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	<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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	<description>Le GRDS (Groupe de recherche sur la d&#233;mocratisation scolaire) est une association loi 1901 regroupant des chercheuses et chercheurs professionnels, des enseignantes et des enseignants. Ind&#233;pendant de toute institution et de toute organisation politique et syndicale, le GRDS vise &#224; contribuer par ses travaux, textes, publications et interventions &#224; l'objectif de la d&#233;mocratisation scolaire. Consid&#233;rant l'&#233;cole comme un grand enjeu politique, il entend s'emparer des questions touchant &#224; sa transformation d&#233;mocratique avec toute l'audace intellectuelle et la libert&#233; d'esprit requises.
Contact : gr-ds@orange.fr.
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	<language>fr</language>
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		<title>D&#233;mocratisation scolaire</title>
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		<title>Comment enseigner la lecture : de l'enqu&#234;te &#224; l'exp&#233;rimentation</title>
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		<dc:date>2026-09-30T17:23:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Deauvieau et Paul Gioia</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;[Les manuels de lecture pour le CP qui proposent un apprentissage syllabique strict, sans aucun mot-outil et sans aucun mot &#224; deviner, sont les moins utilis&#233;s en France (5% des enseignants). Ce sont pourtant, comme le montre l'enqu&#234;te Formalect portant sur 9 000 classes, les plus efficaces en mati&#232;re de fluence comme de compr&#233;hension : leur sup&#233;riorit&#233; &#233;tant plus manifeste encore dans les quartiers populaires et avec les &#233;l&#232;ves fragiles. Choisi parmi les rares manuels pratiquant la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Apprentissage lecture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/capture_d_e_cran_2026-09-30_a_19.20_24-92ab2.png?1790788993' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[&lt;i&gt;Les manuels de lecture pour le CP qui proposent un apprentissage syllabique strict, sans aucun mot-outil et sans aucun mot &#224; deviner, sont les moins utilis&#233;s en France (5% des enseignants). Ce sont pourtant, comme le montre l'enqu&#234;te Formalect portant sur 9 000 classes, les plus efficaces en mati&#232;re de fluence comme de compr&#233;hension : leur sup&#233;riorit&#233; &#233;tant plus manifeste encore dans les quartiers populaires et avec les &#233;l&#232;ves fragiles. Choisi parmi les rares manuels pratiquant la syllabique stricte pour la rigueur de sa d&#233;marche et la richesse de son vocabulaire et de ses textes, le manuel &#034;Je lis, j'&#233;cris. Un apprentissage culturel de la lecture&#034;, publi&#233; par &lt;i&gt;Les Lettres bleues &#233;diteur&lt;/i&gt;, est maintenant l'objet d'une exp&#233;rimentation qui compare les apprentissages conduits dans 25 classes utilisant ce manuel et dans 25 autres classes qui se sont port&#233;es volontaires. Les premiers r&#233;sultats sont sans appel : d&#232;s janvier, la proportion d'&#233;l&#232;ves &#171; fragiles &#187; est r&#233;duite de moiti&#233; l&#224; o&#249; on utilise &#034;Je lis, j'&#233;cris&#034;. Responsables de ces recherches, J&#233;r&#244;me Deauvieau et Paul Gioia &#233;voquent, dans l'article qui suit, initialement paru dans la revue &#034;The Conversation-France&#034;, les enseignements de leurs investigations. La revue internationale &lt;i&gt;Learning and Instruction&lt;/i&gt; pr&#233;sentera leurs travaux dans une prochaine parution.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'essentiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226;	&lt;/strong&gt;	Apprendre les correspondances entre les lettres et les sons, c'est le meilleur point de d&#233;part vers la lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#8226;	&lt;/strong&gt;	Si la recherche valide cette m&#233;thode phonique, comment la mettre en &#339;uvre efficacement dans les classes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#8226;	&lt;/strong&gt;	Alors que le niveau des &#233;l&#232;ves se d&#233;grade, des &#233;tudes ouvrent des pistes pour am&#233;liorer l'enseignement de la lecture&lt;br class='autobr' /&gt; -------------------------------------------------------------------------------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur les m&#233;thodes d'enseignement de la lecture est vif depuis plus d'un demi-si&#232;cle. Il a &#233;t&#233; nourri par une accumulation sans pr&#233;c&#233;dent de donn&#233;es et d'analyses, qui ont donn&#233; naissance &#224; un champ de recherche sp&#233;cifique : la science de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces recherches ont produit des r&#233;sultats tr&#232;s solides, sans pour autant avoir conduit &#224; une am&#233;lioration sensible de l'efficacit&#233; de l'enseignement dans de nombreux pays&#8230; dont la France. &#192; l'entr&#233;e au CE1, plus d'un &#233;l&#232;ve sur deux n'atteint pas le niveau de lecture attendu, et plus d'un sur cinq rencontre d&#233;j&#224; des difficult&#233;s importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on dire aujourd'hui des diff&#233;rences d'efficacit&#233; entre les m&#233;thodes d'enseignement de la lecture ? Et peut-on d&#233;gager des voies susceptibles d'am&#233;liorer la situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tudes r&#233;centes, appuy&#233;es sur les donn&#233;es des &#233;valuations nationales exhaustives conduites par la direction de l'&#233;valuation, de la prospective et de la performance (DEPP) du minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale, permettent d'apporter des r&#233;ponses pr&#233;cises &#224; ces deux questions, alors que les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te internationale PISA rappellent les difficult&#233;s persistantes des jeunes Fran&#231;ais en lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;thodes d'enseignement : ce que l'on sait de leur efficacit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat scientifique sur les m&#233;thodes d'enseignement de la lecture &#233;merge dans plusieurs pays &#224; partir des ann&#233;es 1960. La question pos&#233;e est alors la suivante : faut-il faire entrer les &#233;l&#232;ves dans la lecture par l'enseignement des correspondances entre les lettres et les sons, selon une approche dite &#171; phonique &#187;, ou commencer par faire m&#233;moriser et reconna&#238;tre visuellement des mots entiers, selon une approche d&#233;sign&#233;e en France sous le nom de &#171; m&#233;thode globale &#187; ou &#171; id&#233;ovisuelle &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats des recherches conduites depuis un demi-si&#232;cle sont sans &#233;quivoque : les m&#233;thodes phoniques sont plus efficaces que les m&#233;thodes &#224; d&#233;part global. Ce constat constitue aujourd'hui l'un des r&#233;sultats les plus solidement &#233;tablis par la science de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour apprendre &#224; lire dans un syst&#232;me alphab&#233;tique, les &#233;l&#232;ves doivent b&#233;n&#233;ficier d'un enseignement syst&#233;matique du code qui relie les graph&#232;mes, lettres ou groupes de lettres, aux phon&#232;mes, les plus petites unit&#233;s sonores de la langue. L'automatisation progressive du d&#233;codage leur permet ensuite d'identifier seuls des mots nouveaux, de reconna&#238;tre de plus en plus rapidement les mots &#233;crits et d'acc&#233;der &#224; la compr&#233;hension des textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question porte d&#233;sormais sur la mani&#232;re de mettre en &#339;uvre cette approche phonique. Faut-il, pendant les premiers mois d'apprentissage, s'en tenir strictement &#224; l'apprentissage du d&#233;codage et ne proposer aux &#233;l&#232;ves que des textes enti&#232;rement d&#233;codables construits &#224; partir des correspondances entre lettres et sons d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233;es ? Ou peut-on y associer d'embl&#233;e la m&#233;morisation visuelle de mots non d&#233;codables et l'identification de mots &#224; partir du contexte ou des illustrations ? La premi&#232;re approche sera qualifi&#233;e de &#171; phonique stricte &#187;, la seconde de &#171; phonique mixte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette distinction est particuli&#232;rement importante dans le cas fran&#231;ais. La m&#233;thode globale au sens strict a pratiquement disparu des classes depuis longtemps, mais les approches mixtes restent tr&#232;s pr&#233;sentes. Elles ont profond&#233;ment marqu&#233; la formation des enseignants et continuent d'occuper une place centrale dans la culture professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; une p&#233;riode r&#233;cente, nous ne disposions toutefois que de peu de donn&#233;es permettant de mesurer rigoureusement leur diffusion et de comparer leurs effets &#224; ceux d'un enseignement phonique strict. Une vaste enqu&#234;te statistique, r&#233;alis&#233;e en 2021, permet d&#233;sormais d'apporter des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse solides &#224; ces deux questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;codage et m&#233;morisation visuelle : sur le terrain, la pr&#233;dominance des approches mixtes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te Formalect repose sur un dispositif in&#233;dit par son ampleur. Ses principaux r&#233;sultats ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s dans une note du Conseil scientifique de l'&#233;ducation nationale et sont &#224; para&#238;tre prochainement dans la revue internationale &lt;i&gt;Learning and Instruction&lt;/i&gt;. Au total, 9 340 enseignants de CP, soit pr&#232;s d'un enseignant sur cinq en France, ont r&#233;pondu &#224; un questionnaire d&#233;taill&#233; sur leurs pratiques d'enseignement de la lecture durant les premiers mois de l'ann&#233;e. Leurs r&#233;ponses ont &#233;t&#233; appari&#233;es, de fa&#231;on enti&#232;rement anonymis&#233;e, aux r&#233;sultats obtenus aux &#233;valuations nationales par leurs 139 288 &#233;l&#232;ves. La production r&#233;guli&#232;re de donn&#233;es exhaustives sur les acquis des &#233;l&#232;ves rend ainsi possible en France l'&#233;tude &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle des effets des pratiques d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te permet d'abord de mesurer la diffusion des diff&#233;rentes m&#233;thodes. Les manuels phoniques stricts ne sont utilis&#233;s que dans 5 % des classes &#233;quip&#233;es d'un manuel. Dans les 95 % restants, les manuels associent, &#224; des degr&#233;s divers, l'apprentissage du d&#233;codage &#224; la m&#233;morisation visuelle de mots non d&#233;codables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques d&#233;clar&#233;es par les enseignants confirment la pr&#233;dominance de cette approche mixte : l'enseignement des correspondances entre lettres et sons est tr&#232;s largement pr&#233;sent, mais plus de neuf enseignants sur dix d&#233;clarent parall&#232;lement faire m&#233;moriser globalement des mots entiers d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e ou faire lire des textes qui ne sont pas enti&#232;rement d&#233;codables. L'approche mixte reste donc tr&#232;s largement dominante dans les classes au d&#233;but des ann&#233;es 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te permet &#233;galement de comparer l'efficacit&#233; de ces m&#233;thodes. &#192; niveau initial des &#233;l&#232;ves, recrutement social des &#233;coles et exp&#233;rience des enseignants comparables, les &#233;l&#232;ves b&#233;n&#233;ficiant d'un enseignement phonique strict obtiennent de meilleurs r&#233;sultats que ceux qui apprennent avec les diff&#233;rentes variantes de la m&#233;thode mixte. Cet avantage concerne aussi bien la vitesse de lecture des mots (la &#171; fluence &#187;) que la compr&#233;hension des textes &#233;crits. Il appara&#238;t d&#232;s janvier de l'ann&#233;e de CP et demeure visible au d&#233;but de l'ann&#233;e de CE1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart entre les m&#233;thodes n'est cependant pas identique pour tous les &#233;l&#232;ves. Il est plus important pour les &#233;l&#232;ves dont les comp&#233;tences sont les plus faibles &#224; l'entr&#233;e au CP et pour ceux qui sont scolaris&#233;s dans des &#233;coles au recrutement social populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#233;l&#232;ves qui cumulent ces deux caract&#233;ristiques, les mod&#232;les estiment une vitesse moyenne de lecture de 12 mots par minute en janvier de l'ann&#233;e de CP avec une m&#233;thode mixte, contre 18 avec une m&#233;thode phonique stricte, alors que la DEPP fixe &#224; 14 mots par minute le seuil en dessous duquel les &#233;l&#232;ves sont consid&#233;r&#233;s comme fragiles &#224; cette p&#233;riode de l'ann&#233;e. Les &#233;l&#232;ves les plus fragiles en d&#233;but d'ann&#233;e sont donc aussi ceux dont les apprentissages d&#233;pendent le plus &#233;troitement de la m&#233;thode mise en &#339;uvre en classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transformer les pratiques d'enseignement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats livrent une autre indication essentielle : les pratiques ne varient pas seulement d'une classe &#224; l'autre, elles pr&#233;sentent aussi de fortes variations territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de l'enqu&#234;te Formalect, l'usage d'une m&#233;thode phonique stricte, tr&#232;s minoritaire en moyenne, est fortement concentr&#233; dans certaines circonscriptions scolaires. Dans 304 des 369 circonscriptions &#233;tudi&#233;es, aucun enseignant ne d&#233;clare utiliser une telle m&#233;thode. Sa diffusion reste inf&#233;rieure &#224; 10 % dans 47 autres circonscriptions et ne d&#233;passe ce seuil que dans 18 d'entre elles. De tels &#233;carts sugg&#232;rent que l'encadrement p&#233;dagogique de proximit&#233; joue un r&#244;le d&#233;cisif dans la diffusion des m&#233;thodes d'enseignement de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hypoth&#232;se est actuellement mise &#224; l'&#233;preuve dans le cadre d'une exp&#233;rimentation conduite dans l'acad&#233;mie d'Aix-Marseille et pilot&#233;e par AMPIRIC, p&#244;le pilote France 2030. Celle-ci vise &#224; d&#233;terminer si un dispositif associant un accompagnement p&#233;dagogique de proximit&#233; et l'usage d'un manuel phonique strict peut modifier les pratiques des enseignants et am&#233;liorer les r&#233;sultats de leurs &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux conseillers p&#233;dagogiques de circonscription (CPC), exp&#233;riment&#233;s dans l'accompagnement de l'enseignement de la lecture, ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s. Ils travaillent depuis plusieurs ann&#233;es avec le m&#234;me manuel phonique strict et son guide p&#233;dagogique. Parmi les 47 enseignants volontaires, la moiti&#233; a &#233;t&#233; affect&#233;e par tirage au sort au groupe trait&#233;. Pendant l'ann&#233;e 2025-2026, ces enseignants ont &#233;t&#233; accompagn&#233;s par les deux CPC et l'&#233;quipe de recherche, dans le seul cadre des 18 heures annuelles de formation obligatoire. L'autre moiti&#233; constitue le groupe t&#233;moin et b&#233;n&#233;ficiera du m&#234;me accompagnement en 2026-2027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants accompagn&#233;s ont effectivement modifi&#233; leurs pratiques en adoptant une m&#233;thode phonique stricte. Les effets mesur&#233;s sur les r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves sont importants. Quatre mois apr&#232;s la rentr&#233;e, la proportion d'&#233;l&#232;ves consid&#233;r&#233;s comme fragiles aux &#233;valuations nationales de janvier est presque divis&#233;e par deux dans le groupe trait&#233; (25 %, contre 45 % dans le groupe t&#233;moin). En fin d'ann&#233;e, l'&#233;l&#232;ve m&#233;dian lit 34 mots par minute dans le groupe trait&#233;, contre 25 dans le groupe t&#233;moin. Surtout, le bas de la distribution des r&#233;sultats est nettement relev&#233; : trois &#233;l&#232;ves sur quatre lisent au moins 19 mots par minute dans le groupe trait&#233;, contre seulement 12 mots par minute dans le groupe t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces premiers r&#233;sultats indiquent qu'un accompagnement assur&#233; par des conseillers p&#233;dagogiques ma&#238;trisant les enjeux de l'enseignement de la lecture, associ&#233; &#224; un manuel de qualit&#233;, peut transformer sensiblement les pratiques et am&#233;liorer les apprentissages, tout particuli&#232;rement pour les &#233;l&#232;ves les plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux programmes insistent d&#233;sormais sur la mise en &#339;uvre d'une approche phonique plus stricte pendant les premiers mois d'apprentissage. Cette orientation constitue une premi&#232;re &#233;tape, mais elle ne suffira pas &#224; elle seule. Le passage &#224; grande &#233;chelle suppose &#233;galement d'agir sur la qualit&#233; des manuels et sur la formation de l'encadrement p&#233;dagogique de proximit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les ateliers de la domination scolaire</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article381</link>
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		<dc:date>2026-09-30T09:59:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe du GRDS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le GRDS organise le Jeudi 8 octobre, &#224; 20H, une rencontre en visio avec St&#233;phane Vaquero, qui pr&#233;sentera et mettra en discussion les analyses de son livre Les ateliers de la domination scolaire (La Dispute, coll. L'enjeu scolaire). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet ouvrage, St&#233;phane Vaquero interroge les effets des dispositifs par ateliers interdisciplinaires qui se d&#233;veloppent depuis une vingtaine d'ann&#233;es au coll&#232;ge et au lyc&#233;e, &#224; l'image des Travaux personnels encadr&#233;s (TPE). Le recours aux th&#233;matiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Vie du GRDS&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L93xH150/capture_d_e_cran_2026-09-30_a_10_54-2.07-16b14.png?1790762599' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le GRDS organise &lt;strong&gt;le Jeudi 8 octobre, &#224; 20H, une rencontre en visio&lt;/strong&gt; avec St&#233;phane Vaquero, qui pr&#233;sentera et mettra en discussion les analyses de son livre &lt;i&gt;Les ateliers de la domination scolaire&lt;/i&gt; (La Dispute, coll. L'enjeu scolaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage, St&#233;phane Vaquero interroge les effets des dispositifs par ateliers interdisciplinaires qui se d&#233;veloppent depuis une vingtaine d'ann&#233;es au coll&#232;ge et au lyc&#233;e, &#224; l'image des Travaux personnels encadr&#233;s (TPE). Le recours aux th&#233;matiques concr&#232;tes et quotidiennes permet-il de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s scolaires et sociales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il montre que les &#233;l&#232;ves et enseignants y forgent un type sp&#233;cifique de discours sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
monde quotidien, sur les r&#233;f&#233;rences populaires et juv&#233;niles. Il d&#233;montre comment la mise en forme scolaire de l'&#233;clectisme culturel ou de la parole critique peut, paradoxalement, nourrir les formes contemporaines de domination scolaire, culturelle et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visio est ouverte &#224; tous. Le lien pour y participer : &lt;strong&gt;ouvaton.link/qXLJMN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact GRDS : democratisationscolaire@gmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Japon : l'&#233;galitarisme scolaire, de l'esprit &#224; la lettre&#8230; et &#224; sa remise en cause</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article380</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article380</guid>
		<dc:date>2026-07-08T11:00:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;l Glaser</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La chose semble aujourd'hui acquise dans les pays d&#233;velopp&#233;s : depuis quelques d&#233;cennies, c'est toute une classe d'&#226;ge qui acc&#232;de aux premiers niveaux d'une scolarit&#233; dont le terme peut mener chacun &#224; des &#233;tudes longues. Pour autant, comment convient-il de traiter l'ensemble de ces &#233;l&#232;ves une fois franchies les portes de l'institution scolaire ? Et quels raisonnements philosophiques, politiques, scientifiques&#8230; peuvent-ils &#234;tre invoqu&#233;s &#224; l'appui de ce choix ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Se pose d'une part la question (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;Histoire de l'&#233;cole&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/arton380-b437a.png?1790688752' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chose semble aujourd'hui acquise dans les pays d&#233;velopp&#233;s : depuis quelques d&#233;cennies, c'est toute une classe d'&#226;ge qui acc&#232;de aux premiers niveaux d'une scolarit&#233; dont le terme peut mener chacun &#224; des &#233;tudes longues. Pour autant, comment convient-il de traiter l'ensemble de ces &#233;l&#232;ves une fois franchies les portes de l'institution scolaire ? Et quels raisonnements philosophiques, politiques, scientifiques&#8230; peuvent-ils &#234;tre invoqu&#233;s &#224; l'appui de ce choix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose d'une part la question des ant&#233;c&#233;dents et de l'environnement familial des &#233;l&#232;ves : sont-ils tous aptes et dispos&#233;s &#224; recevoir un enseignement intellectuellement exigeant ? L'&#233;cole japonaise semble r&#233;pondre par l'affirmative. Ce faisant, elle parvient effectivement &#224; amener toute une classe d'&#226;ge &#224; une excellente ma&#238;trise des savoirs fondamentaux, comme l'attestent inlassablement les &#233;valuations internationales. Mais cette forte conviction en &#171; l'&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents &#187; a &#233;t&#233; conquise historiquement au prix du d&#233;sint&#233;r&#234;t pour les enfants &#171; non aptes &#187; : hier, enfants handicap&#233;s victimes de l'eug&#233;nisme et de la rel&#233;gation dans l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e ; aujourd'hui, enfants d'immigr&#233;s, ou m&#234;me simplement de retour de l'&#233;tranger, &#224; qui tout dispositif de scolarisation sp&#233;cifique est refus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me question : celle de la p&#233;dagogie qu'on destinera &#224; l'ensemble d'une classe d'&#226;ge. Mais cette question ne doit-elle pas &#234;tre rapproch&#233;e de la premi&#232;re ? Face au constat que l'&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents est relative, limit&#233;e, le camp progressiste peut cependant d&#233;fendre une &#171; &#233;galit&#233; de traitement &#187; qui expose toute une classe d'&#226;ge &#224; une p&#233;dagogie uniforme, voire fortement uniformis&#233;e (manuels prescrits, le&#231;ons script&#233;es). Christian Galan plaide quant &#224; lui pour l'option inverse : convaincu qu'&#171; une p&#233;dagogie &#233;galitaire dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peut qu'avoir des effets in&#233;galitaires &#187;, il d&#233;fend la prise en compte de la diversit&#233; individuelle, en &#233;cho aux recommandations de diff&#233;renciation p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une chose est d'ouvrir &#224; tous la possibilit&#233; de conduire des &#233;tudes longues ; mais cette possibilit&#233; doit-elle devenir pour tous une r&#233;alit&#233; ? Que doit-il advenir, autrement dit, de la comp&#233;tition scolaire et sur le march&#233; du travail ? La soci&#233;t&#233; japonaise a fait le choix de la laisser intacte, et consid&#232;re de sa responsabilit&#233; d'y pr&#233;parer vigoureusement ses &#233;l&#232;ves par une id&#233;ologie &#171; moyenniste &#187;. Il s'agit de rappeler &#224; chacun qu'il doit se conformer, mais aussi se confronter &#224; ses voisins : le bachotage et la notation relative des performances sont la r&#232;gle ; des r&#232;glements scolaires tatillons vont jusqu'&#224; fixer la longueur des v&#234;tements et la coupe des cheveux. &#171; Capabiliste &#187;, son &#233;cole ne conduit ses &#233;l&#232;ves qu'&#224; un &#8211; certes tr&#232;s bon &#8211; niveau &#171; moyen &#187;, &#171; normal &#187;. La comp&#233;tition scolaire est externalis&#233;e dans les&lt;i&gt; juku&lt;/i&gt;, ces entreprises priv&#233;es disposant de toute latitude dans leurs programmes et le recrutement de leurs enseignants. Quant &#224; l'&#233;ducation obligatoire elle-m&#234;me, elle reste &#224; ce jour limit&#233;e &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire et au coll&#232;ge ; en dehors de ces deux niveaux, le secteur &#233;ducatif priv&#233; est largement d&#233;velopp&#233; &#8211; et co&#251;teux. La d&#233;fense de l'efficacit&#233; p&#233;dagogique pr&#233;sente-t-elle alors encore un int&#233;r&#234;t, puisque les plus faibles seront de toute fa&#231;on expos&#233;s &#224; la concurrence, &#224; des &#233;tudes on&#233;reuses, et au rendement d&#233;croissant de leurs dipl&#244;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nourri par l'apport des enqu&#234;tes les plus r&#233;centes, l'ouvrage de Christian Galan donne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur l'ensemble de ces points. S'il se fait le d&#233;fenseur d'options p&#233;dagogiques &#171; diff&#233;renciatrices &#187; avec lesquelles nous aurons l'occasion d'exprimer nos divergences, il livre aussi la d&#233;monstration du co&#251;t gigantesque du secteur priv&#233;, ce qui ne peut qu'inciter &#224; l'unification des parcours scolaires autour d'un enseignement public long. Trouver des mots d'ordres communs aux partisans de la d&#233;mocratisation s'av&#232;re d'autant plus pressant qu'au Japon comme ailleurs, le camp conservateur appara&#238;t tiraill&#233; entre un p&#244;le &#171; moyenniste &#187; et un p&#244;le n&#233;olib&#233;ral. Si ces deux p&#244;les se plient au principe de la mise en concurrence scolaire, les n&#233;olib&#233;raux peuvent parfaitement s'accommoder des mots d'ordre de prise en compte de l'individu et de diff&#233;renciation p&#233;dagogique chers aux progressistes. De son c&#244;t&#233;, le p&#244;le moyenniste, en normant les comportements, mais aussi la p&#233;dagogie, se pr&#233;sente volontiers comme le garant du rendement du syst&#232;me &#233;ducatif, en m&#234;me temps que&#8230; l'alli&#233; des &#233;l&#232;ves des milieux populaires : ne d&#233;fend-il pas une p&#233;dagogie efficace, seule &#224; m&#234;me de leur donner une chance dans la lutte des places ? Une r&#233;ponse progressiste n'abandonnant rien de son ambition de d&#233;mocratisation scolaire est donc &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les ouvrages des ann&#233;es 1980 s'en tenaient au constat &#8211; par ailleurs discutable &#8211; de l'&#233;galit&#233; sociale permise par le syst&#232;me &#233;ducatif japonais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est particuli&#232;rement William K. Cummings, Educational equality in Japan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Christian Galan a pour ambition de mettre au jour les raisons de la croyance des familles japonaises en l'&#233;galit&#233; du syst&#232;me, en refusant pour cela toute explication culturaliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur est professeur des universit&#233;s en langue et civilisation japonaises (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il revendique ce faisant un point de vue ext&#233;rieur, rarement, voire jamais adopt&#233; dans les publications des chercheurs japonais. La premi&#232;re partie de l'ouvrage (chapitres 1 &#224; 4) analyse donc la mise en place de l'&#171; &#233;galitarisme &#187; scolaire &#8211; notion que nous allons bient&#244;t pr&#233;ciser &#8211; au mitan des ann&#233;es 1950, dans les esprits comme dans les pratiques p&#233;dagogiques. Mais la croyance des familles japonaises en l'&#233;galit&#233; s'est brusquement effondr&#233;e au tournant des ann&#233;es 1990-2000, au point que les jeunes Japonais d&#233;noncent aujourd'hui fr&#233;quemment la &#171; loterie parentale &#187; responsable de leur devenir scolaire. La deuxi&#232;me partie de l'ouvrage (chapitres 5 &#224; 7) se centre donc sur les &#233;volutions des derni&#232;res d&#233;cennies, et sur la visibilisation accrue des processus in&#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener cette d&#233;monstration ambitieuse, l'ouvrage s'appuie une riche documentation. L'auteur exploite notamment les statistiques du minist&#232;re de l'&#201;ducation japonais, caract&#233;ris&#233;es tant par la vari&#233;t&#233; de leurs objets que par leur niveau de d&#233;tail. Des tableaux statistiques sont reproduits, ainsi que quelques cartes. C. Galan s'appuie aussi sur divers rapports de recherche ou d'expertise. Enfin, il n'h&#233;site pas &#224; citer longuement des textes de loi, et parfois aussi d'autres chercheurs en &#233;ducation, essentiellement japonais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'ouvrage, les titres japonais sont transcrits en r&#244;maji (en alphabet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur pr&#233;vient que l'ouvrage &#171; n'a sans doute ni commencement ni fin &#187;, parce qu'il repose sur &#171; diff&#233;rents travaux &#233;bauch&#233;s ou termin&#233;s (croyions-nous) et publi&#233;s durant ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, [&#8230;] parfois modifi&#233;s apr&#232;s avoir &#233;t&#233; achev&#233;s ou repris [&#8230;], tant&#244;t verbatim tant&#244;t r&#233;&#233;crits en tout ou partie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les textes suivants constituent une premi&#232;re version de certains chapitres : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; (p. 45). Pour autant, soulignons d'embl&#233;e que les renvois entre chapitres sont nombreux, &#233;vitant les redites et facilitant le travail du lecteur qui souhaiterait se rem&#233;morer un &#233;l&#233;ment d&#233;j&#224; mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les piliers de l'&#233;galitarisme scolaire &#224; la japonaise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier chapitre aborde le r&#244;le des politiques et pens&#233;e eug&#233;nistes dans l'&#233;ducation de l'apr&#232;s-guerre. Avant m&#234;me l'adoption de la &#034;Loi de protection eug&#233;nique&#034; (&lt;i&gt;Y&#251;sei hogo h&#244;&lt;/i&gt;) de 1948, l'eug&#233;nisme est au programme des lyc&#233;es et des universit&#233;s, et le restera jusqu'aux directives de 1968-1970, appliqu&#233;es jusqu'en 1978. Les manuels de la mati&#232;re &#171; Sant&#233; et &#233;ducation physique &#187; comportent tous des contenus pro-eug&#233;niques. C'est avant tout le bien-&#234;tre social &#8211; plut&#244;t que, comme avant-guerre, la puret&#233; ethnique &#8211; qui est invoqu&#233; pour justifier les st&#233;rilisations forc&#233;es de personnes handicap&#233;es, y compris lorsqu'elles sont atteintes de maladies non g&#233;n&#233;tiques. Sous l'influence du courant &#233;tasunien des &lt;i&gt;reform eugenics&lt;/i&gt;, l'environnement devient &#224; cette &#233;poque une raison suffisante de pratiquer l'eug&#233;nisme. On veut permettre &#224; l'individu de se d&#233;velopper ; mais on assimile ce dernier &#224; ses &#171; capacit&#233;s &#187; (&lt;i&gt;n&#244;ryoku&lt;/i&gt;). &#171; L'enfant handicap&#233; n'ayant rien &#224; apporter aux autres, il ne peut donc se r&#233;aliser pleinement et, de fait, acc&#233;der lui-m&#234;me au bonheur &#187; (p. 61) : il est donc souhaitable qu'il ne naisse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Capabilisme, &#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents, &#233;galit&#233; de traitement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le &#171; &lt;strong&gt;capabilisme&lt;/strong&gt; &#187; &#8211; premier pilier de &#171; l'&#233;galitarisme &#187; &#224; la japonaise &#8211; qui s'&#233;tend tant au monde du travail qu'&#224; celui de l'&#233;ducation. Par ce n&#233;ologisme, l'auteur cherche &#224; traduire l'expression &#171; &lt;i&gt;n&#244;ryoku shugi&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; principe des capacit&#233;s / comp&#233;tences &#187;. La traduction courante par &#171; m&#233;ritocratie &#187; rel&#232;ve en effet du contre-sens : comme l'&#233;crit Honda Yuki, professeure &#224; l'universit&#233; de T&#244;ky&#244;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Postface &#224; la traduction japonaise de Michael J. Sandel, The tyranny of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;n&#244;ryoku&lt;/i&gt; (&#171; capacit&#233; &#187;, &#171; aptitude &#187;) renvoie aux qualit&#233;s inh&#233;rentes &#224; la personne consid&#233;r&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la notion d'aptitudes, voir sur ce site : Fabienne Andr&#233;, &#171; Apprendre. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (l&#224; o&#249; m&#233;rite dans le sens de &#171; contribution, service rendu, accomplissement important &#187; correspond &#224; &lt;i&gt;k&#244;seki&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; M&#233;ritocratie &#187; correspond plut&#244;t &#224; jitsuryoku shugi (&#171; syst&#232;me fond&#233; sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le monde du travail, &lt;i&gt;n&#244;ryoku shugi&lt;/i&gt; devient un mot d'ordre central dans le discours manag&#233;rial &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1950 et du d&#233;but des ann&#233;es 1960, qui permet de remettre en cause le salaire &#224; l'anciennet&#233; ou bas&#233; sur le dipl&#244;me. Du c&#244;t&#233; de l'&#233;cole, un affrontement p&#233;dagogique a lieu. Pour les tenants du capabilisme, &#171; la priorit&#233; &#233;tait l'acquisition rapide et syst&#233;matique des capacit&#233;s li&#233;es &#224; la ma&#238;trise des diff&#233;rents savoirs ou savoir-faire &#233;num&#233;r&#233;s dans les programmes scolaires et/ou consid&#233;r&#233;s comme indispensables &#224; la vie en soci&#233;t&#233; &#187; (p. 64). &#192; l'image de l'influent linguiste Tokieda Motoki, ils d&#233;fendent une s&#233;paration nette entre &#233;cole et soci&#233;t&#233; : l'&#233;cole ne doit pas enseigner des connaissances extraites de la vie dans son ensemble, mais des connaissances fondamentales qui permettront ult&#233;rieurement de faire son chemin dans la vie. Leurs adversaires d&#233;fendent les p&#233;dagogies reposant sur le &#171; principe de l'exp&#233;rience &#187; (keiken shugi) et sur la &#171; nouvelle &#233;ducation &#187; (shinky&#244;iku), largement venues des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1955-1958, le minist&#232;re privil&#233;gie le capabilisme : il s'agira de se centrer sur la quantit&#233; et la rapidit&#233; de l'acquisition des comp&#233;tences et des connaissances au programme. La mesure par des outils num&#233;riques objectifs et normatifs devient alors cruciale : c'est l'essor du &lt;i&gt;hensachi&lt;/i&gt;, indice caract&#233;ristique de la philosophie du capabilisme, puisqu'il &#233;value le niveau de l'&#233;l&#232;ve non pour lui-m&#234;me, mais par rapport &#224; la moyenne de l'ensemble de sa cohorte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hensachi = [(r&#233;sultat de l'&#233;l&#232;ve - moyenne de la cohorte) / &#233;cart-type de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Per&#231;u comme objectif, le hensachi des admis est affich&#233; publiquement par les lyc&#233;es et universit&#233;s pour permettre d'&#233;valuer la difficult&#233; de leur concours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eug&#233;nisme fonctionne donc comme garant, en amont, de la &#171; normalit&#233; &#187; de tous les &#233;l&#232;ves, puisqu'il garantit que le handicap n'entre pas dans l'&#233;cole : c'est ce que C. Galan nomme &#171; &lt;strong&gt;&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents&lt;/strong&gt; &#187;, second pilier de l'&#233;galitarisme scolaire japonais. Or, comme l'affirme la Constitution de 1947 : &#171; Chacun a le droit de recevoir une &#233;ducation &#233;gale correspondant &#224; ses capacit&#233;s &#187;. L'&#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents rend donc possible la conviction largement partag&#233;e &#8211; y compris par les enseignants &#8211; que tous les enfants ont la capacit&#233; d'&#233;tudier efficacement et d'assimiler parfaitement les programmes. Cette conviction d&#233;bouche sur le troisi&#232;me pilier de l'&#233;galitarisme japonais, que l'auteur appelle &#171; &lt;strong&gt;&#233;galit&#233; de traitement &lt;/strong&gt; &#187;, soit une uniformisation particuli&#232;rement stricte des pratiques p&#233;dagogiques des enseignants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La caract&#233;risation de ces pratiques p&#233;dagogiques n'est pas au c&#339;ur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : les directives officielles ont force de loi ; tous les manuels doivent s'y conformer, et sont valid&#233;s par le minist&#232;re ; le redoublement comme le saut de classe, attentatoires &#224; l'&#233;galit&#233;, sont interdits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;galit&#233; de traitement entra&#238;ne aussi des cons&#233;quences sur les modes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Inversement, les enseignants se refusent &#224; signaler les enfants &#171; diff&#233;rents &#187; ou &#171; &#224; probl&#232;me &#187; : il n'existait pas de psychologues scolaires jusqu'au milieu des ann&#233;es 2000. Cons&#233;quence : les diff&#233;rences qui apparaissent entre &#233;l&#232;ves ne peuvent &#234;tre que le fruit des effets de l'environnement sur les enfants &#8211; et donc principalement des efforts individuels fournis, et de l'action, directe ou indirecte, des parents. La d&#233;monstration de l'auteur est s&#233;duisante ; notons tout de m&#234;me que la seconde partie du chapitre constitue la partie la plus sp&#233;culative de l'ouvrage, et qu'un &#233;tayage empirique un peu plus solide aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; n&#233;cessaire, pour d&#233;montrer l'influence de l'eug&#233;nisme sur l'enseignement &#171; normal &#187;, au-del&#224; de la seule &#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur pr&#233;cise lui-m&#234;me (p. 45) qu'il n'avait jamais envisag&#233; le lien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me chapitre pr&#233;cise la bascule qui s'est faite entre l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et la fin des ann&#233;es 1950, qui a vu la mise en place de l'&#233;galitarisme. Imm&#233;diatement apr&#232;s la d&#233;faite, le minist&#232;re de l'&#201;ducation promeut l'instruction des &#233;l&#232;ves en tant qu'individus, dans le but de soutenir la paix et la d&#233;mocratie. Dans son allocution du Nouvel An 1946, l'empereur ravive les r&#234;ves p&#233;dagogiques humanistes du d&#233;but de l'&#232;re Meiji, qui avaient &#233;t&#233; neutralis&#233;s avec le Rescrit imp&#233;rial sur l'&#233;ducation de 1886. Cette direction p&#233;dagogique p&#232;se sur la Loi fondamentale sur l'&#233;ducation du 31 mars 1947, li&#233;e &#224; la Constitution vot&#233;e le 3 novembre 1946. La Loi sur l'&#233;ducation scolaire, vot&#233;e le m&#234;me jour, cr&#233;e un nouveau syst&#232;me &#171; 6-3-3-4 &#187;, correspondant respectivement &#224; la dur&#233;e de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, du coll&#232;ge, du lyc&#233;e et de l'universit&#233;. L'&#233;ducation obligatoire (&lt;i&gt;gimu ky&#244;iku&lt;/i&gt;), avec ses manuels scolaires gratuits, concernera d&#233;sormais aussi le coll&#232;ge, passant donc de six &#224; neuf ans. D&#232;s la r&#233;ouverture de ce nouveau coll&#232;ge unique, il est fr&#233;quent&#233; par 99 % d'une classe d'&#226;ge, permettant ce que l'auteur appelle &#171; &lt;strong&gt;l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &lt;/strong&gt; &#187; &#224; l'institution scolaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;galit&#233; d'acc&#232;s dont demeurent donc exclus les &#233;l&#232;ves en situation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En &#233;cho aux p&#233;dagogues de l'&#232;re Taish&#244; (1912-1926), la loi accorde par ailleurs une totale autonomie aux enseignants sur le plan p&#233;dagogique. Elle permet une forte d&#233;centralisation de l'autorit&#233; &#233;ducative, via les comit&#233;s d'&#233;ducation (&lt;i&gt;ky&#244;iku iinkai&lt;/i&gt;) impos&#233;s par l'occupant &#233;tasunien, et &#233;lus par la population (loi de juillet 1948). M&#234;me les emplois du temps quotidien et hebdomadaire pourront &#234;tre adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s locales. Le progressisme p&#233;dagogique culmine avec les programmes du 10 juillet 1951, &#171; directives [&#8230;] sans doute les plus r&#233;volutionnaires et les plus progressistes que le Japon [ait] jamais connues &#187; (p. 97)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'occupant &#233;tasunien craint que le pays ne suive la Chine et ne bascule dans le communisme. Des &#171; purges rouges &#187; ont lieu d&#232;s 1949 ; avec le recouvrement de la souverainet&#233; en avril 1952, les autorit&#233;s nationales souhaitent retrouver le contr&#244;le sur le monde &#233;ducatif. En 1958, les programmes sont r&#233;form&#233;s et reviennent &#224; l'organisation p&#233;dagogique d'avant-guerre : les programmes horaires sont fix&#233;s &#224; l'unit&#233; pr&#232;s, l'autonomie p&#233;dagogique est abandonn&#233;e, les contenus et m&#233;thodes sont centralis&#233;s. Les comit&#233;s d'&#233;ducation ne sont plus &#233;lus, mais nomm&#233;s par les autorit&#233;s locales. La r&#233;forme est soutenue par le patronat, qui y voit un levier du d&#233;veloppement &#233;conomique. Mais le minist&#232;re se revendique aussi explicitement de l'&#233;galit&#233; : seul un syst&#232;me centralis&#233; sera &#224; m&#234;me de permettre &#224; tous de b&#233;n&#233;ficier de conditions d'enseignement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'auteur sur cette &#233;volution est clairement n&#233;gatif : on s'est centr&#233; sur les &#233;galit&#233;s d'acc&#232;s et de traitement (&#171; tous les enfants acc&#232;dent &#224; l'&#233;ducation obligatoire et re&#231;oivent exactement la m&#234;me chose &#187; (p. 105)), ce qui constituerait une &#171; compr&#233;hension biais&#233;e du principe d'&#233;galit&#233; inscrit dans la Constitution et dans la Loi fondamentale sur l'&#233;ducation &#187; (p. 65). C'est l'objectif d'&#171; &#233;galit&#233; des chances de r&#233;ussite &#187; qui a &#233;t&#233; abandonn&#233;, c'est-&#224;-dire de &#171; donner diff&#233;remment &#224; chacun en fonction de ce qu'il est et de ses besoins r&#233;els pour lui permettre de r&#233;ussir aussi bien que tous les autres &#187; (p. 105), ou encore, dans les mots de Horio Teruhisa &#8211; sp&#233;cialiste du syst&#232;me &#233;ducatif japonais et d&#233;fenseur des droits de l'enfant, cit&#233; &#224; plusieurs reprises &#8211;, de &#171; faire &#233;merger l'individualit&#233; de chaque enfant de mani&#232;re &#233;galitaire et sans discrimination &#187; (cit&#233; p. 36). L'auteur estime que la gauche p&#233;dagogique japonaise a &#233;t&#233; mise en porte-&#224;-faux par le minist&#232;re, ne parvenant pas &#224; trancher entre l'&#233;galit&#233; et la prise en compte des particularit&#233;s de chacun (pp. 110-&#8288;111).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Parti lib&#233;ral-d&#233;mocrate (PLD) est rest&#233; au pouvoir de mani&#232;re quasi ininterrompue depuis l'apr&#232;s-guerre, il op&#232;re une nette rupture avec l'&#233;galitarisme en 2006, avec la r&#233;forme de la &lt;i&gt;Loi fondamentale sur l'&#233;ducation&lt;/i&gt;. &#171; La nouvelle loi n'impose rien en elle-m&#234;me, elle rend juste possible ce qui, avant, ne l'&#233;tait pas &#187; (p. 114) : la part des collectivit&#233;s locales dans le financement de l'&#233;ducation s'accro&#238;t, tandis qu'on soutient le secteur &#233;ducatif priv&#233;. En ce qui concerne les contenus, les collectivit&#233;s ont d&#233;sormais des pr&#233;rogatives &#233;quivalentes &#224; l'&#201;tat &#8211; une premi&#232;re depuis le d&#233;but de l'&#232;re Meiji. On va jusqu'&#224; supprimer la mention de la dur&#233;e de l'&#233;ducation obligatoire (&#171; de neuf ans &#187;), et celle&#8230; de la mixit&#233; filles-gar&#231;ons ; officiellement, car celle-ci serait d&#233;j&#224; atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le &#034;moyennisme&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents, &#233;galit&#233; d'acc&#232;s, capabilisme et &#233;galit&#233; de traitement : quatre piliers de l'&#233;galitarisme scolaire &#224; la japonaise ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s. Le &#171; &lt;strong&gt;moyennisme&lt;/strong&gt; &#187; &#8211; terme repris &#224; Karl Polanyi (&lt;i&gt;averagism&lt;/i&gt;) &#8211; est le dernier, d&#233;crit dans le quatri&#232;me chapitre. Pour Polanyi, le moyennisme d&#233;signait la survalorisation de la moyenne comme norme sociale de r&#233;f&#233;rence dans la soci&#233;t&#233; &#233;tasunienne ; mais au Japon, c'est l'&#233;cole elle-m&#234;me qui impose &#224; l'individu de devenir &#171; moyen &#187;, &#171; normal &#187;. Le moyennisme pr&#233;sente un aspect proprement p&#233;dagogique (avec l'exemple du hensachi que nous avons vu), mais aussi un versant comportemental. C'est ainsi qu'il faut comprendre l'existence des &#171; r&#232;glements scolaires abusifs &#187; : leur durcissement se met en place dans les ann&#233;es 1960, en r&#233;ponse &#224; la contestation sociale. L'uniforme devient alors la norme dans la quasi-totalit&#233; des coll&#232;ges et lyc&#233;es. Les &#233;l&#232;ves rusant avec la contrainte, les institutions scolaires produisent de nouveaux r&#232;glements qui font fr&#233;mir : on mesure la longueur des v&#234;tements des &#233;l&#232;ves &#224; l'entr&#233;e, m&#232;tre ruban &#224; l'appui, quand on ne v&#233;rifie pas la couleur des sous-v&#234;tements des coll&#233;giennes ; les &#233;l&#232;ves aux cheveux naturellement fris&#233;s doivent pr&#233;senter un certificat&#8230; &#192; la surench&#232;re des ann&#233;es 1980 r&#233;pondront les d&#233;nonciations des ann&#233;es 2010, aux r&#233;sultats mitig&#233;s. Les politiques nationalistes &#233;pousent volontiers ce moyennisme comportemental, exigeant de l'&#233;cole qu'elle produise de &#171; vrais Japonais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre mal de l'&#233;cole japonaise, le refus d'aller &#224; l'&#233;cole (fut&#244;k&#244;). Le minist&#232;re mesure les absences sup&#233;rieures &#224; 50 jours d&#232;s 1966 ; elles d&#233;croissent jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1970, puis r&#233;augmentent, atteignant 11,8 &#233;l&#232;ves pour mille en 2022 et 31,7 &#8240; (17 &#8240; en &#233;l&#233;mentaire et 59,8 &#8240; au coll&#232;ge) en 2022 &#8211; leur plus haut niveau jamais atteint. Si dans les ann&#233;es 1950-1960, l'appr&#233;hension de ce probl&#232;me public est d'abord &#233;conomique (travail des enfants), sociale (orphelins&#8230;) et m&#233;dicale (mauvaise sant&#233;), elle se fait ensuite clinique et psychologique. Mais dans les ann&#233;es 1970, le refus scolaire entre en contradiction avec l'obligation japonaise de fr&#233;quentation scolaire (&lt;i&gt;gimu sh&#251;gaku&lt;/i&gt;) &#8211; caract&#233;ristique du moyennisme &#8211;, alors que le taux de scolarisation au lyc&#233;e d&#233;passe d&#233;sormais les 90 % d'une classe d'&#226;ge. P&#233;dagogues et sociologues s'emparent alors du probl&#232;me : d&#232;s 1990, un rapport affirme que &#171; le refus d'aller &#224; l'&#233;cole peut concerner n'importe quel enfant &#187;. On accepte finalement de remettre en cause l'obligation de fr&#233;quentation d'un &#233;tablissement scolaire : reconnaissant que les causes du refus scolaire sont internes &#224; l'&#233;cole, on tord l'&#233;galit&#233; de traitement en multipliant les adaptations pour les &#233;l&#232;ves concern&#233;s (adaptation de la fr&#233;quentation scolaire, des programmes&#8230;, et m&#234;me classes adapt&#233;es). Bref : &#171; l'&#233;cole japonaise, mise en place pour former sur un m&#234;me mod&#232;le des Japonais &#171; moyens &#187; et de futurs adultes id&#233;aux, n'a jamais &#233;t&#233; pens&#233;e ni organis&#233;e pour fonctionner diff&#233;remment, rejetant ou externalisant tout ce qui d&#233;roge aux attentes pour lesquelles elle a &#233;t&#233; con&#231;ue &#187; (p. 264)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De m&#234;me, les dispositifs sp&#233;cifiques qui permettraient de scolariser les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le moyennisme discr&#233;dite la comp&#233;tition, mais aussi la diff&#233;rence au sein de l'institution. Le chapitre se cl&#244;t sur le cas extr&#234;me de &#171; l'affaire Sakakibara &#187;, nom qu'avait choisi pour lui-m&#234;me un coll&#233;gien de K&#244;be apr&#232;s avoir agress&#233; et tu&#233; plusieurs enfants plus jeunes en 1997. Dans sa lettre adress&#233;e &#224; un journal, il disait se venger de &#171; l'&#233;ducation obligatoire &#187; et de &#171; la soci&#233;t&#233; &#187; qui l'avait mise en place, puisqu'elle avait fait de lui un &#171; &#234;tre transparent &#187; qui &#171; n'existe pas &#187;. Le chapitre est saisissant, et justifie parfaitement le choix de prendre pour objet l'&#233;galitarisme nippon lui-m&#234;me : il est clair que celui-ci ne se limite pas &#224; &#171; l'&#233;galit&#233; de traitement &#187; p&#233;dagogique stricto sensu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#034;juku&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#171; r&#233;ponse pragmatique et &#233;conomique du &#171; r&#233;el &#187; &#224; l'&#233;galitarisme &#233;ducatif &#187; (p. 172) : les &lt;i&gt;juku&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;s &#224; la fin du troisi&#232;me chapitre. Il s'agit d'entreprises &#224; but lucratif relevant, non du minist&#232;re de l'&#201;ducation (&lt;i&gt;Monbukagakush&#244;&lt;/i&gt;), mais de celui de l'&#201;conomie, du Commerce et de l'Industrie (&lt;i&gt;Keizaisangy&#244;sh&#244;&lt;/i&gt;). Certains proposent des activit&#233;s extrascolaires, mais ce sont les juku scolaires (&lt;i&gt;gakush&#251; juku&lt;/i&gt;) qui int&#233;ressent l'auteur. Ils jouissent d'une totale libert&#233; sur leurs programmes et leurs pratiques p&#233;dagogiques, ainsi que sur le recrutement et le paiement de leurs enseignants. Ils se d&#233;clinent en deux sortes : les &#171; juku pr&#233;paratoires aux concours &#187; ou &#171; pour aller de l'avant &#187; (&lt;i&gt;shingaku juku&lt;/i&gt;) &#8211; avec &#224; l'extr&#234;me les yobik&#244; pr&#233;parant aux concours d'entr&#233;e &#224; l'universit&#233; &#8211;, et les &#171; juku de soutien et de rattrapage &#187; (&lt;i&gt;hosh&#251; juku&lt;/i&gt;), dont la version limite sont les &#171; juku d'aide aux d&#233;crocheurs &#187; (&lt;i&gt;ochikobore ky&#251;sai juku&lt;/i&gt;). L'&#233;volution de leur fr&#233;quentation est difficile &#224; saisir statistiquement. Les enqu&#234;tes du minist&#232;re de l'&#201;ducation indiquent qu'entre 1976 et 2007, on serait pass&#233; de 12 % &#224; 25,9 % d'&#233;coliers en fr&#233;quentant, tandis que les coll&#233;giens seraient pass&#233;s de 38 % &#224; 53,5 % &#8211; ces proportions croissant du d&#233;but de l'&#233;l&#233;mentaire &#224; la fin du coll&#232;ge. Cette hausse s'explique certes par la chute de la natalit&#233; &#8211; qui permet de d&#233;penser plus d'argent par enfant &#8211;, mais aussi par l'abaissement de l'&#226;ge d'entr&#233;e dans la comp&#233;tition scolaire : ceux qui en ont les moyens ne visent d&#233;sormais plus l'entr&#233;e dans un bon lyc&#233;e, mais dans un bon coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Galan pr&#233;sente ensuite une enqu&#234;te de 1995 sur 1 813 &#233;l&#232;ves de cinqui&#232;me et sixi&#232;me ann&#233;es d'&#233;l&#233;mentaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fukaya Masashi, Dobashi Minoru et Saegusa Keiko, &#171; Gakush&#251; juku &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : un tiers fr&#233;quente un juku &#171; pour aller de l'avant &#187;, un cinqui&#232;me un juku de soutien, 27 % un juku mixte, et moins d'un sur cinq un autre type de juku scolaire. Le taux de fr&#233;quentation augmente en fonction des r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves, et ceux qui en tirent le plus grand b&#233;n&#233;fice semblent &#234;tre les &#233;l&#232;ves d&#233;j&#224; performants. Ayant r&#233;parti les &#233;l&#232;ves en cinq groupes de niveau, les auteurs montrent que le recrutement des juku &#171; pour aller de l'avant &#187; se fait essentiellement parmi les &#233;l&#232;ves tr&#232;s bons ou bons (62,4 % du public), l&#224; o&#249; celui des juku &#171; de soutien &#187; concerne en priorit&#233; les &#233;l&#232;ves bons et moyens (68,4 % du public). M&#234;me dans ces derniers, les &#233;l&#232;ves faibles ou en difficult&#233; ne repr&#233;sentaient pas plus du quart du public. La derni&#232;re enqu&#234;te minist&#233;rielle sur les juku, men&#233;e en 2007 aupr&#232;s de plusieurs dizaines de milliers d'&#233;coliers et coll&#233;giens et de leurs parents, confirme que seuls 10 % des &#233;coliers et 20 % des coll&#233;giens concern&#233;s indiquent fr&#233;quenter un juku pour combler un retard dans les apprentissages ; la grande majorit&#233; y pr&#233;pare ses devoirs, prend de l'avance, ou pr&#233;pare l'entr&#233;e au lyc&#233;e. Les familles faisant le choix du priv&#233; d&#232;s l'&#233;l&#233;mentaire investissent alors fortement dans les juku pour viser l'entr&#233;e dans un coll&#232;ge priv&#233; r&#233;put&#233;, l&#224; o&#249; les parents restant dans le public diff&#232;rent ces d&#233;penses au coll&#232;ge, visant le meilleur lyc&#233;e possible (fig. 14, p. 199).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur insiste sur la double utilisation des juku &#8211; bachotage, mais aussi soutien scolaire (p. 179). Son interpr&#233;tation est que les juku constituent &#171; la r&#233;ponse du r&#233;el &#224; un &#233;galitarisme si peu en prise avec la r&#233;alit&#233; et les int&#233;r&#234;ts des familles et des individus &#187; (p. 172), qui r&#233;duit tous les enfants &#171; &#224; un &#233;l&#232;ve-apprenant unique [&#8230;] sans singularit&#233;&#183;s &#187; (p. 207). Il me semble pourtant que les statistiques fournies invalident la sym&#233;trie sugg&#233;r&#233;e par C. Galan : les juku profitent avant tout aux meilleurs &#233;l&#232;ves et aux familles les plus ambitieuses et les plus fortun&#233;es. Je rejoindrai donc bien davantage l'auteur quand il &#233;crit que l'objectif de l'&#233;galitarisme est &#171; d'une part, de socialiser tous les individus sur un m&#234;me mod&#232;le et, &lt;i&gt;d'autre part, de doublement externaliser la comp&#233;tition scolaire &lt;/i&gt; en dehors des murs de l'&#233;cole et en dehors du budget de l'&#201;tat &#187;, &#224; travers les juku (p. 208, je souligne). On y reviendra dans la conclusion de ce compte-rendu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'effondrement de la croyance en l'&#233;galitarisme, effet de la crise &#233;conomique et du d&#233;mant&#232;lement n&#233;olib&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris : &#171; la coh&#233;rence du syst&#232;me &#233;tait tr&#232;s forte &#187; (p. 516). Comment alors expliquer le brusque effondrement de la croyance des familles dans l'&#233;galitarisme ? C. Galan pointe vers deux faisceaux de causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Croissance et crise &#233;conomique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier tient &#224; la situation &#233;conomique du pays (d&#233;crite notamment &#224; la fin du chapitre 5) : si l'&#233;cole japonaise n'&#233;tait pas &#171; &#233;galitaire &#187; dans la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle &#8211; au sens o&#249;, comme dans les autres pays capitalistes, il existait en v&#233;rit&#233; une forte corr&#233;lation entre la position sociale occup&#233;e par l'individu et son milieu social d'origine &#8211;, du moins une solide croissance &#233;conomique garantissait-elle aux parents qu'ils verraient les revenus et le confort de leurs enfants s'am&#233;liorer, m&#234;me lorsque ceux-ci n'entraient pas &#224; l'universit&#233;. &#171; Se trouvait ainsi valid&#233;e l'id&#233;e selon laquelle le syst&#232;me &#233;tait vraiment &#233;galitaire et m&#233;ritocratique du fait que tous pouvaient s'&#233;lever socialement en fonction des effort fournis par chacun et par sa famille. &#187; (p. 394) La crise &#233;conomique du d&#233;but des ann&#233;es 1990 a mis un terme &#224; cet espoir : la perception est vive d&#233;sormais que seul l'acc&#232;s aux universit&#233;s les plus prestigieuses garantit la r&#233;ussite. Or celui-ci est, comme on va le voir, tr&#232;s directement li&#233; au capital &#233;conomique des familles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La conclusion du cinqui&#232;me chapitre (pp. 392-&#8288;395) r&#233;sume particuli&#232;rement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mise en cause de l'&#233;galitarisme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour la fin de la croyance en l'&#233;galitarisme, et sans doute particuli&#232;rement, pr&#233;ciserais-je, de la croyance dans le &#171; principe des aptitudes &#187; (&lt;i&gt;n&#244;ryoku shugi&lt;/i&gt;) qui rend les efforts individuels de l'&#233;l&#232;ve et de ses parents comptables de son destin. Mais d'autre part &#8211; et c'est le deuxi&#232;me faisceau de causes &#8211;, c'est aussi cet &#233;galitarisme lui-m&#234;me dont les piliers constitutifs sont effectivement, r&#233;ellement d&#233;mantel&#233;s par les gouvernements successifs du PLD. S'il fallait pr&#233;ciser, je sugg&#233;rerais que ce sont avant tout les attaques contre l'&#171; &#233;galit&#233; de traitement &#187;, et avant tout dans le versant le moins directement p&#233;dagogique de celle-ci &#8211; concernant donc l'orientation des flux d'&#233;l&#232;ves et les institutions scolaires qui les prennent en charge &#8211; que documente C. Galan. On y reviendra &#233;galement &#224; la fin de ce compte-rendu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Afin de ne pas trop allonger ce compte-rendu, on s'est concentr&#233; sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand dater la fin du soutien du PLD &#224; l'&#233;galitarisme, et sa conversion au n&#233;olib&#233;ralisme ? Si le mandat comme premier ministre de Nakasone Yasuhiro (1982-1987) est marqu&#233; par des espoirs r&#233;formateurs, l'auteur documente son &#233;chec, principalement d&#251; &#224; l'attachement du minist&#232;re de l'&#201;ducation au centralisme. Le bref mandat d'Obuchi Keiz&#244;, de juillet 1998 &#224; son soudain d&#233;c&#232;s en avril 2000, imprime en revanche le mouvement pour les d&#233;cennies qui suivent : en plus de lancer l'objectif de r&#233;duire le nombre de fonctionnaires d'un quart en dix ans, il voit la publication du rapport de la Commission &#171; Vision pour le Japon au XXIe si&#232;cle &#187;. Il s'agit d'ouvrir au march&#233; une part toujours plus grande du syst&#232;me &#233;ducatif japonais ; il faut cesser de consid&#233;rer que chaque individu a un &#171; droit &#224; l'&#233;ducation &#187;. Il a au contraire envers l'&#201;tat un &#171; devoir d'&#233;ducation &#187;, du m&#234;me ordre que&#8230; le paiement de ses imp&#244;ts, et le respect de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les co&#251;ts de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me chapitre est centr&#233; sur le co&#251;t de l'&#233;ducation pour les familles, dans un contexte o&#249; l'investissement public dans l'&#233;ducation tourne autour des 3,5 % du PIB depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 &#8211; tr&#232;s en de&#231;&#224; de tous les autres pays du G7, mais aussi de la Cor&#233;e du Sud et de l'Inde (fig. nos 70-&#8288;71, pp. 376-&#8288;377). La p&#233;riode voit une forte chute du revenu des m&#233;nages : le revenu moyen est tomb&#233; de 51 150 &#8364; en 1993 &#224; 40 730 &#8364; en 2013, le revenu m&#233;dian chutant de 42 350 &#8364; en 1995 &#224; 33 110 &#8364; en 2021. La part des m&#233;nages disposant de tr&#232;s hauts revenus est &#233;galement en baisse : on passe de 5,1 % de m&#233;nages gagnant plus de 15 millions de yens (115 500 &#8364;) en 1995 &#224; &#224; 3,6 % en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, sur la m&#234;me p&#233;riode, les co&#251;ts de l'&#233;ducation n'ont cess&#233; d'augmenter. Certes, au niveau de l'&#233;ducation obligatoire (&#233;l&#233;mentaire et coll&#232;ge), la Loi fondamentale sur l'&#233;ducation de 1947 interdit les &#171; frais de cours &#187; (&lt;i&gt;jugy&#244;-ry&#244;&lt;/i&gt;) dans les &#233;tablissements publics (g&#233;r&#233;s par les collectivit&#233;s locales) ainsi que dans les rares &#233;tablissements nationaux (directement g&#233;r&#233;s par l'&#201;tat). Une kyrielle d'autres frais est n&#233;anmoins exigible : frais &#171; de cotisations scolaires &#187; pour les d&#233;penses courantes de la classe, de &#171; livres, fournitures scolaires et consommables &#187;, de d&#233;placement&#8230; Et cet encadrement, d&#233;j&#224; incomplet, est inexistant dans le secteur priv&#233; : si ce dernier reste faiblement d&#233;velopp&#233; au niveau de l'&#233;ducation obligatoire &#8211; scolarisant 1,3 % des &#233;coliers et 7,7 % des coll&#233;giens en 2021 &#8211;, il prend en charge la quasi-totalit&#233; des enfants du pr&#233;-&#233;l&#233;mentaire (87,2%), un gros tiers des lyc&#233;ens (34,4%) et les trois quarts des &#233;tudiants (76%). Les familles japonaises ont le privil&#232;ge douteux de payer de leur poche 48 % des d&#233;penses &#233;ducatives en pr&#233;-&#233;l&#233;mentaire &#8211; presque le triple de la moyenne de l'OCDE &#8211;, et 64,5 % dans l'enseignement sup&#233;rieur. Seules l'Angleterre et la Colombie font pire &#224; ce dernier niveau (rapport OCDE 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;-&#233;l&#233;mentaire existent deux grands types d'institutions. Accueillant historiquement les enfants des basses classes, les &#171; cr&#232;ches &#233;ducatives &#187; (&lt;i&gt;hoikujo&lt;/i&gt;) d&#233;pendent du minist&#232;re de la Sant&#233; et du Travail, et emploient des &#233;ducateurs ou pu&#233;riculteurs qui prennent en charge les enfants d&#232;s leur naissance. Les &#171; jardins d'enfants &#187; (&lt;i&gt;y&#244;chien&lt;/i&gt;) pr&#233;sentent, eux, une dimension scolaire plus marqu&#233;e : ils rel&#232;vent du minist&#232;re de l'&#201;ducation, ont des programmes nationaux coh&#233;rents avec ceux des &#233;coles &#233;l&#233;mentaires, et ne scolarisent les enfants qu'entre trois et six ans, en premi&#232;re partie de journ&#233;e. Malgr&#233; d'importantes mesures de gratuit&#233; prises en 2019, les d&#233;penses &#233;ducatives s'&#233;levaient encore &#224; 1 269 &#8364; par enfant et par an dans le priv&#233; en 2021, auxquels s'ajoutaient 1 110 &#8364; de d&#233;penses &#233;ducatives extrascolaires (juku notamment). Pour une ann&#233;e &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire publique &#171; gratuite &#187;, il fallait encore compter en 2021 pas moins de 2 700 &#8364;, que les parents compl&#233;taient par 1 907 &#8364; de d&#233;penses extrascolaires. Au coll&#232;ge (1 310 &#8364; par an dans le public), les d&#233;penses extrascolaires s'&#233;galisent entre parents du public et du priv&#233; (&#224; un peu plus de&#8230; 2 800 &#8364; annuels) : les seconds ont en effet d&#233;j&#224; assur&#233; &#224; leur prog&#233;niture un parcours de r&#233;ussite, quand les premiers augmentent leurs efforts en esp&#233;rant l'entr&#233;e dans un bon lyc&#233;e. Au lyc&#233;e en revanche, les jeux sont largement faits, et la culture populaire (le manga &lt;i&gt;Great teacher Onizuka&lt;/i&gt; (1997-2002), par exemple) se fait l'&#233;cho de deux r&#233;alit&#233;s scolaires distinctes : l&#224; o&#249; les &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es les plus prestigieux poursuivent leur bachotage intensif, le temps d'&#233;tude des autres chute fortement. La diff&#233;rence de recrutement entre public et priv&#233; se joue au milieu de la distribution : les lyc&#233;es priv&#233;s sont moins nombreux que le public (16 % contre 24 %) &#224; recruter des lyc&#233;ens dont le hensachi moyen est compris entre 45 et 49, mais un peu plus nombreux (15 % contre 13 %) avec un hensachi moyen compris entre 50 et 54 (fig. 50, p. 319). Les rares lyc&#233;es nationaux sont prestigieux, et recrutent (tr&#232;s) haut dans la distribution. La situation des universit&#233;s, enfin, est paradoxale : alors que depuis 2018, le nombre de places est sup&#233;rieur au nombre de jeunes de 18 ans dans l'archipel, en 2022 seuls 60,4 % des jeunes s'y inscrivent (p. 328). Le co&#251;t est un obstacle dirimant, pouvant atteindre trente &#224; quarante mille euros pour une scolarit&#233; en quatre ans dans une universit&#233; priv&#233;e. La lecture de ce chapitre &#8211; le plus long de l'ouvrage &#8211; est globalement assez fastidieuse ; les premi&#232;res sections encha&#238;nent les listes de frais et de calculs. Il aurait mieux valu commencer par les derni&#232;res sections, pr&#233;sentant globalement la situation (comme on l'a fait dans ce compte-rendu), puis pr&#233;senter le co&#251;t &#224; chaque niveau des scolarit&#233;s de mani&#232;re plus synth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;tablissements du centre, &#233;tablissements des p&#233;riph&#233;ries&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me chapitre propose une analyse du syst&#232;me &#233;ducatif japonais &#224; l'aide d'un mod&#232;le &#171; centre-p&#233;riph&#233;ries &#187;, analyse rarement entreprise si on en croit l'auteur. On n'est pas certain de bien saisir la perspective en question, puisque les caract&#233;ristiques d'un mod&#232;le centre-p&#233;riph&#233;ries ne sont jamais d&#233;taill&#233;es ; &#224; la lecture, on comprend qu'il s'agit d'in&#233;galit&#233;s territoriales, essentiellement entre d&#233;partements&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Japon compte 47 unit&#233;s administratives, dont 43 ont le statut de ken (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi &#224; l'&#233;chelle de quelques grandes m&#233;tropoles. L'auteur propose une comparaison des r&#233;sultats scolaires entre d&#233;partements, sur la base des &#233;valuations nationales que le minist&#232;re a mises en place en 2007 pour soutenir le syst&#232;me du &#171; choix de l'&#233;cole &#187;. Les &#233;l&#232;ves du secteur public sont &#233;valu&#233;s en japonais et math&#233;matiques en fin d'&#233;l&#233;mentaire et de coll&#232;ge, ainsi que, pour les seuls coll&#233;giens, en anglais. En 2019, les d&#233;partements les plus performants en fin d'&#233;l&#233;mentaire &#8211; Akita, Ishikawa, Fukui&#8230; et m&#234;me Okinawa, en sixi&#232;me position &#8211; n'&#233;taient pas sp&#233;cialement &#8216;attendus' : on n'observe aucune corr&#233;lation particuli&#232;re entre la performance des &#233;coles et la composition sociale du d&#233;partement. &#171; [L]'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire &#8211; sur le plan des performances scolaires des &#233;l&#232;ves tout au moins &#8211; joue mieux son r&#244;le de garant de l'&#233;galit&#233; de tous en mati&#232;re d'&#233;ducation que ne le fait le coll&#232;ge public &#187; (p. 414) : &#224; ce niveau, en effet, les corr&#233;lations n&#233;gatives sont nettes entre le taux de r&#233;ussite aux &#233;preuves et divers indices de pr&#233;carit&#233; (taux de pauvret&#233; relative des m&#233;nages &#233;levant des enfants, de divorces, ou de familles monoparentales). Okinawa est d&#233;sormais bonne derni&#232;re. C'est notamment la fuite des meilleurs &#233;l&#232;ves vers le secteur priv&#233; &#8211; qui, rappelons-le, ne participent pas aux &#233;valuations &#8211; qui est en cause ici : dans une grande m&#233;tropole comme T&#244;ky&#244;, il semble exister une corr&#233;lation positive entre le pourcentage de r&#233;ussite aux &#233;valuations de fin d'&#233;l&#233;mentaire et le taux d'inscription dans un coll&#232;ge priv&#233; de chaque arrondissement (qui varie de 10,3 % &#224; 40,4 %). Pour l'acc&#232;s aux universit&#233;s, les in&#233;galit&#233;s interd&#233;partementales sont encore plus nettes : en 2020, les sept d&#233;partements du Kant&#244; (r&#233;gion de T&#244;ky&#244;) accueillaient un tiers des 798 universit&#233;s du pays, et les sept du Kansai (r&#233;gion d'&#212;saka et Ky&#244;to) un cinqui&#232;me ; le Hokkaid&#244; et les cinq d&#233;partements d'Aichi, Fukuoka, Niigata, Okayama et Hiroshima en accueillent ensemble 22,6 % ; les 27 d&#233;partements restants s'en partagent moins du quart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre se cl&#244;t par une &#233;tude de cas statistique sur le d&#233;partement de K&#244;chi, fine et originale. Le K&#244;chi est en effet une p&#233;riph&#233;rie plus &#8216;inattendue' qu'Okinawa, ou que le sud-ouest et l'extr&#234;me nord du pays : il se caract&#233;rise certes par son manque de dynamisme &#233;conomique, sa population &#226;g&#233;e et en grande difficult&#233; &#233;conomique, et une faible implantation d'universit&#233;s. Mais les &#233;coles &#233;l&#233;mentaires maintiennent un niveau sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale ; il y en a 32,46 pour 100 000 habitants, le taux le plus &#233;lev&#233; du pays. Les coll&#232;ges publics, en revanche, paient ch&#232;rement la fuite vers les coll&#232;ges nationaux et priv&#233;s, qui concerne 20,44 % des &#233;l&#232;ves &#8211; soit le deuxi&#232;me taux le plus &#233;lev&#233; du pays apr&#232;s T&#244;ky&#244; ! Les &#233;l&#232;ves qu'ils accueillent encore, d&#233;sormais en-de&#231;&#224; des moyennes nationales, pr&#233;sentent un &#171; renoncement &#224; toute strat&#233;gie d'ascension sociale &#187; (p. 424) : fort absent&#233;isme et faible fr&#233;quentation des juku. L'auteur conclut qu'on peut parler d'&#171; &#233;coles de la p&#233;riph&#233;rie &#187; au sens d'Agn&#232;s Van Zanten&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agn&#232;s Van Zanten, L'&#233;cole de la p&#233;riph&#233;rie. Scolarit&#233; et s&#233;gr&#233;gation en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , dans le cas du K&#244;chi tout aussi bien que des arrondissements d&#233;favoris&#233;s des grandes m&#233;tropoles &#8211; ce qui aurait peut-&#234;tre m&#233;rit&#233; discussion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une p&#233;dagogie &#233;galitaire&#8230; aux effets in&#233;galitaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris &#224; la lecture de ce compte-rendu, l'ouvrage fournit au lecteur fran&#231;ais une grande richesse d'informations sur le syst&#232;me scolaire japonais. Il m&#233;rite d'&#234;tre lu. Deux critiques toutefois. D'abord, des informations essentielles sur le syst&#232;me &#233;ducatif nippon, telles que la dur&#233;e de l'&#233;ducation obligatoire, ou l'&#233;volution du taux de scolarisation aux diff&#233;rents niveaux de la scolarit&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies (fig. no 32, p. 244), ne sont pas pr&#233;sent&#233;es d'embl&#233;e, mais diss&#233;min&#233;es au fil des pages. L'ouvrage visant &#224; introduire le Japon dans les d&#233;bats francophones aupr&#232;s de chercheurs en &#233;ducation non sp&#233;cialistes (p. 43), cela aurait m&#233;rit&#233; une annexe d&#233;di&#233;e, ainsi qu'un index des noms propres. Deuxi&#232;me point n&#233;gatif : &#224; partir du troisi&#232;me chapitre, le d&#233;s&#233;quilibre est trop important entre, d'une part, la pr&#233;sentation des donn&#233;es empiriques &#8211; tr&#232;s riche, on l'a dit &#8211; et de longues citations de textes de loi ou de chercheurs, parfois tr&#232;s peu comment&#233;es ; et d'autre part, les passages proposant une interpr&#233;tation d'ensemble permettant de prendre du recul sur les faits. Ces derniers &#8211; en particulier la fin du chapitre 5 (pp. 392-&#8288;395) et le d&#233;but de la conclusion de l'ouvrage (pp. 515-&#8288;518) &#8211; sont passionnants, mais trop brefs et tardifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;l&#233;ments d'interpr&#233;tation et de discussion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure ce compte-rendu, c'est cette interpr&#233;tation d'ensemble que j'aimerais discuter. C. Galan se montre globalement critique de l'&#233;galit&#233; de traitement. Citant un propos de Jacques Fijalkow sur l'enseignement de la lecture, il fait sienne l'id&#233;e qu'&#171; une p&#233;dagogie &#233;galitaire dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peut qu'avoir des effets in&#233;galitaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Fijalkow, Entrer dans l'&#233;crit, Paris, Mignard, 1993, p. 8 (cit&#233; pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il peut faire montre d'un relativisme d&#233;complex&#233; quant &#224; la r&#233;ussite la plus notable &#224; porter au cr&#233;dit de l'&#233;galit&#233; de traitement, &#224; savoir de faire acqu&#233;rir &#224; tous les &#233;l&#232;ves les savoirs de base. Dans un passage portant sur le co&#251;t financier des &#233;tudes japonaises, notamment universitaires, il &#233;crit ainsi que &#034;PISA &#233;value les syst&#232;mes &#233;ducatifs sur ce qui fait la force du syst&#232;me &#233;ducatif japonais, sur ce pour quoi ce syst&#232;me a &#233;t&#233; con&#231;u [&#8230;] Pour les parents japonais, les d&#233;fis et les enjeux relatifs &#224; l'&#233;ducation de leurs enfants commencent toutefois, si l'on peut dire, l&#224; o&#249; PISA s'arr&#234;te [&#224; l'issue du coll&#232;ge, donc]. Le fait que PISA valorise les performances de leur pays durant la p&#233;riode de l'&#233;ducation obligatoire &lt;i&gt;ne leur apporte pas grand-chose sur le plan individuel&lt;/i&gt;. Cela ne r&#233;sout en effet en rien &lt;i&gt;les probl&#232;mes auxquels ils doivent faire face au quotidien, [&#8230;] qui sont essentiellement &#233;conomiques et financiers&lt;/i&gt;, des probl&#232;mes qui impactent les r&#233;sultats et l'avenir post-coll&#232;ge de [leurs enfants]&#034; (p. 383, je souligne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur appelle au contraire de ses v&#339;ux une &#171; &#233;galit&#233; de r&#233;ussite &#187;. Les contours en restent flous, mais on comprend qu'il s'agirait d'appliquer un traitement diff&#233;rent &#224; chaque &#233;l&#232;ve, respectueux de son individualit&#233; ; de droits &#171; &#224; la diff&#233;rence, &#224; la diversit&#233;, &#224; l'autonomie, &#224; l'enfance, notamment &#187; (p. 79). S'en &#233;tonnera-t-on alors ? C. Galan est oblig&#233; de noter &#224; plusieurs reprises que les propositions des progressistes p&#233;dagogiques japonais &#8211; modulation des horaires, du contenu des programmes, suppression de l'obligation de fr&#233;quentation scolaire &#8211; rejoignent celles&#8230; des n&#233;olib&#233;raux. Il assure que les deux points de vue sont &#171; peu conciliables &#187; (p. 517), &#171; fondamentalement irr&#233;conciliables &#187; (p. 80), et visent &#171; des objectifs radicalement diff&#233;rents &#187; (p. 502). Mais quelle peut &#234;tre la nature de ces objectifs si diff&#233;rents, quand les politiques publiques propos&#233;es sont les m&#234;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous sommes convaincu(s) que faire acqu&#233;rir &#224; toute une classe d'&#226;ge la ma&#238;trise des savoirs fondamentaux de la culture &#233;crite a une valeur en soi, intrins&#232;que. &#171; Une p&#233;dagogie &#233;galitaire dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peut qu'avoir des effets in&#233;galitaires &#187; ? Mais c'est exactement l'inverse qu'a montr&#233; le sixi&#232;me chapitre &#224; propos des r&#233;sultats aux &#233;valuations nationales en fin d'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Le passage m&#233;rite d'&#234;tre cit&#233; un peu longuement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Dans le cas des r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves aux tests nationaux sur les comp&#233;tences scolaires, en revanche, ces deux Japon [opposant d'un c&#244;t&#233; les grandes m&#233;tropoles, Kansai et Kant&#244;, et de l'autre, des p&#233;riph&#233;ries de plus en plus marginalis&#233;es &#224; mesure qu'on s'&#233;loigne du centre] se dissolvent, &lt;i&gt;notamment au niveau de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, dans une autre r&#233;alit&#233; spatiale&lt;/i&gt; &#224; la fois plus &#233;clat&#233;e g&#233;ographiquement et &lt;i&gt;plus resserr&#233;e sur le plan des &#233;carts, fond&#233;e sur la r&#233;elle &#171; efficacit&#233; &#187; de ladite &#233;cole &#233;l&#233;mentaire et sur les conditions locales de sa mise en place&lt;/i&gt; qui parviennent la plupart du temps &#224; &lt;i&gt;contrebalancer les diff&#233;rences d'environnement socio-familial&lt;/i&gt;.&#034; (p. 428, je souligne)&lt;br class='autobr' /&gt;
Et imm&#233;diatement apr&#232;s le passage qu'on vient de citer, l'auteur ajoute :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Un &#233;l&#233;ment important entre &#233;galement en jeu ici : le fait que les familles aux strat&#233;gies &#233;litistes les plus pouss&#233;es scolarisent encore &#224; ce niveau, dans leur immense majorit&#233;, leurs enfants dans le public.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit : &lt;i&gt;seule une application particuli&#232;rement stricte de l'&#233;galit&#233; de traitement&lt;/i&gt; &#8211; les &#233;l&#232;ves b&#233;n&#233;ficiant exactement du m&#234;me enseignement, dans la m&#234;me institution publique &#8211; &lt;i&gt;est &#224; m&#234;me de permettre une appropriation &#233;gale des savoirs fondamentaux&lt;/i&gt;, neutralisant l'effet du milieu social d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche p&#233;dagogique japonaise pourrait-elle en tirer quelque enseignement ? Tentons cette exp&#233;rience de pens&#233;e. S'il a brill&#233; dans la transmission de savoirs fondamentaux &#224; toute une classe d'&#226;ge, l'&#233;galitarisme japonais s'est parfaitement accommod&#233; du maintien de la concurrence scolaire, que traduisent tant, en son sein, le moyennisme scolaire du hensachi que, en dehors de lui, la &#171; double externalisation &#187; &#8211; hors les murs de l'&#233;cole, et hors le budget de l'&#201;tat &#8211; de la comp&#233;tition scolaire dans les juku. Il s'est accompagn&#233; d'un moyennisme comportemental devenu insupportable &#224; de larges franges des jeunes g&#233;n&#233;rations, contrecarrant s&#233;rieusement les ambitions nationalistes des politiciens du PLD. On rejoindra C. Galan quand il appelle de ses v&#339;ux la n&#233;cessaire prise en compte des &#233;l&#232;ves &#171; diff&#233;rents &#187;, s'agissant des enfants d'immigr&#233;s, ayant s&#233;journ&#233; &#224; l'&#233;tranger, ou en situation de handicap. Il est clair aussi que l'&#233;galit&#233; de traitement ne devra pas conduire &#224; interdire l'enseignement du raisonnement &#233;crit sous sa forme longue, du &#171; comment penser &#187; si constitutif de la litt&#233;rature et des sciences humaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 10. Lire, sur ce site : J&#233;r&#244;me Deauvieau, &#171; Quel enseignement pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ces consid&#233;rations mises &#224; part, une v&#233;ritable d&#233;mocratisation scolaire &lt;i&gt;appelle visiblement une syst&#233;matisation de l'&#233;galit&#233; de traitement&lt;/i&gt;. Au point de vue de l'organisation du syst&#232;me scolaire, cela ne peut impliquer que la suppression de la concurrence : soit la nationalisation du secteur &#233;ducatif priv&#233;, et la fermeture des juku, en commen&#231;ant par les juku &#171; pour aller de l'avant &#187; (&lt;i&gt;shingaku juku&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je me centre ici sur la situation interne &#224; l'institution scolaire. Du c&#244;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gageons qu'une fois cette concurrence abolie, les d&#233;rives de type &#171; bachotage &#187;, dans les pratiques p&#233;dagogiques des enseignants japonais eux-m&#234;mes, auront t&#244;t fait d'appara&#238;tre superflues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est particuli&#232;rement William K. Cummings, &lt;i&gt;Educational equality in Japan &lt;/i&gt; (Princeton University Press, 1980), qui est vis&#233; dans l'introduction de l'ouvrage. Suite &#224; la publication du rapport de Christopher Jencks et de ses coll&#232;gues sur les in&#233;galit&#233;s &#233;ducatives aux &#201;tats-Unis, la quatri&#232;me de couverture du livre de Cummings proclamait que &#171; les Japonais ont r&#233;ussi l&#224; o&#249; les Am&#233;ricains ont &#233;chou&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'auteur est professeur des universit&#233;s en langue et civilisation japonaises &#224; l'universit&#233; Toulouse-Jean Jaur&#232;s, chercheur &#224; l'Institut fran&#231;ais de recherches sur l'Asie de l'Est (IFRAE, Inalco / Universit&#233; Paris Cit&#233; / CNRS) et co-directeur de la revue &lt;i&gt;&#201;tudes japonaises&lt;/i&gt;, qu'il a co-fond&#233;e en 2024. Signalons que ses premiers travaux ont port&#233; sur l'enseignement de la lecture, sujet amplement trait&#233; sur le site du GRDS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'ouvrage, les titres japonais sont transcrits en r&#244;maji (en alphabet latin, selon le syst&#232;me dit &#171; Hepburn modifi&#233; &#187;), suivis d'une traduction en fran&#231;ais. La transcription des noms de personne respecte l'usage japonais qui est de citer d'abord le nom de famille, puis le nom personnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les textes suivants constituent une premi&#232;re version de certains chapitres : &#171; Eug&#233;nisme et &#233;ducation dans le Japon d'apr&#232;s-guerre &#187;,&lt;i&gt;Cipango. Cahiers d'&#233;tudes japonaises&lt;/i&gt;, vol. 24, 2021, Isabelle Konuma (coord.), &#171; Eug&#233;nisme dans le Japon moderne et contemporain &#187;, pp. 163-&#8288;207 (pour le chapitre 1) ; &#171; L'&#233;volution du concept d'&#8220;&#233;ducation d'apr&#232;s-guerre&#8221; &#187;, in Michael Lucken, Anne Bayard-Sakai et Emmanuel Lozerand (dir.), &lt;i&gt;Le Japon apr&#232;s la guerre&lt;/i&gt;, Arles, Philippe Picquier, 2006, pp. 47-&#8288;81 (ouvrage r&#233;&#233;dit&#233; sous le titre &lt;i&gt;Sengo, le Japon apr&#232;s la guerre&lt;/i&gt;, Paris, Presses de l'Inalco, 2017, pp. 47-&#8288;82) (ch. 2) ; &#171; Une strat&#233;gie du d&#233;sordre : l'assouplissement de la sectorisation scolaire au Japon &#187;, &lt;i&gt;Dossiers des sciences de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, 2012, no 27, Christian Galan et Claude L&#233;vi Alvar&#232;s (coord.), &#171; S&#233;isme &#233;ducatif au Japon &#187;, pp. 87-&#8288;101 (d&#233;but du ch. 3) ; &#171; Le syst&#232;me &#233;ducatif japonais au prisme du mod&#232;le &#8220;centre-p&#233;riph&#233;rie(s)&#8221; &#187; [2021], in Aline Henninger et Mayumi Shimosakai (dir.), &lt;i&gt;Japon pluriel 14. P&#233;riph&#233;ries et centres&lt;/i&gt;. Actes du quatorzi&#232;me colloque de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise d'&#233;tudes japonaises, Arles, Philippe Picquier, 2023, pp. 43-&#8288;85 (ch. 6) ; communication &#171; La Covid-&#8288;19 et le syst&#232;me &#233;ducatif japonais : tensions, d&#233;fis et opportunit&#233;s (manqu&#233;es ?) &#187;, journ&#233;es d'&#233;tude &#171; La soci&#233;t&#233; japonaise face &#224; la Covid-&#8288;19 &#187; du groupe de recherche &lt;i&gt;Populations japonaises &#8211; IFRAE / CRCAO&lt;/i&gt;, universit&#233; Paris Cit&#233;, 18-&#8288;19 novembre 2021 (ch. 7).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Postface &#224; la traduction japonaise de Michael J. Sandel, &lt;i&gt;The tyranny of merit : what's become of the common good ? &lt;/i&gt; (Londres, Allen Lane, 2020 ; trad. jap. &lt;i&gt;Hayakawa shob&#244;&lt;/i&gt;, 2023, cit&#233;e p. 63, note 1.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la notion d'aptitudes, voir sur ce site : Fabienne Andr&#233;, &#171; &lt;i&gt;Apprendre. Les &#171; aptitudes &#187;, vie et mort, et Dehaene &#187;&lt;/i&gt;, 2025 : https:&lt;a href=&#034;http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article361&lt;/a&gt; ; et Jean-Pierre Terrail, &#171; &lt;i&gt;Visages du progressisme scolaire en France (1880-2021) : m&#233;ritocratie ou d&#233;mocratie ?&lt;/i&gt; &#187;, 2021 : &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article338&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article338&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; M&#233;ritocratie &#187; correspond plut&#244;t &#224; &lt;i&gt;jitsuryoku shugi&lt;/i&gt; (&#171; syst&#232;me fond&#233; sur les comp&#233;tences &#187;), utilis&#233; surtout &#224; partir de 1990. Cette expression remplace &lt;i&gt;gakureki shakai&lt;/i&gt; (&#171; soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur les dipl&#244;mes &#187;), tr&#232;s utilis&#233;e des ann&#233;es 1970 jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990, mais beaucoup moins aujourd'hui. &lt;i&gt;Meri(t)tokurash&#238;&lt;/i&gt; reste marginal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Hensachi&lt;/i&gt; = [(r&#233;sultat de l'&#233;l&#232;ve - moyenne de la cohorte) / &#233;cart-type de la cohorte] x 10 + 50. Le hensachi est donc compris entre 25 et 75 pour la quasi-totalit&#233; (98,76 %) d'une cohorte. Un hensachi de 50 situe un &#233;l&#232;ve exactement &#224; la moyenne de sa cohorte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La caract&#233;risation de ces pratiques p&#233;dagogiques n'est pas au c&#339;ur de l'ouvrage. On trouvera plus de d&#233;tails dans les textes suivants : Christian Galan, &#171; Japon : l'uniformit&#233; comme principe p&#233;dagogique &#187;, in Collectif, Actes du colloque &#171; D&#233;fendre et transformer l'&#233;cole pour tous &#187;, universit&#233; de Provence, Marseille, 3-&#8288;4-&#8288;5 octobre 1997, &#233;dit&#233;s sur CD-Rom par l'IUFM d'Aix-Marseille, 1998 (https://hal.science/hal-02399202/) ; et Christian Galan, Yves Cadot et Aline Henninger, &#171; Neutraliser (toujours plus) la &#171; variable enseignant &#187; &#187;, in &lt;i&gt;Loyaut&#233; et patriotisme (le retour). &#201;ducation et n&#233;o-conservatisme dans le Japon du XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, PUR, &#171; Histoire &#187;, 2023, pp. 79-&#8288;108 (&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/books.pur.189255&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/books.pur.189255&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;galit&#233; de traitement entra&#238;ne aussi des cons&#233;quences sur les modes d'&#233;valuation, comme il est sugg&#233;r&#233; dans la conclusion de l'ouvrage. Puisqu'on ne peut &#233;valuer les &#233;l&#232;ves que sur ce que l'on est certain qu'ils ont tous acquis dans les m&#234;mes conditions, les questionnaires &#224; choix multiples et autres r&#233;ponses br&#232;ves sont la r&#232;gle. Le commentaire de texte et la dissertation sont totalement absents ; la lecture d'&#339;uvres int&#233;grales, trop variable selon l'individu, est rare.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'auteur pr&#233;cise lui-m&#234;me (p. 45) qu'il n'avait jamais envisag&#233; le lien entre eug&#233;nisme et &#233;ducation avant l'&#233;criture de l'article qui a servi de base &#224; ce chapitre (voir note 4).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;galit&#233; d'acc&#232;s dont demeurent donc exclus les &#233;l&#232;ves en situation de handicap, rel&#233;gu&#233;s dans l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e. L'auteur ne traite pas leur cas dans l'ouvrage, et renvoie notamment aux travaux d'Anne-Lise Mithout. Sur les &#233;l&#232;ves immigr&#233;s ou ayant s&#233;journ&#233; &#224; l'&#233;tranger, voir la note suivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De m&#234;me, les dispositifs sp&#233;cifiques qui permettraient de scolariser les enfants d'immigr&#233;s, ou m&#234;me simplement ceux ayant s&#233;journ&#233; &#224; l'&#233;tranger, demeurent quasi inexistants &#224; ce jour. L'auteur a ici laiss&#233; de c&#244;t&#233; cette question, mais y a consacr&#233; de pr&#233;c&#233;dents travaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fukaya Masashi, Dobashi Minoru et Saegusa Keiko, &#171; Gakush&#251; juku &#187;, &lt;i&gt;Monogurafu &#8211; sh&#244;gakusei nau&lt;/i&gt; (Monographies &#8211; les &#233;coliers aujourd'hui), vol. 15-&#8288;6, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La conclusion du cinqui&#232;me chapitre (pp. 392-&#8288;395) r&#233;sume particuli&#232;rement bien ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Afin de ne pas trop allonger ce compte-rendu, on s'est concentr&#233; sur les caract&#233;ristiques les plus saillantes du syst&#232;me &#233;ducatif nippon. On a laiss&#233; de c&#244;t&#233; le d&#233;but du troisi&#232;me chapitre, consacr&#233; &#224; la mise en place partielle d'une politique de &#171; choix de l'&#233;cole &#187;, ainsi que le septi&#232;me chapitre, qui analyse les premiers mois de la pand&#233;mie de Covid-&#8288;19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Japon compte 47 unit&#233;s administratives, dont 43 ont le statut de ken (d&#233;partements). Par commodit&#233;, l'auteur les appelle toutes &#171; d&#233;partements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agn&#232;s Van Zanten, &lt;i&gt;L'&#233;cole de la p&#233;riph&#233;rie. Scolarit&#233; et s&#233;gr&#233;gation en banlieue&lt;/i&gt;, Paris, PUF, &#171; Le lien social &#187;, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Fijalkow, &lt;i&gt;Entrer dans l'&#233;crit&lt;/i&gt;, Paris, Mignard, 1993, p. 8 (cit&#233; pp. 172-&#8288;173). Voir aussi page 395 : &#171; une &#233;ducation &#233;galitariste dans une soci&#233;t&#233; fondamentalement in&#233;galitaire amplifi[e] en r&#233;alit&#233; les in&#233;galit&#233;s existant au sein de celle-ci en restreignant toujours plus la part de la population pouvant objectivement participer &#224; la comp&#233;tition scolaire, c'est-&#224;-dire avec une chance r&#233;elle de &#171; gagner quelque chose &#187;, f&#251;t-ce peu. &#187;. Et page 522 : &#171; une &#233;ducation et une p&#233;dagogie &#233;galitaristes dans un monde d'in&#233;galit&#233;s ne peuvent que renforcer les in&#233;galit&#233;s en question. Donner &#224; tous la m&#234;me chose quand tous sont diff&#233;rents revient &#224; favoriser les mieux dot&#233;s en capital &#233;conomique, social et culturel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir note 10. Lire, sur ce site : J&#233;r&#244;me Deauvieau, &#171; Quel enseignement pour penser le monde social ? Quelques r&#233;flexions et propositions &#187;, GRDS, 2017 : &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article259&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article259&lt;/a&gt; ; et aussi Nicole Grataloup, &#171; &#201;crire pour penser et pour philosopher &#187;, in Jean-Pierre Terrail (coord.), &lt;i&gt;P&#233;dagogies de l'exigence. R&#233;cits de pratiques enseignantes en milieux populaires&lt;/i&gt;, La Dispute, &#171; L'enjeu scolaire &#187;, pp. 169-&#8288;187. (&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/disp.terra.2020.01.0169&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/disp.terra.2020.01.0169&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je me centre ici sur la situation interne &#224; l'institution scolaire. Du c&#244;t&#233; des familles, la situation actuelle, particuli&#232;rement d&#233;l&#233;t&#232;re, se caract&#233;rise &#224; la fois par l'effondrement de la croyance en une &#171; &#233;galit&#233; d'ant&#233;c&#233;dents &#187; &#8211; remplac&#233;e par le constat d&#233;sabus&#233; de l'existence d'une &#171; loterie parentale &#187; (oya-gacha) &#8211; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; par le maintien de l'attachement au moyennisme acad&#233;mique incarn&#233; par le hensachi, per&#231;u comme objectif, donc juste. &#171; Si [&#8230;] beaucoup de Japonais &#8211; et notamment les jeunes &#8211; ont pris conscience de l'existence d'in&#233;galit&#233;s sociales et scolaires pouvant agir sur l'obtention d'un hensachi plus ou moins &#233;lev&#233;, ce sont bien les conditions in&#233;galitaires de cette obtention que ceux-ci d&#233;noncent et non l'outil qui les mesure. &#187; (p. 519) On reste attach&#233; &#224; la &#171; juste &#187; mesure de sa valeur relative, quand bien m&#234;me on ressent vivement que tous ne sont pas partis de la m&#234;me ligne de d&#233;part : on voit bien qu'il n'y a que le maintien de la comp&#233;tition scolaire pour expliquer cette position d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole finlandaise : la chute d'une ic&#244;ne (et ses enseignements)</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article379</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article379</guid>
		<dc:date>2026-05-13T10:34:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabienne Andr&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des succ&#232;s, un d&#233;clin, et un besoin d'explication &lt;br class='autobr' /&gt; On se souvient peut-&#234;tre de la surprise provoqu&#233;e par les donn&#233;es de la premi&#232;re enqu&#234;te PISA, publi&#233;es en 2001, dont ressortaient les super scores de l'&#233;cole finlandaise, en t&#234;te de tous les pays de l'OCDE en mati&#232;re de ma&#238;trise de la langue &#233;crite, quatri&#232;me en sciences, cinqui&#232;me en maths. Nous avions rendu compte ici de l'ouvrage de Paul Robert qui, en 2008, avait salu&#233; ces succ&#232;s et soulign&#233; ce qui alors avait frapp&#233; les esprits et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;Histoire de l'&#233;cole&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH127/arton379-25427.png?1790688752' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='127' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des succ&#232;s, un d&#233;clin, et un besoin d'explication&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; On se souvient peut-&#234;tre de la surprise provoqu&#233;e par les donn&#233;es de la premi&#232;re enqu&#234;te PISA, publi&#233;es en 2001, dont ressortaient les super scores de l'&#233;cole finlandaise, en t&#234;te de tous les pays de l'OCDE en mati&#232;re de ma&#238;trise de la langue &#233;crite, quatri&#232;me en sciences, cinqui&#232;me en maths&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'essentiel : financ&#233;e par l'OCDE et con&#231;ue par des chercheurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous avions rendu compte ici de l'ouvrage de Paul Robert qui, en 2008, avait salu&#233; ces succ&#232;s et soulign&#233; ce qui alors avait frapp&#233; les esprits et &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment essentiel d'explication : la r&#233;forme des ann&#233;es 1970 et la mise en place d'une &#233;cole fondamentale pour tous, jusqu'&#224; 16 ans, tronc v&#233;ritablement commun : sans redoublements, sans notes pendant les six ann&#233;es du cycle initial, sans classes de niveau, donc sans classement ni hi&#233;rarchisation des &#233;l&#232;ves, et m&#234;me sans examen &#224; la sortie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Terrail, Paul Robert, La Finlande : un mod&#232;le &#233;ducatif pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GRDS ne pouvait qu'&#234;tre sensible &#224; la r&#233;ussite d'un syst&#232;me &#233;ducatif dans lequel, notions-nous, &#171; L'objectif affich&#233; d'&#171; une bonne &#233;cole pour tous &#187; est ici pris au s&#233;rieux : tout semble fait dans la pratique pour que tous les &#233;l&#232;ves sortent du tronc commun en possession du m&#234;me bagage cognitif et culturel de base. Les enseignants ont une forte responsabilit&#233; dans la gestion du dispositif de rem&#233;diation. D&#232;s que des difficult&#233;s apparaissent dans une mati&#232;re donn&#233;e, des s&#233;ances d'aide sont organis&#233;es, pendant ou apr&#232;s la classe, avec l'appui d'assistants d'&#233;ducation. &#187; Et nous ajoutions, toujours &#224; partir du travail de Paul Robert, &#171; Le scepticisme initial d'une partie des enseignants quant au r&#233;alisme de cette ambition a &#233;t&#233; surmont&#233; au cours de n&#233;gociations qui ont abouti &#224; r&#233;duire la taille des classes, et assur&#233; de bonnes conditions de travail gr&#226;ce &#224; une libert&#233; et une responsabilit&#233; p&#233;dagogiques maximales (accompagn&#233;es de la suppression de l'inspection). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probl&#232;me : dix ans apr&#232;s, l'ic&#244;ne &#233;tait d&#233;chue. Certes la chute est relative ; elle a suscit&#233; beaucoup moins de commentaires que les performances de 2001, mais elle est manifeste&#8230; et surtout elle appelle &#224; son tour une explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Classement de la Finlande dans les enqu&#234;tes PISA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH96/capture_d_e_cran_2026-05-13_a_12.23.57-4d8c0.png?1790689035' width='500' height='96' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans TIMSS, un test international plus ax&#233; sur les programmes scolaires, les &#233;l&#232;ves finlandais de 13 ans ont vu leurs scores en math&#233;matiques chuter de 38 points entre 1999 et 2011 &#8211; laissant les &#233;l&#232;ves de 14 ans du pays obtenir des r&#233;sultats l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieurs en 2011 par rapport &#224; ceux de 13 ans en 1999&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TIMSS (Trends in Mathematics and Science Study) est une &#233;tude comparative (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2015 que parut en Angleterre un rapport de recherche universitaire (non traduit en fran&#231;ais), publi&#233; par le Centre for Policy Studies de la London School of Economics, se proposant d'exposer &#171; &lt;i&gt;Ce que sont en r&#233;alit&#233; les le&#231;ons de la Finlande&lt;/i&gt; &#187;, et annon&#231;ant en sous-titre : &#171; &lt;i&gt;La v&#233;ritable histoire d'une superpuissance &#233;ducative &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gabriel Heller Sahlgren, Real Finnish Lessons. The true story of an (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son auteur, Gabriel Heller Sahlgren, chercheur su&#233;dois (Stockholm), a directement enqu&#234;t&#233; au long de l'ann&#233;e 2014, pour la r&#233;alisation de sa th&#232;se de doctorat, aupr&#232;s des &#233;tablissements, des enseignants, et des responsables &#233;ducatifs finlandais. Il en a tir&#233; une &#233;tude solidement document&#233;e qui, afin de proposer une interpr&#233;tation convaincante du d&#233;clin des performances cognitives des adolescents finlandais au cours des ann&#233;es 2000, commence par revenir sur les conditions r&#233;elles des succ&#232;s de leur syst&#232;me &#233;ducatif tels qu'ils ont &#233;t&#233; relev&#233;s au d&#233;but de la d&#233;cennie gr&#226;ce &#224; PISA. Nous reprendrons, dans ce qui suit, les lin&#233;aments de son argumentation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reprendre l'analyse des raisons du succ&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sahlgren a doublement mis la logique de son c&#244;t&#233;. D'une part en consid&#233;rant qu'une explication cr&#233;dible du d&#233;clin des performances des jeunes finlandais supposait que les facteurs de leurs succ&#232;s ant&#233;rieurs aient &#233;t&#233; identifi&#233;s de fa&#231;on pertinente, et qu'il fallait donc commencer par reprendre cette identification &#224; nouveaux frais &#8211; sans se contenter des interpr&#233;tations qui ont fleuri au moment des premiers constats, au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Et d'autre part en se refusant, aux fins de cette identification, aux facilit&#233;s des commentaires les plus faciles et les plus fr&#233;quents : ceux qui se contentent de mettre en relation les r&#233;sultats de PISA avec telles ou telles caract&#233;ristiques des syst&#232;mes &#233;ducatifs concern&#233;s, telles qu'elles se donnent &#224; voir au moment de l'enqu&#234;te, sans trop se soucier de v&#233;rifier que les corr&#233;lations observ&#233;es rel&#232;vent effectivement d'une relation de causalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, donc, reprendre l'analyse des raisons du succ&#232;s. Parmi celles qui ont &#233;t&#233; avanc&#233;es dans les premi&#232;res ann&#233;es 2000, Sahlgren retient l'unification du syst&#232;me &#233;ducatif supprimant le dispositif ant&#233;rieur &#224; deux fili&#232;res par la r&#233;forme de 1972 ; mais aussi la fin des contr&#244;les standardis&#233;s (des enseignants comme des &#233;l&#232;ves), la collaboration autonome des enseignants, ainsi que la qualit&#233; professionnelle de ces derniers, issus d'une tr&#232;s forte s&#233;lection et tous pourvus d'un master. Or il conteste cette vision des choses de fa&#231;on assez radicale : &#171; En r&#233;alit&#233;, &#233;crit-il, il y a peu de fondements &#224; ces arguments &#187;. Pour une raison qui est d'abord d'ordre chronologique : les performances du d&#233;but des ann&#233;es 2000 ont &#233;t&#233; attribu&#233;es &#224; une organisation du syst&#232;me scolaire qui commen&#231;ait juste alors &#224; se mettre en place, et qui caract&#233;rise plut&#244;t&#8230; la p&#233;riode de leur d&#233;clin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jusqu'aux ann&#233;es 1990, le syst&#232;me &#233;ducatif finlandais &#233;tait centralis&#233; et contr&#244;l&#233; par l'&#201;tat. Le programme national &#233;tait d&#233;taill&#233; et prescriptif, et tous les enseignants devaient suivre une formation approfondie en cours d'emploi, tout en &#233;tant tenus de consigner ce qui &#233;tait enseign&#233; heure par heure dans des journaux de classe pour garantir qu'ils respectaient le contenu obligatoire. Il existait &#233;galement une inspection active des &#233;coles, et tous les manuels scolaires devaient &#234;tre approuv&#233;s par le Conseil national de l'&#233;ducation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait bien qu'on ne transforme pas les institutions, et la culture professionnelle qui va avec, celle du monde enseignant ne faisant pas exception &#224; la r&#232;gle, bien au contraire, par d&#233;cret. Les r&#233;formes dont le principe a &#233;t&#233; con&#231;u dans les ann&#233;es 1970 ont pris de fait beaucoup de temps pour prendre corps. L'autonomie des &#233;coles, comme l'abolition des inspections scolaires et de l'approbation des manuels de classe, ne sont devenues r&#233;alit&#233;s que dans la deuxi&#232;me partie des ann&#233;es 1990. Elles ne sauraient d&#232;s lors, rel&#232;ve Sahlgren, &#234;tre &#224; l'origine des remarquables performances des adolescents de 15 ans enqu&#234;t&#233;s par PISA en 2000 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il semble que la mont&#233;e en puissance de la Finlande ait principalement acc&#233;l&#233;r&#233; sous l'ancien syst&#232;me centralis&#233;. Alors que les r&#233;sultats ont augment&#233; d'environ l'&#233;quivalent de 23 points TIMSS entre 1965 et 1980, ils ont augment&#233; de 32 points suppl&#233;mentaires dans les ann&#233;es 1980. Ils ont &#233;galement augment&#233; de 34 points suppl&#233;mentaires dans les ann&#233;es 1990, mais ont commenc&#233; &#224; se stabiliser dans la derni&#232;re partie de la d&#233;cennie, pour finalement commencer &#224; d&#233;cliner au milieu des ann&#233;es 2000. En fait, &#233;tant donn&#233; l'&#226;ge des &#233;l&#232;ves test&#233;s, les gains les plus importants ont eu lieu lorsque les &#233;l&#232;ves fr&#233;quentaient principalement l'&#233;cole avant que l'ancien syst&#232;me ne soit enti&#232;rement aboli &#8211; et le pic se produit peu apr&#232;s son abolition compl&#232;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Sahlgren multiplie les observations &#224; l'appui de cette th&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entre 1970 et 1983, les performances en sciences des &#233;l&#232;ves finlandais de dix ans ont augment&#233; de l'&#233;quivalent de 48 &#224; 59 points TIMSS, selon l'ajustement effectu&#233;, un gain plus important que celui de tout autre pays. En 1983, la Finlande s'est donc class&#233;e premi&#232;re en sciences, &#224; &#233;galit&#233; avec le Japon et la Cor&#233;e du Sud. Parmi les &#233;l&#232;ves de 14 ans, les scores en sciences de la Finlande ont augment&#233; de l'&#233;quivalent de 11 &#224; 22 points entre 1970 et 1983, pla&#231;ant le pays statistiquement significativement derri&#232;re seulement la Hongrie, le Japon et les Pays-Bas parmi les 26 syst&#232;mes &#233;ducatifs au total en 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, en 1991, &#224; la fin du syst&#232;me centralis&#233;, les &#233;l&#232;ves finlandais de 9 et 14 ans surpassaient tous les autres pays en lecture. En fait, les &#233;l&#232;ves finlandais avaient d&#233;j&#224; obtenu des positions de t&#234;te dans un test similaire d&#232;s 1970, se classant troisi&#232;mes dans les deux groupes d'&#226;ge. Et en math&#233;matiques, les scores des &#233;l&#232;ves du secondaire inf&#233;rieur en Finlande ont augment&#233; davantage en termes absolus entre le milieu des ann&#233;es 1960 et le d&#233;but des ann&#233;es 1980 que dans tous les autres neuf pays ayant particip&#233; aux deux occasions, &#224; l'exception des Pays-Bas, bien que la Finlande n'ait &#233;merg&#233; comme un pays performant qu'avec les premiers r&#233;sultats du PISA en 2000. D'autres donn&#233;es soutiennent la trajectoire g&#233;n&#233;rale de mont&#233;e et de d&#233;clin dans les enqu&#234;tes internationales. Les scores moyens des tests des conscrits masculins finlandais &#226;g&#233;s de 18 &#224; 20 ans ont augment&#233; d'environ l'&#233;quivalent de 24 points PISA entre 1988 et 1997, tandis qu'ils ont diminu&#233; entre 1997 et 2009 d'environ 21 points PISA. En d'autres termes, les performances se sont am&#233;lior&#233;es lorsque les jeunes hommes fr&#233;quentaient principalement l'&#233;cole primaire et secondaire inf&#233;rieure avant que l'ancien syst&#232;me ne soit enti&#232;rement aboli, et ont commenc&#233; &#224; diminuer lorsqu'ils ont &#233;t&#233; davantage expos&#233;s au nouveau syst&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'impact de la r&#233;forme de la formation des enseignants, &#171; &#233;tant donn&#233; le temps n&#233;cessaire pour renouveler l'ensemble du corps enseignant en laissant les candidats passer par le nouveau syst&#232;me, il est &#233;galement improbable que les changements dans leur formation soient une bonne explication des premiers r&#233;sultats du PISA (&#8230;) En fait, le d&#233;part &#224; la retraite des enseignants form&#233;s sous l'ancien r&#233;gime co&#239;ncide avec la stagnation des performances du pays et son d&#233;clin &#233;ventuel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : &#171; Les v&#233;ritables causes de l'ascension de la Finlande dans les tests internationaux sont peu susceptibles d'&#234;tre trouv&#233;es en examinant les caract&#233;ristiques du syst&#232;me &#233;ducatif actuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2015 donc (ndlr).&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les donn&#233;es pr&#233;sent&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent indiquent que nous devons remonter plus loin dans le temps pour trouver des explications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cole et construction nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon Sahlgren, la politique scolaire a constitu&#233; de longue date un instrument majeur de la construction de la Finlande comme nation ind&#233;pendante, alors qu'elle n'&#233;tait au d&#233;part qu'une r&#233;gion autonome de l'empire tsariste. La scolarisation devait assurer la diffusion de l'&#233;thique patriotique, tout en int&#233;grant les r&#233;gions rurales finnophones dans un ensemble culturellement unifi&#233;. Cette double mission fut confi&#233;e &#224; des enseignants formant &#171; une arm&#233;e bien disciplin&#233;e d'&#233;ducateurs &#187; au service du nationalisme finlandais, et que la seconde guerre mondiale a rendu encore plus imp&#233;rative. Sorte de hussards noirs de la r&#233;publique version finnoise, ces enseignants b&#233;n&#233;ficiaient du m&#234;me coup d'un statut social particulier et tr&#232;s reconnu. La profession &#233;tait enviable, la s&#233;lection &#233;tait forte et retenait des candidats dont la comp&#233;tence n'&#233;tait sans doute pas pour rien dans l'efficience du syst&#232;me &#233;ducatif. Le respect dont ils jouissaient permettait de maintenir un enseignement de type magistral et autoritaire : &#171; Quelle que soit l'activit&#233; sp&#233;cifique dans laquelle les &#233;l&#232;ves s'engagent, souligne Sahlgren &#224; cet &#233;gard, la caract&#233;ristique cl&#233; de ce style &#233;ducatif est que le mode d'instruction est dirig&#233; par l'enseignant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or nombre de t&#233;moignages semblent attester que ce type de rapport p&#233;dagogique, solidement ancr&#233; dans la tradition du monde &#233;ducatif finlandais, a perdur&#233; jusqu'aux ann&#233;es 2000, bien apr&#232;s donc les r&#233;formes institutionnelles des ann&#233;es 1970 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la fin des ann&#233;es 1980, des chercheurs ont analys&#233; des enregistrements vid&#233;o de cours et ont conclu que la dynamique en classe dans le pays ne semblait pas avoir beaucoup chang&#233; au cours des 50 ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, les enseignants parlant plus des deux tiers du temps et les &#233;l&#232;ves donnant des r&#233;ponses courtes aux questions des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, quatre ans avant la premi&#232;re &#233;tude PISA, un groupe de chercheurs britanniques de l'Universit&#233; d'East Anglia a visit&#233; 50 &#233;coles finlandaises et a rapport&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Toute une classe suivant ligne par ligne ce qui est &#233;crit dans le manuel, &#224; un rythme d&#233;termin&#233; par l'enseignant. Rang&#233;es et rang&#233;es d'enfants faisant tous la m&#234;me chose de la m&#234;me mani&#232;re. &#187; En 2003, une &#233;quipe de chercheurs finlandais a interrog&#233; environ 3 600 &#233;l&#232;ves de 15 ans dans 61 &#233;coles s&#233;lectionn&#233;es au hasard sur les m&#233;thodes d'enseignement utilis&#233;es dans les cours de sciences. Ils ont constat&#233; que &#171; les cours de sciences semblent &#234;tre assez traditionnels. L'enseignement direct, la r&#233;solution de probl&#232;mes de base, la lecture de manuels et la r&#233;alisation de travaux pratiques sont souvent utilis&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, au milieu des ann&#233;es 2000, un chercheur a film&#233; des cours de math&#233;matiques avec dix enseignants finlandais s&#233;lectionn&#233;s au hasard et a rapport&#233; que &#171; les enseignants finlandais sont plut&#244;t traditionnels et conservateurs sur le plan p&#233;dagogique en classe [&#8230;] [et] m&#232;nent leurs cours de mani&#232;re assez uniforme &#187;. [&#8230;] Nous n'avons pas vu beaucoup de preuves, par exemple, d'un apprentissage centr&#233; sur l'&#233;l&#232;ve ou d'un apprentissage ind&#233;pendant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En d'autres termes, souligne Sahlgren, les m&#233;thodes p&#233;dagogiques finlandaises sont rest&#233;es traditionnelles tout au long de l'&#232;re des am&#233;liorations &#233;ducatives, en contraste marqu&#233; avec l'id&#233;al constructiviste et progressiste. Elles semblent &#233;galement avoir &#233;t&#233; uniformes entre les enseignants et les &#233;coles, malgr&#233; l'autonomie &lt;i&gt;de jure &lt;/i&gt; dont jouissaient les enseignants. &#187; Et il en conclut que &#171; les m&#233;thodes traditionnelles utilis&#233;es en Finlande pendant son ascension dans les enqu&#234;tes internationales sont efficaces pour produire des scores &#233;lev&#233;s aux tests. Cela renforce l'id&#233;e que la pr&#233;servation d'une culture d'autorit&#233;, tout en traversant des changements soci&#233;taux rapides, est une explication partielle des performances &#233;ducatives croissantes du pays au cours du XXe si&#232;cle. Ce constat converge avec ce que l'on sait d'apr&#232;s le travail de John Hattie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Olivier Mottint, Faut-il renoncer aux p&#233;dagogies actives ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; comme des r&#233;sultats d&#233;sastreux de l'exp&#233;rience qu&#233;becoise des ann&#233;es 2000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A propos du &#171; Renouveau p&#233;dagogique &#187; au Qu&#233;bec, voir Jean-Pierre Terrail, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et l'auteur d'en conclure : &#171; Les m&#233;thodes d'enseignement autoritaires semblent pr&#233;f&#233;rables, du moins pour atteindre l'objectif traditionnel d'am&#233;liorer les performances cognitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effets de la modernisation sociale et p&#233;dagogique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La modernisation tardive de la Finlande et son d&#233;veloppement &#233;conomique alors rapide ont eu deux cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le pays a commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper &#233;conomiquement, l'&#233;ducation de masse s'est v&#233;ritablement mise en place, en b&#233;n&#233;ficiant de l'efficacit&#233; des m&#233;thodes d'enseignement traditionnelles qui se perp&#233;tuaient : c'est alors, au d&#233;but des ann&#233;es 2000, que l'&#233;cole finlandaise obtient ses plus grands succ&#232;s. Mais ce m&#234;me d&#233;veloppement a tr&#232;s vite commenc&#233; &#224; saper les fondements culturels et sociaux du syst&#232;me &#233;ducatif, sous l'impact de la transformation des valeurs et des modes de vie promus par les jeunes g&#233;n&#233;rations. Parmi ces derni&#232;res, &#171; les attitudes favorables &#224; l'apprentissage ont diminu&#233; entre 2001 et 2012. Entre 2000 et 2009, la part des &#233;l&#232;ves finlandais de 15 ans qui lisaient plus de 30 minutes par jour est pass&#233;e de 48 % &#224; 34 %. &#187; On peut invoquer ici le poids &#171; des am&#233;liorations technologiques, en particulier la mont&#233;e des r&#233;seaux sociaux &#187;. &#201;galement le reflux du respect de l'ob&#233;issance, que rel&#232;vent beaucoup d'enseignants, favoris&#233; sans doute par les parents eux-m&#234;mes, moins nombreux &#224; souhaiter l'inculquer &#224; leurs enfants, et plus critiques eux-m&#234;mes vis-&#224;-vis des enseignants, car plus instruits. Soit &#171; Les pressions de la soci&#233;t&#233; post-industrielle &#233;rodent de nombreux fondements sur lesquels reposaient les performances &#233;ducatives de la Finlande, tout comme elles ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;es dans la plupart des pays occidentaux plus t&#244;t dans l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au plan des pratiques p&#233;dagogiques ? Le signal du changement est donn&#233; par le programme national de 1994 &#171; selon lequel toutes les &#233;coles devaient concevoir leurs propres programmes d'&#233;tudes de mani&#232;re &#224; am&#233;liorer l'enseignement et l'apprentissage selon les id&#233;es &#233;ducatives constructivistes. &#187; Mais il a fallu du temps pour que les pratiques changent majoritairement, au point que les ann&#233;es 2000 sont celles de l'apog&#233;e des m&#233;thodes traditionnelles. Celles-ci restent encore r&#233;pandues dans les ann&#233;es 2010, marqu&#233;es toutefois par la mont&#233;e en puissance progressive d'une p&#233;dagogie beaucoup plus centr&#233;e sur les &#233;l&#232;ves, leur activit&#233; individuelle, leurs questionnements. &#171; Entre 1994 et 2010, la part moyenne des &#233;l&#232;ves finnois de 11, 13 et 15 ans qui ont explicitement d&#233;clar&#233; que leurs enseignants les encourageaient &#224; exprimer leurs opinions en classe est pass&#233;e de 36 % &#224; 54 %. La part de ceux qui ont explicitement d&#233;clar&#233; que leurs enseignants s'int&#233;ressaient &#224; leur vie est pass&#233;e de 18 % &#224; 32 %, tandis que la part de ceux qui &#233;taient en d&#233;saccord explicite a diminu&#233; de 39 % &#224; 24 %. &#187; Et cette transformation de la relation p&#233;dagogique est encourag&#233;e par les pouvoirs publics. Le programme national de 2016 ne stipule-t-il pas que &#171; les &#233;l&#232;ves devraient avoir plus d'influence sur l'enseignement &#187; ? &#171; Cette &#233;volution, commente Sahlgren, montre que les enseignants finlandais ont rejoint leurs coll&#232;gues du monde entier dans la transition vers des m&#233;thodes d'apprentissage dirig&#233;es par les &#233;l&#232;ves depuis le pic de performance &#233;ducative du pays. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir du moment o&#249; l'&#233;cole finlandaise rentre ainsi dans le rang mondial de la modernisation p&#233;dagogique que les performances de ses &#233;l&#232;ves se mettent &#224; r&#233;gresser. Difficile d&#232;s lors de ne pas consid&#233;rer, avec Sahlgren, que le recul voire l'abandon de la p&#233;dagogie magistrale traditionnelle est pour le moins &#171; une raison pour laquelle le pays a commenc&#233; &#224; d&#233;cliner &#187; dans les classements internationaux des syst&#232;mes &#233;ducatifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;l&#233;ments de discussion et de r&#233;flexion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le monde change, l'&#233;cole doit changer&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sahlgren souligne &#224; juste titre tout ce que ce recul doit &#224; la pression exerc&#233;e sur l'institution scolaire par les transformations de la vie sociale. &#171; Les m&#233;thodes autoritaires ne sont plus consid&#233;r&#233;es comme adapt&#233;es ou possibles dans une soci&#233;t&#233; post-industrielle o&#249; les &#233;l&#232;ves deviennent moins dociles et ob&#233;issants (&#8230;) Lorsque le monde &#233;tait plus autoritaire en g&#233;n&#233;ral, les &#233;l&#232;ves acceptaient plus facilement les enseignants autoritaires. (&#8230;) Les m&#233;thodes p&#233;dagogiques changent tout simplement parce qu'il n'est plus possible de contr&#244;ler la classe avec les anciennes m&#233;thodes (&#8230;) Les m&#233;thodes constructivistes ont probablement &#233;merg&#233; pour aligner ce qui se passe dans les &#233;coles avec la soci&#233;t&#233; ext&#233;rieure (&#8230;) La soci&#233;t&#233; et les pratiques scolaires semblent avoir chang&#233; simultan&#233;ment de mani&#232;re qui pourrait nuire aux performances des &#233;l&#232;ves, refl&#233;tant un sch&#233;ma observ&#233; dans d'autres pays occidentaux en g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la force de ce processus, il se garde cependant d'en faire une destin&#233;e fatale, hors de tout contr&#244;le possible. &#171; Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; est moins ax&#233;e sur l'autorit&#233; et l'ob&#233;issance, et davantage sur la libert&#233; et l'ind&#233;pendance. Par cons&#233;quent, selon cet argument, les &#233;coles doivent adopter ces valeurs. Mais c'est une erreur. Les &#233;coles ne sont pas cens&#233;es &#234;tre des microcosmes du monde ext&#233;rieur. Elles sont cens&#233;es &#234;tre des institutions qui pr&#233;parent les &#233;l&#232;ves &#224; ce monde. Les &#233;l&#232;ves ne sont pas des citoyens adultes et ne devraient pas &#234;tre trait&#233;s comme tels. Ainsi, bien que la soci&#233;t&#233; &#233;volue vers moins d'autorit&#233; et plus d'ind&#233;pendance, cela ne signifie pas que l'&#233;ducation doit suivre cette trajectoire. En fait, on pourrait soutenir qu'il devient encore plus important que les &#233;coles conservent certaines structures autoritaires pour garantir que les &#233;l&#232;ves acceptent l'institution scolaire. Si ce raisonnement est juste, le changement de m&#233;thodes pourrait en r&#233;alit&#233; avoir contribu&#233; &#224; une diminution de l'acceptation de l'autorit&#233; dans les &#233;coles, plut&#244;t que l'inverse (&#8230;) Apr&#232;s tout, si les adultes ne se comportent pas comme des autorit&#233;s, pourquoi les enfants les consid&#233;reraient-ils comme tels ? &#187; Et de conclure : &#171; La le&#231;on politique [de l'exp&#233;rience finlandaise] la plus forte est le danger de rejeter l'autorit&#233; dans les &#233;coles, en particulier en abandonnant l'enseignement structur&#233; et centr&#233; sur les enseignants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sahlgren a certainement raison de souligner l'impact de la pression de parents plus instruits, d'enfants plus agit&#233;s, moins attentifs et moins respectueux, incitant les enseignants &#224; adopter une p&#233;dagogie moins directive et les responsables politiques &#224; pr&#244;ner le recours aux m&#233;thodes actives. Le ph&#233;nom&#232;ne affecte tous les pays d&#233;velopp&#233;s de fa&#231;on comparable, et avec une contemporan&#233;it&#233; croissante (mondialisation, internet, r&#233;seaux). Qu'il ait eu sur les performances de l'&#233;cole finlandaise des effets aussi ostensibles tient &#224; la longue r&#233;sistance que lui a oppos&#233; une p&#233;dagogie traditionnelle efficiente, laquelle a c&#233;d&#233; &#224; son tour, mais plus tardivement qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-il souhaitable, ou m&#234;me possible, comme il le pr&#233;conise, de pr&#233;server les relations &#233;ducatives des transformations qui affectent, hors &#233;cole, l'ensemble de la vie sociale ? Proposons quelques remarques &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;formes de structure et posture p&#233;dagogique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait m&#233;rite d'abord d'&#234;tre soulign&#233;. Dans la foul&#233;e des toutes premi&#232;res enqu&#234;tes PISA, la plupart des commentateurs ont associ&#233; les brillants r&#233;sultats de l'&#233;cole finlandaise aux r&#233;formes des ann&#233;es 1970, au premier rang desquels le Fran&#231;ais Paul Robert, qui y voit explicitement, en 2009, &#171; le secret de la r&#233;ussite &#187; et un &#171; mod&#232;le &#187; possible pour la France. Or ces r&#233;formes concernaient l'organisation des parcours de scolarisation (tronc commun jusqu'&#224; 16 ans, suppression des redoublements, des notes et du classement des &#233;l&#232;ves), mais sans se prononcer sur la nature de la relation p&#233;dagogique elle-m&#234;me, dont la gestion devait &#234;tre librement assum&#233;e par des enseignants dont l'autonomie de d&#233;cision se voyait renforc&#233;e. Ce que montrent les indicateurs mobilis&#233;s par Sahlgren, c'est la force d'inertie de la culture professionnelle du monde enseignant qui, trois d&#233;cennies plus tard, continuent massivement &#224; pratiquer la p&#233;dagogie h&#233;rit&#233;e de la tradition. Forg&#233;e dans l'histoire nationale, c'est paradoxalement cette p&#233;dagogie qui assure, gr&#226;ce &#224; son efficience en mati&#232;re de transmission cognitive, les succ&#232;s du pays dans les premi&#232;res ann&#233;es 2000. Voil&#224; qui rappelle avec insistance que l'essentiel des apprentissages scolaires se joue dans la classe&#8230; et que les transformations de la relation p&#233;dagogique sont le moteur d&#233;cisif de leur am&#233;lioration ou de leur d&#233;t&#233;rioration. L'impact des r&#233;formes du dispositif structurel de scolarisation d&#233;pend toujours de ce qui se passe au plan des relations d'enseignement, et donc de leurs effets &#224; cet &#233;gard. C'est bien ce que nous disions d&#233;j&#224; il y un quart de si&#232;cle dans notre compte-rendu de l'ouvrage de Paul Robert, et gr&#226;ce &#224; quoi, alors m&#234;me que nous approuvions au GRDS le principe de r&#233;formes de structure qui au final ne se sont pas av&#233;r&#233;es d&#233;cisives, les apports de la recherche de Sahlgren ne nous prennent pas aujourd'hui &#224; revers. Citons la fin de notre compte-rendu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Paul Robert insiste &#233;norm&#233;ment sur ce que l'efficacit&#233; de l'enseignement finlandais doit &#224; des apprentissages qui s'op&#232;rent dans une atmosph&#232;re bienveillante et d&#233;tendue, sans stress et sans pression (&#8230;). Peu d'enseignants je suppose contesteraient qu'il soit plus agr&#233;able de travailler dans une ambiance confiante et calme (&#8230;). Mais l'on ne saurait confondre les conditions de travail et le travail lui-m&#234;me. L'efficacit&#233; cognitive d'un syst&#232;me &#233;ducatif d&#233;pend des proc&#233;dures d'apprentissage proprement dites (&#8230;) Et Paul Robert, agr&#233;g&#233; de lettres classiques, sait bien que l'absence de stress ne suffit pas &#224; faire des forts en th&#232;me. Il ne nous dit pourtant pratiquement rien sur les modalit&#233;s d'apprentissage pratiqu&#233;es en Finlande. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Terrail, Paul Robert, La Finlande : un mod&#232;le &#233;ducatif pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (soulign&#233; par nous, F.A.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle &#171; autorit&#233; &#187; pour garantir la qualit&#233; des apprentissages ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons la conclusion essentielle de la recherche de Sahlgren : &#171; La le&#231;on politique la plus forte est le danger de rejeter l'autorit&#233; dans les &#233;coles, en particulier en abandonnant l'enseignement structur&#233; et centr&#233; sur les enseignants. &#187; L'emploi de la notion d'autorit&#233; m&#233;rite &#233;videmment ici d'&#234;tre sp&#233;cifi&#233;, sauf &#224; para&#238;tre faire fi du lourd passif historique accumul&#233;, du ma&#238;tre du fouet des &#233;coles sum&#233;riennes aux turpitudes de B&#233;tharram, par l'exercice du pouvoir sur les enfants dans les enceintes scolaires. Ce que souligne en fait l'exp&#233;rience finlandaise, et cette mention sans doute aurait suffi, c'est l'efficience d'un &#171; enseignement structur&#233; et centr&#233; sur les enseignants &#187; : l'efficience donc d'apprentissages scolaires organis&#233;s et pilot&#233;s de pr&#232;s par les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#233;vidence, par l'analyse de Sahlgren, des cons&#233;quences r&#233;gressives du renoncement &#224; un guidage ferme des apprentissages cognitifs n'a rien de vraiment tr&#232;s surprenant. Les m&#234;mes cons&#233;quences ont &#233;t&#233; constat&#233;es et document&#233;es par les milliers d'&#233;tudes dont l'&#233;quipe n&#233;o-z&#233;landaise de Hattie a fait la synth&#232;se&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hattie, J. (2009). Visible Learning : A Synthesis of Over 800 Meta-Analyses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par le suivi de l'exp&#233;rience du &#171; Renouveau p&#233;dagogique &#187; au Qu&#233;bec, comme par l'analyse des conditions de la baisse des performances des &#233;l&#232;ves fran&#231;ais depuis les ann&#233;es 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Terrail, Mais pourquoi donc le niveau des &#233;l&#232;ves baisse-t-il ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le cas finlandais vient donc s'ajouter &#224; une exp&#233;rience internationale d&#233;j&#224; abondamment fournie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, &#233;voquer un &#171; guidage ferme des apprentissages &#187; est une fa&#231;on de rappeler l'asym&#233;trie de la relation &#233;ducative. L'&#233;ducateur et l'&#233;duqu&#233; ne sont pas des camarades, comme le voudrait le p&#233;dagogue br&#233;silien Paulo Freire, car l'enseignant occupe une position surplombante dans le processus de transmission des connaissances. Ce surplomb peut s'accompagner d'une maltraitance des &#233;l&#232;ves, ou tout simplement d'une inculcation peu attentive &#224; ses effets sur ces derniers. Il peut toutefois aussi, de la part d'enseignants conscients d'&#234;tre les &#171; alli&#233;s dans la place &#187; de leurs &#233;l&#232;ves, &#234;tre mis &#224; profit pour cr&#233;er les conditions d'une appropriation r&#233;fl&#233;chie par leur public des savoirs &#224; transmettre. Dans ce dernier cas l'&#171; autorit&#233; &#187; du ma&#238;tre lui est toujours d&#233;l&#233;gu&#233;e par l'institution, mais sa v&#233;ritable reconnaissance par les &#233;l&#232;ves doit l'essentiel &#224; leur sentiment de r&#233;ussir gr&#226;ce &#224; lui des apprentissages difficiles, et d'&#234;tre ainsi entendus et respect&#233;s. Cette autorit&#233;-l&#224; est toujours indispensable, et elle l'est d'autant plus que les &#233;volutions de la vie sociale tendent &#224; fragiliser, voire &#224; effriter celle que l'on pr&#234;te spontan&#233;ment &#224; l'institution. Pr&#233;server &#171; l'autorit&#233; dans les &#233;coles &#187;, comme le recommande Sahlgren, passe donc aujourd'hui de plus en plus par la capacit&#233; des enseignants &#224; engager leurs &#233;l&#232;ves dans des activit&#233;s intellectuelles exigeantes dont ils sauront surmonter les difficult&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lira avec profit, &#224; cet &#233;gard, l'ouvrage de Nicolas Kaczmarek, Manuel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'essentiel : financ&#233;e par l'OCDE et con&#231;ue par des chercheurs australiens, PISA soumet tous les trois ans (2 000, 2 003, 2 006, etc.), dans chacun des pays enqu&#234;t&#233;s (57 en 2006), environ 5 000 jeunes scolaires de 15 ans &#224; une &#233;preuve de &#171; comp&#233;tences &#187; de 210 minutes portant sur trois domaines : la compr&#233;hension de l'&#233;crit, la culture math&#233;matique, la culture scientifique. L'enqu&#234;te porte en outre sur les caract&#233;ristiques &#233;conomiques et socioculturelles des familles des &#233;l&#232;ves enqu&#234;t&#233;s (et le profil de leur &#233;tablissement scolaire). Elle permet ainsi de comparer les performances des adolescents sous l'angle tant de leur moyenne que de leur dispersion dans chaque pays ; et de rapporter ces performances aux ressources des familles, en mesurant ainsi ce qu'elles doivent en propre &#224; l'action des syst&#232;mes scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;Paul Robert, La Finlande : un mod&#232;le &#233;ducatif pour la France ? Les secrets de la r&#233;ussite&lt;/i&gt;, ESF, Paris, 2009, GRDS, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TIMSS (&lt;i&gt;Trends in Mathematics and Science Study&lt;/i&gt;) est une &#233;tude comparative internationale qui mesure le niveau des connaissances scolaires des &#233;l&#232;ves de CM1 et de 4e en math&#233;matiques et en sciences.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gabriel Heller Sahlgren,&lt;i&gt; Real Finnish Lessons. The true story of an education superpower&lt;/i&gt;, Center for Policy Studies, GB, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2015 donc (ndlr).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet Olivier Mottint, &lt;i&gt;Faut-il renoncer aux p&#233;dagogies actives ?&lt;/i&gt; GRDS, 2018, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article287&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article287&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A propos du &#171; Renouveau p&#233;dagogique &#187; au Qu&#233;bec, voir Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La Crise de l'&#233;cole et les moyens d'en sortir&lt;/i&gt;, La Dispute, coll. L'enjeu scolaire, Paris, 2024, pp. 66-69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Terrail, Paul Robert, &lt;i&gt;La Finlande : un mod&#232;le &#233;ducatif pour la France ? Les secrets de la r&#233;ussite&lt;/i&gt;, ESF, Paris, 2009, GRDS, 2010, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article68&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article68&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hattie, J. (2009). &lt;i&gt;Visible Learning : A Synthesis of Over 800 Meta-Analyses Relating to Achievement&lt;/i&gt;. New York : Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;Mais pourquoi donc le niveau des &#233;l&#232;ves baisse-t-il ?&lt;/i&gt;, GRDS, 2026, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article373&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article373&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On lira avec profit, &#224; cet &#233;gard, l'ouvrage de Nicolas Kaczmarek, &lt;i&gt;Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire&lt;/i&gt;, La Dispute, coll. L'enjeu scolaire, Paris, 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire : documents</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article374</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article374</guid>
		<dc:date>2026-05-05T15:33:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Kaczmarek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'ouvrage de Nicolas Kaczmarek (La Dispute, coll. L'enjeu scolaire, 2026), d&#233;crit la conduite des apprentissages con&#231;ue par son auteur, professeur d'histoire-g&#233;ographie en coll&#232;ge. &lt;br class='autobr' /&gt; Malgr&#233; les discours, l'institution scolaire a renonc&#233; &#224; l'id&#233;e qu'il est possible de faire r&#233;ussir tous les &#233;l&#232;ves. Ceux de classes populaires en sont les premi&#232;res victimes, eux qui sont les plus mis en &#233;chec. Nicolas Kaczmarek s'appuie sur 20 ans de pratique en zone prioritaire pour d&#233;monter le fatalisme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;M&#233;tier enseignant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L93xH150/arton374-153f6.png?1790689035' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage de Nicolas Kaczmarek (La Dispute, coll. L'enjeu scolaire, 2026), d&#233;crit la conduite des apprentissages con&#231;ue par son auteur, professeur d'histoire-g&#233;ographie en coll&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; les discours, l'institution scolaire a renonc&#233; &#224; l'id&#233;e qu'il est possible de faire r&#233;ussir tous les &#233;l&#232;ves. Ceux de classes populaires en sont les premi&#232;res victimes, eux qui sont les plus mis en &#233;chec. Nicolas Kaczmarek s'appuie sur 20 ans de pratique en zone prioritaire pour d&#233;monter le fatalisme et tracer une voie vers la r&#233;ussite de tous et toutes. La condition ? Se d&#233;tourner d'une vis&#233;e utilitariste de l'&#201;cole et miser sur le plaisir de savoir et la joie de comprendre. L'ouvrage pr&#233;sente de multiples pratiques concr&#232;tes et propose, non pas de contourner la difficult&#233; intellectuelle mais d'en faire un puissant levier de motivation pour les &#233;l&#232;ves de tous &#226;ges et de toutes disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#65279;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L395xH23/sans_titre-6c220.jpg?1790689035' width='395' height='23' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On trouvera ci-dessous les outils et documents &#233;voqu&#233;s dans l'ouvrage, librement utilisables, modifiables, appropriables.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;01- Affiches sur la vocabulaire de la ville en trois langages (Figure 1)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_362 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/01.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;02- Affiche &#034;Trouver le sens d'un mot inconnu&#034;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_363 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/02.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 861.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;03- Affiches des verbes de consigne (fig. 7)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_364 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/03.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;04- Tableau des verbes de consigne commun &#224; tout l'&#233;tablissement&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_390 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/04-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 656.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;05- Activit&#233; Les quatre types de questions sur un document (Figure 8)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_383 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/05.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 381.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;06- Fiche d'entra&#238;nement &#224; la lecture de carte (Figure 9)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_384 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/06.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 205.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;07- Affiche Les types de figur&#233;s cartographiques (Figure 10)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_365 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/07.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 696.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;08- Les 3 types d'introduction pour un d&#233;veloppement construit (Figure 11)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_366 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/08.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 83.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;09- La forme du d&#233;veloppement construit (Figure 12)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_388 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/09.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 88 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;10- &#201;chelle descriptive de la comp&#233;tence : &#201;crire un d&#233;veloppement construit (Figure 13)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_385 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/10-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 130 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;11- Affiche Caract&#233;riser une &#233;volution (Figure 15)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_391 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/11-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;12- Affiche Raconter en histoire (Figure 17)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_392 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/12.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 934.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;13- Affiche Expliquer (Figure 18)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_372 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/13.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1022.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;14- Affiche Analyser un document (Figure 19)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_373 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/14.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;15- Fiche Analyser un document iconographique en histoire (Figure 20)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_374 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/15-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 50.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;16- &#201;chelle descriptive de la comp&#233;tence : Raconter en histoire (Figure 21)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_377 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/16-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 119.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;17- &#201;chelle descriptive de la comp&#233;tence : Analyser un document (Figure 22)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_378 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/17-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 136.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;18- &#201;chelle descriptive de la comp&#233;tence : Expliquer&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_379 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/18-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 120.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;19- &#201;chelle descriptive de la comp&#233;tence : S'exprimer &#224; l'oral (Figure 23)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_380 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/19-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 168.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;20- &#201;chelle descriptive de la comp&#233;tence : Oral du DNB (Figure 24)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_381 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/20-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 170.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1791411057' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire. Rencontre avec Nicolas Kaczmarek</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article378</link>
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		<dc:date>2026-04-30T10:17:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GRDS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le GRDS vous invite &#224; particier &#224; une rencontre avec Nicolas Kaczmarek, auteur du Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire , ouvrage r&#233;cemment paru &#224; La Dispute (2026). La pr&#233;sentation de l'ouvrage par l'auteur et sa mise en discussion auront lieu le mercredi 3 juin 2026 &#224; 17H30, &#224; l'adresse : ouvaton.link/qXLJMN. Pr&#233;sentation du d&#233;bat : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/2026_06_03_grds_nkaczmarek.pdf&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;M&#233;tier enseignant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L93xH150/arton378-ac9e6.png?1790689035' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le GRDS vous invite &#224; particier &#224; une rencontre avec &lt;strong&gt;Nicolas Kaczmarek&lt;/strong&gt;, auteur du &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, ouvrage r&#233;cemment paru &#224; La Dispute (2026). La pr&#233;sentation de l'ouvrage par l'auteur et sa mise en discussion auront lieu le &lt;strong&gt;mercredi 3 juin 2026 &#224; 17H30&lt;/strong&gt;, &#224; l'adresse : &lt;strong&gt;ouvaton.link/qXLJMN&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;sentation du d&#233;bat :
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/2026_06_03_grds_nkaczmarek.pdf&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/IMG/pdf/2026_06_03_grds_nkaczmarek.pdf&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'exigence intellectuelle au quotidien en REP </title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article377</link>
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		<dc:date>2026-04-17T15:58:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Terrail</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nicolas Kaczmarek est professeur d'histoire et g&#233;ographie dans un coll&#232;ge tr&#232;s populaire, class&#233; REP , des Yvelines. C'est l'un des principaux animateurs du GRDS. Quand j'ai lu ses premi&#232;res contributions au site de notre association, ses r&#233;flexions n&#233;es de sa pratique p&#233;dagogique m'ont d'embl&#233;e paru particuli&#232;rement originales et pertinentes, m'inspirant deux observations. Bien qu'ayant moi-m&#234;me enseign&#233; une autre discipline et dans un cadre tr&#232;s diff&#233;rent, celui de l'universit&#233;, j'ai eu le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;M&#233;tier enseignant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L93xH150/arton377-797c3.png?1790689035' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nicolas Kaczmarek est professeur d'histoire et g&#233;ographie dans un coll&#232;ge tr&#232;s populaire, class&#233; REP , des Yvelines. C'est l'un des principaux animateurs du GRDS. Quand j'ai lu ses premi&#232;res contributions au site de notre association, ses r&#233;flexions n&#233;es de sa pratique p&#233;dagogique m'ont d'embl&#233;e paru particuli&#232;rement originales et pertinentes, m'inspirant deux observations. Bien qu'ayant moi-m&#234;me enseign&#233; une autre discipline et dans un cadre tr&#232;s diff&#233;rent, celui de l'universit&#233;, j'ai eu le sentiment qu'avoir alors connu sa d&#233;marche professionnelle m'aurait permis d'am&#233;liorer sensiblement ma propre fa&#231;on de conduire les apprentissages de mes &#233;tudiants. Et je me suis aussi fait cette remarque : sa pratique d'enseignant ne pouvait que rendre ses &#233;l&#232;ves significativement plus intelligents, au point d'&#244;ter aux plus soucieux des parents tout motif de chercher &#224; fuir un coll&#232;ge aussi populaire en contournant la carte scolaire ou en choisissant l'enseignement priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas publie aujourd'hui, dans la collection &#034;L'enjeu scolaire&#034; de La Dispute, un ouvrage, &lt;i&gt;Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire&lt;/i&gt;, dans lequel il d&#233;crit pr&#233;cis&#233;ment la fa&#231;on dont il guide les apprentissages de ses &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Kaczmarek, Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire, La Dispute, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deux principes animent sa pratique. T&#233;moigner d'une part son respect &#224; ses &#233;l&#232;ves (qui le lui rendent bien) en &#233;tant aussi exigeant avec eux qu'il le serait avec des h&#233;ritiers inscrits dans les &#233;tablissements de l'&#233;lite &#8211; en assumant ainsi de contredire l'apparent bon sens qui voudrait que de ceux qui ont moins de ressources on ne puisse attendre que de moindres performances. Et d'autre part se comporter &#224; l'&#233;gard de ses &#233;l&#232;ves comme un &#171; alli&#233; dans la place &#187; au moins autant que comme un juge, en &#233;tant &#224; chaque seconde attentif &#224; mettre &#224; leur disposition les moyens de r&#233;pondre &#224; l'exigence ; ainsi qu'en transformant les &#233;valuations en autant de moments de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons plus pr&#233;cis&#233;ment sur cet ouvrage. Il nous paraissait important de signaler sans attendre sa parution en librairie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nicolas Kaczmarek, &lt;i&gt;Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire&lt;/i&gt;, La Dispute, coll. L'enjeu scolaire, Paris, 6 mai 2026, 15 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Maternelle &#224; la fran&#231;aise</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article376</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article376</guid>
		<dc:date>2026-04-14T10:08:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Vaquero</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Petite histoire de la maternelle : L'ouvrage, tir&#233; d'une th&#232;se soutenue par Fabienne Montmasson-Michel &#224; l'Universit&#233; de Poitiers en 2018, mobilise les outils de la sociologie et de la sociohistoire pour montrer comment progressivement, depuis le XIX&#176; si&#232;cle, l'&#233;cole maternelle s'est institu&#233;e pour fa&#231;onner le &#171; jeune enfant langagier &#187; (p. 13). La structure de l'ouvrage participe &#224; la force et &#224; l'originalit&#233; du propos : la seconde partie se concentre sur une histoire de l'&#233;cole maternelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Notes de lecture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L94xH150/arton376-38ca6.png?1790689035' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Petite histoire de la maternelle&lt;/i&gt; : L'ouvrage, tir&#233; d'une th&#232;se soutenue par Fabienne Montmasson-Michel &#224; l'Universit&#233; de Poitiers en 2018, mobilise les outils de la sociologie et de la sociohistoire pour montrer comment progressivement, depuis le XIX&#176; si&#232;cle, l'&#233;cole maternelle s'est institu&#233;e pour fa&#231;onner le &#171; jeune enfant langagier &#187; (p. 13)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabienne Montmasson-Michel, Petite histoire de la maternelle, La Dispute, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La structure de l'ouvrage participe &#224; la force et &#224; l'originalit&#233; du propos : la seconde partie se concentre sur une histoire de l'&#233;cole maternelle en tant qu'institution, tandis que la premi&#232;re fixe les cadres intellectuels, scientifiques et militants qui permettent de comprendre comment l'&#233;cole maternelle s'est progressivement constitu&#233;e en &#171; &#233;cole du langage &#187; durant les XIX&#176; et XX&#176; si&#232;cles. L'ouvrage permet ainsi de comprendre comment des discours scientifiques ou militants se &#171; durcissent &#187; dans des institutions et comment, au sein de ces institutions, ils deviennent des pratiques fa&#231;onnant d&#232;s l'enfance, par toute une s&#233;rie d'investissements mat&#233;riels, symboliques et temporels, de processus d'int&#233;riorisation de l'autocontrainte, les mani&#232;res de penser et de parler. En sociologue, l'autrice place les rapports sociaux de classe et genre au centre (p. 12), qu'il s'agisse d'analyser l'imposition des mod&#232;les p&#233;dagogiques de l'&#233;cole maternelle ou la mani&#232;re dont les apprentissages peuvent diff&#233;rencier socialement les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois temps qui structurent la premi&#232;re partie (&#171; Cultiver la petite enfance &#187;) montrent la gen&#232;se historique du souci philanthropique puis &#233;tatique de l'enfance. En mobilisant les travaux d'historien&#183;nes de l'enfance, le premier chapitre s'attache &#224; montrer comment, depuis les Lumi&#232;res et surtout au XIX&#176; si&#232;cle, le souci de la pr&#233;servation corporelle des enfants a pos&#233; les pr&#233;mices de trois dimensions essentielles dans la constitution des &#233;coles maternelles : des discours hygi&#233;nistes, sur le lavage et l'alimentation notamment ; des institutions d'encadrement de l'enfance par la cr&#233;ation des salles d'asiles par les philanthropes des ann&#233;es 1820 puis la cr&#233;ation de la Protection Maternelle Infantile (PMI) en 1945 ; enfin un groupe social constitu&#233; de femmes bourgeoises et progressistes visant &#224; promouvoir les bonnes pratiques de maternage aupr&#232;s en particulier des m&#232;res de classes populaires. Concernant d'abord la question de la pr&#233;servation corporelle des enfants, le premier chapitre rappelle que, bien loin des discours actuels sur l'injonction &#224; la libert&#233;, au bien-&#234;tre et au d&#233;veloppement personnel omnipr&#233;sents dans les discours sur les pratiques p&#233;dagogiques &#224; l'&#233;cole maternelle, cette derni&#232;re s'est d&#233;velopp&#233;e dans un souci de contr&#244;le des corps dont l'Etat s'est progressivement arrog&#233; le monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second chapitre montre comment se produit, de la seconde moiti&#233; du XIX&#176; si&#232;cle &#224; l'apr&#232;s-Guerre, une extension du souci de la pr&#233;servation des enfants vers le souci de leur d&#233;veloppement. L'ambivalence de ce processus, entre vis&#233;e hygi&#233;niste et vis&#233;e expressive, est &#224; l'origine de la constitution des &#233;coles maternelles et de la mani&#232;re dont elles font entrer les enfants dans le langage et dans les apprentissages. L'originalit&#233; et l'int&#233;r&#234;t de ce chapitre est de fournir une grille de lecture des diff&#233;rentes approches du point de vue de leurs finalit&#233;s (entre compr&#233;hension et prescription de pratiques), du point de vue de la perception du social (n&#233;gation ou prise en compte de l'enfant comme &#234;tre social et socialis&#233;) mais aussi du point de vue des rapports de genre pr&#233;sents dans la production des discours, entre une approche f&#233;minine-domestique et une approche masculine-scientifique. Cette division genr&#233;e se retrouve dans la production du discours portant sur les finalit&#233;s de l'&#233;cole maternelle : psychologie diff&#233;rentielle (Binet) mettant l'accent sur le classement selon des capacit&#233;s pr&#233;tendument individuelles, lecture naturaliste du d&#233;veloppement (Piaget) d'un c&#244;t&#233; ; lecture maternaliste mettant l'accent sur &#171; l'attention aux autres, la maternit&#233;, les savoirs domestiques, l'expression verbale et la pratique de l'&#233;crit &#187; (p. 29) de l'autre. Sous la III&#176; R&#233;publique, l'Etat est tr&#232;s attentif au discours du courant maternaliste. Il trouve dans cette &#171; expertise sp&#233;cifique de genre &#187; (maternit&#233;, foyer domestique, aide sociale aux plus d&#233;munis, petite enfance, &#233;ducation) un moyen de mener la bataille d'influence qu'il m&#232;ne avec l'&#201;glise sur le terrain de l'&#233;ducation et de la morale. Pour les femmes appartenant &#224; ce courant maternaliste, l'audience acquise aupr&#232;s des inspecteurs et ministres de l'instruction publique est une mani&#232;re de diffuser dans les programmes et dans les instructions officielles &#171; leur connaissance concr&#232;te et ethnocentrique des enfants de leurs milieux, et, quand elles en ont, de leurs propres enfants et petits-enfants &#187; (p. 35). Pauline Kergomard, inspectrice g&#233;n&#233;rale, est une figure de ces femmes influentes dans la constitution des piliers de l'&#233;cole maternelle &#224; la fin du XIX&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre intellectuel et militant &#233;tant pos&#233;, le troisi&#232;me chapitre 3 s'attache &#224; montrer comment les savoirs p&#233;dagogiques, psychanalytiques et plus r&#233;cemment neuroscientifiques &#171; fa&#231;onnent des dispositions morales et cognitives diff&#233;renci&#233;es &#187; (p. 49). Il met d'abord l'accent sur la diffusion des m&#233;thodes p&#233;dagogiques fond&#233;es sur la socialisation &#224; l'autocontrainte en rappelant que les p&#233;dagogies &#171; de l'autonomie et de la libert&#233; &#187;, &#224; commencer par la p&#233;dagogie montessorienne, &#171; n'en est pas moins une p&#233;dagogie du contr&#244;le &#187; (p. 46). L'apr&#232;s-68 s'inscrit dans la continuit&#233; du processus engag&#233; fin XIX&#176; si&#232;cle : la contrainte sur la pr&#233;servation des corps des enfants se rel&#226;che mais celle portant sur le contr&#244;le de la psych&#233; s'accentue, avec des modalit&#233;s d'imposition de normes morales et cognitives plus ou moins contraignantes selon les classes et fractions de classes auxquelles elles s'adressent (p. 49). La psychologie positive participe &#224; la diffusion de l'id&#233;al d'un enfant autonome, coop&#233;ratif et expressif, matrice structurante des p&#233;dagogies au sein des &#233;coles maternelles, occultant cependant le fait que cette apparente pacification des rapports entre enfants euph&#233;mise la violence symbolique ainsi produite, celle de la domination du &#171; jeune enfant langagier autonome &#187; (p. 52). Ces p&#233;dagogies ne s'imposent toutefois jamais sans une assise mat&#233;rielle et symbolique, et c'est ce que rappelle le second point du chapitre. Il montre que la culture enfantine se diffuse par trois dimensions mat&#233;rielles : des espaces domestiques, publics et scolaires d&#233;di&#233;s, des jouets et jeux et des livres pour enfants (p. 54). En guise de conclusion de la premi&#232;re partie de l'ouvrage, le dernier point du chapitre montre l'importance prise, depuis les ann&#233;es 1970, par l'id&#233;e selon laquelle les enfants sont porteurs d'un &#171; potentiel &#187; et d'une singularit&#233; qu'il s'agit de pr&#233;server et de d&#233;velopper. La notion de plasticit&#233; c&#233;r&#233;brale, qui se diffuse &#224; partir des ann&#233;es 1980, l&#233;gitime l'id&#233;e selon laquelle chaque enfant est &#171; &#224; la fois vuln&#233;rable et d&#233;tenteur d'un potentiel &#224; r&#233;v&#233;ler &#187; (p. 67). Deux visions se confrontent alors : celle, port&#233;e par la psychanalyse, d'un &#171; enfant expressif &#187; qui se d&#233;veloppe par l'acc&#232;s au langage r&#233;flexif et celle, port&#233;e par les neurosciences, d'un &#171; enfant acteur &#187; qu'il faut entra&#238;ner par le biais d'exercices r&#233;p&#233;t&#233;s et calibr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retracer l'histoire de la scolarisation de la petite enfance, Fabienne Montmasson-Michel s'appuie sur un important corpus documentaire : des archives photographiques, des ouvrages sur le langage des jeunes enfants, des programmes scolaires mais aussi des articles du &lt;i&gt;Caf&#233; p&#233;dagogique&lt;/i&gt;. L'objectif de la seconde partie est de reconstituer l'histoire sociale et institutionnelle de la scolarisation de la petite enfance et, ce faisant, de la construction des cadres sociaux et cognitifs de l'apprentissage scolaire du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire sociale et institutionnelle prend ses racines dans la cr&#233;ation des premi&#232;res salles d'asiles par Jean Denys Marie Cochin &#224; partir des ann&#233;es 1830. Elles sont pens&#233;es comme des lieux dans lesquels la mise en forme scolaire de la petite enfance prend progressivement forme, dans un premier temps dans un souci d'&#171; ordonnancement des corps &#187; (p. 82). Ce quatri&#232;me chapitre montre avec force d&#233;tails comment, &#224; grands renforts de chants, d'ordres qui s'apparentent &#224; des ordres militaires (&#171; &#171; Au temps ! &#187;, &#171; Marquez le pas ! &#187;, &#171; Halte ! &#187;, &#171; Front ! &#187;, etc. &#187; (p. 82), la m&#233;thode de ces salles d'asiles est &#171; suppos&#233;e faire apprendre &#224; ob&#233;ir dans la joie et pr&#233;parer [les enfants] en douceur aux quelques ann&#233;es d'&#233;cole primaire qui pr&#233;c&#233;deront leur mise au travail productif &#187; (p. 84). Pour les femmes, des inspectrices et directrices, souvent issues de la bourgeoisies et proches du courant maternaliste, aux femmes de service, issues de classes populaires, la diffusion des salles d'asiles constitue une rare opportunit&#233; d'acqu&#233;rir une autonomie financi&#232;re, professionnelle et parfois symbolique (p. 87). Certaines d'entre elles, &#224; l'image de Marie-Pape Carpentier, mettent &#224; profit leur exp&#233;rience p&#233;dagogique pour d&#233;velopper des pratiques proches des m&#233;thodes actives simultan&#233;ment d&#233;velopp&#233;es &#224; l'&#233;cole primaire et commencent &#224; organiser l'apprentissage du langage &#171; afin de pr&#233;ciser leur pens&#233;e, stabiliser leur m&#233;moire et saisir les notions abstraites &#187; (p. 93) et ce en s'appuyant sur l'observation des pratiques langagi&#232;res des enfants massivement issus des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation des &#233;coles maternelles et leur int&#233;gration au sein de l'ordre primaire en 1881 participe pleinement, comme le montre le cinqui&#232;me chapitre, au projet r&#233;publicain de scolarisation o&#249; &#171; les enfants comprennent ce qu'ils apprennent et adh&#232;rent par la raison &#224; la morale r&#233;publicaine &#187; (p. 96). Le maternalisme continue &#224; exercer une forte influence dans l'&#233;laboration des programmes et m&#233;thodes p&#233;dagogiques &#171; dans des perspectives d'&#233;ducations bourgeoises &#187; (p. 97) cherchant &#224; rompre avec la &#171; tonalit&#233; disciplinaire et religieuse &#187; (p. 99) des salles d'asiles. Pauline Kergomard exerce &#224; ce titre une influence majeure et durable aupr&#232;s du minist&#232;re de l'instruction publique au moment d&#233;terminant de la constitution l&#233;gislative des &#233;coles maternelles (1881-1887 notamment). Le r&#244;le jou&#233; par cette inspectrice g&#233;n&#233;rale, r&#233;publicaine et appartenant au p&#244;le culturel de la bourgeoisie (l'ouvrage comporte une biographie tr&#232;s &#233;clairante, p. 101), est d&#233;terminant dans la mani&#232;re dont l'&#233;cole maternelle s'organise concr&#232;tement dans les salles de classes, dans le d&#233;coupage du temps en activit&#233;s ludiques visant &#224; d&#233;velopper l'individualit&#233;, contre les pratiques h&#233;rit&#233;es des salles d'asiles. Mais ces lib&#233;ralit&#233;s assum&#233;es s'accompagnent &#233;galement de pratiques p&#233;dagogiques d'apprentissage du langage socialement situ&#233;es mais aussi inscrites dans une &#171; temporalit&#233; inspir&#233;e des pratiques des familles bourgeoises o&#249; l'apprentissage commen&#231;ait d&#232;s quatre ou cinq ans &#187; (p. 110). Pour Fabienne Montmasson-Michel, &#171; ces vis&#233;es lectorales et cette p&#233;dagogie de l'oral pr&#233;supposent un enfant &#224; l'image de celui de son milieu, la bourgeoisie cultiv&#233;e &#187; et &#171; pr&#233;figure les socialisations langagi&#232;res des groupes sociaux dominants du monde occidental et familiers de la culture scolaire, d&#233;crits &#224; partir des ann&#233;es 1970 &#187; (p. 111).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse sociohistorique des pratiques p&#233;dagogiques, inscrite dans les rapports sociaux de classe et de genre, constitue un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans le raisonnement men&#233; par la sociologue. Elle montre que la diffusion de pratiques p&#233;dagogiques visant &#224; s'extraire des logiques de contr&#244;le et d'ob&#233;issance des corps, ici h&#233;rit&#233;es des salles d'asiles, la valorisation de la dimension expressive et ludique des apprentissages, s'inscrivent dans des histoires militantes progressistes, soucieuses la plupart du temps de faire entrer les enfants de classes populaires dans les apprentissages. N&#233;anmoins ces p&#233;dagogies sont structur&#233;es &#224; l'image des attendus de ces enseignant&#183;es et militant&#183;es form&#233;&#183;es et socialis&#233;&#183;es dans les fractions dominantes de l'espace social (alors m&#234;me que les institutrices de maternelle, d&#233;but XX&#176; si&#232;cle, &#171; proviennent majoritairement des classes populaires [&#8230;] et des petites classes moyennes &#187; (p. 121)). Les processus de domination qui en d&#233;coulent sont d'autant plus efficaces qu'ils sont invisibilis&#233;s par l'apparent bon sens de ces pratiques : d&#233;velopper l'individualit&#233; et l'expressivit&#233; est &#233;videmment jug&#233; pr&#233;f&#233;rable au fait de contr&#244;ler et contraindre les corps et les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre se conclut en montrant comment, au d&#233;but du XX&#176; si&#232;cle, en particulier au tournant de 1921 (d&#233;cret alignant les statuts des institutrices d'&#233;coles maternelles sur les personnels du primaire, cr&#233;ation de l'AGIEM (Association g&#233;n&#233;rale des institutrices des &#233;coles maternelles et des classes enfantines publiques)), ce corps professionnel f&#233;minin se structure progressivement, en qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233; entre l'h&#233;ritage des salles d'asiles et les &#233;coles primaires bien plus masculines, mais aussi dans un contexte structurel de manque de moyens mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc en ayant bien en t&#234;te la sociogen&#232;se l'&#233;cole maternelle depuis la cr&#233;ation des salles d'asiles au XIX&#176; si&#232;cle que l'on aborde le sixi&#232;me et dernier chapitre et les enjeux contemporains de l'institution, l'&#233;volution de ses finalit&#233;s dans le contexte d'une &#233;cole massifi&#233;e. Fabienne Montmasson-Michel distingue tout d'abord deux &#171; &#226;ges &#187; de l'&#233;cole maternelle : jusqu'aux ann&#233;es 1970, l'institution acquiert une forme d'autonomie symbolique au sein de l'&#233;cole massifi&#233;e, &#224; la fois en termes de finalit&#233;s et en termes de mod&#232;le p&#233;dagogique fond&#233; sur l'expressivit&#233; et sur le langage et l'&#233;ducation culturelle pr&#233;coce (p. 131). Durant cet &#171; &#226;ge d'or &#187;, ce sont surtout les savoirs psychanalytiques et l'expression artistique qui se diffusent dans les programmes et les pratiques &#224; l'&#233;cole maternelle et c'est par ce biais que les apprentissages sont orient&#233;s vers le mod&#232;le expressif centr&#233; sur le langage (p. 144). L&#224; encore, le d&#233;tour par la description de quelques personnalit&#233;s influentes, comme ici l'inspectrice et chercheuse Germaine Tortel (p. 145) permet de mieux comprendre la sociogen&#232;se des savoirs et des pratiques p&#233;dagogiques et de comprendre comment, &#224; travers cette valorisation de l'expression artistique et langagi&#232;re, se reproduit une forme d'id&#233;ologie du don et &#171; impose un arbitraire culturel g&#233;n&#233;rateur de violence symbolique &#187; (p. 147).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais progressivement l'&#233;cole maternelle voit sa sp&#233;cificit&#233; remise en cause et &#224; partir des ann&#233;es 1970. L'autrice parle alors d'un &#171; &#226;ge de l'int&#233;gration scolaire &#187; : l'&#233;cole maternelle est pens&#233;e comme un &#171; rouage du premier degr&#233; &#187; visant &#224; lutter contre l'&#233;chec scolaire en pr&#233;parant l'entr&#233;e dans la culture &#233;crite. Une figure influente de ce virage est Laurence Lentin. Cette linguiste et ma&#238;tresse de conf&#233;rences &#224; l'IUFM de Versailles a particip&#233;, dans les ann&#233;es 1990, &#224; la transformation du rapport au langage et &#224; l'&#233;crit &#224; l'&#233;cole maternelle en &#171; d&#233;finissant un langage scolaire d'embl&#233;e r&#233;flexif, structur&#233; par ses dimensions &#171; m&#233;ta &#187; : m&#233;talangagi&#232;re, m&#233;talinguistique, m&#233;tadiscursive et m&#233;tacognitive &#187; (p. 155), ent&#233;rinant ainsi une approche de l'entr&#233;e dans l'&#233;crit favorisant les enfants des familles les plus proches de la culture scolaire. A partir des ann&#233;es 2000, cette &#171; mont&#233;e des attentes scolaires dans un contexte n&#233;olib&#233;ral &#187; produit une situation paradoxale o&#249; les familles de classes populaires adoptent massivement les codes de l'&#233;cole maternelle alors m&#234;me que les exigences cognitives de l'institution accroissent les in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; embourgeoisement &#187; du recrutement social des enseignant&#183;es (p. 132), la r&#233;duction des effectifs par classe et la hausse des moyens rendant possible la r&#233;organisation des espaces scolaires, l'achat de mat&#233;riel et de mobilier p&#233;dagogique, accompagnent des normes p&#233;dagogiques mettant l'accent sur les activit&#233;s dites &#171; libres &#187;, sur les approches th&#233;matiques des activit&#233;s, sur les exercices individualis&#233;s et auto-prescrits. Cette &#171; norme tacite du &#8220;bon comportement&#8221; (silence et immobilit&#233; relatifs, absence de violence physique, participation volontaire aux activit&#233;s) se traduit par la sanction des contrevenants moins ajust&#233;s &#224; ces normes, plus souvent issus des classes populaires &#187; (p. 139). Le chapitre rev&#234;t ainsi un int&#233;r&#234;t sociologique majeur : celui de faire le lien entre le recrutement social des enseignant&#183;es de maternelles, l'analyse de leurs trajectoires et de leur influence au sein de l'institution d'une part, et d'autre part les transformations curriculaires visant &#224; promouvoir une organisation des activit&#233;s d'apprentissages par th&#233;matiques, par ateliers, le tout en montrant comment cette organisation des apprentissages valorise les dispositions des enfants de classes moyennes et sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour clore cette analyse sociologique des &#233;coles maternelles, Fabienne Montmasson-Michel montre comment, des ann&#233;es 1970 aux ann&#233;es 1980, la fragmentation des r&#244;les &#233;ducatifs au sein des &#233;coles maternelles mod&#232;le les savoirs et leurs modalit&#233;s de transmission avec l'int&#233;gration progressive des &#171; employ&#233;es communales &#187;, qui deviennent des agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles (ATSEM) en 1989, au sein du travail &#233;ducatif. La sociologue montre comment le travail invisible men&#233; au quotidien par ces femmes majoritairement issues des classes populaires joue &#171; un r&#244;le indispensable dans l'acculturation scolaire des enfants, ceux des classes populaires et tous les autres, [par] un guidage ajust&#233; &#224; l'autonomie des enfants, une attention explicite aux aspects formels de l'oral scolaire et une entr&#233;e dans l'&#233;crit par sa mat&#233;rialit&#233; graphique, alphab&#233;tique et lectorale &#187; (p. 162).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude sociologique de l'&#233;cole maternelle se conclut par une mise en perspective de deux programmes politiquement oppos&#233;s, celui de 2008, port&#233; par le ministre de l'Education Xavier Darcos, et celui de 2015, port&#233; par Vincent Peillon. La mani&#232;re dont Fabienne Montmasson-Michel lit les controverses entre ces deux programmes donne &#224; voir les tensions et contradictions politiques plus globales qui traversent les politiques &#233;ducatives dans les soci&#233;t&#233;s fortement scolaris&#233;es. Elle montre que le &#171; programme 2008 &#187; est critiqu&#233; pour sa &#171; primarisation &#187;, l'&#233;cole maternelle &#233;tant alors appr&#233;hend&#233;e comme une pr&#233;paration aux apprentissages de la lecture et de l'&#233;criture. Le programme de 2015 s'inscrit, en apparence, &#224; rebours de cet usage de l'&#233;cole maternelle comme une prop&#233;deutique &#224; l'enseignement long : au contraire, la dimension expressive et ludique est mise en avant, rappelant les traits de l'&#171; &#226;ge d'or &#187; des &#233;coles maternelles des ann&#233;es 1970. Mais cette autonomie p&#233;dagogique n'est qu'apparente : pour la sociologue, ce recours au ludique et &#224; l'expressif traduit en r&#233;alit&#233; des attendus vis-&#224;-vis de la part des &#233;l&#232;ves et des familles concernant l'acquisition de dispositions &#224; la secondarisation, l'entr&#233;e dans un rapport abstrait, conceptuel et surtout trop implicite &#224; la culture &#233;crite. Cette approche se trouve &#234;tre d&#233;favorable aux &#233;l&#232;ves issus de classes populaires et, ce faisant, accro&#238;t les in&#233;galit&#233;s sociales face aux apprentissages alors m&#234;me qu'une part toujours croissante des familles de classes adh&#232;rent &#224; &#171; l'id&#233;e que les enfants apprennent en jouant [et] les socialisent dans une culture du divertissement [&#8230;] et de la petite enfance scolaire &#187; (p. 164).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;i&gt;Petite histoire de la maternelle&lt;/i&gt; est ainsi &#224; la fois bien plus qu'une petite histoire, dans le sens o&#249; elle ancre l'histoire de cette institution dans le temps long de la scolarisation de masse des soci&#233;t&#233;s contemporaines et surtout elle le fait en ancrant syst&#233;matiquement les faits historiques dans une analyse en termes de rapports sociaux de classe et de genre. Mais elle est aussi bien plus qu'une histoire de la maternelle : &#224; travers la sociohistoire de cette institution scolaire, ce sont en r&#233;alit&#233; les enjeux sociocognitifs de l'&#233;cole contemporaine qui sont abord&#233;s : transformations curriculaires, malentendus sociocognitifs et effets de la litt&#233;racie &#233;tendue sur les in&#233;galit&#233;s sociales mais aussi rapports au travail au sein de l'&#233;cole constituent la matrice de cette analyse sociohistorique qui s'adresse aux enseignant&#183;es, aux chercheur&#183;euses et aux &#233;tudiant&#183;es en sociologie, en sciences de l'&#233;ducation mais aussi, il faut le pr&#233;ciser puisque les apports critiques y sont pr&#233;cieux, en psychologie de l'&#233;ducation puisque de nombreuses incises permettent de situer la place de la psychologie et des neurosciences dans la l&#233;gitimation du discours et des pratiques au sein de cette institution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fabienne Montmasson-Michel, &lt;i&gt;Petite histoire de la maternelle&lt;/i&gt;, La Dispute, coll. L'Enjeu scolaire, Paris, 2025, 16 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois curricula lyc&#233;ens europ&#233;ens, et la perspective d'un lyc&#233;e unique</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article375</link>
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		<dc:date>2026-04-02T08:42:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabienne Andr&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;[Dans son ouvrage &#171; Le lyc&#233;e en Angleterre, en Italie et en France &#187;, Luisa Lombardi donne &#224; voir l'organisation curriculaire (tr&#232;s contrast&#233;e) de l'enseignement secondaire sup&#233;rieur g&#233;n&#233;ral dans ces trois nations europ&#233;ennes. L'&#233;vocation ci-dessous de son travail est l'occasion de rappeler de fa&#231;on succincte, dans une seconde partie du texte, la perspective d&#233;mocratique de lyc&#233;e unique avanc&#233;e par le GRDS.] &lt;br class='autobr' /&gt; I - Le lyc&#233;e en Angleterre, en Italie et en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Traits communs et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Gestion des parcours scolaires&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/arton375-ea878.png?1790688752' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;[Dans son ouvrage &#171; Le lyc&#233;e en Angleterre, en Italie et en France &#187;, Luisa Lombardi donne &#224; voir l'organisation curriculaire (tr&#232;s contrast&#233;e) de l'enseignement secondaire sup&#233;rieur g&#233;n&#233;ral dans ces trois nations europ&#233;ennes. L'&#233;vocation ci-dessous de son travail est l'occasion de rappeler de fa&#231;on succincte, dans une seconde partie du texte, la perspective d&#233;mocratique de lyc&#233;e unique avanc&#233;e par le GRDS.]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Le lyc&#233;e en Angleterre, en Italie et en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luisa Lombardi, Le lyc&#233;e en Angleterre, en Italie et en France, PU du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traits communs et diff&#233;rences&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le segment du cursus scolaire situ&#233; entre l'&#233;cole des savoirs fondamentaux (&#233;cole primaire et coll&#232;ge) et l'enseignement sup&#233;rieur qui int&#233;resse l'auteure ; et c'est la configuration d'ensemble de ce segment (&#226;ge modal et modalit&#233;s d'acc&#232;s, dur&#233;e du cursus, organisation des enseignements obligatoires et optionnels, modalit&#233;s des &#233;valuations) qu'elle s'attache &#224; appr&#233;hender dans sa coh&#233;rence interne. D'embl&#233;e, l'organisation de ce segment (l'enseignement secondaire sup&#233;rieur, ESS) pr&#233;sente des variations cons&#233;quentes d'une nation &#224; l'autre. En Angleterre, o&#249; l'obligation scolaire est &#224; dix-huit ans, il dure deux ans, succ&#233;dant &#224; un cursus coll&#233;gien de cinq ans : ce sont les deux ann&#233;es de &#171; sixth forms &#187; qui pr&#233;parent aux examens dits de &#171; A Levels &#187;. En Italie (scolarit&#233; obligatoire &#224; 16 ans comme en France), sa dur&#233;e est de cinq ann&#233;es, et de trois en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois configurations r&#233;sultent d'une &#233;volution historique marqu&#233;e par des traits communs d'une nation &#224; l'autre : transmission de savoirs abstraits compartiment&#233;s en disciplines scolaires ; utilisation du latin pour la s&#233;lection sociale des publics ; &#233;mergence de nouvelles fili&#232;res au fil de la massification de l'ESS. Ce dont on peut induire les trois missions communes persistantes de l'ESS :&lt;br class='autobr' /&gt;
* former l'esprit via la transmission de savoirs sans finalit&#233; pragmatique ; &lt;br class='autobr' /&gt;
* s&#233;lectionner par la mise en place de barrages aux nouveaux publics (depuis l'unification du cursus du premier cycle du secondaire, via la r&#233;ussite &#224; ce dernier, et via la cr&#233;ation de fili&#232;res hi&#233;rarchis&#233;es dans l'ESS) ; &lt;br class='autobr' /&gt;
* orienter, via la cr&#233;ation de nouvelles fili&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de l'offre d'enseignement est tr&#232;s contrast&#233;e. En Angleterre, sur soixante-dix mati&#232;res possibles, chaque &#233;tablissement en propose une vingtaine, chaque &#233;l&#232;ve devant en choisir librement trois ou quatre, les universit&#233;s demandant que trois d'entre elles aient &#233;t&#233; valid&#233;es. En Italie, les cinq ann&#233;es du cursus peuvent &#234;tre accomplies selon six parcours possibles propos&#233;s dans les lyc&#233;es sp&#233;cialis&#233;s correspondant : chaque parcours comprend quinze enseignements, et se voit valid&#233; par la r&#233;ussite &#224; quatre &#233;preuves. En France, jusqu'&#224; la r&#233;forme Blanquer, les trois ann&#233;es du lyc&#233;e d'enseignement g&#233;n&#233;ral et technologique &#233;taient dot&#233;es de deux voies (G et T), et couronn&#233;es par un examen &#224; multiples &#233;preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les pratiques d'&#233;valuation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Angleterre&lt;/i&gt; : Treize &#233;preuves de validation pour quatre disciplines, uniquement &#224; la fin de la seconde ann&#233;e : pour &#233;viter le bachotage on s'assure que chaque discipline a &#233;t&#233; comprise dans plusieurs de ses aspects ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Italie &lt;/i&gt; : Contr&#244;le continu d&#233;terminant le passage d'ann&#233;e en ann&#233;e ; puis quatre &#233;preuves pour dix disciplines, portant sur le programme de la derni&#232;re ann&#233;e : on s'assure de la pr&#233;paration de l'&#233;l&#232;ve sur un large spectre de disciplines ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;France&lt;/i&gt; : Contr&#244;le continu comme en Italie, d&#233;terminant ici &#224; la fois la progression et l'orientation, puis l'examen terminal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la litt&#233;rature illustre bien les attentes nationales respectives port&#233;es par ces dispositifs d'&#233;valuation. En Angleterre il s'agit de former des experts en litt&#233;rature anglophone ; en Italie d'attester la ma&#238;trise de la langue, requise dans toutes les fili&#232;res ; en France &#233;galement, avec toutefois un recours plus manifeste aux connaissances litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre la formation est con&#231;ue comme un entra&#238;nement &#224; la r&#233;ussite des &#233;preuves finales ; &#224; l'oppos&#233;, en Italie : &#171; La formation re&#231;ue assume une fin en soi ; elle est ensuite valid&#233;e par l'examen terminal. &#187;. Si en Angleterre la s&#233;lection se base essentiellement sur la performance scolaire stricto sensu (dont les crit&#232;res sont raccords avec la demande des universit&#233;s), en France elle rel&#232;ve davantage du classement, qui exige que le lyc&#233;en conjugue bonne performance scolaire et strat&#233;gie efficiente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La posture de l'&#233;l&#232;ve&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une nation &#224; l'autre, l'&#233;l&#232;ve est ainsi plac&#233; dans une posture tr&#232;s diff&#233;rente. En Angleterre il est confront&#233; &#224; une offre tr&#232;s vari&#233;e non compartiment&#233;e en fili&#232;res ; totalement libres, ses choix pr&#233;figurent ses futures sp&#233;cialit&#233;s universitaires. Son parcours lui est personnel, il en est le seul responsable. En Italie, il est invit&#233; &#224; choisir entre six parcours de cinq ans pr&#233;construits par l'&#201;tat, sans pression d'une admission universitaire trop lointaine, et sans passerelles de r&#233;orientation en cours de route ni panachage possible. Mais les six programmes partagent un large tronc commun assurant une formation g&#233;n&#233;raliste ; le groupe-classe est stable du d&#233;but &#224; la fin, les enseignants sont reconduits dans chaque mati&#232;re. Aux antipodes de l'exp&#233;rience anglaise, l'&#233;l&#232;ve est ainsi amen&#233; &#224; s'identifier &#224; une communaut&#233; de savoir, de camarades, d'enseignants : toute la distance entre l'individualisme protestant anglo-saxon, et l'&#233;thique communautaire eccl&#233;siale du catholicisme romain. En France, l'&#233;l&#232;ve a le choix entre des parcours au contenu pr&#233;&#233;tabli, un choix contraint par les perspectives d'un acc&#232;s conditionnel &#224; l'enseignement sup&#233;rieur &#8211; contrainte que la mise en place de Parcoursup n'a fait qu'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total : un seul moment de choix partout, &#224; l'entr&#233;e dans l'ESS ; seul le syst&#232;me fran&#231;ais admet des bifurcations de parcours. Les m&#233;canismes de s&#233;lection/orientation se ressemblent, l'autocensure y jouant pleinement son r&#244;le : ce sont les bons &#233;l&#232;ves qui s'inscrivent au liceo classico ou scientifico en Italie, comme aux A Levels &#224; sujet g&#233;n&#233;ral en Angleterre. En France l'orientation est plus souvent impos&#233;e, d'autant que le choix des options (des modules depuis la r&#233;forme Blanquer) doit tenir compte des contraintes d'admission dans l'enseignement sup&#233;rieur. Entre l'Anglais tenu d'assumer ses choix et l'Italien beaucoup moins responsabilis&#233;, le lyc&#233;en fran&#231;ais se voit exiger une r&#233;flexion continue quant aux cons&#233;quences que les choix op&#233;r&#233;s en cours de formation auront sur la suite de son parcours d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le sens global des trois curricula &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des trois syst&#232;mes privil&#233;gie l'une des trois missions de l'ESS : le curriculum anglais valorise l'orientation ; l'italien la formation : le fran&#231;ais la s&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;L'expert anglais&lt;/i&gt; Le curriculum est structur&#233; autour de la d&#233;cision d'orientation du lyc&#233;en. Aucun enseignement obligatoire : on s'embarrasse peu ici de culture commune. Pas d'orientation institutionnalis&#233;e non plus : ce sont d&#232;s lors les r&#232;gles d'admission &#224; l'universit&#233; qui disposent d'un pouvoir prescriptif. Le lyc&#233;en doit se montrer doublement expert : par les connaissances qu'il a choisi d'approfondir ; par sa capacit&#233; &#224; g&#233;rer librement ses choix et son temps d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;L'Italien &#171; cultiv&#233; &#187;&lt;/i&gt; Le &#171; liceo &#187;, lui, entend former &#224; une culture g&#233;n&#233;raliste et partag&#233;e. Les six parcours possibles (classique, scientifique, artistique, linguistique, musical, de sciences humaines) partagent un large tronc commun d'enseignements, r&#233;duisant ainsi l'impact du choix de l'un d'entre eux &#224; l'entr&#233;e de l'ESS ; et tous les enseignements qui composent un parcours donn&#233; sont obligatoires. L'acc&#232;s anticip&#233; &#224; l'universit&#233; p&#232;se peu cinq ans avant : l'enjeu est plut&#244;t d'achever le cursus, en validant ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e l'ensemble des disciplines &#233;tudi&#233;es. Les notes des trois derni&#232;res ann&#233;es sont prises en compte pour la note globale du dipl&#244;me final, la &#171; Maturit&#224; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * &lt;i&gt;Le Fran&#231;ais &#171; strat&#232;ge &#187;&lt;/i&gt; Le lyc&#233;e fran&#231;ais est centr&#233; sur la diff&#233;renciation des &#233;l&#232;ves dans des parcours hi&#233;rarchis&#233;s. La formation commune est relativement large, mais combin&#233;e au choix des voies, des s&#233;ries et/ou modules, des options, des enseignements de sp&#233;cialit&#233;. Les options sont hi&#233;rarchis&#233;es, en raison notamment des crit&#232;res d'admission dans les CPGE, qui instaurent la voie scientifique en &#171; bon chemin &#187;. Du coup l'acc&#232;s aux s&#233;ries est r&#233;gul&#233; par les enseignants, les &#233;l&#232;ves ne disposant que des options pour influencer la d&#233;cision du conseil de classe, lesquelles ne sont plus d&#232;s lors une occasion pour une formation d&#233;sir&#233;e mais l'instrument d'une strat&#233;gie de parcours. Et la compensation des notes entre disciplines pour le bac sugg&#232;re qu'il s'agit moins de valider les connaissances acquises dans chacune d'entre elles que d'&#233;tablir un classement hi&#233;rarchique de fin de parcours entre les &#233;l&#232;ves. Ici donc la s&#233;lection appara&#238;t comme le principe recteur de l'organisation du curriculum et de l'exp&#233;rience des lyc&#233;ens : les savoirs deviennent &#171; irresponsables &#187; car instrumentalis&#233;s (on choisit de travailler telle mati&#232;re non pour elle-m&#234;me mais parce qu'elle a un gros coefficient).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II &#8211; La perspective d'un lyc&#233;e unique pour la France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La comparaison des cas anglais, italien et fran&#231;ais a le grand avantage de mettre en &#233;vidence la large amplitude des modes possibles d'organisation de l'enseignement secondaire sup&#233;rieur dans des pays hautement d&#233;velopp&#233;s, dont la confrontation &#224; la litt&#233;ratie est particuli&#232;rement ancienne. Elle invite ainsi &#224; relativiser, &#224; &#171; d&#233;naturaliser &#187; la configuration fran&#231;aise, segment d'un syst&#232;me scolaire dont on sait, gr&#226;ce aux enqu&#234;tes PISA, qu'il est le plus in&#233;galitaire des pays de l'OCDE : accentuant les in&#233;galit&#233;s socioculturelles qui clivent la population, plut&#244;t que de les corriger ou simplement les att&#233;nuer. Et elle donne du m&#234;me coup un nouveau relief &#224; la proposition d'&#233;cole commune avanc&#233;e par le GRDS, laquelle vise pr&#233;cis&#233;ment &#224; assurer une profonde d&#233;mocratisation de notre syst&#232;me &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne reviendra pas ici sur les traits g&#233;n&#233;raux du projet d'&#233;cole commune, ni sur l'argumentation soutenant sa cr&#233;dibilit&#233;, largement expos&#233;s par ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Pierre Terrail, La crise de l'&#233;cole et les moyens d'en sortir, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;cole commune ayant pour colonne vert&#233;brale un tronc commun d'enseignements de 2 &#224; 18 ans, le segment du secondaire sup&#233;rieur est assur&#233; par un lyc&#233;e unique, qui a vocation &#224; accueillir l'ensemble des membres des jeunes g&#233;n&#233;rations dans un m&#234;me cursus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des trois missions attribu&#233;es &#224; l'ESS, former l'esprit, s&#233;lectionner, orienter, l'&#233;cole commune ne retient que la premi&#232;re. Elle ne s&#233;lectionne pas : le curriculum est obligatoire pour tout un chacun. Elle n'oriente pas : le curriculum est con&#231;u en sorte de permettre tous les choix d'enseignement sup&#233;rieur. De leur c&#244;t&#233; les formations d'enseignement sup&#233;rieur doivent concevoir leur offre &#224; l'aune du bagage de culture commune assur&#233; par l'ESS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un programme commun d'enseignements&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport aux trois lyc&#233;es &#233;tudi&#233;s par Luisa Lombardi, la d&#233;marche port&#233;e par l'&#233;cole commune est aux antipodes de l'individualisme anglais. Elle est proche par contre du curriculum italien, par sa fa&#231;on d'organiser une communaut&#233; scolaire stable et rassurante, et d'assurer &#224; ses membres une culture largement partag&#233;e. En Italie, certes, les lyc&#233;ens doivent choisir entre six parcours possibles pour les cinq ann&#233;es de l'ESS ; et c'est dans ce choix que se joue la s&#233;lection, puisque les meilleurs sortants de l'enseignement secondaire inf&#233;rieur, et vraisemblablement les h&#233;ritiers, mieux inform&#233;s et visant plus loin, choisissent le liceo scientifico ou le liceo classico, qui pr&#233;parent le mieux &#224; l'enseignement sup&#233;rieur ; alors que les autres &#233;l&#232;ves s'autocensurent. Les effets de cette s&#233;lection sont limit&#233;s toutefois par le fait que les six parcours partagent un large tronc commun d'enseignements. L'&#233;cole commune radicalise cette logique en s'opposant &#224; toute s&#233;lection, s'en tenant &#224; un seul parcours d'enseignements communs obligatoires. Il ne s'agit l&#224;, apr&#232;s tout, que de prolonger jusqu'&#224; la fin du secondaire le principe de la diffusion d'une culture commune qui est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre dans le primaire et au coll&#232;ge. D'autant que ce principe ne contredit en rien la diversit&#233; des go&#251;ts et des choix de vie qui commencent &#224; se dessiner, voire &#224; s'affirmer, aux &#226;ges du lyc&#233;e fran&#231;ais (16/18 ans). Le programme d'enseignements communs peut tout &#224; fait se voir suppl&#233;ment&#233; par des formations librement choisies, approfondissant les mati&#232;res d&#233;j&#224; trait&#233;es dans le cursus commun ou abordant d'autres domaines intellectuels, culturels, artistiques ou sportifs. L'&#233;ducation nationale peut elle-m&#234;me faciliter ces compl&#233;ments de formation en incitant les &#233;tablissements &#224; s'instaurer en foyers locaux de rayonnement culturel, gr&#226;ce auxquels les lyc&#233;ens peuvent d&#233;velopper leurs capacit&#233;s dans les domaines de leur choix et tester leurs affinit&#233;s &#233;ventuelles pour telle ou telle orientation possible dans l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#233;valuations&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole commune ne note ni ne classe, mais elle &#233;value. Les notes et les classements mettent les &#233;l&#232;ves en concurrence ; les apprentissages peuvent tr&#232;s bien s'en passer, alors qu'ils ont toujours besoin d'&#233;valuations. Les notes et les classements transforment les enseignants en juges. Les &#233;valuations aussi ; mais le juge peut rester l'indispensable &#171; alli&#233; dans la place &#187; en adoptant une proc&#233;dure d'&#233;valuation qui, sans rien sacrifier de sa rigueur, contribue prioritairement &#224; la formation des &#233;l&#232;ves et se pr&#233;occupe au premier chef de donner &#224; chacun toute chance de r&#233;ussite. C'est ce type de proc&#233;dure qui convient au lyc&#233;e unique propos&#233; par le GRDS (on en trouvera une illustration tr&#232;s convaincante dans le r&#233;cent ouvrage de Nicolas Kaczmarek&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Kaczmarek, Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire, La Dispute, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Les &#233;valuations de contr&#244;le continu permettront de s'assurer que l'essentiel du programme r&#233;alis&#233; est assimil&#233; et que la progression de l'&#233;l&#232;ve au long des trois ann&#233;es peut se poursuivre. Le dipl&#244;me final (&#171; Bac de culture commune &#187;) prend acte de l'effectuation du parcours des trois ann&#233;es et a valeur de certificat d'admission dans l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation curriculaire du lyc&#233;e italien montre le chemin d'une scolarisation centr&#233;e sur la transmission des savoirs, dans laquelle la formation re&#231;ue et largement partag&#233;e &#171; assume une fin en soi &#187; (Lombardi), pr&#233;serv&#233;e des empi&#232;tements des contraintes de s&#233;lection et d'orientation. Il reste, pour parvenir &#224; un syst&#232;me scolaire v&#233;ritablement d&#233;mocratique, d'une part &#224; faire entrer la totalit&#233; des jeunes dans le secondaire sup&#233;rieur g&#233;n&#233;ral ; et d'autre part &#224; unifier ce dernier car, en Italie comme en France, le maintien de fili&#232;res diff&#233;renci&#233;es est le cheval de Troie qui rend possible l'in&#233;vitable hi&#233;rarchisation des cursus et la persistance des in&#233;galit&#233;s sociales. C'est ce que propose le GRDS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Luisa Lombardi, &lt;i&gt;Le lyc&#233;e en Angleterre, en Italie et en France&lt;/i&gt;, PU du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La crise de l'&#233;cole et les moyens d'en sortir&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2024, ainsi que les contributions &#224; ce site, notamment dans les rubriques &lt;i&gt;&#201;cole commune &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Culture commune&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nicolas Kaczmarek, &lt;i&gt;Manuel contre la mise en &#233;chec scolaire&lt;/i&gt;, La Dispute, coll. L'enjeu scolaire, Paris, 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais pourquoi donc le niveau des &#233;l&#232;ves baisse-t-il ?</title>
		<link>https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article373</link>
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		<dc:date>2026-02-24T17:39:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Terrail</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est des &#233;volutions et des ph&#233;nom&#232;nes dont la prise de conscience sociale peine longtemps &#224; advenir alors m&#234;me qu'ils sont clairement document&#233;s par la statistique publique. C'est le cas, particuli&#232;rement notable, de la faible efficience p&#233;dagogique des formes d'enseignement de la lecture influenc&#233;es par la m&#233;thode globale. Assum&#233; et l&#233;gitim&#233; par le minist&#232;re depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970, le rejet de la syllabique a &#233;t&#233; tel que celle-ci, seule d&#233;marche pertinente pourtant dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;Controverses p&#233;dagogiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.democratisation-scolaire.fr/local/cache-vignettes/L129xH150/arton373-1547c.png?1790689035' class='spip_logo spip_logo_right' width='129' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est des &#233;volutions et des ph&#233;nom&#232;nes dont la prise de conscience sociale peine longtemps &#224; advenir alors m&#234;me qu'ils sont clairement document&#233;s par la statistique publique. C'est le cas, particuli&#232;rement notable, de la faible efficience p&#233;dagogique des formes d'enseignement de la lecture influenc&#233;es par la m&#233;thode globale. Assum&#233; et l&#233;gitim&#233; par le minist&#232;re depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970, le rejet de la syllabique a &#233;t&#233; tel que celle-ci, seule d&#233;marche pertinente pourtant dans le contexte d'une &#233;criture alphab&#233;tique, n'est encore aujourd'hui adopt&#233;e que par 5% des enseignants. On peut comprendre ce qu'a pu &#234;tre, &#224; un moment donn&#233; de l'histoire, la puissance de s&#233;duction de la globale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Jean-Pierre Terrail, Petite histoire de la lecture et de son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais que celle-ci garde son &#233;clat depuis plus d'un demi-si&#232;cle, quand dans le m&#234;me temps les objectifs du minist&#232;re lui-m&#234;me en mati&#232;re d'apprentissage de la lecture restent toujours aussi inatteignables, et que la ma&#238;trise de la langue &#233;crite ne cesse de se d&#233;grader parmi les jeunes g&#233;n&#233;rations, voil&#224; qui est quand m&#234;me tr&#232;s frappant. Face aux convictions p&#233;dagogiques les plus passionn&#233;es, les donn&#233;es chiffr&#233;es (largement disponibles) qui t&#233;moignent de leur inefficience s'av&#232;rent ainsi de peu. Faudrait-il convenir avec le math&#233;maticien C&#233;dric Villani que l'homme &#171; est la seule cr&#233;ature capable de d&#233;ployer des tr&#233;sors d'abstraction, pour &#224; la fin n'en pas tenir compte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233; du 27-1-2026.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La baisse du niveau : une vraie question&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La baisse du niveau des &#233;l&#232;ves illustre elle aussi ce ph&#233;nom&#232;ne de prise de conscience fortement diff&#233;r&#233;e d'un processus dont la comptabilit&#233; sociale avait enregistr&#233; la trace bien plus t&#244;t. On peut en effet en identifier l'amorce dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1980 : entre 1987 et 1997, mesur&#233;s &#224; la sortie du primaire, les performances des &#233;l&#232;ves stagnent en fran&#231;ais et baissent en maths. Au long des quatre derni&#232;res d&#233;cennie, l'affaissement des acquisitions cognitives n'aura d&#232;s lors plus de cesse. Cet affaissement est spectaculaire : en calcul, sur les m&#234;mes &#233;preuves, les performances des &#233;l&#232;ves de CM2 de 2017 sont pour la plupart inf&#233;rieures au score moyen de leurs a&#238;n&#233;s interrog&#233;s en 1987. Et ces performances connaissent aussi une baisse tout aussi massive en orthographe, syntaxe, compr&#233;hension de l'&#233;crit. Les parcours du coll&#232;ge &#224; l'enseignement sup&#233;rieur d&#233;pendant moins de l'origine sociale que de la fa&#231;on dont s'est d&#233;roul&#233;e la scolarit&#233; &#233;l&#233;mentaire, c'est &#224; tous les niveaux du cursus que se r&#233;percute cette r&#233;gression des acquis initiaux, qui affecte tous les milieux sociaux, m&#234;me si elle est plus marqu&#233;e encore pour les &#233;l&#232;ves d'origine populaire. Pourtant clairement identifi&#233; par les donn&#233;es publi&#233;es par la DEPP (service d'&#233;tudes statistiques du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale), comme par toutes les enqu&#234;tes internationales, au premier chef desquelles l'enqu&#234;te PISA, le ph&#233;nom&#232;ne reste longtemps invisibilis&#233; par la tendance contraire, et profond&#233;ment paradoxale, &#224; l'inflation (elle aussi tr&#232;s spectaculaire) du nombre de dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement secondaire et du sup&#233;rieur : il suffit de rappeler &#224; cet &#233;gard que dans les m&#234;mes quatre d&#233;cennies, entre 1985 et 2025, la proportion de bacheliers est pass&#233;e de 35 &#224; plus de 80%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce site Jean-Pierre Terrail, La tol&#233;rance &#224; l'ignorance dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes quelques chercheurs ont &#233;t&#233; alert&#233;s par les donn&#233;es concernant la baisse des performances cognitives, et s'en sont &#233;mus. Christian Baudelot et Roger Establet avaient publi&#233; leur ouvrage &#171; Le niveau monte &#187;, qui connut un succ&#232;s retentissant, en 1989. On peut supposer que ce succ&#232;s, comme l'occultation dans la p&#233;riode suivante de la baisse du niveau qui, en r&#233;alit&#233;, s'amor&#231;ait alors, ont un facteur en commun : la forte conviction, parmi les protagonistes de l'univers scolaire, que les r&#233;formes p&#233;dagogiques des d&#233;cennies 1970/80 ne pouvaient avoir que des cons&#233;quences b&#233;n&#233;fiques. C'est d'ailleurs sans &#234;tre vraiment entendus que Baudelot et Establet corrigeront le tir vingt ans apr&#232;s, en 2009, soulignant l'incapacit&#233; du syst&#232;me &#233;ducatif &#224; r&#233;duire et m&#234;me &#224; limiter l'&#233;chec scolaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Baudelot et Roger Establet, Le niveau monte, Seuil, Paris, 1989 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Antoine Prost lui-m&#234;me, thurif&#233;raire de la r&#233;novation p&#233;dagogique des ann&#233;es 1960/70, et convaincu de ses heureux effets, proclame avec un certain courage, dans Le Monde du 20-2-2013 : &#171; Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c'est vrai &#187;. Plus r&#233;cemment, en 2020, Emmanuel Todd s'alarme de la gravit&#233; des atteintes port&#233;es &#224; la formation des jeunes g&#233;n&#233;rations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel Todd, Les Luttes de classe en France au XXI&#232;me si&#232;cle, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ce n'est qu'aujourd'hui que les instances publiques se saisissent du probl&#232;me et officialisent, en quelque sorte, sa r&#233;alit&#233;. La Cour des comptes acte en mai 2025 le d&#233;clin des acquisitions cognitives &#224; l'issue de l'enseignement primaire, malgr&#233; l'augmentation r&#233;guli&#232;re des investissements qui lui sont consacr&#233;s depuis dix ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cour des comptes, &#171; L'enseignement primaire. Une organisation en d&#233;calage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la foul&#233;e, le Haut-Commissariat &#224; la strat&#233;gie et au plan rel&#232;ve qu'&#171; en comparaison internationale, les &#233;l&#232;ves fran&#231;ais du primaire, du coll&#232;ge, voire du d&#233;but du lyc&#233;e, ont aujourd'hui un niveau globalement moyen, voire faible, notamment en math&#233;matiques et en sciences. En math&#233;matiques, ce niveau s'est fortement d&#233;grad&#233; au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Yves Cusset, &#171; Niveau scolaire : faut-il s'inqui&#233;ter ? &#187;, Note (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors les m&#233;dias peuvent s'emparer de l'affaire, ainsi du dossier que lui consacre la revue &#224; large diffusion Sciences Humaines, qui &#233;voque le d&#233;clin de notre syst&#232;me &#233;ducatif et s'interroge sur ses raisons, sans trancher, mais en ayant au moins le m&#233;rite d'ouvrir la question et d'appeler &#224; la r&#233;flexion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marion Rousset, &#171; Le niveau scolaire baisse. Oui&#8230; et maintenant, que fait-on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne peut, de fait, identifier les moyens de mettre fin &#224; ce d&#233;clin sans au pr&#233;alable en interroger les facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des raisons extra-scolaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s rencontr&#233;es au cours des apprentissages scolaires sont immanquablement, en premi&#232;re instance, imput&#233;es aux &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes, qu'elles rel&#232;vent de leur responsabilit&#233; individuelle (manque d'attention, de travail, d'int&#233;r&#234;t, etc.) ou de l'insuffisance des ressources h&#233;rit&#233;es de leur milieu socio-culturel. Le sens commun incline &#224; ce point de vue : les apprentissages sont les m&#234;mes pour tous, si certains y &#233;chouent, c'est bien de leur c&#244;t&#233; qu'il convient d'en chercher la cause. C'est tout aussi bien le cas des agents &#233;ducatifs, puisque cette fa&#231;on de voir les d&#233;fausse de toute incrimination possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est remarquable &#224; cet &#233;gard de relever la fa&#231;on dont l'institution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et &#231;a l'est encore de la majorit&#233; des chercheurs eux-m&#234;mes, qui n'en finissent pas aujourd'hui encore, s'agissant de comprendre les in&#233;galit&#233;s scolaires, de d&#233;cliner les modalit&#233;s des h&#233;ritages culturels et de mesurer leurs in&#233;galit&#233;s et leurs effets aux diff&#233;rentes &#233;tapes de l'enfance, contribuant ainsi en creux &#224; innocenter, et donc &#224; l&#233;gitimer la conduite des apprentissages dans les salles de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vaut &#224; un moment donn&#233; pour rendre compte des in&#233;galit&#233;s sociales face &#224; l'&#233;cole vaut pour expliquer les &#233;volutions de la r&#233;ussite des apprentissages dans la dur&#233;e : on leur cherche d'abord des ressorts extra-scolaires. Et ceux que l'on peut invoquer de fa&#231;on plausible en l'occurrence ne manquent pas, s'inscrivant sur les deux registres d'une part des transformations du contexte socio-&#233;conomique, et d'autre part du bouleversement des modes de communication inh&#233;rent &#224; la submersion informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Crise &#233;conomique, crise sociale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique, la d&#233;sindustrialisation, la mont&#233;e du ch&#244;mage, le d&#233;litement du lien social, &#224; l'&#339;uvre depuis un demi-si&#232;cle, n'auraient-ils eu aucun impact propre sur la r&#233;ussite des apprentissages ? Si, &#233;videmment, m&#234;me si une corr&#233;lation temporelle n'implique en elle-m&#234;me aucune relation causale. Un impact toutefois particuli&#232;rement difficile &#224; &#233;valuer, non seulement en raison de l'absence d'instruments de mesure, mais parce que les effets de la crise socio&#233;conomique de longue dur&#233;e ne sont vraisemblablement pas univoques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, la d&#233;gradation des liens sociaux et familiaux ne favorise pas la tranquillit&#233; d'esprit des jeunes enfants, indispensable aux apprentissages intellectuels. L'on sait de fait, &#224; cet &#233;gard, que diff&#233;rents indicateurs concernant la sant&#233; mentale des jeunes sont aujourd'hui au rouge, un quart des 18-25 ans &#233;tant ou ayant &#233;t&#233; affect&#233;s de troubles psychiques, les dispositifs d'accueil et de soin peinant &#224; faire face aux besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la d&#233;sindustrialisation et la mont&#233;e d'un ch&#244;mage qui affectent particuli&#232;rement les salari&#233;s les moins dipl&#244;m&#233;s, ont profond&#233;ment modifi&#233; le rapport des classes populaires &#224; l'enjeu de la scolarisation. Celles-ci s'&#233;taient tr&#232;s rapidement empar&#233; des nouveaux possibles scolaires ouverts par la g&#233;n&#233;ralisation de l'acc&#232;s au secondaire dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1960, au point que leurs membres, d&#232;s les ann&#233;es 1970, se d&#233;clarent majoritairement d&#233;sireux que leurs enfants parviennent &#224; entrer dans l'enseignement sup&#233;rieur. Joignant le geste &#224; la parole, ils adopteront de plus en plus le mod&#232;le familial propre jusque-l&#224; aux classes moyennes, marqu&#233; par une f&#233;condit&#233; limit&#233;e &#224; deux enfants, sur la r&#233;ussite scolaire et sociale desquels pourront &#234;tre concentr&#233;es les ressources disponibles, en temps et en argent. La mont&#233;e en puissance de cette mobilisation des milieux populaires sera telle qu'aujourd'hui l'aspiration aux &#233;tudes sup&#233;rieures pour les enfants et le temps consenti chaque jour &#224; l'aide &#224; leur travail scolaire varient assez peu, quelle que soit la place dans l'espace social. Au point aussi que l'attitude d&#233;l&#233;gative et confiante envers les enseignants, traditionnelle dans les milieux d&#233;favoris&#233;s, tend &#224; c&#233;der la place &#224; un interventionnisme jusque-l&#224; aussi apanage des classes moyennes et sup&#233;rieures, quand ce n'est pas &#224; l'amertume, voire &#224; l'acrimonie. Une chose est s&#251;re : s'il est possible que la d&#233;gradation de la situation &#233;conomique et sociale des derni&#232;res d&#233;cennies ait multipli&#233; le nombre d'enfants perturb&#233;s, compromettant ici et l&#224; la s&#233;r&#233;nit&#233; des apprentissages scolaires, elle n'a en rien emp&#234;ch&#233; une implication croissante des parents des classes populaires au service d'une scolarisation r&#233;ussie de leur prog&#233;niture&#8230; et ce n'est certainement pas du c&#244;t&#233; de leur suppos&#233;e indiff&#233;rence &#224; cet &#233;gard que r&#233;side l'explication de la m&#233;diocrit&#233; des apprentissages dans les jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La submersion informatique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre corr&#233;lation : entre la r&#233;gression des acquisitions cognitives et la r&#233;volution informatique. L'impact de cette derni&#232;re sur tous les aspects de la vie sociale n'a pas besoin d'&#234;tre soulign&#233;. La mont&#233;e en puissance d'internet affecte l'imprim&#233; dans tous ses emplois, presse, &#233;dition, correspondance. La baisse de la lecture sur papier est frappante : au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, le tirage moyen des ouvrages en sciences humaines et sociales a &#233;t&#233; r&#233;duit de plus de moiti&#233;, pour ne prendre que cet exemple. Soustrait au livre, mais aussi &#224; d'autres affectations, le temps quotidien pass&#233; devant &#233;cran est impressionnant : cinq heures en moyenne pour les adultes (hors activit&#233;s professionnelles), quatre heures pour les 6-17 ans, une heure et demie m&#234;me pour les 3-5 ans. Ces chiffres sont en progression constante, et ils varient fortement selon le milieu social. L'exposition aux &#233;crans est inversement proportionnelle au niveau de dipl&#244;me des parents : chez les 3-5ans, elle d&#233;passe une heure en moyenne dans 72% des familles les moins dipl&#244;m&#233;es, dans 35% seulement des familles plus dipl&#244;m&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude de sant&#233; sur l'environnement, la biosurveillance, l'activit&#233; physique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les effets de cette exposition sur les enfants sont d&#233;sormais bien document&#233;s, effets &#224; la fois directs (tenant &#224; la m&#233;diocrit&#233; et &#224; la nocivit&#233; &#233;ventuelles des contenus visionn&#233;s, aux cons&#233;quences de la lumi&#232;re bleue des &#233;crans sur la qualit&#233; du sommeil), et pour beaucoup indirects : le temps consacr&#233; aux &#233;crans ne l'est pas &#224; l'activit&#233; physique, &#224; la lecture bien s&#251;r, aux interactions sociales o&#249; l'on apprend &#224; communiquer et &#224; coop&#233;rer ; son exc&#232;s induit un retard dans le d&#233;veloppement du langage, et des comp&#233;tences sociales et cognitives. Un usage mod&#233;r&#233; et contr&#244;l&#233; ne pose pas probl&#232;me : on peut &#233;largir ses connaissances sur &#233;cran, d&#233;velopper certaines habilet&#233;s avec les jeux vid&#233;o, d&#233;couvrir des productions filmiques de grande qualit&#233; culturelle et esth&#233;tique. Mais d'&#233;vidence nous avons largement bascul&#233; aujourd'hui du c&#244;t&#233; d'une surexposition aux cons&#233;quences non ma&#238;tris&#233;es, &#233;videmment peu favorables aux apprentissages scolaires&#8230; d'autant qu'elles affectent plus particuli&#232;rement les enfants des milieux populaires, d&#233;j&#224; les plus vuln&#233;rables face &#224; l'&#233;chec scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une perc&#233;e technologique majeure nous menace d'un effondrement intellectuel &#187; &#233;crit en ce sens Emmanuel Todd, alert&#233; par les donn&#233;es statistiques validant la r&#233;gression en France des performances cognitives des &#233;l&#232;ves. Cette v&#233;ritable &#171; crise &#233;ducative &#187; doit en effet beaucoup selon lui &#224; l'invasion des &#233;crans, qui provoque un &#171; reflux massif de l'&#233;crit comme instrument de loisirs pour les enfants en cours de formation c&#233;r&#233;brale &#187;. On peut donc &#224; cet &#233;gard consid&#233;rer que &#171; l'&#233;cole n'est pas la seule ni m&#234;me la principale responsable du d&#233;clin de nos facult&#233;s intellectuelles &#233;l&#233;mentaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel Todd, op. cit&#233;, p. 72.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle pr&#233;sentation des faits cependant interroge. Elle ne rend qu'imparfaitement compte des donn&#233;es factuelles. La baisse des performances cognitives des &#233;l&#232;ves d&#233;marre dans la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1980, bien avant donc la captation des enfants par les &#233;crans. Outre ce d&#233;calage temporel, les enqu&#234;tes PISA mettent en &#233;vidence une r&#233;gression sensible de la position relative de la France dans l'&#233;valuation internationale de l'efficience des syst&#232;mes &#233;ducatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Pierre Terrail, La crise de l'&#233;cole et les moyens d'en sortir, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par rapport &#224; des pays donc tout aussi affect&#233;s par l'irruption d'internet et de la t&#233;l&#233;phonie mobile. La r&#233;alit&#233; de la d&#233;gradation du contexte &#233;conomique, social et technologique ne suffit pas, autrement dit, &#224; &#233;puiser l'explication de &#171; l'effondrement intellectuel &#187; redout&#233; par Todd. Il reste &#224; examiner la palette des facteurs endog&#232;nes qui ont pu contribuer, sur les quatre derni&#232;res d&#233;cennies, &#224; la baisse du niveau des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du c&#244;t&#233; de l'institution scolaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'&#233;cole, deux facteurs sont invoqu&#233;s de mani&#232;re r&#233;currente pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves : la r&#233;duction des horaires d'enseignement, et le taux d'encadrement des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;duction des horaires d'enseignement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#171; Sauver les lettres &#187; s'insurge de longue date contre la r&#233;duction des horaires d'enseignement du fran&#231;ais, en primaire et au coll&#232;ge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;, Les programmes de fran&#231;ais : de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De 1968 &#224; aujourd'hui, les horaires de fran&#231;ais ont perdu 360 heures en primaire, soit l'&#233;quivalent de pr&#232;s d'une ann&#233;e d'enseignement ; et au coll&#232;ge 162 heures, soit l&#224; aussi pr&#232;s d'une ann&#233;e de formation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauver les lettres, Comparaison des horaires en primaire et coll&#232;ge, .&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Perte totale : 522 heures d'enseignement, pr&#232;s donc de deux ans d'enseignement de la langue &#233;crite. L'argument gouvernemental justifiant ces r&#233;ductions horaires, appelant au respect des rythmes biologiques et du repos indispensable aux &#233;l&#232;ves, masque mal la r&#233;alit&#233; des restrictions budg&#233;taires. Lesquelles, notent Joste et Le Qu&#233;r&#233;, &#171; compromettent toutes les chances des &#233;l&#232;ves de milieu populaire, priv&#233;s de temps scolaire, de s'approprier la langue &#233;labor&#233;e et la syntaxe conceptuelle n&#233;cessaires &#224; leur r&#233;ussite &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;, article cit&#233;.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de ces r&#233;ductions d'horaires (&#233;largie au-del&#224; du fran&#231;ais &#224; l'ensemble des disciplines scolaires) et de leur impact d&#233;l&#233;t&#232;re sur les apprentissages des &#233;l&#232;ves issus des classes populaires, est reprise r&#233;cemment dans un ouvrage collectif coordonn&#233; par St&#233;phane Bonn&#233;ry, &lt;i&gt;Temps de l'enfant, rythmes scolaires : vraies questions et faux d&#233;bats&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phane Bonn&#233;ry (coor.), Temps de l'enfant, rythmes scolaires : vraies (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les auteurs rappellent l'ampleur des r&#233;ductions, soulignent eux aussi combien leur impact affecte en priorit&#233; les non h&#233;ritiers, qui ont le plus besoin de l'aide des enseignants ; et s'inqui&#232;tent des conclusions r&#233;centes de la &#171; Convention citoyenne sur les temps de l'enfant &#187;, mise en place par Macron, qui menacent de limiter plus encore les temps d'enseignement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir St&#233;phane Bonn&#233;ry, Sur la question des temps scolaires, GRDS, 2025, .&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associer la baisse des acquisitions cognitives aux r&#233;ductions d'horaires d'enseignement n'a &#233;videmment a priori rien d'invraisemblable, s'agissant particuli&#232;rement en effet des &#233;l&#232;ves dont la famille n'a gu&#232;re les moyens de se substituer &#224; l'&#233;cole. Leur mise en relation appelle cependant deux r&#233;serves. La premi&#232;re concerne la chronologie des &#233;v&#233;nements. C'est en primaire, on le sait, que beaucoup se joue en mati&#232;re de r&#233;ussite scolaire. Or les r&#233;ductions d'horaire affectant l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire ont lieu pour l'essentiel en 1969, quand les horaires consacr&#233;s &#224; l'&#233;tude, si d&#233;cisive, de la langue &#233;crite, perdent un tiers de leur volume&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233; rel&#232;vent &#224; juste titre le caract&#232;re peu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et en 2008, avec le passage &#224; la semaine de quatre jours. Trop t&#244;t et trop tard, autrement dit, pour rendre vraiment compte de la baisse du niveau, qui d&#233;marre &#224; la fin des ann&#233;es 1980, et est d&#233;j&#224; largement jou&#233;e en 2008. Et pour ce qui est du coll&#232;ge, la dommageable r&#233;forme de Najat Vallaud-Belkacem, qui supprime une demi-ann&#233;e d'enseignements disciplinaires, n'a lieu qu'en 2016 : elle aggrave les choses, mais la dynamique lui est bien ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le taux d'encadrement des &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limitation du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe contribue &#224; la qualit&#233; des conditions de travail des enseignants. Il s'agit de fait d'une revendication syndicale ancienne, souvent avanc&#233;e comme condition d'efficacit&#233; p&#233;dagogique. Diff&#233;rents chercheurs ont tent&#233; de v&#233;rifier l'existence d'une relation statistique entre taux d'encadrement et performances des &#233;l&#232;ves, sans r&#233;sultats tr&#232;s probants. On dispose toutefois, pour la France, de trois exp&#233;rimentations grandeur nature des cons&#233;quences d'une r&#233;duction sensible du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, alert&#233;s par le rapport d'un inspecteur d'acad&#233;mie mettant en relief le tr&#232;s sensible d&#233;savantage des moyens financiers, mat&#233;riels et humains dont disposait l'&#233;ducation nationale en Seine-Saint-Denis, d&#233;partement pourtant suppos&#233; b&#233;n&#233;ficier d'une forte discrimination positive justifi&#233;e par l'importance de ses besoins, les enseignants concern&#233;s engagent une gr&#232;ve massive, soutenue par une mobilisation exceptionnelle des &#233;l&#232;ves et des familles. Promettant trente postes suppl&#233;mentaires au bout de la premi&#232;re semaine d'action, le ministre All&#232;gre en l&#226;chera finalement trois mille au bout de la troisi&#232;me. Les postes d'enseignants, certes, n'en repr&#233;sentaient qu'une partie. Il reste que cette victoire syndicale retentissante, acquise au nom de la r&#233;ussite des &#233;l&#232;ves, n'aura en fin de compte que des effets peu perceptibles sur cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction des effectifs apaise le climat de la classe, surtout dans les zones difficiles, favorise les interactions entre l'enseignant et chacun de ses &#233;l&#232;ves, est vivement souhait&#233;e par beaucoup de ma&#238;tres&#8230; mais contribue-t-elle pour autant par elle-m&#234;me, de fa&#231;on sensible, &#224; l'am&#233;lioration des apprentissages ? Il semble assez clairement que ce ne soit pas le cas : deux autres &#233;pisodes encore laissent tout aussi sceptiques que celui qui vient d'&#234;tre &#233;voqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'abord de l'exp&#233;rimentation, lors du premier passage de Jack Lang au minist&#232;re (1992-93), du d&#233;doublement de 100 classes de CP : les &#233;valuations de la DEPP concluent &#224; un effet modeste en fin d'ann&#233;e, massivement &#233;vapor&#233; un an plus tard, &#224; l'issue du CE1. Jean-Michel Blanquer n'avait pas d&#251; avoir vent de cette tentative, puisqu'il en reprend &#224; son tour le principe, &#224; une &#233;chelle bien plus vaste. Ce sont en effet pr&#232;s de trois cent mille &#233;l&#232;ves de CP puis de CE1, en REP et REP+, qui b&#233;n&#233;ficieront de classes d&#233;doubl&#233;es &#224; partir de 2017-2018. La mesure est tr&#232;s bien accueillie par les enseignants. En s'appuyant sur leurs r&#233;ponses &#224; une enqu&#234;te men&#233;e aupr&#232;s d'eux, leur principal syndicat, le SNUIPP-FSU souligne que : &#171; Les effectifs all&#233;g&#233;s sont propices &#224; l'am&#233;lioration des conditions d'apprentissage &#187; et constituent &#171; un levier puissant &#224; la fois pour transformer les pratiques et favoriser les apprentissages &#187; ; et il demande qu'ils soient g&#233;n&#233;ralis&#233;s &#171; &#224; l'ensemble des classes, sur tout le territoire. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SNUIPP-FSU, Enqu&#234;te CP &#224; 12, 2018, .&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. H&#233;las, et bis repetita : les effets r&#233;els sur les apprentissages ne sont pas plus convaincants cette fois-ci que dans les deux cas pr&#233;c&#233;dents&#8230; ou plut&#244;t, en raison de l'&#233;chelle de l'exp&#233;rimentation, ils sont &#224; l'inverse tr&#232;s d&#233;monstratifs de l'impact particuli&#232;rement limit&#233; de la seule r&#233;duction de l'effectif des &#233;l&#232;ves sur la qualit&#233; de leurs apprentissages. En reprenant les conclusions du suivi de l'exp&#233;rimentation par la DEPP (Service statistique du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale), le chercheur Pierre Merle souligne ainsi la modestie des effets du d&#233;doublement sur les apprentissages du CP, et leur inexistence pour le CE1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Merle, &#034;Le d&#233;doublement des classes de CP et CE1 : quel bilan ?&#034; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;sultats qui contrastent fortement avec la relative ampleur des moyens mis en &#339;uvre pour les obtenir. Au point que la Cour des comptes d&#233;noncera un &#171; bilan d&#233;cevant &#187;, et qu'un rapport de l'inspection de l'&#201;ducation nationale d'avril 2023, lui aussi tr&#232;s critique, ne sera pas rendu public (selon Le Monde du 30 mai 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et la conduite des apprentissages ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces constats insistent, convergent, et interrogent. Pourquoi des am&#233;liorations aussi sensibles des conditions de la relation &#233;ducative ont-elles si peu d'effets sur les apprentissages ? Faut-il incriminer avec Fran&#231;ois Jarraud, du Caf&#233; P&#233;dagogique, les conditions de vie difficiles des &#171; enfants pauvres &#187; qui sont scolaris&#233;s en REP+ ? Sur plusieurs centaines de milliers d'&#233;l&#232;ves b&#233;n&#233;ficiant des classes d&#233;doubl&#233;es, tous cependant ne sont pas &#171; &#224; la rue ou ballot&#233;s d'h&#244;tel en h&#244;tel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Jarraud, &#171; Classes d&#233;doubl&#233;es : un bilan tr&#232;s d&#233;cevant &#187;, Le Caf&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qui plus est l'enqu&#234;te de suivi de la DEPP indique que, dans les classes &#224; douze, ces &#233;l&#232;ves &#171; s'engagent davantage dans les activit&#233;s scolaires &#187;, sous l'effet des stimulations plus individualis&#233;es des enseignants. Pourquoi alors leurs efforts paient-ils si mal ? Il se trouve que, du c&#244;t&#233; des enseignants concern&#233;s par le d&#233;doublement, la DEPP rel&#232;ve une &#171; absence de modifications majeures dans les pratiques enseignantes telles qu'elles sont appr&#233;hend&#233;es &#224; travers les observations mises en &#339;uvre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DEPP, &#171; &#201;valuation de l'impact de la r&#233;duction de la taille des classes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ne doit-on pas en conclure que ce sont ces pratiques qui sont &#224; r&#233;fl&#233;chir, tant elles s'av&#232;rent tout aussi &#224; la peine face &#224; un petit nombre d'enfants qui investissent activement leurs apprentissages que dans des conditions d'enseignement plus ordinaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le point de vue d&#233;fendu par Pierre Merle : &#171; L'efficacit&#233; limit&#233;e de la politique de d&#233;doublement des classes des CP et CE1 de l'&#233;ducation prioritaire pose la question des pratiques p&#233;dagogiques des enseignants &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Merle, article cit&#233;.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or l'affaire est d&#233;licate, et beaucoup moins consensuelle que de s'int&#233;resser aux enfants pauvres : le CP est le moment crucial de l'entr&#233;e dans la culture &#233;crite ; l'apprentissage du lire-&#233;crire y occupe une place essentielle... et fait l'objet de la pol&#233;mique que l'on sait depuis plus d'un si&#232;cle. Il se trouve que l'enqu&#234;te Formalect de 2023, la plus vaste jamais r&#233;alis&#233;e au monde sur l'enseignement de la lecture, associant l'&#201;cole Normale Sup&#233;rieure et la DEPP, valid&#233;e par le Conseil scientifique de l'&#233;ducation nationale, vient de trancher sans ambigu&#239;t&#233; en faveur de la vieille syllabique : la toute petite minorit&#233; des ma&#238;tres qui l'utilisent obtiennent des r&#233;sultats diff&#233;rentiels, notamment au b&#233;n&#233;fice des &#171; enfants pauvres &#187;, tr&#232;s largement sup&#233;rieurs &#224; ceux qu'apporte le d&#233;doublement des classes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir J&#233;r&#244;me Deauvieau et Paul Gioia, L'efficacit&#233; des m&#233;thodes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs qui agissent de l'ext&#233;rieur sur l'institution scolaire ne suffisent pas &#224; rendre compte de l'&#233;volution de la qualit&#233; des apprentissages. C'est aussi le cas des politiques minist&#233;rielles d&#233;terminant les temps scolaires et les taux d'encadrement. Ne serait-ce donc pas de fait, au bout du compte, du c&#244;t&#233; des pratiques p&#233;dagogiques qu'il faudrait tourner le regard ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La baisse du niveau, une proph&#233;tie auto-r&#233;alisatrice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La faute &#224; la &#171; p&#233;dagogie de la d&#233;couverte &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la &#171; m&#233;thode constructiviste et inductive d'enseignement &#187; que Pierre Merle impute le manque d'efficience de la conduite des apprentissages qui persiste selon la DEPP dans les classes d&#233;doubl&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le rapport de la DEPP indique que la quasi-totalit&#233; [des ma&#238;tres enqu&#234;t&#233;s] est d'accord avec la proposition selon laquelle &#171; c'est lorsque les &#233;l&#232;ves r&#233;solvent eux-m&#234;mes des probl&#232;mes qu'ils apprennent le mieux &#187;. Cette proposition correspond &#224; une des d&#233;finitions de la &#171; p&#233;dagogie de la d&#233;couverte &#187;, m&#233;thode constructiviste et inductive d'enseignement s'appuyant sur les essais, erreurs et t&#226;tonnements de l'&#233;l&#232;ve lors de la construction de ses apprentissages. Par contre, seulement un enseignant de CP sur deux est d'accord avec l'id&#233;e, caract&#233;ristique de la p&#233;dagogie explicite, selon laquelle &#171; en d&#233;but d'apprentissage, il est important de guider fortement les &#233;l&#232;ves pour leur permettre de r&#233;ussir les t&#226;ches propos&#233;es (&#8230;) &#192; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, la pr&#233;f&#233;rence professorale pour une p&#233;dagogie constructiviste est susceptible d'expliquer l'efficacit&#233; limit&#233;e de la politique de d&#233;doublement des classes. Elle peut aussi expliquer l'absence d'efficacit&#233; du d&#233;doublement des classes en CE1. Dans celles-ci, seuls 25 % des enseignants des REP+ d&#233;doubl&#233;s sont d'accord avec la proposition selon laquelle &#171; les bons enseignants montrent la bonne fa&#231;on de r&#233;soudre un probl&#232;me &#187;, autre &#233;nonc&#233; caract&#233;ristique de la p&#233;dagogie explicite. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Merle, article cit&#233;.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le cas du CP illustre parfaitement le propos de Pierre Merle. L'apprentissage de la lecture y est crucial ; l'immense majorit&#233; des ma&#238;tres a recours pour le conduire &#224; une d&#233;marche semi-globale ; l'opposition globale/syllabique est bien celle d'une m&#233;thode de l'essai, de l'erreur, du t&#226;tonnement, du d&#233;chiffrage par devinette, oppos&#233;e &#224; un guidage explicite et pr&#233;cis, bannissant toute devinette ; et les travaux de recherche attestent sans contestation possible que la semi-globale est nettement moins efficiente, particuli&#232;rement dans le cas des &#233;l&#232;ves d'origine populaire (lesquels sont massivement repr&#233;sent&#233;s dans les REP et les classes d&#233;doubl&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la fa&#231;on de conduire les apprentissages est bien le facteur d&#233;cisif des acquisitions des &#233;l&#232;ves au cours du CP, n'en irait-il pas de m&#234;me aux autres moments du parcours scolaire ? Et, par suite, ne serait-ce pas du c&#244;t&#233; des pratiques p&#233;dagogiques qu'il faudrait chercher la cl&#233; de la baisse du niveau des &#233;l&#232;ves au long des quatre derni&#232;res d&#233;cennies, au moins autant que du c&#244;t&#233; de la crise sociale, de l'irruption des &#233;crans, de la r&#233;duction des temps d'enseignement, du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe ? L'hypoth&#232;se est d'autant plus cr&#233;dible que la r&#233;novation p&#233;dagogique qui entend en finir avec les pratiques de guidage &#171; explicites &#187; et &#171; frontales &#187; se met en place dans les ann&#233;es 1970/80, &#224; l'or&#233;e pr&#233;cis&#233;ment du d&#233;clin des acquisitions des jeunes g&#233;n&#233;rations. Pourrait-on notamment invoquer l'impact sur ce d&#233;clin de la r&#233;duction des heures d'enseignement sans l'associer &#224; ce qu'il en est de l'usage de ces heures dans les salles de classes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Temps d'enseignement et r&#233;novation des apprentissages&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Bernard Lahire l'avait montr&#233; de fa&#231;on tr&#232;s convaincante dans sa recherche sur l'enseignement &#233;l&#233;mentaire, et comme Anne-Sophie Romainville l'a ult&#233;rieurement tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment document&#233;, la r&#233;ussite des apprentissages scolaires se joue sur l'acquisition par les &#233;l&#232;ves de cette capacit&#233; r&#233;flexive qui permet d'objectiver, de distancier, d'interroger les textes &#233;crits &#8211; et qui facilite du m&#234;me coup les appropriations cognitives dans l'ensemble des disciplines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Lahire, Culture &#233;crite et in&#233;galit&#233;s scolaires, Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La formation de cette capacit&#233; s'op&#232;re d&#232;s les premi&#232;res classes de l'enseignement &#233;l&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut &#233;t&#233; logique, dans ces conditions, que l'entreprise de g&#233;n&#233;ralisation de l'entr&#233;e des jeunes g&#233;n&#233;rations dans le secondaire, d&#233;cid&#233;e par la 5&#232;me R&#233;publique &#224; partir des ann&#233;es 1960, donne la priorit&#233; dans le primaire au renforcement pour tous des apprentissages consacr&#233;s &#224; la langue &#233;crite : lecture, &#233;criture, grammaire, travail sur les textes. Or c'est tout le contraire qui se produit. L'enseignement du fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire perd un tiers de son volume horaire en 1969 ; r&#233;duit de 15 &#224; 10H, il perdra encore une heure en 1995. Conjointement les programmes de grammaire sont all&#233;g&#233;s, renvoyant vers l'aval, vers le coll&#232;ge donc, l'&#233;tude de diff&#233;rents aspects de la langue &#233;crite, telle celle de la subordination grammaticale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre ce paradoxe ? Qu'est-ce que politiques et p&#233;dagogues pouvaient bien avoir alors en t&#234;te ? On peut relativiser le souci d'&#233;conomies budg&#233;taires : la mise en place de l'&#233;cole unique, qui fait entrer tous les jeunes au coll&#232;ge, est une r&#233;forme phare des ann&#233;es 1960, pens&#233;e comme indispensable &#224; l'essor du pays, r&#233;clam&#233;e par le patronat, soutenue par de Gaulle lui-m&#234;me. Si des mesures sont prises limitant les ambitions de l'enseignement &#233;l&#233;mentaire, c'est qu'elles sont jug&#233;es indispensables &#224; la r&#233;ussite de la r&#233;forme du syst&#232;me &#233;ducatif. Or celle-ci implique l'ouverture du secondaire &#224; la masse des enfants d'ouvriers et de paysans qui en &#233;taient exclus jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montre le retour aux textes de l'&#233;poque, la pr&#233;occupation essentielle des responsables du pilotage de la r&#233;forme &#233;tait bien l&#224; : comment rendre possible l'acc&#232;s &#224; des savoirs r&#233;serv&#233;s jusqu'alors &#224; la petite minorit&#233; des enfants de l'&#233;lite &#224; des quantit&#233;s de jeunes cens&#233;s n'avoir h&#233;rit&#233; de leur famille ni les connaissances, ni les r&#233;f&#233;rences culturelles, ni m&#234;me l'app&#233;tence pour le travail intellectuel, ingr&#233;dients indispensables d'une scolarit&#233; prolong&#233;e ? &#192; leurs yeux, l'obstacle impliquait un profond r&#233;am&#233;nagement des apprentissages. Il convenait en tout premier lieu d'assurer ou de renforcer chez ces jeunes la motivation pour l'&#233;tude : ce &#224; quoi a voulu r&#233;pondre la promotion in&#233;dite et insistante des m&#233;thodes actives ch&#232;res &#224; l'&#233;ducation nouvelle. Pour impliquer les &#233;l&#232;ves, ne faut-il pas que l'enseignement magistral laisse place &#224; l'&#233;coute attentive et individualis&#233;e par le ma&#238;tre de chaque &#233;l&#232;ve et de ses besoins ? C'est bien l'avis du ministre Alain Peyrefitte qui, en mars 1968, demande des &#171; ma&#238;tres qui soient moins les serviteurs d'une discipline que les serviteurs des enfants &#187;, et des professeurs qui soient &#171; des animateurs &#187;. Il promeut ainsi pour l'ensemble du syst&#232;me scolaire une p&#233;dagogie dite de &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre de l'action &#233;ducative &#187;, laquelle avait &#233;t&#233; pr&#244;n&#233;e dans un premier temps pour les &#171; classes de transition &#187; (destin&#233;es aux &#233;l&#232;ves faibles des anciennes classes de fin d'&#233;tudes du primaire) dans les textes officiels des ann&#233;es 1963-66 ; et va de fait monter en puissance jusqu'&#224; se voir inscrite dans la loi d'Orientation de l'&#233;ducation de 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proclamant donc que &#171; l'&#233;l&#232;ve est au centre du syst&#232;me &#233;ducatif &#187;, celle-ci pr&#233;cise qu'il &#171; construit un savoir... par sa propre activit&#233; &#187;. L'enseignement lui-m&#234;me doit en effet partir des besoins, des connaissances famili&#232;res et concr&#232;tes d'enfants qui, issus des classes populaires, sont susceptibles de ne pas disposer des m&#234;mes facilit&#233;s d'acc&#232;s aux savoirs abstraits et g&#233;n&#233;raux que ceux qui peuplaient depuis longtemps d&#233;j&#224; les rangs du secondaire&#8230; et qu'on ne saurait d&#232;s lors assommer sous l'expos&#233; ordonn&#233; et syst&#233;matique des fondamentaux des diff&#233;rentes disciplines scolaires. Aussi mettre &#171; l'&#233;l&#232;ve au centre &#187; doit-il logiquement s'accompagner de l'&#233;mergence de cette &#171; p&#233;dagogie de la d&#233;couverte &#187; dont Pierre Merle rel&#232;ve l'impact encore massif aujourd'hui dans la conduite des apprentissages, et selon laquelle &#171; c'est lorsque les &#233;l&#232;ves r&#233;solvent eux-m&#234;mes des probl&#232;mes qu'ils apprennent le mieux &#187;. P&#233;dagogie inductive et constructiviste, de la d&#233;couverte et de l'apprendre &#224; apprendre, son principe va s'imposer pour des d&#233;cennies, confort&#233; par une vigoureuse disqualification de toute approche &#171; frontale &#187; et explicite des savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;novation p&#233;dagogique, limitation des ambitions &#233;ducatives et baisse du niveau&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quel r&#233;sultat ? Le recours aux m&#233;thodes actives et constructivistes n'a pas repr&#233;sent&#233; une fa&#231;on diff&#233;rente et plus efficace d'entrer dans les savoirs disciplinaires, mais a conduit &#224; un affaiblissement de leur transmission, comme l'injonction d'Alain Peyrefitte semblait d'ailleurs y consentir &#224; l'avance&#8230; et comme on en v&#233;rifie a posteriori aujourd'hui l'incontestable r&#233;alit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Olivier Mottint, Faut-il renoncer aux p&#233;dagogies actives ? , GRDS, 2018, .&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet affaiblissement ne semblait d'ailleurs pas m&#233;connu par les responsables de l'&#233;poque, qui le consid&#233;raient comme le prix &#224; payer pour permettre la prolongation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des scolarit&#233;s de la masse des &#233;l&#232;ves. La scolarisation des &#233;lites restait pour sa part largement &#224; l'&#233;cart de la r&#233;forme et de ses cons&#233;quences : la gestion p&#233;dagogique des fili&#232;res d'excellence et des classes pr&#233;paratoires est demeur&#233;e tr&#232;s classique, s'embarrassant peu de m&#233;thodes actives. Pour les autres, l'affaiblissement des savoirs disciplinaires n'&#233;tait pas n&#233;cessairement un drame : l'essentiel n'&#233;tait-il pas de former des &#171; comp&#233;tences &#187; utilisables sur le march&#233; du travail, des salari&#233;s capables de communiquer &#224; l'oral, et dot&#233;s d'un &#233;crit auquel on ne demandait pas de qualit&#233;s litt&#233;raires ? P&#233;dagogue renomm&#233;, Philippe Perrenoud exprimera plus tard cet utilitarisme avec un d&#233;tachement peu dissimul&#233;, s'en prenant aux enseignants qui &#171; continuent &#224; privil&#233;gier un savoir sur la langue qui rel&#232;ve de la culture plus que de la ma&#238;trise pratique, quand bien m&#234;me les travaux de recherche permettent de douter que la ma&#238;trise th&#233;orique de la syntaxe soit aussi indispensable qu'on l'imagine pour produire des &#233;nonc&#233;s intelligibles et communiquer avec autrui. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Perrenoud, Quand l'&#233;cole entend pr&#233;parer &#224; la vie/, ESF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a deux choses, en fait, dont on ne saurait douter. Que ce soit l'&#233;cole elle-m&#234;me dont il n'y a nul besoin pour &#171; produire des &#233;nonc&#233;s intelligibles et communiquer avec autrui &#187;. Et que la &#171; ma&#238;trise th&#233;orique de la syntaxe &#187; soit un ingr&#233;dient ma&#238;tre de la r&#233;ussite scolaire, quelle que soit la discipline. Ajoutons-en une troisi&#232;me : ne doutons pas que tout commentaire, ici, soit superflu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bref rappel historique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui reprend quelques &#233;l&#233;ments d'une analyse d&#233;velopp&#233;e dans mon livre Pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'indique suffisamment : on ne peut invoquer l'impact des r&#233;ductions horaires d'enseignement sur la baisse du niveau sans associer ces r&#233;ductions &#224; ce qui se joue parall&#232;lement du c&#244;t&#233; des contenus enseign&#233;s et de la fa&#231;on de les transmettre. Les responsables politiques et p&#233;dagogiques qui sont en charge de l'entr&#233;e des publics populaires dans le secondaire, au long des ann&#233;es 1960/70, sont hant&#233;s par une repr&#233;sentation d&#233;ficitariste de ces nouveaux entrants, dont ils ne voient, comparativement aux h&#233;ritiers d&#233;j&#224; dans la place, que la culture familiale qui leur fait d&#233;faut, sans jamais s'interroger sur les ressources dont ils disposent n&#233;anmoins, et par suite sur la conduite des apprentissages qui leur permettraient de les mobiliser. D&#232;s lors, maintenir ces non h&#233;ritiers dans le syst&#232;me scolaire passe in&#233;luctablement &#224; leurs yeux par l'all&#232;gement des programmes et le renoncement &#224; un enseignement m&#233;thodique et approfondi des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;duction des ambitions ne se donne pas comme telle : elle avance sous le manteau de la mise en place des m&#233;thodes actives et de la p&#233;dagogie de la d&#233;couverte. En proposant aux &#233;l&#232;ves de d&#233;couvrir par eux-m&#234;mes les savoirs &#224; acqu&#233;rir plut&#244;t que de les enseigner m&#233;thodiquement, la r&#233;forme p&#233;dagogique est cens&#233;e leur permettre de d&#233;velopper leur esprit critique et leur capacit&#233; d'apprendre &#224; apprendre. Ceux qui l'introduisent et la d&#233;fendent semblent ne jamais prendre conscience qu'il ne peut y avoir d'esprit critique sans savoirs sur lesquels s'appuyer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nico Hirtt, Sans transmission des savoirs, pas d'esprit critique, GRDS, 2021,&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ni que ce n'est qu'en apprenant qu'on peut &#171; apprendre &#224; apprendre &#187;, faute de quoi la formule reste totalement creuse. Ce sont les &#233;l&#232;ves &#8211; &#224; l'exception r&#233;p&#233;tons-le des h&#233;ritiers fr&#233;quentant les meilleures fili&#232;res, o&#249; l'enseignement n'est bizarrement jamais mis en cause pour son &#171; classicisme &#187; &#8211; qui paieront le prix de cette na&#239;vet&#233; p&#233;dagogique si tant est, et toutes les observations men&#233;es &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt; l'ont confirm&#233; &#8211; qu'une conduite constructiviste des apprentissages ne peut jamais assurer par elle-m&#234;me une appropriation efficace des savoirs disciplinaires. Au contraire, elle complique consid&#233;rablement la t&#226;che des &#233;l&#232;ves, confront&#233;s &#224; des cheminements d'entr&#233;e dans les savoirs peu lisibles et difficilement compr&#233;hensibles, souvent m&#234;me par des adultes avertis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des manuels scolaires au fil de ces d&#233;cennies de la r&#233;novation p&#233;dagogique est r&#233;v&#233;latrice de &#171; la complexit&#233; croissante de l'activit&#233; intellectuelle que les &#233;l&#232;ves sont tenus de r&#233;aliser &#187;, et que les auteurs d'un ouvrage collectif ont mise en &#233;vidence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phane Bonn&#233;ry (dir.), Supports p&#233;dagogiques et in&#233;galit&#233;s scolaires, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces derniers, illustrant leur propos par de nombreux exemples, soulignent combien &#171; l'une des &#233;volutions les plus marquantes des manuels tient au fait que le centre de gravit&#233; s'est d&#233;plac&#233; des savoirs expos&#233;s vers des activit&#233;s consid&#233;r&#233;es comme le moyen de les construire &#187;, ce qui rend &#171; les savoirs plus difficiles &#224; s'approprier &#187;. Du m&#234;me coup l'attention des enseignants eux-m&#234;mes se d&#233;porte vers la r&#233;alisation des activit&#233;s cens&#233;es introduire aux savoirs et &#224; leur armature conceptuelle, plus qu'&#224; ces derniers, qui deviennent les grands sacrifi&#233;s de l'affaire. Les apprentissages sont devenus plus complexes, mais paradoxalement moins exigeants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; cet &#233;gard la critique de Janine Reichstadt, Une &#233;cole plus in&#233;gale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exigence port&#233;e par la p&#233;dagogie constructiviste &#8211; et la difficult&#233; intellectuelle qui va avec &#8211; concernent en effet d&#233;sormais d'abord le d&#233;tour p&#233;dagogique cens&#233; conduire &#224; l'appropriation des objectifs cognitifs, l'effectuation autrement dit des t&#226;ches de leur d&#233;couverte ; et cette exigence premi&#232;re affaiblit d'autant l'attention et le temps d'apprentissage consacr&#233;s aux savoirs vis&#233;s proprement dits, contraignant les enseignants &#224; r&#233;duire dans la m&#234;me mesure leurs attentes et leurs ambitions &#224; l'&#233;gard de ces derniers. De nombreux relev&#233;s d'observations de classe illustrent tr&#232;s bien ce processus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On en trouvera de nombreux exemples in Jean-Pierre Terrail, Pour une &#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sumer que les &#233;l&#232;ves &#171; n'ont pas le niveau &#187;, organiser en cons&#233;quence le contournement de la difficult&#233; intellectuelle, r&#233;duire par l&#224; m&#234;me le niveau des exigences, ne pouvait ainsi conduire qu'&#224; v&#233;rifier la pr&#233;somption initiale. Les mesures prises pour parer &#224; l'insuffisance des ressources des &#233;l&#232;ves r&#233;duisent leurs possibilit&#233;s d'apprendre et confirment au bout du compte les raisons qu'on avait de s'inqui&#233;ter. On a bien affaire ici &#224; une sorte de proph&#233;tie autocr&#233;atrice, un cercle vicieux qui se met en place dans les d&#233;cennies de la r&#233;novation p&#233;dagogique ; et qui &#233;tait destin&#233; &#224; perdurer aussi longtemps que le paradigme d&#233;ficitariste vient borner l'horizon de toute politique p&#233;dagogique possible, imposant la baisse des exigences comme r&#233;ponse incontournable au constat des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves. Une baisse qui sera le plus souvent masqu&#233;e sous les oripeaux d'un gain p&#233;dagogique, comme l'illustre la r&#233;forme du coll&#232;ge par Najat Vallaud-Belkacem de 2015, marqu&#233;e par la mise en place, &#224; l'encontre d'une forte r&#233;sistance des enseignants concern&#233;s, des &#171; Enseignements pratiques interdisciplinaires &#187;. Ces EPI limitent le temps des enseignements proprement disciplinaires, au profit d'enseignements th&#233;matiques au fort parfum de &#171; formation des comp&#233;tences sociales &#187;. Leur c&#244;t&#233; &#171; pratique &#187; s'adresse aux &#233;l&#232;ves qu'on suppose rebut&#233;s par l'aust&#233;rit&#233; des savoirs conceptuels, tout en se parant de la dignit&#233; d'un statut d'&#171; interdisciplinarit&#233; &#187; &#8211; laquelle ne pourrait tirer son sens que d'une ma&#238;trise pr&#233;alable des disciplines concern&#233;es&#8230; disciplines dont l'enseignement se voit pr&#233;cis&#233;ment r&#233;duit au m&#234;me moment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Terrail, Les enjeux cach&#233;s de &#171; l'interdisciplinarit&#233; &#187; au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Une fois de plus l'institution r&#233;duit le niveau des exigences intellectuelles (sans le reconna&#238;tre) ; et il est frappant que dans le d&#233;bat public qui a accompagn&#233; cette r&#233;forme, des propositions (qui n'ont pas eu de suite) soient venues sur le devant de la sc&#232;ne concernant la simplification de l'orthographe et celle de notre syst&#232;me de num&#233;ration, dans l'intention bien s&#251;r, encore et toujours, de rendre les apprentissages plus faciles pour toute une partie des &#233;l&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'encha&#238;nement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La baisse du niveau des &#233;l&#232;ves n'est donc rien d'autre en fin de compte que l'effet en miroir de la baisse des exigences intellectuelles d&#233;finies par le pilotage p&#233;dagogique de notre syst&#232;me &#233;ducatif &#224; partir des ann&#233;es 1960/1970. Deux questions restent en suspens. Pourquoi la baisse du niveau ne se manifeste-t-elle qu'&#224; partir de la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1980, si les conditions en sont cr&#233;&#233;es plus pr&#233;cocement ? Et pourquoi se poursuit-elle jusqu'&#224; aujourd'hui, en prenant une telle ampleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut avancer deux &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse concernant son d&#233;marrage tardif. Le premier r&#233;f&#232;re &#224; l'inertie, &#224; la r&#233;sistance au changement de la culture professionnelle enseignante, dont on v&#233;rifie aujourd'hui la r&#233;alit&#233; face aux recommandations minist&#233;rielles concernant l'enseignement de la lecture au CP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir J&#233;r&#244;me Deauvieau, &#192; Paris et &#224; New York, comment am&#233;liorer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les premi&#232;res incitations &#224; recourir aux m&#233;thodes actives et &#224; la p&#233;dagogie de la d&#233;couverte remontent certes aux ann&#233;es 1960/70. Mais il faudra pour qu'elles soient pleinement entendues que de nouveaux manuels adapt&#233;s se diffusent, que l'encadrement p&#233;dagogique se convertissent aux nouveaux principes, qu'une partie significative du corps professoral se renouvelle et int&#232;gre de jeunes enseignants form&#233;s aux nouvelles pratiques. Si la loi l'Orientation de 1989 reprend pour les r&#233;affirmer avec beaucoup de force les principe de l'&#233;l&#232;ve au centre et du constructivisme, c'est bien qu'ils n'&#233;taient pas encore pleinement entr&#233;s dans les classes&#8230; Second &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse : si le niveau des &#233;l&#232;ves commence &#224; baisser, alors que les r&#233;quisits conditionnant le d&#233;roulement de leurs &#233;tudes (s'agissant des passages dans la classe sup&#233;rieure, de la r&#233;ussite des examens, de l'entr&#233;e ou du maintien dans telle ou telle fili&#232;re) restent inchang&#233;s, la baisse ne sera gu&#232;re perceptible, surtout dans un contexte historique marqu&#233; par une croissance d&#233;mographique qui compense les sorties pr&#233;coces de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ces deux registres que s'op&#232;re ce qui appara&#238;t aujourd'hui, avec le recul, comme la bascule des ann&#233;es 1980. D'une part c'est la d&#233;cennie o&#249;, dans le contexte de la conqu&#234;te du pouvoir par le PS et de l'oreille du minist&#232;re par la CFDT, la promotion de la p&#233;dagogie de la d&#233;couverte, de la p&#233;dagogie diff&#233;renci&#233;e, et d'un &#171; savoir minimum garanti &#187; dans lequel les connaissances disciplinaires doivent laisser place &#224; la formation de comp&#233;tences utiles, monte en puissance, et commence &#224; modifier r&#233;ellement la fa&#231;on de conduire les apprentissages. D'autre part l'arriv&#233;e de Chev&#232;nement au minist&#232;re en 1985 va jouer un r&#244;le de d&#233;tonateur, en amenant l'institution scolaire &#224; ent&#233;riner et normaliser la baisse du niveau. On a retenu de son action la cr&#233;ation du bac pro et la conversion de classes de CAP en classes de pr&#233;paration &#224; ce nouveau bac. Mais l'appel &#224; conduire 80% des jeunes g&#233;n&#233;rations au niveau bac et les consignes donn&#233;es aux conseils de classes, en vue de se rapprocher de cet objectif, de limiter drastiquement les redoublements, ont sans doute jou&#233; un r&#244;le plus crucial encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces consignes vont &#234;tre entendues : de 1987 &#224; 1997 la proportion de sortants du primaire n'ayant redoubl&#233; aucune classe passe de 64 &#224; 77%... alors que, le point est essentiel, les &#233;valuations &#224; l'entr&#233;e en 6&#232;me au long de la m&#234;me d&#233;cennie stagnent en fran&#231;ais et diminuent sensiblement en math&#233;matiques. Logique : par quel miracle supprimer le redoublement sans am&#233;liorer la conduite des apprentissages pourrait-il produire un autre r&#233;sultat ? Les injonctions chev&#232;nementistes ont des effets en cascade consid&#233;rables. Elles ouvrent l'acc&#232;s au secondaire &#224; des &#233;l&#232;ves dot&#233;s d'une formation &#233;l&#233;mentaire (qu'on sait si d&#233;cisive pour toute la suite du cursus) insuffisante, voire gravement insuffisante : ainsi de ceux qui arrivent en 6&#232;me sans &#234;tre encore vraiment lecteurs. Elles sont d&#233;courageantes pour les enseignants, &#224; qui on demande de faire comme si le fait que la mission qui leur a &#233;t&#233; confi&#233;e reste inaboutie n'avait, au fond, pas grande importance (puisque les &#233;l&#232;ves d&#233;faillants poursuivent leur parcours comme si de rien n'&#233;tait). Elles normalisent &#224; chaque niveau l'insuffisance des acquisitions cognitives, avec des r&#233;percussions en cha&#238;ne qui se font progressivement sentir, d&#233;cennie apr&#232;s d&#233;cennie, jusqu'&#224; l'universit&#233;. D&#233;j&#224; engag&#233;e par la r&#233;novation p&#233;dagogique, la baisse des exigences va s'institutionnaliser &#224; tous les degr&#233;s du syst&#232;me &#233;ducatif, examens compris ; et elle est valid&#233;e par l'encadrement minist&#233;riel et acad&#233;mique, recommandant par exemple avec insistance aux jurys de bac de ne pas sanctionner trop s&#233;v&#232;rement les lacunes des candidats, remontant les moyennes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; dipl&#244;mes, les effets du processus sont quasi miraculeux. De 1985 &#224; 1995, en dix ans seulement, la proportion de bacheliers passe de 29 &#224;&#8230;65% d'une cohorte annuelle ; elle a d&#233;pass&#233; aujourd'hui les 80%, pas seulement gr&#226;ce au bac pro, mais aussi au bac g&#233;n&#233;ral. Neuf candidats sur dix d&#233;crochent le dipl&#244;me, dont pr&#232;s des deux tiers avec une mention. On se f&#233;liciterait volontiers de ces superbes performances &#233;ducatives si l'am&#233;lioration des apprentissages &#233;tait &#224; la mesure de leur progression fulgurante. Malheureusement l'&#233;volution des acquisitions cognitives, test&#233;es de d&#233;cennies en d&#233;cennies sur le m&#234;me type d'&#233;preuves, suit en r&#233;alit&#233; une pente totalement inverse : le divorce entre les deux courbes, celle des acquisitions et celle des certifications, ne cessant de se creuser au long des quatre derni&#232;res d&#233;cennies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Pierre Terrail, La tol&#233;rance &#224; l'ignorance dans l'institution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Satisfaire la curiosit&#233; historiographique n'est &#233;videmment pas le seul enjeu de l'identification des ressorts de la baisse du niveau au long des quatre derni&#232;res d&#233;cennies en France. Si cette identification importe, c'est d'abord parce qu'elle seule peut permettre de d&#233;signer les moyens de stopper l'h&#233;morragie des savoirs dans les jeunes g&#233;n&#233;rations et de redresser la barre. L'analyse men&#233;e ici conduit en la mati&#232;re &#224; une conclusion au fond assez simple : parmi les diff&#233;rents facteurs qui ont pu favoriser la baisse du niveau des &#233;l&#232;ves, le plus d&#233;cisif est la baisse des exigences de l'institution scolaire &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con&#231;ue comme le passage oblig&#233; d'une prolongation g&#233;n&#233;rale des scolarit&#233;s, la limitation des ambitions &#233;ducatives visait au premier chef les enfants des classes populaires, en raison de l'insuffisance pr&#233;sum&#233;e de leurs ressources linguistiques, intellectuelles et culturelles. &#192; l'exception toutefois des fili&#232;res les plus &#233;litistes, c'est l'ensemble du syst&#232;me scolaire qui s'est trouv&#233; remodel&#233; par les mesures p&#233;dagogiques et institutionnelles prises dans les ann&#233;es 1970 et 1980. Celles-ci n'ont pas permis une v&#233;ritable int&#233;gration des enfants des familles d&#233;favoris&#233;es, qui se sont massivement retrouv&#233;s dans les fili&#232;res d&#233;valoris&#233;es du secondaire ; mais elles ont aussi fini par affecter, comme le montrent les r&#233;sultats des &#233;valuations, la qualit&#233; des acquisitions d'une bonne partie des h&#233;ritiers eux-m&#234;mes &#8211; dont les parents tendent &#224; privil&#233;gier de plus en plus l'enseignement priv&#233;, jug&#233; plus traditionnel, plus efficace et plus protecteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Pierre Terrail, La crise del'&#233;cole..., op. cit&#233;.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi une forme de m&#233;pris de classe &#8211; celle qui condamne a priori les capacit&#233;s des &#233;l&#232;ves d'origine populaire, plut&#244;t que de s'interroger sur la fa&#231;on dont il conviendrait de mobiliser les ressources r&#233;flexives et logiques dont ils disposent comme tous les &#234;tres de langage &#8211; qui est au d&#233;part de la baisse de niveau, qui l'a entretenue, et qui a fini par gangrener l'ensemble du dispositif &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre issue, pour r&#233;tablir la qualit&#233; et les performances de notre &#233;cole, que de rompre avec ce m&#233;pris en faisant confiance &#224; l'intelligence de tous les enfants. Et en s'engageant, d&#232;s les petites classes de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, dans une politique p&#233;dagogique porteuse d'une v&#233;ritable exigence intellectuelle, seule &#224; m&#234;me de mettre &#224; disposition des moins bien pourvus les richesses intellectuelles et culturelles dont ils ont besoin pour mener &#224; bien une scolarit&#233; r&#233;ussie. Un tout r&#233;cent constat vient &#224; l'appui de cette conclusion : l'enqu&#234;te Formalect, men&#233;e aupr&#232;s de plus de 9 000 classes de CP et de 150 000 &#233;l&#232;ves, r&#233;v&#232;le que le manuel de CP qui affiche en couverture la mention &#171; Un apprentissage culturel de la lecture &#187;, et se d&#233;marque de fait ostensiblement par son ambition lexicale, litt&#233;raire et esth&#233;tique, s'av&#232;re le plus efficace aussi bien en d&#233;chiffrage qu'en compr&#233;hension, au premier chef parmi les enfants des classes populaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Deauvieau et Paul Gioia, L'efficacit&#233; des m&#233;thodes d'enseignement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est donc &#224; l'aune, et &#224; l'aune seulement, des besoins inh&#233;rents &#224; la mise en &#339;uvre d'un enseignement ambitieux pour tous que les revendications en mati&#232;re d'horaires d'enseignement et d'encadrement des &#233;l&#232;ves pourront trouver leur pleine l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;Petite histoire de la lecture et de son enseignement&lt;/i&gt;, Le Bord de l'eau, Bordeaux, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233; du 27-1-2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ce site Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La tol&#233;rance &#224; l'ignorance dans l'institution scolaire&lt;/i&gt;, GRDS, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article317#nh2&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article317#nh2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Baudelot et Roger Establet, &lt;i&gt;Le niveau monte&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1989 ; et &lt;i&gt;L'&#233;litisme r&#233;publicain&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Todd, &lt;i&gt;Les Luttes de classe en France au XXI&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cour des comptes, &#171; L'enseignement primaire. Une organisation en d&#233;calage avec les besoins de l'&#233;l&#232;ve &#187;, mai 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre-Yves Cusset, &#171; Niveau scolaire : faut-il s'inqui&#233;ter ? &#187;, &lt;i&gt;Note d'analyse &lt;/i&gt; n&#176;155, Haut-Commissariat &#224; la strat&#233;gie et au plan, juin 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marion Rousset, &#171; &lt;i&gt;Le niveau scolaire baisse&lt;/i&gt;. Oui&#8230; et maintenant, que fait-on ?&#034; , &lt;i&gt;Sciences Humaines &lt;/i&gt; n&#176; 384, d&#233;cembre 2025/janvier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est remarquable &#224; cet &#233;gard de relever la fa&#231;on dont l'institution scolaire a &#171; dig&#233;r&#233; &#187; les travaux de Pierre Bourdieu sur les raisons de l'&#233;chec scolaire, en favorisant la diffusion de la th&#232;se du &#171; handicap socioculturel &#187; qui retient le concept de la transmission familiale de capitaux culturels in&#233;gaux, mais oublie compl&#232;tement la d&#233;nonciation par le sociologue de la complicit&#233; entre l'&#233;cole et les milieux culturels favoris&#233;s (l'&#233;cole n&#233;gligeant d'enseigner elle-m&#234;me une part de ce qu'elle exige de ses publics, celle-ci ne peut d&#232;s lors &#234;tre acquise que par les &#171; h&#233;ritiers &#187;). On peut se reporter sur ce point &#224; l'article de Bourdieu (sans doute le texte le plus complet, synth&#233;tique et percutant qu'il ait &#233;crit sur la question scolaire), &#171; L'&#233;cole conservatrice &#187;, &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de sociologie&lt;/i&gt;, VII, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;tude de sant&#233; sur l'environnement, la biosurveillance, l'activit&#233; physique et la nutrition&lt;/i&gt;, Sant&#233; Public France et Universit&#233; Paris 13, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/230409/2504914&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/230409/2504914&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Todd, op. cit&#233;, p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La crise de l'&#233;cole et les moyens d'en sortir&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;, &lt;i&gt;Les programmes de fran&#231;ais : de la stabilit&#233; au soup&#231;on&lt;/i&gt;, GRDS, 2014, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article178#nb77&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article178#nb77&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauver les lettres, Comparaison des horaires en primaire et coll&#232;ge, &lt;a href=&#034;https://www.sauv.net/horcomp.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sauv.net/horcomp.php&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233;, article cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St&#233;phane Bonn&#233;ry (coor.), &lt;i&gt;Temps de l'enfant, rythmes scolaires : vraies questions et faux d&#233;bats&lt;/i&gt;, Fondation Gabriel P&#233;ri, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir St&#233;phane Bonn&#233;ry, &lt;i&gt;Sur la question des temps scolaires&lt;/i&gt;, GRDS, 2025, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article370&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article370&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agn&#232;s Joste et Philippe Le Qu&#233;r&#233; rel&#232;vent &#224; juste titre le caract&#232;re peu compr&#233;hensible de cette mesure, qui se verra justifi&#233;e par la suppression du latin en 6&#232;me. Double paradoxe : on r&#233;duit les horaires au moment o&#249; la pr&#233;occupation dominante est d'am&#233;liorer les apprentissages &#233;l&#233;mentaires afin d'&#233;tayer la g&#233;n&#233;ralisation de l'acc&#232;s au coll&#232;ge ; et on r&#233;duit l'enseignement du fran&#231;ais alors que la suppression du latin, cens&#233; conforter la ma&#238;trise de la langue &#233;crite, aurait command&#233; au contraire de le renforcer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SNUIPP-FSU, &lt;i&gt;Enqu&#234;te CP &#224; 12&lt;/i&gt;, 2018, &lt;a href=&#034;https://81.snuipp.fr/IMG/pdf/Enquete_CP_a_douze_complete.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://81.snuipp.fr/IMG/pdf/Enquete_CP_a_douze_complete.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Merle, &#034;Le d&#233;doublement des classes de CP et CE1 : quel bilan ?&#034; &lt;i&gt;La vie des id&#233;es&lt;/i&gt;, mai 2022, &lt;a href=&#034;https://laviedesidees.fr/Le-dedoublement-des-classes-de-CP-et-CE1-quel-bilan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://laviedesidees.fr/Le-dedoublement-des-classes-de-CP-et-CE1-quel-bilan&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Jarraud, &#171; Classes d&#233;doubl&#233;es : un bilan tr&#232;s d&#233;cevant &#187;, &lt;i&gt;Le Caf&#233; p&#233;dagogique&lt;/i&gt;, 30-9-2021, &lt;a href=&#034;https://www.cafepedagogique.net/2021/09/30/classes-dedoublees-un-bilan-tres-decevant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cafepedagogique.net/2021/09/30/classes-dedoublees-un-bilan-tres-decevant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DEPP, &#171; &#201;valuation de l'impact de la r&#233;duction de la taille des classes de CP et de CE1 en REP+ sur les r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves et les pratiques des enseignants &#187;, &lt;i&gt;Document de travail &lt;/i&gt; n&#176;2021.EO4, septembre 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Merle, article cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir J&#233;r&#244;me Deauvieau et Paul Gioia, &lt;i&gt;L'efficacit&#233; des m&#233;thodes d'enseignement de la lecture. Une enqu&#234;te sur le cas fran&#231;ais&lt;/i&gt;, recherche men&#233;e en partenariat ENS/DEPP, Centre Maurice Halbwachs, Paris, 2024 (&lt;a href=&#034;https://www.cmh.ens.fr/publication/etudes-et-documents/lefficacite-des-methodes-denseignement-de-la-lecture&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cmh.ens.fr/publication/etudes-et-documents/lefficacite-des-methodes-denseignement-de-la-lecture&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Merle, article cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Lahire, &lt;i&gt;Culture &#233;crite et in&#233;galit&#233;s scolaires&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Lyon, 1993 ; Anne-Sophie Romainville, &lt;i&gt;Les faces cach&#233;es de la langue scolaire&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2019. Voir aussi Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La comp&#233;tence m&#233;talangagi&#232;re, cl&#233; de la r&#233;ussite scolaire&lt;/i&gt;, GRDS, 2019, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article301&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article301&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Olivier Mottint, &lt;i&gt;Faut-il renoncer aux p&#233;dagogies actives ?&lt;/i&gt; , GRDS, 2018, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article287&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article287&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Perrenoud, Quand l'&#233;cole entend pr&#233;parer &#224; la vie/, ESF, Issy-les-Moulineaux, 2011, p. 115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui reprend quelques &#233;l&#233;ments d'une analyse d&#233;velopp&#233;e dans mon livre &lt;i&gt;Pour une &#233;cole de l'exigence intellectuelle&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nico Hirtt, &lt;i&gt;Sans transmission des savoirs, pas d'esprit critique&lt;/i&gt;, GRDS, 2021, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article326&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St&#233;phane Bonn&#233;ry (dir.), &lt;i&gt;Supports p&#233;dagogiques et in&#233;galit&#233;s scolaires&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; cet &#233;gard la critique de Janine Reichstadt, &lt;i&gt;Une &#233;cole plus in&#233;gale parce que plus exigeante ?&lt;/i&gt; GRDS, 2015. &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article215#nh1&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article215#nh1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On en trouvera de nombreux exemples in Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;Pour une &#233;cole de l'exigence intellectuelle&lt;/i&gt;, op. cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;Les enjeux cach&#233;s de &#171; l'interdisciplinarit&#233; &#187; au coll&#232;ge&lt;/i&gt;, GRDS, 2015, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article213&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article213&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir J&#233;r&#244;me Deauvieau, &#192; Paris et &#224; New York, comment am&#233;liorer l'apprentissage de la lecture ?, GRDS, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article358&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article358&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La tol&#233;rance &#224; l'ignorance dans l'institution scolaire&lt;/i&gt;, GRDS, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article317&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article317&lt;/a&gt; ; et &lt;i&gt;La crise de l'&#233;cole et les moyens d'en sortir&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;La crise del'&#233;cole...&lt;/i&gt;, op. cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Deauvieau et Paul Gioia, L'efficacit&#233; des m&#233;thodes d'enseignement de la lecture. Une enqu&#234;te sur le cas fran&#231;ais, recherche men&#233;e en partenariat ENS/DEPP, Centre Maurice Halbwachs, Paris, 2024 (&lt;a href=&#034;https://www.cmh.ens.fr/publication/etudes-et-documents/lefficacite-des-methodes-denseignement-de-la-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cmh.ens.fr/publication/etudes-et-documents/lefficacite-des-methodes-denseignement-de-la-&lt;/a&gt; lecture). Pour une pr&#233;sentation succincte des r&#233;sultats, voir sur ce site : Jean-Pierre Terrail, &lt;i&gt;Diffusion et efficacit&#233; des manuels de lecture, une grande premi&#232;re !&lt;/i&gt;, 2022, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php&lt;/a&gt; ? article341 ; et &lt;i&gt;Une note majeure du CSEN&lt;/i&gt;, 2024, &lt;a href=&#034;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article355&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article355&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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