service du n&#233;o lib&#233;ralisme m&#232;ne une offensive dans l'&#233;ducation dans le but de pr&#233;parer la jeunesse &#224; la consommation et l'emploi culturels. Il lui faut pour cela emp&#234;cher l'&#233;mergence du sujet-cr&#233;ateur, remplacer les pratiques plastiques et musicales par des pratiques culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Musique et dessin, une histoire diff&#233;rente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le dessin et la musique se distinguent dans la tradition philosophique et rh&#233;torique depuis les Grecs en ce que la musique fut promue au rang &#171; d'art lib&#233;ral &#187; et les arts plastiques rel&#233;gu&#233;s au rang &#171; d'art servile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le capitulaire de Charlemagne (Admonitio generalis, 23 mars 789) d&#233;clare : &#171; (...) Nous voulons que les &#233;coles soient cr&#233;&#233;es pour apprendre &#224; lire aux enfants. Dans tous les monast&#232;res et les &#233;v&#234;ch&#233;s, enseignez les psaumes, les notes (sorte de st&#233;nographie de la langue latine), le chant, le comput, la grammaire (...) &#187;. Par ailleurs, pour la formation des &#233;lites, cet &#233;dit rappelle les sept disciplines intellectuelles consid&#233;r&#233;es comme fondamentales depuis l'Antiquit&#233;. Elles sont organis&#233;es en deux cycles, dont l'acquisition est alors vue comme n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension des myst&#232;res de la Foi chr&#233;tienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le premier cycle, le trivium, est vou&#233; &#224; la ma&#238;trise de la langue latine ; il regroupe ainsi grammaire, rh&#233;torique (l'art de composer un texte) et dialectique (l'art de disserter) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le second cycle, le quadrivium, est consacr&#233; aux sciences : arithm&#233;tique, g&#233;om&#233;trie, musique et astronomie. Cette nomenclature (issue de Platon, La R&#233;publique, Livre VII) perdure lors de la fondation des universit&#233;s, au XIII&#232;me si&#232;cle. Ce sont l&#224; les &#171; arts lib&#233;raux &#187; , arts de l'immat&#233;riel, par opposition aux &#171; arts m&#233;caniques &#187;, qui concernent la transformation du tangible, cela rel&#232;verait aujourd'hui des arts visuels. Ces distinctions marqueront l'histoire des disciplines pour une longue p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; la moiti&#233; du 19&#232;me si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrimoine et &#233;dification du peuple&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est &#224; partir de la R&#233;volution Fran&#231;aise et de l'av&#232;nement de la R&#233;publique que la pr&#233;occupation d'un enseignement pour le peuple devient tangible ; cette p&#233;riode sera donc notre point de d&#233;part. Il fallait en trouver un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s 1890, l'assembl&#233;e nationale engage un travail d'inventaire des biens du clerg&#233; qui viennent d'&#234;tre confisqu&#233;s. Ils constituent les biens nationaux et int&#232;grent les &#171; collections publiques &#187; d'un patrimoine national. Le 10 ao&#251;t 1793, la Convention ouvre le &#171; mus&#233;e des arts &#187; dans le palais du Louvre sous le contr&#244;le de la Commission de l'Instruction Publique &#224; laquelle participe le peintre David. D'embl&#233;e il est int&#233;ressant de remarquer que le mus&#233;e est consid&#233;r&#233; comme &#233;l&#233;ment de l'instruction publique. &#034;Le mus&#233;um n'est point un vain rassemblement d'objets de luxe et de frivolit&#233; qui ne doivent servir qu'&#224; satisfaire la curiosit&#233;. Il faut qu'il devienne une &#233;cole importante. Les instituteurs y conduiront leurs jeunes &#233;l&#232;ves ; le p&#232;re y m&#232;nera son fils&#034; affirme la commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1792 avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s l'Institut des beaux arts en remplacement des acad&#233;mies de Mazarin et Colbert, ainsi que l'&#201;cole des Arts et M&#233;tiers, les &#201;coles Sp&#233;ciales et les &#201;coles Centrales en remplacement des coll&#232;ges de l'ancien R&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il faut souligner que l'enseignement des arts plastiques se pense conjointement &#224; un processus de &#171; patrimonialisation &#187;. Notion importante qui tire son &#233;tymologie de &#171; pater &#187; le p&#232;re et dont &#171; patria &#187; la patrie est un d&#233;riv&#233; La soci&#233;t&#233; cr&#233;e son histoire en en rassemblant des t&#233;moignages et se pla&#238;t &#224; la contempler, se forge un pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce qui concerne la musique, durant des si&#232;cles, c'est dans les paroisses et &#224; la Cour que l'on &#233;duque &#224; la pratique musicale, aux fins de divertissement ou bien dans le but de r&#233;v&#233;rer l'ordre divin et/ou le pouvoir royal. Distinguant notre pays des autres r&#233;gions d'Europe, la R&#233;volution fran&#231;aise la&#239;cise cette situation, sans toutefois d&#233;roger &#224; l'utilitarisme : c'est en premier lieu pour fournir des instrumentistes &#224; la fanfare, puis &#224; l'orchestre de la Garde nationale, que la Convention institue le Conservatoire de Paris (1795)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les lyc&#233;es napol&#233;oniens&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sous le Consulat N. Bonaparte cr&#233;e en 1802 les lyc&#233;es de gar&#231;ons. Un arr&#234;t&#233; y institue l'apprentissage du dessin. En 1809, les &#233;l&#232;ves dessinaient donc quotidiennement au cours des quinze heures de la journ&#233;e (6 heures d'&#233;tudes), d'une part un dessin dit &#034;d'imitation&#034;, artistique (la copie de mod&#232;les) ayant comme r&#233;f&#233;rence la &#034;Nature&#034; per&#231;ue &#224; travers les oeuvres d'art ; d'autre part un dessin plus scientifique li&#233; &#224; la g&#233;om&#233;trie descriptive propos&#233; sp&#233;cialement aux &#233;l&#232;ves qui se destinent aux carri&#232;res d'ing&#233;nieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034;Lorsque les arts plastiques qui s'appelaient alors &#034;dessin&#034; ont &#233;t&#233; introduits dans l'instruction &#224; l'&#233;poque napol&#233;onienne, c'&#233;tait en r&#233;ponse aux besoins du pays. En effet la n&#233;cessit&#233; d'avoir une ma&#238;trise en dessin correspondait &#224; ce moment de notre histoire &#224; une n&#233;cessit&#233; &#233;conomique : celle des manufactures, qui produisaient des objets nouveaux ; mais tr&#232;s curieusement, l'inscription du dessin dans l'instruction publique s'est faite au sein des arts d'agr&#233;ment au m&#234;me titre que la danse. &#187; souligne Gilbert P&#233;lissier (IPR-IA de l'acad&#233;mie de Cr&#233;teil). L'orientation de cet enseignement reste essentiellement &#233;nonc&#233;e comme professionnelle mais cette discipline a comme fondement original une ambigu&#239;t&#233; entre une finalit&#233; culturelle et une finalit&#233; professionnelle. Les questions qui se posent alors portent non sur les finalit&#233;s mais sur la nature de cet enseignement et la mani&#232;re de s'y prendre pour l'enseigner, et d&#233;bouchent sur l'&#233;largissement des formes de dessin et la multiplication des m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me moiti&#233; du 19&#232;me : naissance d'une discipline&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les expositions universelles&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les expositions universelles au 19&#232;me ont une importance capitale dans l'&#233;volution des enseignements artistiques. Comme vitrine des nations, elles seront un lieu de comp&#233;tition et de r&#233;ajustement des politiques &#233;ducatives au service de l'&#233;conomie et du rayonnement des nations. L'Exposition Universelle de Londres en 1851, la premi&#232;re du si&#232;cle, privil&#233;gie les &#034;Arts Appliqu&#233;s &#224; l'Industrie&#034; dans lesquels l'Angleterre excelle. La Commission royale exclut la peinture de la section Beaux-Arts : &#034;elle transmet sur la toile &#187;, dit-on, &#171; un ordre d'&#233;tudes, de sujets, de passions, qui sont &#233;trangers &#224; l'industrie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cependant, le compte rendu du Comte de Laborde publi&#233; en 1856 sur l'exposition de 1851 propage l'id&#233;e que face &#224; l'avanc&#233;e de l'Angleterre, la France doit renouer avec les grandes traditions de l'Art. Le dessin industriel y est pr&#233;sent&#233; comme le d&#233;but de la vulgarit&#233; dans l'Art et par cons&#233;quent dans l'industrie. Il s'agit de r&#233;tablir le go&#251;t de la grande tradition par le dessin, le m&#234;me dessin partout, de l'enseignement primaire &#224; l'enseignement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lorsque, &#224; son tour, la France organise &#224; Paris l'Exposition Universelle de 1855, Napol&#233;on III ayant compris la le&#231;on donne une place cons&#233;quente aux Beaux-Arts et &#224; la peinture fran&#231;aise en particulier. Tandis que les Arts d&#233;coratifs, appel&#233;s alors &#034;Arts appliqu&#233;s &#224; l'industrie&#034;, sont pr&#233;sent&#233;s s&#233;par&#233;ment au palais de l'industrie, les peintres fran&#231;ais les plus c&#233;l&#232;bres exposent leurs oeuvres en grand nombre. La section des Beaux-Arts de l'Exposition Universelle de 1855 est un grand succ&#232;s pour l'art fran&#231;ais. Engendrant d&#233;bats et d&#233;cisions dont les effets ne seront pas imm&#233;diatement visibles, l'&#233;lan de la comp&#233;tition est ainsi donn&#233;. Ces d&#233;bats, ponctu&#233;s de textes charni&#232;res dont le premier est celui de la Commission Ravaisson, seront r&#233;activ&#233;s lors de chaque nouvelle exposition universelle, tout au long du 19&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ravaisson vs Guillaume, philosophie vs industrie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les noms de F&#233;lix Ravaisson ainsi que celui d'Eug&#232;ne Guillaume dont on parlera par la suite sont &#224; retenir car ils repr&#233;sentent les deux tendances qui s'affronteront tout au long de cette deuxi&#232;me moiti&#233; du XIX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;lix Ravaisson (1813-1900) est philosophe de formation et arch&#233;ologue, membre de l'Institut du Conseil Imp&#233;rial de l'Instruction publique et Inspecteur G&#233;n&#233;ral de l'enseignement sup&#233;rieur pour les lettres. H. Bergson d&#233;finit la position de Ravaisson en ces termes : &#034;Toute la philosophie de Monsieur Ravaisson m&#233;rite de cette id&#233;e que l'art est une m&#233;taphysique figur&#233;e, que la m&#233;taphysique est une r&#233;flexion sur l'art et que c'est la m&#234;me intuition diversement utilis&#233;e qui fait le philosophe profond et le grand artiste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Eug&#232;ne Guillaume (1822-1905) est sculpteur, professeur, critique d'art, directeur de l'&#201;cole des Beaux-Arts, professeur &#224; Polytechnique, directeur de la villa M&#233;dicis, professeur au coll&#232;ge de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le rapport de la commission dirig&#233;e par Ravaisson comprend un projet et une m&#233;thode d'enseignement, un plan d'&#233;tudes, des programmes ainsi que des propositions concernant le recrutement des &#034;ma&#238;tres de dessin&#034;. C'est un projet fondateur qui d&#233;fend une tradition &#224; la fois philosophique, artistique et p&#233;dagogique. Mais, bien que les conclusions de la commission Ravaisson ne seront pas suivies d'effet dans l'imm&#233;diat elles permettront d'expliciter le d&#233;bat sur les finalit&#233;s d'un enseignement du dessin articul&#233; autour de deux grandes tendances : luxe ou n&#233;cessit&#233;, culturel ou professionnel. Ravaisson perdra la bataille et ce sont les positions d'Eug&#232;ne Guillaume qui seront retenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1866, E. Guillaume, lors d'une conf&#233;rence &#224; l'union centrale des Beaux-Arts Appliqu&#233;s &#224; l'Industrie, &#233;non&#231;ait ainsi son projet : &#171; le dessin doit &#234;tre consid&#233;r&#233; au d&#233;but bien plut&#244;t comme un mode de repr&#233;sentation positive que comme un moyen d'exprimer des sentiments, le consid&#233;rer surtout sous le rapport de la correction et de l'exactitude, par son c&#244;t&#233; utile qui consiste d'abord &#224; bien copier &#187;. La m&#233;thode Guillaume s'impose comme la Grammaire du dessin. &#171; La g&#233;om&#233;trie est la clef unificatrice aussi bien de la Nature que du champ social &#187;. La positivit&#233; du &#034;g&#233;om&#233;trisme&#034;, r&#233;pondant aux besoins des mutations &#233;conomiques et du d&#233;veloppement de l'industrie pendant la p&#233;riode 1865-1880, s'imposera. Cependant, outre les raisons &#233;conomiques, on peut envisager que si l'institution a retenu la m&#233;thode Guillaume c'est parce qu'elle continuait &#224; postuler l'unit&#233; d'une discipline malgr&#233; la diversit&#233; de ses formes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;re moiti&#233; du 20&#232;me si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le tournant du si&#232;cle depuis les impressionnistes jusqu'aux ann&#233;es 20, les arts plastiques connaissent des bouleversements radicaux. L'abstraction appara&#238;t en 1910. Paris est la capitale mondiale de l'avant-garde. Tous les codes picturaux sont cul par-dessus t&#234;te. L'enseignement reste sagement en dehors mais la mutation se fait par l'apparition de la p&#233;dagogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Naissance de l'&#233;l&#232;ve&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1902 les principes de Guillaume sont remis en cause. La r&#233;forme de l'enseignement du dessin de 1909 s'inscrit dans le cadre de la r&#233;forme g&#233;n&#233;rale de l'enseignement de 1902 dont les traits dominants sont : le recul de la culture classique qui perd son h&#233;g&#233;monie, la volont&#233; de doter les &#233;l&#232;ves d'une n&#233;cessaire formation professionnelle. A raison de deux heures hebdomadaires, l'enseignement du dessin est obligatoire &#224; tous les niveaux sauf en terminale o&#249; il est facultatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient ici de faire un point sur la place particuli&#232;re que le dessin occupe dans l'univers des arts plastiques. Rappelons que le dessin jusqu'au XVIIIe si&#232;cle s'&#233;crivait &#171; dessein &#187; signifiant par l&#224; que le dessin n'a pas de valeur en soi (du point de vue des Beaux Arts), qu'il n'est que le projet de la peinture. Le XIX&#232;me si&#232;cle est le moment o&#249; la peinture tend &#224; s'&#233;manciper du dessin. C'est le sens de la bataille qui oppose Delacroix et Ingres. Ingres et les peintres &#171; pompiers &#187; &#233;tant les &#171; r&#233;actionnaires &#187; tenants du dessin comme la base de tout contre le coloriste Delacroix. Les impressionnistes et post impressionnistes influenc&#233;s par les travaux de Chevreul et Goethe sur la couleur s'inscrivent dans la br&#232;che ouverte par Delacroix. Si le dessin a perdur&#233; dans l'intitul&#233; des programmes c'est le versant utile &#224; l'industrie qui en est la cause. Il est notable que l'apparition de la couleur dans les programmes constitue un indicateur de l'&#233;volution de la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce qui concerne la musique dont nous avons soulign&#233; l'usage utilitaire depuis la R&#233;volution, conna&#238;t &#233;galement un usage &#171; bourgeois &#187; : les conservatoires locaux sont en quelque sorte une municipalisation des pr&#233;ceptorats priv&#233;s. Les pianos qui deviennent abordables du fait de la m&#233;canisation envahissent les salons des bourgeois, comme le remarque Philippe Bazin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but de si&#232;cle, le d&#233;veloppement des &#233;tudes de psychologie, donnent de l'importance &#224; la personne : c'est l'enfant lui-m&#234;me qui commence &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un sujet de cr&#233;ation plastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La modernit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Instructions qui accompagnent le programme de 1909, la m&#233;thode s'appuie sur la qualit&#233; de la relation p&#233;dagogique, sur la confiance faite au ma&#238;tre et sur la prise en compte du plaisir de l'&#233;l&#232;ve dans la motivation : &#171; l'enseignement du dessin dans les lyc&#233;es et coll&#232;ges ne doit en aucune fa&#231;on &#234;tre dirig&#233; en vue d'une profession sp&#233;ciale. &#187; En &#233;cho &#224; la pol&#233;mique Delacroix-Ingres, il est dit : &#171; Si le mod&#232;le propos&#233;, c'est l'objet r&#233;el, la couleur n'est pas s&#233;par&#233;e de la ligne, beaucoup moins r&#233;elle pour l'oeil que la surface qu'elle limite.(...) Et qui ne sait combien plus vite que les lignes pures la couleur occupe l'esprit de l'enfant ? &#187;... &#171; le crayon de couleur, le pastel, l'aquarelle ne seront plus des fruits d&#233;fendus &#187;....&#171; Mais si la ligne pure ne satisfait pas tout l'oeil, elle n'int&#233;resse pas non plus tout le toucher. Il a besoin du relief et du volume. Le modelage sera donc aussi encourag&#233; &#187;. Avec ce tournant radical, l'enseignement des arts plastiques entrent peu &#224; peu dans la modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Mais l'articulation oblig&#233;e avec les autres mati&#232;res place en fait la discipline encore nouvelle sous leur tutelle, limitant ainsi la progression de son inscription propre. Le manque de confiance avou&#233; quant aux comp&#233;tences des professeurs de dessin sugg&#232;re qu'il y a de la part des repr&#233;sentants de l'institution appel &#224; validation par les autres disciplines, afin de combler les lacunes d'un enseignement dues &#224; l'absence de formation de ses ma&#238;tres &#187; nous disent Brondeau-Four et Colboc-Terville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le domaine de la musique, les premi&#232;res instructions de l'&#233;cole primaire (1882) circonscrivent l'&#233;ducation musicale &#224; la pratique du chant collectif, fondamentalement vou&#233; &#224; inculquer le sentiment de l'identit&#233; patriotique. Dans le Second degr&#233;, l'enseignement du solf&#232;ge au &#171; petit lyc&#233;e &#187; comprend une heure pour les classes de gar&#231;ons et deux heures pour celles des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les disciplines artistiques, on le voit, ont au XIX&#232;me si&#232;cle &#233;t&#233; au service &#224; la fois de l'affirmation nationale : rayonnement de l'art fran&#231;ais et patriotisme et du d&#233;veloppement de l'industrie pour le plus grand profit d'une bourgeoisie triomphante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un vent nouveau&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; A partir de 1923, les instructions font souffler un vent radicalement nouveau. L'&#233;preuve de chant devient obligatoire au Certificat d'&#233;tudes. A l'&#233;cole, les chansons du folklore viennent supplanter les chants militaires. Par ailleurs, commence &#224; appara&#238;tre dans les deux degr&#233;s (mais surtout au lyc&#233;e) un enseignement nouveau, d&#233;nomm&#233; &#171; explication des chefs-d'oeuvre de l'art &#187;. Il ne sera &#233;ligible au domaine musical qu'&#224; mesure de l'extension, tr&#232;s variable selon les territoires, de la TSF et du phonographe &#187; souligne Philippe Bazin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1925, nouvelle r&#233;forme. Une nouvelle mati&#232;re dite &#034;art&#034; ou &#034;explication des chefs-d'oeuvre de l'art&#034; est cr&#233;&#233;e de la 4&#232;me &#224; la 2nde. C'est la premi&#232;re fois que le terme &#034;arts plastiques&#034; appara&#238;t dans les programmes, o&#249; il d&#233;signe la peinture, la sculpture, l'architecture et les arts d&#233;coratifs. Cependant aucun enseignant particulier n'est d&#233;sign&#233; ; celui qui les conna&#238;t et les aime le mieux les enseignera. La m&#233;thode est :&#034;Transposer l'explication litt&#233;raire en explication artistique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans la dynamique du Front Populaire, en 1938 une nouvelle r&#233;forme d&#233;finit &#034;Le r&#244;le du professeur : favoriser l'&#233;panouissement et des aptitudes individuelles&#034; (Instructions relatives aux disciplines 1938). L'&#233;cole est concern&#233;e par la nouveaut&#233; des &#034;loisirs&#034; et en 1937 un arr&#234;t&#233; pr&#233;voit l'am&#233;nagement de &#034;loisirs dirig&#233;s&#034; facultatifs, le samedi apr&#232;s midi. Le dessin, le sport, la lecture y participent ainsi que la musique. &#171; Tandis que la progression du mat&#233;riel &#233;lectrique commence &#224; rendre possible un enseignement de l'histoire de la musique par l'&#233;coute des &#339;uvres, c'est le chant choral qui entre dans les programmes, con&#231;u non seulement comme vecteur d'exp&#233;rience sensible pour chaque &#233;l&#232;ve, mais aussi comme outil de propagation de la musique vivante dans les territoires o&#249; elle demeure absente, en premier lieu le monde rural &#187;, ajoute Philippe Bazin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La seconde moiti&#233; du 20&#232;me si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une discipline artistique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les programmes de dessin de 1909 seront repris pour la quatri&#232;me fois, en 1942-1943 pendant la seconde guerre mondiale, puis ceux du premier cycle, une cinqui&#232;me fois en 1953. De fait, ils ne seront v&#233;ritablement appliqu&#233;s qu'apr&#232;s la guerre. L. MACHARD, premier Inspecteur recrut&#233; parmi les enseignants de dessin en 1943 d&#233;finit dans une s&#233;rie de directives une nouvelle fois les orientations de la discipline o&#249; le dessin garde une place centrale. Malgr&#233; la d&#233;nomination officielle, le statut de cette &#034;discipline artistique&#034; reste pr&#233;occupant pour l'institution. En 1953, L.MACHARD est amen&#233; &#224; en faire l'aveu : &#171; De tous les probl&#232;mes qui se posent &#224; l'&#201;ducation nationale, ceux qui concernent le dessin sont parmi les plus complexes et les plus d&#233;licats. On ne saurait s'en &#233;tonner. L'enseignement du dessin est l'un des derniers organis&#233;s. (...) Il est issu de l'enseignement des Beaux-Arts dont il garde encore l'empreinte. Il a tent&#233; des exp&#233;riences qui l'ont entra&#238;n&#233; successivement, et par r&#233;actions altern&#233;es, du graphisme pur et de la copie d'images &#224; la m&#233;thode g&#233;om&#233;trique d'Eug&#232;ne GUILLAUME, puis de cet enseignement dogmatique et rigide aux libert&#233;s illimit&#233;es de la recherche intuitive et &#224; l'expressionnisme. On est all&#233; de l'&#233;tude de la forme &#224; celle de la couleur, du plastique au d&#233;coratif, de la figuration objective &#224; la prospection psychologique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le souci de justifier la discipline sera r&#233;current et il sera recherch&#233; ailleurs que dans sa sp&#233;cificit&#233; &#034;artistique&#034;. On note que la coupure avec le champ artistique contemporain est totale et il faudra attendre les ann&#233;es 70 pour voir l'&#233;cart se combler. Magali Chanteux, IPR de Paris, l'explique &#171; par la profonde remise en question que l'art op&#232;re depuis un si&#232;cle, sur lui-m&#234;me, sur ses codes et ses valeurs &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La formation des enseignants&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appara&#238;t apr&#232;s-guerre une pr&#233;occupation nouvelle : la formation des enseignants . D&#232;s 1889, E. Guillaume lui-m&#234;me avait propos&#233;, une licence et une agr&#233;gation. Un Certificat d'Aptitude &#224; l'Enseignement du Dessin avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1880.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le premier congr&#232;s international des professeurs de dessin de 1900, alternent, de la part des enseignants, r&#233;clamations, projets et mises au point des demandes afin de faire &#233;voluer cette situation. Ils revendiquent successivement : des lieux de formation, la cr&#233;ation de chaires sp&#233;ciales &#224; l'universit&#233;, des stages p&#233;dagogiques, la cr&#233;ation d'un 1er degr&#233; de 4 certificats de sp&#233;cialit&#233; pr&#233;par&#233; dans des classes de lyc&#233;e qui serait accompagn&#233; de l'ouverture de 1&#232;res sup&#233;rieures d'art &#224; l'instar des Kh&#226;gnes et des Taupes et, pour certains, l'obligation d'&#234;tre bachelier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela d&#233;bouche en octobre 1947 sur l'ouverture, au Lyc&#233;e Claude Bernard &#224; Paris, d'une classe sup&#233;rieure, similaire aux classes de math&#233;matiques sup&#233;rieures ou lettres sup&#233;rieures mais pr&#233;parant aux concours d'entr&#233;e des &#233;coles d'art. Le d&#233;cret du 20 octobre et l'arr&#234;t&#233; du 23 octobre 1952 instituent le Dipl&#244;me de Dessin et d'Arts Plastiques (D.D.A.P.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Seconde naissance des arts plastiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;forme g&#233;n&#233;rale de 1959 l'enseignement du dessin est fix&#233; (et ce depuis 1941) &#224; une heure hebdomadaire dans le premier cycle. Les nouveaux programmes de 1963, portent toujours l'intitul&#233; &#034;dessin&#034; m&#234;me s'il est aussi question dans les instructions de &#171; dessin et arts plastiques &#187;. &#171; Imitation &#187; et &#171; illustration &#187;, points forts des programmes ant&#233;rieurs, c&#232;dent le pas &#224; &#171; expression &#187; mais aussi &#224; &#171; cr&#233;ation &#187;. Au cours des ann&#233;es soixante, un triple essor va consid&#233;rablement modifier l'enseignement du dessin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1&#176; le d&#233;doublement des classes de 6&#232;me et de 5&#232;me de plus 24 &#233;l&#232;ves permet la diversit&#233; des mat&#233;riaux, la gestualit&#233;. Le travail sur de plus grands formats devient possible et aboutit &#224; des productions qui se &#034;donnent &#224; voir&#034; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2&#176; La cr&#233;ation d'un minist&#232;re de la culture qui organise le 1%, la Biennale de 1959 au Mus&#233;e d'Art Moderne (de la ville de Pari et les expositions d'art contemporain de 1961 et 1963 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3&#176; L'actualit&#233; artistique : les ann&#233;es 60 marquent la fin de l'h&#233;g&#233;monie de l'Ecole de Paris. le &#034;nouveau r&#233;alisme&#034;, dont la nouvelle r&#233;alit&#233; est surtout faite d'une forte couverture m&#233;diatique, de &#034;manifestes&#034;, &#034;d'&#233;v&#233;nements&#034; et &#034;d'actions-spectacles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du colloque &#034;Pour une &#233;cole nouvelle&#034;, organis&#233; &#224; Amiens par l'Association d'&#201;tude pour l'Expansion de la Recherche Scientifique, une commission consacr&#233;e &#224; l'&#233;ducation artistique et culturelle dans la formation de l'individu se r&#233;unit en mars 1968 ; elle r&#233;clame &#034;une revalorisation de l'&#233;ducation artistique en milieu scolaire, de la maternelle &#224; l'universit&#233;&#034; et la cr&#233;ation d'une facult&#233; des arts o&#249; seraient form&#233;s les enseignants sp&#233;cialis&#233;s. Un &#034;Comit&#233; pour la r&#233;forme de l'enseignement artistique&#034; est constitu&#233;. Cr&#233;ation de l'option A7 en lyc&#233;e puis A3 ; cr&#233;ation des U.E.R. d'arts plastiques ; 1969, cr&#233;ation d'un d&#233;partement Art, &#224; Vincennes Paris VIII ; novembre 1969, ouverture d'une U.E.R. d'arts plastiques &#224; l'Universit&#233; Paris 1 ; 1972 le premier C.A.P.E.S. ent&#233;rine le passage du dessin aux arts plastiques. Cr&#233;ation de l'Agr&#233;gation externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'&#233;cole primaire, les &#171; disciplines d'&#233;veil &#187; regroupent, dans un horaire all&#233;g&#233; de trois heures, tout ce qui n'est pas le fran&#231;ais, les math&#233;matiques et l'&#233;ducation physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les coll&#232;ges normalis&#233;s par la r&#233;forme Haby, en revanche, les programmes de 1977 r&#233;volutionnent les enseignements artistiques qui, de &#171; dessin et musique &#187; deviennent &#171; arts plastiques et &#233;ducation musicale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En musique : trois chapitres : culture vocale et chant (apprentissage de huit chants annuels, monodiques ou polyphoniques) ; culture auditive et pratique du langage (plus aucune mention de solf&#232;ge ni de dict&#233;e musicale) ; culture musicale par l'audition d'&#339;uvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les U.E.R. d'arts plastiques &#233;laborent une formation originale. La part consacr&#233;e aux sciences humaines et &#224; l'art vivant est importante. Le dessin est moins pratiqu&#233; r&#233;pondant &#224; la prise en compte de la cr&#233;ation artistique contemporaine. Le caract&#232;re &#034;didactique&#034; de l'art et la relation pratique/th&#233;orie mod&#232;lent l'enseignement donn&#233; &#224; l'instar des mouvements &#034;conceptuels&#034;, le discours prend de l'importance. Les enseignants et l'IG Jean-Michel Colignon, nomm&#233; en 1970, poursuivent leurs exp&#233;rimentations autour de la cr&#233;ativit&#233; et de la &#034;non-directivit&#233;&#034; On pr&#244;ne un &#233;largissement du champ des arts plastiques en direction de l'image et de la communication visuelle. On pr&#233;conise une &#171; formation par l'art, dans la mesure o&#249; l'objectif &#224; atteindre concerne les composantes m&#234;mes de la personnalit&#233; de l'&#233;l&#232;ve et notamment sa sensibilit&#233;, sa cr&#233;ativit&#233; ; (une) formation &#224; l'art puisque la possibilit&#233; d'un contact enrichissant avec les grandes oeuvres que le g&#233;nie humain a produites (...) fait partie du bagage culturel &#224; transmettre. (Instructions officielles)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une didactique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034;Ces ann&#233;es (...) ont vu un remarquable d&#233;veloppement de la discipline, comme un &#233;clatement (de la m&#234;me mani&#232;re qu'on peut parler d'&#233;clatement des codes &#224; partir de C&#233;zanne). Ce fait, qui s'est produit dans le prolongement du colloque d'Amiens avec le th&#232;me de l'ouverture de l'&#233;cole, a pos&#233; un probl&#232;me ult&#233;rieur dans la mesure o&#249; sont apparues toutes sortes de pratiques d'enseignement extr&#234;mement diversifi&#233;es, produisant une grande richesse, mais finalement ne faisant pas corps et offrant une image tr&#232;s incertaine de la discipline. (&#8230;) C'&#233;tait un moment salutaire mais qu'on ne peut suspendre &#233;ternellement(&#8230;) il fallait commencer tout de m&#234;me &#224; donner corps &#224; la discipline (&#8230;) C'est pour cela qu'il a fallu se pencher sur cette question de la didactique des arts plastiques &#187;. (G. P&#233;lissier, IPR-IA-). C'est la naissance d'une recherche en didactique des arts plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1983, les minist&#232;res de l'&#233;ducation nationale et de la culture &#8220;sont convenus de d&#233;velopper une politique commune comportant &#224; la fois des mesures prises par chacun dans son propre domaine de responsabilit&#233; et des actions conjointes. Cette politique a pour but de r&#233;pondre aux probl&#232;mes actuels des enseignements artistiques, pour enrayer enfin leur d&#233;gradation puis de jeter les bases d'une &#233;ducation artistique diversifi&#233;e dans ses disciplines, &#233;largie dans ses techniques, largement ouverte &#224; une collaboration entre le secteur &#233;ducatif et le secteur culturel &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Enrayer leur d&#233;gradation &#187;, dit-on. Une formule pour pr&#233;senter une r&#233;forme comme un rem&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Partenariat et communication visuelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette date, le ma&#238;tre-mot sera &#171; partenariat &#187;. C'est le r&#232;gne de la communication visuelle. C'est dans cet esprit que la d&#233;nomination &#171; arts plastiques &#187; sera, plus tard, supprim&#233;e des programmes au profit des &#171; arts visuels &#187;. Ce qui pouvait para&#238;tre un alignement sur l'anglais &#171; visual arts &#187; recouvre en fait une tout autre r&#233;alit&#233;. &#171; Plastique &#187; vient du grec &#171; plattein &#187; qui signifie &#171; former &#187; &#171; fa&#231;onner &#187;. Ce qui faisait des arts plastiques des arts de la pratique. Avec les arts visuels on passe du camp de celui qui fait &#224; celui qui regarde. Les pratiques plastiques se transforment ainsi, peu &#224; peu, en pratiques culturelles. Installation des classes culturelles. L'introduction quelques ann&#233;es plus tard de la discipline &#171; histoire des arts &#187; prise sur le contingent de l'heure d' &#171; arts visuels &#187; venait parfaire le dispositif. Viennent ensuite : l'op&#233;ration &#034;Entrez les artistes&#034;, la cr&#233;ation d'une option cin&#233;ma et audiovisuel, la modification des ateliers qui ont l'objet d'une sp&#233;cification et d'un appel au partenariat, la cr&#233;ation de10 ateliers d'audiovisuel, de 35 ateliers de photographie et de 25 ateliers d'architecture qui pourront b&#233;n&#233;ficier d'un &#034;intervenant ext&#233;rieur&#034; gr&#226;ce &#224; une collaboration avec les minist&#232;res de la Culture pour la photographie et de l'Urbanisme et du Logement (C.A.U.E.) pour l'architecture. Il s'agit d'un sp&#233;cialiste du domaine concern&#233;, artiste ou professionnel, qui apporte sa participation sur la base d'un projet commun avec l'enseignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'articulation pratique/th&#233;orie tend &#224; &#234;tre remplac&#233;e par la relation pratique/culture artistique qui est soulign&#233;e par la structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il faut &#234;tre capable de communiquer et de signifier visuellement : de pouvoir r&#233;pondre &#224; un probl&#232;me pos&#233;, de communiquer ses intentions, de pouvoir signifier par le choix des supports, par la ma&#238;trise d'une ou de plusieurs techniques, par l'organisation de l'espace. Un nouvel ordre didactique : appara&#238;t : Probl&#232;me pos&#233;, divergence et pluralit&#233; des r&#233;ponses, analyse critique permettant l'introduction des savoirs de r&#233;f&#233;rence, sont les composantes d'une nouvelle situation d'enseignement qui inscrit le cours d'arts plastiques dans une structure interrogative . &#171; Le professeur veillera &#224; aborder l'image en tenant compte, en particulier, des points pr&#233;c&#233;demment d&#233;velopp&#233;s : &#233;l&#233;ments et relations plastiques, organisation de l'espace . Il habituera ainsi les &#233;l&#232;ves &#224; porter un regard de plasticien sur leurs travaux&#034; B.O. sp&#233;cial 4 du 30/7/87). On pr&#233;conise la r&#233;f&#233;rence au champ artistique : se situer et approcher la d&#233;marche artistique par la pratique. C'est l'&#233;largissement du champ disciplinaire et le recentrage de la discipline autour de &#034;concepts plastiques&#034; : &#8220;Les techniques modernes productrices de nouvelles images, sont &#224; utiliser au m&#234;me titre que le crayon, la gouache ou les collages.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1988, loi Landowski : l'&#233;ducation artistique n'est plus l'affaire du seul minist&#232;re de l'Education nationale. Elle ouvre l'&#233;cole aux r&#233;alit&#233;s contemporaines dans les domaines artistiques et culturels, gr&#226;ce &#224; l'action culturelle en milieu scolaire (P. A. E.) Elle manifeste une volont&#233; d&#233;termin&#233;e de rapprochement avec le monde culturel, par le biais des intervenants ext&#233;rieurs en milieu scolaire tout en confirmant l'autorit&#233; des enseignants titulaires dans leur classe, et la qualit&#233; des intervenants qui devront justifier d'une vraie comp&#233;tence professionnelle en mati&#232;re artistique. La vocation culturelle des enseignements artistiques s'accentue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1992 : les deux minist&#232;res fusionnent Le jumelage entre un &#233;tablissement scolaire et un &#233;tablissement culturel permet de d&#233;velopper les actions de partenariat comme atelier, P. A. E., exposition, conf&#233;rence, chorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1993 : plan en faveur des enseignements artistiques. Dans le programme pr&#233;vu par un plan qui &#8220;scelle le lien entre &#233;ducation et culture&#8220;,- Un nouvel enseignement fond&#233; sur le partenariat donne lieu en 1993 &#224; l'ouverture d'une cinqui&#232;me option l'&#8220;Histoire des arts&#8221; en s&#233;rie litt&#233;raire du second cycle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1993-1995 : extension du partenariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1993 : signature d'un protocole interminist&#233;riel : &#8220;Quatre ministres de l'Education nationale, de la culture et de la francophonie, de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, de la jeunesse et des sports, ont sign&#233; le 17 novembre un protocole d'accord relatif aux enseignements artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1995 : le 28 mars, signature d'un nouveau protocole d'accord cette fois entre le minist&#232;re de l'Education nationale, l'Acad&#233;mie des inscriptions et Belles Lettres, l'Acad&#233;mie des Beaux Arts, l'Acad&#233;mie des Sciences Sociales et Politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1994 : nouveau contrat pour l'&#233;cole cr&#233;ation des Groupes Techniques Disciplinaires &#034;Arts&#034; compos&#233;s d'universitaires, d'enseignants de terrain, d'inspecteurs p&#233;dagogiques r&#233;gionaux et d'inspecteurs g&#233;n&#233;raux&lt;br class='autobr' /&gt;
Le G.T.D. Arts se scinde en groupes de sp&#233;cialit&#233;s : arts plastiques, danse, musique, th&#233;&#226;tre, cin&#233;ma, arts appliqu&#233;s et histoire des arts.&lt;br class='autobr' /&gt;
la situation &#224; la rentr&#233;e 96 est la suivante. En classe de seconde, pour toutes les s&#233;ries, en voie g&#233;n&#233;rale et technologique &#034;une option de 3 heures est cr&#233;&#233;e dans les cinq domaines suivants : arts plastiques, &#233;ducation musicale, cin&#233;ma audiovisuel, th&#233;&#226;tre expression dramatique et dans la nouvelle option histoire des arts. Elle remplace l'option de 4 heures d&#232;s la rentr&#233;e 95. Comme celle-ci elle peut &#234;tre prise au titre des options obligatoires. (...) A compter de cette m&#234;me rentr&#233;e 1995, les ateliers de pratique arts sont supprim&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en arts plastiques et en musique, l'enseignement pratique est normalement assur&#233; par le professeur de la discipline, les nouvelles disciplines et la partie histoire des arts ne leur sont pas n&#233;cessairement confi&#233;es. Pour cette derni&#232;re : &#034;la diversit&#233; des domaines &#224; couvrir implique, sauf exception justifi&#233;e, l'intervention modul&#233;e selon les besoins de plusieurs professeurs&#034; B.O. N&#176; 30 du 16 /9/1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'artistique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es qui suivent voient &#233;merger l' &#171; artistique &#187; L'artistique est en rapport avec la d&#233;marche (artistique) qui tend &#224; donner un statut (artistique) &#224; sa production : la sortir de la perception et de la conception usuelles et l'inscrire dans le champ artistique. S'interroger sur l'artistique, c'est s'interroger sur le statut de l'objet consid&#233;r&#233; du point de vue de la &#034;re-pr&#233;sentation&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une r&#233;forme dans la formation des enseignants &#224; partir de la rentr&#233;e 1993 cr&#233;e les IUFM. Elle s'appliquera progressivement dans chaque acad&#233;mie. &#8220;Enseigner est un m&#233;tier qui s'apprend &#187;, affirme la r&#233;forme. Dans les disciplines artistiques on peut dire que ces ann&#233;es furent propices &#224; des avanc&#233;es p&#233;dagogiques notables. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la formation, une formation professionnelle pay&#233;e, longue et souvent de qualit&#233; &#233;tait dispens&#233;e aux futurs enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t&#233; du 11juillet 2008 instaure un nouvelle enseignement, celui de l'histoire des arts. La premi&#232;re dame France y tenait. Il faut noter que la discipline arts plastiques est en Europe une singularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De 2005 &#224; 2012 un processus de destruction de la formation se d&#233;veloppe jusqu'&#224; son terme. M&#233;ticuleusement, une campagne de diabolisation des IUFM s'engage sous la pr&#233;sidence de Sarkozy. Les IUFM sont dans un premier temps rattach&#233;s puis int&#233;gr&#233;s aux universit&#233;s ; un master 2 sera exig&#233;, sous couvert d'uniformisation europ&#233;enne, pour acc&#233;der au m&#233;tier d'enseignant. La formation sera confi&#233;e pour un an aux universit&#233;s (qui ne savent pas faire) et aux pairs pour l'ann&#233;e de professionnalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du conseil sup&#233;rieur des programmes se tenait, le 9 d&#233;cembre 2014, une r&#233;union sur le r&#233;f&#233;rentiel des parcours artistiques et culturels. En s'inscrivant dans le dispositif de formation tout au long de la vie et le suivi num&#233;rique qui l'accompagne, ces parcours s'inscrivent dans la gestion manag&#233;riale qui s&#233;vit depuis au moins une d&#233;cennie dans l'Education Nationale. Les enseignements artistiques, qui ne sont en rien renforc&#233;s par les r&#233;centes r&#233;formes (socle commun, histoire des arts et maintenant parcours d'&#233;ducation artistique et culturelle) sont sous la menace d'une externalisation par le biais du partenariat et de la territorialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les missions de l'Education Nationale sont distinctes et souvent oppos&#233;es de celles du minist&#232;re de la Culture singuli&#232;rement &#224; l'&#232;re de l'autonomie des institutions mus&#233;ales et culturelles et de leur marchandisation. Historiquement ces institutions ont une fonction patrimoniale, avec toute la dimension id&#233;ologique que cela comporte. S'y ajoute et/ou s'y substituent aujourd'hui des consid&#233;rations mercantiles. Ce sont les institutionnels qui fabriquent le patrimoine des mus&#233;es. Ce sont eux qui, en osmose avec le march&#233; sp&#233;culatif de l'art , font entrer tel ou tel artiste dans le Panth&#233;on. Le r&#244;le de l'&#233;ducation nationale est, &#224; l'inverse, d'interroger ces processus de les mettre &#224; distance. Les professeurs sont de plus en plus enjoints d'&#234;tre les architectes de montages culturels qui visent &#224; livrer aux institutions culturelles locales ou nationales un cheptel captif pour une consommation culturelle. La &#171; culture &#187; est clairement con&#231;ue comme une marchandise. Cette orientation conduit l'&#201;ducation nationale &#224; s'exon&#233;rer d'une de ses vis&#233;es fondamentales : &#233;duquer &#224; l'esprit critique et pour ce qui est des disciplines artistiques de permettre aux &#233;l&#232;ves d'acc&#233;der par des pratiques qui engagent le corps et l'esprit, comme le sont les arts plastiques et la musique, &#224; leur r&#233;alisation comme hommes et femmes conscients de leurs potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de vingt ans, les mus&#233;es d&#233;veloppent des secteurs &#171; &#233;ducatifs &#187; voire &#171; p&#233;dagogiques &#187;. Pour le premier degr&#233; dans lequel les professeurs des &#233;coles ont &#224; enseigner toutes les disciplines cet &#233;tat de chose a un effet ravageur. Humbles et d&#233;sempar&#233;s ceux-ci sont amen&#233;s &#224; livrer leurs &#233;l&#232;ves, au cours des visites de mus&#233;e, &#171; aux sp&#233;cialistes &#187;. Des &#171; animateurs culturels &#187; souvent vacataires et non form&#233;s mettent en oeuvre des pratiques indigentes. La r&#233;duction drastique des stages de formation pour les enseignants du premier degr&#233; ne fait qu'amplifier le probl&#232;me. La politique de partenariat appara&#238;t alors comme la volont&#233; de faire sortir les enseignements artistiques de la sph&#232;re de l'&#233;ducation nationale. La r&#233;forme des rythmes scolaires vient boucler la boucle en rel&#233;guant les enseignements artistiques au rang d'activit&#233; de l'apr&#232;s-midi. Avec la territorialit&#233; on pourra mesurer les effets des in&#233;galit&#233;s sociales inter et extra territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disciplines artistiques sont fondatrices de la personne, elles sont le lieu de la d&#233;couverte de soi, du plaisir de faire, de cr&#233;er, de se r&#233;aliser ; une fabrique d'&#234;tres humains. C'est une reconnaissance qui s'est accomplie au cours de d&#233;cennies d'&#233;volution de la pens&#233;e p&#233;dagogique fond&#233;e sur les d&#233;couvertes en psychologie et sciences de l'&#233;ducation, sur la lutte des professionnels. L'offensive lib&#233;rale actuelle tend &#224; revenir en arri&#232;re et &#224; annihiler cette avanc&#233;e de la civilisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'information-documentation : l'&#233;mergence d'une nouvelle discipline scolaire ? </title>
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		<dc:date>2014-12-02T18:05:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Charbonnier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Si l'on se place &#224; un point de vue anthropologique sur l'&#233;cole, l'institution scolaire et ses acteurs sont au centre d'un dispositif essentiellement d&#233;di&#233; &#224; l'information : charg&#233;e d'une mission de transmission des connaissances, de la culture, charg&#233;e de la formation des nouvelles g&#233;n&#233;rations, on attend d'elle qu'elle apprenne aux jeunes, dans des conditions appropri&#233;es, ce qui leur permettra de tenir leur place dans le fonctionnement de la soci&#233;t&#233;. Tout &#224; la fois conduire la jeunesse au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/arton199-2490f.png?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'on se place &#224; un point de vue anthropologique sur l'&#233;cole, l'institution scolaire et ses acteurs sont au centre d'un dispositif essentiellement d&#233;di&#233; &#224; l'information : charg&#233;e d'une mission de transmission des connaissances, de la culture, charg&#233;e de la formation des nouvelles g&#233;n&#233;rations, on attend d'elle qu'elle apprenne aux jeunes, dans des conditions appropri&#233;es, ce qui leur permettra de tenir leur place dans le fonctionnement de la soci&#233;t&#233;. Tout &#224; la fois conduire la jeunesse au plus haut niveau des savoirs et &#233;viter, faire l'&#233;conomie, des errements des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es. Il importe que ces acquisitions se fassent au moindre co&#251;t, d'o&#249; le r&#244;le de tous les artefacts scolaires : des exercices, des simulations et de la communication dans le processus de formation ; la parole est vecteur d'informations, bien s&#251;r, mais aussi les consignes &#233;crites et orales, les manuels, et les supports &#233;crits, investis de la mission de repr&#233;senter la r&#233;alit&#233; &#224; laquelle l'&#233;cole souhaite pr&#233;parer la jeunesse, en la tenant &#224; l'abri des dangers que celle-ci rec&#232;lerait. Bien plus, l'&#233;cole est le lieu o&#249; s'apprend la conversion de l'information en savoir car c'est en donnant du sens &#224; des inscriptions que les connaissances de chacun se construisent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un peu d'histoire&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;volution de cette t&#226;che &#224; une institution sp&#233;cialis&#233;e s'inscrit dans une histoire longue et en m&#234;me temps assez courte. Longue car elle remonte au Moyen-&#226;ge, &#224; son trivium, son quadrivium et &#224; sa scolastique, courte car l'obligation scolaire ne date que de la fin du XIXe si&#232;cle, l'enseignement technique du d&#233;but du XXe, et l'enseignement professionnel du milieu du dernier si&#232;cle. Cet apparent paradoxe tient au fait que la formation des &#233;lites a longtemps pr&#233;valu sur la formation des jeunes issus des couches populaires et doit &#234;tre compris comme un fait &#224; interpr&#233;ter dans la perspective de la d&#233;mocratisation scolaire. Pour autant, s'il est une chose qui ressort de cette histoire c'est bien que l'&#233;cole, en s'imposant comme passage obligatoire &#224; toute la jeunesse, impose en m&#234;me temps une ma&#238;trise des moyens de la communication dont elle se sert, &#224; savoir, ma&#238;triser les codes qui la r&#233;gissent : donner du sens aux messages, &#231;a n'est pas seulement faire correspondre une trace &#233;crite avec son oralisation, c'est avant tout acc&#233;der &#224; son sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment, les changements intervenus dans les moyens de la communication, dans nos soci&#233;t&#233;s contemporaines, nous conduisent &#224; nous interroger sur les nouvelles entraves qu'ils pourraient cr&#233;er &#224; leur ma&#238;trise par une part importante de nos concitoyens. Au moment o&#249; nous n'avons pas liquid&#233; ce que nous appelions &#171; illettrisme &#187; (incapacit&#233; de lire, en le comprenant, un texte simple et bref en rapport avec la vie quotidienne) celui-ci risque de se cumuler avec la difficult&#233; d'acc&#233;der &#224; la culture de l'information, la &#171; litt&#233;ratie informationnelle &#187;. &#192; ce propos, il convient d'&#233;carter une illusion r&#233;pandue : nos soci&#233;t&#233;s seraient devenues des &#171; soci&#233;t&#233;s de l'information &#187;. L'information est un ph&#233;nom&#232;ne anthropologique essentiel, il n'existe pas de &lt;br class='autobr' /&gt;
soci&#233;t&#233; sans information. Par contre, les formes s&#233;miotiques emprunt&#233;es par la communication aujourd'hui, leur complexification, leurs mutations incessantes, ont rendu plus difficile encore l'acc&#232;s &#224; cette culture de l'information que visaient en leur temps, et avec leurs moyens propres de communication, les universit&#233;s m&#233;di&#233;vales, le trivium (grammaire, rh&#233;torique, dialectique). Il est vrai qu'il &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; une infime minorit&#233;. Prenons garde de ne pas faire de m&#234;me aujourd'hui avec les nouvelles formes de l'information que nous connaissons. Prenons garde &#224; ne pas c&#233;der &#224; ces sir&#232;nes technophiles qui nous promettent par la &#171; convivialit&#233; &#187; et le d&#233;ploiement sans frein de leurs &#171; solutions &#187; nous faire l'&#233;conomie d'une formation de tous pour acc&#233;der &#224; cette culture de l'information, l'&#233;conomie d'une intelligence partag&#233;e des processus de communication qui nous concernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon propos est ici de pr&#233;senter l'&#233;mergence d'un besoin de formation &#224; l'information dans le m&#234;me temps o&#249; une fonction prend forme par l'intervention plus ou moins consciente d'acteurs qui inventent une nouvelle activit&#233; scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de d&#233;rouler une histoire &#171; &#233;crite d'avance &#187;, comme si tout &#233;tait programm&#233; mais dans une histoire ouverte, des occasions et des choix se sont faits qui ont fa&#231;onn&#233; notre paysage de l'information documentation dans l'enseignement secondaire. Notre but aujourd'hui est de s'interroger a posteriori sur le sens de ce qui s'est accompli, durant cette p&#233;riode qui couvre maintenant presque 70 ans. La contingence de certaines situations et de certaines &#233;volutions ne retire pas son sens &#224; ce qui s'est fait, bien au contraire, elle le r&#233;v&#232;le, &#224; travers des choix qui progressivement ont construit une exp&#233;rience collective et des mani&#232;res, collectivement partag&#233;es, de r&#233;soudre les questions de &#171; pratique &#187; rencontr&#233;es. Toute anthropologie historique des m&#233;tiers doit en passer par l&#224;, quelle que soit la cat&#233;gorie de professionnels &#233;tudi&#233;e, avec cet avantage que l'inscription mat&#233;rielle dans des textes, des documents de diverse nature, apporte des mati&#232;res sur lesquelles il nous est loisible de r&#233;fl&#233;chir et sur lesquels l'investigation doit porter. Cette histoire-l&#224; ne saurait &#234;tre abolie. Tout cela, m&#234;me quand il s'agit de projets morts-n&#233;s, fait partie aussi de l'histoire. Ce sera donc ma posture m&#233;thodologique pour analyser la fabrication du m&#233;tier de professeur documentaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;cole et l'information&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; l'obligation scolaire s'est enfin g&#233;n&#233;ralis&#233;e et apr&#232;s une guerre mondiale lourde de cons&#233;quences tant dans les vies individuelles que dans les relations internationales, des courants militant pour une &#233;ducation nouvelle, apparaissent : plus ouverts sur la vie, plus accueillants pour l'exp&#233;rience des &#233;l&#232;ves, moins centr&#233;s sur l'autorit&#233; du ma&#238;tre et l'apprentissage de l'ob&#233;issance. Ils essaient (GFEN, ICEM,&#8230;) de renouveler la relation entre les &#233;l&#232;ves et les apprentissages en se focalisant sur la mani&#232;re d'apprendre autant que sur les savoirs vis&#233;s par l'apprentissage. Ils vont pousser les enseignants &#224; sortir de la classe pour aller investiguer le r&#233;el hors les murs et non dans les seuls manuels scolaires, ils vont pousser &#224; l'utilisation des m&#233;dias qui &#233;voquent les objets qui font l'objet de l'apprentissage dans des modalit&#233;s qui n'appartiennent certes pas, aux canons scolaires, mais qui sont op&#233;ratoires dans la vie sociale r&#233;elle. Ils vont aussi inventer l'&#171; imprimerie scolaire &#187; qui permettra aux classes et &#224; leurs &#233;l&#232;ves de fabriquer des publications, d'entrer dans le cycle de la communication sociale, et ceci, bien des d&#233;cennies avant la diffusion des logiciels de PAO dans les &#233;tablissements. &#192; n'en pas douter, les Freinet, Wallon, Langevin, Mialaret vont marquer leur &#233;poque et nous les retrouverons bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second conflit mondial portera lui aussi des cons&#233;quences dans le domaine de l'&#233;ducation dans notre pays, d'abord parce qu'&#224; travers l'Occupation, c'est de R&#233;sistance qu'il s'agit et de Lib&#233;ration. La r&#233;novation de l'&#233;cole devient une affaire nationale entreprise par un gouvernement issu de la R&#233;sistance, et qui missionne Langevin, puis Wallon, pour &#233;laborer des propositions visant &#224; r&#233;former, d&#233;mocratiser et moderniser l'&#233;cole fran&#231;aise, de l'&#233;l&#233;mentaire &#224; l'universit&#233;. Quelles que soient les politiques r&#233;elles que les gouvernements de la 4e puis de la 5e R&#233;publique en tireront, reste que ce que l'on appellera d&#233;sormais le &#171; Plan Langevin-Wallon &#187;, dont la devise est : &#171; former l'homme, le travailleur et le citoyen &#187;, va servir de r&#233;f&#233;rence pendant les trois d&#233;cennies qui suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re &#171; d&#233;mocratisation &#187; se r&#233;alisera avec le d&#233;veloppement d'un enseignement secondaire &#233;largi &#224; de nouvelles couches sociales dans un double mouvement : cr&#233;ation de nouveaux lyc&#233;es et simultan&#233;ment, de nouvelles fili&#232;res, notamment technologiques. Avec cet &#233;largissement des publics scolaris&#233;s dans le secondaire se pose une question nouvelle : comment ces nouveaux publics issus de couches sociales qui n'ont pas connu dans leur parcours ce type d'enseignement peuvent-ils &#234;tre pr&#233;par&#233;s &#224; recevoir ces enseignements ? Rapprocher l'enseignement de la vie r&#233;elle devient une pr&#233;occupation de l'opinion commune. C'est ainsi que l'&#171; &#233;tude du milieu &#187;, les sorties scolaires, le recours &#224; des moyens audiovisuels pour sortir, au moins symboliquement de la classe, font l'objet d'encouragements des responsables, ils se trouvent pl&#233;biscit&#233;s par une large minorit&#233; d'enseignants, si l'on en croit les publications qui s'&#233;panouissent &#224; la m&#234;me &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t pour de nouvelles m&#233;thodes d'enseignement cens&#233;es rapprocher celui-ci de la vie et rechercher l'authenticit&#233;, est manifeste dans certaines instructions officielles comme celle-ci de 1952, r&#233;dig&#233;e par le Directeur du second degr&#233; du minist&#232;re : &#171; &#233;viter que dans l'&#233;tude d'une situation ou d'un probl&#232;me nouveau, de l'ordre mat&#233;riel ou humain, l'esprit ne les aborde avec un syst&#232;me rigide de pens&#233;es et de valeurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In : France. Direction du second degr&#233; : Le r&#244;le de la documentation dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus loin, le m&#234;me auteur pr&#233;cisera sa pens&#233;e quant aux cons&#233;quences &#224; en tirer : &#171; On comprend alors la place que ces m&#233;thodes d'enseignement doivent faire &#224; la documentation, dans toutes les disciplines. Si l'enseignement des sciences exp&#233;rimentales, physiques et naturelles, s'est depuis longtemps outill&#233;, &#224; ce point de vue, il n'en est pas ainsi au m&#234;me degr&#233; pour d'autres disciplines, o&#249; tant d'efforts sont encore &#224; faire &#187;. Les enseignants du secondaire sont encourag&#233;s &#224; utiliser des documents autres que les manuels et autres ouvrages canoniques pour renouveler leurs sources d'information, voire renouveler leur conception des pratiques d'enseignement, d'une certaine mani&#232;re, introduire &#171; le cru &#187; du r&#233;el &#224; c&#244;t&#233; du &#171; cuit &#187; du scolaire. La documentation fait en effet partie des nouveaux usages qui se sont introduits dans les entreprises et les services depuis 1945 et la reconstruction, entra&#238;nant de nouveaux rapports &#224; l'information, en m&#234;me temps que, &#224; c&#244;t&#233; des biblioth&#232;ques, et peut-&#234;tre contre elles, se sont rapidement d&#233;velopp&#233;s des centres de documentation compilant et analysant des ressources documentaires publi&#233;es dans des revues ou des publications sp&#233;cialis&#233;es. Les &#233;tablissements du secondaire sont encore tr&#232;s loin de ces usages et l'on peut comprendre la volont&#233; de pousser dans cette direction novatrice et jug&#233;e comme prometteuse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des services de documentation se cr&#233;ent dans les lyc&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 50, constatant que l'exhortation ne suffit pas, que les biblioth&#232;ques de fond de classe sont sous-exploit&#233;es et insuffisantes, on commence &#224; consid&#233;rer qu'il faut d&#233;velopper une base mat&#233;rielle sous la forme de services de documentation. Le premier d'entre eux est cr&#233;&#233; en 1958 au Lyc&#233;e Janson de Sailly &#224; Paris, &#224; l'instigation de l'inspecteur g&#233;n&#233;ral Jacotin relay&#233; par le proviseur, Marcel Sire, appel&#233; bient&#244;t &#224; devenir lui-m&#234;me Inspecteur g&#233;n&#233;ral de l'&#233;ducation nationale en charge de cette question dans la vie scolaire des &#233;tablissements. Dans la logique des usages de la documentation en cours &#224; l'&#233;poque, cette documentation, ces services, ne visent pas les &#233;l&#232;ves mais les seuls enseignants que l'on invite par ailleurs &#224; utiliser les ressources cr&#233;&#233;es pour eux par le Centre national de documentation p&#233;dagogique cr&#233;&#233; en 1954, devenu Institut p&#233;dagogique national en 1956, avant de retrouver son nom par la suite en 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des services de documentation vont lentement &#234;tre cr&#233;&#233;s pendant les ann&#233;es qui suivront (25 % des &#233;tablissements en 1975), principalement dans les lyc&#233;es, dot&#233;s de personnels dont la bonne volont&#233; p&#233;dagogique tente de suppl&#233;er souvent le d&#233;faut de qualification biblioth&#233;conomique. Progressivement, l'id&#233;e d'une ouverture de ces services aux &#233;l&#232;ves, celle, aussi de r&#233;unir les collections dispers&#233;es dans diff&#233;rents lieux au sein des &#233;tablissements (biblioth&#232;ques des professeurs, cabinets sp&#233;cialis&#233;s, fonds de classe) se fait jour puisque, en 1969, des recommandations architecturales pour les constructions nouvelles demandent qu'un espace unique rassemble les collections documentaires de l'&#233;tablissement. Le pas sera franchi officiellement quatre ans plus tard, en 1973, par la d&#233;cision du ministre Fontanet de transformer les Services de documentation et d'information (SDI) en Centres de documentation et d'information (CDI). Ce changement de nom correspond aussi &#224; un changement volontariste des pratiques install&#233;es : le SDI, con&#231;u principalement pour l'usage des enseignants de l'&#233;tablissement se voyait confier la totalit&#233; des ressources documentaires (livres, p&#233;riodiques, diapositives, films, enregistrements sonores) et pour l'usage de tous, et notamment des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;forme Haby, les &#233;l&#232;ves et les CDI&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, au sein du coll&#232;ge exp&#233;rimental de Marly-le-Roi, est constitu&#233;, dans le cadre de l'exp&#233;rimentation du &#171; Travail ind&#233;pendant &#187; qui s'appellera bient&#244;t &#171; Travail autonome &#187; un C.A.D., Centre d'auto-documentation au sein duquel les &#233;l&#232;ves sont non seulement invit&#233;s &#224; travailler sur des documents scolaires comme &#171; non scolaires &#187;, mais re&#231;oivent aussi une formation documentaire dispens&#233;e par les documentalistes, en collaboration avec les professeurs des autres disciplines, afin de favoriser leur autonomie dans les apprentissages scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, il s'agit de bien plus qu'un changement de nom du lieu : la fonction enseignante &#233;merge du seul fait que les &#233;l&#232;ves deviennent la cible num&#233;riquement la plus importante du CDI et qu'ils appellent une intervention p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un effet inattendu de la r&#233;forme Haby : le &#171; coll&#232;ge unique &#187; r&#233;v&#232;le la discrimination scolaire. La d&#233;cennie 70 est celle o&#249; se met en place la massification du premier cycle et l'instauration par le ministre Haby du &#171; coll&#232;ge unique &#187; (qui ne sera pas encore d&#233;mocratique !). Or, les pratiques d'information-documentation sont culturellement discriminantes et les nouvelles couches de jeunes scolaris&#233;es ne les int&#232;grent pas dans ce que Pierre Bourdieu appellerait leur &#171; habitus &#187; ou Philippe Perrenoud, dans son analyse de la soci&#233;t&#233; scolaire, le &#171; m&#233;tier d'&#233;l&#232;ve &#187;. La question de l'&#233;chec scolaire devient une question centrale, elle prend la forme, souvent de pratiques culturelles (en particulier la lecture) inappropri&#233;es aux attentes implicites de l'&#233;cole. S'ouvre ainsi un chantier p&#233;dagogique majeur que ces enseignants devenus documentalistes (on ne dit pas encore professeurs-documentalistes) vont investir en usant des moyens &#224; leur disposition : leur volont&#233; d'agir et de ne pas laisser la place au seul jeu de l'h&#233;ritage social et culturel. En effet, &#224; d&#233;faut d'instructions que le minist&#232;re de l'&#233;ducation (qui &#224; cette &#233;poque n'est plus &#171; nationale &#187;) se r&#233;v&#232;le incapable de fournir, la mobilisation de r&#233;sultats issus de quelques exp&#233;rimentations, telles que celle du &#171; Travail autonome &#187; nourrit l'inspiration et fournit la matrice d'une r&#233;flexion sur l'importance de la ma&#238;trise des outils documentaires et des sources d'information dans les apprentissages con&#231;us selon les principes d'une &#171; p&#233;dagogie active &#187; (i.e. fond&#233;e sur la mise en activit&#233; des &#233;l&#232;ves, cf. Freinet, Wallon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que la FADBEN tient en 1978 des journ&#233;es d'&#233;tude &#224; Port-Mort dans l'Eure d'o&#249; sortira un manifeste intitul&#233; &#171; La documentation, discipline nouvelle ? &#187;. D&#233;sormais, l'association de sp&#233;cialistes s'est plac&#233;e d&#233;lib&#233;r&#233;ment dans la perspective de promouvoir le r&#244;le p&#233;dagogique du documentaliste. Les documentalistes en tirent, plus ou moins consciemment, et avec plus ou moins de d&#233;lais, la conclusion qu'une entreprise p&#233;dagogique les attend. Finalement, &#224; cette &#233;poque, la situation pourrait se r&#233;sumer ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Un besoin existe d'assumer une formation des &#233;l&#232;ves, identifi&#233; par les carences constat&#233;es et l'ambition d'une d&#233;mocratisation v&#233;ritable,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des objets d'apprentissage existent,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les acteurs sont pr&#234;ts &#224; jouer un r&#244;le dans la m&#233;diation p&#233;dagogique&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; fabrique &#187; d'un m&#233;tier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on va observer, dans des cas de plus en plus nombreux, le passage d'une pratique v&#233;cue &#224; une pratique qui se probl&#233;matise, modestement, dans des situations qui sont autant des contraintes que des heuristiques : elles ouvrent sur des voies de d&#233;veloppement et d'exploration de solutions &#224; exp&#233;rimenter, d'hypoth&#232;ses &#224; tester plus qu'&#224; v&#233;rifier. C'est le premier sens que je donne &#224; &#171; fabrique &#187;, dans la mesure o&#249; la profession s'est invent&#233;e dans les incertitudes d'une activit&#233; pratique (ces arts de faire, et leur braconnage, pour reprendre l'expression de Michel de Certeau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel de Certeau, L'invention du quotidien : 1. Arts de faire, 10/18, 1983&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) que l'institution ne s'est pas montr&#233;e en capacit&#233; de normer, sinon apr&#232;s coup et tr&#232;s partiellement, souvent avec une bonne d&#233;cennie de retard sur les pratiques. La formalisation commencera &#224; se manifester &#224; la fin des ann&#233;es 70, en t&#233;moignent quatre ouvrages publi&#233;s quasiment en m&#234;me temps, notamment celui de Brigitte Chevalier , qui exerce alors au Coll&#232;ge R&#233;publique de Bobigny, &#171; M&#233;thodologie d'utilisation d'un CDI &#187; qui constituera pour longtemps une r&#233;f&#233;rence dans l'action professionnelle (technique et p&#233;dagogique) des documentalistes. Il convient de faire remarquer, ici, que si les instructions officielles restent bien timides, elles existent, cependant, et ne manquent pas de rappeler que la fonction comporte une dimension p&#233;dagogique, certes, impr&#233;cise, mais affirm&#233;e, et que quelques inspecteurs g&#233;n&#233;raux (Sire, Tallon, Quencez, Toussaint) s'efforceront d'encourager cette conception de la mission des personnels des CDI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;marche de type prax&#233;ologique se met en &#339;uvre dont les &#233;l&#233;ments essentiels viendront dans les ann&#233;es 80 et 90 des concepts issus de la &#171; p&#233;dagogie par objectifs &#187; (PPO) introduits dans la formation continue des personnels enseignants qui commence &#224; voir le jour &#224; partir de 1982&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cadre de la Mission instaur&#233;e par Alain Savary en 1982 et confi&#233;e &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est sans doute le m&#233;rite principal de la PPO d'avoir permis cette formalisation en termes, incertains, de &#171; capacit&#233;s &#187;, &#171; comp&#233;tences &#187;, &#171; savoir-faire &#187; ou &#171; objectifs &#187;, permettant de d&#233;crire et de transmettre une exp&#233;rience &#224; une communaut&#233; professionnelle, &#224; partir d'une terminologie qui fait &#224; peu pr&#232;s et provisoirement, l'accord de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centration sur les techniques documentaires en tant qu'objets autonomes, d&#233;j&#224; identifi&#233;s &#224; l'&#233;poque, ne prenait pas assez en compte la dynamique interne des processus de travail sur du mat&#233;riel documentaire car elle les dispersait. Aussi, les &#171; &#201;tapes de la recherche documentaire &#187; vont en constituer l'expression achev&#233;e la plus r&#233;currente en organisant les apprentissages selon l'ordonnancement des diff&#233;rentes phases requises par un travail fond&#233; sur des activit&#233;s documentaires. Elle a permis une socialisation de l'exp&#233;rience p&#233;dagogique dans laquelle la FADBEN (F&#233;d&#233;ration des associations d'enseignants documentalistes de l'&#233;ducation nationale) a jou&#233; un r&#244;le essentiel par les nombreux, stages, s&#233;minaires, universit&#233;s d'&#233;t&#233; et publications internes qu'elle a su mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la plus grande partie de la profession qui s'est ainsi mise en mouvement pour dessiner les contours d'une action p&#233;dagogique concert&#233;e et pens&#233;e avec les moyens qui s'offraient &#224; elle. La terminologie b&#233;havioriste de &#171; la p&#233;dagogie par objectifs &#187; instrumente durablement la d&#233;finition des apprentissages en &#171; capacit&#233;s &#187;, &#171; comp&#233;tences &#187; et &#171; savoir-faire &#187; documentaires, elle donne &#224; comprendre, des objectifs jusqu'&#224; l'&#233;valuation finale, les encha&#238;nements de phases du processus. Les contextes peuvent &#234;tre multiples, la mati&#232;re de l'apprentissage est constitu&#233;e de l'activit&#233; de l'&#233;l&#232;ve, puisque ce sont ses comportements qu'on cherche &#224; &#233;duquer, et l'on dispose d'un invariant rassurant dans la succession immuable des diff&#233;rentes op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; &#233;tapes de la recherche documentaire &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par contraste avec les d&#233;marches ant&#233;rieures o&#249; les &#171; le&#231;ons &#187; de techniques documentaires relevaient principalement d'une d&#233;marche de cours magistral, cette d&#233;marche de formation mettait l'accent sur les activit&#233;s des &#233;l&#232;ves et poussaient &#224; imaginer des situations d'activit&#233; propices ; en m&#234;me temps, elle soulignait la n&#233;cessit&#233; d'une perspective int&#233;gratrice des diff&#233;rents moments du programme de formation, incompatible avec le saupoudrage, la dispersion ou le morcellement dans laquelle l'absence de demande explicite de l'Institution pla&#231;ait les personnels des CDI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'art de la contrebande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de tirer profit des &#171; occasions &#187; offertes par les coll&#232;gues des disciplines pour faire acqu&#233;rir des savoir-faire que les documentalistes consid&#232;rent comme n&#233;cessaires &#224; une &#233;ducation scolaire r&#233;ussie. Il s'agit donc d'une p&#233;dagogie plus inspir&#233;e que m&#233;thodique dans ses objets et dans ses m&#233;thodes : les enseignants documentalistes ne ma&#238;trisent que mod&#233;r&#233;ment le d&#233;roulement et l'encha&#238;nement des s&#233;ances, la &#171; discipline &#187; m&#232;ne le jeu. Toutefois, conscients des limites de cette h&#233;t&#233;ronomie p&#233;dagogique, sous l'&#233;gide, notamment, de la Fadben, les praticiens s'orientent vers une organisation de ces comp&#233;tences en r&#233;f&#233;rentiels documentaires, &#233;labor&#233;s et discut&#233;s entre coll&#232;gues qui les agr&#233;geront en syst&#232;me pragmatique, &#224; d&#233;faut de pouvoir les &#233;riger en syst&#232;mes prax&#233;ologiques voire th&#233;oriques. On peut donc estimer que des &#233;l&#233;ments d'une th&#233;orie des apprentissages sont l&#224;, dans un ordre instaur&#233; &#224; travers la taxonomie des &#171; &#201;tapes de la recherche documentaire &#187; qui voit le jour dans les ann&#233;es 80. Ce faisant, la profession entreprend d'exprimer des prescriptions que la puissance publique ne se r&#233;v&#232;le toujours pas capable de formuler, elle se place donc dans l'obligation de penser une coh&#233;rence des apprentissages et d'une organisation des bonnes pratiques qui exigent d'autres approches et d'autres outils conceptuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pensons que cet art de la contrebande est all&#233; au bout de ce qu'il peut produire, qu'une circulaire de mission ne peut pas donner plus que des recommandations trop vagues pour dire ce que la soci&#233;t&#233; attend de la formation &#224; la documentation. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute en relation avec la cr&#233;ation du CAPES de documentation, la d&#233;finition des apprentissages s'&#233;loigne aux cours des ann&#233;es 1990 d'une conception b&#233;havioriste pour s'approprier une conception constructiviste (dans la filiation des travaux de Piaget et aussi de Vygotski). Les pratiques documentaires, en effet, pratiques d'information finalis&#233;es sur la recherche et la d&#233;couverte d'informations pertinentes dans le contexte des apprentissages scolaires qui prennent place dans les coll&#232;ges et les lyc&#233;es, ne sauraient r&#233;sulter pour les &#233;l&#232;ves d'une simple mise en pr&#233;sence des syst&#232;mes d'information documentation, fussent-ils des plus &#171; performants &#187;, car ces syst&#232;mes ne r&#233;pondent avec succ&#232;s qu'&#224; des requ&#234;tes ma&#238;tris&#233;es, expertes, conscientes de ce qu'elles recherchent ainsi que des limites des instruments utilis&#233;s. Elles ne sauraient davantage proc&#233;der d'une sommaire &#171; initiation aux techniques documentaires &#187; longtemps objet d'une revendication identitaire des documentalistes car les objets vis&#233;s ne rel&#232;vent pas seulement de rudiments mais d'une ma&#238;trise progressivement construite qui associe activit&#233; de l'&#233;l&#232;ve et compr&#233;hension (intellection) de cette activit&#233; dans des d&#233;marches de conceptualisation. On a fait l'&#233;preuve des limites des apprentissages d&#233;finis en comp&#233;tences et savoir-faire. Ils ne conduisent pas &#224; des savoirs car ils demeurent en de&#231;&#224; du concept ou de la notion, ne sont jamais &#171; repr&#233;sent&#233;s &#187; voire &#171; verbalis&#233;s &#187;. Or le passage par la conceptualisation des pratiques en facilite la compr&#233;hension, donc l'apprentissage et le transfert :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	soit de savoirs proc&#233;duraux ou savoirs de l'action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	soit de savoirs d&#233;claratifs sous la forme de notions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, d&#232;s lors, de faire acc&#233;der aux concepts &#224; travers des d&#233;marches inductives ancr&#233;es dans des pratiques, exp&#233;riences que l'apprenant doit &#234;tre mis en situation de verbaliser, de conceptualiser. C'est une construction de concept &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; qui s'appuie sur des d&#233;marches m&#233;tacognitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut interpr&#233;ter cette histoire comme celle de l'&#233;mergence d'une &#171; discipline &#187; constitu&#233;e de nouveaux objets d'apprentissage. Elle s'accomplit dans des activit&#233;s scolaires acad&#233;miques, notamment, mais s'&#233;rige cependant en corpus sp&#233;cifique, car c'est dans l'espace commun aux diverses disciplines scolaires qu'elle se situe, ce qu'aucune d'entre elles ne saurait faire &#224; sa place. Dans ce sens, on peut parler de discipline transverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants documentalistes, pour le dire autrement, doivent ainsi d&#233;passer (mais non abolir) le paradigme du savoir-faire documentaire et des comp&#233;tences ou habilet&#233;s d'information, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; des contenus d'apprentissage d&#233;clin&#233;s aussi en termes de savoirs d'information-documentation, savoirs de la pratique, certes, mais aussi savoirs sur la pratique. L'acquisition de ces savoirs exige que les &#233;l&#232;ves acc&#232;dent progressivement &#224; une connaissance (th&#233;orie ?) des m&#233;dias, des processus d'information et des instruments (mat&#233;riels et symboliques) qui font fonctionner la m&#233;diation documentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le CAPES de documentation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la cr&#233;ation du CAPES en 1989, puis des IUFM en 1991, l'affaire prend une nouvelle dimension et commence une nouvelle phase dans l'invention du m&#233;tier : les &#233;preuves du concours poussent vers une d&#233;finition plus rigoureuse (elle mettra du temps &#224; s'&#233;tablir) des savoirs requis dans la pr&#233;paration. Elles donnent &#224; voir un ensemble de &#171; contenus &#187; de formation que les &#233;tudiants et les stagiaires doivent ma&#238;triser a minima pour acc&#233;der au corps, elles instituent &#233;galement la &#171; s&#233;quence p&#233;dagogique &#187; comme un passage oblig&#233; dans le parcours de formation et de certification. Par ce fait, elles entra&#238;nent une bonne partie des personnels en place dans leur sillage. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La didactisation des instruments du travail scolaire :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vers un curriculum info-documentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des contenus &#224; enseigner ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers objets d'apprentissage qui pussent appara&#238;tre dans cette &#171; p&#233;dagogie documentaire &#187; ne pouvaient &#234;tre qu'issus d'une exp&#233;rience spontan&#233;e. Rien d'&#233;tonnant que les contenus identifi&#233;s concernent principalement les modes op&#233;ratoires. Ils constituent des observables privil&#233;gi&#233;s dans cette qu&#234;te des moyens d'&#233;valuer des savoir&#8211;faire inobservables directement, par d&#233;finition. Pour autant, ce positivisme spontan&#233;, en permettant d'identifier des situations, des t&#226;ches et des comportements observables, n'a pas manqu&#233; de pousser &#224; l'interrogation sur les contenus notionnels sous-jacents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annette B&#233;guin, &#034;Didactique ou p&#233;dagogie documentaire&#034;, &#201;cole des Lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faut-il les enseigner ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e, pour plusieurs raisons. La position du Minist&#232;re manque de clart&#233; : il ne dit pas qu'il ne faut pas prendre en charge ces enseignements. Il organise m&#234;me des &#171; concertations &#187; qui sont autant d'actes manqu&#233;s &#171; r&#233;ussis &#187; pour ne pas d&#233;cider ; par ailleurs, il fait figurer dans les programmes de certaines disciplines des prescriptions touchant aux pratiques documentaires, mais au lieu des enseignants dont c'est la sp&#233;cialit&#233;, ce sont les enseignants desdites disciplines, ignorants de enjeux didactiques de ces contenus qui en ont la responsabilit&#233;, au m&#233;pris de toute coh&#233;rence. En contrepoint, la r&#233;ponse de certains professeurs documentalistes est, parfois, paradoxale : certains tiennent &#224; s'affirmer, y compris par leurs actes, comme p&#233;dagogues mais d&#233;clarent ne pas vouloir &#171; enseigner &#187; ! Quant aux professeurs des diff&#233;rentes disciplines, ils n'ont pas toujours une vision tr&#232;s claire de la nature de la collaboration qui les lie &#224; leurs coll&#232;gues documentalistes, mais peut-on leur en vouloir quand tant d'ind&#233;cision r&#232;gne sur le sujet ? Pour nous, on s'en doute, cette question doit recevoir une r&#233;ponse positive car les pratiques documentaires sont des pratiques sociales et culturelles acquises bien souvent dans la famille quand celle-ci dispose de ce &#171; capital culturel &#187;, pour reprendre une cat&#233;gorie bourdieusienne. Bien plus, ces pratiques indexent tr&#232;s souvent une scolarit&#233; &#233;panouie. L'exp&#233;rience conduite &#224; l'Universit&#233; Paris 8 par Alain Coulon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Coulon, Penser, classer, cat&#233;goriser : l'efficacit&#233; de l'enseignement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avec des &#233;tudiants de cette universit&#233; si particuli&#232;re, confirme le r&#244;le qu'une formation &#224; ces pratiques peut jouer pour aider &#224; la r&#233;ussite dans les &#233;tudes, pour s'approprier le &#171; m&#233;tier d'&#233;tudiant &#187;. Et dans ce m&#234;me ordre d'id&#233;es, on remarquera que Philippe Perrenoud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Perrenoud, M&#233;tier d'&#233;l&#232;ve et sens de l'exp&#233;rience scolaire, ESF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;voque le &#171; m&#233;tier d'&#233;l&#232;ve &#187; pour d&#233;signer un ensemble de pratiques et de savoirs attendus des &#233;l&#232;ves sans qu'ils soient formellement pris en charge dans des enseignements explicites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Penser les apprentissages documentaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'identification des savoirs a &#233;t&#233; entreprise par divers auteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean- Louis Charbonnier, op. cit. ; Duplessis, op. cit. ; Yves F. Le Coadic, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle n&#233;cessite la poursuite d'un travail de r&#233;flexion critique sur l'&#233;pist&#233;mologie de ce nouveau savoir scolaire, un travail de recherche, au plein sens du terme, &#224; la fois th&#233;orique et pragmatique. Il convient de prendre au s&#233;rieux les intentions affich&#233;es sur l'&#233;ducation &#224; l'information sans la r&#233;duire aux &#171; animations &#187; touchant les m&#233;dias de masse, ni au B2i. Les contenus d'apprentissage &#224; viser appartiennent, selon nous, &#224; des registres diff&#233;rents qui, si l'on ne les distingue pas, entra&#238;nent de la confusion et ne permettent pas de les articuler. Cet ensemble composite comporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des savoirs scolaires qui trouvent leur r&#233;f&#233;rent savant dans un corpus scientifique constitu&#233; autour des sciences de l'information de la documentation et de la communication, mais ne se confondent pas avec eux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des pratiques d'information et de documentation situ&#233;es aussi comme pratiques sociales diversifi&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des usages scolaires de ces pratiques et de ces savoirs en information et documentation, situ&#233;s eux aussi dans des contextes divers et sp&#233;cifiques, chaque discipline scientifique usant de pr&#233;f&#233;rence &#224; d'autres de certains traitements de l'information et des documents.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;marche curriculaire en information-documentation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;faut d'instructions officielles ayant rang de programme concernant l'information&#172;documentation et la formation des &#233;l&#232;ves &#224; sa culture, est pr&#233;judiciable car seul l'&#201;tat est en capacit&#233; d'&#233;noncer ce type d'obligations faites aux enseignants au nom de la nation. Il faut que l'on passe du r&#233;gime de la prescription morale &#224; celui de l'obligation exprim&#233;e politiquement. La situation o&#249; chacun pourrait d&#233;cider (&#224; condition toutefois que le chef d'&#233;tablissement l'accepte !) s'il prendra en charge ou non la formation des &#233;l&#232;ves, quels objets d'apprentissage il entreprend de viser, comment il les agencera les uns par rapport aux autres, &#224; quel niveau faire intervenir tel ou tel apprentissage, cette situation est insens&#233;e. Elle donne l'illusion de la libert&#233; (le professeur documentaliste ne peut pas se substituer &#224; la soci&#233;t&#233; pour &#233;dicter ce qui vaut d'&#234;tre enseign&#233;) mais prive les professeurs documentalistes de leur droit &#224; b&#233;n&#233;ficier d'un &#171; ensemble coh&#233;rent de contenus et de situations d'apprentissage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la d&#233;finition du Curriculum propos&#233;e par le Dictionnaire encyclop&#233;dique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; qui leur ouvrirait la voie vers la libert&#233; d'imaginer, de concevoir, les moyens de faire que les &#233;l&#232;ves puissent r&#233;ellement acqu&#233;rir cette culture de l'information et de la documentation. C'est pour cela que l'&#233;laboration d'un curriculum en information-documentation est un passage oblig&#233; pour permettre non seulement que la communaut&#233; professionnelle se r&#233;f&#232;re &#224; un corpus commun d'objets &#224; enseigner, qu'elle puisse d&#233;battre des obstacles et des difficult&#233;s rencontr&#233;es et, enfin, que la recherche didactique s'en empare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mission versus curriculum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mandat p&#233;dagogique d&#233;tenu par les enseignants documentalistes n'est reconnu jusqu'&#224; pr&#233;sent que par des circulaires minist&#233;rielles : celle de 1977&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fonctions et t&#226;ches des responsables de documentation et d'information (CDI) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; puis celle de 1986&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mission des personnels exer&#231;ant dans les centre de documentation et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au motif que cette derni&#232;re commen&#231;ait &#224; dater, la question de sa mise &#224; jour fut plusieurs fois agit&#233;e en r&#233;ponse &#224; la demande formul&#233;e de publication d'instructions officielles touchant le contenu des actes p&#233;dagogiques attendus. &#192; chaque fois, la tentative a tourn&#233; court d&#232;s que les repr&#233;sentants de la profession faisaient valoir la n&#233;cessit&#233; d'aller dans le sens de la d&#233;finition d'un curriculum info&#172;documentaire susceptible d'appara&#238;tre comme conduisant &#224; des programmes de formation des &#233;l&#232;ves. Ainsi apparaissait-il que ces ballons d'essai n'avaient d'autre but que d'&#233;viter de discuter d'un curriculum, d'&#233;viter de reconna&#238;tre pleinement la nature de la fonction p&#233;dagogique des professeurs documentalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que les circulaires sont des textes r&#233;glementaires qui occupent une place bien modeste dans leur hi&#233;rarchie puisqu'elles viennent apr&#232;s les lois, d&#233;crets et les arr&#234;t&#233;s qui organisent le service public. Elles ne peuvent constituer que des interpr&#233;tations et doivent s'en tenir aux limites expresses fix&#233;es par les statuts (fix&#233;s par d&#233;crets) ou les programmes (&#233;tablis par des arr&#234;t&#233;s). Contrairement &#224; ces derniers, elles sont r&#233;dig&#233;es dans une langue qui, elle-m&#234;me, laisse place &#224; un deuxi&#232;me rang d'interpr&#233;tation au niveau des &#233;chelons interm&#233;diaires ou subalternes de l'organisation &#233;ducative, quand elles ne sont pas simplement ignor&#233;es des chefs d'&#233;tablissement, notamment.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mieux conna&#238;tre ce qu'est un curriculum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs distinguent le curriculum explicite (ou formel, ou prescrit) du curriculum implicite (ou cach&#233;). Les apprentissages documentaires appartiennent toujours &#224; cette derni&#232;re cat&#233;gorie, de m&#234;me qu'un certain nombre d'autres apprentissages scolaires (cf. Perrenoud 1994). On a fr&#233;quemment fait remarquer que les curriculums implicites gagnaient souvent en efficacit&#233; p&#233;dagogique par leur explicitation dans des prescriptions formelles. Le fait qu'il y ait d&#233;finition d'objets d'apprentissage (notions, op&#233;rations) est certes un acte politique essentiel, mais il y a plus. Il permet de penser la progressivit&#233; des apprentissages et de leurs agencements, il permet aussi de situer la d&#233;marche curriculaire dans la perspective de faire progresser les savoirs didactiques en information-documentation. Les effets dans les pratiques peuvent &#234;tre d'une grande importance car l'entreprise curriculaire clarifierait la mission des professeurs documentalistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Didactiser : transformer les objets &#224; enseigner en objets enseignables ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Organiser les itin&#233;raires des &#233;l&#232;ves afin que les contenus enseignables deviennent effectivement enseign&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Prendre en compte dans des situations d'apprentissage r&#233;fl&#233;chies de la n&#233;cessit&#233; de conduire les &#233;l&#232;ves &#224; la conceptualisation. Ce terme, qui exprime un processus interne &#224; l'&#233;l&#232;ve, ne peut pas signifier comme on le constate souvent, recevoir de l'enseignant des id&#233;es abstraites mais en construire &#224; partir de pratiques qui soient au moins verbalis&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Concevoir cette action dans la dynamique d'une construction doublement provisoire : comme construction curriculaire essentiellement r&#233;visable et comme construction des savoirs des &#233;l&#232;ves toujours en devenir, non par cumulation mais par recomposition et r&#233;int&#233;gration de savoirs d&#233;j&#224; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence du terme curriculum dans les d&#233;bats internes &#224; la profession, particuli&#232;rement &#224; partir des &#171; Assises nationales pour l'&#233;ducation &#224; l'information &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces assises ont &#233;t&#233; tenues &#224; Paris, au minist&#232;re de la Recherche les 11 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne devrait &#234;tre tenu ni pour une aff&#233;terie ni pour un effet de mode dans la mesure o&#249; il permet &#224; la communaut&#233; des chercheurs d'identifier un m&#234;me objet d'investigation, par-del&#224; les fronti&#232;res et r&#233;f&#233;rences culturelles. C'est bien pourquoi nous pr&#233;f&#233;rons mettre en &#171; friction &#187; les concepts de mission et de curriculum et examiner ce qui change si l'on passe d'un univers o&#249; le paradigme de la norme s'exprime seulement en termes de mission &#224; un univers conceptuel o&#249; ce paradigme s'exprime en termes de curriculum. Cette mise en confrontation nous est apparue comme n&#233;cessaire quand, dans les expressions plus ou moins spontan&#233;es des praticiens, la d&#233;finition d'une &#171; nouvelle circulaire de mission &#187; est donn&#233;e comme quasi-synonyme de la d&#233;finition d'un corpus d'objets d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans le sillage des &#171; Assises &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des cons&#233;quences directe de ces assises fut le lancement de l'ERT&#233; &#171; Culture de l'information et curriculum documentaire &#187; ; cette &#233;quipe de recherche scientifique a obtenu son habilitation en mai 2006 pour une dur&#233;e de 4 ans, elle &#233;tait localis&#233;e &#224; l'Universit&#233; Lille 3 au sein d'un laboratoire de recherche (GERiiCO) en collaboration avec le laboratoire CIViiC de l'Universit&#233; de Rouen, un nombre important de doctorants ont pris part &#233;galement &#224; la recherche. Une demi-douzaine d'&#233;quipes par toute la France lui ont &#233;t&#233; rattach&#233;es. Elle a tenu un Colloque en octobre 2008 dont les actes ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 2010&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise Chapron, &#201;ric Delamotte, (Dir.), L'&#233;ducation &#224; la culture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le nombre des intervenants, la participation de doctorants ayant depuis soutenu leur th&#232;se montre qu'un chantier s'est ouvert et que la recherche dans ce domaine dans des contextes vari&#233;s mais qui gravitent autour de nombreux laboratoires, dont certains sont reli&#233;s &#224; diff&#233;rentes ESP&#201;. Notons, enfin, parmi ces cons&#233;quences, que &#171; Douze propositions pour l'&#233;laboration d'un curriculum info-documentaire &#187; ont &#233;t&#233; publi&#233;es en 2010 par le Groupe de recherche sur la culture et la didactique de l'information abrit&#233; par l'URFIST de Rennes 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le concept de curriculum soit devenu pour un nombre croissant de professeurs documentalistes une id&#233;e forte dans l'expression de leur identit&#233; professionnelle, est, nous le croyons, le signe qu'un cap a &#233;t&#233; franchi. Le curriculum documentaire n'abolit pas la mission, il lui donne, au contraire une consistance sans laquelle ces enseignants seraient &#233;ternellement r&#233;duits &#224; une fonction d'assistance p&#233;dagogique, voire logistique&#8230; On a vu &#233;merger, de temps en temps, quelques tentatives dans cette direction, il ne s'agit donc pas d'une chim&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une invention qui marche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans cette dialectique, au total, l'autorit&#233; minist&#233;rielle, malgr&#233; le relais de courroies de transmission que furent certains membres des corps d'inspection, parfois &#224; peine consentants, a jou&#233;, bien involontairement, un r&#244;le important pour mobiliser et relancer, apr&#232;s parfois quelques p&#233;riodes de d&#233;sarroi, le travail d'approfondissement de cette invention par les personnels. Leur r&#244;le et celui de ceux qu'ils ont reconnus comme leur porte-parole dans cette construction, est irrempla&#231;able. Je me permettrai de citer ici la coop&#233;ration qui de fait s'est &#233;tablie entre la FADBEN et le SNES et qui a &#233;t&#233; d&#233;cisive pour que la circulaire de mission de mars 1986, puis la cr&#233;ation du CAPES, voient enfin le jour. Cette solidarit&#233; dans l'action, &#224; partir de pr&#233;misses fond&#233;es diff&#233;remment a repr&#233;sent&#233; une force qui a compt&#233;. La l&#233;gitimit&#233; ne se d&#233;cr&#232;te pas, l'histoire de la profession en a administr&#233; de nombreuses fois la preuve : malgr&#233; les r&#233;ticences, voire l'opposition r&#233;solue et obstin&#233;e des ministres, de l'inspection et des hauts fonctionnaires, il a bien fallu acter dans des documents officiels plus ou moins satisfaisants, au regard des attentes, les avanc&#233;es bien r&#233;elles des pratiques et de la r&#233;flexion. C'est un deuxi&#232;me sens de &#171; fabrique &#187;, qui ressort alors de cette histoire, un lieu d'&#233;laboration d&#233;lib&#233;r&#233;e du m&#233;tier, qui trouve dans la construction didactique et le travail de r&#233;flexion sur un curriculum documentaire son aboutissement et sa signification la plus pl&#233;ni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;B&#233;guin, Annette. -&#034;Didactique ou p&#233;dagogie documentaire.&#034;&lt;i&gt; &#201;cole des Lettres coll&#232;ge&lt;/i&gt;, 15 juin 1996, p. 49-64. (n&#176; sp&#233;cial, Quel CDI voulez-vous ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certeau, Michel de. - &lt;i&gt;L'invention du quotidien : 1. Arts de faire&lt;/i&gt;, 10/18, Paris, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapron, Fran&#231;oise ; Delamotte, &#201;ric. Dir. &lt;i&gt;L'&#233;ducation &#224; la culture informationnelle&lt;/i&gt;. Presses de l'ENSSIB, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charbonnier, Jean-Louis. -&#034;Les &#8216;Apprentissages documentaires' et la didactisation des sciences de l'information &#034;. In : &lt;i&gt;Spirale&lt;/i&gt; : revue de recherches en &#233;ducation, janvier 1997, n&#176; 17 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duplessis, Pascal ; Dubois, Mich&#232;le ; Lenoir-Donzeau, Annie. &lt;i&gt;Les savoirs documentaires : amorce d'une r&#233;flexion sur les savoirs documentaires et leur didactisation au coll&#232;ge&lt;/i&gt; [en ligne]. Acad&#233;mie de Nantes, 8 novembre 2000. &lt;a href=&#034;http://www.ac-nantes.fr/peda/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ac-nantes.fr/peda/&lt;/a&gt; disc/cdi/peda/duplessis/savdoc1.htm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duplessis, Pascal. &#034;L'enjeu des r&#233;f&#233;rentiels de comp&#233;tences info-documentaires dans l'&#201;ducation nationale&#034;. &lt;i&gt;Documentaliste-Sciences de l'information&lt;/i&gt;, Volume 42, n&#176; 3, juin 2005, p.178- 189.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coulon, Alain. &lt;i&gt;Penser, classer, cat&#233;goriser : l'efficacit&#233; de l'enseignement de la m&#233;thodologie documentaire dans les premiers cycles universitaires&lt;/i&gt;. Paris : Laboratoire de recherches ethnom&#233;thodologiques, Universit&#233; Paris 8, 1999. 65 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Coadic, Yves F. &#034;Vers une int&#233;gration de savoirs en Science de l'information dans le CAPES de documentation&#034;. &lt;i&gt;Documentaliste&#8211;Sciences de l'information.&lt;/i&gt; Volume 37 : n&#176; 1, mars 2000, p. 28&#172;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrenoud, Philippe. &lt;i&gt;M&#233;tier d'&#233;l&#232;ve et sens de l'exp&#233;rience scolaire&lt;/i&gt;. Paris : ESF, 1994&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;In : France. Direction du second degr&#233; : &lt;i&gt;Le r&#244;le de la documentation dans l'enseignement du second degr&#233;&lt;/i&gt;, circulaire du 13 octobre 1952. Bulletin officiel du Minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale, n&#176; 37 du 16 octobre 1952.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel de Certeau, &lt;i&gt;L'invention du quotidien : 1. Arts de faire&lt;/i&gt;, 10/18, 1983&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le cadre de la Mission instaur&#233;e par Alain Savary en 1982 et confi&#233;e &#224; Andr&#233; de Peretti, des dispositifs nationaux de formation continue des&lt;br class='autobr' /&gt;
personnels enseignants avaient &#233;t&#233; mis en place. L'un de ces dispositif appel&#233; &#171; Module III : Utilisation des ressources documentaires et conseil&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;thodologique &#187; avait permis aux enseignants documentalistes de commencer &#224; d&#233;velopper une r&#233;flexion prax&#233;ologique sur leur m&#233;tier et d&#233;ployer une activit&#233; de formation continue dont la nouveaut&#233;, &#224; l'&#233;poque, avait marqu&#233; les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annette B&#233;guin, &#034;Didactique ou p&#233;dagogie documentaire&#034;, &lt;i&gt;&#201;cole des Lettres coll&#232;ge&lt;/i&gt;, 15 juin 1996, p. 49- 64.(n&#176; sp&#233;cial, &#034;Quel CDI voulez-vous ?&#034;). Jean-Louis Charbonnier, &#034;Les &#8216;Apprentissages documentaires' et la didactisation des sciences de l'information&#034;. In : &lt;i&gt;Spirale&lt;/i&gt; : revue de recherches en &#233;ducation, janvier 1997, n&#176; 17. Pascal Duplessis, Mich&#232;le Dubois, Annie Lenoir-Donzeau, &lt;i&gt;Les savoirs documentaires : amorce d'une r&#233;flexion sur les savoirs documentaires et leur didactisation au coll&#232;ge&lt;/i&gt; [en ligne]. Acad&#233;mie de Nantes, 8 novembre 2000. &lt;a href=&#034;http://www.ac-nantes.fr/peda/disc/cdi/peda/duplessis/savdoc1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ac-nantes.fr/peda/disc/cdi/peda/duplessis/savdoc1.htm&lt;/a&gt;. Pascal Duplessis, &#034;L'enjeu des r&#233;f&#233;rentiels de comp&#233;tences info-documenaires dans l'&#201;ducation nationale&#034;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Documentaliste-Sciences de l'information&lt;/i&gt;, Volume 42, n&#176; 3, juin 2005, p.178- 189.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Coulon, &lt;i&gt;Penser, classer, cat&#233;goriser : l'efficacit&#233; de l'enseignement de la m&#233;thodologie documentaire dans les premiers cycles universitaires&lt;/i&gt;, Paris : Laboratoire de recherches ethnom&#233;thodologiques, Universit&#233; Paris 8, 1999. 65 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Perrenoud, &lt;i&gt;M&#233;tier d'&#233;l&#232;ve et sens de l'exp&#233;rience scolaire&lt;/i&gt;, ESF, Paris, 1994&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean- Louis Charbonnier, op. cit. ; Duplessis, op. cit. ; Yves F. Le Coadic, &#034;Vers une int&#233;gration de savoirs en Science de l'information dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
CAPES de documentation&#034;, &lt;i&gt;Documentaliste &#8211; Sciences de l'information&lt;/i&gt;, Volume 37 : n&#176; 1, mars 2000, p. 28-35&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. la d&#233;finition du Curriculum propos&#233;e par le Dictionnaire encyclop&#233;dique de l'&#233;ducation et de la formation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fonctions et t&#226;ches des responsables de documentation et d'information&lt;/i&gt; (CDI) : circulaire n&#176;77-070. BOEN du 24 f&#233;vrier 1977, n&#176; 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mission des personnels exer&#231;ant dans les centre de documentation et d'information&lt;/i&gt; : circulaire n&#176; 86-123 du 13 mars 1986, BOEN du 27 mars 1986, n&#176; 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces assises ont &#233;t&#233; tenues &#224; Paris, au minist&#232;re de la Recherche les 11 et 12 mars 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise Chapron, &#201;ric Delamotte, (Dir.), &lt;i&gt;L'&#233;ducation &#224; la culture informationnelle&lt;/i&gt;, Presses de l'ENSSIB, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'enseignement de la g&#233;ographie : une histoire</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article193</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article193</guid>
		<dc:date>2014-06-12T15:55:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Clerc</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis quand enseigne-t-on la g&#233;ographie en France ? Poser cette question semble d&#233;licat car l'histoire scolaire de ce savoir est sans doute aussi ancienne que l'histoire de l'&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans remonter trop loin, signalons par exemple les travaux de Dainville sur la g&#233;ographie des J&#233;suites, qui attestent de pratiques d'enseignement int&#233;grant des savoirs g&#233;ographiques d&#232;s le XVIe si&#232;cle. Plus g&#233;n&#233;ralement, dans l'ensemble des coll&#232;ges d'Ancien R&#233;gime, g&#233;ographie et histoire sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L95xH150/arton193-be1e5.png?1790692441' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff193.png?1790685250&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quand enseigne-t-on la g&#233;ographie en France ? Poser cette question semble d&#233;licat car l'histoire scolaire de ce savoir est sans doute aussi ancienne que l'histoire de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans remonter trop loin, signalons par exemple les travaux de Dainville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois de Dainville, L'&#233;ducation des j&#233;suites (XVIe-XVIIIe si&#232;cles), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur la g&#233;ographie des J&#233;suites, qui attestent de pratiques d'enseignement int&#233;grant des savoirs g&#233;ographiques d&#232;s le XVIe si&#232;cle. Plus g&#233;n&#233;ralement, dans l'ensemble des coll&#232;ges d'Ancien R&#233;gime, g&#233;ographie et histoire sont r&#233;guli&#232;rement mobilis&#233;es pour l'&#233;tude des textes de l'Antiquit&#233; sans que l'on puisse parler pour autant de discipline scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L175xH177/Image_40-3-bc195.png?1790689104' width='175' height='177' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hors l'anachronisme (la notion de discipline pour d&#233;signer des mati&#232;res d'enseignemen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;tAndr&#233; Chervel, &#171; L'histoire des disciplines scolaires. R&#233;flexions sur un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne se d&#233;veloppe qu'entre les deux Guerres mondiales), cette notion est fort utile pour &#233;valuer l'importance et le statut des savoirs enseign&#233;s. Antoine Prost&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, &#171; Un couple scolaire &#187;, EspacesTemps, n&#176;66-67, 1998, p. 55-64.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; caract&#233;rise une discipline scolaire par des contenus, des exercices, des proc&#233;dures d'&#233;valuation, des finalit&#233;s et des enseignants. La g&#233;ographie scolaire &#233;volue vers une forme disciplinaire &#224; partir des premi&#232;res d&#233;cennies du XIXe si&#232;cle et peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une discipline &#224; part enti&#232;re (je reviendrais plus loin sur la question du couplage avec l'histoire) &#224; partir des programmes de 1852&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'analyse des programmes scolaires et des commentaires officiels relatifs &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela permet au passage de remettre en cause la vulgate, paresseusement reproduite, d'un enseignement mis en place &#224; la suite de la guerre entre la France et la Prusse en 1870 et fond&#233;e prioritairement sur des finalit&#233;s nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En centrant le propos sur l'histoire de la discipline scolaire, c'est une p&#233;riode qui s'ouvre au d&#233;but du XIXe si&#232;cle qui est au centre des analyses qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques jalons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord les principales &#233;tapes de la structuration de la g&#233;ographie scolaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans le d&#233;cret sur les &#233;coles primaires du 17 novembre 1794, des &#233;l&#233;ments de g&#233;ographie figurent dans le programme. Cela ne signifie pas pour autant que la g&#233;ographie soit r&#233;ellement enseign&#233;e ; l'enqu&#234;te diligent&#233;e par Guizot en 1833 montre que seuls 11% des ma&#238;tres enseignent la g&#233;ographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 1802, pour l'enseignement secondaire, g&#233;ographie et histoire font partie (sans plus de pr&#233;cisions) des contenus &#224; enseigner. Dans les ann&#233;es qui suivent, les deux savoirs sont toujours mentionn&#233;s dans les textes mais les configurations varient un peu ; en g&#233;n&#233;ral, ces variations concernent la g&#233;ographie qui appara&#238;t tant&#244;t comme une &#171; sous-discipline &#187; (ou une &#171; co-discipline &#187;) associ&#233;e &#224; l'histoire, tant&#244;t comme une composante du cursus d'histoire. D&#233;j&#224;, on le voit, se pose la question des relations entre la g&#233;ographie et l'histoire dans le champ scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avec l'arr&#234;t&#233; du 15 mars 1818, la fonction de professeur d'histoire-g&#233;ographie est cr&#233;&#233;e pour les coll&#232;ges. C'est un acte d&#233;cisif : une identit&#233; professionnelle commence &#224; se construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 1831, cette identit&#233; est renforc&#233;e par la cr&#233;ation d'une agr&#233;gation d'histoire-g&#233;ographie (masculine bien s&#251;r !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 1840, la place de la g&#233;ographie et de l'histoire dans les &#233;preuves du baccalaur&#233;at, bien vague jusque l&#224;, est pr&#233;cis&#233;e : cent questions d'histoire et cinquante questions de g&#233;ographie sont &#224; &#233;tudier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; partir du milieu du si&#232;cle et plus encore avec la loi d'avril 1867, la g&#233;ographie devient &#8211; elle le restera &#8211; une mati&#232;re obligatoire pour l'enseignement primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le premier programme autonome et d&#233;taill&#233; de g&#233;ographie est publi&#233; en 1852. Il concerne toutes les classes de la 8&#232;me &#224; la classe de rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Apr&#232;s la suppression de l'essentiel des heures affect&#233;es &#224; l'enseignement de la g&#233;ographie entre 1865 et 1867 (mais les programmes subsistent ; il s'agira pour les &#233;l&#232;ves d'apprendre, &#171; par c&#339;ur &#187;, &#224; la maison), les textes officiels de 1872 marquent le retour d'un enseignement de la discipline. Depuis cette date, jamais plus jusqu'&#224; aujourd'hui cet enseignement n'a &#233;t&#233; remis en question &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble des cursus primaire et secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans cette p&#233;riode, les derni&#232;res d&#233;cennies du XIXe si&#232;cle, qu'une architecture d'ensemble des programmes est fix&#233;e. Elle l'est pour longtemps, presque un si&#232;cle. Pratiques, contenus et logiques discursives se stabilisent autour d'un mod&#232;le d'ensemble qui associe enseignements de g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale et de g&#233;ographie r&#233;gionale puis, &#224; l'&#233;chelle des programmes, des plans &#224; tiroirs au sein desquels se succ&#232;dent g&#233;ographie physique puis g&#233;ographie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;quilibres sont rompus &#224; partir des ann&#233;es 1970 pour le primaire et 1980 pour le secondaire. Interrogations sur les finalit&#233;s, nouvelles propositions p&#233;dagogiques, int&#233;gration des mutations paradigmatiques de la science g&#233;ographique dans les programmes viennent bousculer (non sans difficult&#233;s et r&#233;sistances) une g&#233;ographie scolaire routinis&#233;e. La r&#233;forme de l'agr&#233;gation de g&#233;ographie en 2002 appara&#238;t comme un symbole majeur des &#233;volutions en cours. Ce concours &#233;tait le dernier bastion d'une science codifi&#233;e par les h&#233;ritiers de Vidal de la Blache autour du triptyque g&#233;ographie physique, g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale, g&#233;ographie r&#233;gionale. La nouvelle configuration en d&#233;veloppant la dimension &#233;pist&#233;mologique et en supprimant l'&#233;preuve &#233;crite de g&#233;ographique physique valide, au plus haut niveau symbolique, le d&#233;veloppement d'approches r&#233;flexives et d'une g&#233;ographie affirm&#233;e comme une science sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une discipline modeste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;ographie est une servante. Assujettie d'abord, aux c&#244;t&#233;s de l'histoire, &#224; l'&#233;tude des textes anciens grecs et latins, elle change de ma&#238;tre lorsque l'histoire s'&#233;mancipe au d&#233;but du XIXe si&#232;cle et devient un enseignement &#224; part enti&#232;re. La g&#233;ographie est un outil, un moyen de rep&#233;rage que l'on peut comparer &#224; la chronologie : cette derni&#232;re permet de situer les actions de l'histoire dans le temps, la g&#233;ographie le fait pour l'espace.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce statut en fait une discipline modeste et en d&#233;finit &#224; la fois les pratiques et les contenus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L225xH194/Image_33-4-68c5c.png?1790689104' width='225' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les pratiques, la r&#233;f&#233;rence dominante est alors la m&#233;morisation ; il en reste peut-&#234;tre quelque chose aujourd'hui. Bien s&#251;r ce n'est pas sp&#233;cifique &#224; cette discipline : tous les enseignements font traditionnellement une large place &#224; la m&#233;morisation au sein d'une conception de la p&#233;dagogie bas&#233;e sur le teaching plus que sur le learning. Mais, il semble que dans ce cas, la m&#233;morisation soit la pratique unique comme le note Jean Antoine Lettrone, inspecteur g&#233;n&#233;ral des &#233;tudes en 1825 : &#171; La g&#233;ographie est en tr&#232;s grande partie du domaine exclusif de la m&#233;moire. &#187; Pour cela, des m&#233;thodes mn&#233;motechniques sont invent&#233;es d&#232;s la fin du XVIIIe si&#232;cle. La m&#233;thode cat&#233;ch&#233;tique est la plus ancienne ; elle repose sur un syst&#232;me de questions/r&#233;ponses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Chevalier, &#171; La Le&#231;on de g&#233;ographie, un tableau peint par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme par exemple dans l'&lt;i&gt;Abr&#233;g&#233; de la g&#233;ographie&lt;/i&gt; de Crozat, un ouvrage conseill&#233; pour les lyc&#233;es en 1803 : &#171; D. [demande] Quelles sont les bornes de l'Europe ? R. [r&#233;ponse] L'Europe est born&#233;e au nord par la mer Glaciale, au levant par la Russie asiatique, le Don ou le Tana&#239;s, et par la mer Noire ; au midi par la mer M&#233;diterran&#233;e, et au couchant par le grand Oc&#233;an. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Le Fran&#231;ois, Abr&#233;g&#233; de la g&#233;ographie de Crozat, par demandes et par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une autre m&#233;thode, tr&#232;s utilis&#233;e tout au long du XIXe si&#232;cle, associe le texte et la carte : &#171; circuler &#187; sur la carte permettant d'apprendre la nomenclature et de fixer les caract&#233;ristiques des lieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce point les d&#233;veloppements propos&#233;s par Jean-Marc Besse, Face au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est ce que propose le g&#233;ographe Edme Mentelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Daniel Nordman et Marie-Vic Ozouf-Marignier (dir.), Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avec une pratique concentrique de d&#233;couverte d'entit&#233;s spatiales : on part de Bourges puis on &#233;largit au d&#233;partement du Cher, puis &#224; un petit groupe de d&#233;partements du centre de la France et ainsi de suite jusqu'au monde entier. &#192; chaque niveau scalaire, le but est de m&#233;moriser de la mani&#232;re la plus exhaustive possible des informations factuelles sur l'entit&#233; spatiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette pratique dominante d&#233;coulent donc la nature et le type de connaissances &#224; acqu&#233;rir. L'inventaire des formes de la terre et plus encore la nomenclature cartographique en constituent le c&#339;ur. Ainsi, au fil des manuels scolaires et des cahiers d'&#233;l&#232;ves, se succ&#232;dent des litanies de caps, de sommets, de cours d'eau&#8230; Pourtant, les auteurs de propositions didactiques et plus largement tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; l'enseignement g&#233;ographique condamnent vivement cette nomenclature, qu'ils qualifient toujours de &#171; s&#232;che &#187; ou &#171; aride &#187; ; ces condamnations traversent tout le XIXe si&#232;cle et se prolongent au si&#232;cle suivant. Mais ceux qui vouent aux g&#233;monies la nomenclature peinent &#224; d&#233;passer cette forme discursive, peut-&#234;tre parce qu'il n'y a alors pas d'alternative dans le champ des savoirs de r&#233;f&#233;rences, mais aussi parce que ces pratiques participent d'un syst&#232;me d'une grande coh&#233;rence associant une conception transmissive de l'apprentissage &#224; des proc&#233;dures d'&#233;valuation fond&#233;e sur la restitution des savoirs m&#233;moris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L207xH174/Image_36-5-b1088.png?1790689104' width='207' height='174' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, nul besoin de r&#233;fl&#233;chir pour apprendre la g&#233;ographie : elle &#171; ne demande que des yeux et de la m&#233;moire : ce qu'elle nous pr&#233;sente est r&#233;el et sensible, il n'est besoin ni de r&#233;flexion, ni de raisonnement pour le saisir &#187; et l'auteur de ces mots, le g&#233;ographe Buache de la Neuville (1772), de conclure que &#171; toute personne m&#234;me un enfant en est capable. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par H&#233;l&#232;ne Blais et Isabelle Laboulais (dir.), G&#233;ographies plurielles. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On pourrait multiplier &#224; l'envi les citations qui disent la place tr&#232;s modeste des savoirs g&#233;ographiques dans la hi&#233;rarchie des sciences. Impossible alors de ne pas faire le lien avec le contexte contemporain et le graphique du &#171; syst&#232;me des disciplines &#187; &#233;labor&#233; par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La reproduction. &#201;l&#233;ments pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : en 1970, la g&#233;ographie est (de tr&#232;s loin) la discipline choisie par les &#233;tudiants issus de classes sociales peu favoris&#233;es et par ceux &#8211; ce sont souvent les m&#234;mes dans un syst&#232;me qui pas plus qu'aujourd'hui ne r&#233;ussit &#224; att&#233;nuer les in&#233;galit&#233;s sociales &#8211; qui ont r&#233;ussi le baccalaur&#233;at sans mention ; &#224; l'oppos&#233; par exemple de la philosophie, discipline noble choisie par les meilleurs bacheliers et ceux qui sont issus des milieux les plus favoris&#233;s. Dans d'autres travaux, Bourdieu prendra position contre la g&#233;ographie, science qui n'aurait pas lieu d'exister, confin&#233;e dans l'&#233;tude de d&#233;tails particuliers, sans possibilit&#233; th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que la g&#233;ographie se m&#233;morise plus qu'elle ne se comprend que sa place dans les cursus est fragile jusqu'aux ann&#233;es 1870. En effet, s'il n'y a rien &#224; comprendre, il n'y a rien &#224; expliquer. Il suffit de quelques bons livres et d'un peu de travail ; cela peut se faire &#224; la maison. Par cons&#233;quent, comme le fit le Ministre Duruy en 1865, il est tr&#232;s simple de suspendre l'enseignement tout en maintenant la discipline dans les programmes. La g&#233;ographie appara&#238;t comme une marge de man&#339;uvre pour le l&#233;gislateur lorsqu'il s'agit de renforcer un enseignement ou de faire de la place &#224; une discipline nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces constats &#233;clairent-ils la situation contemporaine de la g&#233;ographie ? La sociologie des &#233;tudiants en g&#233;ographie a-t-elle chang&#233; depuis les travaux de Bourdieu et Passeron ? S'il semble d&#233;licat d'&#233;tablir des relations trop directes, il appara&#238;t assez clairement que les repr&#233;sentations de la g&#233;ographie dans le grand public (qui peuvent influer sur les programmes comme on l'a vu avec les programmes pour le primaire de 2008)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Pascal Clerc et Micheline Roum&#233;gous, &#171; Le pr&#233;sident, les &#171; sp&#233;cialistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; empruntent quelques traits &#224; cette histoire : de la nomenclature, des donn&#233;es chiffr&#233;es, des connaissances factuelles que l'on peut caricaturer facilement (Connaissez-vous la capitale de la Mongolie ?) &#224; travers les questions de jeux t&#233;l&#233;vis&#233;s ou radiophoniques. Par contre, du c&#244;t&#233; des savoirs scientifiques, peut-&#234;tre pour faire oublier la r&#233;putation de discipline modeste mais surtout parce les questions spatiales et soci&#233;tales sont aujourd'hui au c&#339;ur de la discipline, les g&#233;ographes ont multipli&#233; dans leurs &#233;crits, les r&#233;f&#233;rences aux savoirs des &#233;conomistes, des anthropologues, des sociologues, des architectes ou des philosophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de l'association avec l'histoire &#8211; situ&#233;e selon Bourdieu et Passeron assez haut dans la hi&#233;rarchie des disciplines &#8211; la g&#233;ographie reste sur tous les plans ou presque, le parent pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une affaire de couple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Histoire-g&#233;ographie, &#171; histoire-g&#233;o &#187; le plus souvent. Le couple disciplinaire est ancien, naturalis&#233; par les ans, comme une &#233;vidence. Personne aujourd'hui ne songe vraiment &#224; contester cette association, ni m&#234;me &#224; en examiner vraiment la hi&#233;rarchie implicite. Pourtant, un travail de d&#233;construction semble n&#233;cessaire pour prendre quelque distance avec l'&#233;vidence, pour analyser &#224; nouveaux frais ce bin&#244;me disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1802, dans la &#171; Loi g&#233;n&#233;rale sur l'Instruction publique &#187; g&#233;ographie et histoire sont associ&#233;es. La cr&#233;ation de la fonction de professeur d'histoire-g&#233;ographie, l'association des disciplines au baccalaur&#233;at et &#224; l'agr&#233;gation, ainsi que les textes programmatiques vont renforcer et indurer cette association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d'autres possibles exist&#232;rent pour ce qui concerne les associations disciplinaires. On peut les rappeler rapidement. Comme le souligne de Dainville, dans les coll&#232;ges j&#233;suites la g&#233;ographie pouvait &#234;tre associ&#233;e certes &#224; l'histoire, mais aussi &#224; la th&#233;ologie, aux math&#233;matiques et &#224; la physique. &#192; plusieurs reprises au cours du XIXe si&#232;cle, alors m&#234;me que l'association avec l'histoire s'installe, Fourcroy sous le Consulat en 1803, puis le savant et publiciste Jules Duval en 1863&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er mai 1863, dans une s&#233;ance publique de la Soci&#233;t&#233; de G&#233;ographie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et encore &#201;mile Levasseur en 1872&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;mile Levasseur, L'&#233;tude et l'enseignement de la g&#233;ographie, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; plaident pour un rapprochement avec l'&#233;conomie politique. Puis au tournant du XXe si&#232;cle, de nouvelles turbulences, les plus s&#233;v&#232;res peut-&#234;tre, affectent le couple histoire-g&#233;ographie. La question est pos&#233;e d'une autonomisation de la g&#233;ographie ou d'un lien renforc&#233; avec les sciences naturelles. Rivalit&#233;s, cultures scientifiques et strat&#233;gies personnelles se m&#234;lent. Une nouvelle articulation avec les sciences naturelles est sugg&#233;r&#233;e par le g&#233;ographe Albert Demangeon (pour l'enseignement primaire) en 1903 et les conf&#233;rences de 1905 associent dans le m&#234;me cycle, sciences naturelles et g&#233;ographie, avec apparemment l'assentiment des historiens universitaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Marie-Claire Robic, &#171; Le fardeau du professeur &#187;, EspacesTemps, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Dans &lt;i&gt;Le Volume&lt;/i&gt;, une publication destin&#233;e aux instituteurs et institutrices, Demangeon &#233;crit sans d&#233;tour que &#171; l'union de l'histoire et de la g&#233;ographie est un legs du pass&#233; &#187; et parle d'une &#171; &#233;migration n&#233;cessaire &#187; vers les sciences naturelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Volume, n&#176;1, octobre 1903, p. 30-31.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce d&#233;placement avait un sens si l'on se r&#233;f&#232;re au paradigme naturaliste de la g&#233;ographie d'alors mais c'&#233;tait sans compter sur le poids des traditions ; la r&#233;volution initi&#233;e par Demangeon et les autres g&#233;ographes universitaires fait long feu. Aujourd'hui, je l'ai dit, les d&#233;sirs de s&#233;paration semblent &#233;teints. Les seules &#233;volutions possibles semblent renvoyer &#224; l'int&#233;gration de l'histoire-g&#233;ographie dans un enseignement de sciences sociales pour le secondaire, &#233;volution promue r&#233;guli&#232;rement depuis les ann&#233;es 1980, mais vigoureusement combattue par les associations professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du couple, histoire et g&#233;ographie n'ont pas le m&#234;me poids. Cette hi&#233;rarchie est fond&#233;e sur une ancienne tradition qui d&#233;borde le cadre scolaire. Ortelius la r&#233;sume en une formule souvent reprise : la g&#233;ographie est l'&#171; &#339;il de l'histoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le Theatrum orbis terrarum, 1581, cit&#233; par Jean-Marc Besse, 2003, op. cit&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mise &#224; son service, elle l'&#233;claire notamment par des cartes. Jean-Marc Besse voit, dans cet usage historien de la g&#233;ographie, une r&#233;ponse aux exigences venues de l'Antiquit&#233; et relatives &#224; la construction de la preuve historique : pour asseoir cette preuve, il faut rendre visible, palpable le discours de l'historien. Ainsi la fonction de la g&#233;ographie relativement &#224; l'histoire est pr&#233;cis&#233;e ; elle lui donne une visibilit&#233;, elle l'ancre dans un espace, elle signifie la r&#233;alit&#233; d'un temps. Cette conception est reprise tout au long du XIXe si&#232;cle dans les textes officiels. Elle installe la repr&#233;sentation d'une discipline &#171; concr&#232;te &#187;, directement accessible, pour laquelle les cartes, les photographies, les descriptions ne seraient que des fragments du r&#233;el&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Olivier Orain, De plain pied dans le monde. &#201;criture et r&#233;alisme dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L281xH144/Image_32-7-c805b.png?1790689104' width='281' height='144' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce mode de relation entre les deux domaines de savoirs que sont la g&#233;ographie et l'histoire est transpos&#233; dans le cadre scolaire. Ce sont les mots qui souvent trahissent la hi&#233;rarchie et la suj&#233;tion d'un savoir &#224; l'autre. Par exemple, dans le texte m&#234;me qui institue la fonction d'enseignant d'histoire et de g&#233;ographie en 1818, ce dernier est aussit&#244;t qualifi&#233; de &#171; professeur d'histoire &#187;. On pourrait encore signaler l'ordre d'&#233;nonciation des deux disciplines dans le champ scolaire (pourquoi histoire avant g&#233;ographie ?) et ses nombreux avatars s&#233;mantiques jusqu'&#224; aujourd'hui. Que ce soit avec les questions du baccalaur&#233;at ou le volume horaire dans les programmes, l'histoire l'emporte traditionnellement sur la g&#233;ographie sur le plan quantitatif ; en g&#233;n&#233;ral, le rapport horaire est de deux pour un en faveur de l'histoire jusqu'&#224; la Seconde Guerre mondiale. La situation &#233;volue en th&#233;orie avec les programmes vichystes et un strict &#233;quilibre est affich&#233; depuis. Mais l'institution doit r&#233;guli&#232;rement rappeler la r&#232;gle ce qui semble l'aveu de pratiques diff&#233;rentes. Une enqu&#234;te du milieu des ann&#233;es 1990 corrobor&#233;e par des analyses que j'ai conduites quelques ann&#233;es plus tard montrent qu'environ 60% du temps d'enseignement &#233;tait alors consacr&#233; &#224; l'histoire. Rien n'indique que la situation ait chang&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'association avec l'histoire pr&#233;sente un avantage consid&#233;rable pour la g&#233;ographie scolaire : elle la prot&#232;ge. En effet, sans cette association, on peut imaginer que la g&#233;ographie aurait disparu des cursus. Mais l'histoire a ses lettres de noblesse et jusqu'au sommet de la sph&#232;re politique, personne ne songe &#224; remettre en cause son enseignement. La g&#233;ographie en profite. D'autres sciences sociales, la sociologie ou l'anthropologie par exemple, n'ont pas cette chance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le tableau du monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Presque sans aucune discontinuit&#233; depuis le d&#233;but du XIXe si&#232;cle, la culture scolaire en g&#233;ographie est fond&#233;e sur la transmission de savoirs factuels relatifs &#224; des fragments de l'espace mondial. On peut &#233;tablir un parall&#232;le avec les programmes d'histoire et l'enseignement de &#171; p&#233;riodes &#187; subdivis&#233;es en &#233;l&#233;ments parfois th&#233;matiques mais toujours chronologis&#233;s. Ainsi, la France, l'Afrique, les &#201;tats-Unis ou l'Europe sont enseign&#233;s. Le choix de ces quelques exemples est significatif : les d&#233;coupages prioritaires sont &#233;tatiques ou continentaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L195xH203/Image_39-3-15105.png?1790689104' width='195' height='203' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, c'est un tableau (non exhaustif) du monde qui est propos&#233;. Dit autrement le monde est parcouru &#224; trois reprises de l'&#233;cole primaire au lyc&#233;e en passant par le coll&#232;ge, presque de mani&#232;re identique : un ensemble de trois continents (Afrique, Asie et Am&#233;rique), l'Europe (sans la France), la France puis quelques puissances. La France, parlons-en. Comme dans nombre de pays o&#249; la g&#233;ographie est enseign&#233;e, le territoire national est une r&#233;f&#233;rence. Chez nous, l'enseignement du territoire fran&#231;ais est depuis 1852 (et jusqu'&#224; aujourd'hui) l'objet d'&#233;tude du programme de 1&#232;re qui, rappelons-le signifiait alors la fin des &#233;tudes secondaires : l'&#233;tude de la France comme couronnement d'un cursus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question sp&#233;cifique des programmes des classes de 6&#232;me et de 2nde. Ce dernier, pendant l'essentiel des deux si&#232;cles de g&#233;ographie scolaire, est un v&#233;ritable programme de g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale. Il reproduit d'abord les grands d&#233;coupages de la g&#233;ographie, notamment jusqu'en 1981&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pascal Clerc &#171; Quelle g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale pour la classe de seconde ? &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la division entre g&#233;ographie physique et g&#233;ographie humaine &#233;labor&#233;e par les post-vidaliens, avant de se d&#233;cliner de mani&#232;re plus probl&#233;matis&#233;e. Pour la classe de 6&#232;me, la situation est diff&#233;rente. Seule une partie du programme rel&#232;ve de la g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale, le reste pr&#233;sente un espace, l'espace mondial. Ainsi la presque totalit&#233; des programmes de g&#233;ographie de l'enseignement primaire et secondaire a comme projet plus ou moins explicite de couvrir le monde. Au sein de l'&#233;tude de ces fragments de l'espace mondial, la logique d'enseignement ne varie gu&#232;re et reproduit assez fid&#232;lement le plan canonique &#233;tabli par les &#233;l&#232;ves de Vidal de la Blache : d'abord la g&#233;ographie physique, elle-m&#234;me subdivis&#233; en g&#233;ographie des reliefs, des climats, parfois des eaux, des sols et de la v&#233;g&#233;tation, puis la g&#233;ographie humaine avec la population, un catalogue des activit&#233;s (agricoles, industrielles et tertiaires, parfois une approche des r&#233;seaux de transport et l'&#233;tude des espaces urbains et ruraux), enfin des &#233;tudes de g&#233;ographie r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#224; l'int&#233;rieur de ce cadre, les choses bougent en fonction des &#233;volutions paradigmatiques de la science de r&#233;f&#233;rence, des transformations du monde et des attentes de l'institution. Ainsi Michel Hagnerelle et Isabelle Lefort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Hagnerelle et Isabelle Lefort, &#171; La g&#233;ographie de la France en classe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont montr&#233; comment, au sein du programme de la classe de 1&#232;re, les articulations entre l'espace fran&#231;ais et l'Europe ont chang&#233; au fil du temps, en particulier &#224; partir de 1982 avec des r&#233;f&#233;rences plus englobantes, d'&#233;chelle europ&#233;enne, pour l'&#233;tude du territoire fran&#231;ais. Mais le principe de l'&#233;tude de fragments de l'espace mondial n'est pas remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1905 jusqu'aux ann&#233;es 1980, cette architecture g&#233;n&#233;rale est d&#233;clin&#233;e dans un ordre immuable,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isabelle Lefort, &#171; Deux si&#232;cles de g&#233;ographie scolaire &#187;, EspacesTemps, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; exception faite d'un jeu de chaises musicales avec le programme de 1943 ce qui ne change en r&#233;alit&#233; pas grand chose d'autant que ce programme est remis en cause d&#232;s la fin de la guerre. On peut &#233;tablir un lien avec la stabilit&#233; du paradigme vidalien, que les programmes reproduisent &#224; leur mani&#232;re. On peut aussi noter la faiblesse des interrogations &#233;pist&#233;mologiques majeures relativement &#224; l'enseignement de la g&#233;ographie. Les d&#233;bats, nombreux notamment au sein de l'Association des Professeurs d'Histoire-G&#233;ographie, ne me semble pas concerner d'autres questions que celles des contenus, de choix techniques, de connaissances factuelles&#8230; Il n'y a pas d'interrogation de fond sur les finalit&#233;s disciplinaires par exemple. Il faut attendre les ann&#233;es 1970 et un contexte m&#234;lant remises en causes des pratiques p&#233;dagogiques et mutation paradigmatique de la g&#233;ographie pour que les &#233;quilibres d'ensemble soient modifi&#233;es et les certitudes &#233;branl&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Didactique de la g&#233;ographie. Enjeux, r&#233;sistances, innovations, Rennes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des finalit&#233;s variables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi enseigner la g&#233;ographie ? Question fondamentale qui para&#238;t pourtant plus vive &#224; certaines &#233;poques qu'&#224; d'autres. Au tout d&#233;but du XIXe si&#232;cle, en France, lorsque les premiers programmes de g&#233;ographie de l'enseignement secondaire sont publi&#233;s, les finalit&#233;s ne sont pas clairement d&#233;finies. Mais il s'agit principalement de m&#233;moriser des informations afin de constituer le substrat qui &#233;clairera les lieux de l'histoire : savoir o&#249; les choses se sont pass&#233;es, &#224; la mani&#232;re dont l'apprentissage de la chronologie permettrait de &#171; fixer &#187; l'ordre des &#233;v&#232;nements du pass&#233;. La g&#233;ographie est un pr&#233;liminaire, un ensemble de connaissances &#224; m&#233;moriser ; elle sert &#224; donner des rep&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;volue vers le milieu du si&#232;cle. En 1854, Eug&#232;ne Cortambert (1805-1881), professeur de g&#233;ographie et auteur d'ouvrages de vulgarisation, compare le poids respectif de la g&#233;ographie et de l'histoire dans les cursus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eug&#232;ne Cortambert, &#171; Parall&#232;le de la g&#233;ographie et de l'histoire &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se r&#233;jouit de la mise en &#339;uvre de nouveaux programmes (ils ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 1852 et pour la premi&#232;re fois la g&#233;ographie y occupe une place importante). Cortambert plaide pour que la discipline ait &#171; son r&#244;le propre, ses fonctions ind&#233;pendantes &#187;, bref qu'elle ne soit plus annex&#233;e &#224; l'histoire. &#192; ses yeux, la g&#233;ographie &#171; met tout &#224; sa vraie place ; elle donne des id&#233;es justes sur les rapports des peuples, et, nous enseignant les points d'o&#249; nous pouvons tirer les objets de nos besoins, ceux vers lesquels nous devons diriger les produits de nos arts, elle devient la r&#232;gle des relations sociales qui lient les peuples entre eux. &#187; C'est d&#233;j&#224; un programme pour l'action dans le monde que propose Cortambert ; il pr&#233;sente la g&#233;ographie comme un ensemble de savoirs susceptibles de fournir aux hommes les renseignements n&#233;cessaires &#224; l'organisation sociale et &#224; la mise en valeur de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent associ&#233; la p&#233;riode de la guerre franco-prussienne &#224; la naissance d'un enseignement g&#233;ographique en France ce qui nous l'avons vu est faux ; on l'a associ&#233; aussi au d&#233;veloppement de finalit&#233;s patriotiques ce qui m&#233;rite d'&#234;tre nuanc&#233;. Une lecture centr&#233;e sur le temps court des &#233;v&#232;nements donne l'illusion d'une rupture brutale avec la mobilisation des savoirs g&#233;ographiques au service de la patrie. Rappelons quelques faits. En septembre 1870, le philosophe Jules Simon est nomm&#233; ministre de l'Instruction Publique. La guerre est engag&#233;e depuis peu mais c'est d&#233;j&#224; la d&#233;route pour les arm&#233;es fran&#231;aises. Simon s'appuie sur ces circonstances pour promouvoir une r&#233;forme. La g&#233;ographie fait partie de ses pr&#233;occupations ; elle est mentionn&#233;e parmi les disciplines qu'il faut conna&#238;tre pour esp&#233;rer un jour sauver la patrie. C'est pour cette raison qu'il commande un rapport sur l'enseignement de l'histoire et de la g&#233;ographie. Diffus&#233; en septembre 1871, ce rapport est le point de d&#233;part d'une transformation des programmes et instructions relatifs &#224; l'enseignement g&#233;ographique. La m&#234;me sc&#232;ne ou presque sera rejou&#233;e en 1940 lorsque le gouvernement de Vichy pr&#233;sente l'enseignement g&#233;ographique comme n&#233;cessaire au redressement national&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Chevalier, &#034;&#201;ducation g&#233;ographique et R&#233;volution nationale. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L126xH170/Image_38-4-34394.png?1790689104' width='126' height='170' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais une autre lecture est possible, n&#233;cessaire m&#234;me, qui nuance fortement cet ancrage patriotique de la g&#233;ographie. Pour cela, il faut prendre un pas de temps plus large. En 1863, l'historien Victor Duruy rejoint le Minist&#232;re de l'Instruction Publique. Sa conviction des n&#233;cessit&#233;s d'un enseignement utile et pr&#233;parant mieux aux exigences de la vie active rejoint les pr&#233;occupations des lib&#233;raux du Second Empire, ce qu'&#201;mile Levasseur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Levasseur, voir Pascal Clerc, &#171; &#201;mile Levasseur, un lib&#233;ral en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;noncera de mani&#232;re limpide dans L'&#233;tude et l'enseignement de la g&#233;ographie (1872) : &#171; La terre est le domaine de l'homme ; il faut que l'homme connaisse son domaine pour en jouir et le mettre en valeur ; la g&#233;ographie a pour objet de le lui apprendre. &#187; C'est justement Levasseur qui est choisi par Duruy pour mettre en &#339;uvre de nouveaux programmes en 1866 dans le cadre de la cr&#233;ation d'un enseignement secondaire sp&#233;cial ; c'est lui encore qui produit le rapport command&#233; par Jules Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Associ&#233; au sp&#233;cialiste de g&#233;ographie historique Louis-Auguste Himly.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et c'est toujours lui qui dirige la r&#233;forme des programmes de 1872. Au-del&#224; des seules pr&#233;occupations patriotiques, il va promouvoir alors un enseignement g&#233;ographique plus connect&#233; avec le monde, plus utile. Et pour cela, la g&#233;ographie historique et g&#233;ographie administrative sont r&#233;duites &#224; quelques chapitres tandis que la g&#233;ographie physique et surtout la g&#233;ographie &#233;conomique sont largement d&#233;velopp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin du si&#232;cle, dans un contexte de comp&#233;tition coloniale, l'imp&#233;ratif d'une &#233;ducation g&#233;ographique va s'imposer encore plus nettement. De plus en plus de g&#233;ographes mettent en avant le lien entre l'acquisition de connaissances et le poids de la France dans le monde. Sous la plume de Charles Z&#233;vort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors Directeur de l'enseignement secondaire.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; notamment, la g&#233;ographie devient une discipline du renseignement qui, en permettant de mieux conna&#238;tre les ressources et les activit&#233;s des pays concurrents, oriente la strat&#233;gie nationale dans le monde. Ainsi des &#233;l&#232;ves ayant acquis ces connaissances pourront, dans leur carri&#232;re professionnelle, agir au mieux en fonction des int&#233;r&#234;ts du pays. Les propos de Z&#233;vort sugg&#232;re un autre regard sur les finalit&#233;s disciplinaires : l'amour de la patrie et la dimension utilitaire ne sont pas incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, les finalit&#233;s disciplinaires vont progressivement &#233;voluer vers un projet de compr&#233;hension. L'id&#233;e d'expliquer cet ensemble complexe qu'est le monde appara&#238;t avec les instructions officielles du 4 mai 1955 : &#171; Localiser, d&#233;crire, expliquer, comparer les paysages et les genres de vie humains, &#224; la surface de la terre, tel est le r&#244;le de la g&#233;ographie. &#187; En 1972, une circulaire minist&#233;rielle pr&#233;sente l'enseignement g&#233;ographique comme une &#171; initiation au monde moderne &#187; ; il est aussi question de citoyennet&#233; et de pr&#233;paration &#224; la vie adulte. En 1982, la pr&#233;sentation des nouveaux programmes du secondaire commence par ses mots : &#171; L'enseignement de l'histoire et de la g&#233;ographie dans les lyc&#233;es est orient&#233; essentiellement vers la compr&#233;hension du monde actuel. &#187; Le projet est cette fois pr&#233;cis&#233;ment &#233;nonc&#233; et m&#234;me si les mots utilis&#233;s changeront quelque peu, m&#234;me si d'autres finalit&#233;s viendront s'ajouter &#224; celle-l&#224;, comprendre le monde devient bien un des buts essentiels, souvent le plus important, de l'enseignement g&#233;ographique de l'&#233;cole primaire au lyc&#233;e. Les programmes actuellement en vigueur ne d&#233;rogent pas &#224; cette r&#232;gle : &#171; L'histoire et la g&#233;ographie (&#8230;) apportent aux &#233;l&#232;ves les outils conceptuels n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension du monde actuel (&#233;cole primaire), &#171; d&#233;velopper chez les &#233;l&#232;ves la connaissance du monde qui les entoure [et] leur fournir les &#233;l&#233;ments et les outils n&#233;cessaires &#224; sa compr&#233;hension &#187; (coll&#232;ge), &#171; Les programmes d'histoire et de g&#233;ographie permettent la compr&#233;hension du monde contemporain &#187; (lyc&#233;e, classe de seconde) ou encore l'histoire-g&#233;ographie fournit &#171; des cl&#233;s de compr&#233;hension du monde contemporain &#187; (lyc&#233;e, cycle terminal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes l&#224; avec ce projet &#224; la fois vertigineux par son ambition et trop peu explicit&#233; pour ne pas risquer de se r&#233;duire &#224; une formule creuse. Deux questions m&#233;ritent d'&#234;tre pos&#233;es avec insistance : que signifie comprendre le monde contemporain et comment s'y prendre pour y parvenir avec des enfants et des adolescents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re question renvoie &#224; un projet de citoyennet&#233;, un grand mot encore. Il s'agirait de comprendre par le biais d'une approche spatiale, l'organisation du monde contemporain &#224; toutes les &#233;chelles. Lier cela &#224; la citoyennet&#233; pose la question des prises sur ce monde, des moyens d'y agir pour le changer ou plus modestement le conserver. La seconde question, celle des m&#233;thodes, a &#233;t&#233; au c&#339;ur de la r&#233;flexion didactique des ann&#233;es 1980 et 1990. Aujourd'hui, cette r&#233;flexion semble moins active, peut-&#234;tre parce que de nouvelles pratiques ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es et sont naturellement d&#233;velopp&#233;es par les jeunes enseignants, peut-&#234;tre aussi &#8211; c'est la version pessimiste &#8211; parce que les exercices canoniques que sont le brevet des coll&#232;ges et le baccalaur&#233;at rendent la r&#233;flexion vaine tant les logiques de reproduction, de r&#233;citation l'emportent sur le projet de compr&#233;hension. Ainsi les &#233;l&#232;ves de terminale apprennent aujourd'hui &#171; par c&#339;ur &#187; un ensemble de cartes dont l'une sera reproduite le jour de l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers un changement (radical) ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce rapide parcours &#224; travers l'histoire de la g&#233;ographie scolaire permet d'associer &#224; cette derni&#232;re au moins trois autres variables : la science de r&#233;f&#233;rence, la demande sociale et la p&#233;dagogie. Toutes les trois agissent sur la discipline scolaire &#224; travers les contenus, les finalit&#233;s et les pratiques d'enseignement. Chaque variable est associ&#233;e prioritairement, mais pas exclusivement, &#224; une dimension de la g&#233;ographie scolaire ; par exemple la science de r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;volution des contenus. Ce sont des combinaisons complexes des &#233;volutions paradigmatiques de la science g&#233;ographique, des &#233;volutions de la demande sociale et des &#233;volutions de la p&#233;dagogie et de la didactique, qui modifient la discipline. &#192; l'&#233;chelle des vingt ou trente derni&#232;res ann&#233;es, les &#233;volutions ont &#233;t&#233; importantes, mais in&#233;galement pour ce qui concerne ces trois variables : une demande sociale et des propositions p&#233;dagogiques modifi&#233;es par la massification notamment, et surtout une rupture paradigmatique majeure dans la science g&#233;ographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans que cela fasse grand bruit, ces &#233;volutions sont en train de transformer la g&#233;ographie scolaire ou plus pr&#233;cis&#233;ment, les programmes scolaires en g&#233;ographie. Il s'agit du passage d'un enseignement de fragments du monde &#224; celui d'ensembles de concepts. Engag&#233;e en classe de seconde sur la base d'une probl&#233;matisation du contenu de g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale, elle gagne progressivement tous les niveaux : concept d'habiter en 6&#232;me, d&#233;veloppement durable en 5&#232;me, mondialisation en 4&#232;me, d&#233;veloppement durable de nouveau en seconde et encore mondialisation en Terminale. Il convient bien s&#251;r de nuancer : les programmes des classes de 3&#232;me, de 1&#232;re et partiellement de Terminale (notamment les classes d'examen, ce n'est pas un hasard) reposent encore en partie sur l'&#233;tude de fragments du monde mais l'essentiel a bascul&#233; du c&#244;t&#233; d'une approche plus conceptuelle. Si l'on s'en tient &#224; la lecture des programmes sur la longue dur&#233;e, c'est une rupture majeure apr&#232;s deux si&#232;cles ou presque de tableau du monde. Reste &#224; voir comment, &#224; moyen terme, cette &#233;volution susceptible de transformer &#224; la fois les pratiques d'enseignement et les modalit&#233;s d'&#233;valuation, sera assimil&#233;e par un syst&#232;me &#233;ducatif aux capacit&#233;s de r&#233;silience maintes fois prouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L126xH143/Image_37-6-30e0d.png?1790689104' width='126' height='143' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois de Dainville, &lt;i&gt;L'&#233;ducation des j&#233;suites (XVIe-XVIIIe si&#232;cles)&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;tAndr&#233; Chervel, &#171; L'histoire des disciplines scolaires. R&#233;flexions sur un domaine de recherche &#187;, &lt;i&gt;Histoire de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, n&#176;38, 1988, p. 59-119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost, &#171; Un couple scolaire &#187;, &lt;i&gt;EspacesTemps&lt;/i&gt;, n&#176;66-67, 1998, p. 55-64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'analyse des programmes scolaires et des commentaires officiels relatifs &#224; l'enseignement de la g&#233;ographie est rendue possible par le travail fondamental de Philippe Marchand qui a rassembl&#233; et comment&#233; l'ensemble des textes officiels : Philippe Marchand, &lt;i&gt;L'histoire et la g&#233;ographie dans l'enseignement secondaire. Textes officiels. Tome 1 : 1795-1914&lt;/i&gt;, Paris, INRP, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Chevalier, &#171; La Le&#231;on de g&#233;ographie, un tableau peint par Girodet en 1803 &#187;, &lt;i&gt;Mappemonde&lt;/i&gt;, n&#176;80, 2005, p.1-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Le Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Abr&#233;g&#233; de la g&#233;ographie de Crozat, par demandes et par r&#233;ponses&#8230; pr&#233;c&#233;d&#233; d'un trait&#233; de la sph&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, Veuve Fournier, 1810.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ce point les d&#233;veloppements propos&#233;s par Jean-Marc Besse, &lt;i&gt;Face au monde. Atlas, jardins, g&#233;oramas&lt;/i&gt;, Paris, Descl&#233;e de Brouwer, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Daniel Nordman et Marie-Vic Ozouf-Marignier (dir.), &lt;i&gt;Le territoire (1) R&#233;alit&#233;s et repr&#233;sentations&lt;/i&gt;, dans Bonin, S. et Langlois, C. &#171; Atlas de la R&#233;volution Fran&#231;aise &#187;, Paris, &#201;ditions de l'EHESS, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par H&#233;l&#232;ne Blais et Isabelle Laboulais (dir.), &lt;i&gt;G&#233;ographies plurielles. Les sciences g&#233;ographiques au moment de l'&#233;mergence des sciences humaines (1750-1850)&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2006, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, &lt;i&gt;La reproduction. &#201;l&#233;ments pour une th&#233;orie du syst&#232;me d'enseignement&lt;/i&gt;, Paris, Les &#233;ditions de Minuit, 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Pascal Clerc et Micheline Roum&#233;gous, &#171; Le pr&#233;sident, les &#171; sp&#233;cialistes &#187; et la g&#233;ographie (contribution au d&#233;bat sur les programmes de l'&#233;cole primaire) &#187;, &lt;i&gt;Cyberg&#233;o&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://cybergeo.revues.org/index20403.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cybergeo.revues.org/index20403.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 1er mai 1863, dans une s&#233;ance publique de la Soci&#233;t&#233; de G&#233;ographie de Paris (SGP), il pr&#233;sente une r&#233;flexion intitul&#233;e &#171; Des rapports entre la g&#233;ographie et l'&#233;conomie politique &#187;. Le texte dans sa version longue, une centaine de pages, est publi&#233; en deux parties dans le bulletin de la SGP : &lt;i&gt;Bulletin de la soci&#233;t&#233; de g&#233;ographie&lt;/i&gt;, 5&#232;me s&#233;rie, tome VI, 1863, p. 169-250 et p. 307-325.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;mile Levasseur, &lt;i&gt;L'&#233;tude et l'enseignement de la g&#233;ographie&lt;/i&gt;, Paris, Delagrave, 1872.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Marie-Claire Robic, &#171; Le fardeau du professeur &#187;, &lt;i&gt;EspacesTemps&lt;/i&gt;, n&#176; 68-69-70, 1998, p. 158-170 et H&#233;l&#232;ne Gispert et al., &lt;i&gt;Science et enseignement. L'exemple de la grande r&#233;forme des programmes du lyc&#233;e au d&#233;but du XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Lyon / Paris, INRP et Vuibert, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Volume&lt;/i&gt;, n&#176;1, octobre 1903, p. 30-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le &lt;i&gt;Theatrum orbis terrarum&lt;/i&gt;, 1581, cit&#233; par Jean-Marc Besse, 2003, op. cit&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Olivier Orain, &lt;i&gt;De plain pied dans le monde. &#201;criture et r&#233;alisme dans la g&#233;ographie fran&#231;aise du XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pascal Clerc &#171; Quelle g&#233;ographie g&#233;n&#233;rale pour la classe de seconde ? &#187; &lt;i&gt;L'information g&#233;ographique&lt;/i&gt;, n&#176;4, 1996, p.167-175.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Hagnerelle et Isabelle Lefort, &#171; La g&#233;ographie de la France en classe de premi&#232;re : &#233;volution des programmes depuis la fin du XIXe si&#232;cle &#187;, &lt;i&gt;Revue IREHG&lt;/i&gt;, n&#176;5, 1998, p. 23-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isabelle Lefort, &#171; Deux si&#232;cles de g&#233;ographie scolaire &#187;, &lt;i&gt;EspacesTemps&lt;/i&gt;, n&#176;66-67, 1998, p. 146-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Didactique de la g&#233;ographie. Enjeux, r&#233;sistances, innovations&lt;/i&gt;, Rennes, PUR, 2002, Micheline Roum&#233;gous montre comment ces remises en cause prennent forme dans l'enseignement primaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eug&#232;ne Cortambert, &#171; Parall&#232;le de la g&#233;ographie et de l'histoire &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de la soci&#233;t&#233; de g&#233;ographie de Paris&lt;/i&gt;, Tome 7, janvier-juin, 1854, p. 220-229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Chevalier, &#034;&#201;ducation g&#233;ographique et R&#233;volution nationale. La g&#233;ographie scolaire au temps de Vichy&#034;, &lt;i&gt;Histoire de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, n&#176;113, 2007, p. 69-101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Levasseur, voir Pascal Clerc, &#171; &#201;mile Levasseur, un lib&#233;ral en g&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;L'Espace G&#233;ographique&lt;/i&gt;, n&#176;1, 2007, p. 79-92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Associ&#233; au sp&#233;cialiste de g&#233;ographie historique Louis-Auguste Himly.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors Directeur de l'enseignement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire des math&#233;matiques ou apprendre &#224; compter ?</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article192</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article192</guid>
		<dc:date>2014-05-30T10:32:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud d'Enfert</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement du second degr&#233; &#8211; et plus sp&#233;cifiquement &#224; l'&#171; &#233;cole moyenne &#187; &#8211; pose la question de la nature des contenus, des m&#233;thodes et des finalit&#233;s de l'enseignement dispens&#233;s &#224; l'&#233;cole primaire &#233;l&#233;mentaire. Pour ce qui est des math&#233;matiques, deux tendances se dessinent. D'un c&#244;t&#233;, la tendance dominante, apr&#232;s 1945, est au recentrage sur les apprentissages &#171; de base &#187; (&#233;tude des nombres, pratique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L110xH112/arton192-e5680.png?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement du second degr&#233; &#8211; et plus sp&#233;cifiquement &#224; l'&#171; &#233;cole moyenne &#187; &#8211; pose la question de la nature des contenus, des m&#233;thodes et des finalit&#233;s de l'enseignement dispens&#233;s &#224; l'&#233;cole primaire &#233;l&#233;mentaire. Pour ce qui est des math&#233;matiques, deux tendances se dessinent. D'un c&#244;t&#233;, la tendance dominante, apr&#232;s 1945, est au recentrage sur les apprentissages &#171; de base &#187; (&#233;tude des nombres, pratique des op&#233;rations, techniques de calcul) et &#224; la r&#233;habilitation du r&#244;le de la m&#233;moire, condition n&#233;cessaire, estime-t-on, d'une scolarit&#233; r&#233;ussie dans l'enseignement secondaire. D'un autre c&#244;t&#233;, le mouvement en faveur des &#171; math&#233;matiques modernes &#187;, qui se d&#233;veloppe dans les ann&#233;es 1950-1960 en m&#234;me temps qu'&#233;voluent les finalit&#233;s de l'&#233;cole primaire, change fondamentalement les donn&#233;es du probl&#232;me : il ne s'agit plus de faire apprendre aux &#233;l&#232;ves des techniques de calcul et de r&#233;solution de probl&#232;mes en lien avec la &#171; vie courante &#187;, mais de faire en sorte qu'ils fassent r&#233;ellement des math&#233;matiques, &#224; l'instar du math&#233;maticien lui-m&#234;me, et en d&#233;couvrent les concepts. Cet article se propose d'&#233;tudier les propositions et arguments formul&#233;s par les tenants des deux bords, ainsi que les &#233;volutions du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale sur cette question entre 1945 et 1985&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Outre le titre, ce texte reprend des &#233;l&#233;ments de : Renaud d'Enfert, &#171; Doing (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enseignement primaire dans les ann&#233;es 1950 : faire acqu&#233;rir les &#171; m&#233;canismes de base &#187; pour pr&#233;parer &#224; l'enseignement du second degr&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, la p&#233;riode qui s'ouvre &#224; la fin de la Seconde Guerre mondiale se caract&#233;rise par une succession de projets de r&#233;forme g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me d'enseignement &#8211; plus d'une dizaine &#8211;, qui trouvent leur concr&#233;tisation dans la r&#233;forme r&#233;alis&#233;e en 1959 par le ministre de l'&#201;ducation nationale Jean Berthoin. Ces divers projets de r&#233;forme, et apr&#232;s eux la r&#233;forme de 1959, interviennent dans une p&#233;riode de forte croissance de la scolarisation post-&#233;l&#233;mentaire. Leur principal enjeu est la suppression de la s&#233;paration de l'enseignement en deux r&#233;seaux &#8211; l'enseignement primaire (court) pour les milieux populaires, l'enseignement secondaire (long) pour la bourgeoisie &#8211; qui pr&#233;vaut depuis le XIXe si&#232;cle, et l'organisation, dans le cadre d'une scolarit&#233; obligatoire prolong&#233;e jusqu'&#224; 16 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;forme Berthoin de 1959 &#233;tablit l'obligation scolaire pour tous les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'une &#233;cole moyenne ouverte &#224; tous les &#233;l&#232;ves, formant le premier cycle du second degr&#233;. L'&#233;cole primaire &#233;l&#233;mentaire est directement concern&#233;e par la cr&#233;ation de cette &#233;cole moyenne pour tous, qui vise &#224; d&#233;mocratiser l'acc&#232;s &#224; l'enseignement du second degr&#233; : r&#233;duite &#224; la tranche d'&#226;ge 6-11 ans, elle devient l'antichambre de cet enseignement du second degr&#233; auquel elle doit pr&#233;parer et aux exigences duquel elle doit s'adapter. S'il lui devient moins n&#233;cessaire de donner &#224; ses &#233;l&#232;ves le bagage de connaissances pratiques n&#233;cessaires pour &#171; entrer dans la vie &#187;, elle se doit en revanche &#171; d'&#233;tablir les fondations solides et durables de tout l'&#233;difice scolaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, la r&#233;organisation du syst&#232;me d'enseignement pr&#233;vue puis mise en &#339;uvre &#224; partir de 1959 n'est pas sans cons&#233;quence sur les contenus et les finalit&#233;s des diff&#233;rentes mati&#232;res de l'&#233;cole primaire. Plus pr&#233;cis&#233;ment, les divers plans de r&#233;forme qui se succ&#232;dent au cours de la p&#233;riode font de l'acquisition de solides connaissances instrumentales, en fran&#231;ais et en calcul, un pr&#233;alable indispensable &#224; une scolarit&#233; prolong&#233;e dans l'enseignement secondaire. Le plan d'Alger, remis en ao&#251;t 1944 au Gouvernement provisoire de la R&#233;publique fran&#231;aise, envisage ainsi d'all&#233;ger le programme d'arithm&#233;tique et de g&#233;om&#233;trie et &#171; de maintenir et renforcer les admirables traditions de soin et de scrupule dans le domaine de l'&#233;criture, de l'orthographe, du calcul &#233;l&#233;mentaire &#187;. Dans les ann&#233;es 1950, plusieurs projets de r&#233;forme pr&#233;voient que l'enseignement &#233;l&#233;mentaire doit assurer &#171; l'acquisition des connaissances et des m&#233;canismes de base &#187;, formule &#233;galement reprise dans le d&#233;cret du 6 janvier 1959 portant r&#233;forme de l'enseignement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc Decaunes, Marie-Louise Cavalier, R&#233;formes et projets de r&#233;formes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette priorit&#233; donn&#233;e aux apprentissages fondamentaux se concr&#233;tise d&#232;s 1945&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le gouvernement de Vichy avait enclench&#233; ce mouvement pendant la Seconde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les horaires de calcul de l'&#233;cole primaire augmentent de 20 &#224; 50 % selon les classes et les nouveaux programmes mettent l'accent sur l'&#233;tude des nombres, la pratique des op&#233;rations et les techniques de calcul. Critiquant implicitement l'encyclop&#233;disme des programmes d'avant-guerre mais aussi le recours aux m&#233;thodes actives qui &#233;tait alors promu, les instructions minist&#233;rielles du 7 d&#233;cembre 1945 indiquent vouloir rendre &#224; l'enseignement primaire &#171; sa simplicit&#233; et son efficacit&#233; anciennes en ce qui concerne l'acquisition des m&#233;canismes fondamentaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instructions du 7 d&#233;cembre 1945 relatives &#224; l'application de l'arr&#234;t&#233; du 17 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lors de la r&#233;forme Berthoin de 1959, le minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale pr&#244;ne une nouvelle fois le recentrage sur les mati&#232;res fondamentales : fran&#231;ais et calcul, dont la bonne ma&#238;trise est jug&#233;e n&#233;cessaire pour bien suivre en classe de sixi&#232;me. En calcul, il faut que les &#233;l&#232;ves &#171; n'h&#233;sitent pas sur le sens d'une op&#233;ration arithm&#233;tique, qu'ils ne commettent pas des erreurs dues &#224; une connaissance imparfaite des tables &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 19 octobre 1960 relative &#224; l'enseignement du fran&#231;ais et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le retour au &#171; par c&#339;ur &#187; est m&#234;me recommand&#233;. Le responsable de l'enseignement primaire au minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale explique : &#171; Mon premier devoir, envers les lyc&#233;es et coll&#232;ges, est de fournir aux classes de sixi&#232;me des &#233;l&#232;ves valables, poss&#233;dant les m&#233;canismes de base &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Lebettre, &#171; Primaut&#233; du fran&#231;ais et du calcul &#187;, L'&#201;ducation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les instructions officielles de 1945 affirmaient &#171; la volont&#233; d'une relation &#233;troite entre les math&#233;matiques de l'&#233;cole et les n&#233;cessit&#233;s de la vie &#187; , la g&#233;n&#233;ralisation de la poursuite d'&#233;tudes permet par ailleurs de d&#233;barrasser les programmes des questions pratiques et de reporter &#224; une &#233;tape ult&#233;rieure de la scolarit&#233; l'acquisition de certaines notions dont l'&#233;tude est jug&#233;e trop pr&#233;coce compte tenu de la maturit&#233; des &#233;l&#232;ves. De cette fa&#231;on, les instituteurs pourront se concentrer davantage sur les m&#233;canismes fondamentaux du calcul. Un rapport remis au minist&#232;re vers 1960 signale ainsi &#171; les parties du programme de calcul qui semblent difficiles &#224; assimiler par des enfants de moins de 11 ans &#187;, telles que la r&#232;gle de trois (dont la suppression &#233;tait r&#233;clam&#233;e), le calcul des pourcentages et des prix de vente, les fractions, les nombres complexes, ou encore les constructions g&#233;om&#233;triques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Gal, &#171; Recherche sur le passage du cycle &#233;l&#233;mentaire au cycle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1964, le minist&#232;re d&#233;cide, non pas de supprimer, mais de rendre facultatives certaines parties du programme du cours moyen : celles portant sur des connaissances &#171; pratiques &#187; (int&#233;r&#234;t simple, ann&#233;e commerciale, placement &#224; court terme) ou dont l'apprentissage n'appara&#238;t pas indispensable &#224; ce stade de la scolarit&#233;. En contrepartie de quoi, les ma&#238;tres doivent &#171; veiller [&#8230;] &#224; ce que toutes les notions dont l'&#233;tude est obligatoire soient parfaitement assimil&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 20 juillet 1964 sur le calcul et la grammaire au CM2, Bulletin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du &#171; calcul &#187; aux &#171; math&#233;matiques &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ces mesures ne modifient gu&#232;re la nature de l'enseignement math&#233;matique de l'&#233;cole primaire &#233;l&#233;mentaire, tel qu'il a &#233;t&#233; d&#233;fini &#224; la Lib&#233;ration : les contenus, m&#234;me all&#233;g&#233;s, et les m&#233;thodes restent pratiquement inchang&#233;s. Comme le souligne un inspecteur g&#233;n&#233;ral, les all&#232;gements de programme &#171; ne sauraient suffire &#224; faire du calcul tel qu'il est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire, l'assise solide de l'enseignement math&#233;matique ult&#233;rieur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marius Beulaygue, &#171; Rapport de monsieur l'inspecteur g&#233;n&#233;ral Beulaygue &#187;, 22 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, les all&#232;gements de 1964 ne r&#233;pondent pas &#224; certaines critiques dont le programme de 1945 fait l'objet depuis le milieu de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente, lesquelles stigmatisent son manque de rigueur et de coh&#233;rence math&#233;matique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple Fran&#231;ois Brachet, &#171; Fractions et r&#232;gles de trois &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils ne r&#233;solvent pas non plus la question de la continuit&#233; avec l'enseignement secondaire : voulu r&#233;solument concret, le programme de 1945 ne permettrait pas, m&#234;me all&#233;g&#233;, d'envisager une v&#233;ritable &#171; initiation math&#233;matique &#187; familiarisant les enfants avec l'abstraction qui pr&#233;vaut dans le second degr&#233;. Face aux &#233;volutions du syst&#232;me scolaire et aux transformations de l'enseignement math&#233;matique dans le second degr&#233;, le programme et les instructions de 1945 sont jug&#233;s d&#233;pass&#233;s. L'introduction des &#171; math&#233;matiques modernes &#187;, qui mettent en avant la notion de structure et &#233;tudient les relations entre objets math&#233;matiques plut&#244;t que les objets eux-m&#234;mes, semble d&#232;s lors susceptible de rompre avec leur caract&#232;re concret et pratique et d'en finir avec ses incoh&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'introduction des math&#233;matiques modernes dans l'enseignement primaire prend corps vers le milieu des ann&#233;es 1960. Les r&#233;flexions qu'elle suscite s'inscrivent dans un mouvement plus g&#233;n&#233;ral, d'ampleur internationale, de r&#233;novation de l'enseignement des math&#233;matiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;l&#232;ne Gispert, &#171; R&#233;nover l'enseignement des math&#233;matiques, la dynamique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En France, l'Association des professeurs de math&#233;matiques de l'enseignement public (APMEP) est le fer de lance de ce mouvement de r&#233;novation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Barbazo, Pascale Pombourcq, Cent ans d'APMEP, Brochure APMEP n&#176; 192, 2010.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Estimant que la modernisation des programmes de math&#233;matiques du secondaire ne peut porter ses fruits que si les &#233;l&#232;ves sont pr&#233;par&#233;s &#224; les recevoir, l'association milite pour &#171; une meilleure coordination des r&#233;formes dans toutes les classes et en particulier une modernisation raisonnable des programmes des classes &#233;l&#233;mentaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilbert Walusinski [Evaristovich Duponski], &#171; Lyon, 18, 19 et 20 f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;et propose des projets de programmes pour les &#233;coles maternelles et primaires. Parall&#232;lement, l'Institut p&#233;dagogique national (IPN) m&#232;ne une r&#233;flexion portant plus sp&#233;cifiquement sur l'introduction des math&#233;matiques modernes dans l'enseignement &#233;l&#233;mentaire en d&#233;veloppant des exp&#233;rimentations dans des &#233;coles primaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;flexions men&#233;es au sein de l'APMEP et de l'IPN sont reprises en 1969 par une commission minist&#233;rielle charg&#233;e, sous la pr&#233;sidence du math&#233;maticien Andr&#233; Lichnerowicz, de r&#233;former l'enseignement des math&#233;matiques dans le primaire et le secondaire. Elles d&#233;bouchent sur la publication, en 1970, d'un nouveau programme de &#171; math&#233;matiques &#187; &#8211; et non de &#171; calcul &#187; comme en 1945 &#8211; pour l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, ainsi que de nouvelles instructions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 2 janvier 1970 sur l'enseignement des math&#233;matiques &#224; l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements op&#233;r&#233;s sont justifi&#233;s par le prolongement de la scolarit&#233; obligatoire et la d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement du second degr&#233;, ainsi que par l'&#233;volution de la &#171; pens&#233;e math&#233;matique &#187; : &#171; L'ambition d'un tel enseignement n'est donc plus essentiellement de pr&#233;parer les &#233;l&#232;ves &#224; la vie active et professionnelle en leur faisant acqu&#233;rir des techniques de r&#233;solution de probl&#232;mes catalogu&#233;s et sugg&#233;r&#233;s par la &#034;vie courante&#034;, mais bien de leur assurer une approche correcte et une compr&#233;hension r&#233;elle des notions math&#233;matiques li&#233;es &#224; ces techniques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 349.&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sous la double influence des math&#233;matiques structurales et de la psychologie g&#233;n&#233;tique de Jean Piaget, les apprentissages se veulent adapt&#233;s aux diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de l'enfant. L'apprentissage de la num&#233;ration n'est plus bas&#233; sur le syst&#232;me m&#233;trique &#8211; son &#233;tude est d'ailleurs r&#233;duite &#224; la portion congrue &#8211; mais sur des activit&#233;s de groupement d'objets. De m&#234;me, la r&#232;gle de trois et les pourcentages c&#232;dent leur place aux notions plus g&#233;n&#233;rales de relation num&#233;rique (repr&#233;sent&#233;e par des tableaux de nombres) et de proportionnalit&#233;. En g&#233;om&#233;trie, l'&#233;tude des propri&#233;t&#233;s des figures est privil&#233;gi&#233;e, et les exercices de rep&#233;rage, sur une droite ou sur un quadrillage, sont introduits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modernisation des contenus et r&#233;novation des m&#233;thodes ont partie li&#233;e. Il ne s'agit plus de privil&#233;gier les exercices syst&#233;matiques et le &#171; par c&#339;ur &#187; comme le recommandait le minist&#232;re &#224; l'or&#233;e de la d&#233;cennie 1960, mais de donner place &#224; une p&#233;dagogie active, fond&#233;e sur les capacit&#233;s d'invention et d'abstraction des enfants et faisant appel au travail en &#233;quipe. Cette approche s'inscrit dans le cadre plus g&#233;n&#233;ral de la &#171; r&#233;novation p&#233;dagogique &#187; entreprise par le minist&#232;re depuis 1969. Elle vise aussi, plus sp&#233;cifiquement, &#224; faire en sorte que les &#233;l&#232;ves puissent vraiment &#171; faire &#187; des math&#233;matiques, c'est-&#224;-dire d&#233;couvrir et comprendre, &#224; l'instar du math&#233;maticien, les concepts fondamentaux des math&#233;matiques, et &#224; favoriser la &#171; ma&#238;trise d'une pens&#233;e math&#233;matique disponible et f&#233;conde &#187;. L'acquisition des techniques op&#233;ratoires en sera facilit&#233;e : &#171; Les techniques usuelles concernant les op&#233;rations [&#8230;] seront d'autant mieux acquises que les enfants, au lieu de les apprendre de fa&#231;on purement m&#233;canique, les auront d&#233;couvertes par eux m&#234;mes comme synth&#232;ses d'exp&#233;riences effectivement r&#233;alis&#233;es, nombreuses et vari&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 360.&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre remise en cause et consolidation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui suivent son officialisation, le programme de math&#233;matiques de 1970 fait l'objet de nombreuses critiques, qui sont partie prenante d'une d&#233;nonciation plus g&#233;n&#233;rale &#8211; et largement m&#233;diatis&#233;e &#8211; de la r&#233;forme des &#171; math&#233;matiques modernes &#187; dans son ensemble. Certaines de ces critiques sont radicales : en mettant l'accent sur la compr&#233;hension et le raisonnement plut&#244;t que sur l'acquisition des automatismes (notamment les tables de multiplication), la modernisation des programmes aurait conduit &#224; oublier que &#171; la mission de l'&#233;cole primaire est d'apprendre &#224; compter dans notre bon vieux syst&#232;me d&#233;cimal &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Turner, &#171; Progr&#232;s ou impasse p&#233;dagogique ? &#187;, Sciences et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La presse va m&#234;me jusqu'&#224; imputer le suicide d'un instituteur, en janvier 1972, au fait qu'il aurait &#233;t&#233; &#171; tr&#232;s affect&#233; par l'enseignement moderne des math&#233;matiques &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde du 19 janvier 1972, reproduit dans Josiane H&#233;layel, &#171; La presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autres critiques, &#233;ventuellement formul&#233;es par des acteurs de la r&#233;forme, en pointent les dysfonctionnements et les exc&#232;s. Un inspecteur g&#233;n&#233;ral n'h&#233;site pas &#224; parler de &#171; perversion p&#233;dagogique &#187; &#224; propos de la place excessive accord&#233;e par les instituteurs au vocabulaire et aux symboles ensemblistes, ainsi qu'au calcul dans des bases autres que 10. Il d&#233;nonce &#233;galement le recours quasi-syst&#233;matique au travail sur fiche que les promoteurs de la r&#233;forme ont popularis&#233;, via les &#233;diteurs scolaires, pour favoriser l'autonomie des &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Duma, Math&#233;matiques &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, Conf&#233;rence de M. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme des programmes lanc&#233;e par le ministre de l'&#201;ducation Ren&#233; Haby dans la deuxi&#232;me moiti&#233; de la d&#233;cennie 1970 constitue une premi&#232;re r&#233;ponse &#224; cette s&#233;rie de critiques. Nomm&#233; en mai 1974, R. Haby engage aussit&#244;t une r&#233;forme d'ensemble, qui touche simultan&#233;ment &#224; l'organisation du syst&#232;me scolaire &#8211; la mesure la plus embl&#233;matique est la suppression des fili&#232;res du premier cycle qui donne naissance au &#171; coll&#232;ge unique &#187; &#8211; et aux contenus d'enseignement. Pour ce qui est de l'enseignement primaire, la nouvelle l&#233;gislation (loi du 11 juillet 1975) affirme nettement la priorit&#233; accord&#233;e aux apprentissages instrumentaux : fran&#231;ais et math&#233;matiques sont plac&#233;s en premi&#232;re position dans l'&#233;num&#233;ration des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la &#171; formation primaire &#187;. Le d&#233;cret du 28 d&#233;cembre 1976 stipule en outre que &#171; la formation primaire assure la pratique courante [&#8230;] du calcul et des op&#233;rations simples des math&#233;matiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;cret du 28 d&#233;cembre 1976 relatif &#224; l'organisation de la formation dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le nouveau ministre souhaite r&#233;habiliter l'apprentissage des techniques et des m&#233;canismes op&#233;ratoires, que le programme de math&#233;matiques de 1970 est accus&#233; d'avoir conduit &#224; d&#233;laisser. Certes, estime-t-il, les notions modernes peuvent utilement contribuer &#224; la formation de l'esprit, mais elles ne doivent ni minorer la part d&#233;volue &#224; l'acquisition des m&#233;canismes, condition d'une bonne r&#233;ussite scolaire dans l'enseignement secondaire, ni se substituer aux connaissances de calcul utiles pour la vie courante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Haby, &#171; Expos&#233; devant l'association des inspecteurs g&#233;n&#233;raux, S&#232;vres, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux programmes de math&#233;matiques pour l'&#233;cole primaire sont publi&#233;s entre 1977 et 1980. Dans le m&#234;me temps, l'horaire hebdomadaire d&#233;volu &#224; la discipline est une nouvelle fois augment&#233; : d&#233;j&#224; port&#233; &#224; 5 heures par semaine (sur 27) dans toutes les classes primaires en 1969, il atteint d&#233;sormais 6 heures (ce qui correspond &#224; une augmentation globale de l'horaire de 40 % par rapport &#224; 1945). Toutefois, la rupture avec le programme de 1970 n'est pas aussi prononc&#233;e que l'avait initialement souhait&#233; le ministre : loin d'&#234;tre un retour au calcul traditionnel, la r&#233;forme de 1977-1980 conforte celle de 1970 autant qu'elle l'infl&#233;chit. D'un c&#244;t&#233;, bon nombre d'approches &#171; modernes &#187; sont conserv&#233;es, telles que les exercices de classement pour aborder la notion de nombre, le maniement de bases autres que 10 pour l'apprentissage de la num&#233;ration, ou encore l'utilisation des fonctions num&#233;riques pour introduire la proportionnalit&#233;. D'un autre c&#244;t&#233;, les nouveaux programmes insistent fortement sur l'acquisition des techniques op&#233;ratoires et sur leur entretien tout au long de la scolarit&#233; primaire, sur la m&#233;morisation des tables d'addition et de multiplication, ainsi que sur la pratique du calcul mental &#8211; ce qui n'exclut pas, au cours moyen, le recours &#224; la calculatrice &#233;lectronique, apparue au milieu des ann&#233;es 1970. Le syst&#232;me m&#233;trique reprend de l'importance dans le cadre des activit&#233;s de mesurage, elles-m&#234;mes plus diversifi&#233;es. L'enseignement propos&#233; ne se limite pas toutefois &#224; l'acquisition de techniques : il doit aussi participer &#224; la &#171; formation de la pens&#233;e logique &#187; et, au cours moyen, amener les &#233;l&#232;ves &#224; un &#171; premier niveau d'abstraction &#187;. Les r&#233;f&#233;rences aux p&#233;dagogies actives sont nombreuses. Le travail en groupe est recommand&#233;, de m&#234;me que l'&#233;tude de &#171; situations-probl&#232;mes &#187; en vue d'introduire de nouvelles connaissances math&#233;matiques, de r&#233;investir les acquis ant&#233;rieurs, mais aussi de favoriser chez les &#233;l&#232;ves des attitudes de recherche raisonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable inflexion intervient en 1985 avec le ministre de l'&#201;ducation nationale Jean-Pierre Chev&#232;nement. Celui-ci veut renouer avec les valeurs de l'&#233;cole de la Troisi&#232;me R&#233;publique &#8211; selon lui, la mission premi&#232;re de l'&#233;cole est d'instruire &#8211; et soustraire les instituteurs &#224; &#171; l'inspiration p&#233;dagogiste &#187; des instructions ant&#233;rieures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Barret, La politique &#233;ducative du gouvernement de la France de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les contenus et les approches &#171; modernes &#187; voient leur place fortement minor&#233;e au profit d'une vision plus classique de l'enseignement math&#233;matique &#8211; la plupart des r&#233;f&#233;rences aux th&#233;ories ensemblistes disparaissent. Par la suite, les r&#233;formes s'encha&#238;nent (1995, 2002, 2008), marquant un mouvement de balancier plus ou moins prononc&#233; entre la volont&#233; de (re)centrer l'enseignement math&#233;matique sur les apprentissages fondamentaux, les &#171; savoirs essentiels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Bayrou, &#171; Intervention &#224; la maison de la Chimie &#8211; Les propositions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et celle de faire de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire le lieu o&#249; &#171; commencent v&#233;ritablement les math&#233;matiques et leurs mod&#232;les &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 25 janvier 2002 fixant les programmes de l'&#233;cole primaire, BOEN, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * * * *	*	*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;cennies qui suivent la Seconde Guerre mondiale, les projets de r&#233;forme puis les r&#233;formes visant &#224; &#233;largir l'acc&#232;s &#224; l'enseignement du second degr&#233; posent la question de la contribution des disciplines scolaires au mouvement de d&#233;mocratisation de l'enseignement. Pour r&#233;pondre &#224; cette question, deux conceptions distinctes de l'enseignement math&#233;matique &#224; l'&#233;cole primaire apparaissent. Une premi&#232;re conception, plut&#244;t traditionnelle, domine depuis l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre jusqu'aux d&#233;but des ann&#233;es 1960 : consid&#233;rant que la r&#233;p&#233;tition et la m&#233;morisation sont le meilleur moyen d'asseoir durablement les savoirs, elle place au premier plan l'acquisition des m&#233;canismes fondamentaux du calcul et ne remet pas fondamentalement en cause les contenus et les m&#233;thodes d'enseignement qui ont pr&#233;valu jusqu'alors. Une seconde conception, plus novatrice, se fait jour dans les ann&#233;es 1960 : pr&#244;nant tout &#224; la fois une modernisation des contenus et une r&#233;novation des m&#233;thodes, elle privil&#233;gie la d&#233;couverte des structures math&#233;matiques et la compr&#233;hension des concepts plut&#244;t que l'apprentissage des techniques de calcul, et vise le d&#233;veloppement de la r&#233;flexion et l'&#233;panouissement de l'enfant. Ces deux conceptions correspondent &#233;galement &#224; deux conceptions du curriculum math&#233;matique global. La premi&#232;re maintient une coupure franche entre l'&#233;cole primaire, lieu d'un enseignement concret o&#249; les &#233;l&#232;ves apprennent &#224; compter et &#224; calculer, et l'enseignement secondaire, o&#249; les &#233;l&#232;ves commencent &#224; &#171; faire &#187; des math&#233;matiques et sont amen&#233;s progressivement vers l'abstraction. La seconde souhaite au contraire &#233;tablir une continuit&#233; curriculaire entre le monde primaire et le monde secondaire, ce que traduit alors le slogan de l'APMEP : &#171; De la maternelle aux Facult&#233;s &#187; : au lieu de consid&#233;rer l'acquisition des m&#233;canismes fondamentaux du calcul comme un pr&#233;alable &#224; l'apprentissage des &#171; math&#233;matiques &#187;, elle propose que les &#233;l&#232;ves puissent &#171; faire &#187; des math&#233;matiques d&#232;s l'&#233;cole primaire. Depuis la fin des ann&#233;es 1970, l'enseignement math&#233;matique de l'&#233;cole primaire oscille entre ces deux conceptions, qui restent ainsi en tension.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Outre le titre, ce texte reprend des &#233;l&#233;ments de : Renaud d'Enfert, &#171; Doing math or learning to count ? Primary school mathematics confronting the democratization of access to secondary education in France, 1945-1985 &#187;, in Kristin Bjarnad&#243;ttir, Fulvia Furinghetti, Jos&#233; Manuel Matos, Gert Schubring &lt;i&gt;&#034;Dig where yous stand&#034; 2. Proceedings of the Second International Conference on the History of Mathematics Education&lt;/i&gt;, Caparica, UEID, 2012, p. 149-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;forme Berthoin de 1959 &#233;tablit l'obligation scolaire pour tous les enfants de 6 &#224; 16 ans n&#233;s &#224; partir de 1953. Cette obligation ne concernait auparavant que les enfants de 6 &#224; 14 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Luc Decaunes, Marie-Louise Cavalier, &lt;i&gt;R&#233;formes et projets de r&#233;formes de l'enseignement fran&#231;ais de la R&#233;volution &#224; nos jours (1789-1960). &#201;tude historique, analytique et critique&lt;/i&gt;, Paris, IPN, 1962.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le gouvernement de Vichy avait enclench&#233; ce mouvement pendant la Seconde Guerre mondiale, mais pour des raisons diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instructions du 7 d&#233;cembre 1945 relatives &#224; l'application de l'arr&#234;t&#233; du 17 octobre 1945 fixant les horaires et les programmes des &#233;coles primaires, &lt;i&gt;BOEN&lt;/i&gt;, n&#176; 3, 10 janvier 1946, p. 91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 19 octobre 1960 relative &#224; l'enseignement du fran&#231;ais et du calcul dans les classes primaires, &lt;i&gt;Bulletin officiel de l'&#201;ducation nationale&lt;/i&gt;, n&#176; 37, 24 octobre 1960, p. 3109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Lebettre, &#171; Primaut&#233; du fran&#231;ais et du calcul &#187;,&lt;i&gt; L'&#201;ducation nationale&lt;/i&gt;, n&#176; 30, 3 novembre 1960, p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Gal, &#171; Recherche sur le passage du cycle &#233;l&#233;mentaire au cycle d'observation dans les perspectives de la r&#233;forme &#187;, s.d. (vers 1960). &lt;i&gt;Archives nationales&lt;/i&gt;, 19880135/4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 20 juillet 1964 sur le calcul et la grammaire au CM2, &lt;i&gt;Bulletin officiel de l'&#201;ducation nationale&lt;/i&gt;, n&#176; 30, 30 juillet 1964, p. 1795-1798.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marius Beulaygue, &#171; Rapport de monsieur l'inspecteur g&#233;n&#233;ral Beulaygue &#187;, 22 octobre 1962, &lt;i&gt;Archives nationales&lt;/i&gt;, 19780269/1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple Fran&#231;ois Brachet, &#171; Fractions et r&#232;gles de trois &#187;, in Fran&#231;ois Brachet, Henri Canac, Eug&#232;ne Delaunay, &lt;i&gt;L'Enfant et le nombre. &#201;l&#233;ments pour une p&#233;dagogie du calcul &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;, Paris, Didier, 1955, p. 79-99 ; J. Lasalmonie, &#171; Le calcul &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire &#187;, &lt;i&gt;L'&#201;ducation nationale&lt;/i&gt;, n&#176; 799, 6 octobre 1966, p. 9-11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Gispert, &#171; R&#233;nover l'enseignement des math&#233;matiques, la dynamique internationale des ann&#233;es 1950 &#187;, in Renaud d'Enfert, Pierre Kahn (dir.), &lt;i&gt;En attendant la r&#233;forme. Disciplines scolaires et politiques &#233;ducatives sous la Quatri&#232;me R&#233;publique&lt;/i&gt;, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2010, p. 131-143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Barbazo, Pascale Pombourcq, Cent ans d'APMEP, &lt;i&gt;Brochure APMEP&lt;/i&gt; n&#176; 192, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilbert Walusinski [Evaristovich Duponski], &#171; Lyon, 18, 19 et 20 f&#233;vrier 1965 &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de l'Association des professeurs de math&#233;matiques de l'enseignement public&lt;/i&gt;, n&#176; 248, avril 1965, p. 372.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 2 janvier 1970 sur l'enseignement des math&#233;matiques &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, &lt;i&gt;BOEN&lt;/i&gt;, n&#176; 5, 29 janvier 1970, p. 349-385.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 349.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 360.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Turner, &#171; Progr&#232;s ou impasse p&#233;dagogique ? &#187;, &lt;i&gt;Sciences et Avenir&lt;/i&gt;, n&#176; sp&#233;cial hors s&#233;rie 11 &#171; La crise des math&#233;matiques modernes &#187;, 1973, p. 65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 19 janvier 1972, reproduit dans Josiane H&#233;layel, &#171; La presse &#233;crite et les math&#233;matiques modernes autour de 1970 : quelques exemples &#187;, in H&#233;l&#232;ne Gispert (dir.), &lt;i&gt;L'&#233;cole et ses contenus. Recherches historiques sur le XIXe et le XXe si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2004, p. 91&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Duma, Math&#233;matiques &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, &lt;i&gt;Conf&#233;rence de M. l'inspecteur g&#233;n&#233;ral Duma&lt;/i&gt;, Nancy, CRDP, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;cret du 28 d&#233;cembre 1976 relatif &#224; l'organisation de la formation dans les &#233;coles maternelles et &#233;l&#233;mentaires, &lt;i&gt;BOEN&lt;/i&gt;, n&#176; sp&#233;cial, 6 janvier 1977, p. 4577.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Haby, &#171; Expos&#233; devant l'association des inspecteurs g&#233;n&#233;raux, S&#232;vres, 14-18 octobre 1974 &#187;, &lt;i&gt;Archives nationales&lt;/i&gt;, 19790792/1. Voir &#233;galement Ren&#233; Haby, &lt;i&gt;Propositions pour une modernisation du syst&#232;me &#233;ducatif&lt;/i&gt;, Paris, La Documentation fran&#231;aise, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Barret, &lt;i&gt;La politique &#233;ducative du gouvernement de la France de juillet 1984 &#224; mars 1986. Le minist&#232;re de Jean-Pierre Chev&#232;nement&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat de l'universit&#233; Paris 8, 1988, p. 183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Bayrou, &#171; Intervention &#224; la maison de la Chimie &#8211; Les propositions (9 mai 1994) &#187;, &lt;i&gt;BOEN&lt;/i&gt;, n&#176; 20, 19 mai 1994, p. 1418-1446.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 25 janvier 2002 fixant les programmes de l'&#233;cole primaire,&lt;i&gt; BOEN&lt;/i&gt;, n&#176; 1, 14 f&#233;vrier 2002, p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture commune et enseignement des math&#233;matiques &#224; travers deux si&#232;cles d'histoire</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article189</link>
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		<dc:date>2014-05-19T11:32:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Gispert et Nathalie Lejbowicz</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au regard de l'histoire de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, une telle pr&#233;occupation - celle d'une culture commune - est relativement r&#233;cente. L'histoire scolaire de la France, depuis la R&#233;volution et le monopole de l'&#201;tat sur la d&#233;livrance des dipl&#244;mes et des grades, a &#233;t&#233; longtemps celle d'une &#233;cole duale structur&#233;e en deux ordres distincts. Jusqu'aux ann&#233;es 1950 cette &#233;cole par ordres scolarisait la jeunesse du pays dans des syst&#232;mes distincts avec des publics, des finalit&#233;s, des contenus, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH90/arton189-6f1c2.png?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au regard de l'histoire de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, une telle pr&#233;occupation - celle d'une culture commune - est relativement r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux premi&#232;res parties de ce texte reprennent des &#233;l&#233;ments de l'article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'histoire scolaire de la France, depuis la R&#233;volution et le monopole de l'&#201;tat sur la d&#233;livrance des dipl&#244;mes et des grades, a &#233;t&#233; longtemps celle d'une &#233;cole duale structur&#233;e en deux ordres distincts. Jusqu'aux ann&#233;es 1950 cette &#233;cole par ordres scolarisait la jeunesse du pays dans des syst&#232;mes distincts avec des publics, des finalit&#233;s, des contenus, des cultures, des ma&#238;tres distincts : un ordre secondaire, des petites classes &#233;l&#233;mentaires jusqu'au baccalaur&#233;at, destin&#233; &#224; une &#233;lite sociale et intellectuelle &#233;troite (3% des gar&#231;ons jusqu'&#224; la premi&#232;re guerre mondiale, 10% &#224; la veille de la seconde guerre mondiale), et un ordre primaire destin&#233; &#224; la scolarisation, y compris prolong&#233;e, des enfants des classes moyennes et populaires. C'est &#224; partir des r&#233;formes scolaires de la fin des ann&#233;es 1950 et des ann&#233;es 1960, avec l'av&#232;nement d'une &#233;cole par degr&#233;s et la d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s, pour tous, au secondaire, que la question d'un enseignement commun de math&#233;matiques &#224; toute une classe d'&#226;ge, d'une culture math&#233;matique commune, va se poser dans la conception des programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous regarderons ici ce qu'il en a &#233;t&#233;, du d&#233;but du XIXe si&#232;cle aux ann&#233;es 2000, pour les enfants scolaris&#233;s au del&#224; de l'instruction &#233;l&#233;mentaire, soit au-del&#224; de 12 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; chaque ordre sa culture, &#224; chaque ordre ses math&#233;matiques (des ann&#233;es 1830 aux ann&#233;es 1950)
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour ceux qui poursuivent la th&#233;orie il peut &#234;tre permis d'affecter de l'indiff&#233;rence pour le c&#244;t&#233; pratique ; pour vos &#233;l&#232;ves [&#8230;] cette indiff&#233;rence n'aurait pas d'excuse. &#187; Voil&#224;, ainsi pos&#233;e par l'Inspecteur du Calvados en 1835 devant les instituteurs de son d&#233;partement, une des diff&#233;rences caract&#233;ristiques entre les enseignements de g&#233;om&#233;trie dans l'ordre secondaire et dans l'ordre primaire. Enseignement et culture th&#233;oriques versus enseignement et culture pratiques, tels vont &#234;tre les enjeux identitaires des deux ordres, qui ont perdur&#233; plus d'un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ordre secondaire : les contradictions d'un enseignement visant &#224; la culture de l'esprit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1802, les lyc&#233;es - dont la finalit&#233; est la formation des &#233;lites administratives et intellectuelles de la nation - sont cr&#233;&#233;s en pla&#231;ant, &#224; la base de l'enseignement qui y est donn&#233;, les math&#233;matiques au m&#234;me rang que le latin. Il s'agit l&#224; d'une nouvelle donne due &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise o&#249; les math&#233;matiques sont devenues partie prenante d'une &#233;ducation intellectuelle alliant th&#233;orie et pratique. Sous l'Ancien R&#233;gime, au contraire, consid&#233;r&#233;es avant tout comme une discipline de sp&#233;cialisation professionnelle pour l'entr&#233;e dans les m&#233;tiers des armes savantes, les math&#233;matiques sont disqualifi&#233;es pour contribuer &#224; l'&#233;ducation classique des &#233;lites, &#224; la formation de l'esprit r&#233;serv&#233;e avant tout aux humanit&#233;s classiques. Ce r&#244;le &#171; culturel &#187; de l'enseignement des math&#233;matiques ne dure pas. L'organisation des &#233;tudes, d&#232;s l'Empire, donne au latin et aux humanit&#233;s une place pr&#233;pond&#233;rante, repoussant l'&#233;tude des math&#233;matiques (et des sciences) aux toutes derni&#232;res classes, dites &#171; classes d'humanit&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire pour des &#233;l&#232;ves qui ont d&#233;j&#224; re&#231;u le b&#233;n&#233;fice d'une formation g&#233;n&#233;rale classique dans les classes pr&#233;c&#233;dentes. Elles ont alors un statut d'enseignement dit &#171; accessoire &#187;, mais portent la marque de cet ordre secondaire qui dispense un enseignement th&#233;orique, abstrait, dit &#171; d&#233;sint&#233;ress&#233; &#187; : elles sont coup&#233;es de leurs applications utiles et privil&#233;gient l'abstraction et les raisonnements rigoureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution scolaire conna&#238;t dans les ann&#233;es 1830 de profondes modifications avec la cr&#233;ation d'un ordre primaire (loi Guizot, 1833) constitu&#233; en deux degr&#233;s, l'enseignement primaire &#233;l&#233;mentaire et l'enseignement primaire sup&#233;rieur, dont la vocation est la formation du peuple mais aussi des nouvelles couches sociales qui apparaissent avec la premi&#232;re r&#233;volution industrielle et le d&#233;veloppement du commerce, des banques, des administrations, des transports. Le ministre consid&#232;re que l'enseignement &#233;l&#233;mentaire r&#233;duit au &#171; lire, &#233;crire, compter &#187; ne leur suffit pas et que l'enseignement secondaire, th&#233;orique, abstrait et long de sept ann&#233;es d'&#233;tudes, ne peut leur convenir. Face &#224; cet ordre primaire, utilitaire et pratique, l'ordre secondaire affirme et d&#233;fend donc, en math&#233;matiques comme dans les autres disciplines, une identit&#233; d'enseignement de &#171; culture &#187; et de formation de l'esprit de l'&#201;lite. Et cela tout au long du XIXe si&#232;cle, m&#234;me si une partie des &#233;lites industrielles, techniques et &#233;conomiques ne se retrouvent pas dans ces finalit&#233;s de l'ordre secondaire et de la culture qu'il promeut. Mais les tentatives faites pour ouvrir l'enseignement secondaire &#224; d'autres finalit&#233;s, &#224; d'autres m&#233;thodes qui privil&#233;gieraient tout &#224; la fois les sciences, dont les math&#233;matiques, l'utilit&#233; et la simplicit&#233;, le recours au concret plut&#244;t qu'&#224; des raisonnements abstraits (cf. la r&#233;forme de la bifurcation (1852), la cr&#233;ation de l'enseignement secondaire sp&#233;cial (1866)) se soldent, &#224; plus ou moins long terme, par un retour &#171; &#224; l'admirable encha&#238;nement des propositions d'Euclide &#187; (Victor Duruy, 1863) et &#224; la culture math&#233;matique th&#233;orique et abstraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XXe si&#232;cle s'ouvre avec une r&#233;forme des lyc&#233;es (r&#233;forme de 1902-1905) qui, face aux besoins de formation li&#233;s &#224; la seconde r&#233;volution industrielle et au d&#233;veloppement de la France coloniale, cherche &#224; faire bouger la culture secondaire. Il s'agit de rendre cette culture plus compl&#232;te alliant humanit&#233;s classiques et humanit&#233;s modernes dont les humanit&#233;s scientifiques. Pour les math&#233;matiques, l'enjeu de la r&#233;forme, tel que l'&#233;nonce le math&#233;maticien &#201;mile Borel, est d'&#171; introduire plus de vie et de sens du r&#233;el dans notre enseignement math&#233;matique &#187;, afin que les &#233;l&#232;ves &#171; se rendent compte par eux-m&#234;mes que les math&#233;matiques ne sont pas une pure abstraction &#187;. Il faut &#224; pr&#233;sent enseigner des math&#233;matiques, de la g&#233;om&#233;trie &#8211; et de fa&#231;on cons&#233;quente &#8211; d&#232;s le d&#233;but du premier cycle : on recommande alors le recours au concret, &#224; l'exp&#233;rience, &#224; l'induction, premi&#232;re &#233;tape n&#233;cessaire avant le passage au raisonnement d&#233;ductif. Il faut, dans le second cycle, introduire de nouvelles notions li&#233;es &#224; l'&#233;tude des fonctions et de leurs variations : l'enseignement sera li&#233; &#224; celui de la physique et &#224; ses besoins. C'est &#224; ce titre que les math&#233;matiques participent alors d'une formation humaniste et acqui&#232;rent, d&#232;s les premi&#232;res classes du secondaire, une place reconnue dans la formation g&#233;n&#233;rale de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de la r&#233;forme de 1902 fait, d'une certaine fa&#231;on, violence au mod&#232;le lib&#233;ral de la culture secondaire. Il est rapidement mis en cause dans l'Entre-deux&#8211;guerres, d&#232;s la r&#233;forme B&#233;rard de 1923, qui entend revenir &#224; l'esprit de l'enseignement classique. Celle-ci prend le contre-pied de celle de 1902 dont elle &#233;carte la dimension pratique et concr&#232;te, c'est-&#224;-dire son aspect &#171; moderne &#187;, au profit de consid&#233;rations plus th&#233;oriques afin de favoriser, avec les math&#233;matiques, l'&#233;veil du sens critique et l'acc&#232;s aux id&#233;es g&#233;n&#233;rales. C'est cette conception d'une culture math&#233;matique secondaire qui perdure jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ordre primaire et la dimension pratique : d'une finalit&#233; &#224; une ambition culturelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement des math&#233;matiques dans l'instruction primaire sup&#233;rieure - ou plut&#244;t l'enseignement de la g&#233;om&#233;trie, car le terme &#171; math&#233;matiques &#187; n'est pas employ&#233; - doit &#234;tre li&#233;, selon les termes de la loi de 1833, &#224; ses applications usuelles que sont le dessin lin&#233;aire et l'arpentage. Euclide et ses &#171; admirables propositions &#187; ne font pas partie de l'horizon de l'ordre primaire. La g&#233;om&#233;trie qu'introduit la loi Guizot symbolise tous les enjeux de la dualit&#233; scolaire, et agit comme un indicateur des limites dans lesquelles doit &#234;tre enferm&#233; l'enseignement du peuple, y compris de ses &#233;lites. Si l'enseignement des humanit&#233;s, inconcevable dans l'ordre primaire, incarne au premier chef la distinction sociale d'une formation et d'une culture secondaires, il n'est pas le seul. La nature de l'enseignement de la g&#233;om&#233;trie &#8211; pr&#233;sent donc dans les deux ordres &#8212; est un marqueur tout aussi fort. Dans l'ordre primaire, la g&#233;om&#233;trie ne peut &#234;tre que pratique, enseign&#233;e &#224; travers ses applications et d&#233;tach&#233;e de tout raisonnement abstrait a priori r&#233;serv&#233; &#224; l'enseignement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la Troisi&#232;me R&#233;publique et la loi Ferry de 1882, le mot &#171; math&#233;matiques &#187; est employ&#233; pour la premi&#232;re fois dans la l&#233;gislation de l'enseignement primaire. M&#234;me r&#233;duite aux &#171; &#233;l&#233;ments des sciences math&#233;matiques &#187;, cette apparition dans la d&#233;finition des mati&#232;res de l'&#233;cole primaire (&#233;l&#233;mentaire ou sup&#233;rieure) t&#233;moigne d'une nouvelle ambition quant &#224; la formation intellectuelle dispens&#233;e dans l'ordre primaire, l'&#233;cole de Jules Ferry s'inscrivant toujours, pr&#233;cisons-le, dans le contexte r&#233;affirm&#233; de la dualit&#233; scolaire des deux ordres. Marque de cette nouvelle ambition culturelle, la dimension pratique de l'enseignement de l'arithm&#233;tique, de la g&#233;om&#233;trie, de l'alg&#232;bre dans le primaire sup&#233;rieur, a une nouvelle signification. Le recours &#224; la pratique ne traduit plus seulement le refus, pour un public populaire, de toute th&#233;orie, jug&#233;e socialement dangereuse : en faisant appel &#224; l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves, &#224; leur exp&#233;rience sensible, &#224; l'observation, l'enseignement math&#233;matique est porteur des ambitions &#233;ducatives de la r&#233;novation p&#233;dagogique engag&#233;e par les r&#233;publicains au pouvoir, que symbolise la le&#231;on de choses. L'enseignement math&#233;matique se d&#233;veloppe ainsi dans le primaire sup&#233;rieur autour d'une culture pratique, exigeante et efficace, qui fait que les &#233;l&#232;ves du primaire sup&#233;rieur ont, contrairement &#224; leurs camarades de 12 &#224; 15 ans scolaris&#233;s dans le secondaire o&#249; la discipline math&#233;matique est marginalis&#233;e, une r&#233;elle pratique des math&#233;matiques &#8211; arithm&#233;tique, alg&#232;bre, g&#233;om&#233;trie - &#233;tudi&#233;es du point de vue de leurs applications, dans le cours normal de leurs &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette culture primaire, si elle est celle des programmes et des m&#233;thodes des &#233;l&#232;ves des &#233;coles primaires sup&#233;rieures et des cours compl&#233;mentaires (que cr&#233;ent les lois Ferry), est &#233;galement celle des enseignants. Les enseignants de math&#233;matiques du primaire, y compris du primaire sup&#233;rieur, sont d'anciens &#233;l&#232;ves de l'ordre primaire, normaliens des &#233;coles normales primaires et, pour les plus qualifi&#233;s, des &#233;coles normales primaires sup&#233;rieures o&#249; ils ont &#233;t&#233; form&#233;s dans l'ordre des sciences. Ils ont ainsi une formation ancr&#233;e dans la r&#233;alit&#233;, le concret, mais &#233;galement ouverte aux autres sciences et &#224; leurs applications. Toutes choses radicalement diff&#233;rentes de la formation universitaire des professeurs de math&#233;matiques du secondaire, qu'ils soient agr&#233;g&#233;s ou licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes de la fin des ann&#233;es 1930, avec le Front populaire, qui voit l'harmonisation des programmes du primaire sup&#233;rieur et du premier cycle du secondaire, ne changent pas vraiment la donne. Les r&#233;formes de Vichy, qui supprime les &#233;coles normales primaires, vont par contre avoir des effets notables au niveau de la culture des nouveaux ma&#238;tres : ceux-ci, dor&#233;navant, vont poursuivre leurs &#233;tudes dans des coll&#232;ges secondaires et passer le baccalaur&#233;at.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et les filles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la scolarisation des gar&#231;ons que visaient les premi&#232;res lois du XIXe si&#232;cle mentionn&#233;es plus haut. Or poser la question de la culture commune ne peut se faire en faisant l'impasse sur une moiti&#233; de la population scolaire. Les premi&#232;res &#224; entrer dans le champ de l'institution scolaire sont les filles des couches populaires et des classes moyennes, et cela d&#232;s 1850 o&#249; les programmes des filles, pour l'ordre primaire, sont assez semblables &#224; ceux des gar&#231;ons. En revanche, les filles ne sont scolaris&#233;es dans l'enseignement secondaire public f&#233;minin qu'&#224; partir de 1880. Les lyc&#233;es de filles portent d&#232;s leur cr&#233;ation la marque d'une culture &#171; genr&#233;e &#187; : pas de baccalaur&#233;at, car pas d'entr&#233;e &#224; l'universit&#233; pour les filles, pas de latin, pas d'humanit&#233;s classiques, et des programmes de math&#233;matiques avec une orientation pratique adapt&#233;e &#171; aux qualit&#233;s et destins des jeunes filles &#187;, qui donnent moins de place &#224; la rigueur et &#224; l'abstraction que ceux des lyc&#233;es de gar&#231;ons d'avant 1902. Les filles n'ont, on le sait, pas la t&#234;te &#224; l'abstraction&#8230; Ce n'est qu'au milieu des ann&#233;es 1920 que l'enseignement des filles sera couronn&#233; d'un baccalaur&#233;at et que les programmes seront align&#233;s sur leurs homologues masculins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_210 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L277xH184/Image_37-4-3f775.png?1790689104' width='277' height='184' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des math&#233;matiques pour tous ou les questions impens&#233;es
(les ann&#233;es 1960 -1970)
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des r&#233;formes structurelles et disciplinaires&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1960, des r&#233;formes structurelles - Berthoin (1959) et Fouchet-Capelle (1963) &#8211; font passer de l'&#233;cole par ordres &#224; une &#233;cole par degr&#233;s. Tous les enfants, apr&#232;s un m&#234;me primaire &#233;l&#233;mentaire (premier degr&#233;), doivent avoir une poursuite de scolarit&#233; dans le second degr&#233; ; cette scolarit&#233; prolong&#233;e est diff&#233;renci&#233;e &#8211; avec des programmes et des &#233;tablissements d&#233;di&#233;s &#8211; courte ou longue, avec des finalit&#233;s de poursuite d'&#233;tudes ou d'entr&#233;e dans la vie active selon les voies et fili&#232;res dans lesquelles sont les &#233;l&#232;ves. Dans le m&#234;me temps, cette d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement secondaire, qui accro&#238;t le poids des fili&#232;res modernes sans latin, et l'adaptation du mod&#232;le &#233;ducatif aux besoins, v&#233;ritables ou suppos&#233;s, engendr&#233;s par la modernisation industrielle &#8211; il s'agit de former les cadres scientifiques et techniques dont le pays a besoin &#8211;, renforce la place des sciences, et plus particuli&#232;rement celle des math&#233;matiques, dans l'&#233;quilibre des disciplines, au d&#233;triment du latin. Le poids croissant de celles-ci dans les &#233;tudes sup&#233;rieures (ainsi en m&#233;decine ou en sciences humaines) renverse la hi&#233;rarchie des sections, si bien que, &#224; partir de 1965, la section C et, dans une moindre mesure, la section S qui lui succ&#232;de, sont devenues celles de la formation des &#233;lites, et les math&#233;matiques une v&#233;ritable discipline de s&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre facteur de bouleversement dans l'enseignement des math&#233;matiques de ces d&#233;cennies &#8211; et dans la/les culture/s qu'il d&#233;livre - la r&#233;forme dite des &#171; math&#233;matiques modernes &#187;. Issue d'une r&#233;flexion entam&#233;e au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tant au niveau national qu'international par des math&#233;maticiens, des p&#233;dagogues, des psychologues, cette r&#233;forme est conduite &#224; partir de 1966 par une commission minist&#233;rielle, la Commission Lichnerowicz , unanimement soutenue en France dans un premier temps, y compris par les milieux politiques et industriels. Son projet de r&#233;forme se fonde sur une critique de l'enseignement math&#233;matique traditionnel (symbolis&#233; par la g&#233;om&#233;trie classique), jug&#233; trop &#233;loign&#233; des math&#233;matiques vivantes, c'est-&#224;-dire telles qu'elles se font et s'enseignent dans les facult&#233;s depuis le milieu des ann&#233;es 1950 avec l'alg&#232;bre des ensembles et la primaut&#233; des structures et du formalisme, le calcul des probabilit&#233;s, la statistique. Convaincus que les math&#233;matiques doivent jouer un r&#244;le moteur dans le d&#233;veloppement des sciences et des techniques &#8211; y compris les sciences humaines et sociales &#8211; ainsi que dans la vie quotidienne des citoyens, et, au-del&#224;, dans la modernisation de la soci&#233;t&#233;, ses promoteurs y voient un nouveau langage permettant &#224; tous les citoyens d'en comprendre le fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le mod&#232;le de l'&#233;lite d&#233;clin&#233; pour tous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de souligner ici deux enjeux identitaires majeurs de cette r&#233;forme qui allaient s'av&#233;rer &#234;tre sources de difficult&#233;s majeures. Le premier est que, compte tenu des r&#233;formes structurelles, la r&#233;forme devait s'adresser &#224; tous les &#233;l&#232;ves, quel que soit leur futur &#224; l'&#233;cole et dans la soci&#233;t&#233;. Le deuxi&#232;me est qu'elle devait embrasser toute la scolarit&#233;, depuis l'&#233;cole maternelle jusqu'&#224; l'universit&#233;. Cette r&#233;forme, de fa&#231;on in&#233;dite dans l'histoire, a donc cherch&#233; &#224; penser un unique curriculum math&#233;matique pour des enfants jusqu'alors scolaris&#233;s dans les univers diff&#233;rents des ordres primaire et secondaire, seule une petite minorit&#233; d'entre eux (et de leurs professeurs) ayant &#233;t&#233; jusqu'alors concern&#233;s par les enjeux des &#171; math&#233;matiques vivantes &#187;, celles du monde de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur, pour reprendre l'expression des r&#233;formateurs. Le mot d'ordre de l'APMEP, l'Association des professeurs de math&#233;matiques, partie prenante de ce mouvement r&#233;formateur, illustre cette intention : &#171; Des math&#233;matiques pour tous, de la maternelle &#224; la Sorbonne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une citation montre la difficult&#233; objective et, tout &#224; la fois, la bonne volont&#233;, l'incapacit&#233; et l'impr&#233;paration de la Commission Lichnerowicz pour prendre en charge le probl&#232;me de la &#171; d&#233;mocratisation &#187;, pour se pr&#233;occuper d'autre chose que des besoins induits par les &#233;tudes longues et les carri&#232;res universitaires. &#201;voquant, dans une r&#233;union de la Commission, la question de la r&#233;forme pour les fili&#232;res courtes pr&#233;parant &#224; la vie active, un des membres r&#233;sume la question en disant : &#171; Faut-il enseigner des math&#233;matiques d&#233;su&#232;tes aux enfants moins intelligents ? &#187;. Les membres de la Commission, qui est presque exclusivement constitu&#233;e de personnalit&#233;s issues de l'ex-ordre secondaire, n&#8216;ont aucune exp&#233;rience de la &#171; culture primaire &#187;. Les conceptions sur la d&#233;mocratisation de l'enseignement, h&#233;rit&#233;es de l'Entre-deux-guerres, qui se sont alors impos&#233;es comme &#233;videntes, consid&#233;raient le mod&#232;le pour l'&#233;lite, le mod&#232;le du secondaire, comme le meilleur possible devant, comme tel, &#234;tre appliqu&#233; &#224; tous. Il en fut ainsi pour les math&#233;matiques, o&#249; les traditions math&#233;matiques et p&#233;dagogiques de l'ordre primaire furent laiss&#233;es de c&#244;t&#233; au profit de celles du secondaire. Le d&#233;bat sur une culture math&#233;matique commune n&#8216;a pas lieu ; les effets pervers de la r&#233;forme des math&#233;matiques modernes et de ses programmes dans les ann&#233;es 1970 en terme de s&#233;lection sociale f&#233;roce, ne sont en aucun cas anticip&#233;s par les r&#233;formateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233;e en application &#224; partir de la rentr&#233;e 1969, la r&#233;forme s'accompagne de la mise en place progressive d'Instituts de recherche sur l'enseignement des math&#233;matiques (IREM) charg&#233;s notamment du recyclage des ma&#238;tres. Les nouveaux programmes, qui int&#232;grent les concepts, le vocabulaire et le symbolisme de l'alg&#232;bre moderne, privil&#233;gient l'initiation aux structures math&#233;matiques et leur construction axiomatique. Ils lient &#233;troitement l'enseignement de la discipline au d&#233;veloppement des structures mentales de l'enfant mis en &#233;vidence par la psychologie g&#233;n&#233;tique de Jean Piaget qui a consid&#233;rablement influenc&#233; les promoteurs des math&#233;matiques modernes en France. La modernisation des contenus se double d'ailleurs d'une r&#233;novation des m&#233;thodes p&#233;dagogiques, misant sur l'activit&#233; de l'&#233;l&#232;ve en vue d'articuler exp&#233;rience concr&#232;te et n&#233;cessaire abstraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contradictions et dissensions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, &#224; l'occasion des travaux sur les programmes des classes de quatri&#232;me et troisi&#232;me, des dissensions &#233;clat&#232;rent au sein de la Commission et l'unanimit&#233; du d&#233;but se brisa. Ces programmes, pour des classes de fin de scolarit&#233; obligatoire et dans lesquelles les enseignants &#233;taient en grande majorit&#233; peu form&#233;s, posaient en effet des probl&#232;mes tout &#224; la fois d'ordre math&#233;matique et soci&#233;taux particuli&#232;rement aigus. Des math&#233;maticiens et des physiciens dans et hors de la commission commenc&#232;rent &#224; critiquer la pr&#233;dominance des approches formelles et abstraites dans les programmes de math&#233;matiques. Formalisme et abstraction n'&#233;taient pas profitables pour la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves et des professeurs, mal pr&#233;par&#233;s pour cela. Mais ils ne l'&#233;taient pas non plus, disaient-ils, pour la formation des futurs physiciens ni pour les futurs ing&#233;nieurs. Des critiques tout aussi s&#233;v&#232;res sont venues ensuite des associations professionnelles telles que l'APMEP ou m&#234;me les IREM, des milieux universitaires, de l'Acad&#233;mie des Sciences, des milieux &#233;conomiques et industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975 la r&#233;forme Haby, derni&#232;re &#233;tape des r&#233;formes structurelles engag&#233;es par la Ve R&#233;publique, substitue aux voies diversifi&#233;es de poursuite de scolarit&#233; dans le premier cycle du secondaire le &#171; coll&#232;ge unique &#187;. Cette nouvelle structure est cens&#233;e scolariser dans un cursus unique les &#233;l&#232;ves du premier cycle du second degr&#233;. Le ministre Haby, s'exprimant sur les contenus math&#233;matiques pour un tel coll&#232;ge unique, critique de fait les positions des r&#233;formateurs des math&#233;matiques modernes quant &#224; leurs ambitions pour des math&#233;matiques pour tous. Il distingue deux type de math&#233;matiques, deux types de culture math&#233;matiques : 1/ les math&#233;matiques du &#171; concret &#187;, &#171; simples &#187; conduisant &#224; &#171; l'acquisition &#187; des techniques de calcul, utiles &#224; tous les m&#233;tiers, souvent indispensables : ce sont les math&#233;matiques pour tout le monde ; et 2/ les math&#233;matiques &#171; modernes &#187;, &#171; abstraites &#187;, celles qui forment l'esprit, celles qui permettent de &#171; dominer &#187; les techniques de calcul ; elles seront r&#233;serv&#233;es &#224; ceux qui poursuivront des &#233;tudes de haut niveau parce qu'ils en ont les capacit&#233;s. Une position qui est donc radicalement diff&#233;rente de celle port&#233;e par les r&#233;formateurs des ann&#233;es 1960 quant &#224; ce que devrait &#234;tre une culture commune en math&#233;matiques ; et qui, renvoyant aux temps de la dualit&#233; scolaire, s'appuie sur une &#171; fausse dichotomie entre le concret et l'abstrait &#187;, d&#233;nonc&#233;e par l'APMEP. N&#233;anmoins les programmes de 1977 pour le coll&#232;ge ne sont pas en rupture avec les ambitions des math&#233;matiques modernes des programmes pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L288xH187/Image_36-3-36d3c.png?1790689104' width='288' height='187' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps du coll&#232;ge unique et de la seconde indiff&#233;renci&#233;e (1980-2000)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes des ann&#233;es 1980 : &#233;viter le formalisme et donner du sens ; de nouvelles composantes de la culture math&#233;matique scolaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de 1981 (pour le second cycle), inspir&#233;s par les IREM, annoncent une nouvelle donne tant pour le coll&#232;ge que pour le lyc&#233;e : &#171; Les actuels programmes de math&#233;matiques pour le premier cycle ont entrepris de lutter contre un formalisme qui, maltraitant l'acquis intuitif des &#233;l&#232;ves, isolerait la d&#233;marche p&#233;dagogique de l'exp&#233;rience et de l'action (...). Il importe que toute introduction d'une notion ou d'un th&#233;or&#232;me soit pr&#233;c&#233;d&#233;e de l'&#233;tude d'une situation assez riche pour en attester l'int&#233;r&#234;t et qu'elle soit suivie imm&#233;diatement d'applications substantielles (&#8230;) &#187;. De plus, l'ann&#233;e scolaire 1981-1982 voit la mise en place de la classe de seconde indiff&#233;renci&#233;e (ou seconde pour tous) en lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral et technologique. Il s'agit l&#224; d'un changement structurel dont les cons&#233;quences pour l'enseignement de la discipline (et la question de la culture commune) sont importantes : l'orientation des &#233;l&#232;ves se fait d&#233;sormais &#224; la fin de la seconde et le programme de cette classe doit donc s'appliquer &#224; tous les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles branches et nouveaux outils math&#233;matiques conqui&#232;rent une place r&#233;elle dans les programmes : la statistique, qui doit &#234;tre &#233;tudi&#233;e en lien avec des syst&#232;mes physiques, biologiques, &#233;conomiques ; les calculatrices, dont l'usage modifie les pratiques de calcul et qui permettent &#233;galement de construire des algorithmes simples. L'enseignement de la g&#233;om&#233;trie est r&#233;orient&#233; vers une &#171; m&#233;thode franchement exp&#233;rimentale (&#8230;) au service de l'intuition et de l'imagination (&#8230;) &#187;, mais il est r&#233;serv&#233;, dans le second cycle, &#224; la classe de Seconde et aux sections scientifiques. Pour les premi&#232;res et terminales A1 (lettres classiques), il est sp&#233;cifi&#233; : &#171; (...) on ne manquera pas, chaque fois que l'occasion se pr&#233;sentera, de replacer les questions dans leur contexte historique ; en premi&#232;res et terminales A2-A3 (lettres et langues vivantes), le programme a pour objectif : &#171; une formation &#224; la r&#233;flexion et &#224; une d&#233;marche scientifique qui sera (&#8230;) un terrain d'investissement d'une culture philosophique &#187;. Et pour ces fili&#232;res, il est pr&#233;cis&#233; : &#171; (&#8230;) on ne confondra pas les ambitions th&#233;oriques modestes avec une activit&#233; math&#233;matique pauvre, g&#233;n&#233;ratrice d'ennui et de r&#233;actions de rejet &#187;. En option, il est propos&#233;, d&#233;j&#224;, des activit&#233;s algorithmiques. Il s'agit de lutter contre l'image des math&#233;matiques qui s'est r&#233;pandue dans le public (&#233;l&#232;ves, parents, m&#233;dias), tout en recadrant les enseignants, investis pendant au moins dix ans dans un enseignement abstrait, th&#233;orique, tr&#232;s construit &#224; l'image de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes officiels mis en place &#224; partir de la rentr&#233;e 1981 donnent la couleur de ceux qui viendront durant les trente ann&#233;es suivantes. On peut y voir quelques constantes dans la conception de l'enseignement math&#233;matique, et de la culture math&#233;matique, qu'ils cherchent &#224; promouvoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;viter un formalisme et une abstraction a priori, afin de ne pas perdre les &#233;l&#232;ves (un but clairement annonc&#233; et r&#233;p&#233;t&#233; au fil des r&#233;formes est d'ouvrir davantage le recrutement dans les sections scientifiques) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; introduire les notions &#224; partir de probl&#232;mes &#171; concrets &#187; afin de donner un sens et une l&#233;gitimit&#233; &#224; ces notions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; montrer comment les math&#233;matiques interviennent dans les autres disciplines ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;velopper l'utilisation de la calculatrice et des logiciels (g&#233;om&#233;trie dynamique, tableur, traceur de courbe) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fournir quelques rep&#232;res en histoire des math&#233;matiques : &#171; (&#8230;) il convient de mettre en valeur le contenu culturel des math&#233;matiques ; en particulier, l'introduction d'une perspective historique peut permettre aux &#233;l&#232;ves de mieux saisir le sens et la port&#233;e des notions et probl&#232;mes &#233;tudi&#233;s (...) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; travers les instructions et commentaires accompagnant les textes officiels, donner de plus en plus d'indications p&#233;dagogiques aux professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces pr&#233;conisations se heurtent imm&#233;diatement au manque de formation des professeurs dans de nombreux domaines : l'utilisation des calculatrices, la ma&#238;trise de l'informatique et la manipulation des logiciels, l'histoire des sciences et plus r&#233;cemment l'algorithmique. De plus, l'&#233;quipement des lyc&#233;es et coll&#232;ges en mat&#233;riel informatique s'est fait de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale. Les IREM proposent dans les ann&#233;es 1980 et 1990 des stages, des formations permettant aux professeurs de s'adapter aux programmes (utiliser la calculatrice en classe, g&#233;rer une classe h&#233;t&#233;rog&#232;ne, enseigner les statistiques, les probabilit&#233;s, s'initier &#224; l'histoire des math&#233;matiques, etc.). Mais les IREM perdent au fil des ann&#233;es les moyens qui leur permettaient de vivre. La formation continue se fait de plus en plus en dehors du temps de travail et l'offre est moins riche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ann&#233;es 1990 : contre la dictature des math&#233;matiques&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces ann&#233;es la section C devient la voie royale dans le second cycle. C'est elle qui ouvre le plus facilement l'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures valoris&#233;es, elle a la faveur des familles. On voit fleurir les officines vendant des cours particuliers cens&#233;s mettre les &#233;l&#232;ves &#224; niveau. Les math&#233;matiques sont la discipline s&#233;lective, redout&#233;e, ha&#239;e parfois, celle o&#249; il faut r&#233;ussir. Le Conseil national des programmes, dans ses &lt;i&gt;Propositions sur l'&#233;volution du lyc&#233;e&lt;/i&gt; de novembre 1990, fait un constat assez critique sur l'orientation et &#171; (&#8230;) des choix actuels trop souvent fond&#233;s sur l'&#233;chec en math&#233;matiques et en physique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e 1994, la terminale S devient g&#233;n&#233;raliste, rempla&#231;ant les terminales C, D et E. Pour lutter contre &#171; l'h&#233;g&#233;monie de la section scientifique &#187;, contre &#171; la dictature des math&#233;matiques &#187;, les minist&#232;res successifs tentent des am&#233;nagements : diminution de l'horaire de math&#233;matiques obligatoires puis suppression totale dans la fili&#232;re L. Ces derni&#232;res mesures ne vont pas dans le sens de l'acquisition d'une culture scientifique ; paradoxalement elles appauvrissent la fili&#232;re litt&#233;raire. Cependant elles permettent de r&#233;duire le nombre des enseignants. C'est le temps des &#233;conomies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourquoi enseigner les math&#233;matiques ? La commission de r&#233;flexion sur l'enseignement des math&#233;matiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, &#224; la demande de l'APMEP, de la SMF et d'autres associations de sp&#233;cialistes, une commission est constitu&#233;e par le minist&#232;re, charg&#233;e de faire un bilan de l'enseignement des math&#233;matiques et d'&#233;mettre des propositions pour les ann&#233;es &#224; venir. La commission choisit d'orienter son travail en partant de la question &#171; Pourquoi enseigner les math&#233;matiques ? &#187;, qui pilote donc la question des contenus, de la culture math&#233;matique &#224; acqu&#233;rir. Une premi&#232;re r&#233;ponse, telle que l'exprime son rapport de 2002, vient des praticiens des autres disciplines : on a besoin de math&#233;matiques en biologie comme en physique ou en &#233;conomie. Avant tout, on a besoin de l'alliance entre imagination et raisonnement apport&#233;e par la d&#233;marche math&#233;matique, depuis l'&#233;laboration et la mise en forme des &#233;nonc&#233;s jusqu'&#224; la d&#233;monstration de leurs cons&#233;quences. Il faut tenir compte, poursuit le rapport, de ces diff&#233;rents aspects dans le choix des sujets et des programmes, et cela a sous-tendu la r&#233;flexion de la commission sur les grands th&#232;mes choisis : g&#233;om&#233;trie, impact de l'informatique, calcul, probabilit&#233;s et statistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la commission met en avant un autre enjeu : la question est non seulement ce que l'enseignement des math&#233;matiques apporte imm&#233;diatement aux &#233;l&#232;ves pour mieux se situer dans l'ensemble des pratiques et des connaissances, mais aussi, comme pour tout autre enseignement, ce que sont les atouts qu'il donne aux enfants ou jeunes gens d'aujourd'hui pour aborder, au cours de leur vie, les grands probl&#232;mes de l'humanit&#233; &#224; venir dont nous ne faisons que pressentir la difficult&#233;. La r&#233;flexion sur l'enseignement des math&#233;matiques est donc, par nature, une r&#233;flexion &#224; long terme. Elle se heurte, dit-elle, &#224; la vision g&#233;n&#233;rale des jeunes, des parents, et des enseignants eux-m&#234;mes dans leur pratique, qui est &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un mouvement de balancier ? Les difficult&#233;s de penser une culture commune&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trente ans, le contenu de l'enseignement a suivi un profond changement le conduisant de l'abstraction et d'un formalisme excessifs &#224; des math&#233;matiques appliqu&#233;es (applicables ?) qui se veulent en prise avec le &#171; monde r&#233;el &#187;. On peut y voir la recherche d'un &#233;quilibre assurant &#224; la fois l'acquisition d'une culture scientifique, d'un bagage de connaissances indispensables &#224; toute suite d'&#233;tudes, permettant de passer de probl&#232;mes concrets &#224; l'abstraction &#224; travers la math&#233;matisation, d&#233;dramatisant l'approche de cette discipline, en enlevant une lourde charge &#233;motionnelle. Cet enseignement est cens&#233; donner quelques outils n&#233;cessaires au futur citoyen tout en rendant les &#233;l&#232;ve actifs et cr&#233;atifs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L202xH140/Image_32-4-616ee.png?1790689104' width='202' height='140' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, sur le terrain, les effets de ce changement tardent &#224; se manifester. L'esprit des programmes passe difficilement. Les professeurs ont du mal &#224; mettre en &#339;uvre les pr&#233;conisations. On peut proposer quelques causes &#224; ces r&#233;sistances. La premi&#232;re est une tendance naturelle &#224; reproduire ce que l'on connait, c'est-&#224;-dire l'enseignement que l'on a suivi une vingtaine d'ann&#233;e plus t&#244;t. La deuxi&#232;me est la pauvret&#233; de la formation p&#233;dagogique, et surtout de la formation continue, pourtant affirm&#233;e comme &#233;tant le moteur de toute r&#233;forme r&#233;ussie. Enfin, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante des classes et la difficult&#233; de pratiquer une p&#233;dagogie diff&#233;renci&#233;e sont une r&#233;alit&#233; de terrain qui semble parfois ind&#233;passable, de m&#234;me que la difficult&#233; de trouver du temps pour une concertation disciplinaire ou interdisciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'enseignant per&#231;oit-il les math&#233;matiques qu'il enseigne ? Y met-il une dimension culturelle ou les voit-il uniquement comme des bases permettant de poursuivre (&#233;ventuellement) des &#233;tudes sup&#233;rieures ? Existent-elles pour elles-m&#234;mes ou pour servir d'autres disciplines ? Les r&#233;ponses varient selon les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980, Andr&#233; Revuz &#233;crivait un ouvrage au titre provocateur : &lt;i&gt;Est-il impossible d'enseigner les math&#233;matiques ?&lt;/i&gt; Il dressait un tableau assez sombre de la situation mais proposait des rem&#232;des utilisant les IREM. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, son analyse reste actuelle. Et pourtant, la Loi d'orientation et de programmation pour l'avenir de l'&#201;cole du 23 avril 2005, instaurant un socle commun de connaissances et de comp&#233;tences, semble limiter les connaissances assimilables par toute une classe d'&#226;ge. En isolant dans le programme des connaissances et comp&#233;tences que tout &#233;l&#232;ve en fin de troisi&#232;me doit poss&#233;der et en demandant &#224; l'enseignant d'aller au-del&#224; (dans la limite du programme), on ne l'aide pas &#224; d&#233;finir pour qui il travaille. En juillet 2010, l'APMEP publiait les r&#233;sultats d'une enqu&#234;tes sur ce socle commun aupr&#232;s de professeurs de coll&#232;ge. De nombreux coll&#232;gues ne savent plus o&#249; donner de la t&#234;te : g&#233;rer la classe, assurer le socle pour tous et pr&#233;parer &#224; la 2nde les &#233;l&#232;ves qui poursuivront en lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral, valider le B2i, conserver une &#233;valuation chiffr&#233;e indispensable pour l'orientation en fin de troisi&#232;me&#8230; Certains s'engagent dans des &#233;valuations incessantes et chronophages, mais s'interrogent sur la r&#233;elle plus-value pour les &#233;l&#232;ves quand cette &#233;valuation se substitue peu &#224; peu &#224; la construction patiente de savoirs solides et formateurs. Lorsque l'on se plonge dans le document fourni par la Direction g&#233;n&#233;rale de l'enseignement scolaire intitul&#233; Socle commun de connaissances et de comp&#233;tences - Vade-mecum (septembre 2009), on comprend le d&#233;sarroi des professeurs. Il s'agit d'un catalogue de recettes pour traiter plusieurs t&#226;ches simultan&#233;ment dans une classe h&#233;t&#233;rog&#232;ne de coll&#232;ge. Ces recettes marchent, le document l'assure ! On est ici bien loin de la r&#233;flexion men&#233;e dans les IREM sur la didactique des math&#233;matiques...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les deux premi&#232;res parties de ce texte reprennent des &#233;l&#233;ments de l'article &#171; L'enseignement math&#233;matique dans le primaire et le secondaire &#187; de Renaud d'Enfert et H&#233;l&#232;ne Gispert, paru dans l'ouvrage &lt;i&gt;Une histoire de l'&#233;cole. Anthologie de l'&#233;ducation et de l'enseignement en France XVIIIe &#8211;XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, F. Jacquet-Francillon, R. d'Enfert &amp; L. L&#339;ffel (eds), Retz, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les programmes de fran&#231;ais : de la stabilit&#233; au soup&#231;on. 1 - Jusqu'en 1970 </title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article167</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article167</guid>
		<dc:date>2014-03-27T17:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;forme scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>Contenus d'enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>enseignement du fran&#231;ais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les soixante derni&#232;res ann&#233;es ont vu l'enseignement du fran&#231;ais consid&#233;rablement boulevers&#233; : d'une relative stabilit&#233; depuis l'instauration de l'&#233;cole obligatoire &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle jusqu'aux ann&#233;es 1960, il a depuis &#233;t&#233; travers&#233; par de profondes remises en cause disciplinaires, p&#233;dagogiques, id&#233;ologiques et politiques qui n'ont pas trouv&#233; leur issue. En particulier, l'allongement de la scolarit&#233; obligatoire et l'acc&#232;s d&#233;mocratique de tous les &#233;l&#232;ves au second degr&#233; n'ont pas &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;r&#233;forme scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Contenus d'enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?mot64" rel="tag"&gt;enseignement du fran&#231;ais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L121xH150/arton167-deedf.png?1790692830' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les soixante derni&#232;res ann&#233;es ont vu l'enseignement du fran&#231;ais consid&#233;rablement boulevers&#233; : d'une relative stabilit&#233; depuis l'instauration de l'&#233;cole obligatoire &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle jusqu'aux ann&#233;es 1960, il a depuis &#233;t&#233; travers&#233; par de profondes remises en cause disciplinaires, p&#233;dagogiques, id&#233;ologiques et politiques qui n'ont pas trouv&#233; leur issue. En particulier, l'allongement de la scolarit&#233; obligatoire et l'acc&#232;s d&#233;mocratique de tous les &#233;l&#232;ves au second degr&#233; n'ont pas &#233;t&#233; assum&#233;s : la r&#233;ponse disciplinaire n'a pas &#233;t&#233; assez pens&#233;e, d&#233;battue ni explicit&#233;e, la r&#233;ponse institutionnelle s'est born&#233;e au report des apprentissages pr&#233;coces et &#224; la r&#233;duction des contenus, la r&#233;ponse &#233;conomique a &#233;t&#233; purement comptable, avec la baisse des horaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;l&#233;vation du niveau de formation de la population fran&#231;aise depuis un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Associ&#233;es au cours des ann&#233;es 70-80 &#224; une remise en cause p&#233;dagogique coupl&#233;e &#224; un mouvement de contestation du savoir, ces r&#233;ponses insuffisamment m&#251;ries ont eu des effets pervers : actuellement, 40 % des &#233;l&#232;ves sortant de l'&#233;cole primaire ont un niveau fragile ou inqui&#233;tant, 15 % des &#233;l&#232;ves de coll&#232;ge sont en tr&#232;s grande difficult&#233; et 60 % d'entre eux ont une r&#233;ussite moyenne qui ne les met pas en &#233;tat assur&#233; de poursuivre des &#233;tudes, la moiti&#233; des entrants en Seconde de lyc&#233;e ne ma&#238;trise pas l'orthographe grammaticale. Pire, et alors que l'analyse des causes se fait de plus en plus fine, ces chiffres d'&#233;chec vont croissant : en vingt ans, la perte de niveau atteint deux ans ; le coll&#233;gien de 5e de 2007, par exemple et parmi les mesures objectivables moyennant une m&#233;thode stricte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nathalie Bulle, dans L'&#201;cole et son double (Hermann, 2009, p. 211 et sq.) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a le niveau d'orthographe grammaticale d'un &#233;colier de CM2 de 1987&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note 08-38 de la DEPP, d&#233;cembre 2008. Orthographe : le niveau des &#233;coliers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'enqu&#234;te internationale Pisa de 2009 insiste sur la baisse du niveau en lecture et les difficult&#233;s d'argumentation des coll&#233;giens de 15 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le niveau scolaire baisse, cette fois c'est vrai, Antoine Prost, Le Monde du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les universit&#233;s imposent des remises &#224; niveau de syntaxe et d'expression, certains professionnels, faute de ma&#238;triser l'&#233;crit, ne peuvent plus r&#233;diger eux-m&#234;mes leurs rapports&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'illettrisme des cadres : un ph&#233;nom&#232;ne m&#233;connu et tabou, Le Monde du 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord mis sous le boisseau (plusieurs statistiques de la DEPP, organe minist&#233;riel de mesure de l'&#201;ducation nationale cr&#233;&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 80, ont &#233;t&#233; publi&#233;es avec retard), ces chiffres de l'&#233;chec scolaire ont &#233;t&#233; au fil du temps reconnus par tous et corrobor&#233;s par des enqu&#234;tes internationales, mais utilis&#233;s &#224; des fins oppos&#233;es, les uns y voyant le r&#233;sultat du manque croissant d'exigence et d'organisation des programmes, les autres l'effet de m&#233;thodes d&#233;su&#232;tes et l'insuffisance d'application de r&#233;formes permettant &#224; l'&#233;l&#232;ve &#171; d'acqu&#233;rir un savoir [...] par sa propre activit&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi d'orientation sur l'&#233;ducation, Rapport annex&#233; (BO 4, 31 ao&#251;t 1989).&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des programmes et instructions officiels illustre cet &#233;tat de fait et le d&#233;bat qui l'accompagne : leurs pr&#233;conisations de contenus et de m&#233;thode, ainsi que les horaires pr&#233;vus, dessinent la silhouette de cet &#233;chec qui s'affirme avec le temps et est devenu &#224; la fois chronique et g&#233;n&#233;rateur de sa propre permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat des lieux ici suit la chronologie : il est en effet difficile de ne pas tenir compte des bases parfois anciennes mais longtemps mod&#233;lisantes de la discipline, et de s&#233;parer les variations de programmes et d'horaires des d&#233;bats d'id&#233;es qui les ont instaur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. Les programmes ant&#233;rieurs &#224; 1970&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) &lt;i&gt;L'&#233;cole primaire&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes qui la r&#233;gissent, dat&#233;s de 1882, 1887, 1923, 1938, 1945, 1950 et 1960, qui seront en vigueur jusqu'en 1972, font montre d'une remarquable continuit&#233;, se reprenant d'ailleurs mutuellement. D&#232;s 1882, la volont&#233; de d&#233;limiter les connaissances pour augmenter leur solidit&#233; est affirm&#233;e, et sera r&#233;p&#233;t&#233;e ensuite : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;al de l'&#233;cole primaire n'est pas d'enseigner beaucoup, mais de bien enseigner. L'enfant qui en sort sait peu, mais sait bien ; l'instruction qu'il a re&#231;ue est restreinte, mais elle n'est pas superficielle. [...] L'objet de l'enseignement primaire n'est pas d'embrasser sur les diverses mati&#232;res auxquelles il touche tout qu'il est possible de savoir, mais de bien apprendre dans chacune d'elles ce qu'il n'est pas permis d'ignore&lt;/i&gt;r &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1.1 Le cas de la lecture.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alphab&#233;tisation g&#233;n&#233;rale, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, est devenue une urgence &#224; la fois &#233;conomique, sociale (l'opinion est gagn&#233;e aux bienfaits de l'instruction), et politique (les &#233;lus sont traumatis&#233;s par la d&#233;faite de 1870, imput&#233;e &#224; l'ignorance du peuple et au manque d'esprit national)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Antoine Prost, L'Enseignement en France, 1800-1967, Armand Colin (1968).&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'acc&#232;s &#224; la lecture et &#224; des livres &#233;difiants capables d'instaurer une &#233;ducation morale et une conscience civique doit &#234;tre rapide. D&#232;s l'instauration de l'instruction publique en 1882, l'importance de la lecture dans la journ&#233;e de classe est soulign&#233;e : &#171; &lt;i&gt;L'enseignement du fran&#231;ais (exercices de lecture, lectures expliqu&#233;es, le&#231;ons de grammaire, exercices orthographiques, dict&#233;es, analyses, r&#233;citations, exercices de composition, etc.) occupera tous les jours environ deux heures.&lt;/i&gt; &#187;. Les instructions de 1923 le r&#233;p&#233;teront &#224; propos du CP : &#171; &lt;i&gt; l'enseignement essentiel &#224; cet &#226;ge, c'est la lecture ; le cours pr&#233;paratoire est, avant tout, un cours de lecture.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tous les programmes de cette &#233;poque admettent que le m&#233;canisme de d&#233;chiffrage doit &#234;tre rapidement domin&#233;, dans les premiers mois de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire (trois mois dans les textes de 1923), s'inscrivant ainsi en faux contre les apprentissages laborieux ant&#233;rieurs effectu&#233;s sur du latin et fix&#233;s &#224; trois ou quatre ans jusqu'en 1800 et apr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apprentissage de la lecture, m&#233;thodes et manuels, Tome 1,p. 71-74, Luc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils insistent sur le temps et les ann&#233;es n&#233;cessaires &#224; l'acquisition v&#233;ritable de la lecture. Pour eux, elle se fait tout au long de l'&#233;cole primaire. En 1887, chacun des trois niveaux d'acquisition (lecture courante avec explication des mots, lecture courante avec explications, lecture expressive) prend deux ans. En 1923, cette dur&#233;e est r&#233;duite : &#171; &lt;i&gt;C'est d&#232;s le d&#233;but du cours moyen, &#224; neuf ans, que l'&#233;colier doit lire avec expression.&lt;/i&gt; &#187;, mais reste importante : jamais l'acquisition de la v&#233;ritable lecture courante n'est consid&#233;r&#233;e comme un apprentissage anodin ni facile, et les modalit&#233;s d'exercices de lecture sont d&#233;crites de fa&#231;on d&#233;taill&#233;e. Le pragmatisme est de r&#232;gle : &#171; &lt;i&gt;Nous ne pr&#233;conisons aucune m&#233;thode : la meilleure sera celle qui donnera les r&#233;sultats les plus rapides et les plus solides. Entre la m&#233;thode d'&#233;pellation et la m&#233;thode syllabique ou la m&#233;thode globale, nous ne faisons aucun choix ; des exp&#233;riences se poursuivent qui d&#233;cideront. Toutefois, les proc&#233;d&#233;s qui nous paraissent devoir l'emporter sont ceux qui am&#232;nent l'enfant &#224; s'int&#233;resser &#224; cette t&#226;che ingrate qui consiste &#224; associer des sons et des formes sans rapport apparent. Par suite, ceux qui font appel &#224; son besoin de mouvement ont les plus grandes chances d'&#234;tre f&#233;conds. Et telle est probablement la raison du succ&#232;s de la m&#233;thode phonomimique, malgr&#233; sa bizarrerie. L'essentiel est que l'enfant prenne plaisir &#224; cet apprentissage difficile.&lt;/i&gt; &#187; Mais en 1938 et 45, donc jusqu'en 1960, le texte officiel pr&#233;cise que &#171; &lt;i&gt;la &#8220;lecture courante&#8221; n'est pas encore compl&#232;tement acquise &#224; dix ans par la moyenne des &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1969, il sera fix&#233; par les textes officiels qu'au CP la lecture doit occuper les deux heures quotidiennes fix&#233;es en 1882 pour tout le primaire, soit dix heures par semaine, la totalit&#233; de l'enseignement du fran&#231;ais occupant en CP quinze heures hebdomadaires, soit 50% du temps scolaire (la semaine de primaire a une dur&#233;e de trente heures &#224; cette &#233;poque). &lt;br class='autobr' /&gt;
La circulaire minist&#233;rielle de 1960 faisant suite &#224; l'instauration de la prolongation de la scolarit&#233; jusqu'&#224; seize ans (r&#233;forme Berthoin de 1959), loin de repousser les objectifs du primaire vers l'aval, insiste au contraire sur la solidit&#233; des savoirs &#233;l&#233;mentaires, et appelle les instituteurs &#224; la plus grande vigilance : &lt;i&gt;&#171; &lt;i&gt;Il appara&#238;t donc avec nettet&#233; que le r&#244;le essentiel des ma&#238;tres des classes &#233;l&#233;mentaires est maintenant plus encore que par le pass&#233; d'&#233;tablir les fondations solides et durables de tout l'&#233;difice scolaire. Cette n&#233;cessit&#233; s'impose notamment dans les disciplines fondamentales : lecture, grammaire, orthographe, r&#233;daction et calcul.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode recommand&#233;e dans ce m&#234;me texte est pragmatique, insistant sur les exercices d'application plus que sur la r&#233;citation du cours, et mettant en garde contre la diminution des horaires r&#233;glementaires du fran&#231;ais et des math&#233;matiques au profit d'apprentissages autres d'histoire, g&#233;ographie ou sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1.2 L'&#233;tude de la langue.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les notions de grammaire &#224; acqu&#233;rir sont rest&#233;es relativement stables. Tr&#232;s peu d&#233;taill&#233;s jusqu'en 1950, les textes officiels s'en tiennent &#224; une description succincte des connaissances &#224; enseigner. &#192; titre d'exemple, les instructions de 1923 indiquent pour les deux ann&#233;es de cours moyen : &#171; &lt;i&gt;Grammaire. - Diverses esp&#232;ces de mots. Conjugaison des verbes (forme active, forme passive, forme pronominale). R&#232;gles g&#233;n&#233;rales du participe pass&#233;. Pr&#233;positions et adverbes. Conjonctions et interjections. Compl&#233;ments du nom. Les propositions. La phrase. Exercices d'analyse.&lt;/i&gt; &#187; En 1945, les instructions se font plus pr&#233;cises, sur la conjugaison par exemple qui introduit pour les deux ann&#233;es de CE une liste de verbes &#224; savoir conjuguer : &#171; &lt;i&gt;Exercices oraux et &#233;crits sur la conjugaison du verbe avoir, du verbe &#234;tre, d'un verbe type du premier et du deuxi&#232;me groupes, des verbes aller et venir, et limit&#233;s aux temps usuels de l'indicatif.&lt;/i&gt; &#187; Les exercices varient peu : exercices grammaticaux d'application des r&#232;gles, dict&#233;es, r&#233;dactions succinctes. L'&#171; &lt;i&gt;analyse logique&lt;/i&gt; &#187;, qui couronne l'apprentissage de la grammaire, n'intervient que dans le Cours sup&#233;rieur. Les instructions de 1950&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; enfin, tr&#232;s pr&#233;cises, fixent avec minutie les contenus, en distinguant entre elles, pour la premi&#232;re fois, les ann&#233;es &#233;l&#233;mentaires et de cours moyen, et marquent un tournant : elles donnent une image exacte de l'enseignement du fran&#231;ais en primaire pour les vingt ann&#233;es qui suivent. La connaissance de la morphologie verbale s'y &#233;tend jusqu'au conditionnel et au subjonctif, celle de la syntaxe jusqu'&#224; la ma&#238;trise de quatre propositions, &#233;tant entendu que la relative et la conjonctive &#233;taient acquises d&#232;s le CM1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1.3 L'esprit des m&#233;thodes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1866, le ministre Victor Duruy plaide pour des m&#233;thodes actives, notamment en grammaire, &#171; objet d'effroi &#187; pour les &#233;l&#232;ves. La formation des ma&#238;tres est mise en cause : &#171; &lt;i&gt;C'est [...] de l'&#233;cole normale qu'il faut chasser cette scolastique grammaticale qui se compla&#238;t dans les th&#233;ories subtiles et s'amuse &#224; des curiosit&#233;s bonnes pour occuper les loisirs des lettr&#233;s. &#187;, &#171; il est certain qu'il ne faudrait pas six ann&#233;es pour parcourir le programme de l'enseignement primaire, si cet enseignement &#233;tait donn&#233; avec la parfaite connaissance des besoins intellectuels des enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soulign&#233; dans le texte original.&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Ferry en 1882 insiste lui aussi sur les m&#233;thodes actives : &#171; &lt;i&gt;La seule m&#233;thode qui convienne &#224; l'enseignement primaire est celle qui fait intervenir tour &#224; tour le ma&#238;tre et les &#233;l&#232;ves, qui entretient pour ainsi dire entre eux et lui un continuel &#233;change d'id&#233;es sous des formes vari&#233;es, souples et ing&#233;nieusement gradu&#233;es. Le ma&#238;tre part toujours de ce que les enfants savent, et, proc&#233;dant du connu &#224; l'inconnu, du facile au difficile, il les conduit, par l'encha&#238;nement des questions orales ou des devoirs &#233;crits, &#224; d&#233;couvrir les cons&#233;quences d'un principe, les applications d'une r&#232;gle, ou inversement les principes et les r&#232;gles qu'ils ont d&#233;j&#224; inconsciemment appliqu&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les textes officiels ne sont pas appliqu&#233;s, les programmes connaissent des &#171; excroissances &#187; locales : les instructions de 1923 fixent pour la premi&#232;re fois un emploi du temps hebdomadaire et rappellent &#224; l'observance des programmes, &#171; &lt;i&gt;trahis [...] par leurs interpr&#232;tes&lt;/i&gt;. &#187; Les manuels sont accus&#233;s eux aussi de surench&#232;re. Par r&#233;action, les instructions officielles de 1945 et 1950 sont extr&#234;mement pr&#233;cises. Mais en 1960 encore, on d&#233;plore la diminution arbitraire, ici ou l&#224;, des horaires de fran&#231;ais et math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rappels &#224; l'ordre montrent qu'il est difficile de se faire une id&#233;e exacte des pratiques mises en &#339;uvre par les instituteurs. Mais les pr&#233;conisations de 1945 montrent que la r&#233;flexion p&#233;dagogique progresse au del&#224; des m&#233;canismes et de l'activit&#233; &#233;voqu&#233;s ant&#233;rieurement : &#171; &lt;i&gt;c'est par des signes ext&#233;rieurs, les seuls que les enfants puissent reconna&#238;tre s&#251;rement, que le ma&#238;tre, par n&#233;cessit&#233; p&#233;dagogique, d&#233;finira les notions grammaticales ; mais il peut choisir ces signes ext&#233;rieurs et monter dans l'esprit des &#233;l&#232;ves les m&#233;canismes corrects, de telle fa&#231;on que la r&#233;flexion scientifique, quand elle pourra s'exercer, n'ait qu'&#224; suivre l'ordre m&#234;me du m&#233;canisme pour, en quelque sorte, se retrouver elle-m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &lt;i&gt;L'enseignement secondaire avant 1970&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L251xH145/Image_30-3-f4c49.png?1790689103' width='251' height='145' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'organisation actuelle des &#233;tablissements, distincts selon qu'ils sont de premier (coll&#232;ges) ou de second (lyc&#233;e) cycles, date de la cr&#233;ation des coll&#232;ges d'enseignement secondaire (CES), dont la p&#233;riode d'implantation s'est &#233;tendue de 1959 &#224; 1967. Pour conna&#238;tre les programmes du premier cycle des ann&#233;es 1950, il faut donc un instant se pencher sur les instructions pour le lyc&#233;e, qui f&#233;d&#233;rait les classes des deux cycles, de la 6e &#224; la terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2.1 Le premier cycle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du premier cycle du secondaire est complexe. L'&#233;cole primaire est longtemps en France le seul horizon scolaire de la majorit&#233; de la population. Au-del&#224;, cohabitent deux syst&#232;mes de premier cycle jusqu'en 1959 : d'une part celui du lyc&#233;e, faisant se succ&#233;der sans rupture, dans un m&#234;me &#233;tablissement, les deux cycles, de la sixi&#232;me &#224; la terminale (apr&#232;s parfois m&#234;me un &#171; petit lyc&#233;e &#187; correspondant aux classes primaires de la &#171; onzi&#232;me &#224; la septi&#232;me &#187;, c'est-&#224;-dire du CP au CM2) ; d'autre part le seul premier cycle du &#171; cours compl&#233;mentaire &#187; - sur le mod&#232;le de l'ancien &#171; enseignement primaire sup&#233;rieur &#187; supprim&#233; en 1941 et parall&#232;le &#224; l' &#171; enseignement secondaire sp&#233;cial &#187; de Victor Duruy (1865) -, qui fut align&#233; sur les programmes du premier cycle des lyc&#233;es (sans le latin et avec une seule langue vivante) par Jean Zay en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'instauration de l'enseignement du fran&#231;ais : la question du latin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin du XIXe si&#232;cle, il n'existe pas de programmes de fran&#231;ais pour le secondaire masculin. Certes, le fran&#231;ais est quotidiennement et officieusement utilis&#233; en classe en histoire, en g&#233;ographie, pour l'imitation de quelques &#233;crivains classiques, pour des exercices de version, de comptes rendus ou de r&#233;sum&#233;s ; et l'enseignement f&#233;minin des pensionnats, assimil&#233; &#224; un art d'agr&#233;ment, se pratique exclusivement en fran&#231;ais depuis sa cr&#233;ation. Mais la mati&#232;re elle-m&#234;me, consid&#233;r&#233;e comme un avatar du latin, ne fait pas encore partie officiellement, pour les gar&#231;ons, de l'enseignement du lyc&#233;e ni des &#233;preuves d'examen, et la pol&#233;mique r&#232;gne autour de son introduction : &#224; partir de 1870 et parce que la d&#233;faite de 1871 est imput&#233;e &#224; un enseignement r&#233;trograde qui n'&#233;veille pas les esprits, le minist&#232;re cherche &#224; marginaliser progressivement l'enseignement du latin, majoritaire dans l'horaire des &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1880, le latin occupait 10 des 24 heures de cours des gar&#231;ons &#233;l&#232;ves de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au profit de celui du fran&#231;ais, mais se trouve sous le feu de la critique de l'&#201;glise puis de &#171; l'ordre moral &#187;. En 1880, Jules Ferry tranche, fait remplacer le discours latin du baccalaur&#233;at par une composition fran&#231;aise sur programme litt&#233;raire, et impose le fran&#231;ais par de nouveaux exercices sur programmes ; le fran&#231;ais acquiert ainsi un droit de cit&#233;, encore mineur, au lyc&#233;e de l'&#233;poque, et le latin qui se commen&#231;ait en 8e de lyc&#233;e (le CM1) est repouss&#233; en 6e. En 1902, une r&#233;forme des lyc&#233;es cr&#233;e dans les deux cycles une section B sans latin, ce qui consacre et institue la place du fran&#231;ais dans le cursus secondaire, et elle ouvre le programme de lectures des &#233;l&#232;ves de B aux litt&#233;ratures &#233;trang&#232;res. L'institution aura &#224; c&#339;ur de pr&#233;server la qualit&#233; des &#233;tudes en B : d&#232;s 1902 le fran&#231;ais y est renforc&#233;, en exercices divers de r&#233;daction et d'expression, et les textes de 1925 et 1938 fixent tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment des horaires de fran&#231;ais g&#233;n&#233;reux et des contenus ambitieux pour les &#233;l&#232;ves sans latin, qu'ils soient en lyc&#233;e ou en &#201;cole primaire sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le programme d'auteurs : l'imp&#233;rialisme du classicisme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de 1880 et 1890 donnent pour le premier cycle une liste d'&#339;uvres essentiellement classiques : le XVIe et le XVIIIe sont laiss&#233;s de c&#244;t&#233;, le XIXe ne concerne que les classes de 3e. En 1902 l'amplitude chronologique s'&#233;tend au Moyen-&#194;ge en 6e et 5e, et aux Romantiques du XIXe en 3e (cf. tableaux pages suivantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mareuil Andr&#233;, &#034;Les programmes de fran&#231;ais dans l'enseignement du second (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ; les &#233;l&#232;ves de 3e re&#231;oivent un &#171; pr&#233;cis d'histoire de la litt&#233;rature &#187;. En 1925, la place du XIXe augmente notablement, et le r&#244;le de la po&#233;sie est reconnu dans les classes. Les programmes de 1937-38 &#233;largissent encore le corpus, y compris aux litt&#233;ratures &#233;trang&#232;res pour les &#171; modernes &#187; de B, mais ni Stendhal, Balzac, Flaubert ni Maupassant ne sont cit&#233;s. Les instructions de 1963-67 en sont tr&#232;s proches : Rabelais n'appara&#238;t toujours pas, Beaumarchais est int&#233;gr&#233; ainsi que les romanciers du XIXe, mais ceux-ci sous forme d'extraits et non d'&#339;uvres compl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, comme &#224; l'&#233;cole primaire, les programmes du premier cycle ont tr&#232;s peu &#233;volu&#233; pendant presque un si&#232;cle, entre 1880 et 1970. Le panth&#233;on s'est modifi&#233; &#224; la marge, mais le XVIIe si&#232;cle reste roi, et les &#339;uvres des &#233;crivains du XXe si&#232;cle ne sont pas encore entr&#233;es au coll&#232;ge, sauf sous forme d'extraits, en 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;L'&#233;tude de la langue.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de 1902, qui ont model&#233; le premier cycle pour cinquante ans, sont extr&#234;mement concis. En 6e et 5e, ils tiennent en quelques lignes : &#171; &lt;i&gt;&#233;tude de la syntaxe&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;exercices de langue fran&#231;aise et d'orthographe&lt;/i&gt; &#187; ; la r&#233;daction en 6e consiste en de &#171; &lt;i&gt;petits exercices oraux ou &#233;crits de composition&lt;/i&gt; &#187;, en 5e et 4e en &#171; &lt;i&gt;compositions tr&#232;s simples&lt;/i&gt; &#187;, la &#171; &lt;i&gt;composition fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187; intervient en 3e. Pour les non-latinistes (section B), on insiste en 6e sur l'analyse logique et le lexique, ensuite les programmes sont communs. En Seconde, tous les &#233;l&#232;ves re&#231;oivent &#171; &lt;i&gt;une grammaire plus d&#233;velopp&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. En Premi&#232;re, il n'y a plus de le&#231;on de langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1925 marque un tournant : les programmes se font pr&#233;cis et indiquent une progression ainsi que des horaires. Au del&#224; de &#171; cours communs &#187; de 4 heures pour latinistes et non-latinistes, les &#171; modernes &#187; de B ont 3 heures &#171; de compensation du latin &#187; ; leurs cours &#171; sp&#233;ciaux &#187; sont r&#233;serv&#233;s &#224; la lecture dirig&#233;e, &#224; des travaux pratiques de grammaire, et &#224; des exercices de r&#233;daction. Leur horaire de fran&#231;ais atteint donc 7 heures hebdomadaires, jusqu'en 3e. On peut ainsi penser qu'&#224; cette date, la question didactique et p&#233;dagogique du fran&#231;ais au lyc&#233;e est d&#233;finitivement r&#233;gl&#233;e, puisqu'il appara&#238;t clairement, par l'examen de ces intitul&#233;s de programme et de ces horaires de la section B, que le choix est fait : on apprend et on perfectionne le fran&#231;ais par l'&#233;tude syst&#233;matique de la langue fran&#231;aise et des textes fran&#231;ais, et non par le d&#233;tour du latin et des textes antiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de cette date prescrivent donc une &#233;tude de plus en plus complexe de la syntaxe, entre la 6e et la 3e, et d&#233;veloppent l'&#233;tude du lexique, acquis syst&#233;matiquement jusqu'en fin de cycle. Les programmes de 1938, luttant sans doute contre des h&#233;sitations d&#233;j&#224; soulign&#233;es en 1909 (&lt;i&gt;&#171; Le mal vient de ce que les professeurs ne savent pas o&#249; ils vont, parce que les exercices n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;partis entre les quatre classes du premier cycle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discussion 2, in Conf&#233;rences du Mus&#233;e P&#233;dagogique, L'Enseignement du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;), insistent sur la progression grammaticale : &lt;i&gt;&#171; le plan d'&#233;tude de la langue a essentiellement pour objet de d&#233;terminer les parties du programme qui doivent &#234;tre &#233;tudi&#233;es dans chaque classe, de fa&#231;on &#224; &#233;viter toute omission qui serait d&#233;finitive, ou tout double emploi qui serait improductif. &#187;&lt;/i&gt;. Ils attirent &#233;galement l'attention sur la morphologie, ce qui indirectement signale des lacunes ; par exemple, le programme de 5e mentionne que &lt;i&gt;&#171; les formes verbales doivent &#234;tre sues imperturbablement &#187;&lt;/i&gt;. Mais &#224; cette date les horaires baissent d'une heure pour les &#171; modernes &#187; de B, 6 heures au lieu de 7, les latinistes conservant les 4 heures de &#171; cours communs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enseignement technique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de l'enseignement classique na&#238;t peu &#224; peu un enseignement professionnel. Lointainement issues des formations assur&#233;es sous l'Ancien R&#233;gime, au sein des corporations, par les ma&#238;tres-compagnons, les &#233;coles d'apprentissage commencent &#224; &#234;tre encadr&#233;es par l'&#201;tat apr&#232;s la guerre de 1870, et &#233;voluent, sur le mod&#232;le des &#233;coles primaires sup&#233;rieures, vers la formation de cadres ou de contrema&#238;tres. Ce seront les &#233;coles nationales professionnelles (ENP) fond&#233;es par Jules Ferry d&#232;s 1887 dans des villes industrielles de province, plus prestigieuses mais moins nombreuses que les &#201;coles Pratiques du Commerce et de l'Industrie (EPCI) cr&#233;&#233;es cinq ans plus tard par transformation des sections professionnelles des &#233;coles primaires sup&#233;rieures et g&#233;r&#233;es par le minist&#232;re &#233;ponyme. Charg&#233;es de former &#171; des employ&#233;s du commerce et des ouvriers aptes &#224; &#234;tre imm&#233;diatement utilisables &#187;, ces &#233;coles se d&#233;veloppent rapidement et leur nombre passe de 12 en 1892 &#224; 122 en 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs effectifs progressent vite, mais la formation initiale d'ouvriers au sein de l'&#233;cole n'existe pas vraiment. Sa mise au point est lente, passe par l'assistanat, les &#233;coles d'usines int&#233;gr&#233;es, des &#233;coles d'apprentissage, en restant longtemps dirig&#233;e par le minist&#232;re du Commerce et de l'Industrie qui en revendique la mainmise. En 1920, l'Instruction publique devient son minist&#232;re de tutelle et int&#232;gre cet enseignement technique. Parall&#232;lement &#224; partir de 1937 se cr&#233;ent les internats des Maisons Familiales Rurales, &#224; statut associatif, d&#233;di&#233;es &#224; l'enseignement agricole en alternance et pratiquant des m&#233;thodes actives, ult&#233;rieurement rattach&#233;es au minist&#232;re de l'Agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de l'enseignement technique se d&#233;veloppe particuli&#232;rement sous la pression du Front Populaire, dont le ministre Jean Zay, soucieux de d&#233;mocratisation, veut instituer un premier cycle pour tous en cr&#233;ant trois sections parall&#232;les &#8211; classique, moderne, technique &#8211; int&#233;gr&#233;es dans une &#171; &#233;cole unique &#187; inspir&#233;e du programme &#233;labor&#233; en 1919-1920 par les &#171; Compagnons de l'Universit&#233; Nouvelle &#187;. Voulant &#224; la fois pr&#233;server la fili&#232;re classique, r&#233;duire le ch&#244;mage des jeunes et renforcer le contr&#244;le de l'&#201;tat sur les classes populaires, le gouvernement de Vichy aide paradoxalement &#224; cette d&#233;mocratisation en restructurant l'enseignement technique. En 1940 sont cr&#233;&#233;s, sous la tutelle du Commissariat g&#233;n&#233;ral &#224; la Jeunesse, les Centres de Formation Professionnelle (CFP). Conserv&#233;s &#224; la Lib&#233;ration qui les rattache &#224; la Direction de l'Enseignement Technique, ils deviendront les Centres d'Apprentissage (CA), destin&#233;s aux jeunes sortis de l'obligation scolaire (14 ans) qu'ils pr&#233;parent en 3 ans au CAP. En 1959, la r&#233;forme Berthoin les transformera en Coll&#232;ges d'Enseignement Technique (CET), qui accueillent dans le m&#234;me but des &#233;l&#232;ves ayant &#224; la fin du cycle d'observation (6e-5e) fait le choix de la fili&#232;re technique courte, dans le cadre nouveau de la scolarit&#233; obligatoire jusqu'&#224; 16 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le fran&#231;ais, les instructions de ce premier cycle technique, dont 30 &#224; 50 % de la formation est g&#233;n&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des horaires de centre d'apprentissage figurent sur , et dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sont tr&#232;s proches de celles de premier cycle de lyc&#233;e de 1938, et rappellent celles de la cr&#233;ation de la section B en 1902. En 1947, en sus du programme grammatical, les prescriptions de lecture sont exigeantes : &#171; &lt;i&gt;Le programme des auteurs, tel qu'il a &#233;t&#233; &#233;tabli, correspond &#224; une double pr&#233;occupation : a) celle d'assurer aux &#233;l&#232;ves de nos Coll&#232;ges Techniques une culture litt&#233;raire qui les mette au contact des chefs-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature classique ; b) celle de les informer sur la vie professionnelle, sociale et &#233;conomique pour les pr&#233;parer &#224; y prendre leur place. [&#8230;] On fera donc appel, en m&#234;me temps qu'aux &#339;uvres litt&#233;raires, aux t&#233;moignages directs sur la civilisation mat&#233;rielle et morale pass&#233;e et pr&#233;sente.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour les centres d'apprentissage dont les programmes renvoient explicitement en 1948 &#171; aux programmes des Coll&#232;ges techniques (section commerciale.) &#187; Les prescriptions de lectures des sections sans latin (section B des lyc&#233;es, coll&#232;ges techniques, centres d'apprentissage) convergent : toutes font une place &#224; des traductions de litt&#233;rature antique et &#233;trang&#232;re et &#224; des textes de civilisation contemporaine. Il est clair que dans l'esprit des concepteurs leur &#171; modernit&#233; &#187; se construit contre les Humanit&#233;s, avec lesquelles semble se dessiner une &#233;mulation d'exigence qui marquera durablement le volet litt&#233;raire des fili&#232;res techniques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les professeurs devront r&#233;partir les divers exercices de langue fran&#231;aise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1961, peu avant leur suppression, l'esprit en est rest&#233; ambitieux : &#171; &lt;i&gt;des comparaisons, des rapprochements sont possibles pour &#233;clairer tel ou tel fait grammatical, pour parvenir, par un effort intelligent, &#224; une connaissance r&#233;fl&#233;chie de la langue&lt;/i&gt; &#187; ; en litt&#233;rature on pratique des &#171; &lt;i&gt;lectures dirig&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, donc l'&#233;tude d'&#339;uvres compl&#232;tes, et les m&#233;thodes sont actives, pr&#244;nant &#171; &lt;i&gt;l'exercice collectif&lt;/i&gt; &#187; de recherche des id&#233;es, et en 3e ann&#233;e les compositions fran&#231;aises, &#171; &lt;i&gt;r&#233;cit, analyse et r&#233;sum&#233;s d'&#339;uvres lues, discussion de pens&#233;es et de jugement&lt;/i&gt; &#187; suscitent la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2.2 Le second cycle. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second cycle en trois ann&#233;es tel que nous le connaissons date de 1874. Auparavant les &#233;tudes secondaires s'arr&#234;taient majoritairement avec la classe de rh&#233;torique (Premi&#232;re actuelle) apr&#232;s laquelle on pouvait passer directement le baccalaur&#233;at sans une classe Terminale que peu d'&#233;l&#232;ves suivaient. Le baccalaur&#233;at en deux parties r&#232;gle la question, et ce syst&#232;me durera jusqu'en 1965, avant de resurgir de fa&#231;on limit&#233;e avec la cr&#233;ation des &#233;preuves anticip&#233;es de fran&#231;ais en 1969, puis d'autres &#233;preuves anticip&#233;es de math&#233;matiques, de sciences ou sur dossier les ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au second cycle technique long, il se met progressivement en place de 1959 &#224; 1965, avec une structure identique &#224; celle des lyc&#233;es d'enseignement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les programmes d'auteurs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le tableau synoptique en annexe.&#034; id=&#034;nh6-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils restent longtemps, pendant presque un si&#232;cle, aussi stables et aussi classiques que les programmes du premier cycle. Le XVIIe si&#232;cle s'y taille la part du lion, ce qui cr&#233;e des programmes bien redondants depuis les petites classes. Les programmes de 1902 ne diff&#232;rent de ceux de 1880 qu'avec l'apparition des po&#232;tes du XVIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1902, les programmes de 2de et 1e, toutes sections confondues, sont quasiment identiques, &#171; &lt;i&gt;Morceaux choisis de prosateurs et de po&#232;tes des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187; ; la seule diff&#233;rence est l'apparition en 1e de Pascal, Diderot, Rousseau et Voltaire. Les historiens font partie du programme des deux ann&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Choix des principaux historiens du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;, compl&#233;t&#233;s en 1e par &#171; &lt;i&gt;des lectures sur la soci&#233;t&#233; du XVIIIe si&#232;cle extraites des m&#233;moires et de la correspondance&lt;/i&gt; &#187; ; l'&#233;preuve de composition fran&#231;aise au baccalaur&#233;at peut en effet porter sur &#171; &lt;i&gt;un sujet de litt&#233;rature ou d'histoire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, le programme n'a pas chang&#233;, en dehors de l'introduction notable du roman r&#233;cent : &#171; &lt;i&gt;Extraits des grands romanciers du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;. En po&#233;sie, Lamartine et Hugo sont rejoints par Vigny et Musset, ainsi que d'autres po&#232;tes de l'&#233;poque, non nomm&#233;s, sous forme d'&#171; &lt;i&gt;anthologie&lt;/i&gt; &#187;, et par des critiques, Taine, Sainte-Beuve, Renan, sous forme de &#171; &lt;i&gt;choix&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes seront reconduits en 1947 puis 1967, avec peu de changements. Toutefois on note l'apparition plus nette du roman et de la po&#233;sie du XIXe si&#232;cle : si le programme de 2de n'en comporte que des extraits choisis, celui de 3e prescrit une lecture suivie d'un roman de Balzac, ou Flaubert ou Hugo, et celui de 1e pr&#233;voit enfin &#171; &lt;i&gt;une grande &#339;uvre en vers&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;une grande &#339;uvre en prose&lt;/i&gt; &#187; du XIXe. Les programmes de l'enseignement technique long sont &#224; ce moment plus audacieux pour la 2e, o&#249; ils introduisent un roman de Stendhal sous forme de lecture suivie ou dirig&#233;e. &#192; cette date, ils ne font d'ailleurs gu&#232;re de diff&#233;rence avec l'enseignement g&#233;n&#233;ral : les &#171; techniques &#187; ont le m&#234;me programme et le m&#234;me horaire (3 heures) que les sections B, C et D du lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral. Les textes recommandent pour eux, en 2de, une heure sp&#233;cifique hebdomadaire de &#171; composition fran&#231;aise et exercices pratiques &#187;, proche de l'attention port&#233;e par les &#171; cours sp&#233;ciaux &#187; aux B de 1902.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude du XXe si&#232;cle n'interviendra que plus tard, avec l'instauration, en 1965, d'une heure sp&#233;cifique d' &#171; &lt;i&gt;initiation &#224; la litt&#233;rature du XXe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;, dont le contenu est laiss&#233; &#224; l'appr&#233;ciation du professeur, en Terminale litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le changement le plus notable de cette apr&#232;s-guerre tient &#224; la m&#233;thode : la prescription, pour la premi&#232;re fois, de l'&#233;tude d'une &#339;uvre compl&#232;te d'un auteur au lieu de morceaux choisis : pi&#232;ces de Moli&#232;re, Corneille, Racine, Lettres Persanes, contes de Voltaire... C'est la victoire, un si&#232;cle apr&#232;s, de l'&#233;volution d'une r&#233;flexion sur la nature et l'enseignement du fran&#231;ais commenc&#233;e dans les ann&#233;es 1870.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2.3. Les m&#233;thodes : des p&#233;dagogies nouvelles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les contenus restent relativement stables, l'enseignement du fran&#231;ais conna&#238;t en effet &#224; trente ans d'intervalle, au d&#233;but du XXe si&#232;cle puis avant la Seconde guerre mondiale, des r&#233;novations p&#233;dagogiques capitales qui modifient l'abord de ces contenus. Elles sont le fruit de la r&#233;flexion disciplinaire sur la langue et la litt&#233;rature, et le proc&#232;s des m&#233;thodes mim&#233;tiques ant&#233;rieures. Leur retentissement sur les programmes et les instructions n'est pas termin&#233; &#224; l'heure actuelle, et &#233;clairent bien des d&#233;bats r&#233;cents et r&#233;currents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La rupture avec le formalisme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec le latin s'accompagne d'une profonde r&#233;volution p&#233;dagogique qui donne lieu &#224; un d&#233;bat vif et des oppositions tenaces. D&#232;s 1870, en fran&#231;ais comme en latin, les m&#233;thodes pr&#233;conis&#233;es rompent avec la glose ant&#233;rieure, ou le discours (exercice de rh&#233;torique visant &#224; faire parler noblement de grands personnages). Le ministre Jules Simon affirme la n&#233;cessit&#233; de faire place plus large &#224; l'&#233;tude des &#339;uvres compl&#232;tes au lieu de commentaires (&#171; &lt;i&gt;il faut &#233;tudier une litt&#233;rature dans ses chefs-d'&#339;uvre&lt;/i&gt; &#187;), &#224; leur &#233;lucidation au lieu d'exercices vides et formalistes : les explications de textes fran&#231;ais n'&#233;taient auparavant que des mod&#232;les pour l'art d'&#233;crire, ou le pr&#233;texte &#224; formation morale. On veut maintenant que &#171; &lt;i&gt;les grands auteurs [...] (soient) &#233;tudi&#233;s en eux-m&#234;mes, pour eux-m&#234;mes et dans leurs &#339;uvres m&#234;mes, non &#224; travers les &#339;uvres des critiques&lt;/i&gt; &#187;, en &#233;liminant toute glose pointilliste ou morale, et en ne s&#233;parant pas la forme du fond&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. M. A. Cahen, L'explication fran&#231;aise, in Conf&#233;rences du Mus&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les instructions de 1880 et 1890, insistant sur le contact direct avec les textes, sont pr&#233;cis&#233;es en 1911 : &#171; &lt;i&gt;Choisir un texte int&#233;ressant, d'&#233;tendue mesur&#233;e, qui forme, cependant, un tout ; et dans ce tout, choisir une s&#233;rie de remarques (...) dirig&#233;es dans le m&#234;me sens ; faire valoir les difficult&#233;s et, apr&#232;s discussion, les r&#233;soudre ; &#233;viter la digression qui fait perdre de vue le texte, la paraphrase qui l'&#233;nerve, les divisions faussement m&#233;thodiques qui, d'une page vivante, font une st&#233;rile anatomie&lt;/i&gt; &#187;, dans l'esprit de Gustave Lanson d&#233;non&#231;ant en 1901 le p&#233;ril de la scl&#233;rose qui guette sans cesse, l'introduction novatrice de l'histoire litt&#233;raire ayant &#233;t&#233; l'occasion d'apprentissages dess&#233;chants : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;tude des litt&#233;ratures se fera par les textes. L'histoire litt&#233;raire, chose d'enseignement sup&#233;rieur, est, dans l'enseignement secondaire un fl&#233;au... Pr&#233;c&#233;dant la lecture (...) des textes, le cours d'histoire litt&#233;raire est une &#233;cole de psittacisme.&lt;/i&gt; &#187; L'explication litt&#233;raire doit &#234;tre adapt&#233;e aux capacit&#233;s des &#233;l&#232;ves : &#171; &lt;i&gt;lecture expliqu&#233;e&lt;/i&gt; &#187; rigoureuse mais modeste en premier cycle, &#171; &lt;i&gt;explication fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187; dans le second, et exige la rigueur : ce n'est pas &#171; &lt;i&gt;une causerie &#224; propos d'un texte, (elle) se propose un objet pr&#233;cis et l'atteint par une m&#233;thode positive&lt;/i&gt; &#187; ; elle forme &#233;galement l'esprit &#224; &#171; &lt;i&gt;un imp&#233;rieux devoir d'exactitude qu'il faut appeler, de son vrai nom, la probit&#233; intellectuelle&lt;/i&gt;. &#187; Quant aux pratiques, une circulaire pr&#233;cise de quinze paragraphes fixe en 1880 une p&#233;dagogie dynamique. Elle pr&#233;conise les m&#233;thodes actives, sollicitant la participation des &#233;l&#232;ves et le travail collectif de recherche d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La red&#233;finition des exercices d'&#233;criture.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux m&#233;thodes objectives, marqu&#233;es le positivisme affich&#233; par Lanson, le recours en expression &#233;crite &#224; la r&#233;flexion, plut&#244;t que l'imitation, la rh&#233;torique de fiction ou la compilation convenue qui avaient pr&#233;valu jusque l&#224;, est pr&#233;conis&#233; d&#232;s 1880 : &#171; &lt;i&gt;Les compositions fran&#231;aises, distribu&#233;es et gradu&#233;es dans les diverses classes, ne seront plus uniquement des narrations, des discours ou des lettres. Tous les sujets propres &#224; entretenir l'habitude de la r&#233;flexion, &#224; former le go&#251;t, &#224; fortifier le jugement, seront utilement employ&#233;s aux exercices de la classe [...] On &#233;vitera l'abus des mati&#232;res qui favorisent trop les amplifications st&#233;riles, et on habituera l'&#233;l&#232;ve &#224; trouver les principales id&#233;es de ses compositions&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;ritable r&#233;volution, rempla&#231;ant la reproduction d'un mod&#232;le ext&#233;rieur par l'exercice d'une r&#233;flexion personnelle, mettra longtemps &#224; faire son chemin : en 1909, trente ans apr&#232;s, il faut encore insister pour obtenir une r&#233;novation des pratiques. Le programme &#233;largi et l'&#233;tude directe des &#339;uvres n'ont pas &#233;largi les esprits : &#171; &lt;i&gt;Il me semble que l'on s'est surtout pr&#233;occup&#233; de la forme des &#339;uvres, [...] que l'on a discut&#233; surtout sur les id&#233;es litt&#233;raires des &#233;coles qui ont produit les &#339;uvres, que l'on a cherch&#233; beaucoup dans les textes de quelle th&#233;orie, de quelle doctrine litt&#233;raire ces textes &#233;taient les repr&#233;sentants. [...] Que produisent les fantaisies, les subtilit&#233;s, les paradoxes, transport&#233;s de la th&#233;orie litt&#233;raire dans l'enseignement ? Quelque chose d'odieux et de ridicule.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gustave Lanson, La crise des m&#233;thodes, ibidem&#034; id=&#034;nh6-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Lanson recherche au contraire des exercices objectifs de composition fran&#231;aise : &#171; &lt;i&gt; Il faut habituer (les &#233;l&#232;ves) &#224; faire un bon rapport, un bon expos&#233;, dans un style exact, clair et suivi, sans autres qualit&#233;s litt&#233;raires que l'ordre et la justesse ; apprenons-leur &#224; user du fran&#231;ais proprement, &#224; rassembler quelques faits pr&#233;cis, quelques donn&#233;es s&#251;res, &#224; les classer, les comparer, &#224; en tirer des inductions et des cons&#233;quences raisonnables.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibidem&#034; id=&#034;nh6-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e et dans des termes voisins, au lieu des exercices st&#233;riles de psittacisme litt&#233;raire, Gustave Rudler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Rudler, La Composition fran&#231;aise, in Conf&#233;rences du Mus&#233;e P&#233;dagogique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;conise la dissertation, apparue dans le secondaire dans les ann&#233;es 1870-1880 pour constituer l'&#233;preuve de fran&#231;ais du baccalaur&#233;at&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Chervel, &#034;Le baccalaur&#233;at et les d&#233;buts de la dissertation litt&#233;raire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;Un entra&#238;nement intense &#224; l'art de penser, et de penser juste, c'est-&#224;-dire sur des faits bien &#233;lucid&#233;s.[...] Je repr&#233;sentai (aux &#233;l&#232;ves) qu'une dissertation &#233;tait un th&#233;or&#232;me, que je leur en donnais l'&#233;nonc&#233;, et qu'ils avaient &#224; m'en fournir la d&#233;monstration, qu'ils voulussent bien instituer, varier, retourner etc., l'exp&#233;rience, comme en physique . [...] Ils comprirent vite ce langage et firent des progr&#232;s merveilleux [...] Je conclus de l&#224; que nous aurions tort de nous montrer sceptiques sur l'intelligence de nos &#233;l&#232;ves. Nous pouvons attendre et obtenir beaucoup d'eux, pourvu que nous leur apportions une m&#233;thode.&lt;/i&gt; &#187; &#187; Cet esprit s'affirme &#224; nouveau dans les programmes de 1925, avec l'apparition d'une initiation &#224; l'argumentation d&#232;s la 3e : &#171; encha&#238;nement des id&#233;es &#187;, &#171; plan simple et logique &#187;, et est r&#233;it&#233;r&#233; dans les instructions de 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La m&#233;thode exp&#233;rimentale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, l'&#233;tude de la langue veut &#233;viter le formalisme. En 1902, pas de progression prescrite, mais une m&#233;thode exp&#233;rimentale : &#171; les r&#232;gles seront enseign&#233;es surtout par l'usage &#187;. De la 4e &#224; la 2de revient la m&#234;me formule : &#171; &lt;i&gt;Le professeur donnera, &#224; l'occasion de l'&#233;tude des textes, les notions de grammaire historique qui para&#238;tront n&#233;cessaires. Ces notions ne seront pas la mati&#232;re d'un cours suivi et se donneront seulement dans la mesure o&#249; elles peuvent rendre plus intelligible l'usage actuel de la langue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet &#233;tat d'esprit a rencontr&#233; ses limites : les textes de 1925 et 1938 en t&#233;moignent puisqu'ils reviennent &#224; des prescriptions rigoureuses (cf supra), et, comme pour le primaire en 1923, fixent des progressions et des horaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La primaut&#233; de la formation de l'esprit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de 1938 de Jean Zay, issus du Front Populaire, d&#233;veloppent longuement leurs objectifs et leurs m&#233;thodes pour le secondaire. Marqu&#233;s par un esprit nouveau soucieux de l'&#233;panouissement de l'enfant, ils sont cependant dans la ligne des textes de 1902 et 1909 visant l'exercice de l'intelligence plus que l'&#233;rudition. Ils pr&#244;nent le d&#233;veloppement d'un &#171; &lt;i&gt;esprit non sans lacunes [...], mais sans f&#234;lures&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Ce qui donne &#224; l'enseignement du second degr&#233; son caract&#232;re original, [...] c'est qu'il vise &#224; former l'esprit des enfants et &#224; leur donner une culture g&#233;n&#233;rale. [...] Son r&#244;le est moins de les pourvoir d'un bagage de connaissances utiles que de favoriser le libre et complet d&#233;veloppement de leurs facult&#233;s [...]. C'est par cet objet et non seulement par son contenu que doit se d&#233;finir un enseignement humaniste.&lt;/i&gt; &#187; Cet objectif passe par des m&#233;thodes actives dues au d&#233;veloppement, &#224; l'&#233;poque, des mouvements d'&#233;ducation nouvelle : l'exercice du jugement personnel, le questionnement, l'appui sur la r&#233;alit&#233; et l'exp&#233;rience de l'&#233;l&#232;ve, l'entra&#238;nement de la m&#233;moire, les exercices d'application et le sens de l'effort. Mais cette participation des &#233;l&#232;ves n'entra&#238;ne pas une r&#233;duction du savoir ni des ambitions : &#171; &lt;i&gt;ils devront &#234;tre capables d'exprimer [...] par la parole et la plume, tout ce qu'ils auront &#224; dire, sans rester en-de&#231;&#224; et sans aller au-del&#224; de leur pens&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;ils auront besoin de conna&#238;tre et de comprendre le monde o&#249; ils seront appel&#233;s &#224; vivre, et pour cela de savoir ce qu'il a &#233;t&#233;, ce qu'il est devenu et comme il va.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une r&#233;flexion didactique : l'enseignement du fran&#231;ais : une pratique ou une po&#233;tique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructions pour le secondaire de 1938 semblent annoncer les d&#233;bats des ann&#233;es 1970. Elles distinguent et d&#233;finissent soigneusement le p&#233;rim&#232;tre de deux pistes : celle de l'exercice, indispensable &#224; une expression ais&#233;e, et celle de la th&#233;orie de la langue qui vise la formation de l'esprit et la conscience de la culture : &#171; on n'enseigne pas la langue fran&#231;aise &#224; un enfant en le faisant r&#233;fl&#233;chir sur la th&#233;orie de cette langue &#187; Elles insistent donc sur la pratique premi&#232;re, pr&#233;conisent de s'appuyer sur les premiers savoirs linguistiques de l'enfant pour les d&#233;velopper et lui faire distinguer cet outil vernaculaire de la langue commune, de la langue soutenue et de la langue litt&#233;raire &#8211; futurs &#171; registres de langue &#187; des ann&#233;es 70... Elles se demandent quelle langue, quelle grammaire enseigner, indiquent quels m&#233;canismes faire acqu&#233;rir (la conjugaison), et ouvrent nombre de pistes pratiques non sans &#233;valuer l'efficacit&#233; et le bien-fond&#233; de chacune : leurs r&#233;flexions sur le recours &#224; la dict&#233;e ont une pertinence toujours actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/enseignement-du-francais1-4967b.png?1790692831' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/enseignement-du-francais2-9c06d.png?1790692831' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/enseignement-du-francais3-cdabd.png?1790692831' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/enseignement-du-francais4-26c42.png?1790692831' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/enseignement-du-francais5-b76eb.png?1790692831' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/enseignement-du-francais6-efa6e.png?1790692831' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'&#233;l&#233;vation du niveau de formation de la population fran&#231;aise depuis un demi-si&#232;cle, l'importante proportion d'&#233;l&#232;ves qui obtiennent maintenant le baccalaur&#233;at et peuvent effectuer des &#233;tudes sup&#233;rieures, comme l'existence de secteurs performants dans notre &#201;ducation nationale ne doivent pas masquer des dysfonctionnements majeurs, surtout en ce qui concerne l'&#201;cole obligatoire&lt;/i&gt;. (Rapport 2012 du HCE)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nathalie Bulle, dans &lt;i&gt;L'&#201;cole et son double&lt;/i&gt; (Hermann, 2009, p. 211 et sq.) montre que les comparaisons ant&#233;rieures sur un si&#232;cle (entre 1877 et 1987), excluant de fait les filles, sont biais&#233;es par la diff&#233;rence des syst&#232;mes &#233;ducatifs. Samuel Huet (&lt;a href=&#034;http://www.samuelhuet.com/paid/44-polemos/277-sur-la-baisse-de-niveau1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.samuelhuet.com/paid/44-polemos/277-sur-la-baisse-de-niveau1.html&lt;/a&gt;) fait de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Note 08-38 de la DEPP, d&#233;cembre 2008. &lt;i&gt;Orthographe : le niveau des &#233;coliers en chute&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 3 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le niveau scolaire baisse, cette fois c'est vrai&lt;/i&gt;, Antoine Prost, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 21 f&#233;vrier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'illettrisme des cadres : un ph&#233;nom&#232;ne m&#233;connu et tabou&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 16 f&#233;vrier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Loi d'orientation sur l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, Rapport annex&#233; (BO 4, 31 ao&#251;t 1989).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Antoine Prost, &lt;i&gt;L'Enseignement en France, 1800-1967&lt;/i&gt;, Armand Colin (1968).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Apprentissage de la lecture, m&#233;thodes et manuels&lt;/i&gt;, Tome 1,p. 71-74, Luc Maisonneuve, L'Harmattan&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/io1945.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/io1945.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soulign&#233; dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1880, le latin occupait 10 des 24 heures de cours des gar&#231;ons &#233;l&#232;ves de 6e (&lt;i&gt;Le latin ou l'empire d'un signe&lt;/i&gt;, Fran&#231;oise Waquet, Albin Michel 1998).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mareuil Andr&#233;, &#034;Les programmes de fran&#231;ais dans l'enseignement du second degr&#233; depuis un si&#232;cle (1872-1967)&#034;, in &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie&lt;/i&gt;, Volume 7 N&#176;1, 1969, pp. 31-45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Discussion 2, in Conf&#233;rences du Mus&#233;e P&#233;dagogique, &lt;i&gt;L'Enseignement du Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Imprimerie Nationale (1909)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des horaires de centre d'apprentissage figurent sur &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.ac-nice.fr/lyceeeucalyptus/lgt/index.php/lelycee/visitevirtuelle/itemphotos/44-avant-les-qekq-le-centre-lamarque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ac-nice.fr/lyceeeucalyptus/lgt/index.php/lelycee/visitevirtuelle/itemphotos/44-avant-les-qekq-le-centre-lamarque&lt;/a&gt;, &lt;br class='autobr' /&gt;
et dans les programmes de 1947, les apprentis re&#231;oivent 13 heures de cours g&#233;n&#233;raux pour 15 heures d'enseignement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt; Les professeurs devront r&#233;partir les divers exercices de langue fran&#231;aise de telle mani&#232;re que les cours sp&#233;ciaux &#224; B comportent des exercices de haute valeur &#233;ducative et constituent un enseignement de compensation du latin&lt;/i&gt; &#187; (Horaires, programmes et instructions de 1925)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le tableau synoptique en annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. M. A. Cahen, &lt;i&gt;L'explication fran&#231;aise&lt;/i&gt;, in Conf&#233;rences du Mus&#233;e P&#233;dagogique, &lt;i&gt;L'Enseignement du Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Imprimerie Nationale (1909)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gustave Lanson, &lt;i&gt;La crise des m&#233;thodes&lt;/i&gt;, ibidem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibidem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Rudler, &lt;i&gt;La Composition fran&#231;aise&lt;/i&gt;, in Conf&#233;rences du Mus&#233;e P&#233;dagogique, &lt;i&gt;L'Enseignement du Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Imprimerie Nationale (1909)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Chervel, &#034;Le baccalaur&#233;at et les d&#233;buts de la dissertation litt&#233;raire (1874-1881)&#034;, &lt;i&gt;Histoire de l'&#201;ducation&lt;/i&gt;, n&#176; 94, mai 2002, INRP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les programmes de fran&#231;ais : de la stabilit&#233; au soup&#231;on. 2 - Le tournant des ann&#233;es 1970</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article178</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article178</guid>
		<dc:date>2014-03-26T10:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode fait conna&#238;tre &#224; l'enseignement du fran&#231;ais une mutation profonde amorc&#233;e d&#232;s le d&#233;but de la Ve R&#233;publique. Les modifications structurelles radicales du second degr&#233; &#224; partir de 1959 rencontrent et acc&#233;l&#232;rent un renouvellement de la r&#233;flexion didactique accompagn&#233; de vifs d&#233;bats, au sein d'une &#233;volution id&#233;ologique et sociologique o&#249; se d&#233;veloppent des pr&#233;occupations &#233;galitaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
I.	La cr&#233;ation d'un premier cycle unifi&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la fusion des &#233;coles primaires sup&#233;rieures dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH104/arton178-6c5e1.png?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette p&#233;riode fait conna&#238;tre &#224; l'enseignement du fran&#231;ais une mutation profonde amorc&#233;e d&#232;s le d&#233;but de la Ve R&#233;publique. Les modifications structurelles radicales du second degr&#233; &#224; partir de 1959 rencontrent et acc&#233;l&#232;rent un renouvellement de la r&#233;flexion didactique accompagn&#233; de vifs d&#233;bats, au sein d'une &#233;volution id&#233;ologique et sociologique o&#249; se d&#233;veloppent des pr&#233;occupations &#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I.	La cr&#233;ation d'un premier cycle unifi&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la fusion des &#233;coles primaires sup&#233;rieures dans le syst&#232;me secondaire, abord&#233;e par Jean Zay en 1938 et parachev&#233;e involontairement par Vichy en 1941, avec le d&#233;veloppement de la scolarisation par l'essor des cours compl&#233;mentaires et professionnels dans les ann&#233;es 1950 qui constitue une v&#233;ritable d&#233;mocratisation, la demande sociale d'un enseignement secondaire pour tous les &#233;l&#232;ves, et d'une plus grande &#233;galit&#233;, faisait son chemin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Antoine Prost, Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation, IV &#8211; depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un volontarisme politique issu de l'esprit de la Lib&#233;ration, et d&#233;j&#224; inscrit dans le plan Langevin-Wallon de 1947, l'accompagne : le directeur de l'enseignement du second degr&#233; au minist&#232;re, Gustave Monod, &#233;crit dans les Cahiers p&#233;dagogiques de janvier 1950 : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a plus, parmi les enfants dont nous avons la charge, de client&#232;le pr&#233;destin&#233;e. Il faut ob&#233;ir sans r&#233;ticence, sans arri&#232;re-pens&#233;e, &#224; l'exigence de justice qui veut qu'&#224; tous les petits Fran&#231;ais soient offertes des conditions &#233;gales de formation humaine et de d&#233;veloppement personnel.&lt;/i&gt; &#187; A cette fin, il met en place des organismes d'information des professeurs comme le Centre international d'&#233;tudes p&#233;dagogiques, &#224; S&#232;vres, et la formation des enseignants sera codifi&#233;e par la cr&#233;ation en 1952 des &lt;i&gt;Centres p&#233;dagogiques r&#233;gionaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1959 la r&#233;forme Berthoin r&#233;pond &#224; ces &#233;volutions, satisfaisant aussi aux n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques et politiques d'&#233;l&#233;vation de l'instruction, et ent&#233;rinant une p&#233;riode de scolarisation massive ; elle prolonge la scolarit&#233; obligatoire jusqu'&#224; seize ans et ouvre un &#171; cycle d'observation &#187; de deux ans en CEG (coll&#232;ge d'enseignement g&#233;n&#233;ral) qui remplace peu &#224; peu le cours sup&#233;rieur du primaire ; elle est compl&#233;t&#233;e par les r&#233;formes Fouchet de 1963 et 1966 o&#249; les CEG, les cours compl&#233;mentaires et les premiers cycles de lyc&#233;e sont fondus dans la cr&#233;ation de CES (coll&#232;ges d'enseignement secondaire) de la 6e &#224; la 3e, comportant en leur sein des fili&#232;res reproduisant jusqu'en 1975 les structures qu'ils ont absorb&#233;es : enseignements de type lyc&#233;e, ou conduisant soit vers l'enseignement court, soit vers l'enseignement technique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L266xH168/Image_37-0bcef.png?1790689104' width='266' height='168' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II.	L'onde de choc du premier cycle unifi&#233; sur l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ricochet, cette r&#233;forme du premier cycle fait d&#233;finitivement changer de nature l'&#233;cole primaire : d'enseignement terminal, elle devient la prop&#233;deutique d'un enseignement plus long. C'est le d&#233;but d'un choc didactique majeur, et d'une querelle d'ampleur in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
a)	En effet, les manques du primaire ne peuvent plus &#234;tre &#233;lud&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructions de 1950 reprenant celles de 1938 constataient d&#233;j&#224; que &#171; &lt;i&gt;la &#8220;lecture courante&#8221; n'est pas encore compl&#232;tement acquise &#224; dix ans par la moyenne des &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt; &#187;, celles de 1960 accompagnant la r&#233;forme Berthoin ne s'en satisfont plus : &#171; &lt;i&gt;On est en droit d'attendre des enfants de 10 &#224; 12 ans d'intelligence normale qu'ils ne tr&#233;buchent pas &#224; tout instant en d&#233;chiffrant un texte simple, qu'ils connaissent les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de la conjugaison, qu'ils sachent accorder un verbe avec son sujet, m&#234;me si ce dernier ne se trouve pas &#224; sa place habituelle, qu'ils s'expriment correctement oralement ou par &#233;crit, qu'ils soient capables d'ordonner leurs id&#233;es dans un petit paragraphe&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B0 29 du 27 octobre 1960, &#224; propos du Cycle d'observation, et Instructions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et demandent le renforcement des exigences du primaire et des automatismes, car la classe de 6e va passer au stade de la r&#233;flexion : &#171; &lt;i&gt;Passer de la phase de la pratique empirique de la langue &#224; la phase de la pratique raisonn&#233;e, d'autre part, en ce qui concerne les textes, (...) passer de la compr&#233;hension globale &#224; la compr&#233;hension analytique, enfin, (...) prendre conscience, d'une fa&#231;on sans doute encore confuse, des relations qui existent entre le fond et la forme. Mais il faut que ces exercices soient d&#233;finitivement d&#233;pouill&#233;s de tout leur appareil m&#233;canique (l'application automatique de certains proc&#233;d&#233;s rendant inutile tout effort de r&#233;flexion)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme du coll&#232;ge va donc conduire &#224; rechercher une plus grande efficacit&#233; des apprentissages &#233;l&#233;mentaires, &#224; la fois facilit&#233;e et exig&#233;e par une dialectique : maintenant ouverte sur le secondaire, l'&#233;cole primaire se voit en retour, pour la premi&#232;re fois, travers&#233;e par la recherche universitaire qui forme les professeurs de lyc&#233;e, et remise en cause dans ses pratiques traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b)	La &#171; querelle du fran&#231;ais &#187; : linguistique vs tradition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant pas une r&#233;novation, mais un renforcement des pratiques ant&#233;rieures (apprentissage grammatical classique et m&#233;morisation), assorti d'une extension des horaires disciplinaires, qui est pr&#244;n&#233; dans un premier temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. note 2.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais parall&#232;lement, l'h&#233;g&#233;monie de la grammaire, au d&#233;triment de la compr&#233;hension, est d&#233;nonc&#233;e par un rapport de la commission Gal de l'IPN (Institut p&#233;dagogique national) dont la r&#233;flexion influenc&#233;e par les mouvements d'&#233;ducation nouvelle aboutit &#224; la n&#233;cessit&#233; d'autres m&#233;thodes et d'autres contenus, fond&#233;s sur &#171; l'activit&#233; intelligente des &#233;l&#232;ves &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bishop Marie-France, &#034;Une r&#233;forme complexe et pol&#233;mique : la r&#233;novation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors se fait jour une autre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ancien inspecteur d'acad&#233;mie familier du terrain, Marcel Rouchette, est charg&#233; de cet aggiornamento du fran&#231;ais en primaire &#224; partir de 1963. Son rapport, &#171; &lt;i&gt;Projet d'Instructions&lt;/i&gt; &#187;, est termin&#233; en 1966, et exp&#233;riment&#233; dans des classes, avec la participation de chercheurs et d'universitaires ainsi que de professeurs d'&#233;coles normales, pendant quatre ans. Il donne lieu au &#171; &lt;i&gt;plan de r&#233;novation du fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; achev&#233; fin 1969 et avalis&#233; par une commission pr&#233;sid&#233;e par l'acad&#233;micien Pierre Emmanuel, dont le ministre Olivier Guichard accepta les conclusions. Le plan de r&#233;novation &#233;tait anim&#233; par une double perspective : tenir compte des travaux d&#233;j&#224; anciens de la linguistique, consid&#233;rant la langue comme un outil variable en fonction des situations de communication, et les utiliser pour une v&#233;ritable d&#233;mocratisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La lettre de mission de Pierre Emmanuel est claire &#224; cet &#233;gard : &#171; En ce qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, partant du langage oral fautif ou limit&#233; d'&#233;l&#232;ves d&#233;favoris&#233;s pour les conduire par l'observation et l'induction &#224; la &#171; &lt;i&gt;langue adulte &#233;labor&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et &#224; &#171; &lt;i&gt;la langue des textes d'auteurs&lt;/i&gt; &#187;. Ce n'est donc plus une langue normative qu'on inculquerait de l'ext&#233;rieur aux &#233;l&#232;ves, mais c'est une langue en situation, et expliqu&#233;e par le ma&#238;tre &#224; partir de son fonctionnement, qu'ils auraient &#224; observer, manipuler et absorber. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;flexion et cette r&#233;novation d&#233;cha&#238;nent des passions dans la presse, l'opinion publique et surtout l'universit&#233; plus que chez les enseignants concern&#233;s. Le minist&#232;re ne publie pas le plan qu'il avait accept&#233;, et ne s'y r&#233;sout en 1971, apr&#232;s l'avoir &#233;dulcor&#233;, que parce qu'il a &#233;t&#233; diffus&#233; officieusement. Pourtant ce plan reprenait, en les r&#233;novant &#224; la lueur du d&#233;veloppement de la linguistique, nombre des instructions de 1923 et 1938 pour le primaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Annexe 2 : Tableau comparatif des instructions de 1923 et 1938 avec les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui d&#233;j&#224; s'attachaient &#224; d&#233;courager les m&#233;thodes fautives ou erron&#233;es, et s'appuyaient sur les exigences didactiques de la mati&#232;re et sur la psychologie des enfants, mieux connue par les mouvements contemporains d'&#233;ducation nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructions tr&#232;s d&#233;taill&#233;es de la m&#234;me date (1938) pour le secondaire liaient d&#233;j&#224; elles aussi la langue &#224; ses utilisateurs et &#224; ses r&#233;cepteurs, et distinguaient les niveaux de l'expression li&#233;s &#224; la situation d'&#233;nonciation : apr&#232;s la langue premi&#232;re, spontan&#233;e, du milieu d'origine, l'&#233;l&#232;ve devait acc&#233;der &#171; &lt;i&gt;par une m&#233;thode inductive&lt;/i&gt; &#187; &#224; &#171; &lt;i&gt;la langue fran&#231;aise commune&lt;/i&gt; &#187;, puis &#171; &lt;i&gt;la langue dont il devra se servir quand il traitera des sujets s&#233;rieux dans la conversation, quand il s'adressera, non plus &#224; un interlocuteur individuel mais &#224; un auditoire ou quand il voudra s'exprimer la plume &#224; la main, langue plus surveill&#233;e, moins spontan&#233;e et moins vivante que celle des conversations famili&#232;res ; cette langue, m&#234;me lorsqu'elle est orale, est la parole d'une langue &#233;crite&lt;/i&gt;. &#187; Elles citaient &#233;galement la toute nouvelle stylistique linguistique de Charles Bally&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Linguiste suisse (1865-1947) disciple de F. de Saussure.&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;La propri&#233;t&#233; du langage, la puret&#233; de l'expression ne s'acqui&#232;rent pas avant tout au contact de la langue du pass&#233;, mais par l'&#233;tude intelligente de la langue d'aujourd'hui, dans ses manifestations les plus vivantes, les plus voisines de la pens&#233;e spontan&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;, et pr&#244;naient la p&#233;dagogie de la langue par la pratique de l'oral : &#171; &lt;i&gt;pour leur [les &#233;l&#232;ves]graver une r&#232;gle dans l'esprit, il est presque indispensable de l'appuyer sur les r&#232;gles r&#233;elles du langage oral.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c)	Un combat politique et non didactique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lev&#233;e de boucliers fin 1970, notamment de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise et d'associations conservatrices&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une synth&#232;se du conflit et de ses protagonistes, voir Les dix ans qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne s'explique donc que par la m&#233;connaissance des textes officiels qui r&#233;gissaient depuis trente ans le primaire et le premier cycle, et surtout par une opposition politique : il s'agit moins, pour les d&#233;tracteurs du plan de r&#233;novation, de r&#233;fl&#233;chir sur l'enseignement du fran&#231;ais que de consid&#233;rer le statu quo de la langue comme un facteur d'ordre essentiel par le maintien de la tradition, notamment celle de la dict&#233;e non pr&#233;par&#233;e, pourtant mythique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les instructions de 1923 entendaient supprimer les dict&#233;es au C.P. et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils y voient donc l'intrusion de l'esprit libertaire de 1968 jusque dans les d&#233;tails de l'enseignement aux enfants dont ils craignent l'endoctrinement. C'&#233;tait ne pas avoir lu les instructions ant&#233;rieures de trente ans, qui revendiquaient un &#171; &lt;i&gt;esprit lib&#233;ral&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;PAS DE M&#201;THODE D'AUTORIT&#201;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En majuscules dans le texte (Instructions du 30 septembre 1938)&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;La m&#233;thode d'autorit&#233; est absolument &#233;trang&#232;re &#224; cet enseignement. Les ma&#238;tres habituent les &#233;l&#232;ves &#224; voir de leurs yeux et &#224; penser de leur chef, puis &#224; dire librement et sinc&#232;rement ce qu'ils auront vu ou pens&#233;, &#224; ne s'incliner devant l'autorit&#233; d'aucun ma&#238;tre, pas m&#234;me le leur, et &#224; ne rendre les armes qu'&#224; l'&#233;vidence.&lt;/i&gt; &#187; C'&#233;tait m&#234;me ne pas conna&#238;tre les instructions pour la 6e datant de deux ans auparavant, qui n'avaient pas entra&#238;n&#233; de r&#233;action : elles pr&#244;nent comme dans le plan de r&#233;novation la vertu de l'oral : &#171; &lt;i&gt; Le dialogue est la m&#233;thode fondamentale de l'enseignement du second degr&#233;, l'instrument essentiel de sa p&#233;dagogie. [...] Le ma&#238;tre aussi sait &#233;couter. Il ne se h&#226;te pas de reprendre la parole, il laisse se d&#233;velopper les &#233;changes pour en saisir la part de v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 19 septembre 1968, Instructions compl&#233;mentaires pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un v&#233;ritable d&#233;bat sur le fran&#231;ais n'aura donc pas lieu, car il ne s'agit pas d'une bataille d'experts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1882 d&#233;j&#224;, les instructions recommandaient en CE des dict&#233;es &#171; gradu&#233;es &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans les ann&#233;es 1870-1880 et au d&#233;but du XXe au contraire, l'&#233;volution s'&#233;tait b&#226;tie sur des &#233;changes ou des diff&#233;rends disciplinaires et p&#233;dagogiques tournant autour de la nature d'un enseignement du fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les notes 13 &#224; 16 dans la premi&#232;re partie de ce travail.&#034; id=&#034;nh7-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la didactique l'avait emport&#233; sur le politique. Ainsi que l'ont analys&#233; plus tard des sociologues, &#171; &lt;i&gt;l'id&#233;e d'une p&#233;dagogie rationnelle possible, que l'on pourrait d&#233;finir &#224; partir d'exp&#233;riences rigoureuses, suscitait un consensus assez large. 1968 transforme l'enjeu p&#233;dagogique en enjeu politique [...] On est rentr&#233; dans une tout autre p&#233;riode, o&#249; la r&#233;forme p&#233;dagogique ne peut plus r&#234;ver d'&#234;tre l'aboutissement d'une d&#233;marche pragmatique rigoureuse, mais devient un combat.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;JM Chapoulie et alii, Sociologues et sociologies &#8211; La France des ann&#233;es 60, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Deux conceptions de l'&#233;l&#232;ve, deux conceptions de l'&#233;cole, deux conceptions de la d&#233;mocratisation (mot apparu avec le plan Langevin-Wallon), s'affrontent d&#233;sormais de fa&#231;on irr&#233;ductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition s'explique aussi, sans doute, parce que les instructions lib&#233;rales de 1938 n'avaient pas ou peu &#233;t&#233; comprises ou appliqu&#233;es dans les &#233;coles primaires, et que subsistait dans les classes la force des habitudes, comme le montrent la persistance, dans les instructions, des rappels &#224; l'ordre des prescriptions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La circulaire du 4 d&#233;cembre 1972 le r&#233;p&#232;te &#224; propos de la grammaire : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des regrets officiels (&#171; &lt;i&gt;ces avertissements n'ont pas suffi&lt;/i&gt; &#187;), ou certains t&#233;moignages : &#171; &lt;i&gt;Un directeur d'Ecole Normale [...] voulait qu'on apprenne aux enfants &#224; &#233;crire comme les auteurs, qu'on essaie d'arriver &#224; un style comparable. On citait en mod&#232;le Flaubert.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Viviane Isambert-Jamati, La r&#233;forme de l'enseignement du fran&#231;ais &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Le m&#234;me d&#233;calage frappa les nouvelles instructions, pourtant &#233;dulcor&#233;es (le passage sur la dict&#233;e fut revu), issues en d&#233;cembre 1972 de ce plan de r&#233;novation, et en 1975 la moiti&#233; environ des instituteurs ne les appliquent pas encore, ou s&#233;lectivement, par exemple en perp&#233;tuant la pratique de la dict&#233;e non pr&#233;par&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Antoine Prost, Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation, IV : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la formation des instituteurs, avant et apr&#232;s ce plan, qui doit &#234;tre interrog&#233;e. Dans le cas pr&#233;cis de cette r&#233;novation, qui revendiquait une formation initiale de haut niveau scientifique et une formation permanente des instituteurs en poste et des professeurs d'&#233;cole normale, le minist&#232;re, peu volontaire en d&#233;pit du soin apport&#233; &#224; la r&#233;daction et au d&#233;tail des nouvelles instructions, et de l'hommage rendu aux exp&#233;rimentations, ne les a pas mises en &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'histoire de la commission Emmanuel est expos&#233;e en d&#233;tail dans la th&#232;se de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d)	Une guerre de trente ans : &#171; On est en droit d'attendre des enfants de 10 &#224; 12 ans d'intelligence normale qu'ils ne tr&#233;buchent pas &#224; tout instant en d&#233;chiffrant un texte simple&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un changement fondamental mais dans un premier temps beaucoup moins public avant d'exploser, va s'op&#233;rer dans l'ombre. Les inqui&#233;tudes sur le niveau de lecture des &#233;l&#232;ves du primaire, d&#233;j&#224; apparues avant guerre, sont, comme celles qui concernent la grammaire, amplifi&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1960 par l'acc&#232;s &#224; la classe de 6e et ses exigences en mati&#232;re de pratique raisonn&#233;e de la langue et d'acc&#232;s aux autres disciplines. Ainsi le constat des ann&#233;es 1959-60 : &#171; &lt;i&gt;On est en droit d'attendre des enfants de 10 &#224; 12 ans d'intelligence normale qu'ils ne tr&#233;buchent pas &#224; tout instant en d&#233;chiffrant un texte simple&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B0 29 du 27 octobre 1960, &#224; propos du Cycle d'observation., et Instructions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est-il sans appel. Pourtant les instructions depuis 1923 &#233;taient claires ; le principe de la lecture devait &#234;tre assimil&#233; au bout de trois mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'essentiel est que l'enfant prenne plaisir &#224; cet apprentissage difficile. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur le mode syllabique et abstrait : &#171; &lt;i&gt;les proc&#233;d&#233;s qui nous paraissent devoir l'emporter sont ceux qui am&#232;nent l'enfant &#224; s'int&#233;resser &#224; cette t&#226;che ingrate qui consiste &#224; associer des sons et des formes sans rapport apparent&lt;/i&gt; &#187;, et son exercice affirm&#233; au cours des deux ann&#233;es de cours &#233;l&#233;mentaire : &#171; &lt;i&gt;C'est d&#232;s le d&#233;but du cours moyen, &#224; neuf ans, que l'&#233;colier doit lire avec expression&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'&#233;chec de cet objectif, les m&#233;thodes employ&#233;es sont questionn&#233;es. Une ligne directrice appara&#238;t et va entra&#238;ner dans son sillage, pour plusieurs d&#233;cennies, toutes les r&#233;flexions. L'&#233;chec en lecture est attribu&#233; &#224; un d&#233;ficit de motivation et de compr&#233;hension et &#224; une vision &#233;triqu&#233;e de la lecture, h&#233;riti&#232;re des p&#233;dagogies de l'Ancien R&#233;gime : la lecture &#224; l'&#233;cole par la m&#233;thode syllabique serait le plus souvent un d&#233;chiffrage laborieux, coup&#233; de toute compr&#233;hension des mots et d'intelligence d'un texte p&#233;niblement d&#233;crypt&#233; puis &#226;nonn&#233;. La lecture y serait fautivement vue comme une oralisation de l'&#233;crit et non un ph&#233;nom&#232;ne autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changer les m&#233;thodes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des m&#233;thodes, n&#233;es au XVIII&#232;me si&#232;cle et r&#233;activ&#233;es au d&#233;but du XX&#232;me par le m&#233;decin belge Ovide Decroly dans la recherche de l'alphab&#233;tisation des enfants sourds ou en grande difficult&#233;, resurgissent d&#232;s lors. Elles proposent l'&#233;conomie du d&#233;chiffrage, suppos&#233; aride et d&#233;motivant, par la suppression du son. Elles s'appuient sur des strat&#233;gies analytiques (l'&#233;l&#232;ve part de mots m&#233;moris&#233;s directement et globalement - &#171; &lt;i&gt;voie directe&lt;/i&gt; &#187; - sans les syllaber ni passer par un d&#233;tour phonique &#8211; &#171; &lt;i&gt;voie indirecte&lt;/i&gt; &#187; -, et propose une &#171; lecture &#187; non en lisant v&#233;ritablement, mais en devinant le sens des mots par t&#226;tonnements, reconstitutions et hypoth&#232;ses fond&#233;s sur l'analogie avec d'autres mots, le contexte, les illustrations) et proscrivent la lecture &#224; haute voix. Elles sont progressivement impos&#233;es par le minist&#232;re, malgr&#233; une querelle en Belgique autour de la m&#233;thode Decroly, et une exp&#233;rimentation en France, d&#232;s 1938, qui s'&#233;tait sold&#233;e par une grande r&#233;sistance des instituteurs et des parents devant les &#233;checs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les m&#233;moires de Jean Orieux, ancien inspecteur, dans Souvenirs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Proches de la &#171; m&#233;thode naturelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La m&#233;thode naturelle attend que l'enfant ait &#171; &#171; &#224; force d'exp&#233;riences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de C&#233;lestin Freinet, ces p&#233;dagogies b&#233;n&#233;ficient de l'aura des mouvements d'&#233;ducation active soucieuses de l'&#233;panouissement de l'enfant : elles cherchent &#224; motiver l'&#233;l&#232;ve en le d&#233;livrant de m&#233;canismes r&#233;put&#233;s aust&#232;res et en le poussant &#224; construire lui-m&#234;me une strat&#233;gie d'appr&#233;hension de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisme officiel de l'INRP (Institut national de la recherche p&#233;dagogique) soutient les tenants de cette approche, et r&#233;unit dans les ann&#233;es 1970 un groupe de sp&#233;cialistes de la lecture, linguistes et p&#233;dagogues, autour de l'inspecteur Jean Foucambert et de son &lt;i&gt;Association fran&#231;aise pour la lecture&lt;/i&gt;, qui promeuvent une m&#233;thode &#171; id&#233;ovisuelle &#187;, reliant graphisme et sens, et non graphisme et son. Ils donnent le &#171; la &#187; dans l'inspection et la formation des instituteurs, et dans l'&#233;dition des manuels de l'&#233;cole primaire. Le nom de &#171; m&#233;thode globale &#187;, connot&#233; n&#233;gativement, est pendant ces ann&#233;es abandonn&#233; au profit de &#171; &#224; d&#233;part global &#187;, &#171; mixte &#187;, &#171; analytique &#187;, &#171; phon&#233;tique &#187; ou &#171; par hypoth&#232;ses &#187;, mais ces m&#233;thodes commencent toutes par les m&#234;mes principes de m&#233;morisation de mots courants vus comme des formes visuelles ou des id&#233;ogrammes, puis de t&#226;tonnements par analogie ou devinettes, qui instituent d&#233;finitivement la lecture comme une activit&#233; empirique et impr&#233;cise o&#249; l'enfant constitue par lui-m&#234;me sa m&#233;thode, avec toutes les approximations et l'ins&#233;curit&#233; qui en d&#233;coulent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir de Jean-Pierre Terrail De l'in&#233;galit&#233; scolaire- apprendre &#224; lire (La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les horaires d'apprentissage de la lecture baissent, puisque l'&#233;l&#232;ve est consid&#233;r&#233; comme plus actif par le biais des nouvelles m&#233;thodes : en 1969 l'horaire hebdomadaire de fran&#231;ais en cours pr&#233;paratoire baisse de 30% (de 15 &#224; 10 heures)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site de Sauver les lettres, , ou Annexe 3.&#034; id=&#034;nh7-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes instructions officielles de 1972 qui ent&#233;rinent le plan Rouchette officialisent cette m&#233;thode, non sans pr&#233;cautions, mais sans choisir : &#171; &lt;i&gt;Il importe cependant que le ma&#238;tre soit averti des pr&#233;cautions &#224; prendre pour &#233;viter les risques de toute m&#233;thode, quelle qu'elle soit, - risques dont le recours &#224; un ouvrage qui se r&#233;clame d'une m&#233;thode mixte ne le pr&#233;servera pas n&#233;cessairement. Le ma&#238;tre qui veut donner la priorit&#233; &#224; l'enseignement des syllabes pour les faire ensuite assembler en mots doit se souvenir que c'est dans le mot et mieux encore dans la phrase que r&#233;side le sens. Il faut donc qu'au plus t&#244;t il &#233;veille l'esprit et d&#233;livre d'&#233;peler selon la formule d'Alain. Quant au ma&#238;tre que s&#233;duisent les m&#233;thodes improprement appel&#233;es &#171; globales &#187;, il doit savoir qu'il est tr&#232;s difficile de les manier sans d&#233;formations graves.[&#8230;] Ces m&#233;thodes n'op&#232;rent pas la d&#233;composition des mots en syllabes avant que les enfants aient d'eux-m&#234;mes reconnu des &#233;l&#233;ments identiques dans des mots diff&#233;rents ; mais l'analyse syst&#233;matique de la composition des mots appelle ensuite une attention prolong&#233;e. L'emploi d'une m&#233;thode&lt;/i&gt;&lt;i&gt; qualifi&#233;e de naturelle par ses utilisateurs exige des pr&#233;cautions analogues. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont en fin de compte les manuels, globalistes, qui diffuseront la doctrine. Les instituteurs auront de plus &#233;t&#233; sensibles &#224; l'&#233;talement officiel de l'apprentissage de la lecture non sur trois mois mais sur trois ans, de la grande section de maternelle au CE1 comme le pr&#233;conisait le rapport Rouchette. L'assimilation entre la lecture et la compr&#233;hension y est d&#233;finitive : &#171; &lt;i&gt;L'apprentissage de la lecture au C.P. serait aussi inutile que p&#233;nible si l'enfant ne comprenait pas ce qu'il lit ; c'est donc bien d&#232;s cette classe qu'il faut s'attacher &#224; obtenir la compr&#233;hension&lt;/i&gt; &#187;, et tout d&#233;lai proscrit : les &#233;l&#232;ves &#171; &lt;i&gt;auront de toute mani&#232;re &#224; continuer d'apprendre &#224; lire, et l'action de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire doit s'approfondir tout au long du premier cycle du second degr&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un champ de mines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'alphab&#233;tisation comme processus technique fond&#233; n'est plus interrog&#233;, ni sa pertinence : l'anciennet&#233; du d&#233;chiffrage le condamne d'embl&#233;e comme r&#233;actionnaire, et la proximit&#233; des m&#233;thodes globales avec les mouvements d'&#233;ducation active fait rapidement de l'apprentissage de la lecture un marqueur politique. Comme pour la grammaire, aucune d&#233;marche didactique ni interrogation critique ne sont plus possibles dans ce champ de mines. La doctrine officielle va s'imposer durant trente ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les instructions de 1985 vont reprendre celles de 1972 dans une formule d&#233;finitive : &#171; &lt;i&gt;Lire, c'est comprendre. Le ma&#238;tre n'engage donc pas l'enfant dans un apprentissage m&#233;canique et passif. La ma&#238;trise de la combinatoire (c'est-&#224;-dire du lien des lettres et des syllabes entre elles, et du rapport des signes &#233;crits aux sons qui leur correspondent) [&#8230;] n'a de valeur qu'associ&#233;e &#224; la compr&#233;hension de l'id&#233;e exprim&#233;e, &#224; la perception de la structure de la phrase, &#224; l'intelligence du sens des mots.&lt;/i&gt; &#187;. Le texte de 1995 est plus flou : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de m&#233;thode impos&#233;e de l'apprentissage de la lecture&lt;/i&gt; &#187;. Mais il n'oublie pas d'ent&#233;riner l'&#233;talement de l'apprentissage : l'horaire obligatoire de fran&#231;ais en CP est ramen&#233; de 10 &#224; 9 heures hebdomadaires jusqu'en 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir le site de Sauver les lettres&#034; id=&#034;nh7-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des inqui&#233;tudes et des oppositions se manifestent chez les parents et les orthophonistes. Un premier revirement, dans les programmes de 2002, pr&#233;conise le &#171; phonocentrisme &#187; et prend enfin ses distances avec la m&#233;thode globale, mais dans un texte ambigu ; et son livret d'accompagnement intitul&#233; &lt;i&gt;Lire au CP &#8211; Rep&#233;rer les difficult&#233;s pour mieux agir&lt;/i&gt;, &#233;labor&#233; sous la responsabilit&#233; de l'Inspection g&#233;n&#233;rale et publi&#233; en f&#233;vrier 2003 par le CNDP (Centre national de documentation p&#233;dagogique) utilise &#224; nouveau des expressions qui signalent la mise en &#339;uvre d'une d&#233;marche analytique (&lt;i&gt;&#171; m&#233;moriser globalement &#187;, &#171; &#233;mettre des hypoth&#232;ses &#187;, &#171; valider des hypoth&#232;ses &#187;, &#171; v&#233;rifier le sens construit &#187;&lt;/i&gt;, etc.). On en retrouve aussi certaines pratiques, par exemple l'utilisation de l'affichage de mots dans la classe (avec l'image correspondante)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Les programmes scolaires au piquet, par un collectif d'enseignants en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;&lt;i&gt;Plus le lecteur est expert, moins il devine&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en d&#233;cembre 2003 que les m&#233;thodes sont enfin d&#233;pouill&#233;es de marquage politique et &#233;valu&#233;es dans un colloque scientifique de chercheurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence de consensus : l'enseignement de la lecture &#224; l'&#233;cole primaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui &#233;nonce fermement ses conclusions : &#171; &lt;i&gt;La seule m&#233;thode qu'on doive &#233;carter est la m&#233;thode dite &#171; id&#233;o-visuelle &#187;, parce qu'elle refuse le travail syst&#233;matique sur la correspondance phon&#232;mes-graph&#232;mes, dont les recherches disponibles indiquent sans ambigu&#239;t&#233; qu'elle est indispensable &#224; la reconnaissance des mots.[&#8230;] Lire n'est pas deviner. Plus le lecteur est expert, moins il devine. [&#8230;] Deviner n'est pas un mode d'apprentissage. [&#8230;] Il faut rendre les op&#233;rations de d&#233;codage et d'identification aussi automatis&#233;es que possible. Cette op&#233;ration est au d&#233;but difficile et p&#233;nible, et elle absorbe tellement les capacit&#233;s cognitives de l'&#233;l&#232;ve qu'il n'est plus disponible pour chercher le sens de ce qu'il d&#233;chiffre. [&#8230;] L'automatisation de la reconnaissance des mots ne s'oppose pas &#224; la compr&#233;hension : elle en est la condition n&#233;cessaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra encore, quatre-vingts ans apr&#232;s les textes de 1923, un rapport du groupe de l'enseignement primaire de l'Inspection g&#233;n&#233;rale, &#171; &lt;i&gt;La mise en &#339;uvre du plan de pr&#233;vention de l'illettrisme au cours pr&#233;paratoire en 2003-2004&lt;/i&gt; &#187;, pour officialiser ces conclusions, et un arr&#234;t&#233; en mars 2006 pour les asseoir dans les classes : &#171; &lt;i&gt;un entra&#238;nement syst&#233;matique &#224; la relation entre graph&#232;mes et phon&#232;mes doit &#234;tre assur&#233; afin de permettre &#224; l'&#233;l&#232;ve de d&#233;chiffrer, de relier le mot &#233;crit &#224; son image auditive et &#224; sa signification possible. Il est indispensable de d&#233;velopper le plus vite possible l'automatisation de la reconnaissance de l'image orthographique des mots.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces ann&#233;es, le d&#233;bat a pris un tour public, pol&#233;mique et politique, amplifi&#233; par les r&#233;seaux sociaux et les forums d'une soci&#233;t&#233; plus avertie de l'importance des enjeux d'un apprentissage r&#233;ussi de la lecture. Les r&#233;sistances de l'Inspection g&#233;n&#233;rale sont rest&#233;es fortes ; la Doyenne de cette instance, Katherine Weinland, continue en 2002 de se r&#233;f&#233;rer &#224; l'esprit des instructions de 1972 : &#171; &lt;i&gt;13 % des &#233;l&#232;ves de 6e ne savent pas lire. Mais ils n'ont pas fini leurs &#233;tudes !&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans L'Express du 14 mars 2002.&#034; id=&#034;nh7-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les brimades et intimidations contre les instituteurs r&#233;fractaires au globalisme n'ont pas manqu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Journal d'une institutrice clandestine, de Rachel Boutonnet (Ramsay, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'institution a mis du temps &#224; prendre en compte les avanc&#233;es de la recherche : en 2000 encore, six heures seulement &#233;taient consacr&#233;es &#224; l'apprentissage de la lecture dans le cursus de formation des instituteurs en IUFM (Institut universitaire de formation des ma&#238;tres), et un rapport de 2013 pointe cruellement : &#171; &lt;i&gt;Ce qui frappe dans ce domaine de la lecture, c'est que la majorit&#233; des ma&#238;tres ne dispose pas des cadres th&#233;oriques minimaux, ce qui ne leur permet pas d'&#234;tre lucides quant &#224; leurs pratiques&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale 2013-066 de juin 2013 : Bilan de la mise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution est pourtant pourvue de tous les outils : l'approche scientifique dont les tenants du globalisme ou des m&#233;thodes mixtes reprochaient l'absence est maintenant bien &#233;tablie, que ce soit par les travaux de Stanislas Dehaene&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur de psychologie cognitive exp&#233;rimentale au Coll&#232;ge de France. Voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou l'enqu&#234;te plus r&#233;cente de J&#233;r&#244;me Deauviau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deauvieau J., La lecture au CP : un effet-manuel consid&#233;rable, rapport de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; analysant l'impact des manuels sur l'apprentissage de la lecture et leur r&#244;le &#233;galitaire : &#171; &lt;i&gt; plus le manuel est efficient, moins les performances des &#233;l&#232;ves sont sensibles aux in&#233;galit&#233;s culturelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me crucial de l'acquisition de la lecture, scientifiquement r&#233;solu, ne l'est pas encore dans les pratiques des instituteurs. Les croyances y r&#232;gnent. Le pr&#233;jug&#233; que la difficult&#233; d&#233;courage les &#233;l&#232;ves est t&#234;tu : &#171; &lt;i&gt;Il est dit que l'effort d'&#233;criture rebute les &#233;l&#232;ves, et on le leur &#233;pargne&lt;/i&gt; &#187;, de m&#234;me que celui de l'incapacit&#233; des &#233;l&#232;ves d&#233;favoris&#233;s, alors que &#171; &lt;i&gt;l'efficacit&#233; [de pratiques positives dans les &#233;coles prioritaires] montre qu'il est possible d'&#234;tre exigeant et que, dans ces &#233;coles, les ambitions que l'on se donne le plus commun&#233;ment sont trop r&#233;duites.&lt;/i&gt; &#187; (rapport de l'IG). L'analyse de J. Deauvieau dit la m&#234;me chose : &#171; &lt;i&gt; le manuel qui se r&#233;v&#232;le le plus efficient avec les &#233;l&#232;ves des milieux les plus d&#233;favoris&#233;s est aussi le plus exigeant non seulement dans l'apprentissage technique du code, mais aussi dans ses contenus intellectuels, de par l'ambition lexicale et litt&#233;raire des textes qu'il propose &#224; la lecture des &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_191 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L357xH199/Image_34-3-e84dc.png?1790689104' width='357' height='199' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III.	Le premier cycle unifi&#233; et les traditions du secondaire : le choc des cultures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le secondaire enregistre &#224; plein le d&#233;veloppement de la scolarisation et la demande sociale d'instruction qui suivent la seconde guerre : entre 1954 et 1967, le nombre de bacheliers quadruple presque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation depuis 1930 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans un premier temps, la r&#233;forme Berthoin ne bouleverse en fran&#231;ais ni les contenus ni les exigences ant&#233;rieures du secondaire. Dans leur majorit&#233;, les textes officiels datant de 1960, 1962-63 et 1967 sont ceux de 1938 repris de 1944 &#224; 1947, qu'ils concernent l'&#233;tude de la langue ou celle des auteurs. Les programmes n'ont pas &#233;volu&#233; : l'arr&#234;t&#233; d'avril 1947 qui les fixait est repris par ceux qui paraissent de 1961 &#224; 1967 pendant l'expansion des CES. Les prescriptions de premier cycle de 1938, &#171; &lt;i&gt;explications fran&#231;aises&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;lectures suivies et dirig&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, ont &#233;t&#233; &#233;tendues en 1950 au second cycle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par le M&#233;mento &#224; l'usage des Professeurs et &#201;l&#232;ves Professeurs de lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, unifiant ainsi avant la lettre les m&#233;thodes et les pratiques du secondaire, mais cependant souvent &#224; vide car les lectures suivies restent circonscrites au th&#233;&#226;tre classique, au profit des &#171; &lt;i&gt;anthologies&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;morceaux choisis&lt;/i&gt; &#187; qui illustrent toujours les autres si&#232;cles. Seule la classe de 1&#232;re voit appara&#238;tre l'&#339;uvre compl&#232;te hors XVIIe, avec la po&#233;sie et le roman du XIXe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)	La force d'inertie de la tradition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que cette ouverture relative est prudente et somme toute pr&#233;visible puisque d&#233;j&#224; inscrite dans une r&#233;flexion ant&#233;rieure ; mais elle ne suffit pas &#224; renouveler l'esprit ni les m&#233;thodes. Elle se heurte &#224; la r&#233;sistance de la r&#233;alit&#233;, &#224; l'ampleur des programmes qui dans un horaire restreint rigidifie les pratiques &#8211; en premier lieu celles de l'histoire litt&#233;raire -, et &#224; la persistance &#233;galement de vieilles habitudes, li&#233;es &#224; la formation initiale de professeurs davantage p&#233;tris de leurs souvenirs de lyc&#233;ens que des textes officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gustave Lanson lui-m&#234;me avait d&#233;nonc&#233; l'abus, en&#8230; 1902&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la premi&#232;re partie de ce travail.&#034; id=&#034;nh7-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'un enseignement quasi autonome de l'histoire litt&#233;raire ; la pr&#233;caution avait &#233;t&#233; r&#233;it&#233;r&#233;e en 1938 (&#171; &lt;i&gt;Cette &#233;tude de l'histoire litt&#233;raire ne fera, dans aucune classe, l'objet d'un cours suivi, ni de le&#231;ons apprises dans un manuel&lt;/i&gt; &#187;), rien n'y fait. Les mises en garde de 1950 (les &#171; &lt;i&gt;lectures suivies et dirig&#233;es&lt;/i&gt; &#187; d'&#339;uvres compl&#232;tes &#171; &lt;i&gt;sont [&#8230;] un des moyens, parmi les meilleurs, dont le professeur dispose pour donner &#224; des &#233;l&#232;ves ces notions suivies d'histoire de la litt&#233;rature fran&#231;aise qu'on lui recommande d'enseigner &#224; propos des textes et par les textes, et non point par des cours proprement dits&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;mento&#8230;, p. 6.&#034; id=&#034;nh7-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;) se retournent, par un effet pervers, contre leur but. L'explication de textes r&#233;duits &#224; une illustration historique, ou parfois seulement biographique, au lieu d'&#234;tre lus pour eux-m&#234;mes, en sort renforc&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Tous les textes expliqu&#233;s sont choisis en vue de l'histoire litt&#233;raire. [&#8230;] La litt&#233;rature devient un chapitre de l'Histoire : une courte biographie, trois ou quatre textes de quinze lignes, une dissertation&#8230;, et l'on passe &#224; un autre auteur, progressant ainsi de Rabelais &#224; Ronsard comme on passe de Fran&#231;ois Ier &#224; Henri II. [&#8230;] Cet usage de la litt&#233;rature est, sauf pour quelques esprits, parfaitement insipide&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Beaugrand, Cahiers P&#233;dagogiques 8, 15 mai 1954.&#034; id=&#034;nh7-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le recours &#224; la biographie en lieu et place d'explication garde la m&#234;me autorit&#233;, en d&#233;pit des remarques anciennes de Lanson sur Sainte-Beuve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Au lieu d'employer les biographies &#224; expliquer les &#339;uvres, il a employ&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des r&#233;flexions sur l'&#233;criture de Proust&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Contre Sainte-Beuve ne sera mis au propre et publi&#233; qu'en 1954 par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Val&#233;ry. L'&#233;tude de copies d'&#233;l&#232;ves et de leurs corrections, men&#233;e par Violaine Houdart-M&#233;rot sur la p&#233;riode 1880-1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Violaine Houdart-M&#233;rot, La culture litt&#233;raire au lyc&#233;e depuis 1880, Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, montre bien la permanence de cette pratique, le retard de la p&#233;dagogie sur la critique, et la difficult&#233; &#224; d&#233;finir l'&#233;criture litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi perdure la conviction de l'ad&#233;quation totale entre le texte et son auteur. Les pr&#233;cisions historiques et lexicales n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension des textes sont donn&#233;es comme une ouverture directe, transparente et sans autre m&#233;diation, sur &#171; &lt;i&gt;les intentions de l'auteur&lt;/i&gt; &#187;. Le &lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt; de 1950-1964 reprend et cite les Programmes et Instructions de 1938 : &#171; &lt;i&gt;Le but de l'explication fran&#231;aise est de reconstituer, &lt;strong&gt;&#224; l'aide des mots&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En gras dans le texte d'origine.&#034; id=&#034;nh7-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;les id&#233;es, les sentiments, les intentions qui animaient l'auteur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Memento&#8230;, p. 25.&#034; id=&#034;nh7-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il ajoute : &#171; &lt;i&gt;c'est par leur association [corps &#224; corps avec le texte, connaissance de la langue, appr&#233;ciation du style en prose et en vers, sentiment de l'art, perception de la valeur morale] que ces &#233;l&#233;ments vivent, comme ils vivaient, ins&#233;parables, dans un c&#339;ur et une pens&#233;e d'homme au moment o&#249; l'&#233;crivain cr&#233;ait son &#339;uvre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instruction du 5 juin 1953 concernant la formation morale par l'explication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt;, en rappelant mollement &#171; &lt;i&gt;la liaison entre la pens&#233;e et l'expression&lt;/i&gt; &#187;, marque m&#234;me une r&#233;gression par rapport &#224; 1938 o&#249; on pr&#244;nait fermement, sur un paragraphe, de &#171; &lt;i&gt; ne pas s&#233;parer forme et fond&lt;/i&gt; &#187;, et o&#249; on rappelait : &#171; &lt;i&gt;La pens&#233;e n'a de consistance et de r&#233;alit&#233; que dans son expression verbale ou &#233;crite et, en dehors de la pens&#233;e, les mots ne sont rien que des sons&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) &#171; &lt;i&gt;La formation morale par l'explication des textes fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la vis&#233;e morale de l'enseignement du fran&#231;ais reste pr&#233;gnante, tout comme dans les instructions de 1890, 1909 et 1923, o&#249; l'&#233;dification de la jeunesse &#233;tait d&#233;volue &#224; l'&#233;cole. Le &lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt; est compl&#233;t&#233; en 1953 par l'&lt;i&gt;Instruction du 5 juin 1953 concernant la formation morale par l'explication des textes fran&#231;ais&lt;/i&gt;, assortie &#224; cette fin d'une augmentation d'une demi-heure de l'horaire de fran&#231;ais &#224; partir de la 3e en lieu et place de l'instruction civique : &#171; &lt;i&gt;au lieu que la le&#231;on de morale faite &#224; heure fixe suscite g&#233;n&#233;ralement un r&#233;flexe de d&#233;fense qui la rend vaine &#8211; sans parler de l'allure dogmatique qui la rend ennuyeuse &#8211; l'atmosph&#232;re de beaut&#233; morale li&#233;e &#224; la beaut&#233; litt&#233;raire o&#249; il est ais&#233; de situer l'enseignement des Lettres, cette suggestion diffuse et comme invisible qui se fait sentir &#224; tout moment dans l'&#233;tude d'un grand texte, dirig&#233;e par un grand professeur, ont un pouvoir d'autant plus puissant que leur action est plus discr&#232;te.&lt;/i&gt; &#187; H&#233;rit&#233;e &#224; l'&#233;vidence du r&#233;publicanisme originel (soucieux dans les ann&#233;es 1880 d'absorber la dimension &#233;ducative de l'enseignement religieux en la&#239;cisant son contenu, et de nourrir une fibre patriotique apr&#232;s la d&#233;faite de Sedan), cette volont&#233; de d&#233;gager de la litt&#233;rature une port&#233;e morale et &#171; &lt;i&gt;un pouvoir civilisateur&lt;/i&gt; &#187;, avec une pr&#233;dilection pour le XVIIe si&#232;cle et singuli&#232;rement pour Corneille (car il s'agit de promouvoir &#171; &lt;i&gt;courage, honneur, loyaut&#233;, justice, tol&#233;rance, g&#233;n&#233;rosit&#233;, bont&#233;, sagesse&lt;/i&gt;. &#187;), freine les &#233;largissements du programme d'auteurs et d'&#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoutant &#224; d'autres facteurs plus profonds de crise, ces instructions jettent le m&#233;tier de professeur dans des injonctions contradictoires : l'histoire litt&#233;raire est d'origine positiviste, mais &#171; l'explication vraiment litt&#233;raire &#187; doit conduire &#224; &#171; une grande &#233;motion de beaut&#233; &#187; &#233;minemment subjective, laquelle renvoie &#224; l'id&#233;alisme romantique. Il est difficile par ailleurs de concevoir et pratiquer des m&#233;thodes rationnelles, quand le &lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt; parle d'&#171; art du professeur &#187;, fait co&#239;ncider la profession avec la personne : &#171; &lt;i&gt;tout professeur enseigne, en m&#234;me temps que ce qu'il sait, ce qu'il est&lt;/i&gt; &#187;, la personnalit&#233; : &#171; &lt;i&gt;un certain degr&#233; de noblesse morale&lt;/i&gt; &#187;, et l'exception : &#171; &lt;i&gt;un grand texte&lt;/i&gt; &#187; est expliqu&#233; &#171; &lt;i&gt;par un bon professeur&lt;/i&gt; &#187;. Ces injonctions floues semblent d'autant plus inadapt&#233;es qu'elles sont publi&#233;es lorsque se met en place une formation des professeurs absente jusque l&#224; - le CAPES est cr&#233;&#233; en 1950, et les Centres P&#233;dagogiques R&#233;gionaux (CPR) en 1952 - et r&#233;&#233;dit&#233;es &#224; l'identique jusqu'en 1964, &#224; une p&#233;riode o&#249; la scolarisation massive faisait acc&#233;der aux lyc&#233;es et coll&#232;ges des &#233;l&#232;ves culturellement moins pr&#233;par&#233;s &#224; &#233;prouver plus ou moins spontan&#233;ment &#171; &lt;i&gt;une grande &#233;motion de beaut&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rigidit&#233; de la tradition et cet aveuglement de la formation ouvrent, bien avant 1968 qui sera une r&#233;sultante plut&#244;t qu'une cause, une crise du sens et du m&#233;tier que les professeurs ne peuvent plus ignorer, que leur enseignement s'adresse ou non aux &#233;l&#232;ves issus de la d&#233;mocratisation. Mais dans un premier temps cette crise semble opaque : &#171; &lt;i&gt;L'organisation actuelle [par fili&#232;res] n'a rien &#224; voir avec la pr&#233;c&#233;dente [par &#233;tablissements]. On a pourtant gliss&#233; de l'une &#224; l'autre insensiblement, sans discontinuit&#233; apparente. A aucun moment les contemporains n'ont eu le sentiment d'une rupture d&#233;cisive&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, op. cit. p. 18.&#034; id=&#034;nh7-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c)	Un toilettage sans r&#233;forme : de nouvelles instructions du premier cycle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des programmes plus ouverts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque cependant qu'en concomitance avec les changements structurels et sociaux, la novation semble devenue une urgence ; les prescriptions d'une &#233;tude plus authentique de la litt&#233;rature se font plus pressantes ; en 4e et en 3e, l'insistance est mise sur les &#339;uvres compl&#232;tes au lieu des &#171; morceaux choisis &#187; qui pr&#233;valaient encore dans l'ensemble du cycle : &#171; &lt;i&gt;Le professeur choisira, &#224; raison de deux auteurs par trimestre, dans la liste suivante. Toute &#233;tude fragmentaire d'une &#339;uvre sera compl&#233;t&#233;e par l'analyse des passages qui ne seront pas &#233;tudi&#233;s&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 22 mai 1963.&#034; id=&#034;nh7-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il faut encore une fois penser que les programmes ant&#233;rieurs n'&#233;taient pas respect&#233;s en mati&#232;re d'&#339;uvres compl&#232;tes, puisque les instructions du minist&#232;re Jean Zay de 1938 &#233;taient limpides : &#171; &lt;i&gt;Les auteurs fran&#231;ais fourniront la mati&#232;re de deux sortes d'exercices que les programmes distinguent express&#233;ment : les lectures suivies et dirig&#233;es et les explications fran&#231;aises. Ce n'est pas l&#224; une innovation : dans les programmes de 1920 des &#233;coles primaires sup&#233;rieures figurait, &#224; c&#244;t&#233; de la &#171; lecture expliqu&#233;e &#187;, un exercice d&#233;sign&#233; sous le nom de &#171; lecture d'&#339;uvre &#187; ; de leur c&#244;t&#233;, les programmes de l'enseignement secondaire prescrivaient concurremment des &#171; lectures courantes &#187; et des &#171; explications de textes &#187;. En pratique d'ailleurs, il est difficile de ne pas associer les deux exercices lorsqu'on &#233;tudie une &#339;uvre de quelque &#233;tendue&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instructions du 30 septembre 1938.&#034; id=&#034;nh7-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les programmes montrent davantage d'ouverture, en s'inspirant de certaines instructions de l'enseignement technique : restriction de la part du XVIIe si&#232;cle pr&#233;pond&#233;rante depuis cent ans dans le cursus de premier cycle, entr&#233;e en lice des &#339;uvres compl&#232;tes du XIXe. Le XXe si&#232;cle lui aussi a droit de cit&#233;, m&#234;me s'il s'agit de morceaux choisis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Annexe 1 : Tableau synoptique des auteurs cit&#233;s dans les programmes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ouverture vers un corpus plus large se dessine aussi dans le second cycle. L'orientation de fin de 3e rend caduque celle de la fin de la 1&#232;re : le &#171; premier bac &#187; puis l'&#171; examen probatoire &#187; qui l'avait un bref moment remplac&#233; disparaissent. Cette suppression donne une place au fran&#231;ais en Terminale, o&#249; les litt&#233;raires de s&#233;rie A ont, &#224; partir de 1965, un acc&#232;s &#224; la litt&#233;rature contemporaine, &#224; raison d'une heure par semaine dont le contenu est laiss&#233; au professeur qui &#171; &lt;i&gt;aura toute libert&#233; pour choisir les &#339;uvres qui lui para&#238;tront r&#233;pondre le mieux aux go&#251;ts et aux aptitudes de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des m&#233;thodes moins crisp&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre les rigidit&#233;s accumul&#233;es au fil des ans se manifeste &#233;galement dans les instructions d&#233;taill&#233;es d'octobre 1960 &#171; &lt;i&gt;pour l'enseignement du fran&#231;ais pendant le trimestre d'observation de la classe de 6e&lt;/i&gt; &#187;, trimestre destin&#233; &#224; discriminer les &#233;l&#232;ves qui feraient ou non du latin par la suite ; ces textes cherchent &#224; &#233;carter les crit&#232;res formels, mettant en garde contre &#171; &lt;i&gt; la valeur intrins&#232;que des r&#233;sultats scolaires&lt;/i&gt; &#187; et le respect &#233;troit de la docimologie : &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas la note qui importe au professeur orienteur, mais l'interpr&#233;tation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes prescrites montrent le m&#234;me souci. Les horaires pr&#233;voient, en demi-classe d&#232;s vingt-quatre &#233;l&#232;ves, des &#171; travaux dirig&#233;s &#187; dont les textes officiels de 1962 d&#233;taillent le contenu. La crainte de ne pas voir les professeurs s'emparer de cette innovation affleure &#224; toutes les pages : &#171; &lt;i&gt;nombre de ma&#238;tres ont &#233;t&#233; troubl&#233;s par l'apparente ambigu&#239;t&#233; de ce travail nouveau, sp&#233;cialement pour l'&#233;tude du fran&#231;ais.&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;c'est par une extr&#234;me vari&#233;t&#233; de moyens bien dos&#233;s que s'exercera librement l'initiative personnelle du ma&#238;tre, s'il se rappelle que pour quitter la zone du travail normal et entrer dans celle du travail dirig&#233; il a une fronti&#232;re &#224; franchir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les textes officiels de cette p&#233;riode pour le fran&#231;ais montrent &#233;galement un d&#233;sir d'&#233;galit&#233; et de d&#233;mocratisation, en mati&#232;re de programmes et d'horaires. La fusion des divers premiers cycles ant&#233;rieurs est compl&#232;te : les trois fili&#232;res ont les m&#234;mes programmes (&#171; &lt;i&gt;Les programmes, unifi&#233;s par l'arr&#234;t&#233; du 26 octobre 1964, sont valables pour toutes les classes de tous les &#233;tablissements&lt;/i&gt; &#187;). Seuls diff&#232;rent leurs horaires, renforc&#233;s lorsque le latin n'est pas &#233;tudi&#233;. Mais il est au d&#233;part propos&#233; &#224; tous : le premier trimestre de 6e est commun &#224; toutes les fili&#232;res, avec un horaire de 7 heures hebdomadaires comportant &#233;tymologie et initiation au latin ; au second trimestre les &#233;l&#232;ves ont le choix de continuer ou non le latin. Les non-latinistes b&#233;n&#233;ficient alors de la m&#234;me attention que leurs a&#238;n&#233;s de 1902, 1925 ou 1938 : ils ont 6 heures hebdomadaires dont 2 d&#233;doubl&#233;es en &#171; travaux dirig&#233;s &#187;, contre 4 dont 1 d&#233;doubl&#233;e pour les &#171; classiques &#187;, dispositions qui dureront une dizaine d'ann&#233;es, jusqu'en 1969 et la suppression du latin en 6e. Dans les instructions de ces ann&#233;es 60, trois pages sont consacr&#233;es au cas particulier des classes de 4e &#171; d'accueil &#187; faisant suite au &#171; cours sup&#233;rieur &#187; du primaire, supprim&#233; entre 1963 et 1967, et insistent sur la conduite des heures d&#233;doubl&#233;es et le &#171; travail dirig&#233; &#187; et actif qui doit s'y d&#233;rouler. Il s'agit de donner davantage &#224; ceux qui d'embl&#233;e ont moins re&#231;u &#8211; pour ne pas avoir connu le latin ou le premier cycle de lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme parall&#232;le, mise en &#339;uvre apr&#232;s la Lib&#233;ration, prend d'ailleurs progressivement en compte les deux changements fondamentaux de la p&#233;riode, l'unification du premier cycle et les avanc&#233;es de la linguistique : comme dans le primaire, le fran&#231;ais est reconnu comme discipline autonome dans l'ensemble du secondaire. En effet, l'ancienne id&#233;e de l'enseignement du fran&#231;ais par le latin, d&#233;j&#224; &#233;cart&#233;e depuis les textes de 1902 et 1925, l'est d&#233;finitivement par la cr&#233;ation en 1946 de la licence de &#171; lettres modernes &#187;, sanctionn&#233;e ensuite par le CAPES, puis l'agr&#233;gation correspondante instaur&#233;e en 1959.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le d&#233;veloppement de la mixit&#233;, qui s'instaure peu &#224; peu avant de devenir obligatoire en 1975, participe de fait &#224; l'aggiornamento g&#233;n&#233;ral de l'&#233;cole &#8211; quoiqu'il ne soit pas imputable &#224; un plus grand souci d'&#233;galit&#233; entre gar&#231;ons et filles, mais &#224; la pr&#233;occupation de limiter le co&#251;t excessif qu'aurait repr&#233;sent&#233; un d&#233;doublement de toutes les structures en expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ajustements successifs montrent une certaine conscience des obligations cr&#233;&#233;es par l'unification des scolarit&#233;s, mais le choix fait est celui d'une tradition am&#233;nag&#233;e. La nature m&#234;me des enseignements dispens&#233;s, qu'il s'agisse de la langue ou de la litt&#233;rature, n'y a pas chang&#233; de d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur ce plan aussi les temps changent. L'&#232;re qui s'ouvre va additionner toutes les difficult&#233;s. Le secondaire va devoir s'adresser &#224; toutes les origines sociales, et les professeurs vont conna&#238;tre un double choc : celui des nouvelles m&#233;thodes et exigences de la lecture des textes litt&#233;raires, inconnues dans leur formation, et celui des analyses sociologiques modernes, qui accusent l'enseignement litt&#233;raire, dans son identit&#233; m&#234;me, d'&#234;tre un obstacle &#224; l'&#233;galit&#233; des &#233;l&#232;ves dans l'acquisition des savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L283xH246/Image_39-ec0e9.png?1790689104' width='283' height='246' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. La crise &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)	Une crise p&#233;dagogique : un enseignement impossible, des pistes m&#233;connues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'afflux massif des &#233;l&#232;ves en coll&#232;ge (en cinq ans, de 1956 &#224; 1961, l'effectif a cr&#251; de 50%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, Histoire de l'enseignement&#8230;, p. 286.&#034; id=&#034;nh7-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) issus de milieux plus populaires r&#233;v&#232;le, plus qu'elle ne cr&#233;e, l'inadaptation g&#233;n&#233;rale des m&#233;thodes employ&#233;es, en d&#233;pit de leur &#233;volution. Les deux principes cardinaux du &lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt; &#224; l'endroit de l'explication de textes (&#171; &lt;i&gt;Une bonne explication, &#224; tous les niveaux de l'enseignement, est celle qui donne un sentiment juste, profond, et s'il y a lieu &#233;mouvant, de ce qui fait la valeur propre, la qualit&#233; unique et originale d'un &#233;crivain. Ce sentiment doit &#234;tre obtenu en partant du texte, nuanc&#233; d'apr&#232;s le texte, et non impos&#233; du dehors par la pr&#233;occupation plus ou moins avou&#233;e de v&#233;rifier ou de d&#233;montrer une formule toute faite tir&#233;e d'un manuel&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Memento&#8230; op. cit., p. 6.&#034; id=&#034;nh7-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;), pr&#244;nant l'&#233;motion contre le dogmatisme et le psittacisme, vont se r&#233;v&#233;ler inappropri&#233;s : r&#233;tive en effet &#224; tout effort de m&#233;thode et variable d'un individu &#224; l'autre, l'&#233;motion passe par la connivence sur les r&#233;f&#233;rences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des professeurs se plaignent dans les Cahiers P&#233;dagogiques de 1951 : &#171; Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou &#224; la rigueur par le travail th&#233;&#226;tral men&#233; &#224; l'initiative du ma&#238;tre - mais cet exercice est rarement mis en &#339;uvre dans le cadre mal appropri&#233; de la classe et ne se pratique vraiment que dans les &#233;tablissements dot&#233;s de &#171; clubs-th&#233;&#226;tre &#187; bien conduits, au b&#233;n&#233;fice d'un nombre limit&#233; d'&#233;l&#232;ves volontaires ; par ailleurs le refus justifi&#233; des th&#233;ories livresques prive les &#233;l&#232;ves plus d&#233;munis de rep&#232;res s&#233;curisants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant ces difficult&#233;s ou ces contradictions, l'analyse des professeurs est dans un premier temps sommaire : leurs griefs se portent p&#234;le-m&#234;le sur la cr&#233;ation, pourtant ancienne, de la section moderne sans latin, sur des manques de l'&#233;cole primaire, sur l'afflux d'&#233;l&#232;ves moins pr&#233;par&#233;s et socialement diff&#233;rents&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que l'enseignement f&#233;minin sans latin n'avait &#233;t&#233; interrog&#233; ni en 1902 ni en 1925 &#224; la cr&#233;ation houleuse des s&#233;ries modernes, aucune le&#231;on n'est tir&#233;e vers 1960 des modus vivendi des autres types d'&#233;tablissements secondaires. Une r&#233;flexion, inconnue dans les coll&#232;ges et lyc&#233;es classiques, existait pourtant dans les prescriptions beaucoup plus r&#233;alistes, publi&#233;es en 1947 et reprises en 1961, &#224; destination des coll&#232;ges techniques, depuis leur origine en premi&#232;re ligne pour l'accueil des classes populaires : enseignement de la grammaire sans latin (&#171; &lt;i&gt; On peut sans doute aller plus loin pour renouveler l'int&#233;r&#234;t de la grammaire. [&#8230;] La grammaire peut &#234;tre une &#233;tude d'intelligence. Des comparaisons, des rapprochements sont possibles pour &#233;clairer tel ou tel fait grammatical, pour parvenir, par un effort intelligent, &#224; une connaissance r&#233;fl&#233;chie de la langue. Certes, il y a lieu d'&#234;tre prudent et modeste : nos &#233;l&#232;ves ne sont pas, ne peuvent pas &#234;tre des latinistes&lt;/i&gt; &#187;) ; conception non morale mais dynamique des &#339;uvres (&#171; &lt;i&gt;Nos &#233;l&#232;ves doivent savoir que la litt&#233;rature est une force sociale, qu'elle forme et oriente les esprits, qu'elle d&#233;gage des styles de vie, qu'elle influe puissamment sur la mentalit&#233; et l'opinion, et que, par suite, c'est avec s&#233;rieux qu'on doit la consid&#233;rer&lt;/i&gt; &#187;) ; m&#233;fiance de l'explication biographique ou g&#233;n&#233;rique (&#171; &lt;i&gt;Les habituelles notices sur l'auteur et l'&#339;uvre ne doivent pas &#234;tre plac&#233;es, comme on le fait parfois, avant l'explication. [&#8230;] La modeste le&#231;on de litt&#233;rature ne devrait &#234;tre que le r&#233;sum&#233; des observations dispers&#233;es faites au cours de l'&#233;tude m&#234;me du texte&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Programme des &#233;tudes dans les Coll&#232;ges techniques d'industrie, 1947 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;). Les instructions de 1947 des cours compl&#233;mentaires, au recrutement &#233;galement populaire, prescrivent quant &#224; elles de faire en 6e et 5e, dans les &#171; &lt;i&gt;Morceaux choisis de prose et de vers des auteurs fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;une large part aux XIXe et XXe si&#232;cles&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 24 juillet 1947.&#034; id=&#034;nh7-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;, et prot&#232;gent les horaires : 6 heures hebdomadaires en 6e et 5e, 5 heures en 4e et 3e. La mutation culturelle est donc faite depuis longtemps dans ces &#233;tablissements, qui ont fait passer en dix ans, entre 1937 et 1947, les effectifs en 6e d'enfants d'ouvriers, artisans et agriculteurs, de 9 &#224; 31%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, Histoire de l'enseignement&#8230;, p. 257.&#034; id=&#034;nh7-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle est faite aussi dans les efforts de programme concernant les &#171; 4e d'accueil &#187; (ouvertes en 1960 aux &#233;l&#232;ves issus du cours sup&#233;rieur du primaire) : pour que ces &#233;l&#232;ves, ayant &#233;tudi&#233; en primaire &#171; &lt;i&gt;la langue actuelle&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les auteurs modernes&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;se sentent &#224; l'aise, on commencera par la lecture et l'explication des grands auteurs du XXe et du XIXe si&#232;cles&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce choix de prendre &#224; rebours, pour des raisons p&#233;dagogiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructions des lyc&#233;es techniques des ann&#233;es 52 et 61, reprises de celles des coll&#232;ges techniques qu'ils ont remplac&#233;s, pr&#244;nent elles aussi, dans le m&#234;me souci de fournir des rep&#232;res accessibles et &#233;prouv&#233;s, le &#171; &lt;i&gt;r&#233;sum&#233; substantiel&lt;/i&gt; &#187; apr&#232;s l'explication de textes et en pr&#233;cisent la m&#233;thode, exp&#233;rimentale et non plus t&#233;l&#233;guid&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Cette synth&#232;se doit succ&#233;der &#224; l'analyse et non, comme il arrive tr&#232;s souvent, la pr&#233;c&#233;der&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. note 49, et Arr&#234;t&#233; du 15 janvier 1952.&#034; id=&#034;nh7-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En composition fran&#231;aise, elles r&#233;cusent l'imitation ; les programmes d'&#339;uvres ne sont prescriptifs ni sur les p&#233;riodes (&#171; &lt;i&gt;du XVIe si&#232;cle &#224; nos jours&lt;/i&gt; &#187;) ni sur les int&#233;r&#234;ts : &#171; &lt;i&gt;textes fran&#231;ais et textes &#233;trangers traduits en fran&#231;ais, relatifs &#224; la civilisation mat&#233;rielle et morale de l'&#233;poque contemporaine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'enseignement technique manifeste un grand souci de l'apprentissage de l'&#233;crit par l'&#171; &#233;tude de la langue &#187; (1 heure par semaine y compris en second cycle) et la &#171; composition fran&#231;aise &#187; dont la pratique est d&#233;velopp&#233;e et codifi&#233;e plus que dans le secondaire classique. Les textes officiels de 1947 et 1952 reprennent les instructions de 1938 d&#233;j&#224; cons&#233;quentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;p. 95 &#224; 115 dans l'&#233;dition Bourrelier.&#034; id=&#034;nh7-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui bannissaient l'amplification au profit du r&#233;sum&#233; qui fera les beaux jours du baccalaur&#233;at de&#8230; 1970, limitaient l'imitation &#224; un apprentissage, l'objectif &#233;tant d'amener les &#233;l&#232;ves &#224; &#171; &lt;i&gt;exprimer sinc&#232;rement ce qu'ils sentent et ce qu'ils pensent&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;l'exemple [de l'&#233;crivain] qu'on leur propose n'a pas pour objet l'imitation servile et directe d'une &#233;criture donn&#233;e. [&#8230;] L'&#233;l&#232;ve doit retirer de cette lecture non pas de &#171; belles phrases &#187; &#224; ressortir habilement le moment venu, mais le souvenir des proc&#233;d&#233;s mis en &#339;uvre : choix des mots, pr&#233;cision de l'observation, nettet&#233; de la pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instructions de 1947 pour les coll&#232;ges techniques, reprises en 1952 et 1961.&#034; id=&#034;nh7-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; [&#8230;] &#187;. Dans les coll&#232;ges et lyc&#233;es techniques, les exercices et la correction du devoir fait en dehors des cours alternent strictement par quinzaine sur une heure hebdomadaire fix&#233;e par les textes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une semaine sur deux, exercices collectifs de composition et de r&#233;daction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; alors que le secondaire classique comporte peu d'indications sur les exercices, la version latine &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme un entra&#238;nement suffisant &#224; la r&#233;daction, et n'assigne pas d'horaire hebdomadaire. Par ailleurs, les m&#233;thodes du technique sont actives, pr&#244;nant &#171; &lt;i&gt;l'exercice collectif&lt;/i&gt; &#187; de recherche des id&#233;es en vue du devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les instructions de 1963 aux classes de &#171; transition &#187; des coll&#232;ges (ouvertes aux &#233;l&#232;ves dont les r&#233;sultats sont faibles en fin de primaire) &#233;largissent par ailleurs la r&#233;flexion sur la difficult&#233; scolaire et montrent que &#171; &lt;i&gt;l'inadaptation scolaire&lt;/i&gt; &#187; appelle un traitement th&#233;orique r&#233;fl&#233;chi : &#171; &lt;i&gt;essayer de d&#233;couvrir les causes des &#233;checs ant&#233;rieurs, d&#233;terminer &#224; partir de quel moment l'enfant, ne pouvant plus suivre, a stagn&#233; ou parfois r&#233;gress&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces soucis d'adaptation du technique et des classes d'accueil resteront lettre morte pour les autres fili&#232;res : l'heure n'est pas &#224; accepter la dimension p&#233;dagogique efficace d'un enseignement diff&#233;rent o&#249; personne ne veut puiser du fait de ses origines impures, mais &#224; aligner tous les &#233;l&#232;ves sur un mod&#232;le classique dont on sent pourtant qu'il est pr&#234;t &#224; se l&#233;zarder de toutes parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube d'un tournant social et scolaire majeur, les lignes de clivage sont claires : d'un c&#244;t&#233; les tenants d'un humanisme classique fond&#233; sur la valeur esth&#233;tique et morale des &#339;uvres, bien install&#233; dans la tradition positiviste de l'histoire litt&#233;raire mais frileux dans l'abord de la modernit&#233; ; de l'autre les h&#233;ritiers de l'&#233;cole du peuple (&#233;coles primaires sup&#233;rieures, cours compl&#233;mentaires, coll&#232;ges techniques) partisans d'un enseignement plus explicite &#8211; voire utilitariste &#8211; de la langue et des &#339;uvres, pr&#233;cis&#233;ment cloisonn&#233; par un d&#233;coupage horaire prescrit, d&#233;gag&#233; du code de la rh&#233;torique classique, et d&#233;sireux de voir les &#233;l&#232;ves b&#226;tir une r&#233;flexion et une expression plus personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b)	Une crise didactique : &#171; nouveau roman &#187;, nouvelle critique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; et l'&#233;volution &#233;pist&#233;mologique vont dans un second temps pousser les professeurs &#224; une &#233;volution proche de ces principes du technique, affranchis d&#232;s l'origine des pesanteurs classiques. Dans les &lt;i&gt;Cahiers P&#233;dagogiques&lt;/i&gt;, revue quasiment suscit&#233;e par le minist&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., p. 227.&#034; id=&#034;nh7-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui se pr&#233;occupait avec volontarisme de la solide formation r&#233;clam&#233;e par l'&#233;conomie, des courants de r&#233;action apparaissent : refus des morceaux choisis (ce vieil h&#233;ritage de l'enseignement antique et classique, qui au sein de l'&#339;uvre s&#233;lectionnait l'excellence morale ou esth&#233;tique) et promotion de l'&#339;uvre compl&#232;te, remise en question des &#233;preuves du baccalaur&#233;at qui entretenaient la r&#233;citation d'une histoire litt&#233;raire fig&#233;e, revendication de l'enseignement de la litt&#233;rature contemporaine &#8211; que r&#233;cusait l'inspection g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;bellions contre l'ordre et la finalit&#233; h&#233;rit&#233;s de la fin du XIXe rencontrent les r&#233;flexions de la &#171; nouvelle critique &#187; et les avanc&#233;es de la linguistique, qui s'inscrivent en faux contre les th&#233;ories de l'imitation, de la valeur morale et de l'id&#233;e d'auteur &#8211; lignes cardinales des instructions et des programmes alors en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont &#233;galement nourries des parutions du &#171; Nouveau roman &#187; des ann&#233;es 1960 : si les programmes doivent s'ouvrir &#224; la litt&#233;rature contemporaine, ils doivent &#234;tre repens&#233;s pour prendre en compte ces &#339;uvres nouvelles, de Nathalie Sarraute &#224; Claude Simon, ainsi que la d&#233;construction dont elles proc&#232;dent et &#224; laquelle elles participent. Dans ces romans, le personnage, mis en cause par la psychanalyse, r&#233;duit &#224; une initiale ou un &#171; &lt;i&gt;num&#233;ro matricule&lt;/i&gt; &#187;, la narration &#233;clat&#233;e ou ressass&#233;e, le d&#233;cor sans r&#233;alisme, la peinture de l'&#233;chec ou de l'absurde, le refus de l'engagement ou de l'h&#233;ro&#239;sme, et les nouveaut&#233;s formelles d'une &#233;criture plate, disqualifient d&#233;finitivement les m&#233;thodes et l'enjeu de l'explication litt&#233;raire traditionnelle, biographique, historique ou morale, devenue de facto impuissante &#224; rendre compte de ces formes nouvelles d'&#233;criture, et posent la question de sa mutation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces &#233;crivains et autour d'eux se constituent des th&#233;ories qui heurtent donc de front la tradition universitaire et les habitudes scolaires. En 1953 Roland Barthes a publi&#233; &lt;i&gt;Le Degr&#233; z&#233;ro de l'&#233;criture&lt;/i&gt;, consid&#233;r&#233; comme le manifeste de la &#171; Nouvelle critique &#187;. Prenant le contrepied de la critique acad&#233;mique marqu&#233;e par le positivisme lansonien, Barthes (comme d&#233;j&#224; Proust) rejette sa pr&#233;tention &#224; rendre compte des &#339;uvres par des &#171; &lt;i&gt;explications&lt;/i&gt; &#187; ext&#233;rieures (vie de l'auteur, sources, contexte historique) et pr&#233;conise au contraire une approche rigoureusement textuelle, centr&#233;e sur l'&#233;tude du &#171; &lt;i&gt;contenu &#233;crit&lt;/i&gt; &#187; o&#249; l'&#233;crivain signifie formellement son &#171; &lt;i&gt;intention humaine&lt;/i&gt; &#187; par une combinaison particuli&#232;re entre la &#171; &lt;i&gt;langue&lt;/i&gt; &#187; norm&#233;e de son temps et le &#171; &lt;i&gt;style&lt;/i&gt; &#187; personnel qu'il se construit en fonction de &#171; &lt;i&gt;la nouvelle probl&#233;matique du langage litt&#233;raire&lt;/i&gt; &#187; et de sa propre histoire. C'&#233;tait annoncer &#171; &lt;i&gt;la mort de l'auteur&lt;/i&gt; &#187;, comme il le dira en 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux tenants de la nouvelle critique, sp&#233;cialistes de diverses m&#233;thodes de lecture (critique de la conscience, psychocritique, analyse formelle ou structurale, approche sociologique ou id&#233;ologique de la litt&#233;rature), se r&#233;unissent en colloque en 1966 &#224; Cerisy-la-Salle. La conclusion de leurs d&#233;bats, men&#233;e par Serge Doubrovsky, indique aux professeurs la r&#233;volution radicale de leur enseignement et met en &#233;vidence l'aporie compl&#232;te de leur formation : &#171; &lt;i&gt;Des signes sur des signes, de l'&#233;criture sur de l'&#233;criture, selon certains rapports r&#233;gl&#233;s, certes, mais sans personne pour signifier ni pour &#233;crire : le discours forme une totalit&#233; qui ne renvoie qu'&#224; elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; un agencement de structures signifiantes, et non, fondamentalement, au &#171; projet &#187; d'une conscience cr&#233;atrice et &#224; sa reprise par une conscience spectatrice. [&#8230;] Le langage, en effet, n'est pas utilis&#233; par un &#171; sujet &#187; pour &#171; s'exprimer &#187; : il est le sujet, au sens ontologique du terme. Le fameux &#171; moi profond &#187; de l'&#233;crivain est donc, au fond, un moi sans fond, coextensif au langage, &#224; un langage qui n'a pas de centre, ne parle &#224; personne et ne r&#233;v&#232;le rien&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du lecteur, et donc de l'&#233;l&#232;ve, change alors : de simple &#171; &lt;i&gt;spectateur&lt;/i&gt; &#187; d'un texte intangible dont une pens&#233;e pr&#233;c&#233;derait la forme, il devient interpr&#232;te et ex&#233;g&#232;te, et le sens du texte d&#233;pend de sa lecture. L'&#339;uvre ne rec&#232;le donc plus de signification obvie, mais se pr&#234;te &#224; une &#171; &lt;i&gt;lecture plurielle&lt;/i&gt; &#187; qui invalide la m&#233;diation charismatique du professeur des ann&#233;es 1950 et ouvre le sens du texte &#224; la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un mouvement similaire, l'enseignement de la langue dans le secondaire n'&#233;chappe pas plus aux questions que dans le primaire. La linguistique, issue des travaux anciens de Saussure r&#233;activ&#233;s par un bouillonnement de la recherche, promeut une grammaire non plus normative, mais fond&#233;e sur des r&#232;gles formelles de fonctionnement de la langue qui en proposent une vision plus rigoureuse et plus scientifique &#8211; les chercheurs y voient le pendant des &#171; math&#233;matiques modernes &#187;. Les structures de la langue se d&#233;duisent de leur utilisation et de leur commutativit&#233;, et sont d&#233;pendantes non d'un mod&#232;le, mais d'un syst&#232;me. Ce fonctionnalisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, gr&#226;ce auquel on esp&#232;re &#233;liminer les implicites culturels discriminants et les erreurs disciplinaires, bouscule radicalement la tradition : la prescription du &#171; bon usage &#187; et l'approche esth&#233;tique de la stylistique y sombrent corps et biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure n'est donc plus aux aggiornamentos mais &#224; une v&#233;ritable red&#233;finition de l'enseignement de la litt&#233;rature et de la langue fran&#231;aise, &#224; la lumi&#232;re de nouvelles visions qui correspondent &#224; une r&#233;volution. L'enseignement et les programmes s'en ressentiront avec retard, mais une page cardinale est tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c)	Une crise sociologique : le fran&#231;ais comme outil d'in&#233;galit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs vont &#234;tre plus encore radicalement remis en cause par l'analyse sociologique de leurs pratiques et surtout de leur raison d'&#234;tre. Depuis dix ans d&#233;j&#224; des travaux de l'INED&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Signal&#233;s par Cl&#233;mence Cardon-Quint en 2010 : L'enseignement du fran&#231;ais &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis la publication en 1964 de &lt;i&gt;Les h&#233;ritiers &#8211; les &#233;tudiants et la culture&lt;/i&gt;, de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, montrent, chiffres &#224; l'appui, le caract&#232;re socialement et scolairement s&#233;lectif de la langue fran&#231;aise : la langue originelle des classes cultiv&#233;es co&#239;ncidant exactement avec le fran&#231;ais &#233;labor&#233; de l'&#233;cole, l'institution scolaire est alors accus&#233;e de devenir, par le principe m&#234;me de son fonctionnement fond&#233; sur le fran&#231;ais - langue explicative de toutes les disciplines et langue litt&#233;raire de la grammaire, de la rh&#233;torique et des textes d'&#233;crivains -, complice et factrice en son sein d'un &#233;chec que sa principale mission &#233;tait de combattre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont surtout les &#233;v&#233;nements de 68 qui donneront plus tard son succ&#232;s &#224; ce dernier ouvrage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Masson, &#171; Premi&#232;res r&#233;ceptions et diffusion des H&#233;ritiers. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais sa th&#232;se principale se diffuse rapidement dans les milieux intellectuels et deviendra pour longtemps, alors m&#234;me qu'elle traite d'&#233;tudiants de l'universit&#233;, une vulgate de lecture des in&#233;galit&#233;s sociales dans l'&#233;cole. Clou&#233; au pilori, l'enseignement du fran&#231;ais est sp&#233;cifiquement attaqu&#233; dans un article connexe de 1966&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu. L'&#233;cole conservatrice. Les in&#233;galit&#233;s devant l'&#233;cole et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les professeurs de lettres y voient la langue, pilier de leur enseignement, vid&#233;e de ses vertus et d&#233;nonc&#233;e comme vecteur principal (et sournois) de la domination sociale ; leur identit&#233; et l'&#233;ventail de leurs pratiques n'y r&#233;sistent pas. La gifle est d'autant plus violente qu'elle intervient au moment exact o&#249; la cr&#233;ation de la licence et des concours de lettres modernes ainsi que les apports de la linguistique avaient pu faire croire qu'un enseignement autonome et plus objectif du fran&#231;ais d&#233;livrerait des pesanteurs sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, comme le montrent les nombreuses plaintes des enseignants sur le fran&#231;ais d&#233;fectueux de leurs &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, article cit&#233;.&#034; id=&#034;nh7-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils &#233;chouent &#224; transmettre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Beaugrand dans Le Monde du 12 septembre 1959 : &#171; Notre enseignement ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;ce qui conditionne la construction des capacit&#233;s, cette langue &#233;labor&#233;e dont au m&#234;me moment le r&#244;le cardinal est plus clairement d&#233;fini : &#171; &lt;i&gt;la langue n'est pas un simple instrument, plus ou moins efficace, plus ou moins ad&#233;quat de la pens&#233;e, mais [&#8230;] elle fournit &#8212; outre un vocabulaire plus ou moins riche &#8212; une syntaxe, c'est-&#224;-dire un syst&#232;me de cat&#233;gories plus ou moins complexes, en sorte que l'aptitude au d&#233;chiffrement et &#224; la manipulation de structures complexes, logiques aussi bien qu'esth&#233;tiques, semble directement fonction de la complexit&#233; de la structure de la langue initialement parl&#233;e dans le milieu familial qui l&#232;gue toujours une part de ses caract&#233;ristiques &#224; la langue acquise &#224; l'&#233;cole&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part les r&#233;f&#233;rences auxquelles ils adossent leur enseignement se r&#233;v&#232;lent n'&#234;tre que des marqueurs sociaux : &#171; &lt;i&gt;Les enfants originaires des milieux les plus favoris&#233;s [&#8230;] h&#233;ritent aussi des savoirs et un savoir-faire, des go&#251;ts et un &#171; bon go&#251;t &#187; dont la rentabilit&#233; scolaire est d'autant plus grande que ces impond&#233;rables de l'attitude sont le plus souvent mis au compte du don.&lt;/i&gt; &#187; De plus, en laissant dans l'implicite (par exemple en enseignant peu les techniques de la composition fran&#231;aise) la plupart des savoir-faire que l'institution appr&#233;cie, ils collaborent involontairement &#224; la perp&#233;tuation de l'ordre social qui dans l'&#233;cole &#339;uvre sur le non-dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle analyse d&#233;truit &#233;galement les principes p&#233;dagogiques sur lesquels se d&#233;veloppaient les instructions officielles. &#171; &lt;i&gt;L'enseignement des Lettres&lt;/i&gt; &#187; devait par exemple &#171; &lt;i&gt;viser [&#8230;] &#224; affiner le go&#251;t&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Memento, op. cit., pr&#233;ambule.&#034; id=&#034;nh7-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; celui-ci devenu le &#171; bon go&#251;t &#187; discriminant de la sociologie, l'objectif est invalid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la langue et &#224; la posture professorales, par exemple celles des instructions humanistes du &lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. III, b).&#034; id=&#034;nh7-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (&#171; &lt;i&gt;Cette suggestion diffuse et comme invisible qui se fait sentir &#224; tout moment dans l'&#233;tude d'un grand texte, dirig&#233;e par un bon professeur&lt;/i&gt; &#187;), elles r&#233;sistent mal &#224; l'ironie : &#171; &lt;i&gt;un usage charismatique du verbe comme incantation prestigieuse destin&#233;e &#224; mettre le disciple en &#233;tat de recevoir la gr&#226;ce&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les langues anciennes &#233;taient r&#233;put&#233;es assurer une meilleure qualit&#233; de langue ? Voil&#224; qu'est d&#233;nonc&#233;e l'impuret&#233; de leur action, davantage issue d'un subtil bassin de d&#233;cantation sociale que des vertus linguistiques du latin et du grec : &#171; &lt;i&gt;Si une plus grande ma&#238;trise de la langue se rencontre toujours, en l'&#233;tat actuel des traditions et des techniques p&#233;dagogiques, chez les &#233;tudiants en lettres qui ont fait des langues anciennes, c'est que la formation classique est la m&#233;diation par laquelle s'expriment et s'exercent d'autres influences, comme l'information des parents sur les sections et les carri&#232;res, le succ&#232;s aux premi&#232;res &#233;tapes du cursus, ou encore l'avantage que constitue l'entr&#233;e dans des classes o&#249; le syst&#232;me reconna&#238;t son &#233;lite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explication de textes est par ailleurs suspect&#233;e dans sa nature m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Outre un lexique et une syntaxe, chaque individu h&#233;rite de son milieu une certaine attitude &#224; l'&#233;gard des mots et de l'usage des mots qui le pr&#233;pare plus ou moins aux jeux scolaires qui sont toujours, pour une part, dans la tradition fran&#231;aise de l'enseignement litt&#233;raire, des jeux avec les mots&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, la p&#233;dagogie de la langue et la validit&#233; de l'enseignement de la litt&#233;rature sont remises en cause, si de fait &#171; &lt;i&gt;la langue est la part la plus insaisissable et la plus agissante de l'h&#233;ritage culturel, parce que, en tant que syntaxe, elle procure un syst&#232;me de postures mentales transposables, elles-m&#234;mes solidaires des valeurs qui dominent toute l'exp&#233;rience&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les derni&#232;res d&#233;cisions institutionnelles des ann&#233;es 59-63 ont op&#233;r&#233; la fusion des voies de scolarisation sur le mod&#232;le classique, implicite, et non sur celui du technique, explicite. Or, selon Bourdieu, le non-dit scolaire, qui caract&#233;rise particuli&#232;rement l'enseignement traditionnel du fran&#231;ais, est marqu&#233; du sceau de la faillite et de la faute d&#233;mocratique, car il faudrait au contraire, id&#233;alement, rechercher &#171; &lt;i&gt;une p&#233;dagogie rationnelle et r&#233;ellement universelle qui, ne s'accordant rien au d&#233;part, ne tenant pas pour acquis ce que quelques-uns seulement ont h&#233;rit&#233;, s'obligerait &#224; tout en faveur de tous et s'organiserait m&#233;thodiquement par r&#233;f&#233;rence &#224; la fin explicite de donner &#224; tous les moyens d'acqu&#233;rir ce qui n'est donn&#233;, sous l'apparence du don naturel, qu'aux enfants de la classe cultiv&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Bien au contraire, la doxa en cour &#171; &lt;i&gt;tend &#224; d&#233;valoriser comme &#171; primaires &#187; (au double sens de primitives et de vulgaires) et, paradoxalement, comme &#171; scolaires &#187;, les actions p&#233;dagogiques tourn&#233;es vers de telles fins.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette condamnation des professeurs de lettres et du syst&#232;me qu'ils entretiendraient va d&#233;passer le cadre sociologique et p&#233;dagogique pour ouvrir dans leur enseignement une faille qui va aller s'&#233;largissant entre deux doctrines : des professeurs estiment qu'il faut, en vue de l'&#233;galit&#233; scolaire, renoncer aux exigences jug&#233;es discriminantes de la discipline pour reconna&#238;tre &#224; travers leur langue les &#233;l&#232;ves de milieux populaires ; d'autres, pour les m&#234;mes raisons d'&#233;galit&#233; et de progressisme, persistent &#224; vouloir faire b&#233;n&#233;ficier tous leurs &#233;l&#232;ves sans exception des vertus formatrices et lib&#233;ratrices d'une langue favorisant &#171; &lt;i&gt;l'aptitude au d&#233;chiffrement et &#224; la manipulation de structures complexes, logiques aussi bien qu'esth&#233;tiques&lt;/i&gt; &#187; dont il n'est pas question de les priver, sous peine de proroger les in&#233;galit&#233;s et d'entretenir l'&#233;litisme en restreignant la diffusion du savoir. Le tout sous l'&#339;il sourcilleux des tenants de Bourdieu, souvent sociologues eux-m&#234;mes. Le conflit s'ouvre pour longtemps : en 1996 encore, Philippe Meirieu ouvre &lt;i&gt;L'&#201;cole ou la guerre civile&lt;/i&gt; sur la formule d&#233;finitive : &#171; &lt;i&gt;La lecture et l'&#233;criture sont les premiers outils de s&#233;lection et d'exclusion&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 13.&#034; id=&#034;nh7-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et fait de l'&#233;cole le lieu du ressentiment social et de la spoliation mutuelle : &#171; &lt;i&gt; Peut-on se sentir le fr&#232;re, le concitoyen, de celui qui ne r&#233;ussit qu'&#224; votre d&#233;triment ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit. p. 83.&#034; id=&#034;nh7-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Fran&#231;ois Dubet en 2001, renon&#231;ant &#224; &#171; &#233;lever l'&#233;l&#232;ve &#187;, demande que les contenus du coll&#232;ge soient &#171; &lt;i&gt;ce que doit savoir le plus faible des &#233;l&#232;ves quand il en sort&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au Forum des Etats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;cologie politique, 16 juin 2001.&#034; id=&#034;nh7-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les d&#233;tracteurs du latin quant &#224; eux, ignorant l'apport culturel, r&#233;flexif et linguistique des langues anciennes, se pr&#233;cipitent sur l'argument sociologique pour mieux raviver les vieux conflits de 1880 et 1902. L'int&#233;r&#234;t intellectuel des savoirs et des disciplines se change ainsi en marqueurs sociaux culpabilisants, ce qui opacifie tous les d&#233;bats en remettant en cause la n&#233;cessit&#233; m&#234;me d'enseigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans d&#233;nier &#224; l'analyse de Bourdieu une salutaire vertu d'alerte, on peut pointer ses limites et ses contradictions. Les professeurs de lettres ne sont pas &#224; cette date majoritairement issus de la classe dominante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le tableau fourni par Antoine Prost, op. cit. p. 372 &#8211; d'autant plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, preuve que leur origine sociale et l'enseignement qu'ils ont re&#231;u ne les avaient pas mis en &#233;chec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le parcours d'Annie Ernaux, de milieu modeste et provincial, devenue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les &#233;tudiants de lettres classiques ont &#171; &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;une meilleure ma&#238;trise de la langue&lt;/i&gt; &#187;, l'analyse sociologique, qui souligne &#224; juste titre le r&#244;le s&#233;lectif que les classes favoris&#233;es ont longtemps fait jouer aux langues anciennes, n&#233;glige l'avantage proprement linguistique que ces &#233;tudiants ont pu retirer de leur formation classique : les cours de latin et de grec sont autant de contacts, plus r&#233;p&#233;t&#233;s que pour les &#233;l&#232;ves de section moderne, avec un fran&#231;ais &#233;labor&#233;, et l'exercice intensif de la traduction induit une conscience plus d&#233;velopp&#233;e des faits de langue. On peut m&#234;me consid&#233;rer qu'ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; avant l'heure d'une &#171; &lt;i&gt; p&#233;dagogie rationnelle&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pondant &#224; celle que Bourdieu appellera de ses v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la langue r&#233;put&#233;e dominatrice qu'il vilipende est aussi celle qui a procur&#233; &#224; Bourdieu les &#171; &lt;i&gt;postures mentales transposables&lt;/i&gt; &#187; qui ont fait la qualit&#233; de ses analyses, la pr&#233;cision de son expression, et la pr&#233;valence de sa position. Les professeurs de terrain, dont les plus engag&#233;s ont lu les analyses d&#233;stabilisantes du sociologue, ne renoncent donc pas &#224; transmettre &#224; leurs &#233;l&#232;ves la langue exigeante et complexe qui, dans le cadre des programmes alors en vigueur, leur para&#238;t encore la plus &#224; m&#234;me de permettre leur r&#233;flexion et favoriser leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des essais de &#171; &lt;i&gt;p&#233;dagogie rationnelle et vraiment universelle&lt;/i&gt; &#187;, tenant compte &#224; la fois des critiques de Bourdieu et de l'exigence des savoirs, tentent d'ailleurs &#224; ce moment de tenir les deux bouts sociologique et didactique de la cha&#238;ne, et de b&#226;tir des strat&#233;gies d'appropriation de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d)	Langue, litt&#233;rature, sociologie : des laboratoires m&#233;connus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es g&#233;n&#233;rales de Bourdieu inspirent en 1966 &#224; un philosophe et aussi sociologue, Guy Vincent, un test chiffr&#233; et analys&#233; des capacit&#233;s lexicales respectives d'&#233;l&#232;ves de 5e et 3e de CEG (anciens cours compl&#233;mentaires), modernes et de transition, et de premier cycle de lyc&#233;e classique et moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Vincent, Enseignement du fran&#231;ais et syst&#232;me scolaire, in [Revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, test &#233;labor&#233; avec l'aide d'un professeur de lettres. Il souhaite r&#233;pondre ainsi &#224; deux questions : &#171; &lt;i&gt;Est-il possible aux &#233;l&#232;ves dont la langue maternelle n'est pas la langue cultiv&#233;e d'utiliser celle-ci aussi bien que les &#233;l&#232;ves originaires des classes cultiv&#233;es ? Le fran&#231;ais est-il enseign&#233; selon des m&#233;thodes adapt&#233;es aux &#233;l&#232;ves dont la langue maternelle est la langue populaire ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de r&#233;pondre par l'affirmative &#224; la premi&#232;re et la n&#233;gative &#224; la seconde, il observe, par l'analyse statistique de son test, que l'esprit &#171; concret &#187; attribu&#233; aux &#233;l&#232;ves de classes populaires et l'esprit &#171; d'abstraction &#187; suppos&#233; des &#233;l&#232;ves de lyc&#233;e ne sont pas naturels, mais enti&#232;rement induits, construits et cultiv&#233;s par le type d'enseignement qu'ils re&#231;oivent, issu des pr&#233;jug&#233;s institutionnels et professoraux, &#171; &lt;i&gt;les id&#233;ologies p&#233;dagogiques&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il souligne que l'&#233;cole en est impr&#233;gn&#233;e, et soul&#232;ve de salutaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui dans un r&#233;flexe primaire confondent nature et culture ; puis il prouve que les capacit&#233;s des &#233;l&#232;ves sont &#233;gales d&#232;s lors qu'on &#233;limine les questions sur la langue litt&#233;raire classique et la culture g&#233;n&#233;rale, moins enseign&#233;es en CEG &#171; &lt;i&gt;malgr&#233; l'identit&#233; des programmes&lt;/i&gt; &#187;. Il pose alors la question cardinale : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;cole pourrait-elle, sinon supprimer toutes les in&#233;galit&#233;s de lexique, du moins faire acqu&#233;rir &#224; tous les &#233;l&#232;ves un vocabulaire pr&#233;cis, riche, voire m&#234;me abstrait sinon litt&#233;raire ? Si oui, doit-on attendre ce r&#233;sultat de l'impr&#233;gnation d'un enseignement de culture, tel que le con&#231;oit le secondaire, ou des m&#233;thodes p&#233;dagogiques scolaires auxquelles le primaire est attach&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les capacit&#233;s verbales, l'alternative est nettement pos&#233;e, mais la clart&#233; de cette analyse ne sera pas accept&#233;e, car elle vient d'un sociologue et non d'un litt&#233;raire, et que, sans prendre en compte le r&#244;le de la syntaxe &#224; la diff&#233;rence de l'analyse de Bourdieu, elle restreint le champ des lettres au fran&#231;ais : elle assigne comme finalit&#233; &#224; cet enseignement &#171; &lt;i&gt;de faire apprendre &#224; tous une langue commune &#224; tous&lt;/i&gt; &#187;, et condamne le &#171; &lt;i&gt;fran&#231;ais-litt&#233;rature&lt;/i&gt; &#187; trop discriminant &#224; son sens (&#171; &lt;i&gt;Les clivages se multiplient et les diff&#233;rences augmentent d&#232;s que l'exercice se rapproche de certains aspects de l'explication de textes et d&#232;s qu'il s'agit d'un vocabulaire litt&#233;raire&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant peu de temps auparavant, d'autres travaux tout aussi chiffr&#233;s et analys&#233;s, exposant non un constat et des hypoth&#232;ses, mais un rem&#232;de &#233;prouv&#233; par l'exp&#233;rience, montraient que l'on pouvait notablement am&#233;liorer les r&#233;sultats et l'int&#233;r&#234;t des &#233;l&#232;ves de milieu populaire en empruntant la piste pr&#233;cis&#233;ment r&#233;cus&#233;e par Guy Vincent : la fr&#233;quentation assidue des textes litt&#233;raires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Repusseau Jean, Une exp&#233;rience d'enseignement du fran&#231;ais fond&#233;e sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude sociologique et p&#233;dagogique, qui donnera lieu &#224; une th&#232;se de doctorat, est men&#233;e de 1957 &#224; 1961 par Jean Repusseau, inspecteur d'acad&#233;mie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Devenu Inspecteur g&#233;n&#233;ral, il r&#233;digera la circulaire dite &#171; Fontanet &#187; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et leur instituteur adepte de m&#233;thodes Freinet, dans des classes nombreuses (de 40 &#224; 32 &#233;l&#232;ves) &#224; double niveau de CM2/CFE d'une &#233;cole rurale de Charente o&#249; &#171; &lt;i&gt;le niveau social des familles [de petits viticulteurs, d'artisans, ou d'ouvriers agricoles] est relativement bas&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les enfants, sauf exceptions, livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;. Comme Guy Vincent, il part de deux interrogations simples : &#171; &lt;i&gt; Ne pourrait-on pas d'abord essayer de combler, dans le domaine du fran&#231;ais,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;les in&#233;galit&#233;s qui, abstraction faite du milieu g&#233;ographique, tiennent aux in&#233;galit&#233;s sociales ? Ne pourrait-on pas surtout cr&#233;er en classe chez les &#233;l&#232;ves un &#171; milieu int&#233;rieur &#187; linguistique tel qu'il n'y ait plus contamination possible par le milieu ext&#233;rieur, mais au contraire diffusion dans le milieu naturel des bonnes habitudes prises en classe ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il remplace donc tous les cours de fran&#231;ais (syst&#233;matiquement plac&#233;s le matin, avant les math&#233;matiques, les autres mati&#232;res &#233;tant abord&#233;es l'apr&#232;s-midi) par l'explication compl&#232;te de l'id&#233;e directrice et de toutes les dimensions - lexicale, grammaticale, orthographique et stylistique,- de textes litt&#233;raires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le texte d'auteur pr&#233;sente l'avantage d'&#234;tre une ressource &#233;labor&#233;e, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; courts (une vingtaine de lignes) chacun &#171; &lt;i&gt;choisi &#224; cause de sa qualit&#233;, de son unit&#233; et de sa signification humaine dans toute la mesure du possible&lt;/i&gt; &#187;, reli&#233;s par un th&#232;me commun, textes qu'il fait progressivement mais syst&#233;matiquement apprendre par c&#339;ur et v&#233;rifier par auto-dict&#233;es. Des r&#233;dactions, o&#249; le r&#233;emploi strict est interdit mais les &#233;quivalences ou interf&#233;rences accept&#233;es, font suite chaque semaine &#224; cet apprentissage. En dehors de quelques compl&#233;ments syst&#233;matiques plus traditionnels (orthographe ou conjugaison par exemple), Repusseau a fait &#171; &lt;i&gt;supprim(er) de l'emploi du temps les exercices traditionnels de vocabulaire et d'&#233;locution, de m&#234;me que les exercices dits &#171; de style &#187; ou de construction de phrases.&lt;/i&gt; &#187; Des tests de tous ordres, y compris de motricit&#233; fine, fournis et analys&#233;s dans l'&#233;tude qui donne toutes les statistiques obtenues, ont clos chaque ann&#233;e scolaire, montrant des progr&#232;s effectifs dans toutes les mati&#232;res et pas seulement en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la classe de fran&#231;ais tourne autour de cette activit&#233; : &#171; &lt;i&gt; nous r&#233;duisons l'action essentielle du ma&#238;tre &#224; l'exploitation du texte de lecture ; bref &#224; la p&#233;dagogie du tour de main et de la recette nous substituons la p&#233;dagogie de la culture.&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;nos &#233;l&#232;ves ont besoin d'une nourriture &#171; &#233;labor&#233;e &#187; dans tout ce qui touche &#224; l'humain : rien n'est meilleur que les textes de bons auteurs &#224; cet &#233;gard &#8212; et rien n'est probablement meilleur que les textes de bons auteurs que le temps a suffisamment s&#233;par&#233;s de nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confrontation de ces r&#233;flexions et la parution compl&#232;te des analyses de Guy Vincent (qui n'eut jamais lieu) auraient pu cr&#233;er un climat positif d'effervescence didactique, d'interrogations lib&#233;r&#233;es des a priori, une novation des m&#233;thodes d'approche de l'&#233;galit&#233; scolaire, et une clarification des r&#233;formes du premier cycle avant d'entamer celles du second. C'&#233;tait la feuille de route th&#233;orique indispensable qu'indiquait Pierre Bourdieu en conclusion des &lt;i&gt;H&#233;ritiers&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;En l'absence d'une p&#233;dagogie rationnelle mettant tout en &#339;uvre pour neutraliser m&#233;thodiquement et contin&#251;ment, de l'Ecole maternelle &#224; l'Universit&#233;, l'action des facteurs sociaux d'in&#233;galit&#233; culturelle, la volont&#233; politique de donner &#224; tous des chances &#233;gales devant l'enseignement ne peut venir &#224; bout des in&#233;galit&#233;s r&#233;elles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette direction qui, notons-le, investissait ce qu'on appellerait aujourd'hui la didactique d'un pouvoir consid&#233;rable, n'a pas &#233;t&#233; suivie. Au contraire, tr&#232;s peu de temps apr&#232;s, et pour des raisons sans doute avant tout budg&#233;taires, la r&#233;duction continue des horaires de fran&#231;ais au coll&#232;ge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur le site de Sauver les lettres l'&#233;volution des horaires de 1976 &#224; 2004&#034; id=&#034;nh7-77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en 1975 avec la r&#233;forme Haby, 1986 avec la r&#233;forme Chev&#232;nement puis 1996 avec le minist&#232;re Bayrou, compromettent toutes les chances des &#233;l&#232;ves de milieu populaire, priv&#233;s de temps scolaire, de s'approprier la langue &#233;labor&#233;e et la syntaxe conceptuelle n&#233;cessaires &#224; leur r&#233;ussite. C'est au contraire l'&#233;nergie mise &#224; ne jamais faire se croiser authentiquement la voie didactique et le chemin politique qui caract&#233;rise la p&#233;riode suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L257xH192/Image_40-2-c825e.png?1790689104' width='257' height='192' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe 1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grands &#233;crivains et th&#232;mes abord&#233;s dans les programmes scolaires (1880-1967)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_187 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/Joste_2_Annexe_1_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 126.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe 2&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Instructions officielles de 1923, 1938, et Plan Rouchette (1969)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_188 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/Joste_2_Annexe_2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 140.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe 3&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les horaires de fran&#231;ais en Primaire : 1968-2004&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_189 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/Joste_2_-_Annexe_3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 14.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Antoine Prost, &lt;i&gt;Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation, IV &#8211; depuis 1930&lt;/i&gt;, Perrin, 2004, 252-261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B0 29 du 27 octobre 1960, &lt;i&gt;&#224; propos du Cycle d'observation, et Instructions pour la classe de fran&#231;ais au cours du trimestre d'observation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. note 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bishop Marie-France, &#034;Une r&#233;forme complexe et pol&#233;mique : la r&#233;novation du fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire de 1963 &#224; 1972&#034;, &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;maque&lt;/i&gt;, 2008/2 n&#176; 34, p. 59-72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La lettre de mission de Pierre Emmanuel est claire &#224; cet &#233;gard : &#171; &lt;i&gt;En ce qui concerne la scolarit&#233; obligatoire, votre Commission d&#233;finira les moyens propres &#224; donner &#224; l'&#233;l&#232;ve, quel que soit son milieu d'origine, une ma&#238;trise suffisante de la langue maternelle courante, orale et &#233;crite, pour qu'il puisse comprendre autrui, communiquer et s'exprimer librement&lt;/i&gt;. &#187;, cit&#233;e par Cl&#233;mence Cardon Quint, dans sa th&#232;se &#171; &lt;i&gt; Lettres pures ou lettres impures ?&lt;/i&gt; &#187;, Universit&#233; de Rennes 2, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Annexe 2 : Tableau comparatif des instructions de 1923 et 1938 avec les pr&#233;conisations du rapport Rouchette.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Linguiste suisse (1865-1947) disciple de F. de Saussure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une synth&#232;se du conflit et de ses protagonistes, voir Les dix ans qui r&#233;form&#232;rent le fran&#231;ais, par Antoine Prost, dans Le Monde de l'Education n&#176;313, avril 2003, p. 70-71, et l'article de Marie-France Bishop (cf. note 4).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Les instructions de 1923 entendaient supprimer les dict&#233;es au C.P. et prescrivaient qu'ensuite elles devaient &#234;tre pr&#233;par&#233;es : &#034; on n'obligera pas les enfants &#224; inventer ou &#224; deviner l'orthographe des mots inconnus, on la leur fera conna&#238;tre d'avance &#034;. Les dict&#233;es de contr&#244;le, &#224; c&#244;t&#233; des dict&#233;es pr&#233;par&#233;es, ne devaient appara&#238;tre qu'au C.M. On regretterait que ces prescriptions mod&#233;ratrices fussent perdues de vue.&lt;/i&gt; &#187; (BO du 4 d&#233;cembre 1972).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En majuscules dans le texte (Instructions du 30 septembre 1938)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 19 septembre 1968, &lt;i&gt;Instructions compl&#233;mentaires pour l'enseignement du fran&#231;ais en 6e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1882 d&#233;j&#224;, les instructions recommandaient en CE des dict&#233;es &#171; gradu&#233;es &#187; et en CM des dict&#233;es &#171; sans recherche des difficult&#233;s grammaticales &#187;. Et depuis... 1923, les dict&#233;es &#233;taient en CE &#171; pr&#233;par&#233;es &#187; et en CM de deux sortes bien discrimin&#233;es : &#171; pr&#233;par&#233;es ou de contr&#244;le &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les notes 13 &#224; 16 dans la premi&#232;re partie de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;JM Chapoulie et alii, &lt;i&gt;Sociologues et sociologies &#8211; La France des ann&#233;es 60&lt;/i&gt;, L'Harmattan 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La circulaire du 4 d&#233;cembre 1972 le r&#233;p&#232;te &#224; propos de la grammaire : &#171; &lt;i&gt;L'abus qui a &#233;t&#233; fait des d&#233;finitions et r&#232;gles n'est pas imputable aux instructions anciennes.&#034; Il ne s'agit pas, lit-on dans celles de 1923, de formuler des d&#233;finitions abstraites dont une connaissance approfondie ferait vite appara&#238;tre le caract&#232;re artificiel&#034;. L'avertissement avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; donn&#233;, avec insistance, par une circulaire dat&#233;e du 28 septembre 1910.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Viviane Isambert-Jamati, &lt;i&gt;La r&#233;forme de l'enseignement du fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;, CNRS, 1977, ATP n&#176;14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Antoine Prost, &lt;i&gt;Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation, IV : depuis 1930&lt;/i&gt; (Perrin, 2004) p. 198-199 ; Jean Combes, Histoire de l'&#233;cole primaire &#233;l&#233;mentaire en France, PUF, &#171; Que sais-je ? &#187; n&#176; 3092, p. 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'histoire de la commission Emmanuel est expos&#233;e en d&#233;tail dans la th&#232;se de Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., p. 736 &#224; 810.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B0 29 du 27 octobre 1960, &lt;i&gt;&#224; propos du Cycle d'observation., et Instructions pour la classe de fran&#231;ais au cours du trimestre d'observation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; L'essentiel est que l'enfant prenne plaisir &#224; cet apprentissage difficile. S'il y prend plaisir, en y consacrant le temps fix&#233; par le programme nouveau, au bout de trois mois il saura lire et au bout de l'ann&#233;e il saura lire couramment. Au cours &#233;l&#233;mentaire, la t&#226;che principale est encore d'entra&#238;ner l'enfant &#224; lire sans effort. &#187;&lt;/i&gt; (Instructions de 1923).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. les m&#233;moires de Jean Orieux, ancien inspecteur, dans Souvenirs de campagne, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La m&#233;thode naturelle attend que l'enfant ait &#171; &#171; &#224; force d'exp&#233;riences t&#226;tonn&#233;es, fait lui-m&#234;me des rapprochements entre les formes visuelles semblables et les consonances qui correspondent &#224; chaque signe &#187;, C&#233;lestin Freinet, La m&#233;thode naturelle de lecture (1947), in &#338;uvres, Seuil, t. 2, p. 237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir de Jean-Pierre Terrail &lt;i&gt;De l'in&#233;galit&#233; scolaire&lt;/i&gt;- apprendre &#224; lire (La Dispute 2002, p. 312 &#224; 322) et &lt;i&gt;&#201;cole, l'enjeu d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#8211; Les dispositifs de lecturisation de masse (La Dispute 2004, p. 92 &#224; 99).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcomp.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sauver les lettres&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, , ou Annexe 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir le site de &lt;i&gt;Sauver les lettres&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Les programmes scolaires au piquet&lt;/i&gt;, par un collectif d'enseignants en col&#232;re, Textuel, 2006, p. 16-24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;rence de consensus : l'enseignement de la lecture &#224; l'&#233;cole primaire, organis&#233;e par le PIREF, Programme incitatif de recherche en &#233;ducation et formation, sous la pr&#233;sidence d'Antoine Prost, historien de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans L'Express du 14 mars 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Journal d'une institutrice clandestine&lt;/i&gt;, de Rachel Boutonnet (Ramsay, 2003) et &lt;i&gt;Et vos enfants ne sauront pas lire&#8230; ni compter&lt;/i&gt;, de Marc Le Bris (Stock, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale 2013-066 de juin 2013 : Bilan de la mise en &#339;uvre des programmes issus de la r&#233;forme de l'&#233;cole primaire de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur de psychologie cognitive exp&#233;rimentale au Coll&#232;ge de France. Voir l'article du Monde du 20 d&#233;cembre 2013, &lt;a href=&#034;http://lemonde.fr/idees/article/2013/12/20/enseigner-est-une-science_4338294_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Enseigner est une science&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deauvieau J., &lt;i&gt;La lecture au CP : un effet-manuel consid&#233;rable&lt;/i&gt;, rapport de recherche, novembre 2013 &#8211; disponible sur le site de l'UVSQ (&lt;a href=&#034;http://www.uvsq.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.uvsq.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost, Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation depuis 1930 (Perrin, 2004)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par le &lt;i&gt;M&#233;mento &#224; l'usage des Professeurs et &#201;l&#232;ves Professeurs de lettres et grammaire&lt;/i&gt;, r&#233;dig&#233; par l'Inspection g&#233;n&#233;rale, CNDP 1950, r&#233;&#233;dit&#233; en 1964, aimablement communiqu&#233; par le Centre de ressources et de recherches du Mus&#233;e national de l'Education, Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la premi&#232;re partie de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;M&#233;mento&lt;/i&gt;&#8230;, p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Beaugrand, &lt;i&gt;Cahiers P&#233;dagogiques&lt;/i&gt; 8, 15 mai 1954.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Au lieu d'employer les biographies &#224; expliquer les &#339;uvres, il a employ&#233; les &#339;uvres &#224; constituer des biographies&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Hommes et livres&lt;/i&gt;, Oudin, 1896 ; &#171; &lt;i&gt;Tous ces rapports admis, il reste que l'on a &#224; peine touch&#233; l'&#339;uvre. Elle subsiste &#224; part de la vie, tr&#232;s dissemblable de l'homme ext&#233;rieur, pur produit d'une n&#233;cessit&#233; interne et inexplicable n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;La M&#233;thode de l'histoire litt&#233;raire&lt;/i&gt; (1911)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;Contre Sainte-Beuve&lt;/i&gt; ne sera mis au propre et publi&#233; qu'en 1954 par Bernard de Fallois (Gallimard), mais la pens&#233;e de Proust est d&#233;j&#224; connue : &#171; &lt;i&gt;Cette m&#233;thode m&#233;conna&#238;t ce qu'une fr&#233;quentation un peu profonde avec nous-m&#234;mes nous apprend : qu'un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la soci&#233;t&#233;, dans nos vices. Ce moi-l&#224;, si nous voulons le comprendre, c'est au fond de nous-m&#234;mes, en essayant de le recr&#233;er en nous, que nous pouvons y parvenir. Rien ne peut nous dispenser de cet effort de notre c&#339;ur.&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;En art il n'y a pas (au moins dans le sens scientifique) d'initiateur, de pr&#233;curseur. [&#8230;] Un &#233;crivain de g&#233;nie a tout &#224; faire. Il n'est pas beaucoup plus avanc&#233; qu'Hom&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; (&#233;dition Folio, p. 127 et 124).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Violaine Houdart-M&#233;rot, &lt;i&gt;La culture litt&#233;raire au lyc&#233;e depuis 1880&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes et Adapt-Snes, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En gras dans le texte d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt;&#8230;, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Instruction du 5 juin 1953 concernant la formation morale par l'explication des textes fran&#231;ais&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost, op. cit. p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 22 mai 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instructions du 30 septembre 1938.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Annexe 1 : Tableau synoptique des auteurs cit&#233;s dans les programmes, 1880-1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost, &lt;i&gt;Histoire de l'enseignement&lt;/i&gt;&#8230;, p. 286.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt;&#8230; op. cit., p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des professeurs se plaignent dans les &lt;i&gt;Cahiers P&#233;dagogiques&lt;/i&gt; de 1951 : &#171; &lt;i&gt;Le professeur de Lettres se demande si son petit troupeau est sourd ou aveugle pour les beaut&#233;s qui l'enchantent, ou si lui-m&#234;me n'est pas priv&#233; des dons qui &#233;veillent et &#233;clairent&lt;/i&gt; &#187; - cit&#233; dans l'article de Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, &#171; Gen&#232;se d'une crise : la lecture litt&#233;raire dans les Cahiers p&#233;dagogiques de la Lib&#233;ration &#224; Mai 1968 &#187;, dans Dan Savatovsky (coord.) &#034;La Crise du fran&#231;ais&#034;, &lt;i&gt;&#201;tudes de linguistique appliqu&#233;e&lt;/i&gt;, n&#176; 118, avril-Juin 2000, pp. 227-243.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Programme des &#233;tudes dans les Coll&#232;ges techniques d'industrie, 1947 ; Horaires, programmes et m&#233;thodes, coll&#232;ges d'enseignement technique, SEVPEN 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 24 juillet 1947.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost, Histoire de l'enseignement&#8230;, p. 257.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce choix de prendre &#224; rebours, pour des raisons p&#233;dagogiques d'accessibilit&#233;, la chronologie, se justifie en th&#233;orie par le fait que les &#233;l&#232;ves arrivent dans cette classe avec des connaissances historiques suffisantes...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. note 49, et Arr&#234;t&#233; du 15 janvier 1952.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;p. 95 &#224; 115 dans l'&#233;dition Bourrelier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instructions de 1947 pour les coll&#232;ges techniques, reprises en 1952 et 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Une semaine sur deux, exercices collectifs de composition et de r&#233;daction ; l'autre semaine, correction d'un devoir fait hors de la classe&lt;/i&gt;. &#187; Circulaires du 14 octobre 1955, 10 octobre 1959, 26 octobre 1960.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., p. 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Signal&#233;s par Cl&#233;mence Cardon-Quint en 2010 : &lt;i&gt;L'enseignement du fran&#231;ais &#224; l'&#233;preuve de la d&#233;mocratisation&lt;/i&gt; (1959&#8211;2001), Paedagogica Historica : International Journal of the History of Education, 46:1-2, 133-148 : &#171; &lt;i&gt;Diff&#233;rents travaux de l'Institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques (INED) &#8211; notamment ceux d'Alain Girard et Henri Bastide &#8211; publi&#233;s dans les cahiers de l'INED ou dans la revue Population, d&#233;montraient, depuis 1954, la vanit&#233; d'un tel espoir&lt;/i&gt; [d&#233;mocratiser le recrutement des &#233;lites]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Masson, &#171; Premi&#232;res r&#233;ceptions et diffusion des H&#233;ritiers. 1964-1973 &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cairn.info/revue-histoire-des-sciences-humaines-2005-2-page-69.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue d'histoire des sciences humaines&lt;/a&gt;, 2005, n&#176;13, pp. 69-98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu. L'&#233;cole conservatrice. Les in&#233;galit&#233;s devant l'&#233;cole et devant la culture. In :&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1966_num_7_3_2934&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de sociologie&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. 1966, 7-3. Les changements en France. pp. 325-347.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, article cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Beaugrand dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 12 septembre 1959 : &#171; &lt;i&gt;Notre enseignement ne peut pas se contenter d'un rendement de 10 %&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt;, op. cit., pr&#233;ambule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. III, b).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. cit., p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. cit. p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au Forum des Etats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;cologie politique, 16 juin 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. le tableau fourni par Antoine Prost, op. cit. p. 372 &#8211; d'autant plus parlant que la base statistique repose sur les seuls certifi&#233;s et agr&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. le parcours d'Annie Ernaux, de milieu modeste et provincial, devenue professeur certifi&#233;e (1966) puis agr&#233;g&#233;e (1971) de lettres modernes, pour qui l'&#233;cole a jou&#233; le r&#244;le d'ascenseur social, malgr&#233; l'acculturation impos&#233;e douloureusement v&#233;cue. Elle en t&#233;moigne dans une grande partie de son &#339;uvre, notamment Les Armoires vides (1974) et La Place (1983). Trente ans plus tard et pour les m&#234;mes raisons, Aur&#233;lie Filipetti dit son d&#233;sarroi &#224; son entr&#233;e &#224; l'Ecole normale sup&#233;rieure, dans Les derniers jours de la classe ouvri&#232;re (2003), p. 98-103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Vincent, Enseignement du fran&#231;ais et syst&#232;me scolaire, in [&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1968_num_9_3_1406&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue fran&#231;aise de sociologie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;], volume 9, n&#176; 9-3&lt;br class='autobr' /&gt; (travail signal&#233; par Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit. p. 601).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il souligne que l'&#233;cole en est impr&#233;gn&#233;e, et soul&#232;ve de salutaires interrogations de m&#233;thode : &#171; &lt;i&gt;Les cat&#233;gories de la pens&#233;e p&#233;dagogique et les principes d'orientation scolaire ne seraient-ils pas hypostasi&#233;s par l'&#233;cole ? L'orientation ne serait-elle pas une pr&#233;diction cr&#233;atrice ? Enfin les p&#233;dagogues ne confondent-ils pas plusieurs sortes d'abstraction auxquelles les &#233;l&#232;ves des classes d&#233;favoris&#233;es ne seraient pas &#233;galement inaptes, et ne privil&#233;gient-ils pas l'une d'entre elles ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Repusseau Jean, Une exp&#233;rience d'enseignement du fran&#231;ais fond&#233;e sur la m&#233;moire. In : &lt;i&gt;Enfance&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/enfan_0013-7545_1962_num_15_4_2298&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tome 15 n&#176;4-5, 1962&lt;/a&gt;. Num&#233;ro sp&#233;cial sur la m&#233;moire. pp. 329-373.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Devenu Inspecteur g&#233;n&#233;ral, il r&#233;digera la circulaire dite &#171; &lt;a href=&#034;http://www.samuelhuet.com/paid/41-textes-officiels/942-instructions-officielles-du-4-decembre-1972-1e-partie.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fontanet&lt;/a&gt; &#187; de d&#233;cembre 1972 pour l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le texte d'auteur pr&#233;sente l'avantage d'&#234;tre une ressource &#233;labor&#233;e, il est d&#233;j&#224; objet intangible ; on peut donc le lire et l'observer tout &#224; loisir. En l'&#233;crivant, l'auteur a sacrifi&#233; peut-&#234;tre beaucoup de possibles qu'il avait entrevus ou essay&#233;s, mais le sacrifice est consomm&#233;&lt;/i&gt;. &#187; Son analyse se termine par des exemples des textes litt&#233;raires utilis&#233;s dans la classe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur le site de &lt;i&gt;Sauver les lettres&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcomp.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;volution des horaires&lt;/a&gt; de 1976 &#224; 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les programmes de fran&#231;ais : de la stabilit&#233; au soup&#231;on. 3. 1970 &#8211; 2010, illusions perdues</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article185</link>
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		<dc:date>2014-03-25T13:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les remises en cause p&#233;dagogique, culturelle et politique d'un enseignement socialement marqu&#233; du fran&#231;ais semblent paradoxalement, au d&#233;but des ann&#233;es 70, ouvrir une voie de salut &#224; ses professeurs ; pour v&#233;ritablement d&#233;mocratiser le fran&#231;ais, il suffirait de continuer l'&#339;uvre de purification commenc&#233;e avec l'&#233;viction du mod&#232;le latin : le d&#233;barrasser des m&#233;thodes traditionnelles en repensant l'abord de la langue et des &#339;uvres sur le mode linguistique et structural, le d&#233;livrer des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH143/arton185-8e64d.png?1790689097' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='143' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff185.png?1790685250&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les remises en cause p&#233;dagogique, culturelle et politique d'un enseignement socialement marqu&#233; du fran&#231;ais semblent paradoxalement, au d&#233;but des ann&#233;es 70, ouvrir une voie de salut &#224; ses professeurs ; pour v&#233;ritablement d&#233;mocratiser le fran&#231;ais, il suffirait de continuer l'&#339;uvre de purification commenc&#233;e avec l'&#233;viction du mod&#232;le latin : le d&#233;barrasser des m&#233;thodes traditionnelles en repensant l'abord de la langue et des &#339;uvres sur le mode linguistique et structural, le d&#233;livrer des connivences culturelles en objectivant son &#233;tude, enfin le purger de l'humanisme disciplinaire et historique en instaurant une d&#233;marche d'appropriation individuelle sans m&#233;diation ni ma&#238;tre, trop marqu&#233;s du sceau dominant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux courants concomitants et finalement convergents vont plus particuli&#232;rement remettre en cause et d&#233;stabiliser les contenus de l'enseignement du fran&#231;ais : la contestation du &#171; ma&#238;tre &#187; et la promotion de l'&#233;l&#232;ve par les p&#233;dagogies nouvelles, et la critique du corpus litt&#233;raire par une association de sp&#233;cialistes qui &#233;tend ses th&#232;ses jusqu'aux syndicats. Si l'un et l'autre provoquent des r&#233;flexions salutaires, ils crispent aussi un d&#233;bat qui n'est &#224; l'heure actuelle ni tranch&#233; ni apais&#233;, la baisse r&#233;guli&#232;re du niveau des &#233;l&#232;ves dans toutes les statistiques montrant bien que ni les horaires, ni les contenus, ni les m&#233;thodes ne conviennent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'entr&#233;e en lice de doctrines porteuses de conflits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Non plus des &#171; ma&#238;tres &#187;, mais des &#171; animateurs &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233; devant les changements suscit&#233;s par la r&#233;forme Berthoin et les avanc&#233;es disciplinaires multiples qui mettaient en &#233;vidence les impasses de la routine, des contenus ou des m&#233;thodes, le ministre Alain Peyrefitte soutenait un changement g&#233;n&#233;ral du syst&#232;me &#233;ducatif ; il avait nomm&#233; Louis Legrand &#8211; qui r&#233;digea une premi&#232;re &#233;laboration du plan Rouchette, le &#171; projet d'instructions &#187;, et fera en 1981 partie du minist&#232;re Savary - &#224; la t&#234;te de l'IPN (Institut p&#233;dagogique national) en 1966, et mit nettement en selle, au colloque d'Amiens de mi-mars 1968 consacr&#233; &#224; la p&#233;dagogie du secondaire, la n&#233;buleuse r&#233;formiste issue de l'&#233;ducation nouvelle : &#171; Nous voulons des ma&#238;tres qui soient moins les serviteurs d'une discipline que les serviteurs des enfants, des ma&#238;tres qui sachent, certes, de quoi ils parlent, mais aussi et surtout &#224; qui ils parlent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Claude Leli&#232;vre,&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il confirmait les &#171; sciences de l'&#233;ducation &#187; introduites &#224; l'universit&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, pr&#233;conisait l'organisation des niveaux en cycles, pr&#233;figurait les futurs IUFM, et proposait de voir dans les professeurs non plus des &#171; ma&#238;tres &#187; mais des &#171; animateurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; D. Robert &#171; Autour de mai 1968, la p&#233;dagogie en question. Le colloque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces id&#233;es n'&#233;taient pas nouvelles : elles faisaient le fond de nombre de pr&#233;conisations et d'exp&#233;rimentations depuis la p&#233;dagogie Freinet ou certaines des instructions de Jean Zay en 1938, et m&#234;me des traditionalistes comme les inspecteurs g&#233;n&#233;raux du Memento de 1953 y faisaient appel, en pr&#244;nant les expos&#233;s oraux et les recherches individuelles. Elles prennent cependant un relief particulier si l'on examine de pr&#232;s leur premier champ officiel d'application syst&#233;matique avant 1968, les classes &#171; de transition &#187; et &#171; pratiques &#187;, o&#249; elles se sont d&#233;velopp&#233;es &#224; l'&#233;tat pur. Pour la premi&#232;re fois en effet, et contrairement aux principes de Jean Zay qui les couplait &#224; des programmes exigeants, on voit sans masque, dans les textes officiels, que ces p&#233;dagogies peuvent s'opposer de front &#224; une acquisition raisonn&#233;e des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes de 1963 pour les classes de &#171; transition &#187; de 6e et 5e (qui ont accueilli les &#233;l&#232;ves des anciennes classes de fin d'&#233;tudes du primaire, int&#233;gr&#233;s au coll&#232;ge par les r&#233;formes de 1959-63) pr&#244;nent des &#171; m&#233;thodes actives &#187;, des &#171; activit&#233;s d'&#233;veil &#187;, le &#171; travail par &#233;quipes &#187; ou par &#171; groupes &#187; (&#171; on devra constituer dans la classe des groupes de travail en tenant compte des niveaux diff&#233;rents de connaissances et des diff&#233;rences d'aptitude, groupes qui ne doivent pas &#234;tre rigides d'ailleurs ; tel enfant peut &#234;tre dans le groupe des &#8216;forts' en orthographe, dans celui des &#8216;faibles' en calcul. &#187;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette constitution de groupes &#224; l'int&#233;rieur de la classe, pendant la m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les textes de 1963 et 1964 insistent plus g&#233;n&#233;ralement sur &#034;l'individualisation des t&#226;ches&#034; qui devra &#034;&#234;tre op&#233;r&#233;e le plus fr&#233;quemment possible&#034;. &#034;De pr&#233;f&#233;rence, on donnera aux exercices une forme individuelle (par l'utilisation des fiches de travail et du syst&#232;me des ateliers tournants). On pourra ainsi adapter le rythme de la progression aux possibilit&#233;s de chaque enfant.&#034;, et le recours &#224; l'oral : &#171; l'expression &#233;crite risque, chez ces &#233;l&#232;ves, de ne pas traduire leur niveau r&#233;el &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instructions du 15 juillet 1963.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ceux de 1964 pour les m&#234;mes classes s'appuient explicitement sur les techniques Freinet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 18 septembre 1964.&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; enfin les instructions de 1966 pour les &#171; classes pratiques &#187; (pr&#233;-professionnelles) de 4e et 3e utilisent la formule qui fera flor&#232;s et probl&#232;me vingt-cinq ans plus tard : &#171; ces classes participent au courant p&#233;dagogique qui tend &#224; placer l'&#233;l&#232;ve au centre de l'action &#233;ducative. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instructions du 5 avril 1966.&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le but de l'&#233;cole devient &#171; l'&#233;panouissement g&#233;n&#233;ral de l'&#233;l&#232;ve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les savoirs n'y sont pas d&#233;connect&#233;s de l'affectivit&#233;. Les instructions relatives au &#171; climat &#187; de la classe sont tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es et psychologis&#233;es : l'&#233;l&#232;ve &#171; traumatis&#233; &#187; par ses &#233;checs ant&#233;rieurs rencontrera &#171; l'affection &#187; de son ma&#238;tre, sa bienveillance (&#171; on se gardera de sensibiliser exag&#233;r&#233;ment les &#233;l&#232;ves par des jugements de valeur rigoureux &#187;), et une &#171; mise en confiance &#187;. La &#171; motivation &#187; est importante et fixe le niveau des acquisitions : &#171; on se r&#232;glera sur l'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat (&#8230;) des &#233;l&#232;ves &#187;. Ce qu'on appellera plus tard la &#171; p&#233;dagogie de la r&#233;ussite &#187; est d&#233;j&#224; l&#224;, et impute l'&#233;chec non &#224; l'&#233;l&#232;ve mais au ma&#238;tre : &#171; le z&#233;ro en probl&#232;me ou en dict&#233;e dans ces classes signifie seulement que l'exercice a &#233;t&#233; mal choisi. &#187; Avant m&#234;me 1968, le ma&#238;tre est d'ailleurs remis &#224; sa place : &#171; La place du ma&#238;tre &#224; son bureau, devant ses &#233;l&#232;ves et souvent une estrade, est le signe d'un enseignement conceptuel &#224; base d'autorit&#233;. On supprimera donc l'estrade. Le ma&#238;tre doit avoir, sur le m&#234;me plan que l'ensemble de la classe, son coin &#224; lui. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 18 septembre 1964.&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'ailleurs peu question de savoirs, encore moins &#171; conceptuels &#187;. Les programmes sont remplac&#233;s par un &#171; objectif &#187; rendant les contenus &#233;vanescents : &#171; le programme restera con&#231;u en termes tr&#232;s larges, l'objectif minimum d'ensemble pouvant &#234;tre d&#233;fini comme le niveau moyen de connaissance et de moyens mentaux du cours moyen 2e ann&#233;e, notamment en ce qui concerne les apprentissages de base : parler, lire, &#233;crire, calculer &#187;. Les disciplines sont peu caract&#233;ris&#233;es (aucun programme, aucune progression ne sont fix&#233;s, les &#233;l&#232;ves n'ont pas plusieurs professeurs, mais un seul ma&#238;tre) et effac&#233;es au profit de travaux par &#171; th&#232;mes &#187; (&#171; la commune &#8211; son site, son terroir, sa population, son histoire &#187;, &#171; les vestiges du pass&#233;,&#8230; les mus&#233;es &#187;) sans organisation prescrite et constamment fond&#233;s sur &#171; l'intelligence concr&#232;te &#187; et non le &#171; raisonnement formel &#187; ; l'histoire, la g&#233;ographie et les sciences sont plac&#233;es au rang d'&#171; &#233;veil &#187; ; les activit&#233;s sont souvent des enqu&#234;tes ; et les horaires hebdomadaires sont absents en 6e et 5e, n'apparaissant qu'en 4e et 3e. Le travail hors classe est r&#233;duit : les activit&#233;s d'&#233;veil ne doivent pas &#234;tre l'objet &#171; d'une m&#233;morisation syst&#233;matique et impos&#233;e &#187;. Le cycle terminal (4e et 3e &#171; pratiques &#187; pr&#233;-professionnelles) a pour objectif moins des connaissances que des &#171; attitudes et qualit&#233;s &#187;, &#171; visant avant tout &#224; la polyvalence et &#224; l'adaptabilit&#233; &#187; au monde du travail : &#171; savoir comprendre, retenir, appliquer, un ordre, une consigne, une notice ou un mode d'emploi &#187;, &#171; pouvoir donner ou recevoir ais&#233;ment l'information sous forme orale, &#233;crite ou dessin&#233;e. &#187;&#8230; Toutes formulations qui pr&#233;figurent clairement les &#171; piliers &#187; du &#171; socle commun &#187; et les &#171; comp&#233;tences &#187; fix&#233;es par l'OCDE des ann&#233;es 2000 et pass&#233;es en loi en France sous le minist&#232;re Fillon en 2005&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps cette p&#233;dagogie rencontre une forte opposition, non de la droite qui apr&#232;s 1968 se pr&#233;occupe surtout du plan Rouchette et de la r&#233;novation de la langue comme facteurs de d&#233;sordre, et pas d'&#233;l&#232;ves en &#171; retard scolaire &#187;, &#171; moins dou&#233;s &#187; ou &#171; sous-instruits &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instructions du 15 juillet 1963.&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais de la gauche : Christian Baudelot et Roger Establet posent en principe, dans &lt;i&gt;L'&#201;cole capitaliste en France&lt;/i&gt; (1971), que les classes de transition sont des fili&#232;res d'exclusion, rendant impossible la &#171; transition &#187; qu'elles sont cens&#233;es assurer ; il s'agit d'un aller sans retour : &#171; Les m&#233;thodes actives ont, entre autres actions, celles d'interdire &#224; ceux qu'elles soumettent la possibilit&#233; de se r&#233;adapter aux pratiques scolaires plus coercitives du secondaire-sup&#233;rieur. Elles leur en ferment d&#233;finitivement l'acc&#232;s &#187;. Ils condamnent l'esprit de cette &#171; p&#233;dagogie de la jach&#232;re et du laisser-faire &#187; : &#171; Ce qui se donne comme la pointe de la recherche p&#233;dagogique atteste en fait le d&#233;sint&#233;r&#234;t profond manifest&#233; &#224; l'&#233;gard de ces &#233;l&#232;ves qu'on ne cherche qu'&#224; occuper, le plus heureusement possible, le plus utilement parfois : c'est ainsi que l'illusion p&#233;dagogique parviendrait presque &#224; faire prendre pour le sommet de l'audace p&#233;dagogique des pratiques qui contribuent pour leur part &#224; r&#233;aliser la division de classe et pr&#233;parent &#224; l'exploitation. &#187; Baudelot et Establet ne condamnent pas les m&#233;thodes actives en elles-m&#234;mes, mais leur action d&#233;l&#233;t&#232;re et leur opposition avec les savoirs construits et l'acquisition r&#233;flexive et argument&#233;e des connaissances transmis et pratiqu&#233;s dans les fili&#232;res classique et moderne : &#171; Il ne s'agit pas, ici, de mettre en question les pratiques scolaires en tant que telles, mais de montrer que loin de valoir en soi ces pratiques n'ont de sens qu'en tant qu'elles sont incompatibles avec celles du r&#233;seau secondaire-sup&#233;rieur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Baudelot, Roger Establet, L'Ecole capitaliste en France, Cahiers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces analyses pertinentes n'auront aucun effet. Au contraire cette p&#233;dagogie, bient&#244;t appel&#233;e &#171; p&#233;dagogisme &#187; car d&#233;voy&#233;e par un effet de radicalisation id&#233;ologique, n'aura de cesse de s'imposer et de d&#233;nigrer les savoirs, pensant peut-&#234;tre que son extension &#224; tout le syst&#232;me &#233;ducatif ferait tomber l'accusation politique. Pire, elle entrera dans la loi en 1989. Elle avait pourtant &#233;t&#233; tr&#232;s vite l'objet, en 1973, d'une condamnation officielle en tant qu'impasse scolaire : &#171; &#192; la lumi&#232;re d'une exp&#233;rience de plus de huit ann&#233;es, il appara&#238;t que l'absence de programmes n'est pas d&#233;pourvue d'inconv&#233;nients, en particulier pour l'entr&#233;e des &#233;l&#232;ves dans des sections d'enseignement g&#233;n&#233;ral ou professionnel ou pr&#233;-professionnel. Un texte d'orientation qui propose des contenus sera diffus&#233; prochainement. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 15 janvier 1973.&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous posons en principe le refus d'une culture-somme &#187; : l'Association Fran&#231;aise des Professeurs de Fran&#231;ais (AFPF)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sus ou en compl&#233;ment des Cahiers p&#233;dagogiques entr&#233;s depuis longtemps dans les projets de r&#233;forme et les vues minist&#233;rielles, et subventionn&#233;s par l'&#201;tat, se constituait une association de professeurs et universitaires majoritairement de lettres modernes, &#224; l'origine pr&#233;occup&#233;e de &#171; fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re &#187; dans le cadre de coop&#233;rations internationales pour le d&#233;veloppement de la francophonie : l'AFPF (Association Fran&#231;aise des Professeurs de Fran&#231;ais), qui s'ouvrait &#233;galement au premier degr&#233; et aux &#233;tablissements priv&#233;s. Par l'entremise d'un de ses fondateurs &#233;minents, Pierre Barb&#233;ris, et quittant sa sph&#232;re initiale, l'AFPF chercha &#224; entrer dans les n&#233;gociations pour peser sur les projets de r&#233;forme au minist&#232;re, &#224; partir de janvier 1969.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Cl&#233;mence Cardon Quint, Lettres pures&#8230;, op. cit. p. 661.&#034; id=&#034;nh8-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Devenue AFEF (passant de &#171; professeurs &#187; &#224; &#171; enseignants &#187; pour int&#233;grer le premier degr&#233;), elle noua des liens avec des participants ou des partisans du plan Rouchette de r&#233;novation du fran&#231;ais en primaire, comme Jean Repusseau.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf partie II, notes 76, 77, 78.&#034; id=&#034;nh8-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son programme, paru fin 1969 sous le nom de &#171; Manifeste de Charbonni&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Site de Sauver les lettres,&#034; id=&#034;nh8-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, empruntait aux pr&#233;occupations d&#233;j&#224; anciennes des linguistes et plus r&#233;centes de la nouvelle critique et des sociologues bourdieusiens, pour red&#233;finir l'enseignement du fran&#231;ais dans le secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de la langue, ce manifeste reprend explicitement les travaux de la commission Rouchette, issus de la linguistique et de la th&#233;orie de la communication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf partie II, 2b.&#034; id=&#034;nh8-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en se souciant comme elle de remplacer l'enseignement de la norme par celui de la structure, et en mettant l'accent sur le fonctionnement rationnel de la langue : &#171; Il sera utile de montrer que l'expression de la langue r&#233;pond &#224; un syst&#232;me aussi rigoureux que celui de la logique ou des math&#233;matiques. Il serait f&#226;cheux que les sciences seules apparaissent aux yeux des enfants comme exactes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la grammaire revendiqu&#233;e ici &#224; juste titre est scientifiquement plus exacte et objective, le manifeste y m&#234;le des consid&#233;rations ext&#233;rieures et des jugements qui obscurciront pour longtemps le d&#233;bat : son relativisme (&#171; la linguistique substitue &#224; la notion de faute celle de convenance &#187;) sera exploit&#233; plus tard pour discr&#233;diter l'enseignement d'un fran&#231;ais classique ; et son r&#232;glement de compte psychologisant avec la tradition (&#171; elle invite donc les p&#233;dagogues &#224; remplacer des techniques au fond r&#233;pressives par des exercices d'entra&#238;nement linguistique &#187;) fera assimiler &#224; tort l'enseignement de la grammaire &#224; une oppression indue.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, la vertu de la grammaire comme formation n&#233;cessairement pr&#233;coce de l'expression et de la r&#233;flexion est ni&#233;e, et sa ma&#238;trise repouss&#233;e vers un aval inqui&#233;tant : &#171; On tient cependant &#224; rappeler que l'&#233;tude de la langue - ou mieux, des divers syst&#232;mes d'expression - doit &#234;tre poursuivie tout au long des &#233;tudes et, en particulier, jusqu'&#224; la fin du second cycle du second degr&#233;. &#187; Une telle affirmation, au lieu d'&#234;tre productive, va servir d'autorisation &#224; repousser ind&#233;finiment la ma&#238;trise des fondamentaux. Or s'il est certain que la qualit&#233; de la langue &#233;crite doit &#234;tre sans cesse am&#233;lior&#233;e, son &#233;tude syst&#233;matique doit &#234;tre rapidement termin&#233;e, car comme le dit Eric Pellet, &#171; la grammaire est (&#8230;), avec les math&#233;matiques, la discipline scolaire qui donne le plus t&#244;t acc&#232;s &#224; l'abstraction &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Grammaire vs linguistique, les pr&#233;jug&#233;s et la raison&#034;, Eric Pellet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et elle fait partie &#224; ce titre des bases indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de litt&#233;rature, la rupture avec les habitudes d'enseignement est totale : &#171; Sans pr&#233;tendre d&#233;finir ce que pourrait &#234;tre aujourd'hui la culture, nous posons en principe le refus d'une culture-somme, ou organis&#233;e selon des normes chronologiques et nationales. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En gras dans le texte d'origine.&#034; id=&#034;nh8-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les notions d'histoire litt&#233;raire sont donc d&#233;sormais consid&#233;r&#233;es comme caduques et doivent &#234;tre remplac&#233;es par des &#171; objectifs &#187; : &#171; Pour &#234;tre efficace, toute r&#233;flexion sur le choix des textes et des m&#233;thodes nous semble devoir &#234;tre articul&#233;e non sur un programme chronologique (pr&#233;supposant la culture-somme que nous refusons comme irr&#233;aliste) mais sur une progression des objectifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine est pr&#233;cis&#233;e : &#171; Il y a lieu d'op&#233;rer un renversement de perspective : au lieu d'organiser la classe de fran&#231;ais comme une revue de l'histoire litt&#233;raire nationale par la lecture d'&#339;uvres chronologiquement abord&#233;es et de morceaux choisis, il nous semble que la fonction principale du professeur de fran&#231;ais dans ces classes est de donner une capacit&#233; d'acc&#232;s m&#233;thodologique aux grandes &#339;uvres litt&#233;raires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces positions de Charbonni&#232;res n'&#233;vitent pas le dogmatisme ; elles sentent davantage le r&#232;glement de comptes id&#233;ologique (la lutte contre &#171; la classe de fran&#231;ais comme une revue de l'histoire litt&#233;raire nationale &#187; et &#171; le d&#233;roulement d'un programme chronologique suivi &#187;, &#171; le refus d'une culture-somme, ou organis&#233;e selon des normes chronologiques et nationales &#187;) qu'elles n'exposent de solution d&#233;taill&#233;e en dehors de m&#233;thodes. D'ailleurs l'AFEF encore AFPF n'aura pas de propositions pr&#234;tes pour la d&#233;finition des nouvelles &#233;preuves du baccalaur&#233;at, &#233;labor&#233;es &#224; partir de 1968&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;40 du 14 novembre 1968.&#034; id=&#034;nh8-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et dans la commission Emmanuel, elle se gardera de participer en tant que telle aux propositions de programmes et instructions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;mence Cardon-Quint, Lettres pures&#8230;, p. 786.&#034; id=&#034;nh8-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se radicalisera plus tard pour lutter contre la dissertation &#224; l'examen, et parvenir, en 2000, &#224; refuser d'enraciner la litt&#233;rature dans le temps et &#224; stigmatiser l'&#233;tude d'auteurs &#171; morts ou en bonne voie de l'&#234;tre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Comment sauver la litt&#233;rature ?&#034;, Bulletin de l'AFEF, mars 2000.&#034; id=&#034;nh8-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est dire si sa doctrine va cr&#233;er des tensions. Elle contribuera &#233;galement &#224; importer un nouveau mode de r&#233;forme qui va peser plusieurs dizaines d'ann&#233;es sur l'enseignement du fran&#231;ais : les universitaires, majoritaires au sein de cette association, imposeront leurs vues th&#233;oriques dans la r&#233;novation de la discipline, au d&#233;triment de la p&#233;dagogie et des r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les demandes d&#233;j&#224; anciennes, notamment aux &lt;i&gt;Cahiers p&#233;dagogiques&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Beaut&#233;, Pour une charte de l'enseignement du fran&#231;ais dans le second (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de l'&#233;tude d'&#339;uvres compl&#232;tes et de m&#233;thodes efficaces d&#233;gag&#233;es de la subjectivit&#233; morale ou de la connivence culturelle, trouvent l&#224; un &#233;cho. Ce manifeste rencontre de plus la conviction politique d'une certaine proportion de professeurs soucieux de d&#233;mocratiser l'&#233;cole, notamment en la lib&#233;rant du mod&#232;le id&#233;ologique dominant port&#233; par le fran&#231;ais, et de dispenser un enseignement plus exact de la langue et de la litt&#233;rature, &#233;clair&#233; par les avanc&#233;es scientifiques en la mati&#232;re. Les r&#233;formes de 1968-69 vont les entendre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s la crise structurelle, intellectuelle et p&#233;dagogique : repenser le second cycle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En absorbant de fa&#231;on volontariste entre 1959 et 1963 les diverses structures ant&#233;rieures dans un syst&#232;me quasi globalis&#233;, le coll&#232;ge avait trouv&#233; un fonctionnement pour le premier cycle, entra&#238;nant dans son sillage, en amont, une red&#233;finition de l'&#233;tude du fran&#231;ais en primaire. Le second cycle va, lui aussi, se r&#233;former sous pression de l'aval : il ne donne pas satisfaction &#224; l'universit&#233; dont l'organisation r&#233;clame des &#233;tudiants pr&#233;orient&#233;s entre litt&#233;raires et scientifiques, alors que le lyc&#233;e fonctionne sur une autre dichotomie, entre classiques et modernes. Cette r&#233;partition va donc voler en &#233;clats en 1965, rencontrant une autre pr&#233;occupation : le souci d'enseigner des mati&#232;res davantage rationalis&#233;es, et de valoriser des &#233;tudes scientifiques r&#233;clam&#233;es par les milieux politiques, &#233;conomiques et industriels. Les fili&#232;res classiques A et C et moderne M sont remplac&#233;es par trois cursus en 2e : A litt&#233;raire, C scientifique, et T technique, subdivis&#233;s en 1&#232;re par trois autres s&#233;ries : B &#233;conomique, D sciences de la nature, et E math&#233;matiques et technique. Dans cette r&#233;organisation qui est aussi une d&#233;mocratisation, le statut du fran&#231;ais et celui de la fili&#232;re litt&#233;raire vont &#234;tre boulevers&#233;s ; pour la premi&#232;re fois la s&#233;rie A est pens&#233;e sans langues anciennes puisque le latin n'est plus la pierre angulaire de la structure : la fili&#232;re litt&#233;raire s'ouvre aux modernes, le latin pouvant y &#234;tre remplac&#233; par une troisi&#232;me langue vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le fran&#231;ais au baccalaur&#233;at&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les m&#234;mes pressions ajout&#233;es &#224; celle du renouveau de la r&#233;flexion litt&#233;raire, l'examen ne peut rester dans le statu quo ante. Diff&#233;rentes mesures structurelles vont indirectement r&#233;soudre la scl&#233;rose induite dans les pratiques du second cycle par les types d'&#233;preuves du baccalaur&#233;at. Le remplacement en 1962 de la premi&#232;re partie de l'examen, pass&#233;e en fin de 1&#232;re, par un &#171; examen probatoire &#187;, avait de fait exclu le fran&#231;ais du baccalaur&#233;at, le probatoire &#233;tant un dipl&#244;me de fin d'&#233;tudes secondaires et non le premier grade de l'universit&#233;. A son tour, la suppression du probatoire, fin 1964, repousse pendant deux ans l'&#233;preuve de fran&#231;ais &#224; la Terminale en l'incluant &#224; nouveau dans le baccalaur&#233;at, mais la lourdeur de la certification finale et la confusion avec l'enseignement de philosophie sont tranch&#233;es par le ministre Edgar Faure d&#233;but 1969 : l'&#233;preuve de fran&#231;ais du baccalaur&#233;at sera pass&#233;e en fin de 1&#232;re de mani&#232;re anticip&#233;e, comme au temps de la premi&#232;re partie ; elle sera composante int&#233;grale des autres &#233;preuves finales ; et le fran&#231;ais devient facultatif en Terminale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Souhaitables sur le fond, les deux r&#233;formes des s&#233;ries en 1965 et de l'examen en 1969 vont causer indirectement la crise de la fili&#232;re litt&#233;raire, qui actuellement n'a pas fini de peser : apr&#232;s avoir perdu le crit&#232;re du latin, elle perd celui du fran&#231;ais, qui n'est plus le marqueur de la s&#233;rie puisque les &#233;preuves anticip&#233;es concernent toutes les s&#233;ries sur le m&#234;me mod&#232;le, et puisque son enseignement s'arr&#234;te avec la classe de 1&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la fili&#232;re scientifique fortement structur&#233;e et renforc&#233;e en 1&#232;re et en Terminale avant l'examen, la fili&#232;re litt&#233;raire est explicitement coup&#233;e, ces deux ann&#233;es cruciales, d'une sp&#233;cialisation et d'une formation caract&#233;ristiques qui en auraient fait le sym&#233;trique de la fili&#232;re scientifique. Dit autrement, la fili&#232;re litt&#233;raire paie de sa disparition la d&#233;mocratisation du fran&#231;ais. Mais &#224; l'&#233;poque le risque n'est pas per&#231;u : en 1967-68, les facult&#233;s de lettres accueillent 34,3 % des &#233;tudiants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation, IV : depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#233;preuves anticip&#233;es : une r&#233;volution copernicienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme chirurgicale du baccalaur&#233;at de fran&#231;ais sous la forme anticip&#233;e va n&#233;cessairement avec une red&#233;finition des &#233;preuves, pour r&#233;soudre simultan&#233;ment la crise patente de l'examen, qui soucie les r&#233;formistes comme les radicaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, op. cit.&#034; id=&#034;nh8-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pris entre deux feux. L'option traditionnelle, maintenant au baccalaur&#233;at la composition fran&#231;aise sur programme d'auteurs, bloquait toute &#233;volution des programmes et des m&#233;thodes, &#233;troitement li&#233;s &#224; l'examen. L'option novatrice, voulant d&#233;samorcer psittacisme et cat&#233;chismes en privil&#233;giant le contact direct avec les &#339;uvres, d&#233;munissait les &#233;l&#232;ves moyens de rep&#232;res simples et favorisait ind&#251;ment, en cultivant de pr&#233;f&#233;rence les &#233;motions et le go&#251;t au d&#233;triment des connaissances explicites, les candidats rompus culturellement &#224; la lecture et &#224; l'expression personnelles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, op. cit. Le manifeste de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'impasse &#233;tait donc totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 1968, Edgar Faure met en place une commission de r&#233;novation p&#233;dagogique, o&#249; un groupe issu de l'Inspection g&#233;n&#233;rale, des syndicats, des associations de sp&#233;cialistes et de parents d'&#233;l&#232;ves se r&#233;unit sp&#233;cifiquement sur les &#233;preuves de l'examen. En novembre le principe de trois sujets propos&#233;s aux candidats est maintenu, mais au sein d'une r&#233;novation profonde des supports et des libell&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques sur le carcan des programmes sont entendues : &#171; &#192; chaque niveau, les programmes ont pour objet de graduer les efforts et d'&#233;viter les redites. Ils offrent des suggestions assez vari&#233;es pour qu'il soit ais&#233; d'y puiser, mais n'exigent &#233;videmment pas d'&#234;tre trait&#233;s en entier. [&#8230;] Dans les classes terminales, cette libert&#233; s'est trouv&#233;e r&#233;duite par l'&#233;troitesse d'une liste d'auteurs li&#233;e &#224; l'&#233;troitesse des horaires. L'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat des candidats a souvent conduit &#224; n'&#233;tudier que les &#339;uvres susceptibles de fournir mati&#232;re &#224; l'examen, et &#224; les &#233;tudier toutes. Ces consid&#233;rations n'ont plus &#224; intervenir aujourd'hui, puisque les sujets de baccalaur&#233;at de second type ne doivent plus porter de mani&#232;re exclusive sur une partie limit&#233;e du programme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;40 du 14 novembre 1968.&#034; id=&#034;nh8-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On propose tout d'abord un commentaire, sous deux formes : un commentaire de texte litt&#233;raire initialement r&#233;serv&#233; &#224; la fili&#232;re A, et un commentaire ou une analyse de texte d'id&#233;es, essai ou article de presse, d'esprit plus proche des &#233;preuves de fran&#231;ais des grandes &#233;coles scientifiques et donc au d&#233;part destin&#233; aux fili&#232;res C, D et E ; et deux sujets de composition fran&#231;aise, l'un litt&#233;raire sur programme large des &#171; grandes &#339;uvres que le candidat a &#233;tudi&#233;es ou lues &#187;, l'autre d&#233;tach&#233; de tout programme pr&#233;cis pour faire &#233;voquer par le candidat, &#171; en s'appuyant sur sa propre exp&#233;rience et sur ses lectures &#187; et sur &#171; son imagination &#187;, &#171; un th&#232;me intellectuel, moral, social ou esth&#233;tique &#187;, dans l'esprit d'une &#171; ouverture sur le monde et la vie &#187; issue en droite ligne du discours d'Edgar Faure &#224; l'Assembl&#233;e apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;risation d&#233;finitive des sujets, sous le minist&#232;re Guichard en 1969&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;9, 27 f&#233;vrier 1969.&#034; id=&#034;nh8-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, recadre le propos. Le premier sujet s'adresse dor&#233;navant &#224; toutes les fili&#232;res, et propose un r&#233;sum&#233; ou une analyse d'un texte d'id&#233;es, suivi d'une &#171; discussion &#187; &#224; partir d'une phrase ou d'une id&#233;e significative du texte laiss&#233;e au choix du candidat ; le second est un commentaire compos&#233; d'un texte litt&#233;raire, guid&#233; par un libell&#233; ; le troisi&#232;me est un &#171; essai litt&#233;raire &#187; qui reprend &#224; peu de choses pr&#232;s le second sujet retenu en 1968, en &#233;cartant la &#171; question de cours &#187; et en insistant sur &#171; les r&#233;actions authentiques &#187; et le &#171; sentiment sinc&#232;re &#187; du candidat. La composition fran&#231;aise de troisi&#232;me sujet dans la version ant&#233;rieure, sur &#171; un th&#232;me intellectuel, moral, social ou esth&#233;tique &#187;, est &#233;cart&#233;e pour deux raisons : apr&#232;s Bourdieu et les structuralistes, la vis&#233;e morale qu'elle semble donner &#224; l'enseignement litt&#233;raire ne peut plus &#234;tre accept&#233;e ; et toutes les instances de n&#233;gociation la trouvent floue et subjective, impossible &#224; pr&#233;parer, et donc inapte, par sa fragilit&#233; conceptuelle, &#224; une &#233;preuve de certification finale. Le d&#233;bat sur un tel type de sujet, clos &#224; l'&#233;poque, resurgira trente ans plus tard, o&#249; le flou sera cette fois choisi, avec le sujet &#171; d'invention &#187; introduit en 2001, demandant aux candidats de se projeter dans des sc&#233;narios ou des personnages (&#233;crivains, metteurs en sc&#232;ne, &#233;diteurs&#8230;) improbables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen &#233;crit est doubl&#233; d'un oral compos&#233; d'une explication de texte, sur liste pr&#233;sent&#233;e par le candidat des passages et des &#339;uvres &#233;tudi&#233;s dans l'ann&#233;e, suivie d'un court entretien o&#249; le candidat pourra &#171; manifester ses capacit&#233;s de r&#233;flexion et d'expression &#187;, ainsi que ses &#171; connaissances g&#233;n&#233;rales &#187;. La scl&#233;rose des orientations ant&#233;rieures, faisant de l'histoire litt&#233;raire le seul but de l'&#233;tude des &#339;uvres, est par&#233;e par avance : &#171; L'&#233;preuve ne saurait &#234;tre une interrogation d'histoire litt&#233;raire et ce n'est pas &#224; la m&#233;moire du candidat qu'elle fait appel &#187;. L'explication de textes est ainsi, selon les vieux souhaits de Lanson au d&#233;but du si&#232;cle, mise au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, les &#233;preuves de fran&#231;ais du baccalaur&#233;at de technicien sont align&#233;es sur celles du cycle g&#233;n&#233;ral et anticip&#233;es &#224; leur tour. L'enseignement du fran&#231;ais s'en trouve unifi&#233;, et affirme sa nature litt&#233;raire dans toutes les s&#233;ries comme le souhaitaient les textes de 1947 soucieux &#171; d'assurer aux &#233;l&#232;ves de nos Coll&#232;ges Techniques une culture litt&#233;raire qui les mette au contact des chefs-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature classique. &#187; Enfin, dans toutes les s&#233;ries, l'horaire hebdomadaire du fran&#231;ais en 2e et 1&#232;re est augment&#233; d'une heure, par compensation de la perte du fran&#231;ais de Terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tournant est aussi important que celui de 1880, &#233;cartant l'imitation pour parvenir &#224; la r&#233;flexion personnelle. Un m&#234;me mouvement, quatre-vingt dix ans apr&#232;s, &#233;carte, dans le m&#234;me but, une histoire litt&#233;raire rigidifi&#233;e et imp&#233;rialiste pour favoriser des &#171; capacit&#233;s de r&#233;flexion et d'expression &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De nouveaux programmes : la r&#233;forme introuvable&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le d&#233;sir de mutation se manifestait, pour des raisons soit p&#233;dagogiques soit scientifiques, dans les Cahiers P&#233;dagogiques, dans les salles des professeurs les plus impliqu&#233;es et les recherches universitaires, il n'&#233;tait transcrit, hors de l'examen, ni dans les faits ni dans les textes. Indispensable, il se trouva plac&#233; sous la houlette de deux commissions, l'une traditionnelle suscit&#233;e par Georges Pompidou, l'autre mise par Olivier Guichard d'abord sous le signe de la linguistique puis sous celui des enjeux culturels lorsqu'il en choisit le pr&#233;sident : la commission Pierre Emmanuel. Sa lettre de mission s&#233;parait nettement la double finalit&#233; du fran&#231;ais, communication pratique et expression esth&#233;tique, et rel&#233;guait d&#233;finitivement la grammaire, jug&#233;e obsol&#232;te &#224; partir du moment o&#249; le latin d&#233;clinait et &#233;tait repouss&#233; en 4e : elle n'avait jamais &#233;t&#233;, aux yeux du ministre, qu'une prop&#233;deutique &#224; cette mati&#232;re condamn&#233;e, et non ce qu'y voyait l'inspection g&#233;n&#233;rale quinze ans plus t&#244;t, le d&#233;veloppement de &#171; l'aptitude &#224; l'analyse et au raisonnement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Memento, op. cit.&#034; id=&#034;nh8-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un grand nombre de professeurs du sup&#233;rieur si&#233;geaient dans cette commission, repr&#233;sentants de la nouvelle critique et de la linguistique, et elle &#233;tait essentiellement ouverte aux partisans d'une r&#233;forme, notamment l'AFPF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux avaient &#224; peine commenc&#233; que la question politique s'y invita, dans les m&#234;mes termes &#224; peu pr&#232;s que dans la commission Rouchette pour le primaire quasi contemporaine, avec la d&#233;claration d'intention de Pierre Barb&#233;ris (pr&#233;sident de l'AFPF) pourtant exempte de maximalisme. Les conservateurs, par la voix de l'UNI, d&#233;nonc&#232;rent aussit&#244;t une entreprise marxiste de &#171; destruction du patrimoine culturel, ciment de la communaut&#233; nationale &#187;. Face &#224; des d&#233;clarations enflamm&#233;es de refus de la &#171; culture bourgeoise &#187; &#224; gauche et dans les syndicats d'enseignants (SGEN, FEN en particulier, SNES dans une moindre mesure), certains &#8211; &#201;cole &#201;mancip&#233;e &#224; gauche et Universit&#233; moderne &#224; droite - jou&#232;rent &#224; fronts renvers&#233;s, dans une perspective r&#233;publicaine et &#233;galitaire qui ne voulait pas renoncer &#224; enseigner un fran&#231;ais &#233;labor&#233; aux &#233;l&#232;ves socialement et culturellement d&#233;munis, qui sans leurs professeurs n'avaient aucun moyen d'&#233;l&#233;vation ni d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en d&#233;pit des divergences (utilitarisme &#224; droite, o&#249; Georges Pompidou allait jusqu'&#224; pr&#233;coniser une s&#233;lection pr&#233;coce, excluant les &#233;l&#232;ves &#171; moins dou&#233;s &#187; de l'&#233;tude de la litt&#233;rature ; promotion &#224; gauche o&#249; Pierre Barb&#233;ris tenait &#224; la culture g&#233;n&#233;rale, la lecture et la litt&#233;rature pour tous), l'id&#233;e de r&#233;forme et la diffusion des avanc&#233;es de la linguistique et de la nouvelle critique progressaient. La r&#233;alit&#233; de toutes fa&#231;ons s'imposait : avec la r&#233;forme des universit&#233;s en 1968, leur autonomie en mati&#232;re de formation et l'apparition d'unit&#233;s de valeur de linguistique fran&#231;aise et de th&#233;orie du texte, la formation universitaire des futurs professeurs &#233;tait modifi&#233;e en profondeur ; en litt&#233;rature, les approches m&#233;thodologiques et th&#233;oriques structuraient l'&#233;tude des &#339;uvres. L'agr&#233;gation de grammaire, fond&#233;e sur la linguistique des langues anciennes et la grammaire fran&#231;aise, introduisit la premi&#232;re la linguistique moderne dans ses &#233;preuves de fran&#231;ais, en 1970. Au CAPES de lettres modernes de 1972, une citation de Barthes entra dans les sujets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;mence Cardon Quint, th&#232;se &#171; Lettres pures ou lettres impures ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des professeurs des ENS (&#201;coles normales sup&#233;rieures) appartenaient &#224; la nouvelle critique. Enfin des &#233;diteurs de manuels anticip&#232;rent largement sur des instructions &#233;ventuelles pour proposer de nouveaux exercices. Les revues p&#233;dagogiques sp&#233;cialis&#233;es leur embo&#238;t&#232;rent le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps les travaux de la commission s'enlis&#232;rent, pris entre les exigences minist&#233;rielles de production rapide de textes applicables et la difficult&#233; &#224; d&#233;gager les lignes doctrinales essentielles et les finalit&#233;s de la r&#233;forme &#224; mener &#8211; l'AFEF n'avait pas de solution alternative &#224; proposer, et d&#233;missionna fin 1973. Le minist&#232;re suivant, avec Joseph Fontanet, s'irrita de l'absence de production de programmes de second cycle par la commission et en chargea l'inspection g&#233;n&#233;rale. L'int&#233;r&#234;t de la commission n'&#233;tait plus &#233;vident et elle disparut par consentement mutuel en avril 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inspection g&#233;n&#233;rale avait r&#233;dig&#233; de son c&#244;t&#233; des programmes de lyc&#233;e qui int&#233;graient de nouveaux modes d'approche (&#233;tude d'&#339;uvres int&#233;grales, recours l&#226;che aux programmes, &#233;tudes th&#233;matiques, ouverture vers la linguistique) mais ils en rest&#232;rent &#224; l'exp&#233;rimentation dans quelques &#233;tablissements. La r&#233;forme Haby du coll&#232;ge, avec la suppression des fili&#232;res, retarda jusqu'en 1981 la parution de programmes nationaux pour le second cycle. Un seul texte officiel, all&#233;geant les programmes comme le souhaitait Georges Pompidou, parut en 1973 ; il r&#233;duisait la part de Corneille (une seule trag&#233;die), supprimait Bossuet et Boileau, ainsi que l'obligation de l'&#233;tude de deux &#339;uvres compl&#232;tes par trimestre. La part du XVII&#232;me diminuait encore, mais les modes d'&#233;tude n'&#233;taient pas remis en cause. Depuis 1947, il y avait eu au fond peu de changements dans les textes officiels pour le second degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un nouvel examen : des instructions d&#233;guis&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme impossible des programmes de second cycle se fit autrement, par le biais des textes d&#233;finissant, par ajustements successifs qui dur&#232;rent dix ans, de 1968 &#224; 1978 (le temps de carence de nouveaux programmes), les &#233;preuves anticip&#233;es. Le sujet r&#233;volutionnaire de &#171; r&#233;sum&#233;/analyse-discussion &#187; fit entrer au lyc&#233;e de v&#233;ritables pr&#233;occupations de langue et d'expression, et renouvela l'approche du texte d'id&#233;es. Quant &#224; l'&#233;preuve orale sur liste, c'&#233;tait la vraie nouveaut&#233; ; elle orientait tout le contenu et les pratiques de l'ann&#233;e de 1&#232;re. Mais ces nouvelles &#233;preuves &#233;taient peu caract&#233;ris&#233;es et furent donc sujettes &#224; des recadrages successifs qui par d&#233;faut firent office d'instructions pour le lyc&#233;e : les deux ann&#233;es de 2e et 1&#232;re se moul&#232;rent sur le baccalaur&#233;at et cherch&#232;rent &#224; y r&#233;pondre. Ce faisant elles &#233;voluaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme assimilable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;preuves lib&#233;raient tout d'abord les professeurs du programme officiel en le d&#233;connectant de l'examen. A l'&#233;crit le programme devient d&#232;s 1968 un support et non un savoir obligatoire : &#171; les sujets du premier type reposent sur une &#233;tude de texte (appartenant ou pas au programme) &#187; ; l'essai litt&#233;raire ne vise pas &#171; de mani&#232;re exclusive un ouvrage ou un &#233;crivain d&#233;termin&#233; &#187;, mais &#171; les grandes &#339;uvres que le candidat a &#233;tudi&#233;es ou lues &#187;, puis en 1969 il sort plus nettement encore d'un programme : &#171; les grandes &#339;uvres que les candidats connaissent par leurs &#233;tudes ou leurs propres lectures &#187;, formule qui en 1971 est reprise et compl&#233;t&#233;e pour &#233;viter l'&#233;quivoque (ce qui montre que l'id&#233;e &#233;tait mal admise par les examinateurs) : ce sujet &#171; permet au candidat d'&#233;voquer librement les textes de son choix &#187;. Les sujets portent sur le roman, la po&#233;sie, le cin&#233;ma, le th&#233;&#226;tre, ou font entrer les candidats dans les d&#233;bats du moment : &#171; Jean Giraudoux a &#233;crit : &#8216;Mes camarades avec moi ont quitt&#233; leurs bancs d'&#233;l&#232;ves, les uns vers le droit, les autres vers les lettres, tous persuad&#233;s qu'ils connaissaient dans ses plus herm&#233;tiques ressorts la litt&#233;rature fran&#231;aise. Ils n'en connaissaient rien. Moi non plus. Les morceaux choisis ne sont qu'une des formes du complot qui travaille depuis des si&#232;cles &#224; dissimuler &#224; chaque Fran&#231;ais la r&#233;alit&#233; de cet h&#233;ritage dont il est, quel qu'il soit, le l&#233;gataire universel.' Expliquez cette opinion de Jean Giraudoux sur l'&#233;tude de la litt&#233;rature &#224; travers les morceaux choisis, et dites pourquoi vous la partagez ou non, en analysant des exemples pr&#233;cis.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;mence Cardon Quint, th&#232;se &#171; Lettres pures ou lettres impures ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oral, l'explication de textes et l'entretien portent sur la liste des &#339;uvres et auteurs &#233;tudi&#233;s avec le professeur durant l'ann&#233;e. C'est donc lui qui parmi les auteurs et &#339;uvres prescrits d&#233;limite pour sa classe le corpus &#224; conna&#238;tre, et fixe son programme : &#171; Chaque candidat pr&#233;sentera &#224; l'examinateur une liste indiquant les auteurs &#233;tudi&#233;s et les textes qui ont &#233;t&#233; l'objet de lectures contr&#244;l&#233;es ou d'explications au cours de l'ann&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;20, 16 mai 1968.&#034; id=&#034;nh8-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il peut ainsi s'adapter &#224; sa classe et choisir les approches, r&#233;instituant un lien organique avec le texte et non avec telle ou telle &#233;cole litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles modalit&#233;s vont appeler des pr&#233;cisions, soit pour inscrire les nouvelles dispositions dans des m&#339;urs r&#233;tives, soit pour limiter une libert&#233; excessive : on y lit en creux les clivages qui traversent les salles des professeurs. Pour l'oral les textes officiels jouent la balance ; ils recommandent en 1976 que &#171; les instructions concernant les &#233;preuves orales soient mises &#224; la disposition des examinateurs &#187;, il convient &#171; de les joindre &#224; la convocation &#187; (elles &#233;taient donc peu respect&#233;es), mais cherchent en revanche au fur et &#224; mesure &#224; recadrer l'&#233;preuve dans la formation g&#233;n&#233;rale prescrite par les programmes de 1965-67 : &#171; il est souhaitable que [la liste] comporte au moins sept ou huit noms d'auteurs d'&#233;poques vari&#233;es &#187; (1976), &#171; il est indispensable que plusieurs genres y soient repr&#233;sent&#233;s &#187; (1978), preuve que certaines listes n'&#233;taient pas assez g&#233;n&#233;ralistes, soit par tradition soit par novation l'une ou l'autre excessives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation d'un jugement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux sujets mettent l'accent sur la rigueur logique et la qualit&#233; de l'organisation de la pens&#233;e - toutes qualit&#233;s peu explicitement cultiv&#233;es auparavant -, qui vont donner &#224; l'enseignement litt&#233;raire un statut plus objectif et plus formateur, et sur la rigueur et la qualit&#233; de l'expression : &#171; quel que soit le sujet qu'il a choisi, le candidat doit s'attacher &#224; mettre en valeur l'&#233;nonc&#233; de ses id&#233;es par la clart&#233; et la solidit&#233; de l'organisation, la correction de la langue et du style, la convenance du ton, la qualit&#233; de pr&#233;sentation de la copie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectivit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier sujet, le r&#233;sum&#233; ou l'analyse d'un texte d'id&#233;es contraignent &#224; l'exactitude de la lecture, &#224; la compr&#233;hension d'un raisonnement, et au compte rendu pr&#233;cis d'une pens&#233;e &#233;trang&#232;re et parfois &#233;trange, qui force &#224; l'impartialit&#233; ; l'exercice est d'ailleurs issu des &#233;preuves de fran&#231;ais des concours scientifiques. Des consignes successives vont codifier ce nouvel apprentissage. Tout d'abord le rendre accessible : en 1971 le choix du texte support est s&#233;v&#232;rement recadr&#233;, preuve de sujets inappropri&#233;s : &#171; on &#233;vitera un texte qui pose de mani&#232;re abstraite de vastes probl&#232;mes philosophiques, multiplie les allusions savantes, use indiscr&#232;tement d'un jargon sp&#233;cialis&#233;. (&#8230;) On retiendra un texte dont la composition soit claire et ferme &#8211; autant que possible sans coupures &#8211; un tout coh&#233;rent dont la langue et le style soient ais&#233;ment accessibles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;46, 9 d&#233;cembre 1971.&#034; id=&#034;nh8-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Les consignes insistent ensuite sur la vertu logique et formatrice de l'exercice : &#171; met(tre) en &#233;vidence l'id&#233;e principale (&#8230;), reconstituer l'organisation interne de la pens&#233;e &#187;, et sur la distance salutaire qu'il instaure : &#171; La contraction requiert un effort soutenu d'objectivit&#233;. Dans cette phase sont exclus les jugements de valeur ou les commentaires personnels, et l'ajout d'une introduction ou d'une conclusion qui ne figurerait pas dans le texte initial.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;45, 14 d&#233;cembre 1978.&#034; id=&#034;nh8-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; De plus, cet exercice procure un apprentissage intensif de l'argumentation et un travail de langue (lexique, concision, expression) irrempla&#231;able, qui r&#233;pond fort &#224; propos &#224; l'accusation d'absence d'enseignement de l'&#233;criture en second cycle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression inexplicable du r&#233;sum&#233; en 1994 (apr&#232;s la r&#233;forme de 1983, qui supprimait l'analyse et donnait un libell&#233; &#224; la discussion, le premier sujet &#233;tant difficile &#224; appr&#233;hender)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le choix entre r&#233;sum&#233; et analyse d&#233;concertait les &#233;l&#232;ves, somm&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; retirera aux professeurs un exercice pr&#233;cieux et captivant, posera des probl&#232;mes dans les formations post-bac (classes scientifiques, enseignements para-m&#233;dicaux) qui int&#232;grent cette &#233;preuve r&#233;v&#233;latrice dans leurs concours, et d&#233;tournera bien des &#233;l&#232;ves du fran&#231;ais, qui perdra ainsi une dimension pr&#233;cieuse d'ouverture au monde des id&#233;es contemporaines. Quant &#224; ses qualit&#233;s intrins&#232;ques de respect de la pens&#233;e d'autrui, elles pouvaient avantageusement remplacer les discours moralisants de l'id&#233;ologie socialisante des d&#233;cennies suivantes, et &#171; la probit&#233; intellectuelle &#187; que les all&#232;gements de 1973 avaient supprim&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argumentation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructions affirment et affinent, au fil des BO, la n&#233;cessit&#233; de plans clairs et d'organisation logique, que ce soit en discussion de sujet 1, commentaire ou essai litt&#233;raire. D&#232;s 1968 le principe en est pos&#233; dans le commentaire : &#171; Le commentaire vise &#224; mettre en relief les &#233;l&#233;ments majeurs de l'int&#233;r&#234;t et de l'agr&#233;ment que peut &#233;prouver le lecteur. Il est donc toujours compos&#233;. &#187;, r&#233;it&#233;r&#233; en 1969 : &#171; le commentaire &#233;crit doit &#234;tre construit de fa&#231;on &#224; faire appara&#238;tre m&#233;thodiquement les &#233;l&#233;ments d'int&#233;r&#234;t que le candidat d&#233;couvre dans la page propos&#233;e &#187;, et r&#233;p&#233;t&#233; en 1978&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176; 42 du 28 novembre 1968, n&#176; 1 du 1er janvier 1970, n&#176; 45 du 14 d&#233;cembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sans doute faute de s'&#234;tre assez fait entendre auparavant : &#171; La seule astreinte, mais elle est capitale, est que le commentaire soit compos&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il proc&#232;de de r&#233;actions personnelles qu'il doit leur donner force par une organisation m&#233;thodique qui, &#233;liminant les r&#233;p&#233;titions et le d&#233;cousu, suscite chez le lecteur une adh&#233;sion qui va s'approfondissant. &#187; Ce qui en fait est vis&#233; et a du mal &#224; dispara&#238;tre, c'est la tradition de l'explication lin&#233;aire et donc impressionniste. De m&#234;me, les nouveaux exercices posaient des probl&#232;mes de rigueur aux professeurs, tels ces rappels r&#233;v&#233;lateurs &#224; propos de la discussion : &#171; Pour &#234;tre probante, la discussion doit comprendre une introduction, une d&#233;monstration &#233;tay&#233;e sur des faits et hi&#233;rarchis&#233;e, une conclusion &#187;, et de l'essai litt&#233;raire : &#171; L'int&#233;r&#234;t des r&#233;flexions ainsi form&#233;es et des illustrations et des justifications qui les &#233;clairent est mis en valeur par la solidit&#233; de la composition. &#187; Priv&#233;e de ses supports av&#233;r&#233;s, la tradition peinait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement personnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fant&#244;mes du d&#233;veloppement r&#233;flexe, du retour ind&#251; d'une histoire litt&#233;raire scl&#233;ros&#233;e, ou de la naissance de nouveaux dogmatismes, r&#244;dent partout dans les textes officiels, qui &#233;cartent les questions de cours et insistent au fil des BO sur le jugement personnel : &#171; Loin de faire servir [les &#339;uvres] &#224; l'illustration de &#171; questions de cours &#187; ou &#224; d'ambitieux d&#233;bats critiques, [l'essai litt&#233;raire] fait appel, &#224; partir d'une question simple, aux r&#233;actions authentiques que le candidat a &#233;prouv&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176;40 du 28 octobre 1971.&#034; id=&#034;nh8-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En commentaire, le candidat &#171; n'a pas &#224; faire servir ses observations &#224; l'illustration d'un chapitre d'histoire litt&#233;raire &#187;, ni en essai &#224; se livrer &#224; un &#171; d&#233;bat de doctrine portant sur la d&#233;finition th&#233;orique d'un genre, la gen&#232;se ou les effets g&#233;n&#233;raux des productions de la litt&#233;rature &#187;. Corollaire de ce refus de psittacisme, l'avis personnel du candidat est largement sollicit&#233; : le sujet d'essai litt&#233;raire &#171; pose, &#233;ventuellement &#224; partir d'une citation, une question largement ouverte, qui n'appelle pas une r&#233;ponse unique et pr&#233;d&#233;termin&#233;e. Cette question est formul&#233;e de mani&#232;re que chaque candidat se sente capable de la r&#233;soudre pour son propre compte, selon ses propres vues, en tirant parti &#224; sa convenance des lectures qu'il a faites en classe ou hors de la classe et sur lesquelles il peut fonder un jugement motiv&#233;. &#187; Quant &#224; la discussion, &#171; offrant au candidat l'occasion de s'exprimer de mani&#232;re personnelle sur un fait pr&#233;cis, elle exclut les d&#233;veloppements g&#233;n&#233;raux et tout faits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res recommandations datant de 1978, on voit que la pr&#233;paration de l'examen, en classe, n'avait pas fait, en dix ans, sa mutation. Certes, les sujets &#233;taient exigeants, et le meilleur candidat sera toujours celui qui aura lu et profit&#233; de ses lectures. Mais l'accent mis sur des exercices susceptibles d'apprentissage m&#233;thodique et sur un corpus plus restreint marquait un progr&#232;s d&#233;mocratique. Et le refus du mot &#171; dissertation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176; 45 du 14 d&#233;cembre 1978.&#034; id=&#034;nh8-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors m&#234;me que l'essai litt&#233;raire &#233;tait dissertatif d'essence et de m&#233;thode, montrait qu'un mode d'enseignement statufi&#233; par le plan pseudo-h&#233;g&#233;lien devait se terminer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le premier cycle in&#233;galitaire de la r&#233;forme Haby : des contenus, mais sans horaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes Berthoin puis Fouchet avaient restructur&#233; le premier cycle. En ce qui concerne le fran&#231;ais, les recherches et exp&#233;rimentations du plan Rouchette, ainsi que les divers s&#233;minaires r&#233;unissant enseignants et linguistes entre 1967 et 1970, informels ou sous l'&#233;gide de l'IPN (Institut p&#233;dagogique national)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La section lettres premier cycle de l'IPN organisa un colloque national &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avaient fait entrer dans les esprits et aussi dans les syndicats (SGEN, et SNES &#224; partir de 1967) une culture linguistique moderne en m&#234;me temps que la n&#233;cessit&#233; de revoir l'enseignement de la langue et ses cat&#233;gories dans les coll&#232;ges qui allaient accueillir les &#233;l&#232;ves d'un primaire r&#233;nov&#233;. Ayant connu auparavant un cursus de professeurs du secondaire, les linguistes universitaires y eurent un r&#244;le cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me p&#233;riode, les horaires du fran&#231;ais s'&#233;taient nettement accrus. De 144 heures annuelles en 6e classique, 216 heures en moderne de 1947 &#224; 1959, ils &#233;taient respectivement pass&#233;s entre 1960 et 1967 &#224; 180 et 228. Apr&#232;s un sommet en 1968-69 pour pallier la disparition du latin, ils revinrent pour tous les &#233;l&#232;ves, de 1969 &#224; 1977, &#224; 216 heures annuelles, mais avec d&#233;doublements de classes pour la moiti&#233; de l'horaire. On peut dire que dans un premier temps, l'ouverture du coll&#232;ge &#224; tous les &#233;l&#232;ves a &#233;t&#233; une d&#233;mocratisation effective, et que la le&#231;on des cours compl&#233;mentaires avait &#233;t&#233; entendue : depuis longtemps ils avaient 216 heures annuelles. Le progr&#232;s fut le d&#233;doublement syst&#233;matique qui accrut l'attention individuelle port&#233;e aux &#233;l&#232;ves : avec deux 6e, un professeur certifi&#233; avait un service complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette am&#233;lioration fut annul&#233;e au bout de cinq ans, le temps qu'arrivent au coll&#232;ge des &#233;l&#232;ves qui n'avaient eu au CP que 10 h hebdomadaires de fran&#231;ais au lieu de 15 jusqu'en 1969&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. site de Sauver les lettres, et&#034; id=&#034;nh8-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le fran&#231;ais d&#233;cid&#233;ment n'avait pas encore droit de cit&#233; comme discipline &#224; part enti&#232;re ; apr&#232;s qu'il eut supplant&#233; le latin, c'est le latin qui, argument &#224; g&#233;om&#233;trie variable, nuisait au fran&#231;ais et, absurdit&#233; supr&#234;me, &#224; ceux qui n'en feraient pas : comme les &#233;l&#232;ves n'allaient &#233;tudier le latin qu'en 4e au lieu de la 6e, le ministre Guichard amputa all&#232;grement un enseignement primaire du fran&#231;ais qui n'en &#233;tait &#224; son sens que la prop&#233;deutique. R&#233;sultat : tous les &#233;l&#232;ves y perdirent des heures pr&#233;cieuses pour la ma&#238;trise de la langue, et plus encore ceux qui ne choisissaient pas le latin en 4e... La r&#233;forme suivante au coll&#232;ge, souhaitable sur les contenus, allait &#224; son tour refuser d'en assumer le co&#251;t horaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;forme Haby : de nouveaux programmes (1977)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, les instructions de 6e et 5e sont revues en 1968 sans montrer d'inflexion notable, sauf en grammaire o&#249; les notions sont &#233;troitement associ&#233;es aux textes, et o&#249; pointe un discours a priori raisonnable : &#171; Il s'agit non d'emmagasiner une nomenclature, mais de comprendre clairement les fonctions.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Circulaire du 19 septembre 1968.&#034; id=&#034;nh8-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; - mais syst&#233;matis&#233; plus tard jusqu'&#224; la caricature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#171; documents d'accompagnement &#187; des programmes de 1995 seront plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de 1977 que de nouveaux programmes entrent en &#339;uvre, apr&#232;s la loi Haby qui en 1975 uniformise les trois fili&#232;res ant&#233;rieures (classique, moderne et de transition dites I, II et III) et cr&#233;e le &#171; coll&#232;ge unique &#187;. Les nouveaux textes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s par une commission favorable &#224; la modernisation des contenus, &#224; laquelle l'Inspection g&#233;n&#233;rale s'est peu &#224; peu ralli&#233;e, et charg&#233;e de les harmoniser avec la r&#233;forme du primaire. Dans la brochure de 72 pages qui les r&#233;unit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brochure CNDP n&#176;6092 : Fran&#231;ais, langues anciennes, classes des coll&#232;ges.&#034; id=&#034;nh8-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 52 d&#233;taillent pr&#233;cis&#233;ment les objectifs et instructions, se faisant ainsi le pendant des longues prescriptions de Jean Zay de 1938. Elles sont int&#233;ressantes &#233;galement dans la mesure o&#249; elles n'ont pas fini, par comparaison, d'&#233;clairer les orientations actuelles : les programmes de 6e et 5e de 1978 se terminent par une liste pr&#233;cise de &#171; capacit&#233;s &#187; et &#171; connaissances &#187; qui relient encore des savoir-faire &#224; quelques savoirs, mais pr&#233;figurent les &#171; comp&#233;tences &#187; du &#171; socle commun &#187; des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de la langue est r&#233;nov&#233;e selon les acquis de la linguistique, et rompt avec l'ordonnancement traditionnel par des rubriques significatives : la communication, la phrase, le groupe nominal, le groupe verbal, les fonctions ; l'accent est mis sur un enrichissement plus organis&#233; du vocabulaire (avec le recours aux tables de fr&#233;quence et aux &#171; &#233;chelles d'acquisition &#187; r&#233;cemment &#233;talonn&#233;es) et sur l'entra&#238;nement &#224; l'orthographe. La notion d'&#233;nonciation appara&#238;t en 4e et 3e. Les exercices sont de type structural : &#171; d&#233;placement, substitution, r&#233;duction, expansion, transformation &#187;, l'&#233;tude de la syntaxe peut s'appuyer sur des rep&#232;res de la grammaire g&#233;n&#233;rative : &#171; parenth&#233;sage, embo&#238;tements, arborescences &#187;. Les instructions justifient et d&#233;veloppent l'utilit&#233; des &#171; registres de langue &#187; qui avaient tant agit&#233; les d&#233;tracteurs du plan Rouchette. Enfin les longs d&#233;veloppements consacr&#233;s &#224; l'expression &#233;crite et aux diverses formes de r&#233;daction en rappellent l'importance et le besoin de fr&#233;quence (devoirs rendus tous les quinze jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de textes veut maintenant illustrer &#171; une culture accord&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233; de notre temps &#187;, d&#233;livr&#233;e d'une &#171; conception ancienne &#187;. L'&#233;tude des textes accueille un programme classique reprenant largement les auteurs des instructions ant&#233;rieures, mais en &#339;uvres compl&#232;tes repousse Racine et Corneille &#224; la 4e ou la 3e en continuant ainsi la r&#233;gression quantitative du XVIIe, et s'ouvre aux &#339;uvres compl&#232;tes du XXe si&#232;cle (po&#233;sie, th&#233;&#226;tre, roman) en 4e-3e sans prescription d'auteurs ni de titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; textes non litt&#233;raires &#187; qui &#171; apportent leur contenu d'informations &#187; et offrent &#171; des proc&#233;d&#233;s de pr&#233;sentation qui exercent la r&#233;flexion &#187;, des &#171; textes contemporains (&#8230;) non sp&#233;cifiquement litt&#233;raires &#187; ont maintenant droit de cit&#233; en classe ; les &#233;l&#232;ves de 4e et 3e sont certes invit&#233;s &#171; &#224; interroger sans exclusivit&#233;, mais par priorit&#233;, les textes litt&#233;raires &#187; mais le professeur les ouvre aux &#171; r&#233;alit&#233;s contemporaines &#187; et utilise les &#171; textes non litt&#233;raires &#187; &#171; &#224; d'utiles analyses critiques &#187;. D'autres supports, chansons et films, sont admis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire litt&#233;raire enfin est cantonn&#233;e &#224; un r&#244;le d'auxiliaire et non de finalit&#233;, &#233;troitement subordonn&#233;e aux textes &#233;tudi&#233;s : &#171; Les &#233;l&#232;ves devront &#234;tre munis des rep&#232;res chronologiques qui situent les cr&#233;ations litt&#233;raires parmi les faits de civilisation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude inusit&#233;e de &#171; th&#232;mes &#187; regroupant des textes litt&#233;raires renouvelle leur &#233;tude, le th&#232;me &#233;tant &#171; non un centre d'int&#233;r&#234;t, mais un motif de confrontation &#187;. Les exercices, longuement d&#233;velopp&#233;s, sont ceux de 1938 : lecture dirig&#233;e ou expliqu&#233;e, et s'augmentent d'activit&#233;s nouvelles : enqu&#234;tes, expos&#233;s, jeux sc&#233;niques, montages po&#233;tiques. Enfin l'analyse structurale pointe dans les instructions de &#171; lecture &#187; &#171; chaque ann&#233;e &#187; &#171; de plusieurs &#339;uvres dans leur int&#233;gralit&#233; &#187; o&#249; les &#233;l&#232;ves de 4e-3e pourront &#171; percevoir la coh&#233;rence et la force de ces ensembles, reconna&#238;tre, sous des angles vari&#233;s, les traits dominants qui en caract&#233;risent la singularit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; conduite de la classe &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De longs d&#233;veloppements sont consacr&#233;s &#224; la &#171; conduite de la classe &#187;. Le principe de l'enseignement du fran&#231;ais est le &#171; d&#233;cloisonnement &#187; entre les diverses activit&#233;s du cours, mais, contrairement &#224; ce qui se produira pour les &#171; s&#233;quences &#187; de 1995, ce d&#233;cloisonnement est soumis &#224; des &#171; dominantes &#187;, &#171; pour &#233;viter la dispersion &#187; et &#171; en fonction de la progression &#187;. Les m&#233;thodes sont d&#233;lib&#233;r&#233;ment actives (expos&#233;s, d&#233;bats, participation, &#233;changes, &#171; libre dialogue &#187;, &#171; activit&#233;s orales m&#233;thodiques &#187;, &#171; travail individuel, en &#233;quipes, travail autonome &#187;&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans un coll&#232;ge uniformis&#233; o&#249; les pratiques p&#233;dagogiques des classes de transition pouvaient s'&#233;tendre &#224; l'&#233;tablissement, des garde-fous r&#233;currents, instruits par l'impasse qu'elles rec&#232;lent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Note 10.&#034; id=&#034;nh8-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, affleurent dans les instructions : &#171; (Le ma&#238;tre) fait le d&#233;part entre les int&#233;r&#234;ts, dont les &#233;l&#232;ves ont une conscience plus ou moins vive, et les besoins, dont il est seul juge. Il ne se met pas &#224; leur niveau, mais &#224; leur port&#233;e. (&#8230;) Il motive en chacun un effort continu de d&#233;passement &#187;. Quant au texte libre de Freinet, il est explicitement condamn&#233; au coll&#232;ge comme peu productif : &#171; Il proc&#232;de d'une d&#233;cision qui appartient enti&#232;rement &#224; l'&#233;l&#232;ve, il n'est soumis &#224; aucune r&#232;gle de p&#233;riodicit&#233;, &#224; aucune condition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un coll&#232;ge du Calvados (&#224; Douvres-la-D&#233;livrande), un texte libre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#171; Force est de constater que les r&#233;dactions qui laissent aux &#233;l&#232;ves une libert&#233; presque inconditionnelle ne leur apportent pas le m&#234;me b&#233;n&#233;fice qu'un entra&#238;nement m&#233;thodique &#187;. La m&#233;morisation, discr&#233;dit&#233;e dans les classes de transition, est ici prescrite : &#171; Cette conception dynamique de la grammaire justifie l'attention qu'il convient d'apporter aux formes verbales. L'apprentissage de la conjugaison doit &#234;tre poursuivi de sorte que son usage devienne r&#233;flexe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des savoirs qui [&#8230;] conf&#233;reront autant de pouvoirs &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;ses de Bourdieu maintenant compl&#232;tement int&#233;gr&#233;es &#224; la doxa pointent ici ou l&#224;, montrant leurs deux volets compl&#233;mentaires : d'une part la conscience politique des enjeux d&#233;mocratiques de l'enseignement du fran&#231;ais (&#171; (Le ma&#238;tre) se garde de tout laxisme, car le laisser-aller ne profite qu'aux plus favoris&#233;s &#187;, &#171; l'accroissement des ressources verbales (&#8230;), en contribuant &#224; harmoniser les chances, constitue un facteur important de progr&#232;s social &#187;, &#171; Cet enseignement m&#233;nage &#224; tout enfant ou adolescent l'acc&#232;s &#224; des savoirs qui [&#8230;] lui conf&#233;reront autant de pouvoirs &#187;) ; d'autre part son corollaire, l'exigence d&#233;mocratique d'&#171; une p&#233;dagogie rationnelle et r&#233;ellement universelle qui [&#8230;] s'organiserait m&#233;thodiquement par r&#233;f&#233;rence &#224; la fin explicite de donner &#224; tous les moyens d'acqu&#233;rir ce qui n'est donn&#233;, sous l'apparence du don naturel, qu'aux enfants de la classe cultiv&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les H&#233;ritiers (1964), Conclusion.&#034; id=&#034;nh8-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. De nombreux passages des textes officiels soulignent le devoir social qui s'impose alors &#224; l'enseignement du fran&#231;ais. En orthographe par exemple (dont le texte invite &#224; rationaliser l'enseignement en soulignant &#171; l'existence des constantes dans un grand nombre de mots, que l'on peut grouper en s&#233;ries&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'esprit du Code orthographique et grammatical de Ren&#233; Thimonnier paru (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;), linguistique et politique se rejoignent : &#171; Son respect est la condition de toute bonne communication &#233;crite. [&#8230;] Dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, tous les adolescents qui vont achever leur scolarit&#233; obligatoire, qu'ils envisagent ou non de poursuivre leurs &#233;tudes, doivent avoir acquis au coll&#232;ge la ma&#238;trise de l'orthographe courante. &#187; Une circulaire d&#233;taill&#233;e de vingt-huit pages consacr&#233;e &#224; l'orthographe et &#224; des exercices structuraux venait d'ailleurs de para&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enseignement de l'orthographe dans les &#233;coles et les coll&#232;ges, BO 25 du 30 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, il n'est pas question que l'enseignement du fran&#231;ais contribue &#224; faire des domin&#233;s : il &#233;vitera de &#171; conditionner l'individu pour le subordonner &#224; des normes qui lui &#244;tent toute possibilit&#233; de s'affirmer &#187;, &#171; en pr&#233;sence d'un texte litt&#233;raire, il ne leur impose pas une admiration de principe &#187;. Il vise la libert&#233; d'esprit - &#171; l'accueil critique de toute information &#187; et &#171; l'exercice du jugement &#187;- et doit &#171; assurer &#224; tous les enfants et adolescents la promotion &#224; laquelle ils ont droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes re&#231;urent un accueil globalement favorable en d&#233;pit des critiques de l'AFEF - qui n'avait pas particip&#233; &#224; leur &#233;laboration : elle les trouvait insuffisamment comp&#233;tents en mati&#232;re linguistique et pourvus de finalit&#233;s trop humanistes, avec leur &#171; enrichissement intellectuel, affectif, esth&#233;tique et moral &#187;. Mais ils rompaient assez avec le laconisme et la routine des instructions ant&#233;rieures pour que les professeurs y trouvent un appui &#224; la modernisation qu'ils pratiquaient d&#233;j&#224; ou dont leurs manuels faisaient preuve. En revanche, les horaires amput&#233;s qui leur &#233;taient attribu&#233;s mirent le feu aux poudres : dans un coll&#232;ge uniformis&#233;, c'&#233;tait rendre ing&#233;rable l'enseignement du fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;forme Haby : des horaires impossibles&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;rosit&#233; ant&#233;rieure des horaires et des d&#233;doublements de classes de 6e depuis 1947 (6 heures pour les &#171; modernes &#187;), puis 1968 (6 heures en 3 heures classe compl&#232;te et 3 d&#233;doubl&#233;es) &#8211; qui &#233;tait une forme de r&#233;alisme - vola en &#233;clats, et compromit d&#233;finitivement la r&#233;ussite et m&#234;me l'application de ces programmes &#233;quilibr&#233;s, ouverts et cependant exigeants, qui int&#233;graient les m&#233;thodes actives sans en rabattre sur les savoirs. Dans le coll&#232;ge unique, les &#233;l&#232;ves perdirent en 6e, puis en 5e, une heure de cours hebdomadaire de fran&#231;ais, soit 36 heures annuelles c'est-&#224;-dire un demi-trimestre, et toutes leurs heures de cours d&#233;doubl&#233;s en petit effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure suppl&#233;mentaire de soutien &#233;tait accord&#233;e aux plus faibles, mais ne pouvait pas donner de r&#233;sultats : dans l'uniformisation, c'est au moins 2 heures que les classes faibles de &#171; transition &#187; dites 6e et 5e III perdaient (en passant d'un horaire de 8 heures, certes &#171; indicatif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi qualifi&#233; dans le BO 21 du 25 mai 1972&#034; id=&#034;nh8-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sans programme, mais quand m&#234;me d'immersion dans la langue, &#224; 6 heures au mieux, parfois 5). De toutes fa&#231;ons, c'&#233;tait un tonneau sans fond que de colmater les lacunes que l'on cr&#233;ait faute d'horaire suffisant, sans rien r&#233;parer des manques ant&#233;rieurs. Quant aux classes &#171; pratiques &#187; devenues &#171; pr&#233;-professionnelles &#187; de 4e et 3e, leurs &#233;l&#232;ves en difficult&#233; perdaient deux heures hebdomadaires d&#233;doubl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement sans fin des horaires de fran&#231;ais commen&#231;ait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'effondrement de ces horaires sur&#034; id=&#034;nh8-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au moment o&#249; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des classes aurait demand&#233; leur renforcement. En un &#233;t&#233; (1977), on passa de la d&#233;mocratisation &#224; la massification : les &#233;l&#232;ves les plus d&#233;munis allaient recevoir moins d'heures de cours (et de moindre qualit&#233; puisque jamais d&#233;doubl&#233;es) que leurs pr&#233;d&#233;cesseurs les plus favoris&#233;s. A peine ouverte pendant huit ans (1968-1976), la porte des chances se claquait au coll&#232;ge. Exactement au moment o&#249; les 6e de la rentr&#233;e 77 &#233;taient justement ceux qui, entr&#233;s &#224; l'&#233;cole primaire en 1972, avaient d&#233;j&#224; &#171; perdu &#187; 180 heures en CP (soit un trimestre complet puisque le tiers de l'horaire hebdomadaire de fran&#231;ais au CP avait &#233;t&#233; supprim&#233; en 1969&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir&#034; id=&#034;nh8-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et o&#249; l'on disait de certains d'entre eux qu'ils avaient &#171; de la peine &#224; d&#233;chiffrer de mani&#232;re cursive quelques lignes imprim&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 22 bis du 9 juin 1977.&#034; id=&#034;nh8-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Quant aux professeurs qui pouvaient avoir deux 6e dans leur service avant la r&#233;forme, ils devaient brusquement en assumer trois, soit une augmentation de 50% de leur travail, sans compensation ni satisfaction car leur t&#226;che en devenait moins bien accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coll&#232;ge unique &#224; peine cr&#233;&#233; &#233;tait d'embl&#233;e invivable et, inadapt&#233; &#224; l'&#233;galit&#233; qu'il entendait promouvoir, il tuait dans l'oeuf ses promesses. C'est pourquoi les nouveaux programmes furent assez mal accueillis, ils se confondaient avec la r&#233;forme Haby : leurs ambitions et leur s&#233;rieux n'avaient pas plus leurs moyens que leur structure. Quant aux professeurs, leur libert&#233; p&#233;dagogique avait bon dos, alibi du d&#233;ni institutionnel des horaires indispensables : &#171; La diversit&#233; du public scolaire (&#8230;) n'a pas pour cons&#233;quence n&#233;cessaire l'&#233;tablissement de plusieurs programmes ou d'un programme &#224; &#233;tagements. [&#8230;] Les instructions offrent une gamme d'activit&#233;s et de travaux qui, du plus simple au plus complexe, permettent de satisfaire &#224; toute exigence. Chaque professeur accommode ces suggestions &#224; la r&#233;alit&#233; de sa classe, en s'attachant &#224; respecter les itin&#233;raires qu'il a d&#233;termin&#233;s pour conduire ses &#233;l&#232;ves au but fix&#233;. &#187; On croirait une recette de cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victimes d'une confusion entre capacit&#233;s de l'&#233;l&#232;ve et conditions de l'enseignement, les auteurs inscrits au programme furent rapidement r&#233;put&#233;s inaccessibles aux &#233;l&#232;ves plus faibles ; le niveau de fran&#231;ais &#233;tait d&#233;nonc&#233; dans la presse : L'Express en septembre 1980, titrait : &#171; L'&#201;cole, usine &#224; cancres. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., p. 1097.&#034; id=&#034;nh8-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pour ceux qui ne pouvaient concevoir que l'apprentissage n&#233;cessite du temps, l'&#233;tude de la litt&#233;rature et des auteurs &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme un frein &#224; la d&#233;mocratisation : le fran&#231;ais &#233;tait-il, en 1980, en train de jouer le r&#244;le du latin selon Edgar Faure en 1968 ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reflux disciplinaire et charge politique : les ann&#233;es 1980-2000&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le second cycle : l'examen comme garde-fous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni programme ni instructions ne parurent en 1977, date initialement pr&#233;vue par le ministre. L'inspection g&#233;n&#233;rale avait fait des propositions dont le programme d'auteurs contenait dix-huit &#233;crivains &#224; &#233;tudier obligatoirement &#8211; ce qui revenait faute de temps &#224; r&#233;duire sinon supprimer l'&#233;tude d'&#339;uvres compl&#232;tes, et vingt-cinq autres facultatifs. L'ensemble &#233;tait si lourd qu'il condamnait &#224; se contenter de morceaux choisis, alors m&#234;me que depuis longtemps le structuralisme les avait discr&#233;dit&#233;s, et que les instructions pour l'&#233;preuve orale du baccalaur&#233;at interdisaient les extraits isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet fit l'objet de fuites avant parution, et l'AFEF opposa &#224; l'inspection g&#233;n&#233;rale son principe : &#171; Nous refusons un programme fond&#233; sur la notion d'&#171; auteur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Fran&#231;ais aujourd'hui, n&#176;39, septembre 1977.&#034; id=&#034;nh8-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le programme devait &#234;tre &#233;tabli &#171; &#224; partir d'objectifs g&#233;n&#233;raux, d'objectifs particuliers &#224; chaque niveau &#187; ; &#171; sur cette base commune s'articulerait toute une gamme d'activit&#233;s propre &#224; chaque classe. [&#8230;] au jour de l'examen, le candidat devrait &#234;tre en mesure d'assumer la liste des travaux qu'il pr&#233;sente. &#187; On reconna&#238;t l&#224; le mod&#232;le qui sera, sans concertation, impos&#233; pour l'&#233;preuve orale dans le fameux &#171; descriptif des textes et activit&#233;s &#187; en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes parus en 1981 furent le moyen terme de ces demandes, sans &#233;viter les contradictions. Ils marquent une rupture avec les instructions ant&#233;rieures depuis 1925 - plus d'&#339;uvres prescrites - mais maintiennent une liste d'&#233;crivains majeurs &#171; dont la fr&#233;quentation est particuli&#232;rement formatrice &#187;, d&#233;j&#224; connus au coll&#232;ge mais qui en lyc&#233;e &#171; offrent mati&#232;re &#224; des investigations plus fines &#187; : La Fontaine, Moli&#232;re ou Racine, Voltaire ou Rousseau, Chateaubriand, Balzac ou Victor Hugo ; d'autres &#171; dont l'acc&#232;s e&#251;t &#233;t&#233; difficile plus t&#244;t &#187; : Montaigne, Pascal, Diderot, Baudelaire, et des auteurs contemporains, tous genres repr&#233;sent&#233;s, auxquels &#171; il convient de r&#233;server une place de choix &#187;. Ensuite l'Inspection g&#233;n&#233;rale botte en touche, non sans prendre le vent d&#233;centralisateur de l'&#233;poque : &#171; Ces deux s&#233;ries de r&#233;f&#233;rences n'&#233;puisent pas le champ des possibilit&#233;s : la litt&#233;rature fran&#231;aise fournit bien des ressources, y compris dans ses aspects r&#233;gionaux, qui r&#233;pondent aux besoins, aux int&#233;r&#234;ts et aux capacit&#233;s des &#233;l&#232;ves. &#187; Les textes non litt&#233;raires peuvent &#234;tre sollicit&#233;s comme au coll&#232;ge, mais on r&#233;servera &#171; l'essentiel de l'horaire &#224; des textes plus substantiels &#187;. L'histoire litt&#233;raire, dont on a le souvenir de la pr&#233;gnance, est absente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces instructions sont dans le droit fil de celles du coll&#232;ge qui les ont pr&#233;c&#233;d&#233;es (prise en compte des avanc&#233;es linguistiques, m&#233;thodes actives, &#233;tude de th&#232;mes comme &#171; motif de confrontation &#187;, &#233;tude de la presse, ouverture aux arts et au cin&#233;ma) et en reprennent litt&#233;ralement bien des formules, comme &#171; l'appropriation d'une culture accord&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233; de notre temps &#187;. Elles sont tout aussi d&#233;velopp&#233;es, et tiennent souvent lieu de mode d'emploi des principaux objectifs du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais leur esprit traduit un changement des orientations du second cycle, et on entre dans une phase d'incertitudes. D'une part l'accent est heureusement et nettement mis, &#224; la faveur de la d&#233;finition des nouvelles &#233;preuves du baccalaur&#233;at (r&#233;sum&#233; et discussion de premier sujet, commentaire compos&#233; et essai litt&#233;raire), sur la rigueur, l'organisation de la pens&#233;e et l'ind&#233;pendance d'esprit du candidat : dans les trois exercices il doit mobiliser &#171; des facult&#233;s compl&#233;mentaires d'objectivit&#233;, d'appr&#233;ciation critique, d'engagement personnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, le professeur s'efface : en commentaire par exemple, &#171; son r&#244;le n'est pas de dire aux &#233;l&#232;ves ce qu'ils devraient ressentir ou penser &#187;. Mais c'est aussi qu'il n'a plus de rep&#232;res, les sociologues ayant efficacement d&#233;nonc&#233; la reproduction des &#233;lites et favoris&#233; le relativisme culturel : &#171; Il n'y a pas un mod&#232;le unique de culture sur lequel l'enseignement aurait pour mission de fa&#231;onner quelques esprits dou&#233;s. &#187; La litt&#233;rature elle-m&#234;me repose sur des crit&#232;res fluctuants : la &#171; litt&#233;rarit&#233; &#187; est &#171; difficile &#224; d&#233;finir avec rigueur &#187; et &#171; la notion de qualit&#233;, &#224; laquelle on a recours quelquefois, n'&#233;chappe pas &#224; des appr&#233;ciations subjectives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entre ainsi dans une sph&#232;re d'aporie et de contradiction : l'&#233;l&#232;ve est pouss&#233; et conduit, par des prescriptions pr&#233;cises,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir supra (notes 24, 25, 28 &#224; 35) les instructions parues entre 1968 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; affirmer sa pens&#233;e et d&#233;velopper son jugement motiv&#233;, ce qui rompt heureusement avec les instructions ant&#233;rieures aux nouvelles &#233;preuves. Mais au m&#234;me moment, le professeur est plong&#233; dans un embarras th&#233;orique, et faute de d&#233;finition d'une culture litt&#233;raire commune et souhaitable mais qui n'a pas de &#171; mod&#232;le unique &#187;, le programme en dissout le corpus. Ainsi l'un et l'autre d&#233;robent-ils &#224; l'&#233;l&#232;ve l'objet pr&#233;cis sur lequel il pourrait appliquer sa pens&#233;e critique, tout en le sommant de la d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cheville se trouvait dans le recours &#224; l'&#171; argumentation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme &#171; argumentation &#187; est ambigu ; ici il s'agit de celle que d&#233;finit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non comme justification raisonn&#233;e ni d&#233;monstration rigoureuse, mais comme utilisation dans la communication de &#171; la rh&#233;torique moderne, [qui] renouvelle l'int&#233;r&#234;t des pr&#233;ceptes &#187; de la &#171; rh&#233;torique traditionnelle &#187;. Puisqu'on ne peut plus convaincre (&#171; acquiescement intellectuel &#187;) lorsque la r&#233;f&#233;rence n'est pas commune, on va persuader (&#171; susciter une certitude &#187;), c'est-&#224;-dire attirer lecteur ou auditeur dans sa sph&#232;re personnelle, par un ensemble de techniques persuasives de discours, quel que soit le sujet abord&#233;. Ainsi la culture commune n'est-elle plus utile &#224; l'examen, pas plus que le patrimoine traditionnel, puisque peu importe ce que le candidat aura &#224; appr&#233;cier. Il sera entra&#238;n&#233; &#224; parler sur tous les sujets, m&#234;me ceux qu'il ne conna&#238;t pas ou peu &#8211; on est revenu aux beaux jours du XIX&#232;me -, il a d'ailleurs le choix dans un vaste ensemble : &#171; A tous les &#233;l&#232;ves, la p&#233;dagogie du fran&#231;ais offre une gamme d'incitations et de rencontres qui, r&#233;pondant &#224; leur diversit&#233;, permet &#224; chacun de se constituer une culture qui le fait mieux disposer de soi : le fonds commun est assez riche pour que chacun puisse affirmer sa diff&#233;rence et que tous soient li&#233;s par une authentique solidarit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fond n'&#233;tant pas fourni, les devoirs risquaient de s'en tenir &#224; la forme. On se rapproche ici de la sophistique antique, capable de transformer l'argument faible en argument fort, ou indiff&#233;rente au fond. Il s'agit l&#224; d'orientations qui s'affirmeront vingt ans plus tard en 2001, avec le fameux sujet &#171; d'invention &#187;, o&#249; l'&#233;l&#232;ve pouvait se transformer, au gr&#233; des sujets, en directeur de revue de po&#233;sie, pr&#233;sident de la R&#233;publique, ou Antonin Artaud dialoguant avec un metteur en sc&#232;ne de cin&#233;ma, l'anachronisme pouvant se d&#233;ployer sans risque dans ces improbables jeux de r&#244;les, pourvu que certaines contraintes formelles soient respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'examen prot&#233;gea encore les apprentissages : les exercices &#233;taient assez exigeants pour guider les professeurs, et les &#339;uvres choisies furent grosso modo celles du programme pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme au coll&#232;ge, l'institution abandonnait au professeur le soin de la d&#233;mocratisation : il devait seul, dans un lyc&#233;e en forte expansion num&#233;rique et sans moyens suppl&#233;mentaires, favoriser &#171; l'harmonisation des chances &#187; et pratiquer &#171; une p&#233;dagogie de compensation &#187; des manques socio-culturels ; la m&#234;me d&#233;sinvolture officielle retourne le silence des programmes en obligation de r&#233;sultats : &#171; l'abondance des suggestions (&#8230;) offre les moyens de mieux r&#233;pondre &#224; la diversit&#233; des situations et des publics &#187;. La charge est alourdie par une menace insistante : &#171; Il en r&#233;sulte pour lui une libert&#233; et une responsabilit&#233; accrues &#187;, et dans le choix des textes non litt&#233;raires l'incertitude th&#233;orique et programmatique des instructions est utilis&#233;e contre le professeur : &#171; la libert&#233; d'initiative qui (lui) revient engage, pour le choix de tout texte, sa responsabilit&#233;. &#187;, &#171; la d&#233;cision lui incombe et engage, sur le plan p&#233;dagogique et d&#233;ontologique, sa responsabilit&#233;. &#187; Le professeur devient ainsi le responsable contraint d'une politique qui refuse d'assumer les moyens disciplinaires et &#233;conomiques de son discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au coll&#232;ge : toujours moins&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me schizophr&#233;nie allait se d&#233;velopper au coll&#232;ge. Pire, la responsabilit&#233; se d&#233;porte des enseignants vers les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bis repetita : le coll&#232;ge Chev&#232;nement (1985)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps le glissement est invisible. Les propositions de Louis Legrand (instigateur du colloque d'Amiens de mars 1968) pour le coll&#232;ge, &#233;labor&#233;es sous le minist&#232;re Savary entre 1981 et 1983, pr&#233;voyant d'une part une r&#233;partition al&#233;atoire syst&#233;matique des &#233;l&#232;ves dans les classes, d'autre part en fran&#231;ais, langue vivante et math&#233;matiques des groupes de niveau, et pour le reste des disciplines des regroupements de 50 &#224; 100 &#233;l&#232;ves assortis de tutorat avec la suppression des redoublements, sont massivement rejet&#233;es puis d&#233;finitivement emport&#233;es par la chute du minist&#232;re en 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit une p&#233;riode apparemment stable de dix ann&#233;es, de 1985 &#224; 1995. Dans les programmes de 1985 du minist&#232;re Chev&#232;nement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 14 novembre 1985, Suppl&#233;ment au BO 44 du 12 d&#233;cembre 1985.&#034; id=&#034;nh8-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le discours semble le m&#234;me que celui des instructions de lyc&#233;e de 1981 : &#171; S'il convient bien, en effet, de conduire tous les &#233;l&#232;ves &#224; la ma&#238;trise de connaissances et de m&#233;thodes bien d&#233;finies, la part d'initiative et de responsabilit&#233; des professeurs reste enti&#232;re. &#187;, &#171; la r&#233;ussite pour tous de l'enseignement du fran&#231;ais exige la prise en compte de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des &#233;l&#232;ves &#187;. La d&#233;mocratisation continue &#224; prendre des masques pudiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Si la s&#233;rie de programmes publi&#233;s entre 1977 et 1981 s'&#233;tait explicitement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &#224; d&#233;l&#233;guer ses exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des programmes clairs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes en eux-m&#234;mes ne proposent rien qui innove. Tout en en rabattant sur les activit&#233;s, ils assument le contenu de ceux de 1977 : &#171; registres diff&#233;rents de la langue &#187;, &#171; vari&#233;t&#233; des discours et des types de textes &#187;, initiation &#171; &#224; la lecture des &#339;uvres litt&#233;raires &#187;, &#171; ma&#238;triser &#187; &#171; des discours dont le support est l'image &#187;, &#171; former l'esprit et le jugement &#187; &#171; par les activit&#233;s propos&#233;es &#187;. Sans que le mot soit dit, le d&#233;cloisonnement de 1938, 1963 et 1977 est poursuivi : &#171; les trois objectifs ainsi d&#233;finis sont li&#233;s &#187;. Un moyen terme d&#233;mocratique est pos&#233; : &#171; la langue &#233;volue avec la soci&#233;t&#233;, les normes sont relatives &#187;, &#171; dans l'int&#233;r&#234;t de tous et pour ne pas disqualifier certains &#233;l&#232;ves, il convient d'enseigner les r&#232;gles de l'usage le plus courant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'expos&#233; du programme, les &#171; notions grammaticales &#187; de 1977 font place &#224; une &#171; pratique raisonn&#233;e de la langue &#187;. La &#171; pratique transversale de la langue &#187;, qui fera les beaux jours du primaire en 2002, n'est pour l'instant qu'en filigrane : &#171; Les professeurs de toutes les disciplines sont garants d'un usage correct de la langue fran&#231;aise. Le r&#244;le sp&#233;cifique du professeur de fran&#231;ais est de faire r&#233;fl&#233;chir les &#233;l&#232;ves sur les emplois vari&#233;s de la langue. (&#8230;) Il doit apprendre aux &#233;l&#232;ves &#224; lire tous les textes ; mais il donne une place privil&#233;gi&#233;e aux textes litt&#233;raires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abords restent ceux des textes pr&#233;c&#233;dents : &#339;uvres int&#233;grales, extraits, th&#232;mes, et le respect des textes authentiques est affirm&#233; : &#171; il est n&#233;cessaire de mettre l'&#233;l&#232;ve le plus rapidement et le plus souvent possible dans les conditions r&#233;elles de la lecture, c'est-&#224;-dire devant des articles de p&#233;riodiques et des textes documentaires et, pour le domaine litt&#233;raire, devant des &#339;uvres int&#233;grales. (&#8230;) A la fin de la troisi&#232;me, l'&#233;l&#232;ve doit avoir lu au moins quinze &#339;uvres litt&#233;raires (fran&#231;aises, francophones ou &#233;trang&#232;res bien traduites) dont dix ou plus sont tir&#233;es des listes incluses dans le programme. &#187; Les listes qui suivent, auteurs et &#339;uvres fran&#231;ais, auteurs anciens ou &#233;trangers traduits, sont celles des programmes de 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup moins d&#233;taill&#233;es que les instructions pr&#233;c&#233;dentes (mais des Documents compl&#233;mentaires sont distribu&#233;s aux professeurs), ces prescriptions sont classiques, d&#233;nu&#233;es des pr&#233;cisions ant&#233;rieures sur la &#171; conduite de la classe &#187; et sur la n&#233;cessit&#233; d&#233;mocratique de savoirs pr&#233;cis, mais les potentialit&#233;s logiques de la grammaire sont indiqu&#233;es : &#171; Le travail sur la langue apprend &#224; mieux penser &#187;, ainsi que la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;flexion personnelle fond&#233;e sur la d&#233;fiance du r&#233;flexe : &#171; L'enseignement du fran&#231;ais ne se r&#233;duit pas &#224; une accumulation de connaissances m&#233;moris&#233;es et impos&#233;es de l'ext&#233;rieur. &#187;, &#171; il s'agit de conduire l'&#233;l&#232;ve qui lit, r&#233;fl&#233;chit et s'exprime &#224; une pratique raisonn&#233;e. &#187;. L'accent est mis sur la rigueur et le d&#233;passement des pr&#233;jug&#233;s, sur la m&#233;moire, et sur de nombreux devoirs, y compris &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coupes sombres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le diable est dans le d&#233;tail des horaires et de leur baisse drastique : &#224; programme &#233;gal horaire in&#233;gal. Les classes de 6e et 5e passent de 5 heures &#224; 4 heures 30 et l'heure de soutien dispara&#238;t, elle est vers&#233;e dans le lot commun du coll&#232;ge et ventil&#233;e selon les besoins. Les programmes ne sont &#171; nationaux et r&#233;publicains &#187; (Pr&#233;face des programmes) que sur le papier : d'un &#233;tablissement &#224; l'autre, les &#233;l&#232;ves ne re&#231;oivent pas le m&#234;me nombre d'heures de cours, et surtout tous en re&#231;oivent moins. Quant &#224; leur professeur, l&#224; o&#249; jusqu'en 1976 il avait deux 6e dans son service, il en a maintenant quatre. Les &#171; ressources humaines &#187; sont optimis&#233;es, et on les met au d&#233;fi d'optimiser &#224; leur tour le programme, c'est-&#224;-dire d'endosser, comme en 1981 au lyc&#233;e, la responsabilit&#233; des am&#233;nagements : &#171; Les connaissances fondamentales que l'&#233;l&#232;ve acquiert au coll&#232;ge sont dispens&#233;es selon un programme national qui, &#233;tant obligatoire, doit &#234;tre suivi et trait&#233; dans son ensemble. Cela suppose que chaque question retenue puisse raisonnablement &#234;tre &#233;tudi&#233;e dans le temps imparti. Il ne s'agit pas tant d'augmenter le volume global des connaissances &#224; transmettre que de mieux identifier l'essentiel (&#8230;) afin de permettre &#224; tous les coll&#233;giens de mieux le ma&#238;triser. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#171; Orientations et objectifs &#187; incitent toutefois le professeur &#224; &#171; aller (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins &#233;galerait mieux ? C'est au professeur d'assumer le d&#233;fi et de d&#233;douaner &#224; nouveau le minist&#232;re : &#171; le choix des m&#233;thodes et des d&#233;marches rel&#232;ve de la responsabilit&#233; du professeur, sous r&#233;serve que soient atteints les objectifs et acquises les connaissances &#187;. Le temps n&#233;cessaire aux &#233;l&#232;ves, dont on doit accueillir &#171; la diversit&#233; &#187;, n'est m&#234;me pas abord&#233;. Ce sont bien s&#251;r les contenus qui en sont affect&#233;s, alors m&#234;me qu'on &#233;crit les pr&#233;server. Les manuels doivent suivre : ironie cynique ou aveu involontaire de ce que les programmes ne feront jamais ce qu'ils disent, il faut les choisir il faut les choisir &#171; sans inflation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On reconna&#238;t l&#224; le reproche obsessionnel fait &#224; l'&#233;cole : l'&#171; inflation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ni surcharge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;forme Jospin (1989), le coll&#232;ge Bayrou (1996) : d'autres logiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;r&#233;glementation rebaptis&#233;e &#171; autonomie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1996, le minist&#232;re Bayrou augmente d'une heure et demie l'horaire professeur de la classe de 6e, qui passe ainsi &#224; 6 heures. C'est le v&#233;ritable hochet de cette &#171; r&#233;forme &#187;. Par ailleurs, de la 6e &#224; la 4e, il introduit une d&#233;r&#233;glementation totale des horaires &#233;l&#232;ves, et de la 5e &#224; la 3e des horaires professeurs : le nombre d'heures de fran&#231;ais se met &#224; varier d'un &#233;tablissement &#224; l'autre, en fonction du &#171; contingent horaire &#187; qui lui est accord&#233;, du &#171; projet d'&#233;tablissement &#187;, et des rapports de force au sein de &#171; l'&#233;quipe &#233;ducative &#187; pour se les r&#233;partir. En 5e et 4e apparaissent m&#234;me des &#171; fourchettes &#187; horaires. Les &#233;tablissements peuvent ainsi choisir, par exemple, de ne pas donner la priorit&#233; au fran&#231;ais, et d'aligner son horaire sur le seuil le plus bas (4 heures). Aussi, dans les faits, cette &#171; r&#233;forme &#187; ne correspond-elle &#224; aucune v&#233;ritable augmentation, et m&#234;me souvent &#224; une certaine diminution : pour peu que l'&#233;tablissement choisisse de d&#233;doubler des classes, ou de r&#233;aliser des &#171; parcours diversifi&#233;s &#187; au d&#233;triment du fran&#231;ais, les &#233;l&#232;ves disposent de moins d'heures qu'auparavant.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site de Sauver les lettres, &#201;volution des horaires au coll&#232;ge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;r&#233;glementation profonde du coll&#232;ge, fond&#233;e sur des choix locaux qui rel&#232;vent davantage de l'&#233;tranglement comptable et de la gestion des personnels que de pr&#233;occupations p&#233;dagogiques, fait voler en &#233;clats le consensus d'une &#233;quit&#233; administrative de traitement des &#233;l&#232;ves. D'une part elle rend les comparaisons difficiles, puisque l'enseignement re&#231;u varie d'un coll&#232;ge &#224; l'autre, d'autre part elle conduit &#224; une grande in&#233;galit&#233; : selon que l'&#233;l&#232;ve a subi ou non l'horaire &#171; plancher &#187; des fourchettes pr&#233;vues par la r&#233;forme, la diff&#233;rence d'enseignement de fran&#231;ais re&#231;u en quatre ans entre la 6e et la 3e peut atteindre 32 semaines, soit presque une ann&#233;e scolaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauver les lettres, des professeurs accusent, Textuel, 2001, p. 27.&#034; id=&#034;nh8-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette d&#233;r&#233;glementation rebaptis&#233;e &#171; autonomie &#187; va devenir ensuite la norme du lyc&#233;e, et faire assumer des d&#233;cisions cardinales par des personnels qui parfois n'en ont pas tous les &#233;l&#233;ments, notamment disciplinaires ou p&#233;dagogiques, ni le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;l&#232;ve au centre du syst&#232;me &#233;ducatif &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps la loi Jospin de 1989&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO n&#176; sp&#233;cial 4, 31 ao&#251;t 1989.&#034; id=&#034;nh8-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a r&#233;organis&#233; la scolarit&#233; en cycles, ce qui efface d'autant les rep&#232;res, et introduit pour toute la scolarit&#233; la notion organisatrice de &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre du syst&#232;me &#233;ducatif &#187;, qui r&#233;glait auparavant les classes de transition sans programmes ni horaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 6.&#034; id=&#034;nh8-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette id&#233;e se double de deux affirmations. La premi&#232;re d&#233;l&#232;gue &#224; l'&#233;l&#232;ve la redoutable t&#226;che &#171; d'acqu&#233;rir un savoir et de construire sa personnalit&#233; par sa propre activit&#233; &#187;, ce qui d&#233;porte des enseignants vers les &#233;l&#232;ves la responsabilit&#233; des acquis : insensiblement, &#171; par un retournement de la relation p&#233;dagogique, l'autorit&#233; magistrale s'efface devant la dynamique personnelle de formation des apprenants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Prost, Du changement dans l'&#233;cole, Les r&#233;formes de l'&#233;ducation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La seconde s'attache pr&#233;cis&#233;ment &#224; la d&#233;finition du temps scolaire et relativise la notion de cours : &#171; La r&#233;alisation de cet objectif demande du temps : son utilisation optimale par l'&#233;l&#232;ve est le probl&#232;me essentiel de l'&#233;cole. Le temps scolaire est partag&#233; entre des cours, des travaux dirig&#233;s et d'atelier, le travail personnel assist&#233; et le travail personnel autonome. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fran&#231;ais, cette conception de &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre &#187; va &#234;tre r&#233;percut&#233;e sur la mati&#232;re : plac&#233; au centre de la discipline, l'&#233;l&#232;ve va devoir s'y orienter &#171; par sa propre activit&#233; &#187; en en d&#233;duisant les r&#232;gles et reconstruisant le fonctionnement : &#171; Il est en effet n&#233;cessaire de le placer constamment en situation de recherche, que ce soit &#224; partir d'une production orale ou &#233;crite, d'un texte d'auteur ou d'un &#233;crit scolaire, pour qu'il soit amen&#233; &#224; observer, rep&#233;rer, transformer, comparer, &#233;mettre des hypoth&#232;ses, les infirmer ou les confirmer, &#233;tablir des conclusions, employer ou r&#233;employer... selon une d&#233;marche inductive&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 5 du 30 janvier 1997, Fran&#231;ais, accompagnement des programmes, cycle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode globale de l'apprentissage de la lecture est ainsi transpos&#233;e &#224; l'&#233;tude de la langue et aux textes de la litt&#233;rature. Les programmes l'expliquent : &#171; Les programmes pr&#233;c&#233;dents s'ordonnaient selon trois axes majeurs : la ma&#238;trise de la langue, la formation d'une culture, l'acquisition de m&#233;thodes. Ces enjeux restent pr&#233;sents dans les nouveaux programmes, mais ils y sont inclus dans un objet plus pr&#233;cis et concret : la ma&#238;trise des discours. On entend, par discours, toute mise en pratique du langage dans un acte de communication &#224; l'&#233;crit ou &#224; l'oral. Cette notion de discours permet d'associer les divers aspects des apprentissages et les divers contenus : elle lie les travaux qui portent sur la langue et ceux qui portent sur les textes, les pratiques de lecture et celles d'&#233;criture. Elle permet ainsi de structurer les progressions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 5 du 30 janvier 1997&#034; id=&#034;nh8-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me global&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse de l'abord scolaire habituel des notions, adapt&#233; au public en formation que sont les &#233;l&#232;ves, le programme de grammaire va donc de la globalit&#233; au d&#233;tail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le plan th&#233;orique, aller du g&#233;n&#233;ral au particulier caract&#233;rise un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; titre d'exemple, le programme de grammaire en 3e part du &#171; discours &#187; (&#171; &#201;nonc&#233;, &#233;nonciation : personnes, temps verbaux, adverbes, d&#233;terminants, dans l'&#233;nonc&#233; ancr&#233; dans la situation d'&#233;nonciation ou coup&#233; de la situation d'&#233;nonciation ; combinaison entre ces deux syst&#232;mes d'&#233;nonciation ; modalisation : modalisateurs, modes &#187; etc.) pour passer au &#171; texte &#187; (&#171; Le paragraphe. Connecteurs spatio-temporels et logiques ; reprises pronominales et reprises nominales ; formes de progression ; organisation des textes : formes cadres et formes encadr&#233;es. &#187;) et atteindre enfin la &#171; phrase &#187; (&#171; Phrase simple et phrase complexe : fonctions par rapport au nom (expansion nominale, apposition, relatives d&#233;terminatives et explicatives), fonctions par rapport &#224; l'adjectif (le groupe adjectival), fonctions par rapport au verbe (approfondissements), fonctions par rapport &#224; la phrase (approfondissements) ; coordination et subordination (&#233;tude des diverses subordonn&#233;es, notamment conjonctives) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences p&#233;dagogiques de ces choix linguistiques de type universitaire, et leur injection malhabile dans un domaine o&#249; les rep&#232;res sont importants pour les &#233;l&#232;ves, ont &#233;t&#233; lourdes. Elles se sont en effet doubl&#233;es du choix id&#233;ologique d'un abandon de la m&#233;morisation grammaticale, car il s'agit de &#171; former un &#233;l&#232;ve capable de r&#233;fl&#233;chir plut&#244;t que reconna&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la quatri&#232;me et derni&#232;re partie du programme de troisi&#232;me, intitul&#233;e &#171; outils de la langue pour la lecture, l'&#233;criture et la pratique de l'oral &#187;, indique ce que l'&#233;l&#232;ve doit aborder en vocabulaire, grammaire et orthographe. Mais ce sont seulement des &#034;outils&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces programmes suspectent en effet le savoir grammatical r&#233;put&#233; obsol&#232;te et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et non la mati&#232;re et la base des savoirs sur la langue, et les textes ajoutent : &#171; L'&#233;l&#232;ve n'a pas &#224; apprendre des listes de d&#233;finitions abstraites et la part de m&#233;talangage qui appara&#238;t ici s'adresse aux professeurs &#187;, puisqu'il s'agit pour l'&#233;l&#232;ve de &#171; r&#233;fl&#233;chir plut&#244;t que reconna&#238;tre &#187;. Cette prescription des programmes a mis bien des professeurs dans l'embarras. Ne pouvant reconna&#238;tre ce sur quoi il r&#233;fl&#233;chit, l'&#233;l&#232;ve est perdu, d'autant plus que la progression grammaticale n'existe pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'inverse, Descartes pr&#244;nait (en sciences, certes) une m&#233;thode analytique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : l'obligation p&#233;dagogique de s&#233;quences &#171; d&#233;cloisonn&#233;es &#187; implique que les notions de grammaire soient &#233;tudi&#233;es au hasard des rencontres dans les textes et non selon une logique d'acquisition des notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La grande perdante de cette cuisine aux trois grammaires, c'est incontestablement la langue. Et qu'il s'agisse de syntaxe, de ponctuation, d'orthographe, les effets sont souvent terribles : quand on ne reconna&#238;t rien parce qu'on n'a pas re&#231;u de mots pour nommer ce sur quoi on tente de raisonner, la plus grande confusion s'installe. On utilise alors des marques verbales pour accorder des noms, on cherche &#224; accorder des adjectifs qualificatifs avec des verbes, on attaque la phrase par une proposition subordonn&#233;e dont on ne donne jamais la principale, on place n'importe o&#249; ses points, ses virgules, sans savoir ni ce que l'on fait ni ce qu'il convient de faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Buttet, Luc Richer, &#034;Le fran&#231;ais sans l'apprendre - Les programmes du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche des textes souffre aussi de ce globalisme intrusif. L'orientation des programmes par le filtre omnipr&#233;sent des &#171; discours &#187; en a fait un objet &#224; la fois &#233;troitement circonscrit et enti&#232;rement flou. &#171; Ainsi, le programme assigne un nouveau but &#224; l'enseignement du fran&#231;ais : la &#8220; ma&#238;trise des discours &#8221;, &#8220; objet plus pr&#233;cis et concret &#8221; que la &#8220; ma&#238;trise de la langue &#8221; ou la &#8220; formation d'une culture &#8221;( !) Il en r&#233;sulte une approche purement technique de l'&#233;crit, et notamment de la litt&#233;rature, qui n'est plus dans un tel contexte qu'un support &#224; l'&#233;tude des &#171; discours &#187;, au m&#234;me titre que l'interview d'une star du sport ou de la chanson. Dans un manuel conforme au programme se juxtaposent donc &#224; valeur &#233;gale tel po&#232;me de Rimbaud et tel slogan publicitaire, les deux n'&#233;tant principalement l&#224; que comme illustration de l'oxymore ou autre figure de style. L'&#233;l&#232;ve n'est pas appel&#233; &#224; consid&#233;rer le souffle, la beaut&#233;, l'intelligence, seulement &#224; engranger des techniques discursives. Dans une telle perspective, l'&#233;crit personnel du coll&#233;gien devient &#224; son tour une &#8220; production &#8221;, dont le but sera la plate mise en jeu de proc&#233;d&#233;s tout faits. Il va sans dire qu'un tel d&#233;samour de la litt&#233;rature (&#8230;) tend fortement &#224; ass&#233;cher l'&#233;ventuel d&#233;sir de cr&#233;ation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit. p. 61.&#034; id=&#034;nh8-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode prescrite de la &#171; s&#233;quence didactique &#187; ajoute &#224; l'incompr&#233;hension : le professeur soucieux de coh&#233;rence grammaticale et de progression peut &#234;tre conduit &#224; choisir les textes en fonction du programme de grammaire (une description pour les adjectifs, une narration pour l'emploi des temps&#8230;), ce qui instrumentalise et &#233;miette la litt&#233;rature. Le pendant contradictoire du principe de globalit&#233; est donc l'&#233;parpillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel programme &#233;clat&#233;, d'une technicit&#233; si hypertrophi&#233;e qu'&#224; l'inverse de ses intentions affich&#233;es il coupe tout lien avec le sens, a donc d&#233;rout&#233; et inqui&#233;t&#233; bien des &#233;l&#232;ves, incapables de se rep&#233;rer dans ce qu'ils se sont mis &#224; appeler les &#171; &#233;nonc&#233;s ancr&#233;s &#187; et les &#171; &#233;nonc&#233;s coup&#233;s &#187; et d&#233;munis de savoir grammatical, incapables, au lyc&#233;e, d'analyser un texte sans d&#233;sarroi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'effet qu'il veut produire sur l'&#233;nonciataire &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut attribuer &#224; cet &#233;chec une raison majeure : l'application rat&#233;e, par esprit de syst&#232;me, des avanc&#233;es de la sociolinguistique, dont la reprise dans ces conditions rejoint l'ancienne formation morale par la litt&#233;rature si vilipend&#233;e ant&#233;rieurement. En effet, l'adoption par le programme de la notion de &#171; discours &#187; vise non &#224; amplifier la culture et la curiosit&#233; de l'&#233;l&#232;ve, dont on comprend ainsi la disparition des Objectifs, mais &#224; pacifier les rapports sociaux : &#171; &#201;tudier le discours con&#231;u comme une mise en pratique de la langue revient &#224; s'interroger sur la fa&#231;on dont un &#233;nonciateur pr&#233;cis s'adresse &#224; un destinataire particulier dans une situation d&#233;termin&#233;e par le lieu et le moment de l'&#233;nonciation. En outre, un discours a une fonction (une vis&#233;e) pr&#233;cise et l'&#233;nonciateur choisit de raconter, de d&#233;crire, d'expliquer ou d'argumenter selon l'effet qu'il veut produire sur l'&#233;nonciataire, dans une interaction &#233;nonciateur/&#233;nonciataire &#187; ; &#171; l'analyse des actes de parole, &#233;crits et oraux, oblige donc &#224; prendre en compte une dimension sociale et &#224; s'interroger sur les conditions d'une communication r&#233;ussie entre les individus. On peut alors consid&#233;rer qu'il y a l&#224; un moyen de d&#233;sarmer une violence verbale souvent li&#233;e &#224; des formes de communication maladroites et inadapt&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 5 du 30 janvier 1997, Accompagnement du programme de 3e.&#034; id=&#034;nh8-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les programmes du lyc&#233;e de 1981, ceux du coll&#232;ge de 1995 renouent avec des finalit&#233;s anciennes pourtant r&#233;put&#233;es obsol&#232;tes et inappropri&#233;es, rh&#233;torique de la persuasion et techniques de l'apaisement, pour &#233;tablir un niveau &#233;tale de rapports sociaux d&#233;nu&#233;s de toute asp&#233;rit&#233;. De tels programmes posent une question disciplinaire car la litt&#233;rature est ici embrigad&#233;e et menac&#233;e dans son essence, ses &#339;uvres marquantes &#233;tant pr&#233;cis&#233;ment celles qui ont une fonction de rupture. On ne peut s'emp&#234;cher de faire le lien avec les th&#233;ories de l'&#233;ducation nouvelle, illustr&#233;es par Philippe Meirieu dans &lt;i&gt;L'&#201;cole ou la guerre civile&lt;/i&gt; publi&#233; la m&#234;me ann&#233;e que ces programmes : &#171; La socialisation, entendue comme l'acc&#232;s &#224; une parole socialis&#233;e, inscrite dans une histoire, consciente des enjeux qu'elle &#233;nonce et respectueuse du pacte d&#233;mocratique de l'interdit de la violence, est un objectif prioritaire de l'&#233;cole obligatoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;cole ou la guerre civile, Philippe Meirieu, Marc Guiraud, Plon, 1997, p. 96.&#034; id=&#034;nh8-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est exactement la th&#233;orie du &#171; discours &#187; organisatrice des programmes du coll&#232;ge &#8211; ce qui pose tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le rapport, ou le conflit, entre une doctrine &#233;ducative et l'essence d'une discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le primaire : de &#171; l'exercice raisonn&#233; &#187; (1985) &#224; &#171; l'observation des variations &#187; (2002)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes du minist&#232;re Chev&#232;nement de 1985 restent classiques, orient&#233;s par le texte fondateur de 1972 et d&#233;clin&#233;s selon les rubriques habituelles (&#171; pratique de la langue orale &#187;, &#171; pratique de la langue &#233;crite &#187;, &#171; &#233;tude de la langue &#187;). Ils soulignent la vertu formatrice et organisatrice d'un enseignement structur&#233; : &#171; Pour tous les enfants, quelle que soit leur origine, la langue fran&#231;aise s'apprend &#224; l'&#233;cole. Son acquisition r&#233;sulte d'un usage quotidien et d'un exercice raisonn&#233; de l'&#233;crit comme de l'oral. Cet enseignement est constitu&#233; d'un ensemble organique de travaux et d'exercices et d'une suite d'analyses prenant la langue pour objet. Cette &#233;tude fait d&#233;couvrir des usages, des r&#232;gles et des principes de fonctionnement : elle est le premier acc&#232;s &#224; la connaissance scientifique. &#171; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 23 avril 1985.&#034; id=&#034;nh8-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Parall&#232;lement, l'horaire de CP augmente d'une heure, passant de 9 &#224; 10 &#8211; quoique bien loin des 15 ant&#233;rieures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir&#034; id=&#034;nh8-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux de 1995&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 22 f&#233;vrier 1995&#034; id=&#034;nh8-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pass&#233;s au filtre de la loi Jospin, mettent comme au coll&#232;ge &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre &#187; du fran&#231;ais et le somment de s'y rep&#233;rer seul ; loin d'&#234;tre guid&#233; par un &#171; ensemble organique de travaux et d'exercices &#187; et des &#171; r&#232;gles et des principes de fonctionnement &#187;, il va devoir &#171; acqu&#233;rir un savoir (...) par sa propre activit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire, traduit dans les programmes, &#171; s'initier &#187; (1995), &#034;d&#233;couvr(ir) [&#8230;] que le sens de l'&#233;nonc&#233; se modifie lorsqu'on utilise un m&#234;me verbe sans compl&#233;ment ou avec des types de compl&#233;ments diff&#233;rents &#187;, ou &#171; observer les variations qui affectent les verbes &#187; (2002). L'Inspection g&#233;n&#233;rale parlera pour le second cycle d'&#171; &#233;l&#232;ve enqu&#234;teur &#187; : &#171; un &#233;l&#232;ve enqu&#234;teur , c'est un &#233;l&#232;ve qui va chercher les informations pour construire son savoir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Katherine Weinland, in L'&#201;cole des lettres second cycle, 1er d&#233;cembre 1999&#034; id=&#034;nh8-75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour modifier rapidement les pratiques usuelles des enseignants, la grammaire explicite et structurante est &#233;cart&#233;e : &#171; Il s'agira pour l'&#233;l&#232;ve, moins d'enregistrer m&#233;caniquement la morphologie des conjugaisons, que de s'initier &#224; l'usage des temps et des modes et d'en appr&#233;hender progressivement la signification. &#187; (1995), &#171; Il convient de restreindre la place trop souvent excessive faite aux le&#231;ons de grammaire &#187; (2000, projet du minist&#232;re All&#232;gre), &#171; L'observation r&#233;fl&#233;chie de la langue fran&#231;aise doit &#234;tre un moment de d&#233;couverte visant &#224; d&#233;velopper la curiosit&#233; des &#233;l&#232;ves et leur ma&#238;trise du langage et non une s&#233;rie d'exercices r&#233;p&#233;titifs mettant en place des savoirs approximatifs et l'usage pr&#233;matur&#233; d'une terminologie inutilement complexe &#187; (2002, programme du cycle 3 &#8211; CE2, CM1, CM2). Pendant ce temps, la Doyenne de l'Inspection g&#233;n&#233;rale de lettres la qualifie d' &#171; activit&#233; peu gratifiante pour les &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem&#034; id=&#034;nh8-76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pour &#171; gratifier &#187; davantage, on la rebaptise : la grammaire devient &#171; observation r&#233;fl&#233;chie de la langue &#187; (2002) : ORL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles m&#233;thodes, la solitude de l'&#233;l&#232;ve et le refus de l'aider par une structuration raisonn&#233;e, ont un co&#251;t horaire, comme l'avouait ing&#233;nument la loi Jospin : &#171; La r&#233;alisation de cet objectif demande du temps : son utilisation optimale par l'&#233;l&#232;ve est le probl&#232;me essentiel de l'&#233;cole. &#187; Or dans le m&#234;me moment, le cadre contraint des horaires devient sans cesse plus &#233;troit : entre 1969 et 2002, la moyenne de l'horaire hebdomadaire de fran&#231;ais, du CP au CM2, est graduellement pass&#233;e de 10 h &#224; 7,7h&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir&#034; id=&#034;nh8-77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On a ainsi la double explication de la baisse du niveau : en sus de la grande incertitude scientifique et psychologique de la m&#233;thode retenue et dont il est victime, l'&#233;l&#232;ve n'a pas le temps de trouver, classer, assimiler et retenir les contenus. Les in&#233;galit&#233;s croissent d'autant : dans un syst&#232;me qui par principe abandonne ses &#233;l&#232;ves &#224; leur &#171; propre activit&#233; &#187; pour &#171; acqu&#233;rir (leurs) savoirs &#187;, le seul substrat qui vaille est le terrain familial : il y a beaucoup de diff&#233;rences entre l'&#233;l&#232;ve qui construit ses savoirs &#224; partir du langage structur&#233; et de l'attention de sa famille, et celui qui, sans aucune base, en est r&#233;duit &#224; ne pouvoir compter que sur ses propres ressources et t&#226;tonne sans trouver&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce qu'explique Marcel Gauchet dans &#034;L'&#233;cole en panne de transmission&#034; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix politique du pu&#233;rocentrisme a des cons&#233;quences en cascade : les seules solutions au probl&#232;me du temps sont le report des acquis vers l'aval ou la diminution des contenus (&#171; all&#233;g&#233;s et recentr&#233;s &#187;, 1995). L'&#233;l&#232;ve aura l'un et l'autre. Le projet de 2000 pour le cycle 3 pr&#233;voyait : &#171; les subordonn&#233;es seront observ&#233;es et manipul&#233;es, mais l'explication de la subordination est report&#233;e au coll&#232;ge &#187;, et avec une belle incons&#233;quence p&#233;dagogique et didactique : &#171; Sont report&#233;s au coll&#232;ge : les pr&#233;positions, les adverbes, les pronoms ind&#233;finis et les pronoms relatifs. &#187; Quant &#224; la baisse des contenus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir des analyses plus compl&#232;tes par Michel Buttet, &#034;Le fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un exemple &#233;clairant en est celui de la morphologie de la conjugaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de 1972 fixait une liste des verbes &#224; conna&#238;tre en fin de CM2 : &#171; verbes du 1er et 2&#232;me groupe + verbes venir, faire, voir, prendre, partir, recevoir, devoir, savoir, vouloir, falloir, rendre, boire, croire, dire, &#233;crire, vivre, + avoir, &#234;tre, aller./Circulaire du 4 d&#233;cembre 1972./ &#187; Celui de 1985 ajoute trois verbes : &#171; sentir, recevoir, rendre &#187;. En 1995 &#171; pouvoir &#187; est ajout&#233;, mais le flou s'installe avec un refus de liste explicite : &#171; auxiliaires avoir et &#234;tre, des verbes en er (du type chanter et les particularit&#233;s des verbes en GER et CER), des verbes en ir (du type finir) et les verbes faire, pouvoir, aller, venir, voir, prendre &#187;. Absence totale d'indications en 2002 : &#171; Les verbes les plus fr&#233;quents sont &#233;tudi&#233;s en priorit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour la comparaison compl&#232;te des contenus : &#201;tude de la langue &#224; l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux m&#233;thodes, les textes de 1972 sont &#224; la fois prudents et exigeants : l'apprentissage de la conjugaison commence par une familiarisation et des rep&#233;rages, il se pr&#233;pare par des exercices, mais aussi se pense : &#171; on a l&#233;g&#232;rement acc&#233;l&#233;r&#233; au d&#233;but la progression actuelle et sensiblement r&#233;duit les exigences &#224; l'issue du C. M. 2. En effet, si les conjugaisons &#233;tudi&#233;es dans les classes &#233;l&#233;mentaires sont bien sues, il sera facile d'y ajouter en sixi&#232;me ; tandis que, dans l'hypoth&#232;se contraire, tout reste &#224; faire en sixi&#232;me, avec &#233;chec probable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, l'accent n'est pas mis sur la m&#233;morisation de la morphologie, mais sur l'empirisme : &#171; La conjugaison est, au cycle 3, centr&#233;e sur l'observation des variations qui affectent les verbes. &#187; C'est ainsi qu'en 6e et apr&#232;s, les h&#233;sitations resteront pour les &#233;l&#232;ves comme un handicap et un boulet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Changement de paradigmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au lyc&#233;e : une stabilit&#233; de fa&#231;ade (1987 &#8211; 1999)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une mise en perspective historique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de 1986 pour 1987-88&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; du 14 mars 1986.&#034; id=&#034;nh8-81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en classes de 2e et 1&#232;re, dus comme ceux du coll&#232;ge au minist&#232;re Chev&#232;nement, en prennent explicitement la suite et reviennent &#224; une norme ant&#233;rieure plus directive : une liste d'auteurs et d'&#339;uvres r&#233;appara&#238;t, assez proche de celles des programmes d'avant 1981, avec un accent sur les XVIe et XVIIe en 2e, XVIIIe et XIXe en 1e, et pour les deux classes une nouveaut&#233; : de larges ouvertures sur le roman au XIXe et XXe. Elle comporte des exigences d'histoire litt&#233;raire, quasiment disparue dans les programmes pr&#233;c&#233;dents limit&#233;s &#224; une contextualisation ; &#171; une mise en perspective historique donne (aux &#233;l&#232;ves) une assise plus ferme &#224; leurs connaissances &#187;, &#171; le professeur propose une histoire litt&#233;raire chronologiquement organis&#233;e, sans simplification abusive des d&#233;coupages &#187; ; enfin, pour &#233;carter les vieux fant&#244;mes de la scl&#233;rose ant&#233;rieure, cette histoire ne doit pas &#234;tre autonome mais toujours reli&#233;e aux textes : &#171; l'&#233;clairage historique situe l'&#339;uvre ou le texte dans leur temps ou leur espace propre, et fait comprendre dans quelles conditions ils ont &#233;t&#233; produits et re&#231;us &#187;, &#171; c'est surtout dans le tissu du texte que l'on trouve les marques et les signes de l'histoire &#187;, et entre dans les nouvelles conceptions du r&#244;le du lecteur : &#171; En interrogeant la repr&#233;sentation et l'interpr&#233;tation explicites ou implicites que l'&#233;crivain donne de la r&#233;alit&#233; historique et sociale, l'on peut mettre en &#233;vidence une signification de l'&#339;uvre, dont l'&#233;crivain lui-m&#234;me pouvait ne pas avoir conscience. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une composante civique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les finalit&#233;s du lyc&#233;e, &#171; pratique raisonn&#233;e de la langue, formation d'une culture, acquisition de m&#233;thodes de pens&#233;e et de travail &#187;, sont renouvel&#233;es par une composante qui annonce les pr&#233;occupations de socialisation des programmes 1999-2000 : &#171; pr&#233;parer &#224; (la) vie d'homme et de citoyen &#187;, relay&#233;e par &#171; l'&#233;ducation civique &#187; qui aide &#224; &#171; mieux cerner les relations complexes entre les concepts de progr&#232;s, de libert&#233; et de d&#233;mocratie. &#187; Ces &#233;l&#233;ments justifient l'accent mis sur la communication, et le rappel des rh&#233;toriques ancienne et moderne visant &#224; &#171; la vie sociale &#187;, comme en 1981. Si la finalit&#233; en reste &#171; une utilit&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;, elle continue &#224; prendre &#171; en consid&#233;ration les acteurs et les situations de l'&#233;nonciation &#187; : on sait que les programmes 1995 du coll&#232;ge s'en sont souvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une le&#231;on de lecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette piste civique n'est pas en 1986 men&#233;e &#224; son terme. C'est paradoxalement une le&#231;on de rigueur argumentative et de lecture des textes tout &#224; fait disciplinaire et &#233;clair&#233;e par les avanc&#233;es linguistiques que donnent essentiellement ces programmes, qui semblent vouloir rompre avec l'incertitude et la crise identitaire des pr&#233;c&#233;dents. D'autre part, les nouveaux textes insistent sur l'ind&#233;pendance de l'&#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;preuves du baccalaur&#233;at, red&#233;finies en 1983, conservent des exigences de principe et r&#233;gissent les conduites de la classe. Le premier sujet demande de &#171; pr&#233;senter une r&#233;flexion critique &#187; et &#171; un avis argument&#233; &#187;, la &#171; discussion &#187; devient plus rigoureuse en recevant un libell&#233; (autrefois choisi par le candidat mais trop al&#233;atoire pour lui). Les n&#233;cessit&#233;s d'un expos&#233; clair et d&#233;monstratif doivent donc &#234;tre enseign&#233;es aux &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; commentaire compos&#233; d'un texte litt&#233;raire &#187; quant &#224; lui pose des exigences. Le texte sur lequel il porte est &#171; choisi en raison de sa qualit&#233; litt&#233;raire &#187; et doit &#234;tre prot&#233;g&#233; en tant que tel - ce qui est reconna&#238;tre l'importance de sa coh&#233;rence profonde : &#171; ce texte ne doit comporter aucune coupure. Une coupure en d&#233;chirerait la trame et rendrait al&#233;atoire toute analyse des effets litt&#233;raires. &#187; Comme en &#171; discussion &#187;, le candidat est maintenant aid&#233; par un libell&#233;. Sa d&#233;finition rompt des lances avec la tradition de l'&#233;vidence (preuve qu'elle n'avait pas d&#233;sarm&#233; dans les cours) et veut en r&#233;gler d&#233;finitivement le sort : &#171; (Le libell&#233;) ne devra pas laisser croire qu'un texte litt&#233;raire ne fait que &#171; traduire &#187; un sens pr&#233;existant. Il pourra au contraire sugg&#233;rer (&#8230;) que dans un texte litt&#233;raire, &#171; la facture est g&#233;n&#233;ratrice du sens &#187;. C'est la raison pour laquelle une &#233;tude s&#233;par&#233;e du &#171; fond &#187; et de la &#171; forme &#187; laisserait &#233;chapper l'essentiel. La signification est ins&#233;parable de la forme qui la constitue et la propose.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note de service du 27 juin 1983.&#034; id=&#034;nh8-82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, au lieu d'&#234;tre mise en doute, la litt&#233;rature comme objet d'apprentissage et sujet d'examen est mise en valeur : &#171; Le texte litt&#233;raire, plus que tout autre, se pr&#234;te, par le travail d'&#233;criture qu'il implique, &#224; l'observation des pouvoirs du langage et &#224; l'exploration des effets de sens. &#187;, &#171; il est naturel que la litt&#233;rature fran&#231;aise ait une place de choix. &#187; Enfin &#171; un principe a &#233;t&#233; fortement affirm&#233; (&#8230;) : on ne s&#233;pare pas l'&#233;tude des textes et celle de la langue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exercices vont mettre en &#339;uvre ces axes : la &#171; lecture m&#233;thodique &#187; et le &#171; groupement de textes &#187;, qui pr&#233;parent l'&#233;crit et donnent lieu &#224; l'&#233;preuve orale de l'examen. L'un et l'autre affirment la validit&#233; de l'analyse &#233;clair&#233;e et renouvellent enti&#232;rement les pratiques : &#224; cette occasion, les appellations de &#171; lecture expliqu&#233;e &#187; et de &#171; th&#232;mes &#187;, trop peu r&#233;ceptifs aux m&#233;thodes de la nouvelle critique, disparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de la &#171; lecture m&#233;thodique &#187; veut, comme celle du &#171; commentaire compos&#233; &#187;, &#233;carter d&#233;finitivement les pratiques ant&#233;rieures. C'est pourquoi elle est n&#233;gative car elle en fait la liste : &#171; 1) Elle rejette la paraphrase ; 2) Elle ne mime pas, passivement, le d&#233;veloppement lin&#233;aire du texte ; 3) Elle n'attribue pas &#224; l'auteur, a priori, une intention ; 4) Elle ne suppose pas que le contenu et la forme puissent &#234;tre dissoci&#233;s ; 5) Elle ne s'enferme pas dans des pr&#233;jug&#233;s esth&#233;tiques. &#187; C'&#233;tait dire &#224; quel point les habitudes avaient la vie dure et les cours ne parvenaient pas &#224; &#233;voluer. Ses prescriptions positives demandent un examen attentif du texte et de ses effets stylistiques, et de d&#233;gager des &#171; hypoth&#232;ses de lecture &#187; qui rendent l'&#233;l&#232;ve actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; groupement de textes &#187; doit quant &#224; lui abandonner une perspective trop souvent descriptive, pour adopter une orientation th&#233;matique ou litt&#233;raire qui en fera la coh&#233;rence : &#171; analyse d'une question d'ordre litt&#233;raire, d'un th&#232;me, d'une modalit&#233; d'expression, comme jalons d'un aper&#231;u historique &#187;. Il faudra en d&#233;gager une &#171; probl&#233;matique &#187; et proscrire toute &#233;tude de texte &#171; &#224; l'&#233;tat de fragment isol&#233; &#187;. La probl&#233;matique fait donc du groupement de textes une autre m&#233;thode de lecture, par confrontations, comparaisons, et &#233;clairages mutuels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces programmes larges et rigoureux vont susciter de grandes collections par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces instructions s'accompagnent de listes d&#233;taill&#233;es des notions n&#233;cessaires, linguistiques, rh&#233;toriques, stylistiques et po&#233;tiques, et des connaissances indispensables &#224; une bonne communication. Tous savoirs n&#233;cessaires. Mais elles sont compl&#233;t&#233;es par une s&#233;rie de dix &#171; objectifs &#187; &#224; atteindre, qui ne sont pas encore des &#171; comp&#233;tences &#187; mais y ressemblent fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volte face : un baccalaur&#233;at plus technique (1996)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes vont r&#233;gir les classes de lyc&#233;e pendant une douzaine d'ann&#233;es, jusqu'en 1999, mais les pratiques vont &#234;tre infl&#233;chies par la modification, en 1994&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 10 du 28 juillet 1994.&#034; id=&#034;nh8-84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des &#233;preuves pour le baccalaur&#233;at 1996. L'&#233;crit est sensiblement r&#233;orient&#233;, appuy&#233; sur les donn&#233;es linguistiques du programme plus que sur la lecture litt&#233;raire. Le r&#233;sum&#233; dispara&#238;t, remplac&#233; par un texte sur lequel sont pos&#233;es des questions de type argumentatif (&#171; syst&#232;me &#233;nonciatif, organisation lexicale, structure logique et rh&#233;torique, maniement de l'implicite, buts et modalit&#233;s de l'argumentation &#187;) puis un sujet de discussion, le commentaire est pr&#233;par&#233; par des questions d'observation, et la dissertation porte sur un programme de deux (s&#233;ries ES et S) ou trois (s&#233;rie L) &#339;uvres litt&#233;raires obligatoires - th&#233;&#226;tre, roman, po&#233;sie. Le programme d'&#339;uvres vise &#224; favoriser la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions sont dot&#233;es d'un bar&#232;me pr&#233;cis d&#233;taill&#233; destin&#233; &#224; limiter les d&#233;rives docimologiques, et not&#233;es dix points en sujet 1 argumentatif, quatre en commentaire. La dissertation restera not&#233;e sur vingt, ce qui en &#233;loignera d'autant les &#233;l&#232;ves qui vont choisir la s&#233;curit&#233; de questions assez techniques des autres sujets, auxquelles ils se sentent pr&#233;par&#233;s. Le commentaire aura lui aussi moins d'adeptes, car il perd son libell&#233; que les questions sont cens&#233;es remplacer. L'&#233;preuve &#233;crite se complique, car les &#233;l&#232;ves manquent de temps et ont du mal en temps limit&#233; (4 heures) &#224; dominer les questions pour y apporter des r&#233;ponses concises, la discussion ou le commentaire n'occupent ainsi parfois que la moiti&#233; du temps autoris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve orale, comportant en seconde partie une &#171; question d'ensemble &#187;, est &#233;galement remani&#233;e : la question (cens&#233;e favoriser le &#171; psittacisme &#187; selon l'Inspection g&#233;n&#233;rale) dispara&#238;t, remplac&#233;e par un &#171; entretien &#187; o&#249; l'examinateur &#171; &#233;largit l'interrogation &#187; sur l'&#339;uvre ou le groupement dont le candidat a expliqu&#233; un texte, et appr&#233;cie l' &#171; aptitude &#224; entrer dans un dialogue et &#224; argumenter dans un &#233;change suivi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers bilans des inspecteurs signalent le &#171; succ&#232;s &#187; du sujet 1, ce qui montre bien que l'&#233;l&#232;ve ne doit pas &#234;tre abandonn&#233; &#171; au centre du syst&#232;me &#187; : &#171; c'est celui auquel les &#233;l&#232;ves se sentent le mieux pr&#233;par&#233;s, ce que leurs r&#233;sultats semblent confirmer &#187; ; mais aussi la d&#233;saffection pour la dissertation, pour la raison inverse : l'exercice n'est pas assez pr&#233;par&#233;. La r&#233;forme en effet n'a pas pr&#233;vu ses effets pervers. &#171; L'abandon du sujet 3 se confirme de fa&#231;on inqui&#233;tante. (&#8230;) Pour la grande majorit&#233; des candidats, les &#339;uvres int&#233;grales ne seraient que des groupements de textes pour l'&#233;preuve orale. (&#8230;) La suppression de la &#171; question d'ensemble &#187; a peut-&#234;tre aggrav&#233; le d&#233;calage entre l'approche de l'&#339;uvre int&#233;grale pour l'oral et pour le sujet 3 de l'&#233;crit. De ce fait, la pr&#233;paration &#224; ce sujet semble souvent se r&#233;duire &#224; la r&#233;daction d'une dissertation en &#171; bilan d'&#233;tude &#187;. Cette fa&#231;on de proc&#233;der a comme cons&#233;quence que la plupart des candidats n'ont eu l'occasion de r&#233;diger que trois ou quatre dissertations litt&#233;raires dans toute leur scolarit&#233; au lyc&#233;e. (&#8230;) Si la tendance &#224; l' &#171; abandon du sujet 3 se confirmait, un objectif essentiel de la r&#233;forme de l'&#233;preuve - revaloriser les savoirs et la r&#233;flexion litt&#233;raire &#8211; serait rat&#233; &#187; et &#171; aurait pour cons&#233;quence de faire dispara&#238;tre les probl&#233;matiques litt&#233;raires de la formation des &#233;l&#232;ves : ils n'auraient plus affaire qu'&#224; des textes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bilan des Epreuves Anticip&#233;es de Fran&#231;ais au baccalaur&#233;at, Acad&#233;mie de Rouen (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;forme All&#232;gre-Viala au lyc&#233;e (1999-2006) : &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre &#187; de la litt&#233;rature&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999 arrivent en 2e les &#233;l&#232;ves qui ont connu au coll&#232;ge de 1995 la r&#233;forme socio-linguistique des &#171; discours &#187;. Une nouvelle r&#233;forme atteint donc, en coh&#233;rence, les lyc&#233;ens, dans les remous provoqu&#233;s par le ministre All&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la houlette d'Alain Viala&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur de litt&#233;rature &#224; Paris-III Sorbonne Nouvelle, titulaire d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sp&#233;cialiste de sociologie et litt&#233;rature, les m&#234;mes perspectives vont &#234;tre appliqu&#233;es, comme le disent explicitement les Documents d'accompagnement des programmes : &#171; Diverses conceptions de la litt&#233;rature existent, quelquefois conflictuelles, de l'art pour l'art &#224; l'engagement, du privil&#232;ge du moi &#224; l'&#233;change, voire &#224; la cr&#233;ation collective. Le litt&#233;raire a de multiples dimensions : fiction et confidence vraie, jeu de langage et action par le verbe, images de large diffusion ou partage de privil&#232;ges. Dans un programme scolaire, imposer une conception ne respecterait pas la v&#233;rit&#233; scientifique ni les principes d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre &#187; appara&#238;t alors comme un gage de d&#233;mocratie &#8211; et peu importe la p&#233;dagogie : &#171; L'&#233;cole se doit de donner &#224; ses &#233;l&#232;ves une vue d'ensemble qui les rende capables de faire leurs choix en connaissance de cause. Pour assumer ce r&#244;le, les programmes du lyc&#233;e se devaient d'envisager une conception globale et &#233;quilibr&#233;e de la litt&#233;rature et la discipline &#171; fran&#231;ais &#187;. Ils se devaient de consid&#233;rer la langue, la litt&#233;rature et la culture dans leur ensemble, en tenant compte du pass&#233; et du pr&#233;sent, et de tout le pass&#233;, car la langue, la litt&#233;rature et la culture ne prennent sens que dans leur perspective historique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CNDP, 2001. Pr&#233;face.&#034; id=&#034;nh8-87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Conception globale &#187; : le programme du lyc&#233;e r&#233;v&#232;le la coh&#233;rence de son syst&#232;me avec celui du primaire (apprentissage de la lecture) et celui du coll&#232;ge. Il ne fait gr&#226;ce &#224; l'&#233;l&#232;ve d'aucune connaissance, tout en se refusant &#224; le guider car ce serait lui &#171; imposer une conception &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves vont donc devoir, dans ce d&#233;dale et cette ampleur, &#171; savoir construire la signification des textes et des &#339;uvres &#187;. Un syst&#232;me d'explication par cl&#233;s universelles va leur &#234;tre donn&#233; : pour acc&#233;der aux &#339;uvres, il suffit de savoir &#224; quel &#171; genre &#187;, quel &#171; registre &#187; elles appartiennent, &#224; quelle &#171; histoire litt&#233;raire et culturelle &#187;, conna&#238;tre les conditions de leur &#171; production &#187;, leur &#171; singularit&#233; &#187; et leur effet &#171; sur les destinataires. &#187; par leur &#171; argumentation &#187;. Par exemple, &#171; la perspective g&#233;n&#233;rique &#187; est &#171; n&#233;cessaire pour comprendre que les textes rel&#232;vent de codes sociaux, les genres, indispensables &#224; l'&#233;change entre les humains &#187;. La litt&#233;rature est reconvertie en sociologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Objets d'&#233;tude &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes ne comprennent aucun nom d'auteur ni d'&#339;uvres/Les Documents d'accompagnement donnent quelques indications et titres./, le professeur les choisira. Ils n'ont en effet pas d'importance, ni d'&#233;poque ni de qualit&#233;, puisqu'il suffit de leur appliquer une doctrine d'explication &#8211; ce qui r&#233;sout, au passage et sans discussion, la difficile question du &#171; patrimoine &#187; litt&#233;raire ou du &#171; panth&#233;on &#187; des &#339;uvres cardinales&#8230; Pour exemple, le roman, un des &#171; objets d'&#233;tude &#187; de la 2e :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; 2 - Le r&#233;cit : le roman ou la nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but est de faire appara&#238;tre le fonctionnement et la sp&#233;cificit&#233; d'un genre narratif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Corpus : une &#339;uvre litt&#233;raire du XIX&#232;me ou du XX&#232;me si&#232;cle, au choix du professeur, accompagn&#233;e de textes compl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perspective dominante : &#233;tude des genres et des registres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perspectives compl&#233;mentaires : r&#233;flexion sur la production et la singularit&#233; des textes ; approche de l'histoire litt&#233;raire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 26 du 28 juin 2001..&#034; id=&#034;nh8-88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs, surpris par ce type d'approches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'autant plus qu'il a fallu quatre BO successifs, entre 1999 et 2001, pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans des classes o&#249; certains &#233;l&#232;ves ont des manques de lexique et parfois de syntaxe, et ne peuvent lire facilement sans aide des textes litt&#233;raires, vont r&#233;sister. Les &#339;uvres se pr&#234;tent malais&#233;ment &#224; ce carcan, ou bien seules certaines d'entre elles correspondent au sch&#233;ma. On ne peut plus par exemple &#233;tudier en 2e Pierre et Jean de Maupassant comme un roman de recherche d'identit&#233;, de jalousie, de conception du r&#244;le d'une m&#232;re et d'une famille &#8211; tous th&#232;mes qui inqui&#232;tent et passionnent les &#233;l&#232;ves -, y chercher les r&#233;seaux cach&#233;s du texte, ses mises en abyme, car l'oeuvre est devenue un mod&#232;le exemplaire de recettes, un magasin de proc&#233;d&#233;s cens&#233;s faire fonctionner tout type de roman (sch&#233;ma narratif, sch&#233;ma actantiel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces outils d'analyse peuvent se r&#233;v&#233;ler f&#233;conds quand ils servent &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), alors que justement les grandes &#339;uvres transcendent et contestent volontiers ces &#233;tiquettes &#233;labor&#233;es apr&#232;s elles. Ces th&#233;ories dess&#233;ch&#233;es conduisent souvent au contresens. C'est ainsi que les &#233;l&#232;ves diront, selon la d&#233;finition du biographique, que tout &#171; r&#233;cit r&#233;trospectif &#187; &#224; la &#171; premi&#232;re personne &#187; est une biographie. Et que Tzvetan Todorov &#233;crit : &#171; &#192; l'&#233;cole, on n'apprend pas de quoi parlent les &#339;uvres mais de quoi parlent les critiques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La litt&#233;rature en p&#233;ril, Flammarion (2007), p. 19.&#034; id=&#034;nh8-91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;On remplace en effet les objets du savoir par les outils de leur description.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes se r&#233;v&#232;lent rapidement impraticables : les &#339;uvres ne veulent pas &#171; fonctionner &#187;. Apr&#232;s deux ann&#233;es d'application, l'Inspection g&#233;n&#233;rale elle-m&#234;me (qui depuis 1989 n'a plus le monopole de l'&#233;laboration des programmes) le d&#233;plore, dans son Rapport sur la mise en &#339;uvre du programme de fran&#231;ais en classe de seconde (octobre 2003) : &#171; La premi&#232;re d&#233;rive, qui s&#233;vit surtout en coll&#232;ge mais qu'il n'est pas rare de retrouver en seconde, consiste &#224; subordonner le texte &#224; la mise en place d'un outil ou d'une notion. L'&#233;tude du r&#233;cit est propice &#224; ce d&#233;faut : l'objectif de la s&#233;ance appara&#238;t &#234;tre la mise en valeur du sch&#233;ma narratif ou des probl&#232;mes li&#233;s au point de vue, bien plus que l'analyse du texte qui sert de support et de pr&#233;texte &#224; cette &#233;tude. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte complet accessible &#224; ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapp&#034; id=&#034;nh8-92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tare originelle de ces doctrines est qu'en concentrant l'attention sur ces techniques, au d&#233;triment de la lettre du texte, on en fait dispara&#238;tre le sens, fort loin du principe de lecture authentique pos&#233; par les programmes de 1988 : &#171; on ne s&#233;pare pas l'&#233;tude des textes et celle de la langue. &#187;, &#171; le texte litt&#233;raire, plus que tout autre, se pr&#234;te, par le travail d'&#233;criture qu'il implique, &#224; l'observation des pouvoirs du langage et &#224; l'exploration des effets de sens. &#187; La r&#233;gression linguistique et p&#233;dagogique est patente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va devenir difficile, en classe, d'int&#233;resser les &#233;l&#232;ves au fran&#231;ais ; comment s'attacher &#224; Ronsard avec cette perspective : &#171; Ronsard va-t-il convaincre H&#233;l&#232;ne de lui rendre son amour ? &#201;tudiez le circuit argumentatif.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-93&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh8-93&#034;&gt;93&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Avides de sens, c'est en dehors de l'&#233;cole et de sa s&#233;cheresse que les &#233;l&#232;ves vont chercher de quoi lire. Ajoutons que l'&#171; objet d'&#233;tude &#187; &#171; roman &#187; sera absent du programme de 1&#232;re jusqu'en 2007, &#233;vacuant ainsi l'&#233;tude d'&#339;uvres complexes et riches d'interrogations, propres &#224; s&#233;duire des adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; objets d'&#233;tude &#187; prolif&#233;rants &#233;tant le programme des &#233;preuves de l'examen et r&#233;glant les sujets, beaucoup de surprises attendaient les candidats, incapables bien s&#251;r de dominer un genre. Une session de baccalaur&#233;at a eu en pour sujet en 2004 le costume (et non le texte) de th&#233;&#226;tre&#8230; La fragilit&#233; th&#233;orique des notions inqui&#232;te &#233;galement l'Inspection : &#171; En l'absence de recherche universitaire qui fasse le point, il faut admettre que ce terme [le registre], fort commode, synonyme grosso modo de tonalit&#233;s, n'est jamais d&#233;fini selon des crit&#232;res convaincants : est- il m&#234;me d&#233;fini, autrement que par cet &#233;nonc&#233; emprunt&#233; aux documents d'accompagnement : les registres seraient ces &#171; attitudes qui correspondent &#224; des fa&#231;ons fondamentales de ressentir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-94&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh8-94&#034;&gt;94&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Des universitaires, comme Tzvetan Todorov, s'en &#233;meuvent : &#171; Tous les praticiens des &#233;tudes litt&#233;raires aujourd'hui ne sont pas d'accord sur la liste des principaux &#171; registres &#187; - ni du reste sur la n&#233;cessit&#233; m&#234;me d'introduire une telle notion dans leur champ. Il y a donc ici un abus de pouvoir./Perspectives actuelles de l'enseignement du fran&#231;ais, CRDP de Versailles, 2001./ &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; sujet d'invention &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;preuves du baccalaur&#233;at sont modifi&#233;es pour le baccalaur&#233;at 2002, la raison en &#233;tant la baisse des r&#233;sultats &#224; l'examen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-95&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Boissinot, Perspectives actuelles de l'enseignement du fran&#231;ais, note (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-95&#034;&gt;95&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la place du sujet 1 d'argumentation est donc introduit un sujet sans contraintes de r&#233;flexion (dont la &#171; discussion &#187; parfois relevait d&#233;j&#224;, consid&#233;r&#233;e par des inspecteurs comme une &#171; r&#233;daction de coll&#232;ge &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-96&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. note 86.&#034; id=&#034;nh8-96&#034;&gt;96&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et en rupture avec les exigences des &#233;preuves des ann&#233;es ant&#233;rieures. Commentaire (non compos&#233; cette fois) et dissertation subsistent. Les trois sujets sont pr&#233;c&#233;d&#233;s de questions sur un corpus de deux &#224; trois textes r&#233;unis pour leur &#171; genre &#187; ou leur &#171; registre &#187;. L'ensemble est reli&#233; &#224; un ou deux &#171; objets d'&#233;tude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; sujet d'invention &#187; (au sens rh&#233;torique ancien de &#171; mati&#232;re, contenu &#187;, et non imagination) ne v&#233;rifie pas les connaissances des candidats sur les &#339;uvres, les auteurs ou l'histoire litt&#233;raire, mais seulement celles de contraintes formelles d&#233;finies comme caract&#233;ristiques par le programme d' &#171; objets &#187;. Il s'agit de r&#233;diger un texte en rapport avec l'un ou l'autre de ceux du corpus, et les illustrant ou les prolongeant, et proche des &#171; discours &#187; du coll&#232;ge ; il s'agit toujours d'une &#233;criture de contact aux multiples formes : &#171; article (&#233;ditorial, article pol&#233;mique, article critique - &#233;loge ou bl&#226;me -, droit de r&#233;ponse...) ; lettre (correspondance avec un destinataire d&#233;fini dans le libell&#233; du sujet, lettre destin&#233;e au courrier des lecteurs, lettre ouverte, lettre fictive d'un des personnages pr&#233;sents dans un des textes du corpus...) ; monologue d&#233;lib&#233;ratif, dialogue (y compris le dialogue th&#233;&#226;tral) ; discours devant une assembl&#233;e ; essai ; r&#233;cit &#224; vis&#233;e argumentative sous forme de fable, d'apologue...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-97&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO 26 du 28 juin 2001.&#034; id=&#034;nh8-97&#034;&gt;97&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Quant au libell&#233;, impr&#233;visible, il n'est en rapport avec aucune autre connaissance que formelle, puisqu'aucun domaine d'application n'en est d&#233;fini a priori, contrairement &#224; ce qui se passe en dissertation &#8211; portant sur les genres &#233;tudi&#233;s - ou le commentaire &#8211; portant sur un texte litt&#233;raire. Il ne peut donc &#234;tre pr&#233;par&#233; efficacement vu l'ampleur des &#171; objets d'&#233;tude &#187;, et ne peut certifier un niveau, ce qui va mettre en difficult&#233; les correcteurs, d&#233;munis devant des cas de conscience suscit&#233;s par des copies informes faute de cadre et codifications de m&#233;thode, et m&#233;contents de voir des candidats obtenir le baccalaur&#233;at de fran&#231;ais sans avoir la moindre connaissance litt&#233;raire. En effet, en l'absence d'autres crit&#232;res bien d&#233;finis, c'est la qualit&#233; d'expression qui en pratique joue le r&#244;le de discriminant. Et en dehors de tr&#232;s bons &#233;l&#232;ves dont l'aisance verbale transmise d&#232;s le berceau familial va tenir lieu de savoir garanti par l'institution, les autres, irr&#233;m&#233;diablement handicap&#233;s par leurs difficult&#233;s de syntaxe et leur manque d'agilit&#233; pour jouer avec les consignes, sont assur&#233;s de perdre des points en choisissant ce sujet-pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que de surcro&#238;t il contraint l'&#233;l&#232;ve &#224; endosser un personnage de locuteur &#233;minemment p&#233;rilleux et anachronique : &#171; La fille de Madame de S&#233;vign&#233; s'empresse de r&#233;pondre &#224; la lettre de sa m&#232;re afin d'att&#233;nuer la douleur de la s&#233;paration en cherchant &#224; la persuader des m&#233;rites de l'&#233;change &#233;pistolaire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-98&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annales z&#233;ro, CNDP 4e trimestre 2001.&#034; id=&#034;nh8-98&#034;&gt;98&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, &#171; R&#233;digez le monologue de L&#233;pidus qui pourrait suivre la sc&#232;ne de Caligula &#187; (2004). Le candidat est somm&#233; de se d&#233;guiser tour &#224; tour en La Fontaine, Flaubert &#233;crivant &#224; Zola, po&#232;te &#233;crivant &#224; un directeur de revue, Muse &#233;crivant &#224; un &#171; po&#232;te d'aujourd'hui &#187; (2005) ou essayiste de premi&#232;re classe comme dans le sujet d'Annales z&#233;ro o&#249; il doit faire s'opposer Diderot et Van Loo sur la sup&#233;riorit&#233; de l'&#233;criture ou de la peinture dans l'art du portrait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-99&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On n'est pas loin des sujets qui d&#233;solaient Jules Vall&#232;s enfant somm&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-99&#034;&gt;99&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le sujet peut aussi rejoindre la vis&#233;e morale si d&#233;nigr&#233;e ant&#233;rieurement (&#233;crire, &#224; la suite d'un extrait de La Guerre de Troie n'aura pas lieu o&#249; Andromaque condamnait la guerre, un dialogue o&#249; Hector d&#233;fend devant son p&#232;re Priam la m&#234;me condamnation, du &#171; point de vue des hommes &#187; - 2002) ; ou politiquement correcte : en 2005 (s&#233;ries technologiques) apr&#232;s la chanson Lily, de Pierre Perret figure ce libell&#233; : &#171; Lily, un an apr&#232;s son installation &#224; Paris, &#233;crit &#224; sa famille rest&#233;e en Somalie. Elle d&#233;nonce l'intol&#233;rance et le racisme dont elle est la victime. Vous r&#233;digerez cette lettre en tenant compte des situations &#233;voqu&#233;es dans le texte de Pierre Perret et en d&#233;veloppant l'argumentation de Lily&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-100&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici une critique succincte de ce sujet :&#034; id=&#034;nh8-100&#034;&gt;100&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'enjeu fondamental de l'argumentation, &#8230; la r&#233;gulation des conflits &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans cet &#233;crit interpersonnel la sociolinguistique du coll&#232;ge : les caract&#233;ristiques de l'argumentation comme &#171; forme de discours qui vise &#224; obtenir l'adh&#233;sion d'un auditeur ou d'un lecteur aux th&#232;ses que l'on pr&#233;sente &#224; son assentiment &#187;, et l'utilisation du fran&#231;ais et de ses composantes comme support social et politique : &#171; l'enjeu fondamental de l'argumentation, donnant &#224; la parole une chance contre la violence, est la r&#233;gulation des conflits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-101&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Documents d'accompagnement, CNDP, 2001, p. 21.&#034; id=&#034;nh8-101&#034;&gt;101&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le sujet d'invention supprime m&#234;me le conflit car il ne suppose pas de perspective dialectique ; le texte &#224; r&#233;diger ne d&#233;fend qu'un point de vue, au pire il est un &#233;change d'opinions, &#233;mouss&#233;es par la &#171; modalisation &#187; afin de ne pas blesser, alors que dix ans avant encore, le but affich&#233; &#233;tait &#171; l'esprit critique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finalit&#233; avou&#233;e est donc la communication facile, la conformit&#233; morale et le baccalaur&#233;at d&#233;mocratique : lorsqu'il n'y a que des formes &#224; retenir, sans programme et sans supports, le sens, la r&#233;flexion et la qualit&#233; de la pens&#233;e n'interviennent plus et la r&#233;ussite est assur&#233;e ; l'&#233;galit&#233; entre les individus est parfaite et la paix sociale garantie. Au m&#234;me moment (1998), Philippe Meirieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-102&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directeur de l'INRP &#224; cette date, puis directeur de l'IUFM de Lyon, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-102&#034;&gt;102&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans son rapport &lt;i&gt;Quels savoirs enseigner dans les lyc&#233;es&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-103&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport d'&#233;tape du comit&#233; d'organisation, 28 avril 1998,&#034; id=&#034;nh8-103&#034;&gt;103&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#234;che la m&#234;me chose comme horizon scolaire : la &#171; culture commune comprend, d'une part, un ensemble de &lt;i&gt;savoir-faire sociaux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-104&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En gras dans le texte original.&#034; id=&#034;nh8-104&#034;&gt;104&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; indispensables &#224; l'&#233;l&#232;ve, (&#8230;) et, d'autre part, un ensemble de connaissances permettant de r&#233;f&#233;rer ces savoir-faire &#224; leur histoire et &#224; leurs enjeux. &#187; ; &#171; La construction des savoirs est indissociable de la construction de la collectivit&#233; apprenante &#187;, &#171; La paix sociale se construit d&#232;s l'&#233;cole &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-105&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Meirieu, L'&#201;cole ou la guerre civile (1997)&#034; id=&#034;nh8-105&#034;&gt;105&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut r&#233;duire la culture &#224; un ensemble horizontal d'&#233;changes de m&#234;me niveau. Et on comprend l&#224; que l'&#233;cole a chang&#233; de fonction : elle vise moins une augmentation de l'&#234;tre (&#233;lever l'&#233;l&#232;ve) qu'une extension de sa surface (int&#233;grer le communicant). Au fil des ann&#233;es, l'utilisation du fran&#231;ais &#224; des fins politiques de r&#233;gulation de la soci&#233;t&#233; s'affirme. L'AFEF dans son manifeste de Charbonni&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-106&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 13.&#034; id=&#034;nh8-106&#034;&gt;106&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;nov&#233; affirmait d&#233;j&#224; en 1977 que les &#171; discours &#187; (plus tard inject&#233;s au coll&#232;ge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-107&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 64.&#034; id=&#034;nh8-107&#034;&gt;107&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;quivalaient aux &#171; rapports explicites que l'individu &#233;tablit avec les membres de la communaut&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-108&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Fran&#231;ais aujourd'hui, Suppl&#233;ment au n&#176;39, septembre 1977, p. 50.&#034; id=&#034;nh8-108&#034;&gt;108&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pacification supposant l'&#233;galit&#233; totale se confond avec le refus de la distinction analys&#233;e par Bourdieu : il faut qu'aucune t&#234;te ne d&#233;passe de la classe. Dans la r&#233;alit&#233; p&#233;dagogique, cela revient en fran&#231;ais &#224; proscrire ou &#224; limiter, par exemple, l'expos&#233; et l'utilisation de toutes les ressources de la langue qui seraient pourtant le propre de son enseignement ; les Documents d'accompagnement pour la classe de 3e (1995) le montrent jusqu'&#224; la caricature : &#171; S'il est prescrit, par exemple, que les &#233;l&#232;ves sachent composer une lettre, c'est &#224; l'enseignant de d&#233;cider s'il doit revenir ou non sur cette pratique plusieurs fois dans l'ann&#233;e. Il ne s'agit pas de chercher, au risque d'alourdir le travail, la perfection des acquis, mais il convient de viser l'efficacit&#233; : une lettre est efficace si elle r&#233;pond clairement et correctement &#224; son objectif communicatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-109&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans cette perspective &#171; efficace &#187;, la langue n'est rien d'autre qu'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-109&#034;&gt;109&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et on ne cherchera l'&#233;l&#233;gance ou l'originalit&#233; de l'expression que si le contexte p&#233;dagogique le permet. Sans cette souplesse, on reproduirait dans les pratiques un &#233;litisme discriminatoire qui n'est pas dans l'esprit du programme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Viala ne dit pas autre chose : &#171; En montrant la richesse d'un texte, on renforce l'image de l'&#233;crivain de g&#233;nie, en paralysant la facult&#233; d'&#233;criture ou de r&#233;&#233;criture d'&#233;l&#232;ves qui manient mal les id&#233;es et plus encore les outils logiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-110&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faire lire, A. Viala, M.P. Schmitt, Didier, 1979, p. 205.&#034; id=&#034;nh8-110&#034;&gt;110&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Pour &#234;tre d&#233;mocrate et ne pas rebuter les &#233;l&#232;ves, il suffit en effet de ne plus enseigner.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ann&#233;es 2010 : un syst&#232;me d&#233;l&#233;t&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 2006-2008 voient para&#238;tre un ensemble de textes r&#233;duisant la faillite p&#233;dagogique ant&#233;rieure. Mais la contradiction entre les objectifs, les contenus et les horaires contribue &#224; marquer et miner la p&#233;riode, et &#224; r&#233;duire &#224; rien les avanc&#233;es propos&#233;es. Parall&#232;lement, en sus, des syst&#232;mes d&#233;l&#233;t&#232;res (logiques comptables d'&#233;conomies, choix de l' &#171; autonomie &#187; comme mode de gouvernance des &#233;tablissements, mise en concurrence par le service public de ses propres structures, spectre du &#171; socle &#187; de connaissances) hantent l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En primaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme plus explicite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme plus pr&#233;cis et plus explicite de connaissances fondamentales est publi&#233; en 2008&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-111&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BO HS 3 du 19 juin 2008.&#034; id=&#034;nh8-111&#034;&gt;111&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans un rapport de bilan de 2013&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-112&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh8-112&#034;&gt;112&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'IGEN note : &#171; Il en a r&#233;sult&#233; des programmes un peu plus ambitieux que les pr&#233;c&#233;dents, notamment en mati&#232;re d'&#233;tude de la langue, sans que les exigences soient aussi &#233;lev&#233;es qu'elles avaient pu l'&#234;tre par le pass&#233;, dans les programmes de 1985 notamment. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La comparaison des programmes de cycle 3 entre 1985 et 2008 montre cette r&#233;gression, mais des acquis par rapport &#224; 2002 sont sensibles. Le lexique du t&#226;tonnement (&#171; rep&#233;rer &#187;, &#171; marquer &#187;, &#171; distinguer &#187;, &#171; d&#233;couvrir &#187;, &#171; observation des variations &#187;) dispara&#238;t au profit de l'&#233;num&#233;ration directe des notions ; &#171; rep&#233;rer et r&#233;aliser les cha&#238;nes d'accord dans le groupe nominal &#187;, par exemple, devient plus imp&#233;ratif : &#171; effectuer les accords dans le groupe nominal &#187; - ce qui semble indiquer un guidage plus pr&#233;cis des &#233;l&#232;ves. C'est sur ce principe p&#233;dagogique que l'exercice de dict&#233;e est justifi&#233; : &#171; La dict&#233;e repr&#233;sente un interm&#233;diaire pertinent entre la situation d'exercice o&#249; l'attention de l'&#233;l&#232;ve se trouve de fait guid&#233;e et soutenue et la situation d'&#233;criture autonome o&#249; l'&#233;l&#232;ve doit tout assumer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme cherche &#233;galement &#224; lib&#233;rer pr&#233;cocement les &#233;l&#232;ves des t&#226;tonnements orthographiques : &#171; Une attention permanente est port&#233;e &#224; l'orthographe. La pratique r&#233;guli&#232;re de la copie, de la dict&#233;e et de la r&#233;daction ainsi que des exercices diversifi&#233;s assurent la fixation des connaissances acquises : leur application dans des situations nombreuses et vari&#233;es conduit progressivement &#224; l'automatisation des graphies correctes. La relecture et la correction des textes sont syst&#233;matiques. &#187; L'orthographe grammaticale est bien reli&#233;e au programme de notions, l'orthographe lexicale &#224; un apprentissage raisonn&#233; : &#171; L'apprentissage orthographique repose aussi sur l'application des &#8220;r&#232;gles d'orthographe&#8221; ou r&#233;gularit&#233;s dans l'&#233;criture des mots (redoublement de consonnes, lettres muettes, finales de mots de grande fr&#233;quence). &#187; La r&#233;orientation de l'ensemble des prescriptions vers une p&#233;dagogie plus explicite, moins inqui&#233;tante pour les &#233;l&#232;ves, reste patente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schizophr&#233;nie : une baisse r&#233;currente des horaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, la moyenne des heures d'enseignement re&#231;ues entre le CP et le CM2 reste la m&#234;me entre 2002 et 2008 (de 7,2/8,2 &#224; 7,2 /8,4). Le d&#233;compte reste impr&#233;cis car le fran&#231;ais appartient au &#171; domaine &#187; des humanit&#233;s et son horaire peut varier d'une heure hebdomadaire en cycle 3. Le cycle 2 (CP-CE1) b&#233;n&#233;ficie d'un horaire disciplinaire autonome, et le CP y gagne 1 heure, passant de 10 &#224; 11. Mais le rapport-bilan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-113&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. note 116.&#034; id=&#034;nh8-113&#034;&gt;113&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mod&#232;re en baisse ce compte brut : les r&#233;cr&#233;ations sont attribu&#233;es au pro rata du temps disciplinaire ; ainsi trait&#233;, le temps du fran&#231;ais &#171; peut &#234;tre diminu&#233; de 50 minutes par semaine au cycle 2 et de 40 minutes au cycle 3 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la suppression &#224; partir de 2008 d'une demi-journ&#233;e de cours du samedi matin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-114&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouveaux horaires du primaire : encore moins d'&#233;cole. /par Xavier Darcos&#034; id=&#034;nh8-114&#034;&gt;114&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Antoine Prost en a dit l'irresponsabilit&#233; dans &lt;i&gt;Un Munich p&#233;dagogique&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 29 mai 2008) : &#171; La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent (&#8230;) d'&#234;tre irr&#233;versibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. Munich s'&#233;tait accompagn&#233; d'un &#171; l&#226;che soulagement &#187;. Ce l&#226;che consentement, lui aussi, annonce une d&#233;b&#226;cle. Les comparaisons internationales nous montrent en mauvaise position et 10 % &#224; 15 % des &#233;l&#232;ves qui entrent en 6e sont incapables de suivre. Et qu'est-ce qu'on fait ? On r&#233;duit la dur&#233;e de l'enseignement ! A qui fera-t-on croire qu'il est possible d'apprendre mieux et plus en travaillant moins ? M&#234;me le ministre n'a pas os&#233; dire du bien de cette mesure que lui a impos&#233;e - dit-on - un pr&#233;sident qui n'a d&#233;cid&#233;ment pas besoin de r&#233;fl&#233;chir pour d&#233;cider. (&#8230;) Il n'y a qu'une chose vraiment importante en &#233;ducation : c'est le travail des &#233;l&#232;ves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu'il d&#233;cr&#232;te ? &#187;]], pour &#171; rendre les enfants &#224; leur famille &#187;, a resserr&#233; les activit&#233;s en retirant deux heures &#224; l'horaire hebdomadaire. La gestion du temps et sa r&#233;partition entre les disciplines sont devenues le premier probl&#232;me de l'&#233;cole primaire. Sur l'ensemble de la scolarit&#233; primaire, l'&#233;quivalent de 14 semaines est perdu depuis 2008 &#8211; comme si le CM2 s'arr&#234;tait en f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, Vincent Peillon, au lieu de prendre en compte la baisse des in&#233;galit&#233;s et les avertissements de sp&#233;cialistes comme Antoine Prost, a continu&#233; sur la ligne de ses pr&#233;d&#233;cesseurs : il n'est pas revenu sur la mesure et n'a r&#233;tabli aucune des heures d'enseignement supprim&#233;es, la demi-journ&#233;e hebdomadaire redonn&#233;e correspondant aux activit&#233;s p&#233;riscolaires. La politique du &#171; toujours moins &#187; scolaire, soutenue par une opinion publique de plus en plus d&#233;fiante envers l'&#233;cole, entretient et renforce le poids de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression des in&#233;galit&#233;s est ainsi favoris&#233;e par l'institution, non parce qu'elle pratiquerait une langue soutenue, mais parce qu'elle ne se donne plus le temps de l'enseigner - attitude qui d&#233;finit l'&#233;litisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, les horaires du fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole primaire ont diminu&#233; de 630 heures entre 1968 et 2007. Ce qui correspond &#224; une ann&#233;e scolaire et demie (1,56 exactement)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-115&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir et&#034; id=&#034;nh8-115&#034;&gt;115&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme si l'&#233;colier entr&#233; en 1968 en sortait au milieu du CM1, pour aller directement en 6e au coll&#232;ge. Les enqu&#234;tes officielles ou disciplinaires corr&#232;lent exactement le rapport entre le total des pertes horaires et le retard des acquis disciplinaires mesurables/&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-116&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une nouvelle enqu&#234;te atteste la baisse du niveau des &#233;l&#232;ves en fin de CM2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-116&#034;&gt;116&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au coll&#232;ge&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-117&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;l&#233;ments de ce d&#233;veloppement (le texte complet est consultable ici : ) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-117&#034;&gt;117&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feu le &#171; discours &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux programmes du coll&#232;ge paraissent en 2008, pour s'appliquer &#224; partir de 2009. Abandonnant enfin la grille obligatoire des &#171; discours &#187;, ils lib&#232;rent les professeurs de la faillite p&#233;dagogique de cette th&#233;orie, et des diktats du &#171; d&#233;cloisonnement &#187; qui l'accompagnaient. Au lieu de lui &#234;tre subordonn&#233;es, les rubriques de l'&#233;tude de la langue, grammaire, orthographe et lexique, redeviennent enfin des domaines d'apprentissage &#224; part enti&#232;re, et par &#171; grammaire &#187; on entend bien ici la grammaire de la phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les grammaires du texte et de l'&#233;nonciation sont encore impos&#233;es, mais &#224; partir de la 4e seulement et sous la forme d'une &#171; initiation &#187;. Le parti pris est nettement &#233;nonc&#233; : &#171; Au coll&#232;ge, le programme privil&#233;gie l'apprentissage de la grammaire de la phrase &#187; et &#171; la le&#231;on de grammaire est fondamentale &#187;. Mieux, &#171; les s&#233;ances consacr&#233;es &#224; l'&#233;tude de la langue sont conduites selon une progression m&#233;thodique et peuvent n'&#234;tre pas &#233;troitement articul&#233;es avec les autres composantes du fran&#231;ais &#187;. L'interdiction de consacrer une s&#233;ance enti&#232;re &#224; la langue, et le saupoudrage des notions grammaticales au hasard des s&#233;quences, disparaissent. Enfin, concernant les termes grammaticaux, on peut lire : &#171; ils doivent &#234;tre soigneusement expliqu&#233;s pour &#234;tre syst&#233;matiquement acquis &#187;. Cette formule impose clairement le principe de &#171; l'explication &#187;, et constitue aussi un encouragement &#224; l'exercice r&#233;p&#233;titif. La transmission des savoirs est reconnue compatible avec &#171; l'activit&#233; de l'&#233;l&#232;ve, &#171; savoir orthographier correctement un texte constitue (&#8230;) une comp&#233;tence essentielle &#187;, &#171; l'acquisition de la comp&#233;tence orthographique (&#8230;) rend n&#233;cessaire un apprentissage raisonn&#233; et r&#233;gulier &#187;, et &#171; le lexique doit lui-m&#234;me faire l'objet d'un apprentissage r&#233;gulier et approfondi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte pr&#233;sente cependant des incoh&#233;rences : par exemple, le socle commun &#224; l'acquisition duquel ces programmes sont &#233;troitement li&#233;s stipule dans la comp&#233;tence 1 &#171; le syst&#232;me des temps et des modes &#187; ; or on ne trouve ici aucune mention du mode participe, alors m&#234;me qu'en orthographe grammaticale tous les accords possibles du participe pass&#233; ainsi que la distinction entre participe pr&#233;sent et adjectif verbal sont programm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'expression &#233;crite, les nouveaux programmes affichent d'embl&#233;e une couleur diff&#233;rente de celle des pr&#233;c&#233;dents. La valorisation de l'&#233;criture au kilom&#232;tre, sans orthographe ni ponctuation, a v&#233;cu. On peut lire en effet que &#171; l'&#233;criture s'apprend : elle n&#233;cessite d&#232;s la 6e un enseignement rigoureux et un entra&#238;nement r&#233;gulier &#187;. On peut lire &#233;galement, d&#232;s le pr&#233;ambule : &#171; Les exigences attendues sont la correction de l'expression, la coh&#233;rence de la composition, le respect des consignes, la richesse et la sensibilit&#233; de l'invention. &#187; La porte des r&#233;visions et des exercices syst&#233;matiques &#233;tant d&#233;sormais ouverte, le professeur pourra entreprendre dans la classe une restructuration des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la litt&#233;rature, presque totalement d&#233;barrass&#233;e des &#171; grammaires du discours &#187; et &#171; grammaire du texte &#187; qui la rendaient inaccessible, elle peut reprendre toute sa place en tant que porteuse de sens : elle n'est plus la cible muette d'un bombardement techniciste. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on sent que ces programmes cherchent une sorte de compromis, certes impossible mais au moins pragmatique, entre d'un c&#244;t&#233; l'ambition de transmettre des savoirs, et de l'autre le courant sociologique qui a r&#233;gn&#233; sans concession sur le terrain durant les vingt derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Double discours : la baisse horaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sent cependant la mission d&#233;sesp&#233;r&#233;e : les horaires du coll&#232;ge suivent une courbe incessamment descendante depuis 1969. Les am&#233;liorations de programmes, de contenus et de m&#233;thodes deviennent de ce fait inop&#233;rantes puisque l'assimilation ou le r&#233;emploi des connaissances est impossible en temps de plus en plus r&#233;duit. Le calcul des pertes est compliqu&#233; par le d&#233;veloppement d'activit&#233;s interdisciplinaires (&#171; parcours diversifi&#233;s &#187; puis &#171; itin&#233;raires de d&#233;couverte &#187;) qui influent sur les calculs, selon que le professeur de fran&#231;ais y participe ou non, mais varie entre 0,45 et 0,9 ann&#233;e scolaire (sur la base administrative d'une dur&#233;e de 36 semaines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une trentaine d'ann&#233;es et si l'on additionne les pertes d'heures d'enseignement en primaire et en premier cycle, l'&#233;l&#232;ve a donc, au mieux, perdu deux ann&#233;es de formation en fran&#231;ais. Au pire, deux ann&#233;es et demie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-118&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1976, un &#233;l&#232;ve qui sortait du coll&#232;ge avait re&#231;u 2800 heures (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-118&#034;&gt;118&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Lorsqu'il arrive en 2e, il a re&#231;u, sauf aide familiale, autant d'heures d'enseignement qu'un &#233;l&#232;ve sortant de 5e en 1975, sans tenir compte du quart de l'horaire global du coll&#232;ge effectu&#233; alors en demi-groupe, ce qui, qualitativement, n'est pas n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;valuations minist&#233;rielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-119&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Les comp&#233;tences g&#233;n&#233;rales des &#233;l&#232;ves en fin de coll&#232;ge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-119&#034;&gt;119&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les constatations des sp&#233;cialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-120&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orthographe : les coll&#233;giens de cinqui&#232;me sont tomb&#233;s au niveau des &#233;l&#232;ves (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-120&#034;&gt;120&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; enregistrent pr&#233;cis&#233;ment le d&#233;ficit des acquis cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces. Le constat est sans appel. Les conclusions sont les m&#234;mes que pour le primaire : l'&#233;litisme semble &#234;tre pass&#233; en politique officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au lyc&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeurs, universitaires, politiques, journalistes, inspection g&#233;n&#233;rale s'&#233;taient en peu de temps &#233;lev&#233;s massivement et clairement contre la r&#233;forme de 2001, pour des raisons disciplinaires, scientifiques, p&#233;dagogiques. Elle menait &#224; l'impasse. Henri Mitterand (professeur &#233;m&#233;rite &#224; la Sorbonne nouvelle-Paris III) r&#233;sumait le sentiment de tous : &#171; Sautent aux yeux (&#8230;) la pulv&#233;risation du travail de lecture r&#233;fl&#233;chie ; l'asservissement de chacune des &#339;uvres lues &#224; un unique angle de r&#233;flexion (par exemple l'angle g&#233;n&#233;rique pour la lecture d'une com&#233;die ou d'une trag&#233;die) ; (&#8230;) et par-dessus tout, l'absence de toute &#233;tude interne de l'&#339;uvre achev&#233;e, autre que l'analyse de ses caract&#233;ristiques g&#233;n&#233;riques et rh&#233;toriques. Rien sur les r&#233;seaux du sens, rien sur l'imaginaire, ni sur le r&#234;ve, ni sur les id&#233;es, ni sur la personnalit&#233; de l'auteur, rien sur la relation de l'&#339;uvre &#224; l'histoire (l'&#233;tude d'un mouvement ne dit pas grand-chose sur l'insertion d'une grande &#339;uvre, prise en elle-m&#234;me, dans les courants sociaux, id&#233;ologiques, politiques, religieux, qui l'entourent et la nourrissent), rien sur l'art. &#034;La litt&#233;rature, ses savoirs, ses d&#233;couvertes, ses enseignements et ses charmes ? Hors sujet !&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-121&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le D&#233;bat n&#176;135, mai-ao&#251;t 2005.&#034; id=&#034;nh8-121&#034;&gt;121&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, la r&#233;forme de l'&#233;preuve orale, prescrivant en 2001 de poser deux questions (sur le texte et pour l'entretien de seconde partie), puis en 2003 une question (sur le texte) le jour de l'examen &#224; l'entr&#233;e dans la salle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-122&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Plaidoyer pour l'abolition de la question,&#034; id=&#034;nh8-122&#034;&gt;122&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;/ contraignant un candidat de seize ans &#224; remodeler en trente minutes un plan ou un contenu de lecture m&#233;thodique, avait rendu l'&#233;preuve redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman, la po&#233;sie : le retour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de revoir l'orientation technique contestable des programmes, les premi&#232;res am&#233;liorations portent sur le contenu. Le scandale majeur de l'absence du roman en classe de 1&#232;re &#8211; ce qui rejetait le programme dans les eaux de 1950 &#8211;, d&#233;nonc&#233; par tous les professeurs et les sp&#233;cialistes, dispara&#238;t &#224; la rentr&#233;e 2007. &#171; Le biographique &#187;, sp&#233;cialit&#233; d'Alain Viala, laisse la place, sauf en 1&#232;re L, dot&#233;e d'un horaire sup&#233;rieur. La po&#233;sie n'est plus associ&#233;e &#224; &#171; la modernit&#233; &#187; : la classe de 2e n'en &#233;tudiait pas&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abord de l'histoire litt&#233;raire (qui n'en &#233;tait pas car le d&#233;roulement chronologique en avait &#233;t&#233; supprim&#233; et l'&#233;tude r&#233;duite &#224; un mouvement par an) redevient plus r&#233;aliste : l'&#233;l&#232;ve n'a plus &#224; en &#171; construire la notion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme suivante de 2010 pour 2011 &#8211; men&#233;e par l'Inspection g&#233;n&#233;rale (le GTD avait &#233;t&#233; supprim&#233; par Jack Lang en 2002), redonne &#224; la discipline des contours acceptables. En particulier, les &#171; perspectives &#187; formalistes et ampoul&#233;es, qui contraignaient &#224; lire la litt&#233;rature selon des crit&#232;res pr&#233;&#233;tablis, et les &#171; registres &#187;, qui refusaient l'histoire litt&#233;raire au profit de cat&#233;gories &#233;motionnelles, disparaissent. Ces filtres oblig&#233;s, contest&#233;s au sein m&#234;me des recherches universitaires, et constituant autant de pr&#233;-requis inutilement compliqu&#233;s, avaient pendant dix ans rendu opaque et r&#233;pulsive, pour nombre de lyc&#233;ens - surtout les moins soutenus par leur milieu -, l'&#233;tude du fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient &#224; des &#171; objets d'&#233;tude &#187; g&#233;n&#233;riques, limit&#233;s &#224; cinq par an, la po&#233;sie est &#224; nouveau &#233;tudi&#233;e en 2e, l'histoire litt&#233;raire retrouve une continuit&#233;. Des incoh&#233;rences nouvelles apparaissent certes : le XVIIIe et les Lumi&#232;res en particulier sont &#233;tudi&#233;s en 2e, r&#233;duisant d'autant la formation critique li&#233;e &#224; la classe de 1&#232;re, le roman restreint au &#171; personnage &#187; fait probl&#232;me pour nombre d'oeuvres, le programme consid&#233;r&#233; en d&#233;tail est tr&#232;s lourd. Le soulagement des professeurs fut patent. Tout comme leur col&#232;re contre les horaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les horaires et l'autonomie du minist&#232;re Chatel : un syst&#232;me &#224; double &#233;tranglement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les horaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme g&#233;n&#233;rale du lyc&#233;e par le ministre Chatel &#224; partir de 2010 cr&#233;a un s&#233;isme qui continue &#224; s'&#233;tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e avait &#233;t&#233; assez longtemps pr&#233;serv&#233; des baisses horaires : augment&#233;s d'une heure par niveau en 1977, les horaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-123&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., pp. 1136 &#224; 1141.&#034; id=&#034;nh8-123&#034;&gt;123&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de fran&#231;ais &#233;taient en moyenne de 5 heures en 2e, 4 heures en 1&#232;re et 5 en 1&#232;re L ; en 1992, des &#171; modules &#187;, groupes &#224; effectif r&#233;duit, avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s en 2e par le minist&#232;re Jospin. A d&#233;faut d'une v&#233;ritable lutte contre les in&#233;galit&#233;s, le syst&#232;me avait au moins institu&#233; une stabilit&#233; sur laquelle les professeurs pouvaient tabler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;forme Chatel, les baisses horaires et les d&#233;s&#233;quilibres s'invit&#232;rent en force. De fait, la r&#233;forme retirait aux lyc&#233;ens de Seconde 1 heure 30 de fran&#231;ais hebdomadaire (30 minutes de demi-groupe (module) et 1 heure d'&#171; aide individualis&#233;e &#187;), aux lyc&#233;ens de Premi&#232;re litt&#233;raire des classes de fran&#231;ais sp&#233;cifiques et la continuit&#233; p&#233;dagogique (leur horaire est en effet scind&#233; entre 4 heures hebdomadaires indiff&#233;renci&#233;es et 2 heures de s&#233;rie litt&#233;raire, ce qui ne garantit pas d'avoir le m&#234;me professeur de lettres dans les deux parties de l'enseignement), aux lyc&#233;ens de Terminale litt&#233;raire 50 % de leur horaire hebdomadaire (2 heures au lieu de 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les lyc&#233;ens commencent ainsi leur second cycle en recevant en 2e 54 heures de moins que leur pr&#233;d&#233;cesseurs, et peuvent en Premi&#232;re &#234;tre form&#233;s dans des classes de tronc commun aux effectifs pl&#233;thoriques rassemblant toutes les s&#233;ries. Comment dans ce cas, adapter les &#339;uvres &#233;tudi&#233;es &#224; un public aux attentes diff&#233;rentes, et s'attacher &#224; la &#171; qu&#234;te du sens &#187; pr&#233;vue dans les nouveaux programmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la s&#233;rie L, la perte totale d'horaire de fran&#231;ais, en trois ans de cursus litt&#233;raire au lyc&#233;e, atteint 126 heures. L'annonce d'une &#171; revalorisation de la s&#233;rie litt&#233;raire &#187; sentait la supercherie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme Chatel accorde une large part &#224; &#171; l'autonomie &#187; de l'&#233;tablissement. Il s'agit de l'attribution d'heures non disciplinaires, accord&#233;es non aux mati&#232;res mais &#224; l'&#233;tablissement, en compensation partielle de suppression de cours en groupes. En 2e, 10 de ces heures, 7 en 1&#232;re et 5 en Tle sont affect&#233;es aux classes. Une part importante de l'utilisation des horaires est ainsi laiss&#233;e aux choix locaux. Sur 28 h 30 de cours en 2e, 15 heures (aide personnalis&#233;e, d&#233;doublements, options), soit 55 %, ne rel&#232;vent pas d'un cadrage national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;r&#233;glementation est donc install&#233;e, avec des cons&#233;quences similaires &#224; celles de la r&#233;forme Bayrou de 1996 : les horaires des disciplines varient d'un &#233;tablissement &#224; l'autre, selon les besoins mais aussi les pressions : les disciplines se faisant concurrence, chaque mati&#232;re doit se d&#233;fendre contre l'empi&#232;tement d'une autre. Dans ces conditions, seul l'horaire national plancher est garanti, le reste est &#224; l'avenant. Selon les d&#233;cisions prises par le chef d'&#233;tablissement, les horaires en 2e par exemple peuvent d'un &#233;tablissement &#224; l'autre &#234;tre de 4 (plancher) ou 6 (avec groupes d&#233;doubl&#233;s). L'enseignement dans de bonnes conditions ni le respect du programme ne sont ainsi garantis, et il devient difficile de savoir quelles pertes horaires subissent les &#233;l&#232;ves, ni si les choix d'attribution des heures flottantes sont d&#233;cid&#233;s par du personnel p&#233;dagogiquement comp&#233;tent. Une double concurrence, d&#233;lib&#233;r&#233;e, s'installe : au sein d'un &#233;tablissement entre mati&#232;res, au sein d'une ville entre &#233;tablissements. Le ministre Peillon a en l'occurrence maintenu cette organisation d&#233;l&#233;t&#232;re, qui favorise les in&#233;galit&#233;s croissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De la transmission de connaissances vers le d&#233;veloppement de comp&#233;tences transf&#233;rables &#187; : le socle commun, pour quels b&#233;n&#233;ficiaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; comme une r&#233;f&#233;rence consensuelle et rassurante concernant les savoirs &#233;l&#233;mentaires garantis par la loi, le &#171; socle commun de comp&#233;tences et de connaissances &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-124&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh8-124&#034;&gt;124&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;/ adopt&#233; par la loi Fillon de 2005, est en r&#233;alit&#233; la traduction litt&#233;rale de l'anglais des recommandations europ&#233;ennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-125&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proposition de recommandation du Parlement europ&#233;en et du Conseil sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-125&#034;&gt;125&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ent&#233;rine un changement majeur : l'&#233;cole n'a plus &#224; former des jeunes gens rendus libres de juger et d'agir par l'acquisition d'un savoir et l'entra&#238;nement &#224; la r&#233;flexion, mais &#224; formater le comportement d'une &#034; main-d'&#339;uvre &#034; directement exploitable par le monde &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal levier de ce changement de cap est la d&#233;valorisation des connaissances disciplinaires au profit des &#171; comp&#233;tences transversales &#187;. On quitte ainsi un mod&#232;le humaniste aspirant &#224; l'universel par le savoir organis&#233;, pour se cantonner &#224; un entra&#238;nement sp&#233;cifique, dont l'objectif est d'habituer des individus &#224; s'adapter aux circonstances du quotidien et du march&#233; en mobilisant des bribes de connaissance directement utiles. Ce nouveau mod&#232;le, qui d&#233;nature le savoir en le fragmentant, a pour cons&#233;quence &#8211; et sans doute pour objectif &#8211; de produire les ex&#233;cutants dociles dont l'&#233;conomie a majoritairement besoin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-126&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Le socle commun ou la connaissance pilot&#233;e par l'&#233;conomie,&#034; id=&#034;nh8-126&#034;&gt;126&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;marche empirique et d&#233;structur&#233;e s'inscrit dans une logique &#171; globale &#187; dont on a vite mesur&#233; les d&#233;g&#226;ts en fran&#231;ais, quand le &#171; d&#233;cloisonnement &#187; imposait de distiller des points de grammaire au hasard des rencontres dans les textes &#233;tudi&#233;s. Ce refus du savoir organis&#233; se retrouve sans surprise dans les propos d'un Michel Camdessus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-127&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien directeur du FMI, gouverneur honoraire de la Banque de France.&#034; id=&#034;nh8-127&#034;&gt;127&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; disant de l'&#233;cole : &#171; Les rythmes et les m&#233;thodes qui pr&#233;valent sont encore trop tourn&#233;s vers un apprentissage c&#233;r&#233;bral de l'abstraction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-128&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le sursaut, Vers une nouvelle croissance pour la France, (2004)&#034; id=&#034;nh8-128&#034;&gt;128&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les programmes de fran&#231;ais, l'objectif d'un socle est ancien : la premi&#232;re occurrence appara&#238;t en 1966 pour les classes &#171; pratiques &#187; du coll&#232;ge, pr&#233;cis&#233;ment pour adapter l'&#233;l&#232;ve &#171; futur travailleur &#187; : il devra par exemple, au milieu de quatorze &#171; attitudes et qualit&#233;s valables pour toute activit&#233; de travail &#187;, &#171; avoir l'esprit de curiosit&#233; et le d&#233;sir de comprendre &#187;. On en retrouve l'esprit dans les programmes Haby de 1977, et dans ceux de l'Inspection g&#233;n&#233;rale pour le lyc&#233;e en 1981, d&#233;clin&#233; sous forme d'&#171; objectifs &#187; qui seront repris en 1989 dans des brochures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-129&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale, Direction des lyc&#233;es et Coll&#232;ges, Bureau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-129&#034;&gt;129&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; internes &#224; chaque discipline. Dans les programmes Bayrou de 1996, le mot &#171; comp&#233;tences &#187; est utilis&#233; pour chaque rubrique des apprentissages de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours des p&#233;dagogues promeut &#233;galement l'id&#233;e : &#171; L'entreprise a besoin que l'&#233;cole forme aux attitudes civiques et sociales qui permettent aux jeunes de participer &#224; sa vie professionnelle dans les meilleures conditions &#187;, &#233;crit Philippe Meirieu en 1997 dans &lt;i&gt;L'&#201;cole ou la guerre civile&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-130&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;cole ou la guerre civile, p.78.&#034; id=&#034;nh8-130&#034;&gt;130&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; on a rencontr&#233; l'id&#233;e dans son rapport &lt;i&gt;Quels savoirs pour les lyc&#233;es ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-131&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. note 107.&#034; id=&#034;nh8-131&#034;&gt;131&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la &#171; culture commune comprend, d'une part, un ensemble de savoir-faire sociaux indispensables &#224; l'&#233;l&#232;ve, (&#8230;) et, d'autre part, un ensemble de connaissances permettant de r&#233;f&#233;rer ces savoir-faire &#224; leur histoire et &#224; leurs enjeux. &#187; ; Fran&#231;ois Dubet en 2001 demande lui aussi un socle, clairement surbaiss&#233; : &#171; ce que doit savoir le plus faible des &#233;l&#232;ves quand il en sort &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-132&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au Forum des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;cologie politique, 16 juin 2001.&#034; id=&#034;nh8-132&#034;&gt;132&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#034;Les obs&#233;d&#233;s de l'objectif&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-133&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le D&#233;bat n&#176;71, septembre-octobre 1992.&#034; id=&#034;nh8-133&#034;&gt;133&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Henri Mitterand analyse les &#171; objectifs &#187; de 1989. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On voit bien l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; relative de ces ordres de savoir, la diff&#233;renciation de leurs degr&#233;s de complexit&#233;, l'impossibilit&#233; de r&#233;duire chacun d'eux &#224; une liste d'op&#233;rations simples. L'id&#233;e d'&#233;tablir en ces mati&#232;res un &#034; r&#233;f&#233;rentiel &#034; est illusoire, si les mots objectif, r&#233;f&#233;rence, ont un sens. Id&#233;aliste, en fait, ou dogmatique. Ou bien le r&#233;f&#233;rentiel se limitera &#224; quelques objectifs simples et &#233;vidents - &#224; quoi bon, alors, lister ce qui va de soi ? - ou bien il pr&#233;sentera abusivement comme simples et distinctes des op&#233;rations intellectuelles compliqu&#233;es (ainsi, parmi les exemples cit&#233;s par notre texte : &#034; utiliser le registre de langue appropri&#233; &#034;, ou &#034; savoir utiliser les modes et les temps des verbes &#034;, ou &#034; comprendre l'organisation d'un message &#224; partir d'indices ais&#233;ment identifiables &#034;&#8230;) et qui ne peuvent &#234;tre ma&#238;tris&#233;es qu'au terme d'une exp&#233;rience longue et continue ; ou bien encore, il se contentera de quelques dizaines d'exemples al&#233;atoires. Dans tous les cas, il pr&#233;sentera une &#034; didactique &#034; mystificatrice. Ni d&#233;finition, ni s&#233;lection, ni programmation d' &#034; objectifs &#034; ne sont institutionnellement possibles, en mati&#232;re de langue et de culture ; on peut tout au plus d&#233;limiter des champs de savoir &#224; explorer, ce qui est autre chose, et ce que faisaient assez bien les anciens programmes et les anciennes instructions.[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'occultation de la dimension litt&#233;raire des &#233;tudes de fran&#231;ais, c'est sans doute le contresens majeur. Elle est du reste contradictoire, et avec le souci fondamental de la commission des r&#233;dacteurs, et avec les missions d&#233;finies par l'Inspection g&#233;n&#233;rale. En effet, si l'intention est d'assurer &#224; tous les adolescents qui parviennent au lyc&#233;e la ma&#238;trise de leur langage, et d'abord dans la vie courante, qui ne se rend compte que l'acc&#232;s aux grandes &#339;uvres de fiction, de pens&#233;e et de po&#233;sie, y compris aux &#339;uvres r&#233;put&#233;es difficiles, n'est jamais, pour cela, pr&#233;matur&#233; ; qu'il est essentiel &#224; la connaissance de soi, des autres, du monde, des id&#233;es, de l'histoire, qu'il conditionne une extension du vocabulaire disponible et des pouvoirs de compr&#233;hension et d'expression, aussi bien qu'une ma&#238;trise de la personnalit&#233; et des conduites - bref qu'il est indispensable, tr&#232;s t&#244;t, &#224; qui ne veut pas rester toute sa vie une esp&#232;ce de l&#233;gume ? L'id&#233;e qu'il faut passer d'abord par la textualit&#233; non litt&#233;raire, &#034; factuelle &#034;, dirait G&#233;rard Genette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-134&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Genette, Fiction et diction, Paris, Le Seuil, 1991.&#034; id=&#034;nh8-134&#034;&gt;134&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour acc&#233;der ensuite &#224; la &#034; litt&#233;rature &#034;, est un sophisme. &lt;i&gt;Guerre et Paix&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Mis&#233;rables&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La D&#233;b&#226;cle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Feu&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Kaput&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/i&gt;, en diront toujours plus sur la guerre que n'importe quel reportage ou &#233;ditorial sur la guerre du Golfe ; plus exactement, leur lecture est n&#233;cessaire pour qui veut prendre quelque distance compr&#233;hensive et critique par rapport au communiqu&#233; du jour. Retarder l'entr&#233;e des adolescents en litt&#233;rature au nom des pr&#233;tendus imp&#233;ratifs de la &#034; communication &#034; va exactement &#224; l'encontre des &#034; objectifs &#034; affich&#233;s. Cela va aussi &#224; l'encontre des besoins de la soci&#233;t&#233; moderne qui, au fur et &#224; mesure que ses activit&#233;s progressent vers plus de scientificit&#233; et de technicit&#233;, a besoin de personnels form&#233;s &#224; la r&#233;flexion, &#224; la curiosit&#233;, &#224; l'ouverture imaginative sur l'espace et sur la dur&#233;e, au go&#251;t des id&#233;es et des formes et, pour tout dire, &#224; une perception esth&#233;tique des &#234;tres et des choses. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Claude Leli&#232;vre, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/140308/mai-68-et-l-education-un-anniversaire-abracadabrantesque/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/140308/mai-68-et-l-education-un-anniversaire-abracadabrantesque/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; D. Robert &#171; Autour de mai 1968, la p&#233;dagogie en question. Le colloque d'Amiens &#187;, &lt;i&gt;Les Sciences de l'&#233;ducation - Pour l'&#200;re nouvelle&lt;/i&gt; 3/ 2008 (Vol. 41) , p. 27-45 . URL : &lt;a href=&#034;http://www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2008-3-page-27.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2008-3-page-27.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette constitution de groupes &#224; l'int&#233;rieur de la classe, pendant la m&#234;me s&#233;ance, caract&#233;rise la &#034;p&#233;dagogie diff&#233;renci&#233;e&#034;, d&#233;j&#224; promue et pratiqu&#233;e en France par Freinet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instructions du 15 juillet 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 18 septembre 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instructions du 5 avril 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 18 septembre 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instructions du 15 juillet 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Baudelot, Roger Establet, L'Ecole capitaliste en France, Cahiers libres 213-214, Fran&#231;ois Masp&#233;ro 1971, p. 138 et 140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 15 janvier 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Cl&#233;mence Cardon Quint, &lt;i&gt;Lettres pures&#8230;&lt;/i&gt;, op. cit. p. 661.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf partie II, notes 76, 77, 78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Site de &lt;i&gt;Sauver les lettres&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/charbonnieres.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/charbonnieres.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf partie II, 2b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Grammaire vs linguistique, les pr&#233;jug&#233;s et la raison&#034;, Eric Pellet, professeur de stylistique et la linguistique &#224; l'Universit&#233; Paris XII, communication &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; 2007 de &lt;i&gt;Sauver les lettres&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/univ2007_pellet.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/univ2007_pellet.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En gras dans le texte d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;40 du 14 novembre 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;mence Cardon-Quint, Lettres pures&#8230;, p. 786.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Comment sauver la litt&#233;rature ?&#034;, &lt;i&gt;Bulletin de l'AFEF&lt;/i&gt;, mars 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Beaut&#233;, Pour une charte de l'enseignement du fran&#231;ais dans le second cycle, CP 54, mai 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost, &lt;i&gt;Histoire de l'enseignement et de l'&#233;ducation, IV : depuis 1930&lt;/i&gt; (Perrin, 2004), p. 307.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Anne-Marie Chartier et Jean H&#233;brard, op. cit. Le manifeste de Charbonni&#232;res par exemple reproche &#224; la dissertation de cultiver &#171; une absence d'engagement personnel, voire de pens&#233;e &#187; au d&#233;triment d'une expression individuelle&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;40 du 14 novembre 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;9, 27 f&#233;vrier 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Memento&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;mence Cardon Quint, th&#232;se &#171; Lettres pures ou lettres impures ? &#187;, Universit&#233; de Rennes 2, 2010 - version abr&#233;g&#233;e &#224; para&#238;tre aux Presses universitaires de Rennes courant 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;mence Cardon Quint, th&#232;se &#171; Lettres pures ou lettres impures ? &#187;, Universit&#233; de Rennes 2, 2010 - version abr&#233;g&#233;e &#224; para&#238;tre aux Presses universitaires de Rennes courant 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;20, 16 mai 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;46, 9 d&#233;cembre 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;45, 14 d&#233;cembre 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le choix entre r&#233;sum&#233; et analyse d&#233;concertait les &#233;l&#232;ves, somm&#233;s par ailleurs de choisir eux-m&#234;mes dans le texte de d&#233;part le probl&#232;me &#224; traiter en discussion : &#171; La grande diversit&#233; des pratiques p&#233;dagogiques ren(d) indispensable une d&#233;finition aussi stricte que possible des &#233;preuves. La pr&#233;cision des r&#232;gles accro&#238;t la valeur formatrice des exercices pr&#233;paratoires. (&#8230;) Elle contribue &#224; lib&#233;rer les candidats d'un sentiment d&#233;courageant d'incertitude et d'ins&#233;curit&#233;. &#187;. Note de service 83-245 du 27 juin 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176; 42 du 28 novembre 1968, n&#176; 1 du 1er janvier 1970, n&#176; 45 du 14 d&#233;cembre 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176;40 du 28 octobre 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176; 45 du 14 d&#233;cembre 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La section lettres premier cycle de l'IPN organisa un colloque national &#171; Linguistique et p&#233;dagogie &#187; en juin 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. site de Sauver les lettres, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcomp.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/horcomp.php&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Circulaire du 19 septembre 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#171; documents d'accompagnement &#187; des programmes de 1995 seront plus limpides dans le d&#233;ni du savoir grammatical : &#171; Former un &#233;l&#232;ve susceptible de r&#233;fl&#233;chir plut&#244;t que de reconna&#238;tre (&#8230;) face &#224; un ph&#233;nom&#232;ne grammatical &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brochure CNDP n&#176;6092 : Fran&#231;ais, langues anciennes, classes des coll&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Note 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans un coll&#232;ge du Calvados (&#224; Douvres-la-D&#233;livrande), un texte libre abusivement sorti de la classe avait en 1971 provoqu&#233; de vives attaques de la droite et une campagne de presse hyst&#233;rique et calomnieuse (Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., p. 833-837), preuve que l'enseignement du fran&#231;ais ne pourrait jamais plus, apr&#232;s 1968, s'extraire du jugement public non inform&#233; ni de la nasse politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, &lt;i&gt;Les H&#233;ritiers&lt;/i&gt; (1964), Conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est l'esprit du &lt;i&gt;Code orthographique et grammatical&lt;/i&gt; de Ren&#233; Thimonnier paru en 1968 et couronn&#233; en 1970 par l'Acad&#233;mie fran&#231;aise. L'ouvrage propose en appendice un &#171; projet d'&#233;mondage orthographique &#187; qui tient en 13 lignes et que l'auteur commente ainsi : &#171; Mais si cet &#233;mondage est particuli&#232;rement propre &#224; faciliter la t&#226;che de l'&#233;l&#232;ve et celle du p&#233;dagogue, on ne saurait oublier qu'un enseignement raisonn&#233; [sic] de l'orthographe reste, en d&#233;finitive, le plus s&#251;r moyen de rem&#233;dier &#224; la crise orthographique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enseignement de l'orthographe dans les &#233;coles et les coll&#232;ges, BO 25 du 30 juin 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi qualifi&#233; dans le BO 21 du 25 mai 1972&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'effondrement de ces horaires sur &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcoll.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/horcoll.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 22 bis du 9 juin 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., p. 1097.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Fran&#231;ais aujourd'hui&lt;/i&gt;, n&#176;39, septembre 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir supra (notes 24, 25, 28 &#224; 35) les instructions parues entre 1968 et 1983, qui d&#233;finissent tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment les exigences de raisonnement et de pr&#233;sentation organis&#233;e de la r&#233;flexion, dans les exercices des &#233;preuves anticip&#233;es du baccalaur&#233;at.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme &#171; argumentation &#187; est ambigu ; ici il s'agit de celle que d&#233;finit Cha&#239;m Perelman, qui fonde les arguments sur des jugements de valeur et &#171; une logique du vraisemblable &#187; (Violaine Houdart-M&#233;rot, op. cit.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 14 novembre 1985, Suppl&#233;ment au BO 44 du 12 d&#233;cembre 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Si la s&#233;rie de programmes publi&#233;s entre 1977 et 1981 s'&#233;tait explicitement fait l'&#233;cho de la diversit&#233; sociale du public scolaire et de ses cons&#233;quences p&#233;dagogiques, les deux s&#233;ries ult&#233;rieures &#8211; 1985&#8211;1988 et 1995&#8211;2001 &#8211; marqu&#232;rent, de ce point de vue, un retour en arri&#232;re. La notion de diff&#233;rence d'origine sociale c&#233;da de plus en plus souvent la place &#224; celle d'&#8220;h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;&#8221;, terme d&#233;signant et englobant tout &#224; la fois des diff&#233;rences sociales, ethniques, d'aptitude, d'&#226;ge, de genre, etc. Quand il &#233;tait encore fait mention de la diversit&#233; sociale des &#233;l&#232;ves, ce n'&#233;tait plus dans le bloc des textes officiels mais dans les documents annexes, et non r&#233;glementaires, que sont les &#8220;compl&#233;ments&#8221;, rebaptis&#233;s ensuite &#8220;documents d'accompagnement&#8221;. Ce double glissement tendait &#224; minorer l'influence de l'origine sociale dans les performances scolaires des &#233;l&#232;ves en fran&#231;ais, influence pourtant toujours av&#233;r&#233;e dans les &#233;valuations nationales et internationales. &#187;, Cl&#233;mence Cardon-Quint, (2010) : L'enseignement du fran&#231;ais &#224; l'&#233;preuve de la d&#233;mocratisation (1959&#8211;2001), Paedagogica Historica : International Journal of the History of Education, 46:1-2, 133-148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#171; Orientations et objectifs &#187; incitent toutefois le professeur &#224; &#171; aller plus loin &#187; : &#171; seul l'exigible est fix&#233; par les programmes. Ce serait toutefois une d&#233;marche r&#233;ductrice, lorsqu'il appara&#238;t que les efforts de l'&#233;l&#232;ve lui permettent d'aller plus loin, de n'enseigner que ce qu'on doit exiger &#187;. G&#233;n&#233;reuse indication, mais bien illusoire en l'absence de support horaire suffisant...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On reconna&#238;t l&#224; le reproche obsessionnel fait &#224; l'&#233;cole : l'&#171; inflation des savoirs &#187; ou &#171; l'encyclop&#233;disme des connaissances &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site de Sauver les lettres, &#201;volution des horaires au coll&#232;ge, 1972-2002, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcoll.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/horcoll.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sauver les lettres, des professeurs accusent&lt;/i&gt;, Textuel, 2001, p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO n&#176; sp&#233;cial 4, 31 ao&#251;t 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir note 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Prost,&lt;i&gt; Du changement dans l'&#233;cole, Les r&#233;formes de l'&#233;ducation de 1936 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2013, p.161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 5 du 30 janvier 1997, Fran&#231;ais, accompagnement des programmes, cycle central 5e-4e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 5 du 30 janvier 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le plan th&#233;orique, aller du g&#233;n&#233;ral au particulier caract&#233;rise un discours scientifique exposant un syst&#232;me constitu&#233;. Le probl&#232;me est que cet ordre des mati&#232;res ne peut &#234;tre per&#231;u avec profit que par des r&#233;cepteurs qualifi&#233;s, form&#233;s &#224; l'abstraction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces programmes suspectent en effet le savoir grammatical r&#233;put&#233; obsol&#232;te et primaire : &#171; Grammaire. Elle peut &#233;galement jouer un r&#244;le essentiel dans la production et la compr&#233;hension de la phrase si elle cesse de multiplier et de disperser ses notions et les regroupe autour d'un nombre limit&#233; d'axes essentiels comme la d&#233;termination, la qualification, la compl&#233;mentation. Elle trouve logiquement ses limites lorsque se posent des questions li&#233;es au texte. &#187; (Accompagnement des programmes de 6e)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'inverse, Descartes pr&#244;nait (en sciences, certes) une m&#233;thode analytique qui part d'&#233;l&#233;ments simples et distinctement identifi&#233;s pour construire progressivement une connaissance claire selon l'ordre des raisons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Buttet, Luc Richer, &#034;Le fran&#231;ais sans l'apprendre - Les programmes du fran&#231;ais au coll&#232;ge&#034;, in &lt;i&gt;Les programmes scolaires au piquet&lt;/i&gt;, Textuel, 2006, p. 54&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. cit. p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 5 du 30 janvier 1997, &lt;i&gt;Accompagnement du programme de 3e&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#201;cole ou la guerre civile, Philippe Meirieu, Marc Guiraud, Plon, 1997, p. 96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 23 avril 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 22 f&#233;vrier 1995&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Katherine Weinland, in &lt;i&gt;L'&#201;cole des lettres second cycle&lt;/i&gt;, 1er d&#233;cembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce qu'explique Marcel Gauchet dans &#034;L'&#233;cole en panne de transmission&#034; (entretien &#224; &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;,16 mars 2014) : &#171; En fait, force est de d&#233;couvrir que les familles sont plus fortes que l'&#233;cole, au final. Ce sont elles qui installent plus que jamais le bagage fondamental des &#233;l&#232;ves. Ce sont elles, en particulier, qui posent les bases de l'usage du langage. Celles-ci, qui sont d&#233;cisives, rel&#232;vent d'une transmission typiquement familiale dans le cadre d'interactions informelles. Le d&#233;fi qui nous est lanc&#233; est de donner &#224; l'&#233;cole les moyens de faire ce que les familles font tr&#232;s in&#233;galement, de mani&#232;re &#224; corriger ces handicaps initiaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir des analyses plus compl&#232;tes par Michel Buttet, &#034;Le fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole primaire&#034; - in &lt;i&gt;Les programmes scolaires au piquet&lt;/i&gt;, Textuel, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour la comparaison compl&#232;te des contenus : &#201;tude de la langue &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire 1985-2002, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/prim_langue.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/prim_langue.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; du 14 mars 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Note de service du 27 juin 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces programmes larges et rigoureux vont susciter de grandes collections par si&#232;cles, &#233;vin&#231;ant les &#171; Lagarde et Michard &#187; dans une conception renouvel&#233;e soucieuse de favoriser la mise en perspective historique et la lecture m&#233;thodique des textes, par exemple &#171; Itin&#233;raires litt&#233;raires &#187; de Hatier et &#171; Litt&#233;rature &#187; de Henri Mitterand chez Nathan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 10 du 28 juillet 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bilan des Epreuves Anticip&#233;es de Fran&#231;ais au baccalaur&#233;at, Acad&#233;mie de Rouen (septembre 1996).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur de litt&#233;rature &#224; Paris-III Sorbonne Nouvelle, titulaire d'une chaire d'&#233;tudes fran&#231;aises &#224; l'universit&#233; d'Oxford. Il &#233;tait le pr&#233;sident du Groupe technique disciplinaire (GTD) de lettres, devenu en 2000 Groupe d'experts charg&#233; des programmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CNDP, 2001. Pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 26 du 28 juin 2001..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'autant plus qu'il a fallu quatre BO successifs, entre 1999 et 2001, pour parvenir &#224; une r&#233;daction des programmes. Une premi&#232;re version (Ecole des lettres second cycle n&#176;2, 1999-2000) indiquait : &#171; L'enseignement du fran&#231;ais au lyc&#233;e a pour objet l'&#233;tude de discours verbaux et non verbaux. &#187; Voir Agn&#232;s Joste, Contre-expertise d'une trahison &#8211; La r&#233;forme du fran&#231;ais au lyc&#233;e, Mille et une Nuits, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces outils d'analyse peuvent se r&#233;v&#233;ler f&#233;conds quand ils servent &#224; questionner le texte. Mais en situation scolaire ils servent le plus souvent de grille universelle &#224; remplir m&#233;caniquement, sans prise en compte des silences, polys&#233;mies, ambigu&#239;t&#233;s etc. qui font la richesse d'un texte litt&#233;raire et permettent d'asseoir un travail d'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La litt&#233;rature en p&#233;ril&lt;/i&gt;, Flammarion (2007), p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte complet accessible &#224; ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/francais_seconde_03.pdf, et extraits comment&#233;s sur &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/igen200310.php/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/igen200310.php/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-93&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-93&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-93&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;93&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-94&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-94&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-94&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;94&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-95&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-95&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-95&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;95&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Boissinot, &lt;i&gt;Perspectives actuelles de l'enseignement du fran&#231;ais&lt;/i&gt;, note 15 p. 37&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-96&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-96&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-96&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;96&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. note 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-97&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-97&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-97&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;97&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO 26 du 28 juin 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-98&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-98&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-98&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;98&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annales z&#233;ro, CNDP 4e trimestre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-99&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-99&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-99&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;99&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On n'est pas loin des sujets qui d&#233;solaient Jules Vall&#232;s enfant somm&#233; de faire parler Th&#233;mistocle, ou de celui cit&#233; par Violaine Houdart-M&#233;rot (op. cit.) : &#171; Lettre de Rotrou &#224; un de ses amis de Rouen pour lui raconter la premi&#232;re du Cid &#187; Paris, 1884.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-100&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-100&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-100&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;100&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici une critique succincte de ce sujet : &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/ctrc.php?id=713&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/ctrc.php?id=713&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-101&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-101&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-101&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;101&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Documents d'accompagnement, CNDP, 2001, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-102&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-102&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-102&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;102&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directeur de l'INRP &#224; cette date, puis directeur de l'IUFM de Lyon, et depuis 2006 professeur en sciences de l'&#233;ducation &#224; l'universit&#233; Louis-Lumi&#232;re de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-103&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-103&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-103&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;103&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport d'&#233;tape du comit&#233; d'organisation, 28 avril 1998, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/rapport_meirieu.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/rapport_meirieu.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-104&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-104&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-104&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;104&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En gras dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-105&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-105&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-105&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;105&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Meirieu, &lt;i&gt;L'&#201;cole ou la guerre civile&lt;/i&gt; (1997)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-106&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-106&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-106&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;106&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir note 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-107&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-107&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-107&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;107&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir note 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-108&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-108&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-108&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;108&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Fran&#231;ais aujourd'hui&lt;/i&gt;, Suppl&#233;ment au n&#176;39, septembre 1977, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-109&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-109&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-109&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;109&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans cette perspective &#171; efficace &#187;, la langue n'est rien d'autre qu'un support de communication. On notera cet exercice de manuel : &#171; Formulez &#224; l'aide d'un t&#233;l&#233;gramme bref la d&#233;claration de Solal &#224; Ariane, dans Belle du Seigneur. &#187; (Nathan).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-110&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-110&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-110&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;110&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Faire lire&lt;/i&gt;, A. Viala, M.P. Schmitt, Didier, 1979, p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-111&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-111&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-111&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;111&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BO HS 3 du 19 juin 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-112&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-112&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-112&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;112&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.education.gouv.fr/cid75316/bilan-de-la-mise-en-oeuvre-des-programmes-issus-de-la-reforme-de-l-ecole-primaire-de-2008.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.education.gouv.fr/cid75316/bilan-de-la-mise-en-oeuvre-des-programmes-issus-de-la-reforme-de-l-ecole-primaire-de-2008.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-113&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-113&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-113&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;113&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. note 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-114&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-114&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-114&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;114&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nouveaux horaires du primaire : encore moins d'&#233;cole.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/fx071001.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/fx071001.php&lt;/a&gt; /par Xavier Darcos&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-115&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-115&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-115&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;115&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcomp.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/horcomp.pdf&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/prim_horaires.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-116&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-116&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-116&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;116&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une nouvelle enqu&#234;te atteste la baisse du niveau des &#233;l&#232;ves en fin de CM2, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 28.03.08 : &#171; Nouvel &#233;l&#233;ment &#224; l'appui de la &#034;baisse du niveau&#034; scolaire : qu'il s'agisse de la lecture, du calcul ou plus encore de l'orthographe, une &#034;note d'alerte&#034; , &#233;manant des services statistiques du minist&#232;re de l'&#233;ducation et dont &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a pu prendre connaissance, conclut &#224; une baisse importante des performances des &#233;l&#232;ves en fin de CM2 entre 1987 et 2007. (&#8230;) Ces r&#233;sultats recoupent ceux d'une autre &#233;tude comparative, publi&#233;e en 2007 par Dani&#232;le Manesse et Dani&#232;le Cogis (&lt;i&gt;Orthographe : &#224; qui la faute ?&lt;/i&gt;, &#233;ditions ESF). Ces universitaires, en reprenant &#224; l'identique une pr&#233;c&#233;dente enqu&#234;te de 1987, avaient &#233;tabli qu'en vingt ans le niveau orthographique avait pris un retard de deux ann&#233;es scolaires : les performances en orthographe grammaticale d'une classe de cinqui&#232;me de 2005 &#233;taient celles d'une classe de CM2 de 1987. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-117&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-117&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-117&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;117&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#233;l&#233;ments de ce d&#233;veloppement (le texte complet est consultable ici : &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/progcollege2008.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/progcollege2008.php&lt;/a&gt;) sont emprunt&#233;s &#224; Luc Richer, co-auteur de &#034;Le fran&#231;ais sans l'apprendre - Les programmes du fran&#231;ais au coll&#232;ge&#034;, in &lt;i&gt;Les programmes scolaires au piquet&lt;/i&gt;, Textuel, 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-118&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-118&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-118&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;118&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1976, un &#233;l&#232;ve qui sortait du coll&#232;ge avait re&#231;u 2800 heures d'enseignement du fran&#231;ais depuis son entr&#233;e au cours pr&#233;paratoire. En 2004, il en a re&#231;u 2000, soit 800 de moins. Voir &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horaires.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/horaires.php&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/horcomp.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/horcomp.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-119&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-119&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-119&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;119&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Les comp&#233;tences g&#233;n&#233;rales des &#233;l&#232;ves en fin de coll&#232;ge, ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/eva0409.pdf : 15 % des &#233;l&#232;ves ma&#238;trisent tr&#232;s mal les connaissances attendues, 60 % en ont acquis une partie, 25 % seulement la totalit&#233; fix&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-120&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-120&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-120&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;120&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Orthographe : les coll&#233;giens de cinqui&#232;me sont tomb&#233;s au niveau des &#233;l&#232;ves de CM2 de 1987,&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; du 09.02.07.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-121&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-121&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-121&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;121&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;bat&lt;/i&gt; n&#176;135, mai-ao&#251;t 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-122&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-122&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-122&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;122&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Plaidoyer pour l'abolition de la question&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/questioneaf.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/questioneaf.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-123&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-123&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-123&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;123&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;mence Cardon-Quint, op. cit., pp. 1136 &#224; 1141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-124&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-124&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-124&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;124&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.education.gouv.fr/bo/2006/29/MENE0601554D.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.education.gouv.fr/bo/2006/29/MENE0601554D.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-125&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-125&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-125&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;125&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Proposition de recommandation du Parlement europ&#233;en et du Conseil sur les comp&#233;tences cl&#233;s pour l'&#233;ducation et la formation tout au long de la vie, [p 1 &#224; 14] (novembre 2005), directement inspir&#233;e des recommandations publi&#233;es par l'E.R.T. (Table ronde des industriels europ&#233;ens) en 1995 : &#034; L'&#233;ducation doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un service rendu au monde &#233;conomique &#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-126&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-126&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-126&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;126&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf Le socle commun ou la connaissance pilot&#233;e par l'&#233;conomie, &lt;a href=&#034;http://www.sauv.net/socle.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sauv.net/socle.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-127&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-127&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-127&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;127&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien directeur du FMI, gouverneur honoraire de la Banque de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-128&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-128&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-128&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;128&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le sursaut, Vers une nouvelle croissance pour la France&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapportspublics/044000498/index.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapportspublics/044000498/index.shtml&lt;/a&gt; (2004)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-129&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-129&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-129&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;129&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale, Direction des lyc&#233;es et Coll&#232;ges, Bureau des innovations p&#233;dagogiques, 1989, 80 + XXXII P.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-130&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-130&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-130&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;130&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'&#201;cole ou la guerre civile&lt;/i&gt;, p.78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-131&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-131&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-131&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;131&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. note 107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-132&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-132&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-132&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;132&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au Forum des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;cologie politique, 16 juin 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-133&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-133&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-133&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;133&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;bat&lt;/i&gt; n&#176;71, septembre-octobre 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-134&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-134&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-134&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;134&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Genette, &lt;i&gt;Fiction et diction&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'enseignement de la philosophie en France depuis 1945 et la question de sa d&#233;mocratisation</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article182</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article182</guid>
		<dc:date>2014-02-04T17:46:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Boillot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le m&#233;tier de professeur de philosophie fait preuve d'une &#233;tonnante constance, voire d'une grande immobilit&#233;, sinon dans la r&#233;alit&#233; des pratiques de classe, du moins pour ce qui est du travail qui est formellement prescrit. Depuis 1945 jusqu'&#224; nos jours, les changements dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ont &#233;t&#233; consid&#233;rables notamment dans le domaine &#233;ducatif. Que l'on songe &#224; la cr&#233;ation d'un syst&#232;me &#233;ducatif unifi&#233; ; &#224; l'ouverture de l'enseignement du second degr&#233; &#224; un public beaucoup plus nombreux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Histoire des disciplines&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L112xH150/arton182-e9a67.png?1790692511' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff182.png?1790685250&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le m&#233;tier de professeur de philosophie fait preuve d'une &#233;tonnante constance, voire d'une grande immobilit&#233;, sinon dans la r&#233;alit&#233; des pratiques de classe, du moins pour ce qui est du travail qui est formellement prescrit. Depuis 1945 jusqu'&#224; nos jours, les changements dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ont &#233;t&#233; consid&#233;rables notamment dans le domaine &#233;ducatif. Que l'on songe &#224; la cr&#233;ation d'un syst&#232;me &#233;ducatif unifi&#233; ; &#224; l'ouverture de l'enseignement du second degr&#233; &#224; un public beaucoup plus nombreux ; &#224; la cr&#233;ation de nouvelles sections et de nouveaux baccalaur&#233;ats au sein des fili&#232;res g&#233;n&#233;rale, puis technologique et professionnelle. Pendant toute cette p&#233;riode, les enseignants des diff&#233;rentes disciplines ont &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement sollicit&#233;s, d'abord par les autorit&#233;s politiques et administratives et par leur inspection, pour r&#233;viser leur enseignement, tant dans ses contenus que dans ses m&#233;thodes, pour le rendre ad&#233;quat &#224; ces vastes transformations des lyc&#233;es et de leur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs de philosophie ont r&#233;sist&#233; &#224; ces sollicitations, d&#233;fendant, et continuant de d&#233;fendre, une conception traditionnelle de l'enseignement de philosophie, qui &#233;tait en vigueur dans l'enseignement secondaire de la IIIe R&#233;publique. Par exemple, au moment o&#249; les autorit&#233;s exhortaient les philosophes &#224; renouveler leur discipline au contact des sciences humaines, en 1958, les inspecteurs g&#233;n&#233;raux de philosophie r&#233;affirmaient la totale actualit&#233; des instructions de 1925. Quarante ans plus tard, les professeurs s'arc-boutaient contre les projets qui pr&#233;voyaient de d&#233;terminer davantage le programme de philosophie, afin d'en harmoniser l'apprentissage, et de mieux pr&#233;parer les &#233;l&#232;ves aux &#233;preuves du baccalaur&#233;at : la repr&#233;sentation de leur m&#233;tier de philosophes leur a fait refuser avec la derni&#232;re &#233;nergie une r&#233;forme qui faisait d'eux des professeurs enseignant une discipline scolaire comme une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de philosophie au lyc&#233;e, du fait de l'action collective de ses agents, a refus&#233; de changer afin de s'adapter aux situations d'enseignement nouvelles cr&#233;es par la d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire, et notamment &#224; un public plus nombreux, proportionnellement moins cultiv&#233; et ma&#238;trisant moins la langue fran&#231;aise. On peut le d&#233;plorer et consid&#233;rer que la massification des effectifs du lyc&#233;e n'est pas une r&#233;elle d&#233;mocratisation. Mais ce jugement a surtout permis &#224; la profession de donner une fin de non-recevoir &#224; toutes les propositions qui lui &#233;taient faites, de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur, de d&#233;mocratiser l'enseignement de la philosophie en tenant compte de l'augmentation et de la diversification consid&#233;rables du public enseign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les professeurs de philosophie n'interviennent qu'en terminale a cr&#233;&#233; un effet de position qui a jou&#233; &#224; plein et renforc&#233; la disposition &#224; penser que c'&#233;tait le r&#244;le des niveaux pr&#233;c&#233;dents de la scolarit&#233;, et notamment &#224; l'enseignement du fran&#231;ais, de &#171; faire le job &#187; - faire acqu&#233;rir aux &#233;l&#232;ves la ma&#238;trise linguistique et culturelle requise pour b&#233;n&#233;ficier de l'enseignement philosophique &#8211; et que ce n'&#233;tait pas &#224; l'enseignement philosophique de le faire. Cet effet de position dans la division traditionnelle du travail p&#233;dagogique s'est accompagn&#233; d'une repr&#233;sentation collective, tr&#232;s pr&#233;gnante dans la culture professionnelle, de la hi&#233;rarchie des disciplines, dans laquelle la philosophie vient &#171; couronner &#187;, selon une m&#233;taphore c&#233;l&#232;bre, un enseignement secondaire traditionnellement vou&#233; aux humanit&#233;s classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques institutionnelles de l'enseignement de philosophie &#8211; notamment sa position terminale - ont &#233;t&#233; naturalis&#233;es par le groupe professionnel en un ensemble de normes qui r&#233;gissent les pratiques d'enseignement de la philosophie, normes qui sont pr&#233;sent&#233;es comme d&#233;riv&#233;es de l'essence m&#234;me de la philosophie et des finalit&#233;s de son enseignement : former des hommes qui pensent par eux-m&#234;mes. L'id&#233;alisme philosophique qui pr&#233;side &#224; ces repr&#233;sentations collectives a nourri un id&#233;alisme pratique qui pr&#233;disposait peu les professeurs de philosophie &#224; prendre conscience que l'enseignement de philosophie &#233;tait une pratique sociale, comme telle d&#233;termin&#233;e. Ils sont rest&#233;s attach&#233;s &#224; la repr&#233;sentation flatteuse d'une discipline qui n'est pas comme les autres, et ont toujours bien plut&#244;t cherch&#233; &#224; justifier la repr&#233;sentation de l'exceptionnalit&#233; scolaire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L139xH186/Image_37-3-596a0.png?1790689104' width='139' height='186' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que les professeurs de philosophie sont, de tous les sp&#233;cialistes, ceux qui ont affich&#233; la plus ind&#233;fectible fid&#233;lit&#233; aux principes, aux valeurs et aux mani&#232;res d'enseigner qui &#233;taient ceux de son institution r&#233;publicaine originelle, en 1880. Pour cela, les professeurs, &#224; travers leur association professionnelle la plus ancienne et la plus repr&#233;sentative, l'APPEP (Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public) n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; engager souvent, tout au long de ces bient&#244;t soixante-dix derni&#232;res ann&#233;es, un rapport de force avec les autorit&#233;s politiques afin de contrer les projets de r&#233;forme d&#233;mocratiques de l'enseignement philosophique &#8211; rapport de force souvent gagnant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'en venir &#224; une mise en perspective historique qui nous fera remonter jusqu'&#224; la Lib&#233;ration, il nous faut d'abord exposer une donn&#233;e plus structurale : l'identit&#233; professionnelle du professeur de philosophie de lyc&#233;e en France, identit&#233; savante et politique &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - &#201;l&#233;ments d'une identit&#233; professionnelle &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une vocation et non un m&#233;tier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de lutter pour r&#233;tablir l'h&#233;g&#233;monie de la classe de Philosophie d'avant-guerre sur l'enseignement des lyc&#233;es, ou de maintenir un programme de notions simplement indicatives respectant la libert&#233; p&#233;dagogique du professeur, une m&#234;me conception du professorat s'impose et a &#233;t&#233; maintenue co&#251;te que co&#251;te : l'identit&#233; du professeur de philosophie consiste dans son statut intellectuel de philosophe. Enseigner la philosophie consiste &#224; penser librement devant ses &#233;l&#232;ves, offrir le spectacle vivant d'un homme qui pense et qui exerce son jugement. Il &lt;br class='autobr' /&gt;
ne s'agit pas d'apprendre une discipline qui serait la philosophie, mais utiliser toutes les ressources de sa connaissance de la philosophie pour d&#233;velopper une pens&#233;e personnelle, pour penser par soi-m&#234;me, invitation en acte faite &#224; l'&#233;l&#232;ve d'exercer &#224; son tour son jugement. L'identit&#233; des professeurs de philosophie se trouve li&#233;e &#224; des repr&#233;sentations collectives qui dessinent le portrait d'un professeur id&#233;al &#8211; id&#233;al abstrait, ou mod&#232;le, que la profession illustre et d&#233;termine par l'exemple de grands ma&#238;tres &#8211; Lachelier, Alain, Alexandre, pour les principaux - dont le souvenir mythifi&#233; compte pour beaucoup dans la culture professionnelle du groupe. L'id&#233;al fortement personnalis&#233; du professeur de philosophie dont le cours, &#233;crit mais surtout profess&#233;, est l'&#339;uvre originale, renvoie &#224; la structure d'un enseignement qui, au sein d'une m&#234;me institution, le Lyc&#233;e, est un enseignement secondaire et sup&#233;rieur &#8211;dans les Hypokh&#226;gnes et Kh&#226;gnes - et organis&#233; de telle mani&#232;re que le premier trouve son ach&#232;vement et sa finalit&#233; dans le second, en y envoyant les meilleurs &#233;l&#232;ves de philosophie et en y nommant les professeurs r&#233;put&#233;s les plus excellents &#8211; normaliens et agr&#233;g&#233;s. La norme d'id&#233;al n'a pu exercer son influence sur le groupe tout entier que du fait de cette structuration, de l'autorit&#233; intellectuelle et statutaire dont jouissent, sur un groupe qui compte une grande proportion d'agr&#233;g&#233;s, les professeurs des classes pr&#233;paratoires, parmi lesquels sont recrut&#233;s les inspecteurs g&#233;n&#233;raux et la plupart des inspecteurs r&#233;gionaux, et enfin de l'organisation collective des promotions et des carri&#232;res, qui favorise la recherche individuelle de l'excellence et de la distinction des professeurs du secondaire d&#233;sireux de passer dans l'enseignement sup&#233;rieur des Lyc&#233;es. Il y a ici un effet de structure et d'organisation bien rep&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que le professeur n'enseigne pas la philosophie : il doit philosopher lui-m&#234;me, s'il ne veut pas que son enseignement soit jug&#233; &#171; indigne d'un philosophe &#187; par ses pairs. Par l&#224;, il fait de la philosophie et n'est jamais seulement un enseignant de philosophie. Le groupe des pairs est soumis &#224; des repr&#233;sentations collectives telles qu'elles font tomber dans l'indignit&#233; philosophique toute tentative de penser la philosophie comme objet d'enseignement et d'apprentissage, redevable &#224; ce titre d'une r&#233;flexion et d'une instrumentation p&#233;dagogiques comme toutes les autres disciplines. Par l&#224;, les professeurs de philosophie se distinguent de leurs coll&#232;gues dans l'exacte mesure o&#249; la philosophie n'est pas cens&#233;e &#234;tre une discipline comme les autres. Ils retirent de cette distinction un profit symbolique, celui de pouvoir s'identifier &#224; l'&#233;l&#233;ment intellectuel de la discipline et d'affirmer le caract&#232;re lib&#233;ral d'un enseignement de qualit&#233;, d&#233;livr&#233; par des hommes cultiv&#233;s et intelligents &#8211; la philosophie a &#233;t&#233; et reste encore une discipline tr&#232;s masculine dans un enseignement secondaire qui s'est f&#233;minis&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exclusivement masculin au d&#233;part, l'enseignement de philosophie s'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - par opposition &#224; une identification &#224; un m&#233;tier de p&#233;dagogue, assign&#233; &#224; l'expertise techniques des moyens d'un enseignement dont l'objet et les finalit&#233;s sont fix&#233;s par les pouvoirs de tutelle. Le professeur de philosophie pense pouvoir ainsi, en enseignant, r&#233;aliser une vocation, non exercer un m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions p&#233;dagogiques et pratiques ne pouvaient que se trouver refoul&#233;es du champ des questions professionnelles l&#233;gitimes, en raison de leur trivialit&#233; par rapport &#224; un tel id&#233;al : les questions de discipline ne sont pas cens&#233;es se poser pour le bon professeur qui tient sa classe par le seul pouvoir de sa parole et par la rigueur de son cours : &#171; Le professeur a la classe qu'il m&#233;rite &#187;, comme le dit l'inspecteur g&#233;n&#233;ral Muglioni au d&#233;but des ann&#233;es 1980. D'apr&#232;s ce mod&#232;le, &#233;galement, on n'apprend pas la philosophie comme on apprend n'importe quelle autre discipline scolaire, qu'il s'agisse de contenus comme de m&#233;thodes. L'organisation d'un apprentissage m&#233;thodique et progressif de la philosophie est cens&#233;e &#234;tre prise en charge par le cours du professeur, intervenant uniquement l'ann&#233;e terminale de l'enseignement secondaire, et ma&#238;trisant la totalit&#233; de la philosophie. Par l&#224; est indiqu&#233; que le professeur de philosophie enseigne la philosophie, et n'a pas &#224; prendre en charge l'enseignement de l'ensemble des comp&#233;tences linguistiques et culturelles qui conditionnent la r&#233;ussite de son apprentissage, qu'il laisse &#224; d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_201 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH155/Image_38-3-bd1d7.png?1790689104' width='150' height='155' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le ne requiert pas seulement l'excellence professorale, dont l'id&#233;al-type est le normalien-agr&#233;g&#233; ; il requiert &#233;galement de la part des &#233;l&#232;ves des aptitudes desquelles les professeurs de philosophie n'ont pas &#224; se soucier : leur &#171; mati&#232;re premi&#232;re &#187; est elle aussi un &#233;l&#232;ve id&#233;al, le bon &#233;l&#232;ve qui arrive en terminale d&#233;j&#224; cultiv&#233;, d&#233;j&#224; dot&#233; de toutes les aptitudes intellectuelles, linguistiques et culturelles sur lesquelles le professeur de philosophie estime pouvoir compter. Apr&#232;s 1968, le syst&#232;me de valeurs professionnelles se d&#233;place de la figure du bon &#233;l&#232;ve cultiv&#233;, l'&#233;l&#232;ve id&#233;al, &#224; celle d'un id&#233;al d'&#233;l&#232;ve, pur sujet abstrait, d&#233;tenteur d'un droit &#224; &#234;tre instruit, qui cr&#233;e chez le ma&#238;tre un devoir de l'instruire &#8211; la p&#233;dagogie &#233;tant associ&#233;e, depuis 1968, au renoncement &#224; l'instruction et &#224; la culture. Une cons&#233;quence en a &#233;t&#233; l'adoption du principe suivant : c'est la m&#234;me philosophie qu'il faut enseigner &#224; tous, et selon les m&#234;mes modalit&#233;s p&#233;dagogiques. Les &#233;preuves d'&#233;valuation doivent &#234;tre les m&#234;mes pour tous : dissertation et explication de texte philosophique. Si le principe en soi est d&#233;fendable, son application s'av&#232;re d&#233;l&#233;t&#232;re, surtout pour les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques, rapport&#233; &#224; la faiblesse de l'horaire de l'enseignement de philosophie, mais aussi, au principe de non-progressivit&#233;, qui revient concr&#232;tement &#224; n&#233;gliger les conditions linguistiques et culturelles n&#233;cessaires pour qu'il leur soit pleinement profitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la profession a purement et simplement ni&#233; qu'il faille tenir compte des d&#233;terminations empiriques et notamment sociologiques du &#171; public scolaire &#187; &#8211; expression elle-m&#234;me honnie. Il n'y a pas &#224; prendre en consid&#233;ration le social : &#224; partir de l&#224;, elle &#233;tait intellectuellement mal &#233;quip&#233;e, pour ne pas dire compl&#232;tement d&#233;munie, pour penser et r&#233;aliser la d&#233;mocratisation de l'enseignement de philosophie. Elle a m&#234;me refus&#233; d'y pr&#234;ter son concours, estimant qu'il suffisait que l'enseignement soit authentiquement philosophique &#8211; c'est-&#224;-dire que ses ma&#238;tres soient d'excellents philosophes - pour qu'il soit autant p&#233;dagogique et autant d&#233;mocratique qu'il puisse &#234;tre. Cet id&#233;alisme professionnel a trouv&#233; son expression politique, dans les vingt derni&#232;res ann&#233;es du XXe si&#232;cle, dans un r&#233;publicanisme non moins id&#233;aliste. Il faut ajouter qu'alors, la probl&#233;matique politique (R&#233;publique versus d&#233;mocratie) a surd&#233;termin&#233; la probl&#233;matique professionnelle et a rendu proprement impossible toute r&#233;forme de l'enseignement philosophique d'inspiration d&#233;mocratique. C'est donc aussi contre une certaine r&#233;forme de l'&#201;tat que les professeurs de philosophie se sont dress&#233;s, en d&#233;fendant un id&#233;al professionnel solidaire d'une conception r&#233;publicaine, jacobine, de la R&#233;publique ; une R&#233;publique qui sanctuarise son &#233;cole et la prot&#232;ge aussi bien de la logique du march&#233; que de l'intervention intempestive des diff&#233;rents acteurs de la soci&#233;t&#233; civile &#8211; notables, associations de parents d'&#233;l&#232;ves, etc. Le groupe professionnel s'est comport&#233; comme un acteur &#224; part enti&#232;re du champ politique en pla&#231;ant sa lutte pour la conservation de son statut universitaire sous le r&#233;f&#233;rent politique d'une sauvegarde de la R&#233;publique, contribuant pour une part non n&#233;gligeable &#224; la revitalisation d'une gauche r&#233;publicaine au sein de la gauche fran&#231;aise &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Libert&#233; philosophique, libert&#233; p&#233;dagogique : m&#234;me combat&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adossant imm&#233;diatement la d&#233;finition de leur professionnalit&#233; &#224; leur statut d'universitaires et aux finalit&#233;s d'une &#233;ducation r&#233;publicaine, le groupe professionnel a toujours r&#233;clam&#233; la reconnaissance par l'&#201;tat de la libert&#233; philosophique du professeur &#8211; qui n'est pas diff&#233;rente du droit de penser librement reconnu &#224; tout citoyen - mais a surtout identifi&#233; l'une &#224; l'autre la libert&#233; p&#233;dagogique et la libert&#233; philosophique, comme si la nature lib&#233;rale du r&#233;gime se jouait dans la licence universitaire laissant au groupe la plus enti&#232;re libert&#233; pour d&#233;finir le contenu et la p&#233;dagogie de l'enseignement de philosophie, sous la seule direction de l'inspection g&#233;n&#233;rale, et laissant &#233;galement &#224; chaque professeur le soin de d&#233;livrer un enseignement personnel et original. Le principe g&#233;n&#233;ral et abstrait de la libert&#233; p&#233;dagogique du professeur de philosophie est la seule norme recevable des pratiques par le groupe, qui la tient pour indissociable de la libert&#233; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute d&#233;termination collective de l'enseignement de la discipline, dans son contenu comme dans ses modalit&#233;s, et par cons&#233;quent, toute d&#233;finition d'une pratique homog&#232;ne du m&#233;tier, se sont toujours heurt&#233;es &#224; l'affirmation qu'elles &#233;taient contraires aux finalit&#233;s poursuivies par l'&#233;cole r&#233;publicaine et au principe de la libert&#233; p&#233;dagogique du professeur de philosophie qui en est directement d&#233;duit, selon les tenants de l'id&#233;ologie r&#233;publicaine. On le voit bien &#224; travers la question de la d&#233;termination des programmes de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re est une des questions les plus r&#233;currentes du d&#233;bat professionnel : elle focalise tous les enjeux, &#224; la fois professionnels (li&#233;s &#224; la d&#233;finition de la philosophie) et politiques. C'est l&#224; que se joue, pour la discipline, l'enjeu de la d&#233;mocratisation : en effet, une &lt;br class='autobr' /&gt;
plus grande d&#233;termination des programmes consiste &#224; scolariser davantage l'enseignement de la discipline et &#224; expliciter tout ce qu'un enseignement de culture a tendance &#224; maintenir &#224; l'&#233;tat implicite, ne se souciant pas de donner ce qu'il exige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de philosophie ont &#233;t&#233; r&#233;form&#233;s &#224; diff&#233;rentes reprises depuis 1945. Tendanciellement, depuis 1945, les r&#233;formes ont consist&#233; &#224; les vider de leur contenu positif ou dogmatique pour aboutir &#224; des programmes qui, depuis 1973, sont r&#233;duits &#224; la plus simple expression, celle de notions (comme &#171; l'art &#187;, &#171; la conscience &#187;, &#171; l'histoire &#187;, &#171; l'&#201;tat &#187;,&#8230;). Le choix d'un programme de notions abstraites et ind&#233;termin&#233;es a &#233;t&#233; justifi&#233; par le respect du principe de la libert&#233; du professeur : les notions du programme sont l'indication de simples pistes de r&#233;flexion pour les professeurs, et le cadre des sujets d'examen qui, &#224; leur tour, sollicitent de la part des &#233;l&#232;ves non la r&#233;citation d'un cours ni des connaissances pr&#233;cises, mais un acte de r&#233;flexion. L'ind&#233;termination d'un programme de notions serait donc le seul &#224; m&#234;me de respecter et la libert&#233; p&#233;dagogique du professeur, et les exigences d'un enseignement r&#233;flexif, ainsi que veut l'&#234;tre l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L113xH182/Image_45-492ee.png?1790689104' width='113' height='182' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce principe fut contest&#233; de mani&#232;re r&#233;currente par des professeurs qui constataient ses r&#233;sultats : l'impossibilit&#233; d'une pr&#233;paration s&#233;rieuse des candidats aux &#233;preuves du baccalaur&#233;at, le niveau tr&#232;s m&#233;diocre des copies, l'in&#233;galit&#233; des chances des candidats qui, pour certains, auraient d&#233;j&#224; trait&#233; en classe la question, d'autres non. Ces derniers revendiquent de longue date, pour rem&#233;dier &#224; ces d&#233;fauts, un programme plus d&#233;termin&#233;, en proposant soit un programme de questions, soit un programme de notions plus d&#233;termin&#233; (par exemple, par un couplage de notions, comme ce sera le cas du programme r&#233;dig&#233; sous la direction d'Alain Renaut, en 2000, voir plus bas). Mais ils n'eurent jamais gain de cause, les pouvoirs professionnels ayant toujours &#233;t&#233; contre. Ils leur opposaient le dogme : une telle d&#233;termination serait contraire &#224; la libert&#233; philosophique et p&#233;dagogique du professeur de philosophie ; cela revenait, de mani&#232;re rampante, &#224; imposer une philosophie d&#233;termin&#233;e, voire une philosophie officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut d'universitaire libre d&#233;termine donc en totalit&#233; le m&#233;tier de professeur de philosophie, ce qui revient en r&#233;alit&#233; &#224; nier que ce m&#233;tier exige d'autres comp&#233;tences que celles qui font le philosophe, intronis&#233; par la r&#233;ussite &#224; un concours dont les &#233;preuves sanctionnent une valeur philosophique convertie, par l'illusion propre &#224; l'abstraction du concours, en valeur p&#233;dagogique. L'universitaire libre est aussi un universitaire seul. Il a &#233;t&#233; recrut&#233; et distingu&#233; sur la base de son excellence personnelle ; l'exercice professionnel est cens&#233; reconduire les m&#234;mes qualit&#233;s et avoir pour enjeu les m&#234;mes profits de distinction dans le cadre de la carri&#232;re. L'organisation sociale du m&#233;tier, sa r&#233;gulation par une inspection qui ne se tient jamais seulement sur le plan du conseil puisqu'elle d&#233;cide des carri&#232;res, vont ici rencontrer des acteurs qui sont eux-m&#234;mes tr&#232;s sensibles aux enjeux de la distinction et soucieux de voir reconna&#238;tre leur valeur philosophique personnelle. Dans ces conditions, la constitution des professeurs de philosophie en groupe professionnel partageant une identit&#233; collective de m&#233;tier, travaillant ensemble &#224; &#233;laborer des pratiques d'enseignement communes et efficaces, allait totalement &#224; l'encontre des normes d'exercice dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verrou &#224; faire sauter, pour constituer une identit&#233; collective de m&#233;tier, sur laquelle &#233;tayer un enseignement de philosophie commun, a toujours &#233;t&#233; l'identification absolue de la libert&#233; philosophique et de la libert&#233; p&#233;dagogique des professeurs de philosophie. C'est ce &#224; quoi se sont employ&#233;s ceux que ne satisfaisait pas l'identit&#233; traditionnelle du professeur de philosophie et qui ont cherch&#233; &#224; obtenir la reconnaissance de la composante p&#233;dagogique parall&#232;lement &#224; la constitution d'une identit&#233; de m&#233;tier. On trouve par exemple chez un Charles Hadji, dans les ann&#233;es 1970 et 1980, des textes publi&#233;s dans la Revue de l'enseignement philosophique dans lesquels il montre que la libert&#233; philosophique n'implique en rien la libert&#233; p&#233;dagogique au sens o&#249; les leaders de la profession l'entendaient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Perspective historique : l'enseignement de la philosophie dans les Lyc&#233;es en France depuis 1945, ou les occasions rat&#233;es de sa d&#233;mocratisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par pr&#233;ciser dans quel sens nous entendons la d&#233;mocratisation de l'enseignement. A partir de 1945, il s'agit de 1'extension de l'acc&#232;s de l'enseignement secondaire aux classes sociales qui en &#233;taient exclues avant-guerre &#8211; et qui fr&#233;quentaient l'&#233;cole &lt;br class='autobr' /&gt;
primaire, au mieux, le primaire sup&#233;rieur. Cela a signifi&#233; d'abord une augmentation des effectifs scolaris&#233;s dans le secondaire. En termes de structures, on est pass&#233; d'une organisation en ordres &#224; une organisation unifi&#233;e dans laquelle le secondaire prolonge le primaire. De 1945 &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
1975, les r&#233;formes concernent essentiellement le premier cycle du secondaire jusqu'au coll&#232;ge unique ; parall&#232;lement, dans le second cycle du secondaire, on multiplie les fili&#232;res et les baccalaur&#233;ats (g&#233;n&#233;raux, technologiques puis professionnels) aussi bien pour adapter &lt;br class='autobr' /&gt;
l'enseignement &#224; la structure des emplois que pour l'adapter &#224; la diversit&#233; des go&#251;ts et des aptitudes d'&#233;l&#232;ves de plus en plus nombreux. La d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire n'a pas toujours &#233;t&#233; le but poursuivi, mais un effet induit d'une politique de modernisation, &lt;br class='autobr' /&gt;
visant &#224; rationaliser la relation formation-emploi &#8211;ce qui complique la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que les enjeux de cet aspect de la d&#233;mocratisation sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 La massification s'est m&#233;caniquement traduite par l'augmentation des &#233;l&#232;ves &#171; non dou&#233;s &#187; selon les crit&#232;res de l'ancien secondaire, dont les &#233;l&#232;ves &#233;taient tri&#233;s &#224; l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Quant &#224; la multiplication des fili&#232;res et des baccalaur&#233;ats, entre 1945 et 1985, elle a donn&#233; lieu &#224; leur mise en concurrence et &#224; leur hi&#233;rarchisation, et indirectement, &#224; la mise en concurrence et &#224; la hi&#233;rarchisation des disciplines qui formaient l'enseignement principal de ces sections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier enjeu de la d&#233;mocratisation est l'enjeu p&#233;dagogique. La &#171; non p&#233;dagogie &#187; pratiqu&#233;e traditionnellement par l'enseignement secondaire qui s'adressait &#224; des &#233;l&#232;ves culturellement pr&#233;dispos&#233;s &#224; recevoir la culture scolaire a &#233;t&#233; profond&#233;ment interrog&#233;e par la pr&#233;sence de plus en plus nombreuse d'&#233;l&#232;ves qui n'avaient pas ces pr&#233;dispositions. De l&#224; vient &lt;br class='autobr' /&gt;
que la d&#233;mocratisation du secondaire est devenue l'enjeu d'un conflit entre les professeurs qui voulaient, et qui g&#233;n&#233;ralement pouvaient, perp&#233;tuer dans leurs pratiques la non p&#233;dagogie propre &#224; la transmission d'une culture, et ceux qui, par n&#233;cessit&#233; ou par engagement, ne &lt;br class='autobr' /&gt;
pouvaient ou ne voulaient pas perp&#233;tuer une non p&#233;dagogie socialement discriminante. Cet enjeu a domin&#233; la p&#233;riode qui a suivi 1968 et a connu une seconde vigueur apr&#232;s 1981 et la seconde vague de d&#233;mocratisation du lyc&#233;e, &#224; partir de 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second enjeu de la d&#233;mocratisation est l'enjeu institutionnel. Il ne concerne pas directement les pratiques de l'enseignement de la philosophie, mais la mani&#232;re dont les professeurs de philosophie, que leur association professionnelle s'est efforc&#233;e de constituer en &lt;br class='autobr' /&gt;
acteur collectif solidaire de l'inspection g&#233;n&#233;rale, ont abord&#233; les changements structurels de l'enseignement secondaire. Appelons cela la &#171; politique de l'enseignement de la philosophie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs de philosophie ont d&#233;ploy&#233;, &#224; travers l'inspection et leur association, qui fut longtemps unique, une strat&#233;gie par rapport &#224; la cr&#233;ation de sections nouvelles et de plus en plus nombreuses de l'enseignement secondaire. La d&#233;mocratisation de l'enseignement s'est alors pos&#233;e, aux professeurs de philosophie, &#224; travers les questions suivantes : doit-on enseigner la philosophie dans toutes les sections de l'enseignement g&#233;n&#233;ral, technologique, professionnel ? Doit-on enseigner la m&#234;me philosophie, &#224; travers les m&#234;mes programmes, et de &lt;br class='autobr' /&gt;
la m&#234;me mani&#232;re, &#224; tous, ou faut-il penser un enseignement philosophique diff&#233;renci&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ces deux enjeux de la d&#233;mocratisation s'est r&#233;v&#233;l&#233; tr&#232;s clivant dans la profession. Dans une premi&#232;re p&#233;riode, de 1945 &#224; 1968, et alors que d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire se jouait principalement dans la r&#233;forme de ses structures, c'est surtout l'enjeu institutionnel qui s'est impos&#233;. Dans une seconde p&#233;riode, que nous faisons commencer en 1968, mais qui a connu un rebond important apr&#232;s 1981, &#224; une &#233;poque o&#249; le politique a voulu d&#233;mocratiser l'enseignement secondaire par des r&#233;formes p&#233;dagogiques, il n'est pas &#233;tonnant que ce soit l'enjeu p&#233;dagogique &#224; travers lequel les professeurs de philosophie ont &#233;t&#233; confront&#233;s au probl&#232;me de la d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons revenir rapidement sur chacun de ces deux enjeux dans les trois p&#233;riodes que nous proposons de distinguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 1945-1968&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A - Le combat pour restaurer la classe de Philosophie d'avant-guerre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elle se reconstitue, en 1945, l'ancienne Amicale des professeurs de philosophie de lyc&#233;e, qui allait devenir l'APPEP deux ans plus tard, d&#233;finit la strat&#233;gie corporative en ces termes : &#171; La classe de Philosophie est la classe terminale normale &#187;. Jusqu'en 1968, la profession s'est efforc&#233;e de redonner &#224; la classe de Philosophie la position institutionnelle et le prestige qu'elle avait avant-guerre, quand elle avait le quasi monopole de la scolarisation, la derni&#232;re ann&#233;e des &#233;tudes secondaires, d'une &#233;lite scolaire et des futures &#233;lites socioprofessionnelles. Or, ce statut, les politiques men&#233;es sous Vichy et ensuite, sous la IVe et la Ve R&#233;publiques, le lui ont fait perdre &#8211; la IVe R&#233;publique ent&#233;rinant la classe de Philosophie-sciences en cr&#233;ant la classe de Sciences exp&#233;rimentales en 1945. Cette strat&#233;gie a oppos&#233; de mani&#232;re chronique le groupe aux autorit&#233;s politiques qui, dans les ann&#233;es 1950 et 1960, ont organis&#233; la modernisation et la d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire en multipliant les cr&#233;ations de nouvelles sections de l'enseignement secondaire et de nouvelles s&#233;ries de baccalaur&#233;at, tant dans l'enseignement g&#233;n&#233;ral que dans l'enseignement technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1956-1957 furent marqu&#233;es par de vives tensions entre les professeurs de philosophie et le pouvoir qui favorisait le d&#233;veloppement des sections scientifiques et techniques et encourageait l'administration &#224; y orienter les meilleurs &#233;l&#232;ves &#8211; ce qui renfor&#231;ait des tendances culturelles et historiques de plus vaste ampleur manifestes d&#232;s les ann&#233;es 1950 : la fin de la pr&#233;valence des humanit&#233;s classiques dans l'enseignement secondaire, sa marginalisation par la cr&#233;ation de multiples sections modernes (sans latin et sans grec) et techniques, la mont&#233;e en puissance des enseignements scientifiques et techniques, la valorisation de la classe de Math&#233;matiques, qui scolarisait d&#233;sormais les meilleurs &#233;l&#232;ves et offrait les d&#233;bouch&#233;s les meilleurs et en plus grand nombre (&#233;coles d'ing&#233;nieur, mais aussi &#233;coles de commerce, m&#233;decine, haute administration, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1950, l'APPEP adopte en son assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale une doctrine par laquelle elle justifie son refus de la cr&#233;ation de multiples fili&#232;res au sein de l'enseignement secondaire, et donc son attachement &#224; l'ordre et &#224; l'organisation secondaires d'avant 1940 : elle tient pour &#171; l'orientation selon les aptitudes &#187;, et s'oppose &#224; &#171; l'orientation selon les carri&#232;res &#187;, qui lui semble inspirer la nouvelle organisation. L'opposition, d'inspiration humaniste (il faut former l'homme avant de former le professionnel), et apparemment progressiste (l'opposition &#224; une nouvelle organisation subordonnant l'enseignement &#224; la formation de la main-d'&#339;uvre) ne doit pas faire illusion. Une lecture un peu fine des textes laisse clairement entendre ce qu'il fallait entendre par &#171; orientation selon les aptitudes &#187; : revenir &#224; l'organisation o&#249; la classe de Philosophie &#233;tait le v&#233;ritable couronnement des &#233;tudes secondaires classiques, ou, &#224; tout le moins, lui redonner la premi&#232;re place et restaurer sa valeur sociale d&#233;clinante, en y envoyant les &#233;l&#232;ves les plus aptes, ou les plus dou&#233;s &#8211; alors qu'on commen&#231;ait &#224; y envoyer le &#171; rebut &#187;, comme on disait &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restauration de la classe de Philosophie n'&#233;tait pas pure nostalgie mais r&#233;pondait &#224; de forts int&#233;r&#234;ts corporatifs, aussi bien mat&#233;riels (heures, postes, services) que symboliques (prestige) : &#224; une &#233;poque o&#249; la classe de Philosophie d&#233;clinait &#224; la fois quantitativement et qualitativement, il s'agissait de retrouver la valeur scolaire et sociale qu'avait, avant-guerre, adoss&#233;e &#224; toute la valeur des humanit&#233;s classiques, la philosophie au sein de la classe &#233;ponyme. Toute l'action collective du groupe professionnel a vis&#233; une telle restauration, jusqu'en 1968, l&#224; o&#249; la d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire aurait au contraire exig&#233; des professeurs de philosophie qu'ils repensent l'enseignement philosophique et la contribution qu'il aurait pu apporter &#224; la d&#233;finition de nouvelles humanit&#233;s, comme on disait alors, &#224; une &#233;poque o&#249; la d&#233;mocratisation consistait &#224; diversifier les formes de la culture scolaire, et &#224; proposer d'autres voies que la culture lettr&#233;e et classique (dont l'enseignement du latin &#233;tait le marqueur), sous la forme des humanit&#233;s techniques et scientifiques. La strat&#233;gie corporative de restauration de la classe terminale consacrait au contraire un enseignement de philosophie &#171; couronnant &#187; la seule formation des humanit&#233;s classiques, faisant d&#233;pendre sa valeur de sa solidarit&#233; avec la culture classique lettr&#233;e. Cette strat&#233;gie sur le terrain institutionnel s'est r&#233;v&#233;l&#233;e d&#233;terminante pour comprendre la doctrine p&#233;dagogique &#8211;ou plut&#244;t non-p&#233;dagogique-de l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B - La doctrine p&#233;dagogique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons &#233;voquer quelques-uns des points de la doctrine &#233;labor&#233;e par la profession sur des questions proprement p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Un enseignement r&#233;flexif vou&#233; &#224; distinguer les &#171; bons esprits &#187; : enjeu de la d&#233;finition d'un enseignement philosophique distinct d'un enseignement de philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, les d&#233;bats professionnels internes ont surtout port&#233; sur la d&#233;finition du contenu du programme de philosophie. L'inspection et les membres les plus influents et les plus nombreux de l'APPEP tenaient pour un programme de philosophie g&#233;n&#233;rale, o&#249; les grandes questions &#233;ternelles &#233;taient trait&#233;es en s'appuyant sur l'&#233;tude des grands textes les plus classiques d'une tradition philosophique : l'enseignement de philosophie venait consacrer l'&#233;ducation humaniste lettr&#233;e. Ils affirmaient la dignit&#233; sp&#233;ciale de l'enseignement philosophique en soulignant sa dimension r&#233;flexive, laquelle fut oppos&#233;e &#224; un enseignement d&#233;livrant des connaissances, faisant appel &#224; la simple m&#233;moire. L'identit&#233; professionnelle &#233;tait forg&#233;e en grande partie par la conscience d'enseigner une discipline noble, et de constituer &#224; ce titre une noblesse enseignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 1940 et au d&#233;but des ann&#233;es 1950, cette conception du programme de philosophie fut combattue au nom d'une position plus modeste, consid&#233;rant qu'il n'&#233;tait pas indigne du professeur de philosophie d'enseigner les doctrines des auteurs et d'&#233;valuer les candidats au baccalaur&#233;at sur leurs connaissances philosophiques : parmi ces tenants d'une vulgarisation philosophique, plus d&#233;mocratique dans son inspiration, se trouvaient des Universitaires r&#233;put&#233;s, comme Ferdinand Alqui&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir son article dans la Revue de l'enseignement philosophique, d&#233;c. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants d'un enseignement de philosophie n'ont jamais eu gain de cause face &#224; l'enseignement philosophique traditionnellement pratiqu&#233; dans l'enseignement secondaire et secondaire sup&#233;rieur (ainsi que nous proposons d'appeler l'enseignement des classes pr&#233;paratoires aux grandes &#233;coles). Le mod&#232;le &#233;litiste de l'enseignement secondaire, cherchant explicitement &#224; distinguer les meilleurs &#233;l&#232;ves &#224; travers des exercices comme la dissertation cens&#233;s permettre &#224; un candidat de d&#233;ployer sa puissance de r&#233;flexion et sa culture g&#233;n&#233;rale, s'est donc impos&#233; face &#224; un mod&#232;le plus d&#233;mocratique, en ce qu'il ne visait pas de tels effets de distinction &#8211; comme si l'enjeu &#233;tait la pr&#233;-selection des futures &#233;lites philosophiques - mais cherchait de mani&#232;re rationnelle &#224; enseigner des connaissances et &#224; v&#233;rifier leur ma&#238;trise chez les &#233;l&#232;ves &#8211; mod&#232;le o&#249; l'on s'assure que les &#233;l&#232;ves sont &#233;valu&#233;s sur ce qui a fait l'objet d'une inculcation scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me registre, les professeurs de philosophie se sont oppos&#233;s &#224; une autre r&#233;forme technique du baccalaur&#233;at en 1959 qui supprimait l'oral de philosophie &#8211; lequel devenait d&#233;sormais une simple &#233;preuve de rep&#234;chage. Dans la revue professionnelle de l'&#233;poque, de nombreux commentaires ont d&#233;plor&#233; cette rel&#233;gation, au motif que l'oral &#233;tait une &#233;preuve qui, bien mieux que l'&#233;crit, permettait de &#171; juger de la qualit&#233;, de l'intelligence et de la sensibilit&#233;, c'est-&#224;-dire de la culture &#187; d'un candidat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revue de l'enseignement philosophique, avril-mai 1959, p. 41.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De m&#234;me, on fustige &#171; la question de cours &#187; &#224; l'examen, car &#171; cela profite aux &#233;l&#232;ves m&#233;diocres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revue de l'enseignement philosophique, avril-mai 1958, p.15.&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le dit l'un des contributeurs de la &lt;i&gt;Revue&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Un programme de m&#233;taphysique qui fait fond sur la culture classique qui renvoie les positivit&#233;s scientifiques &#224; l'indignit&#233; philosophique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux m&#233;taphysiciens distingu&#233;s ne s'opposaient pas seulement les &#171; vulgarisateurs &#187; mais aussi les &#171; encyclop&#233;distes &#187;. Avant que la signification de ce terme ne s'inverse, les professeurs de philosophie reprochaient aux anciens programmes (ceux de 1902, rafra&#238;chis en 1925) d'&#234;tre &#171; encyclop&#233;diques &#187;. Ce qui &#233;tait vis&#233;, c'&#233;tait la mauvaise h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de programmes croulant sous le poids des connaissances positives, notamment dans le chapitre &#171; Psychologie &#187;. Au fil du temps, le programme de philosophie s'&#233;tait en effet ressenti de la constitution de la psychologie en science et de l'influence des philosophes positivistes sur l'institution, en accumulant des connaissances que les professeurs rab&#226;chaient dans leurs cours. Au nom d'un all&#232;gement du programme, les &#171; m&#233;taphysiciens &#187;, tenants d'une &#171; philosophie g&#233;n&#233;rale &#187; de nature r&#233;flexive, et non positive, n'ont eu de cesse d'&#339;uvrer &#224; d&#233;sencombrer le programme de son contenu positif &#8211; tendance qui aboutira au programme de 1973 compos&#233; de notions isol&#233;es, totalement abstraites, un programme compl&#232;tement d&#233;mat&#233;rialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une minorit&#233; de professeurs a toujours tenu &#224; une conception de la philosophie qui faisait une large place aux savoirs positifs des sciences naturelles et humaines. Le d&#233;saccord a donc port&#233; tr&#232;s t&#244;t, d&#232;s 1947, sur la conception du programme de philosophie, en ceci qu'il renvoyait lui-m&#234;me &#224; des d&#233;saccords philosophiques et politiques, avant de se cristalliser sur la question de l'ouverture de la philosophie aux Sciences humaines, sous la forme d'une querelle assez vive &#224; la fin des ann&#233;es 1950 (1958-1959).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre que les sciences humaines donnaient un contenu &#224; l'enseignement de philosophie &#8211; autre que les grands textes des classiques, unique objet d'un enseignement &#171; de r&#233;flexion et de culture &#187;, selon l'expression consacr&#233;e de l'&#233;poque -, elles permettaient aux professeurs de philosophie d'&#234;tre en prise avec l'&#233;tat du savoir contemporain, de donner une valeur actuelle &#224; leur enseignement, et de le faire descendre du ciel des Id&#233;es platoniciennes sur la terre o&#249; les questions sollicitant les jeunes gens de l'&#233;poque ne manquaient pas &#8211; comme la d&#233;colonisation. Les sciences humaines fournissaient des instruments pour aborder ces questions, que les tenants de l'orthodoxie philosophique ont &#233;t&#233; toujours trait&#233;es avec d&#233;dain sous le nom de questions &#171; journalistiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat de la corporation pour d&#233;fendre la classe de Philosophie va de pair avec la lutte acharn&#233;e qu'elle m&#232;ne pour sauver l'identit&#233; m&#233;taphysique de la philosophie universitaire, et la l&#233;gitimit&#233; culturelle de son enseignement qui justifie qu'elle conserve sa place de couronnement des &#233;tudes secondaires et de discipline fondamentale des classes terminales des lyc&#233;es. Mais la relation est &#224; double sens : la signification philosophique du combat pour la m&#233;taphysique est aussi institutionnelle, et il s'agit &#224; travers lui de sauvegarder pour la philosophie la domination organisationnelle et symbolique qu'elle exer&#231;ait sur l'enseignement secondaire fran&#231;ais, et que lui contestaient des sciences humaines qui avaient la faveur des instances politiques modernisatrices et les tenants des &#171; nouvelles humanit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enjeu a conduit la corporation &#224; solidariser l'enseignement de philosophie avec l'enseignement secondaire classique, au moment o&#249; la transformation du second degr&#233; passait par la cr&#233;ation d'autres voies, scientifiques, techniques, modernes, qui contestait &#224; l'enseignement classique le monopole de la formation humaine &#8211; au nom des humanit&#233;s scientifiques et techniques - et o&#249; les autorit&#233;s politiques incitaient l'enseignement de philosophie &#224; red&#233;finir son articulation aux sciences, au risque de perdre l'identit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; prestigieuses qu'il avait au titre d'un enseignement de culture consacrant un cursus classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 1968-1981&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L253xH313/Image_39-2-43030.png?1790689104' width='253' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A - La bataille de l'extension de l'enseignement philosophique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1968 introduit incontestablement une rupture, politique, p&#233;dagogique mais aussi g&#233;n&#233;rationnelle. Il y avait toujours eu de la conflictualit&#233; au sein du groupe, mais cette fois-ci, elle &#233;tait politis&#233;e explicitement et donc radicalis&#233;e. Surtout, elle avait cess&#233; d'&#234;tre contenue dans les limites d'une seule association. Les ann&#233;es 1970 voient la constitution de groupes qui concurrencent directement l'APPEP et portent des projets de d&#233;mocratisation et de r&#233;forme p&#233;dagogique de l'enseignement de philosophie. Les divisions se traduisent par la cr&#233;ation par Jacques Derrida, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1975, du Groupe de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie (GREPh), qui, bien qu'il n'ait pas &#233;t&#233; &#224; l'origine une association, a &#233;t&#233; per&#231;u comme un concurrent ill&#233;gitime par l'APPEP. Le GREPh s'opposait frontalement &#224; l'institution existante de l'enseignement de philosophie. Sa proposition majeure &#233;tait d'introduire la progressivit&#233; dans l'enseignement de la philosophie d&#232;s les classes de seconde et de premi&#232;re. Cette mesure visait explicitement sa d&#233;mocratisation, puisqu'il s'agissait de prendre en charge, avant la terminale, l'apprentissage des comp&#233;tences linguistiques, logiques et culturelles qui sont requises pour faire de la philosophie avec quelque chance de succ&#232;s. Mais le GREPh allait plus loin, et contestait la d&#233;finition de la philosophie comme discours de la totalit&#233;, proposant au contraire un enseignement de philosophie articul&#233; aux autres disciplines dans un rapport non h&#233;g&#233;monique et dominant &#224; leur &#233;gard. Il proposait en outre qu'une partie du programme de terminale change chaque ann&#233;e, et entendait favoriser les activit&#233;s de recherche des professeurs du secondaire &#8211; &#224; quoi correspondit la cr&#233;ation, en 1983, du Coll&#232;ge International de Philosophie. La d&#233;mocratisation de l'enseignement se serait accompagn&#233;e d'une d&#233;mocratisation de l'organisation scolaire par l'affaiblissement de sa structuration hi&#233;rarchique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa d&#233;marche suscita l'ire de l'inspection g&#233;n&#233;rale et de l'APPEP, qui s'est g&#233;n&#233;ralement comport&#233; comme son alli&#233; ind&#233;fectible. Les propositions de Derrida et du GREPh, en effet, auraient boulevers&#233; non seulement la d&#233;finition de la philosophie enseign&#233;e mais les partages institu&#233;s entre le secondaire et le sup&#233;rieur, l'enseignement et la recherche, et, avec eux, l'ordre institutionnel d'un enseignement auquel pr&#233;sidaient, conjointement, l'inspection g&#233;n&#233;rale et les universitaires du jury d'agr&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la progressivit&#233; de l'enseignement de philosophie devint l'embl&#232;me d'une r&#233;forme d&#233;mocratique de l'enseignement de philosophie. Elle allait &#224; l'encontre un dogme que la profession avait adopt&#233; en 1965, dans un mouvement de fronde contre la loi Fouchet-Capelle. A cette occasion, l'APPEP avait publi&#233; un num&#233;ro sp&#233;cial de la &lt;i&gt;Revue&lt;/i&gt;, en f&#233;vrier 1965, o&#249; elle figea dans le marbre la doctrine &#8211; &#233;labor&#233;e en 1957 et confirm&#233;e en 1961 - selon laquelle le tout de la philosophie doit &#234;tre enseign&#233; par un seul ma&#238;tre en une seule ann&#233;e. Comme on le voit, ces doctrines, ou ce qu'il faut bien appeler ces dogmes, qui ont domin&#233; l'univers professionnel jusqu'&#224; aujourd'hui, sont souvent, au d&#233;part, des r&#233;ponses du corps &#224; des mesures conjoncturelles &#8211; le plus souvent, des r&#233;formes techniques du baccalaur&#233;at auxquelles l'afflux massif de candidats contraignait l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sur la sc&#232;ne institutionnelle, les professeurs de philosophie s'unirent en 1975 pour lutter contre le projet du ministre Ren&#233; Haby de rendre optionnel l'enseignement de philosophie en terminale et pour l'introduire en classe de premi&#232;re. Mais le GREPH, qui soutenait son introduction en premi&#232;re, fut accus&#233; par l'APPEP de faire le jeu du minist&#232;re, de sorte que l'union ne r&#233;ussit pas &#224; refermer les germes de la division. Le projet d'une philosophie optionnelle en terminale n'aboutit finalement pas. Au cours des commissions mises en place par le minist&#232;re dans le cadre de la concertation autour du projet de loi, l'inspection g&#233;n&#233;rale de philosophie cr&#233;a la surprise en demandant l'extension de l'enseignement de philosophie &#224; toutes les classes terminales de l'enseignement technique. D'un point de vue corporatif, cela repr&#233;sentait beaucoup d'heures et de postes pour la discipline, et surtout, cette extension horizontale &#233;tait un contrefeu &#224; la demande du GREPh d'une extension verticale, en premi&#232;re et dans toutes les formations sup&#233;rieures, de l'enseignement de philosophie. Le statut terminal de l'enseignement de philosophie &#233;tait pr&#233;serv&#233;. Mais l'enseignement de philosophie dans les sections techniques &#224; faible horaire allait se traduire par de grandes difficult&#233;s pour les professeurs (difficult&#233;s p&#233;dagogiques, services pl&#233;thoriques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que la doctrine commandait d'enseigner la m&#234;me philosophie, de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; tous les &#233;l&#232;ves. On comprendra que la probl&#233;matique de l'enseignement de philosophie dans les sections technologiques (programmes, p&#233;dagogie, &#233;preuves d'examen) allait &#234;tre au c&#339;ur des fractures et de la controverse professionnelles dans les ann&#233;es 1980 &#8211; l'extension de l'enseignement de philosophie &#224; toutes les sections technologiques ayant &#233;t&#233; l'&#339;uvre de la gauche entre 1981 et 1985. Au nom de l'id&#233;e que la philosophie est une et indivisible, comme la R&#233;publique, la profession avait en effet d&#233;cid&#233;, apr&#232;s avoir renonc&#233; &#224; r&#233;clamer la restauration de la classe de Philosophie (remplac&#233;e en 1965 par la terminale A), que le meilleur moyen de d&#233;fendre l'int&#233;grit&#233; de l'enseignement philosophique consistait &#224; exiger qu'on enseigne la m&#234;me &#171; philosophie g&#233;n&#233;rale &#187;, le m&#234;me tout de la philosophie, dans toutes les sections (une philosophie au contenu h&#233;t&#233;roclite, fourni par les grands textes classiques, dont les manuels scolaires compilent des extraits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B - Contre la r&#233;novation p&#233;dagogique de l'enseignement de philosophie : histoire d'une contre-r&#233;forme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui suivirent Mai 1968, la p&#233;dagogie traditionnelle fut contest&#233;e par de nombreux professeurs de philosophie, comme l'attestent les &lt;i&gt;Journ&#233;es de S&#232;vres&lt;/i&gt; de mars 1970, qui r&#233;unirent de nombreux professeurs. La dissertation est sur la sellette, ainsi que la p&#233;dagogie magistrale. Plus g&#233;n&#233;ralement, les fonctions sociales du syst&#232;me scolaire sont interrog&#233;es. On se prononce pour des p&#233;dagogies de groupes, des pratiques interdisciplinaires. Il faut ajouter que ces &lt;i&gt;Journ&#233;es&lt;/i&gt; furent organis&#233;es par l'inspecteur g&#233;n&#233;ral Tric qui, pour l'occasion, passa par-dessus l'APPEP &#8211; laquelle en ressentit un vif d&#233;pit. Il y eut donc un temps, entre 1969 et 1970, o&#249; l'inspection donna des signes d'encouragement &#224; la r&#233;novation p&#233;dagogique d'inspiration d&#233;mocratique de l'enseignement de la philosophie. Mais l'initiative du doyen Tric fut sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inspection g&#233;n&#233;rale, men&#233;e par la forte personnalit&#233; de Jacques Muglioni, ne tarda pas &#224; siffler la fin de la r&#233;cr&#233;ation. Elle trouva le plein assentiment du Bureau national de l'APPEP issu de la crise de 1968. Elle ne m&#233;nagea pas ses efforts, pendant toute la d&#233;cennie 1971-1980, &#224; travers des publications et de nombreux stages acad&#233;miques tenus partout en France, pour faire passer le message suivant : la r&#233;novation p&#233;dagogique ne passera pas par l'enseignement de philosophie. En m&#234;me temps que Jacques Muglioni fit adopter de nouveaux programmes (1973), plus ind&#233;termin&#233;s que jamais (m&#234;me s'ils faisaient droit &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;poque aux questions &#233;pist&#233;mologiques), il co-produisit avec de talentueux professeurs de Kh&#226;gne et d'Universit&#233;, une philosophie de l'enseignement de philosophie, directement dirig&#233;e contre la r&#233;novation p&#233;dagogique, et op&#233;rant un recentrage sur le contenu disciplinaire de l'enseignement et sur la capacit&#233; du professeur, par son autorit&#233;, &#224; assurer la discipline dans sa classe tout autant qu'&#224; assumer sa position de ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette philosophie consistait &#224; frapper d'ill&#233;gitimit&#233; toute consid&#233;ration p&#233;dagogique, consid&#233;rant que &#171; la philosophie &#233;tait &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie &#187;. A travers la p&#233;dagogie, &#233;tait r&#233;cus&#233;e une r&#233;novation p&#233;dagogique qui s'appuyait sur la connaissance de la sociologie et de la psychologie de l'&#233;ducation pour d&#233;terminer les modalit&#233;s de l'enseignement les plus propres &#224; assurer un enseignement d&#233;mocratique, au sens extensif et large du terme, par opposition &#224; l'enseignement s&#233;lectif de l'&#233;litisme r&#233;publicain. Le combat contre la psycho- et contre la socio-p&#233;dagogie n'&#233;tait donc pas seulement un conflit opposant des disciplines &#224; vocation h&#233;g&#233;monique &#8211; un nouveau conflit des facult&#233;s - : il avait une signification politique, et annon&#231;ait la revitalisation de l'id&#233;al r&#233;publicain aupr&#232;s de nombreux philosophes dans les ann&#233;es 1980. Le discours abstrait du droit &#8211; chaque &#233;l&#232;ve a le droit d'&#234;tre instruit - fut oppos&#233; aux donn&#233;es de la sociologie scolaire qui demandaient &#224; tout le moins de prendre en compte la diversit&#233; sociale des &#233;l&#232;ves qui fr&#233;quentaient d&#233;sormais les cours de philosophie, prise en compte sur laquelle certains &#233;tayaient la demande de ne pas enseigner la philosophie de la m&#234;me mani&#232;re, de ne pas &#233;valuer les &#233;l&#232;ves &#224; travers les m&#234;mes exercices, notamment ceux des sections technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L119xH117/Image_36-2-f142f.png?1790689104' width='119' height='117' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l'inspection, une telle analyse, concluant &#224; la n&#233;cessit&#233; d'adapter l'enseignement de la philosophie aux nouveaux publics scolaires, relevait de l'abandon de poste de la part de professeurs d&#233;missionnaires. L'esprit missionnaire devint, avec le z&#232;le, la vertu professionnelle cardinale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 1981-2003&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A - La constitution d'un front r&#233;publicain de d&#233;fense de l'&#201;cole contre une politique de d&#233;mocratisation p&#233;dagogique de l'enseignement philosophique ; des clivages professionnels qui se creusent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lignes de force mises en place dans les ann&#233;es 1970 vont se maintenir dans les d&#233;cennies suivantes. Elles se structureront encore dans les ann&#233;es 1980 par l'opposition de l'APPEP et du GREPh, lequel articulera des propositions tr&#232;s pr&#233;cises d'une nouvelle institution d&#233;mocratique de l'enseignement de philosophie dans les lyc&#233;es, en 1983. De crainte que ces propositions n'aboutissent, et alors que le minist&#232;re Savary donnait des gages &#224; la deuxi&#232;me gauche, anti-jacobine, et au camp de la r&#233;novation p&#233;dagogique du lyc&#233;e &#8211; en commandant des rapports &#224; Antoine Prost, Andr&#233; de Peretti, Louis Legrand -, le doyen de l'inspection g&#233;n&#233;rale et le pr&#233;sident du jury d'agr&#233;gation de philosophie de l'&#233;poque prirent l'initiative d'une r&#233;union publique, &#224; S&#232;vres, en 1984, dans laquelle ils rappelaient les principes de l'&#201;cole r&#233;publicaine, au nom de laquelle ils r&#233;affirmaient avec force que l'enseignement philosophique ne devait conna&#238;tre ni r&#233;novation institutionnelle, ni r&#233;novation p&#233;dagogique. Au cours de la vingtaine d'ann&#233;es qui a suivi, et surtout dans les ann&#233;es 1990, quand la pol&#233;mique sur la r&#233;forme des programmes de philosophie faisait rage, les dirigeants de l'APPEP et les porte-parole autoris&#233;s de la profession se sont compl&#232;tement appropri&#233; ce discours r&#233;publicain pour refuser avec la derni&#232;re vigueur toute r&#233;forme de l'enseignement de philosophie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte d'un front r&#233;publicain des professeurs de philosophie contre les autorit&#233;s r&#233;formatrices (particuli&#232;rement sous les gouvernements de gauche) allait avoir beaucoup d'occasions de se manifester, car ces derni&#232;res, dans les ann&#233;es 1980, n'ont plus gu&#232;re touch&#233; aux structures du syst&#232;me scolaire, mais ont choisi la voie p&#233;dagogique pour d&#233;mocratiser l'enseignement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette &#233;poque, la gu&#233;rilla que le groupe professionnel, derri&#232;re ses leaders, a men&#233;e contre les autorit&#233;s r&#233;formatrices s'est redoubl&#233;e d'un conflit interne qui opposait conservateurs et novateurs, lesquels ont re&#231;u l'appui d'une nouvelle association, cr&#233;&#233;e en 1998, l'Association pour la Cr&#233;ation d'Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie (ACIREPH). Cette derni&#232;re rassemblait les militants d'une r&#233;forme p&#233;dagogique de l'enseignement de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces luttes, les conditions de l'enseignement de philosophie, notamment dans les classes technologiques, ont consid&#233;rablement accru les difficult&#233;s que rencontraient certains professeurs, et ont augment&#233; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des conditions de travail &#8211; et plus g&#233;n&#233;ralement, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; d'un groupe, celui des professeurs de philosophie de l'enseignement public, qui, de quelques 600 professeurs, au d&#233;but des ann&#233;es 1950, &#233;tait pass&#233; au nombre de 4291 l'ann&#233;e scolaire 1999-2000. Les oppositions que nous venons de relater au niveau des associations expriment et permettent la repr&#233;sentation de ces disparit&#233;s croissantes. &#192; partir des ann&#233;es 1980, les partisans de la r&#233;novation p&#233;dagogique et d&#233;mocratique de l'enseignement de philosophie s'appuient sur un ensemble de repr&#233;sentations qui ent&#233;rine ces disparit&#233;s, et qui fait la diff&#233;rence entre les &#171; Professeurs de Philosophie &#187;, et les &#171; Enseignants du Philosopher &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francis Godet, &#171; Philosophie des professeurs ou enseignement du philosopher (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les fractures professionnelles se symbolisent alors dans l'opposition des Professeurs &#171; qui font profession de Philosophie &#187;, qui adressent un enseignement cultiv&#233; &#224; un public pr&#233;par&#233; &#224; le recevoir, et des enseignants qui ne se posent pas en repr&#233;sentants de la philosophie, mais cherchent laborieusement &#224; l'enseigner &#224; des &#233;l&#232;ves, et cherchent non &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
enseigner ce que l'on pourrait appeler le discours cultiv&#233; de la philosophie, mais &#224; apprendre les actes intellectuels qui sont pratiquement requis pour philosopher. Enseigner la philosophie n'est pas le m&#234;me m&#233;tier, selon qu'on le fait pour les &#233;l&#232;ves d'antan ou encore les &#233;lites s&#233;lectionn&#233;es des classes pr&#233;paratoires, ou bien pour le tout-venant des enfants des classes populaires des terminales technologiques : si le premier peut r&#233;aliser l'id&#233;al, ce n'est pas le cas du second, qui est cependant tenu de s'y conformer. Il s'agit, pour les domin&#233;s, de faire reconna&#238;tre, contre la politique corporative unitaire, qui fait du professeur de Kh&#226;gne l'id&#233;al-type du professeur de philosophie, que quelque chose comme la lutte des classes passe chez les enseignants, comme elle passe dans la soci&#233;t&#233; dont ils accueillent les enfants, et que le travail de l'aristocratie professorale n'a rien &#224; voir avec celui du prol&#233;tariat enseignant ; ou que, &#224; tout le moins, l'enseignement de philosophie ne peut pas impun&#233;ment ignorer le monde social dans lequel il intervient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B - Le rejet du rapport Bouveresse-Derrida et l'impossible r&#233;forme des programmes de philosophie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la dimension proprement p&#233;dagogique, l'&#233;poque se caract&#233;rise par la mise en &#233;chec, par les autorit&#233;s professionnelles, de tous les projets, r&#233;pondant &#224; des initiatives de gouvernements de gauche, de d&#233;mocratisation de l'enseignement de philosophie, sous la forme d'une r&#233;forme de l'enseignement de philosophie qui non seulement tiendrait compte de la d&#233;mocratisation des lyc&#233;es, mais qui &#8211; sous sa forme la plus haute - consisterait &#224; repenser la mani&#232;re dont il peut intervenir comme &#233;l&#233;ment d'une culture que doit poss&#233;der le citoyen d'une d&#233;mocratie moderne &#8211; une autre culture, et de plus grande extension, que la culture lettr&#233;e que celle qui &#233;tait r&#233;serv&#233;e aux &#233;lites de la IIIe R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le rapport de la Commission de philosophie et d'&#233;pist&#233;mologie et son destin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier de ces projets, port&#233; par une ambition de ce type, fut, en 1989, le rapport de la &lt;i&gt;Commission de philosophie et d'&#233;pist&#233;mologie&lt;/i&gt;, co-pr&#233;sid&#233;e par Jacques Bouveresse et Jacques Derrida, qui elle-m&#234;me s'inscrivait dans une r&#233;forme globale des enseignements que Lionel Jospin avait command&#233;e &#224; Pierre Bourdieu et Fran&#231;ois Gros. On y retrouvait, parmi les mesures pr&#233;conis&#233;es, la progressivit&#233; de l'enseignement de philosophie. Mais c'est son inspiration g&#233;n&#233;rale qui fut combattue par l'inspection g&#233;n&#233;rale d'alors et par l'APPEP. La raison en est simple : elle tenait dans la volont&#233; d' &#171; &#233;quilibrer une formation philosophique jusqu'ici trop souvent voire exclusivement domin&#233;e par des mod&#232;les litt&#233;raires ou oppos&#233;s aux mod&#232;les des sciences sociales ou des sciences en g&#233;n&#233;ral &#187;. Le mod&#232;le lettr&#233; de l'enseignement philosophique venant couronner les humanit&#233;s classiques &#233;tait mis en cause pour les besoins de la d&#233;finition des formes d'une nouvelle culture scolaire pens&#233;e pour un lyc&#233;e d&#233;mocratique. Une fois de plus, les autorit&#233;s professionnelles, suivies par l'APPEP majoritaire, refus&#232;rent cette opportunit&#233; de d&#233;mocratisation de l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antagonismes entre professeurs de philosophie furent raviv&#233;s et s'install&#232;rent pendant la quinzaine d'ann&#233;es qui suivit ce rapport. Les propositions du rapport Bouveresse-Derrida avaient &#233;t&#233; enterr&#233;es, du fait que l'inspection g&#233;n&#233;rale y &#233;tait farouchement hostile, mais son opposition aux r&#233;formes p&#233;dagogiques de l'enseignement philosophique eut encore souvent l'occasion de s'exercer, notamment &#224; l'encontre de la r&#233;novation du programme de philosophie, qui fut l'affaire de plusieurs minist&#232;res et de plusieurs Groupes de travail successifs, entre 1991 et 2003 (m&#234;me si l'on doit mentionner l'existence de divisions au sein m&#234;me de l'inspection).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La &#171; querelle des programmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; querelle des programmes &#187; dura de mani&#232;re plus ou moins continue pendant quinze ans, et aboutit, en 2003, &#224; l'adoption d'un programme consid&#233;r&#233; comme acceptable par l'inspection g&#233;n&#233;rale et par l'APPEP, qui maintenait la philosophie g&#233;n&#233;rale de l'enseignement de philosophie et laissait au programme son caract&#232;re largement ind&#233;termin&#233;, sauvant donc la &#171; libert&#233; p&#233;dagogique &#187; des professeurs &#8211; et maintenant le statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La querelle prit une allure violente &#224; chaque fois que les pr&#233;sidents des groupes charg&#233;s de proposer de nouveaux programmes &#8211; d'abord appel&#233;s Groupes Techniques Disciplinaires puis Groupes d'Experts - ont fait des propositions de d&#233;termination plus grande du programme et de la formulation des sujets d'examen. Ce fut le cas de deux d'entre eux : Jean-Marie Beyssade, en 1992, et Alain Renaut, entre 2000 et 2002. Le premier fit part publiquement de &#171; l'urgence de la crise &#187; de l'enseignement de la philosophie dans les sections technologiques &#8211; diagnostic aussit&#244;t d&#233;menti par l'inspection g&#233;n&#233;rale d'alors. Il appelait non &#224; de simples am&#233;nagements, mais &#224; une refonte en profondeur de l'enseignement de la philosophie dans ces sections. On aura compris que le projet fut enterr&#233;. Quant au programme con&#231;u par le groupe dirig&#233; par Alain Renaut, et qui fut publi&#233; au &lt;i&gt;Journal officiel&lt;/i&gt; le 22 ao&#251;t 2000, avant d'&#234;tre remplac&#233; par un autre, en 2003 (le programme dit &#171; Fichant &#187;, jug&#233; plus orthodoxe), il contenait, outre les propositions de d&#233;termination d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es, les &#171; axes de reformulation &#187; suivants : &#171; inscrire dans les programmes un certain nombre de questions &#224; ancrage contemporain &#187;, et &#171; m&#233;nager les conditions d'un apprentissage de l'argumentation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition &#224; ces innovations fut violente. Les questions &#224; ancrage contemporain relevaient, par une rh&#233;torique d&#233;j&#224; ancienne, du &#171; journalisme &#187; ou de la &#171; mode &#187; ; quant au second point, l'objection toucha l'affirmation fondamentale que l'on pouvait lire dans les motifs pr&#233;alables du programme : &#171; Dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, dont la dynamique ne cesse de se d&#233;velopper sous nos yeux secteur par secteur, il faut de plus en plus savoir argumenter, c'est-&#224;-dire exposer ses id&#233;es &#224; la discussion et discuter les id&#233;es des autres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom du r&#233;publicanisme, c'est un fait social - la d&#233;mocratisation sociale de l'enseignement de philosophie et le changement quantitatif et qualitatif du public lyc&#233;en - qui a &#233;t&#233; ni&#233;. Mais ce qui a &#233;t&#233; &#233;galement r&#233;cus&#233;, et qui ne fait pas consensus dans la profession, c'est la mani&#232;re dont la philosophie peut intervenir, conjointement aux autres disciplines, au titre de la formation du citoyen d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique : ni les moyens ni m&#234;me la finalit&#233; ne sont accept&#233;s par tous. La question est en effet probl&#233;matique et ne doit pas &#234;tre tranch&#233;e dogmatiquement. Mais elle m&#233;rite en tout cas d'&#234;tre pos&#233;e. En tout &#233;tat de cause, une simple position de refus et de repli sur la protection de la discipline savante domin&#233;e par les mod&#232;les litt&#233;raires n'est certainement pas une r&#233;ponse &#224; la mesure de l'enjeu, si elle doit reconduire une forme de culture philosophique qui correspondait &#224; un projet politique o&#249; il n'&#233;tait pas question que tous acc&#232;dent &#224; l'enseignement du lyc&#233;e, et donc &#224; l'enseignement philosophique, comme cela a &#233;t&#233; le cas depuis son institution jusqu'en 1940.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Retenons donc que les professeurs de philosophie, &#224; travers leurs structures de repr&#233;sentation professionnelle, se sont toujours majoritairement oppos&#233;s &#224; ce que leurs pratiques d'enseignement connaissent une rationalisation p&#233;dagogique, au nom du droit de dire, quasiment au titre d'intellectuels organiques de l'&#233;cole r&#233;publicaine, les finalit&#233;s de l'&#233;ducation, et d'en d&#233;duire les caract&#233;ristiques p&#233;dagogiques de leur enseignement. Ils ont de la sorte activement emp&#234;ch&#233; que s'applique &#224; leur discipline l'ensemble des d&#233;terminations ordinaires des disciplines scolaires. Bref, l'anormalit&#233; scolaire est tenue pour l'&#233;tat normal de l'enseignement philosophique. Le maintien du caract&#232;re individualiste et lib&#233;ral de l'enseignement de philosophie a donc &#233;t&#233; l'objet d'une lutte sans r&#233;pit de la profession, qui a construit une doctrine de l'enseignement philosophique o&#249; &#233;tait th&#233;oris&#233; et justifi&#233; son statut d'exception. A partir de ce moment, le d&#233;saccord avec la voie p&#233;dagogique de la d&#233;mocratisation adopt&#233;e &#224; partir de 1981 a &#233;t&#233; th&#233;oris&#233; dans un front du refus r&#233;publicain, qui a pris comme mod&#232;le l'&#201;cole de la IIIe R&#233;publique, organis&#233;e pour la promotion des meilleurs et non la d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Serge Bernstein, Odile Rudelle (dir.), Le mod&#232;le r&#233;publicain, PUF, 1992.&#034; id=&#034;nh9-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter qu'au d&#233;but de chacune des trois p&#233;riodes &#233;tudi&#233;es, les conditions historiques et politiques &#233;taient favorables &#224; une d&#233;mocratisation de l'enseignement philosophique ; par trois fois, les atermoiements politiques, les clivages syndicaux, les strat&#233;gies professionnelles ob&#233;issant &#224; des consid&#233;rations corporatives, le poids des repr&#233;sentations collectives et l'autorit&#233; des &#233;lites professionnelles sur le groupe ont fait &#233;chouer la d&#233;mocratisation de l'enseignement philosophique. Le r&#233;sultat est le suivant : la d&#233;mocratisation a &#233;t&#233; subie par des professeurs de philosophie largement sur la d&#233;fensive depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1950, ce qui a abouti &#224; une situation compl&#232;tement nou&#233;e : des professeurs frustr&#233;s par une d&#233;mocratisation per&#231;ue comme responsable d'un affaiblissement des exigences et du niveau des &#233;l&#232;ves, et donc, d'une d&#233;valorisation de leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d&#233;j&#224; certains professeurs de philosophie en ressentaient le besoin il y a maintenant plus de cinquante ans, il est selon nous grand temps de renoncer &#224; ce qu'il y a de mythologique dans la construction de l'identit&#233; professionnelle du professeur de philosophie, et de trouver le chemin d'une r&#233;gulation collective d'un m&#233;tier qui r&#233;ponde enfin aux normes du principe de justice des d&#233;mocraties actuelles, non &#224; celles de l'&#233;litisme r&#233;publicain m&#233;ritocratique, lequel &#233;tait parfaitement adapt&#233; &#224; l'&#233;cologie politico-scolaire de la IIIe R&#233;publique, morte il y a soixante-quinze ans. Mais comme on l'aura compris, ce point de vue est loin d'&#234;tre partag&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Exclusivement masculin au d&#233;part, l'enseignement de philosophie s'est lentement ouvert aux femmes, qui repr&#233;sentaient environ 40% des professeurs du secondaire public entre 1980 et 2000 &#8211; pour un taux moyen d'environ 63% de f&#233;minisation toutes disciplines confondues en 2000. Il reste l'une des disciplines la moins f&#233;minis&#233;e des disciplines de l'enseignement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir son article dans la &lt;i&gt;Revue de l'enseignement philosophique&lt;/i&gt;, d&#233;c. 1954-janvier 1955.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Revue de l'enseignement philosophique&lt;/i&gt;, avril-mai 1959, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Revue de l'enseignement philosophique&lt;/i&gt;, avril-mai 1958, p.15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francis Godet, &#171; Philosophie des professeurs ou enseignement du philosopher &#187;, &lt;i&gt;Revue de l'enseignement philosophique&lt;/i&gt;, Juin-juillet 1982, pp. 56-57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Serge Bernstein, Odile Rudelle (dir.), &lt;i&gt;Le mod&#232;le r&#233;publicain&lt;/i&gt;, PUF, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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